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Bassem Loukil placé en détention

15. Oktober 2026 um 19:14

Le juge d’instruction du pôle judiciaire économique et financier aurait ordonné, dans la soirée de mercredi 14 octobre, le placement en détention de l’homme d’affaires Bassem Loukil, soupçonné de « blanchiment d’argent, corruption financière et infractions à la réglementation des changes ». C’est ce que rapporte un confrère de la place, qui ajoute que « l’Observatoire de la liberté pour la Tunisie s’inquiète de cette décision et appelle à la révision du mandat de dépôt ».

Président directeur général du groupe Loukil et ancien représentant de la marque Citroën en Tunisie, Bassem Loukil a été placé en détention à l’issue de son « interrogatoire par le juge d’instruction ». L’enquête porte notamment sur des soupçons d’entente en vue de blanchir de l’argent, d’exploitation de fonctions publiques à des fins d’avantages indus et de violations de la législation des changes.

Lire aussi: Le Groupe Loukil en quête de nouveaux partenariats techniques pour sauver AMS

Dans un communiqué, l’Observatoire de la liberté pour la Tunisie aurait demandé que l’instruction se poursuive en état de liberté, toujours selon la même source. Il met en garde contre les conséquences économiques et sociales de telles procédures, qui peuvent affecter les entreprises, les salariés et les partenaires commerciaux avant même qu’un jugement définitif ne soit rendu.

L’Observatoire insiste sur le respect de la présomption d’innocence, la précision des accusations et l’individualisation des responsabilités. Il dénonce également le risque d’ »instrumentalisation des affaires économiques à des fins de pression politique », tout en rappelant que « les faits de corruption ou de blanchiment avérés doivent être sanctionnés par une justice indépendante et dans le cadre d’un procès équitable ».

L’Observatoire appelle ainsi à la révision de la décision de détention et au respect des droits de la défense. « À ce stade, Bassem Loukil reste présumé innocent : le mandat de dépôt constitue une mesure de détention préventive et non une condamnation ».

Affaire à suive.

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L’ancien patron MENA de la Banque mondiale, Ferid Belhaj, rejoint le think tank washingtonien MEI

15. Oktober 2026 um 14:04

Ferid Belhaj, qui a dirigé de 2018 à 2024 les opérations de la Banque mondiale dans la région MENA, vient de rejoindre le Middle East Institute (MEI). A savoir un centre de réflexion basé à Washington. Il y intervient en qualité de Senior Fellow.

Les travaux de Ferid Belhaj porteront sur l’économie, la gouvernance, les réformes institutionnelles et les capacités de l’État, ainsi que sur les enjeux géopolitiques en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Cette nomination prolonge un parcours construit entre institutions internationales et centres de recherche consacrés aux politiques publiques de la région.

Vingt-huit ans à la Banque mondiale

Un peu d’histoire tout d’abord. Ferid Belhaj entre à la Banque mondiale en 1996 comme conseiller juridique principal. Il y occupera ensuite de nombreuses fonctions de responsabilité : direction des activités de l’institution dans le Pacifique, représentation auprès des Nations unies à New York, supervision des opérations au Maroc.

De 2012 à 2017, il pilote l’action de la Banque au Moyen-Orient, couvrant notamment le Liban, la Syrie, la Jordanie, l’Irak et l’Iran. Il est alors impliqué dans les initiatives d’appui aux pays touchés par les conflits, dans la réponse à la crise des réfugiés syriens et dans les efforts de reconstruction.

Il devient ensuite chef de cabinet du président du Groupe de la Banque mondiale, avant d’être nommé vice-président pour la région MENA, poste qu’il occupe jusqu’en 2024.

Une expertise au service de l’analyse régionale

Au MEI, Ferid Belhaj intègre un environnement de recherche dédié à l’étude des politiques et des mutations du Moyen-Orient. Ses analyses se concentreront sur les questions économiques, les réformes de l’État et les recompositions géopolitiques de la région.

Il est par ailleurs Senior Fellow au Policy Center for the New South, think tank basé au Maroc, et professeur associé à l’Université Mohammed VI Polytechnique. Ces engagements illustrent la poursuite de son activité dans la recherche et l’analyse depuis son départ de la Banque mondiale.

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Fête de l’Évacuation : l’ARP rend hommage aux sacrifices des martyrs et appelle à suivre leur exemple

Von: tmps
15. Oktober 2026 um 10:47

A l’occasion de la commémoration du 63è anniversaire de la fête de l’Évacuation, l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a appelé les citoyens à s’inspirer des sacrifices consentis par des générations de martyrs afin de renforcer l’esprit patriotique et d’œuvrer, avec dévouement et abnégation, à la prospérité et à l’inviolabilité de la patrie.

Dans une déclaration publiée jeudi, l’ARP a souligné la détermination des députés à s’acquitter pleinement de leur mission, conscients de l’ampleur des défis à relever et des responsabilités qui leur incombent. Elle a également affirmé leur volonté de poursuivre leurs efforts sans relâche, en concertation avec les institutions et les organes de l’État, au service de l’intérêt supérieur de la nation.

A cette occasion, l’Assemblée a rendu hommage à la mémoire des martyrs tunisiens, ainsi qu’aux héros de la résistance nationale et à ses dirigeants, qui ont sacrifié leur vie pour libérer le pays et contribuer à l’instauration d’un État indépendant et souverain.

L’attachement à ces principes fondamentaux constitue, selon l’ARP, un pilier essentiel pour consolider la confiance en l’avenir, porter haut les couleurs de la patrie, défendre sa souveraineté et répondre aux aspirations du peuple tunisien.

La Tunisie célèbre, ce jeudi 15 octobre, le 63è anniversaire de la fête de l’Évacuation, qui marque le départ du dernier soldat des forces françaises d’occupation du territoire national, le 15 octobre 1963, depuis la ville de Bizerte.

Cet événement historique demeure profondément ancré dans la mémoire collective nationale. Il symbolise le recouvrement de la pleine souveraineté nationale et le rétablissement de l’intégrité territoriale du pays, lit-on de même source.

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Fête de l’Évacuation : l’ARP rend hommage aux sacrifices du peuple tunisien

15. Oktober 2026 um 10:26

À l’occasion du 63e anniversaire de la Fête de l’Évacuation, célébrée le jeudi 15 octobre 2026, l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a rendu hommage aux sacrifices consentis par les Tunisiens pour parachever la souveraineté nationale et recouvrer l’intégrité du territoire, marquées par le départ du dernier soldat français de Bizerte, le 15 octobre 1963.

Dans un communiqué publié à cette occasion, le Parlement a souligné que cette date nationale symbolise le sacrifice, la résistance et la lutte pour l’indépendance. Il a rappelé les épisodes marquants de la confrontation avec le colonialisme, ainsi que les différentes formes de combat et de résistance menées par les Tunisiens au fil de l’histoire.

L’Assemblée a également rendu hommage à la mémoire des martyrs, des héros de la résistance nationale et de ses dirigeants, qui ont consenti de lourds sacrifices pour libérer le pays et bâtir un État indépendant et souverain.

L’ARP a appelé les Tunisiennes et les Tunisiens à s’inspirer de cet héritage de lutte et de fidélité à la patrie, à renforcer l’esprit national et à unir leurs efforts en faveur de la résilience et de la prospérité du pays.

La souveraineté nationale au cœur des priorités

Dans son communiqué, l’Assemblée des représentants du peuple a réaffirmé la volonté des députés d’assumer leurs responsabilités nationales et de traduire ces valeurs dans l’exercice de leurs différentes missions, face aux défis actuels.

Elle a également insisté sur l’importance de poursuivre un travail constructif et participatif avec les institutions et les structures de l’État, dans le souci de servir l’intérêt supérieur du pays.

Enfin, le Parlement a souligné que l’attachement aux principes fondamentaux de la souveraineté nationale et le renforcement de la confiance en l’avenir constituent des piliers essentiels pour poursuivre le processus de construction nationale, répondre aux aspirations du peuple tunisien à la prospérité, préserver l’indépendance du pays et faire rayonner son drapeau.

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280 000 doses de vaccin antigrippal à prix réduit

15. Oktober 2026 um 09:21

La Tunisie s’apprête à lancer sa campagne nationale de vaccination contre la grippe saisonnière. À partir du 27 octobre, les citoyens pourront se procurer le vaccin dans les pharmacies privées ainsi que dans les centres de santé de base et les établissements hospitaliers publics.

Selon Aymen Khelifi, secrétaire général adjoint du Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées, 280 000 doses ont été réservées pour cette campagne. Nouveauté cette année : un tarif préférentiel ne dépassant pas 24 dinars la dose, contre près de 38 dinars lors de la précédente campagne.

Le responsable a expliqué cette baisse par le mécanisme de régulation appliqué par la Pharmacie centrale de Tunisie. Celle-ci est l’unique organisme habilité à négocier directement avec les laboratoires étrangers et à assurer l’approvisionnement en vaccins.

Les vaccins distribués dans les secteurs public et privé présenteront les mêmes garanties de qualité et d’efficacité, a-t-il précisé.

Une coordination renforcée pour assurer la distribution des doses

Ces annonces interviennent à la suite d’une réunion de coordination tenue mercredi au siège de la Direction des soins de santé de base. La rencontre a réuni des représentants du ministère de la Santé, de la Pharmacie centrale, de la Direction des soins de santé de base, du Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées et de l’Ordre des pharmaciens.

Cette réunion annuelle vise à finaliser les préparatifs logistiques et à renforcer la coordination aux niveaux central et régional afin d’assurer la distribution des doses et le déroulement de la campagne dans les meilleures conditions.

Les personnes vulnérables particulièrement concernées

Le ministère de la Santé rappelle que le vaccin contre la grippe saisonnière est sûr, efficace et recommandé en priorité aux personnes les plus exposées aux complications. Il s’agit notamment des personnes âgées de 65 ans et plus, des patients atteints de maladies chroniques ; notamment cardiovasculaires, respiratoires ou rénales, ainsi que du diabète , des personnes immunodéprimées, des femmes enceintes et des professionnels de santé.

La grippe saisonnière réapparaissant chaque automne, les autorités sanitaires recommandent de se faire vacciner avant l’arrivée de l’hiver. La vaccination reste toutefois possible jusqu’en février, voire au-delà, selon les indications sanitaires.

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Grippe saisonnière : la campagne nationale de vaccination lancée le 27 octobre

Von: tmps
15. Oktober 2026 um 08:59

La campagne nationale de vaccination contre la grippe saisonnière en Tunisie démarre le 27 octobre courant, avec la disponibilité des vaccins dans les pharmacies privées et dans les centres de santé de base et les établissements de santé publique.

Le secrétaire général adjoint du syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie (SPOT) Aymen Khélifi, a indiqué que 280 mille doses de vaccin ont été consacrées à la campagne nationale de vaccination contre la grippe saisonnière, annonçant qu’un tarif préférentiel sera appliqué cette année pour la vaccination, ne dépassant pas 24 dinars par dose, contre environ 38 dinars l’année dernière.

Khalifi a expliqué, dans une déclaration à l’agence TAP, que cette baisse des prix est due au mécanisme d’ajustement mis en place par la pharmacie centrale, qui est le seul organisme autorisé à négocier directement avec les laboratoires étrangers et à acquérir les vaccins.

Il a relevé que les vaccins seront de même qualité et efficacité dans les secteurs privé (via les pharmacies privées) et public (à travers les centres de santé de base et les établissements sanitaires relevant du ministère de la santé).

La déclaration du secrétaire général adjoint du SPOT intervient après une réunion de coordination tenue mercredi, au siège de la direction des soins de santé de base, qui a réuni les représentants du ministère de la santé, de la pharmacie centrale, et de la direction des soins de santé de base, ainsi que du syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie et de l’ordre des pharmaciens.

Cette réunion annuelle s’inscrit dans le cadre des préparatifs proactifs visant à assurer la réussite de la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière, à finaliser les préparatifs logistiques et à garantir une meilleure coordination aux niveaux central et régional pour la distribution des doses et l’administration des vaccinations.

Il convient de rappeler que le ministère de la santé a souligné que le vaccin contre la grippe saisonnière est simple, sûr et efficace. Il protège les populations vulnérables contre les complications et les risques liés à cette infection.

La vaccination est particulièrement recommandée aux personnes âgées (65 ans et plus) les personnes atteintes de maladies chroniques (cardiaques, respiratoires, rénales, diabète, immunodéficience) les femmes enceintes et les professionnels de santé.

Le ministère a également souligné que la grippe revient chaque automne et que la période la plus propice à la vaccination se situe  avant l’hiver, précisant qu’elle peut se poursuivre jusqu’au mois de février voire au-delà, après avis médical.

 

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Il y a 63 ans, l’évacuation de Bizerte

15. Oktober 2026 um 08:35

En ce jour du 15 octobre 2026, la Tunisie célèbre le 63e anniversaire de l’évacuation de Bizerte, une date qui a fortement marqué l’histoire du pays. Le 15 octobre 1963, le dernier soldat français quittait le territoire tunisien.

Tout a commencé avec la crise dite de « Bizerte » en 1961, mais ses origines remontent à 1956. En effet, après l’indépendance de la Tunisie, en 1956, la présence de la base navale française à Bizerte constituait un sujet épineux entre les deux pays. À cette époque, le président Bourguiba souhaitait régler cette question au plus vite. C’est ainsi que, 5 ans plus tard, au printemps 1961, il demanda au président français Charles de Gaulle le retrait de l’armée française dans un délai « de l’ordre d’une année », ce qui rendit les relations entre les deux hommes de plus en plus difficiles, en particulier lorsque la Tunisie a soutenu les combattants algériens.

Quelques mois plus tard, le 17 juillet de la même année, le parti Néo-Destour, fondé par Habib Bourguiba, instaura un blocus de la base. Deux jours après, la France réagit en envoyant 700 soldats parachutistes, ce qui provoqua de violents combats entre les deux camps. A la suite de cela, la Tunisie suspendit ses relations diplomatiques avec la France et saisit le Conseil de sécurité des Nations unies. Et le 22 juillet, grâce à une résolution de l’Assemblée générale de l’ONU, des négociations aboutiront à un cessez-le-feu durant lequel le secrétaire d’État américain Dean Rusk (de 1961 à 1969), a joué un rôle important.

Cependant, ont enregistra de loures pertes en vie humaine : 1 300 morts du côté tunisien et 24 morts du côté français. Quelques semaines plus tard, la France quittera finalement Bizerte, le 15 octobre 1963, une date devenue jour de fête nationale en Tunisie, après de profondes négociations…

Et voilà qu’en ce jour de l’Histoire, comme chaque année, une grande majorité des Bizertins ont envahi le port, et ont entonné l’hymne national, tout en scandant “Yahya Bourguiba” Vive Bourguiba, et c’est Bahi Ladgham qui hissera le drapeau tunisien sur la base, et annonça au téléphone à Bourguiba: “Mission accomplie” (lire notre article : Evacuation de Bizerte – Le rôle de Bahi Ladgham).

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Investissement : entre dynamisme économique et justice sociale

Von: tmps
15. Oktober 2026 um 08:35

 Par Ahmed NEMLAGHI

Réformes législatives, simplification administrative, modernisation des infrastructures et ouverture sur les partenaires étrangers : la politique de dynamisation de l’investissement engagée sous la présidence de Kaïs Saïed s’inscrit dans une ambition plus large de transformation du modèle de développement. L’objectif affiché est de libérer l’initiative économique, de stimuler l’investissement productif et de créer des emplois, sans renoncer au rôle social de l’État ni à l’exigence d’un développement plus équilibré entre les régions.

L’investissement constitue l’un des principaux leviers de la croissance, de la création d’emplois et de la modernisation de l’économie. Mais, dans la vision économique défendue par le président de la République, il ne saurait être considéré comme une fin en soi. Sa finalité doit également être appréciée à l’aune de sa contribution à la justice sociale, à la valorisation des ressources nationales et à l’amélioration des conditions de vie des citoyens.

Cette approche se reflète dans les orientations du Plan de développement 2026-2030, qui associe stimulation de l’investissement, développement des secteurs à forte valeur ajoutée, réduction des disparités territoriales et consolidation de la dimension sociale de l’État.

Le climat des affaires représente un enjeu majeur pour la capacité de la Tunisie à attirer les capitaux, encourager l’entrepreneuriat et renforcer la compétitivité de ses entreprises. Les lourdeurs administratives, la multiplication des procédures et les délais d’autorisation peuvent freiner les initiatives et renchérir le coût des projets.

La volonté de réviser le cadre législatif de l’investissement s’inscrit dans cette problématique. Le 31 décembre 2025, un conseil ministériel restreint a examiné un nouveau projet de loi sur l’investissement, présenté comme un instrument destiné à accompagner l’évolution de l’économie et à soutenir un modèle de développement fondé sur la justice sociale et l’équité.

Cette orientation prolonge les efforts engagés pour améliorer l’environnement des entreprises, notamment à travers la loi n° 2019-47 du 29 mai 2019 relative à l’amélioration du climat des affaires. Ce texte met notamment l’accent sur la simplification de la création d’entreprises, l’accès au financement, le partenariat public-privé et la gouvernance des sociétés.

L’enjeu est désormais de faire évoluer le cadre juridique en fonction des besoins des investisseurs et des réalités économiques. Simplifier ne signifie pas supprimer les règles nécessaires à la transparence ou à la protection de l’intérêt général. Il s’agit plutôt de rendre les démarches plus lisibles, de réduire les délais injustifiés et de garantir une application cohérente des textes.

Une réforme efficace doit ainsi offrir aux investisseurs une visibilité suffisante sur les procédures, les obligations et les conditions de réalisation de leurs projets. La stabilité et la prévisibilité du cadre réglementaire constituent des éléments déterminants dans les décisions d’investissement à long terme.

Une administration plus efficace et plus accessible

La simplification administrative est indissociable de la modernisation de l’État. La digitalisation des services, la circulation des informations entre les administrations et la réduction des formalités redondantes peuvent faciliter les démarches des entreprises et améliorer la qualité du service public.

Pour les petites et moyennes entreprises, qui disposent souvent de moyens humains et financiers limités, la complexité administrative peut représenter une charge particulièrement lourde. Des procédures plus simples et des interlocuteurs clairement identifiés peuvent leur permettre de consacrer davantage de ressources à la production, à l’innovation et au développement commercial.

La transformation numérique doit toutefois s’accompagner d’une amélioration réelle du fonctionnement administratif. Une procédure dématérialisée qui reproduit les mêmes lenteurs qu’une démarche papier ne résout pas le problème de fond. La modernisation suppose donc de revoir les circuits de décision, de responsabiliser les structures concernées et d’évaluer les délais de traitement.

L’objectif est de construire une relation plus efficace entre l’État et les opérateurs économiques, dans laquelle la puissance publique facilite les initiatives conformes à la loi tout en veillant au respect des règles et à la protection de l’intérêt collectif.

L’attractivité économique ne se mesure pas uniquement au volume des capitaux mobilisés, elle dépend également de la nature des projets financés, de leur capacité à créer de la valeur et de leur contribution à l’emploi.

La politique défendue par Kaïs Saïed accorde une place importante à l’investissement productif, à l’innovation et aux activités à forte valeur ajoutée. Cette orientation vise à renforcer les capacités de l’économie nationale, à améliorer sa compétitivité et à favoriser la création d’emplois décents, notamment pour les jeunes et les diplômés de l’enseignement supérieur.

La question essentielle consiste à rapprocher les investissements des besoins réels de l’économie. Les projets doivent contribuer à élargir les capacités de production, à développer les compétences, à réduire certaines dépendances extérieures et à ouvrir de nouveaux débouchés aux entreprises tunisiennes.

Les petites et moyennes entreprises occupent, à cet égard, une place importante. Leur développement peut favoriser la diversification du tissu économique et soutenir l’emploi dans des secteurs variés. Mais leur croissance nécessite un meilleur accès au financement, un accompagnement technique et juridique ainsi qu’un environnement dans lequel l’initiative est encouragée sans être entravée par des obstacles disproportionnés.

Les sociétés communautaires s’inscrivent également dans cette recherche d’un développement plus ancré dans les territoires. En valorisant les ressources locales et en favorisant l’initiative collective, elles peuvent contribuer à créer des activités économiques là où les investissements traditionnels demeurent insuffisants. Leur réussite dépendra néanmoins de leur gouvernance, de leur viabilité et de leur capacité à accéder aux marchés.

Le développement régional, une priorité stratégique

L’un des défis structurels de l’économie tunisienne réside dans les écarts de développement entre les régions. La concentration des infrastructures, des activités et des opportunités dans certains pôles limite les possibilités d’emploi et d’initiative dans d’autres territoires.

Le Plan de développement 2026-2030 entend répondre à cette situation en accordant une attention particulière aux régions les moins développées, à l’amélioration des infrastructures et à la qualité des services de base. Il prévoit également de soutenir l’émergence de nouveaux pôles de croissance et de renforcer l’attractivité territoriale.

Cette orientation est déterminante pour la politique d’investissement. Les entreprises ne choisissent pas leur implantation sur la seule base des incitations financières. Elles tiennent également compte de l’état des routes, de la disponibilité de l’eau et de l’énergie, de l’accès aux marchés, des compétences disponibles et de la qualité des services publics.

L’investissement public peut alors jouer un rôle d’entraînement, en créant les conditions nécessaires à l’implantation d’activités privées. Cette complémentarité ne signifie pas que l’État doit se substituer aux entreprises, mais qu’il peut réduire les obstacles structurels qui empêchent certains territoires de valoriser leur potentiel.

L’approche ascendante retenue pour l’élaboration du Plan 2026-2030, à partir des propositions des conseils locaux, régionaux et de districts, vise par ailleurs à rapprocher la planification des besoins exprimés sur le terrain.  Son efficacité dépendra de la capacité à transformer ces propositions en projets financés, réalisables et suivis dans le temps.

La diplomatie économique constitue un autre levier de la dynamisation de l’investissement. Les relations avec les partenaires étrangers peuvent favoriser les échanges commerciaux, les transferts de compétences, l’accès aux marchés et la mobilisation de capitaux destinés à des projets productifs.

Dans cette perspective, la recherche d’investissements étrangers peut contribuer à renforcer les capacités industrielles et technologiques du pays. Elle suppose toutefois une stratégie qui identifie les secteurs prioritaires, favorise les partenariats créateurs de valeur et veille à ce que les retombées économiques bénéficient effectivement à l’économie nationale.

Cette ouverture doit être conciliée avec la souveraineté économique défendue par Kaïs Saïed. L’objectif n’est pas de s’isoler des échanges internationaux, mais de rechercher des coopérations qui répondent aux priorités nationales et renforcent les capacités du pays. Les partenariats extérieurs peuvent être utiles lorsqu’ils favorisent la production, l’emploi, la formation et le transfert de savoir-faire.

L’attractivité de la Tunisie dépendra donc autant de la qualité de ses relations économiques que de la crédibilité de son environnement juridique, de la disponibilité des infrastructures et de la capacité de ses institutions à accompagner les projets.

Croissance et État social : une articulation décisive

La politique d’investissement défendue par le président de la République pose une question centrale : comment concilier l’encouragement de l’activité économique avec la protection sociale et une répartition plus équitable des richesses ?

Dans les orientations gouvernementales, l’État social demeure une dimension stratégique du modèle de développement. La croissance est appelée à soutenir l’emploi, à renforcer les systèmes de protection sociale et à améliorer l’accès aux services essentiels. Le Plan 2026-2030 entend ainsi rapprocher les objectifs économiques des impératifs sociaux et territoriaux.

Cet équilibre ne peut toutefois reposer sur les seules déclarations de principe. Il exige des investissements capables de produire des emplois durables, une gestion rigoureuse des ressources publiques et une évaluation des effets des politiques engagées. Il suppose également que les entreprises évoluent dans un cadre prévisible, respectueux des droits des investisseurs comme de ceux des travailleurs.

Le défi est donc double : créer davantage de richesses et veiller à ce que leur production contribue à l’amélioration des conditions de vie. La justice sociale ne s’oppose pas nécessairement à la compétitivité, elle peut au contraire en renforcer les fondements lorsque l’investissement développe les compétences, réduit les inégalités territoriales et ouvre de nouvelles possibilités économiques.

La stratégie de dynamisation de l’investissement s’articule autour de plusieurs leviers complémentaires : réforme du cadre juridique, simplification administrative, modernisation des infrastructures, soutien à l’investissement productif et ouverture sur les partenaires internationaux. Elle s’inscrit dans une conception du développement qui entend associer croissance, souveraineté économique et justice sociale.

Sa réussite se mesurera cependant à des résultats concrets : des projets effectivement réalisés, des entreprises renforcées, des emplois durables créés et des régions qui bénéficient davantage de l’activité économique. La qualité de l’accompagnement administratif, la stabilité des règles et l’évaluation des réformes seront essentielles pour atteindre ces objectifs.

Au fond, l’enjeu de la politique d’investissement portée par Kaïs Saïed est de faire de l’initiative économique un instrument de développement collectif. L’État est appelé à faciliter la création de richesses et à préparer les conditions de l’investissement, tout en préservant sa responsabilité sociale. C’est dans la capacité à faire converger ces deux exigences, dynamisme économique et justice sociale, que se jouera la portée du modèle de développement recherché.



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Evacuation de Bizerte – Le rôle de Bahi Ladgham

15. Oktober 2026 um 06:00

Secrétaire d’Etat à la Présidence (juillet 1957 – novembre 1969) et Secrétaire d’Etat à la Défense (juillet 1957 – juin 1966), considéré un temps comme le numéro deux du régime, il a été un acteur important de la bataille de la base navale de Bizerte et de son évacuation, il y a soixante-trois ans, le 15 octobre 1963.

 

« Mission accomplie ». Nombre de Tunisiens, qui ont vécu l’évacuation de la base navale de Bizerte, le 15 octobre 1963, se souviennent, sans doute, de cette phrase prononcée, à l’endroit du premier président de la République, Habib Bourguiba, sur le quai de cette base. Une phrase qui marque la fin d’une présence définitive de l’armée française en Tunisie de quatre-vingt-deux ans, qui avait commencé, en mai 1881. L’évacuation de la base navale de Bizerte étant intervenue effectivement sept ans après l’indépendance de la Tunisie, le 20 mars 1956.

L’auteur de cette phrase n’est autre que Bahi Ladgham, alors Secrétaire d’Etat à la Présidence et Secrétaire d’Etat à la Défense, qui communiquait au téléphone avec Habib Bourguiba. Le même jour, Bahi Ladgham avait hissé le drapeau tunisien dans la base de Bizerte. En présence d’« une petite foule, qui a envahi le port, entonnant l’hymne national tunisien et lançant des « Yahya Bourguiba ! » (« Vive Bourguiba ! ») Un acte hautement symbolique d’une souveraineté retrouvée d’une base militaire que la France ne comptait pas lâcher. Mais que Bourguiba a voulu, coûte que coûte, récupérer.

 

Le même jour, Bahi Ladgham avait hissé le drapeau tunisien dans la base de Bizerte. En présence d’ « Une petite foule, qui a envahi le port, entonnant l’hymne national tunisien et lançant des « Yahya Bourguiba ! » (« Vive Bourguiba ! »)

 

La présence de Bahi Ladgham sur les lieux était du reste une juste consécration d’un parcours militant pour l’indépendance commencé dans les années trente du siècle dernier. Originaire de Libye, comme l’était du reste le père de l’indépendance de la Tunisie, Bahi Ladgham était de tous les combats contre la colonisation française. Un parcours émaillé d’arrestations et de séjours en prison. A commencer par son engagement dans les manifestations contre le Congrès eucharistique mondial de Carthage, en mai 1930. « À l’occasion du centenaire de la colonisation française de l’Algérie, un symbole pour une Église impliquée dans le processus colonial ».

Bahi Ladgham a failli même être exécuté

Il connaîtra même le bagne d’El Harrach, en Algérie, réputé pour être un lieu de détention des plus humiliants, servant de centre de détention et de transit, notamment pour les condamnés aux travaux forcés ou les opposants politiques et nationalistes à l’époque coloniale française. Bahi Ladgham a même failli être exécuté dans une affaire d’attentat à la bombe organisé contre le mur de l’enceinte de la caserne militaire de La Kasbah.

Militant, donc, de la première heure, il jouera un rôle dans l’action du Néo-destour, dont la participation à la création de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA). De même, il a touché au journalisme militant en assurant la rédaction en chef du journal « Mission », dont le directeur n’est autre que son successeur, en 1970, à la tête du Premier ministère.

 

Bahi Ladgham connaîtra même le bagne d’El Harrach, en Algérie, réputé pour être un lieu de détention des plus humiliants, servant de centre de détention et de transit notamment pour les condamnés aux travaux forcés ou les opposants politiques et nationalistes à l’époque coloniale française.

 

Le « verrou de la Méditerranée »

Secrétaire d’Etat à la Présidence (juillet 1957 – novembre 1969) et Secrétaire d’Etat à la Défense (juillet 1957 – juin 1966), considéré un temps comme le numéro deux du régime, il a été un acteur important de la bataille de Bizerte, commencée en juillet 1961, lorsque la France décide de prolonger les pistes de la base aérienne de Sidi Ahmed – « ce qui ressemblait à une installation définitive » – le président tunisien Habib Bourguiba décide d’aller de l’avant. En usant d’« une stratégie mêlant pression populaire, blocus militaire et diplomatie internationale ».

En réussissant à faire plier la France qui considérait la base navale de Bizerte comme le “verrou de la Méditerranée“ . En effet, « située à la pointe nord de l’Afrique, la base fait directement face au détroit de Sicile. Pour les stratèges militaires français, contrôler Bizerte, c’était contrôler le passage maritime obligé entre le bassin occidental et le bassin oriental de la Méditerranée », soutiennent des récits historiques de l’époque.

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Abdelkrim Hajjaji, nouveau président du conseil d’administration de l’UIB

14. Oktober 2026 um 17:14

L’Union Internationale de Banques (UIB) vient de désigner Abdelkrim Hajjaji en qualité de président non exécutif de son conseil d’administration. Cette décision a été prise le 14 octobre 2026, à l’issue d’une réunion du conseil, après sa cooptation en tant qu’administrateur et l’approbation de la Banque centrale de Tunisie (BCT).

Fort de plus de 35 ans d’expérience dans les secteurs bancaire, financier et technologique, le nouveau président apporte à l’UIB un parcours marqué par des responsabilités de haut niveau au sein de groupes bancaires internationaux, selon communiqué. Sa nomination intervient alors que la banque entend consolider ses positions sur le marché tunisien et poursuivre son développement.

Diplômé de l’École nationale de la statistique et de l’administration économique (ENSAE), où il s’est formé aux mathématiques, aux statistiques, à la finance et à l’économie, Abdelkrim Hajjaji a exercé des fonctions couvrant notamment la stratégie, la gouvernance, les opérations, la gestion financière, la transformation digitale et la gestion des risques.

Depuis 2014, il occupait le poste de Global Chief Operating Officer et siégeait au comité exécutif de Banco Santander Corporate & Investment Banking, à Londres, des fonctions qu’il a quittées en septembre 2026.

À la suite de sa désignation, Abdelkrim Hajjaji a fait part de sa volonté de mettre son expérience au service de l’UIB et de contribuer à la réalisation de ses ambitions. Il a également souligné que la création durable de valeur pour les clients et l’ensemble des parties prenantes demeurerait une priorité.

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Sociétés communautaires : pour une économie de la justice sociale

Von: tmps
14. Oktober 2026 um 09:21

 Par Ahmed NEMLAGHI

Présentées comme un levier de développement régional, de création d’emplois et de valorisation des ressources locales, les sociétés communautaires occupent une place particulière dans la vision économique du président de la République, Kaïs Saïed. Le Conseil ministériel restreint présidé par la Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, à la Kasbah, remet au centre du débat les conditions nécessaires pour faire de ce modèle un instrument concret de justice sociale et de développement.

La question économique ne se résume pas à la croissance des indicateurs ou à l’accroissement des investissements, elle renvoie également à la manière dont les richesses sont produites, réparties et mises au service de la collectivité. C’est autour de cette préoccupation que s’inscrit le projet des sociétés communautaires, auquel Kaïs Saïed entend donner une place dans la transformation du modèle de développement tunisien.

En consacrant un conseil ministériel restreint à l’amélioration de leur gouvernance, à la simplification des procédures de création et au renforcement de leur accompagnement, le gouvernement reconnaît que l’avenir de ces structures dépend autant de leur potentiel économique que de la capacité de l’administration à leur offrir un environnement favorable.

Les sociétés communautaires s’inscrivent dans une approche qui entend rapprocher l’activité économique des besoins des territoires et de leurs populations. Leur vocation est de permettre à des personnes réunies autour d’un projet commun de mobiliser les ressources disponibles, de développer une activité productive et de créer des emplois au bénéfice de leur région.

Cette orientation rejoint la conception de Kaïs Saïed selon laquelle le développement doit être davantage ancré dans les réalités locales et contribuer à réduire les disparités entre les régions. Il ne s’agit pas seulement de créer de nouvelles structures économiques, mais de favoriser une participation collective à la production de richesses, en donnant aux populations la possibilité de devenir actrices de leur développement.

Dans cette perspective, les sociétés communautaires peuvent offrir une voie complémentaire aux formes traditionnelles d’entrepreneuriat. Elles sont notamment susceptibles de réunir des compétences, des moyens et des ressources qui, pris isolément, ne permettraient pas toujours de concrétiser un projet viable.

L’enjeu consiste à faire émerger des activités adaptées aux spécificités territoriales : valorisation des produits agricoles, transformation des matières premières, services, artisanat, activités environnementales ou projets liés aux potentialités régionales. Le choix des secteurs doit toutefois répondre à une analyse sérieuse des besoins, des débouchés et des capacités réelles de chaque structure.

La justice sociale par la création de richesses

La justice sociale constitue l’un des fondements politiques mis en avant par le président de la République. Dans cette conception, elle ne saurait se limiter à la redistribution des revenus après la création des richesses. Elle suppose également d’élargir les possibilités de participer à leur production et de permettre aux régions de mieux tirer profit de leurs ressources.

Les sociétés communautaires prennent leur sens dans cette articulation entre activité économique et finalité sociale. En encourageant l’initiative collective, elles sont appelées à contribuer à la création d’emplois, à l’intégration économique des jeunes et à une meilleure valorisation des potentialités locales.

Pour les régions confrontées au chômage, au manque d’investissements ou à l’insuffisance des débouchés, le développement de projets productifs peut représenter une possibilité de diversification économique. Il peut aussi contribuer à limiter la dépendance à l’égard d’activités concentrées dans les grands centres urbains, à condition que les projets disposent des moyens nécessaires pour fonctionner durablement.

La portée sociale de ce modèle ne se mesurera donc pas au seul nombre de sociétés créées. Elle dépendra du nombre d’emplois durables générés, de la qualité des revenus distribués, de la viabilité des activités et de leur capacité à produire des effets positifs sur l’économie locale.

La place accordée aux jeunes dans cette orientation répond à une difficulté persistante : l’écart entre les aspirations professionnelles, les qualifications disponibles et les possibilités d’emploi dans plusieurs régions du pays.

Les sociétés communautaires peuvent ouvrir des perspectives à des porteurs de projets désireux de travailler collectivement à la création d’une activité. Elles peuvent aussi favoriser l’acquisition de compétences pratiques et rapprocher la formation des besoins économiques locaux.

Mais l’initiative ne peut, à elle seule, résoudre le problème du chômage. Pour devenir un véritable outil d’insertion, ce modèle doit s’appuyer sur des projets économiquement viables, une formation adaptée, un accès aux équipements et aux financements ainsi que des débouchés commerciaux identifiés.

C’est dans ce contexte que la recommandation du conseil ministériel visant à mettre en place un dispositif intégré de formation et d’accompagnement revêt une importance particulière. L’appui doit couvrir l’ensemble du parcours : conception du projet, étude de faisabilité, création juridique, gestion, production, commercialisation et développement de l’activité.

Une société communautaire ne peut se consolider durablement sur la seule base de l’enthousiasme de ses fondateurs. Elle a besoin de compétences, d’une organisation rigoureuse et d’une stratégie capable de résister aux contraintes du marché.

Simplifier les procédures et améliorer la gouvernance

Le conseil ministériel restreint a également examiné les difficultés administratives rencontrées par ces entreprises et les moyens d’y remédier. Ce volet est essentiel, car la multiplication des démarches, les délais ou l’absence d’interlocuteurs clairement identifiés peuvent freiner la concrétisation des projets.

La simplification administrative doit permettre aux porteurs de projets de consacrer davantage de temps et de moyens à leur activité productive. Elle suppose des procédures lisibles, une coordination efficace entre les services publics et un accompagnement accessible, notamment dans les régions où l’offre de conseil économique demeure limitée.

Toutefois, l’allègement des formalités ne doit pas se faire au détriment de la transparence ou de la bonne gestion. La gouvernance constitue une condition de crédibilité pour les sociétés communautaires : répartition claire des responsabilités, suivi des ressources, contrôle des dépenses et évaluation régulière des résultats doivent accompagner leur développement.

La recommandation de mettre en place des mécanismes d’évaluation est donc déterminante. Pour mesurer l’efficacité de l’accompagnement public, il faudra pouvoir apprécier les résultats obtenus, repérer les difficultés persistantes et ajuster les dispositifs en fonction des besoins réels des entreprises.

L’une des orientations retenues lors de la réunion consiste à encourager les sociétés communautaires à investir de nouveaux secteurs et marchés porteurs, notamment dans les domaines à forte valeur ajoutée et à dimension stratégique, en cohérence avec le Plan de développement 2026-2030.

Cette démarche est importante pour éviter que les projets ne se limitent à des activités de faible rentabilité ou à des marchés déjà saturés. La valorisation des ressources locales peut produire davantage de bénéfices lorsqu’elle s’accompagne de transformation, d’innovation, d’amélioration de la qualité et d’une véritable stratégie commerciale.

Une production agricole peut, par exemple, gagner en valeur lorsqu’elle est transformée ou commercialisée sous une forme répondant aux attentes du marché. De même, des ressources régionales encore insuffisamment exploitées peuvent soutenir des activités nouvelles, pourvu que les investissements, les compétences et les débouchés soient réunis.

Il ne s’agit pas de disperser les initiatives dans tous les secteurs, mais d’identifier les activités pour lesquelles chaque territoire possède des atouts réels. La réussite du modèle dépendra de cette capacité à concilier ambition sociale et rationalité économique.

De l’ambition politique à la viabilité économique

Le modèle des sociétés communautaires traduit une volonté de faire de l’initiative collective un instrument de développement et de justice sociale. Sa cohérence avec les orientations de Kaïs Saïed tient à cette recherche d’un lien plus direct entre les ressources des régions, la création de richesses.

Mais une ambition politique ne devient une réussite économique que si elle se traduit par des résultats durables. Les entreprises doivent pouvoir accéder aux compétences, aux équipements, au financement et aux marchés indispensables à leur activité. Elles doivent également bénéficier d’un accompagnement qui respecte leur autonomie et leur permette de prendre des décisions adaptées à leur environnement.

L’État a, dans ce processus, un rôle déterminant : simplifier, former, conseiller, faciliter l’accès aux opportunités économiques et évaluer les résultats. Il ne peut cependant se substituer à la viabilité des projets ni à la qualité de leur gestion.

Le défi consiste ainsi à faire des sociétés communautaires des acteurs économiques capables de créer de la valeur, plutôt que de simples structures administratives bénéficiant d’un soutien ponctuel. Leur pérennité sera le meilleur indicateur de leur contribution au développement régional.

En définitive, la portée du projet défendu par Kaïs Saïed se mesurera à sa capacité à transformer l’initiative collective en emplois stables, les ressources locales en richesses durables et la promesse de justice sociale en améliorations tangibles pour les citoyens. La simplification des procédures et le renforcement de l’accompagnement constituent des étapes importantes. La réussite dépendra désormais de la qualité des projets, de leur gouvernance et de leur aptitude à s’inscrire durablement dans l’économie nationale.

 

 

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Conseil des ministres : Kaïs Saïed affirme que « les citoyens ne sont pas de simples chiffres »

Von: tmps
14. Oktober 2026 um 07:42

Le président de la République, Kaïs Saïed, a présidé, mardi, au palais de Carthage, une réunion du Conseil des ministres consacrée à la situation générale du pays et aux projets de loi de finances et de l’équilibre économique pour l’année prochaine.

Cité dans un communiqué, le chef de l’Etat a affirmé que l’investissement ne peut porter ses fruits que dans une stabilité sociale fondée sur la justice et l’équité, soulignant que la satisfaction des besoins des citoyens, dans tous les domaines et toutes les régions, demeurera « une priorité absolue ».

Abordant le projet de loi de finances, le président Saïed a mis en avant l’orientation de ce texte vers la consécration de la justice sociale et l’allègement de la pression fiscale, estimant qu’une divergence de vues autour de sa teneur est « un fait normal » pourvu qu’elle ne lèse pas les intérêts de la patrie ou ne porte pas atteinte au droit des citoyens à une vie digne.

Le chef de l’Etat a par ailleurs souligné que les citoyens ne sont pas de « simples chiffres » mais plutôt des êtres humains dotés de droits naturels que chaque responsable en poste doit veiller scrupuleusement à concrétiser, en levant les obstacles qui s’y opposent et en prenant conscience des sacrifices des martyrs et des aspirations du peuple tunisien.

Il a affirmé que le peuple tunisien attend des réalisations concrètes répondant à ses attentes, mettant en garde quiconque pense, en secret ou au grand jour, pouvoir faire chanter l’Etat ou perturber ses rouages.

« Ils se trompent d’adresse », a-t-il conclu.

 

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Fête de l’Évacuation : le président Kaïs Saïed gracie 2 288 détenus

Von: tmps
13. Oktober 2026 um 12:09

À l’occasion du 63e anniversaire de la fête de l’Évacuation, le président de la République, Kaïs Saïed, a accordé une grâce à 2 288 personnes condamnées à des peines de prison, permettant la libération de 1 573 détenus, selon un communiqué publié mardi par la Présidence de la République.

Le chef de l’État a également ordonné l’octroi de la libération conditionnelle à 424 autres détenus.

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ISIE : publication de la liste préliminaire des électeurs concernés par le vote sur le retrait du mandat d’un membre du conseil local d’El Aroussa

Von: tmps
12. Oktober 2026 um 14:40

L’Instance Supérieure indépendante pour les élection (ISIE) a annoncé que la liste préliminaire des électeurs pour le vote de retrait du mandat d’un membre du conseil local, représentant de la circonscription locale de l’Imada de Mosrata, (délégation d’El Aroussa-Siliana) sera disponible à partir de mardi 13 octobre jusqu’au jeudi 15 octobre 2026 au siège de la section de l’ISIE à Siliana et sur le site officiel de l’Instance.

Dans un communiqué publié lundi, l’ISIE a fait savoir que la période de dépôt des recours concernant la liste électorale aura lieu du vendredi 16 octobre 2026 au samedi 17 octobre 2026. Elle a précisé que ces recours doivent être déposés au siège de l’IRIE de Siliana, rappelant que tous les formulaires nécessaires sont disponibles sur son site web.

Le 15 octobre en cours, l’ISIE avait annoncé l’ouverture du 12 au 15 du même mois, de la période de dépôt des demandes de participation à la campagne de vote pour le retrait de mandat dans la circonscription locale de Mosrata.

Rappelons que le conseil de l’ISIE a approuvé, lors de sa réunion du 28 septembre dernier, le calendrier relatif à la procédure de retrait de mandat d’un membre du conseil local de la délégation d’El Aroussa (gouvernorat de Siliana) suite à la publication du décret convoquant le corps électoral pour ce scrutin le 15 novembre 2026.

La période de mise à jour du registre électoral pour la circonscription de l’Imada de Mosrata a été effectuée du 29 septembre jusqu’au 11 octobre 2026. La campagne électorale est prévue du 24 octobre au 13 novembre 2026, pour aboutir au jour du scrutin, fixé au dimanche 15 novembre 2026 (de 8h00 à 18h00), au centre de vote de l’école primaire de Mosrata.

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Éducation et culture : le pari sur l’égalité des chances

Von: farhat
12. Oktober 2026 um 08:36

Par Ahmed NEMLAGHI

En plaçant l’éducation au rang des composantes de la sécurité nationale, le président de la République défend une vision dans laquelle l’école, la culture et la justice sociale sont étroitement liées. Son entretien, le 8 octobre à Carthage, avec la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, et Mohamed Ali Boughdiri, secrétaire général du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement, remet au premier plan un chantier essentiel : faire du droit à l’éducation une réalité pour tous.

L’éducation ne saurait être réduite à la transmission des connaissances ni la culture cantonnée à une activité réservée à une partie de la société. C’est, en substance, le sens de l’orientation défendue par Kaïs Saïed, qui considère l’école comme un pilier de la construction nationale, de la cohésion sociale et de la préparation des générations futures. La rencontre tenue au palais de Carthage traduit cette approche : l’avenir du système éducatif se joue autant dans les programmes et les méthodes pédagogiques que dans les conditions matérielles d’apprentissage et l’accès à la culture.

En rappelant que l’éducation et l’enseignement font partie intégrante de la sécurité nationale, le chef de l’État leur attribue une portée qui dépasse le cadre scolaire. Il s’agit, dans cette perspective, de former des citoyens capables de comprendre leur environnement, d’exercer leur esprit critique et de participer à la vie collective.

Cette conception repose sur un principe : la solidité d’un pays dépend aussi de la qualité de son système éducatif, de la diffusion du savoir et de la capacité de chaque génération à acquérir les outils nécessaires à son émancipation. La sécurité nationale ne se limite donc pas à ses dimensions traditionnelles. Elle comporte également une dimension humaine, intellectuelle et sociale, dont l’éducation constitue un élément déterminant.

L’inscription du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement dans la Constitution s’inscrit dans cette orientation. Pour Kaïs Saïed, cette consécration institutionnelle traduit la place stratégique accordée à l’éducation dans le projet national. Reste toutefois à donner à cette ambition toute sa portée par des mécanismes de concertation, une vision cohérente et des réformes capables de répondre durablement aux difficultés du secteur.

 

La réussite comme corollaire de l’égalité des chances

L’un des axes majeurs rappelés par le président concerne l’instauration d’un système éducatif national garantissant l’égalité pour tous. Cette ambition renvoie à une question fondamentale : comment assurer à chaque enfant, indépendamment de son milieu social ou de son lieu de résidence, des possibilités comparables d’apprentissage et de réussite ?

L’égalité devant l’éducation ne se résume pas à l’ouverture des portes de l’école. Elle suppose que les élèves disposent de conditions leur permettant de suivre leur scolarité, de développer leurs capacités et de poursuivre leurs études sans être pénalisés par leur situation familiale ou territoriale.

C’est dans ce contexte que prend tout son sens l’appel présidentiel à inculquer, dès la première année du primaire, les principes de liberté, d’émancipation et de justice sociale. L’école est appelée à transmettre des savoirs, mais également à former des citoyens conscients de leurs droits, de leurs responsabilités et de leur place dans la collectivité.

Cette orientation implique de dépasser une conception purement administrative de la démocratisation de l’enseignement. L’enjeu n’est pas seulement de permettre l’accès à l’école, mais de réunir les conditions d’une véritable égalité des chances tout au long du parcours scolaire.

 

Les conditions matérielles, un préalable à la réussite

Le président de la République a également insisté sur la nécessité d’assurer aux élèves le transport, la restauration, l’hébergement dans les internats, les vêtements et les fournitures scolaires, en coordination avec les structures concernées. Ces besoins concrets constituent un volet essentiel de la politique éducative.

Pour les familles confrontées à des difficultés économiques, le coût indirect de la scolarité peut représenter un obstacle important. Les déplacements, les repas et le matériel nécessaire à l’apprentissage pèsent sur les budgets domestiques et peuvent accentuer les inégalités entre élèves.

En mettant ces questions en avant, Kaïs Saïed associe la justice sociale à des réponses qui touchent directement la vie quotidienne des familles. L’objectif affiché est de faire en sorte que les conditions économiques ne déterminent pas, à elles seules, les possibilités de réussite d’un enfant.

Mais cette orientation appelle une mise en œuvre rigoureuse. La disponibilité du transport scolaire, la qualité de la restauration, la capacité d’accueil des internats et l’accès effectif aux fournitures doivent se traduire par des mesures concrètes, suivies et évaluées. C’est à cette échelle que l’ambition de l’égalité des chances pourra être appréciée.

 

La culture, un prolongement naturel de l’école

La place accordée aux clubs culturels dans les établissements scolaires constitue un autre volet significatif de cette vision. En appelant à leur création dans les différentes institutions éducatives, le chef de l’État souligne que l’éducation ne se limite pas aux enseignements dispensés en classe.

La pratique culturelle contribue à l’éveil intellectuel, à la créativité, à l’expression personnelle et à la découverte du patrimoine. Elle peut également favoriser la confiance en soi, le dialogue et le respect des différences. Théâtre, lecture, musique, arts plastiques ou activités patrimoniales offrent autant de possibilités de compléter les apprentissages scolaires.

Le rapprochement entre les secteurs de l’éducation et de la culture prend ici tout son sens. La présence de la ministre des Affaires culturelles à cette rencontre illustre l’importance d’une approche transversale dans laquelle les activités culturelles peuvent accompagner la formation des jeunes et élargir leur accès au savoir.

Pour produire des effets durables, cette ambition nécessite toutefois des moyens, des espaces adaptés, un encadrement compétent et une programmation accessible à tous les élèves. Les clubs culturels ne doivent pas rester une simple annonce, ils sont appelés à devenir des lieux vivants d’apprentissage et de participation.

 

De l’orientation politique aux résultats concrets

En revenant sur les précédentes tentatives de réforme du système éducatif, Kaïs Saïed a exprimé des réserves sur leur portée et leurs motivations. Cette appréciation traduit sa volonté affichée de rompre avec des réformes qu’il juge insuffisantes et de privilégier une transformation plus profonde du système national.

Toutefois, la réussite d’une politique éducative ne se mesure pas uniquement à ses principes ou à ses intentions. Elle dépend aussi de la continuité des décisions, de la mobilisation des ressources, de la coordination entre les institutions et de la capacité à associer les acteurs de terrain à la recherche de solutions.

L’enjeu est donc de faire converger les objectifs éducatifs, les politiques sociales et l’action culturelle autour d’une même exigence : offrir à chaque enfant les moyens d’apprendre, de s’épanouir et de construire son avenir.

La rencontre de Carthage remet ainsi en lumière les grandes lignes d’une vision qui lie souveraineté nationale, justice sociale et formation des générations futures. Sa portée dépendra désormais de la traduction de ces orientations en programmes accessibles, en services effectifs et en améliorations mesurables pour les élèves et leurs familles.

Faire de l’éducation un pilier de la sécurité nationale et de la culture un instrument d’émancipation constitue une ambition de long terme. Le véritable défi consiste à transformer ces principes en une égalité des chances vécue au quotidien, dans chaque école et pour chaque élève.

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L’unité de l’État : pilier de la vision institutionnelle de Kaïs Saïed

Von: farhat
11. Oktober 2026 um 08:30

Par Ahmed NEMLAGHI

La rencontre tenue, le 8 octobre, au palais de Carthage entre le président de la République, Kaïs Saïed, le président de l’Assemblée des représentants du peuple, Brahim Bouderbala, et le président du Conseil national des régions et des districts, Imed Derbali, remet au premier plan une question fondamentale, celle de l’unité de l’État et de la complémentarité de ses institutions. À travers cette réunion, le chef de l’État réaffirme une conception selon laquelle les différentes fonctions publiques doivent agir dans le cadre de leurs compétences constitutionnelles, avec pour objectif commun de répondre aux attentes des citoyens et de préserver la cohésion nationale.

Dans le communiqué publié à l’issue de cette rencontre, la présidence de la République insiste sur la complémentarité des rôles entre les différentes fonctions de l’État, chacune dans le cadre des attributions que lui confère la Constitution. Cette formulation résume l’un des axes de la vision institutionnelle défendue par Kaïs Saïed : l’État doit demeurer un ensemble cohérent, capable d’agir dans l’intérêt général, sans que ses différentes composantes perdent de vue leur responsabilité envers les citoyens.

L’unité de l’État ne signifie pas nécessairement la confusion des pouvoirs ni l’effacement des compétences propres à chaque institution. Elle renvoie plutôt à la nécessité d’assurer la cohérence de l’action publique, dans le respect du cadre constitutionnel, afin que les institutions ne deviennent pas des centres d’intérêt concurrents, mais remplissent leurs missions au bénéfice de la collectivité.

La présence conjointe des responsables des deux chambres parlementaires auprès du président de la République revêt, dans ce contexte, une portée institutionnelle particulière. Elle permet d’aborder des projets liés à la situation sociale des citoyens et de souligner l’importance de la coordination entre les institutions chargées de traduire les orientations publiques en textes et en mesures concrètes.

Pour le chef de l’État, l’enjeu consiste à faire en sorte que les mécanismes institutionnels ne constituent pas un obstacle à la réponse aux besoins de la population. La cohérence entre les fonctions de l’État doit ainsi contribuer à accélérer le traitement des préoccupations sociales et à renforcer la capacité des pouvoirs publics à apporter des réponses concrètes.

Le communiqué de Carthage fait explicitement référence aux compétences fixées par la Constitution. Ce rappel est essentiel car l’unité institutionnelle ne peut durablement reposer sur la seule volonté de coopérer entre responsables. Elle nécessite des règles, une répartition des attributions et une responsabilité clairement définie.

Dans la conception défendue par Kaïs Saïed, la Constitution s’apparente au cadre de référence dans lequel chaque institution doit exercer ses missions. L’Assemblée des représentants du peuple et le Conseil national des régions et des districts disposent de leurs propres fonctions, tandis que la présidence de la République exerce les compétences qui lui sont attribuées. La complémentarité suppose donc que chaque institution assume ses responsabilités sans empiéter sur celles des autres.

Cette approche accorde une place importante à la légitimité constitutionnelle des institutions. L’État ne peut fonctionner efficacement si ses organes se trouvent enfermés dans des logiques de confrontation permanente ou si leurs interventions ne débouchent pas sur des décisions suivies d’effets.

Rompre avec les logiques de division

Le président de la République a également évoqué les tentatives de division du pays et les résistances au changement. Selon les termes rapportés par le communiqué, il estime que certains acteurs demeurent attachés à des pratiques du passé et que la conscience historique du peuple tunisien constitue un rempart contre les manœuvres susceptibles d’affaiblir la cohésion nationale.

Cette déclaration s’inscrit dans un discours politique qui présente l’unité nationale comme une condition essentielle de la transformation institutionnelle et sociale. Dans cette lecture, les divergences et les conflits d’intérêt ne doivent pas compromettre la continuité de l’État ni détourner les institutions de leurs missions fondamentales.

La question mérite cependant d’être envisagée dans toute sa portée institutionnelle. L’unité nationale ne se limite pas à l’absence de désaccords. Elle dépend également de la capacité des institutions à traiter les divergences dans le respect du droit, à garantir l’égalité des citoyens et à maintenir des espaces de responsabilité et de contrôle.

Une institution forte n’est donc pas seulement une institution capable de résister aux pressions. C’est aussi une institution dont les décisions sont motivées, dont les compétences sont respectées et dont l’action peut être appréciée à l’aune de ses résultats.

La vision présidentielle met l’accent sur la nécessité de préserver l’État contre les formes de pression ou de chantage susceptibles, selon elle, de compromettre son indépendance. L’enjeu est de faire prévaloir l’intérêt général sur les intérêts particuliers, tout en veillant à ce que les mécanismes de contrôle et de responsabilité fonctionnent dans le cadre du droit.

Parmi les thèmes abordés à Carthage, la reddition des comptes occupe une place centrale. Kaïs Saïed a insisté sur sa légitimité, en prenant soin de la distinguer du règlement de comptes. Cette distinction constitue un élément important de sa conception de l’État : la responsabilité des personnes ayant exercé des fonctions publiques doit être examinée à partir de faits établis et de procédures légales, et non en fonction de considérations personnelles ou politiques.

La reddition des comptes répond à une exigence démocratique et administrative fondamentale. La gestion des ressources publiques, l’exercice de l’autorité et l’utilisation des moyens de l’État doivent pouvoir faire l’objet de vérifications. Les responsabilités doivent être déterminées lorsque des irrégularités sont établies, dans le respect des droits de la défense et des garanties prévues par la loi.

Dans le discours présidentiel, cette exigence est associée à la volonté de rompre avec les pratiques qui auraient permis à certains de bénéficier d’une protection particulière. L’affirmation selon laquelle aucune immunité ni exception ne devrait faire obstacle à l’établissement de la vérité traduit l’objectif annoncé d’une responsabilité applicable à tous.

Pour que cette orientation renforce effectivement la confiance dans les institutions, une condition demeure toutefois essentielle : la reddition des comptes doit être conduite selon des procédures impartiales, transparentes et vérifiables. La présomption d’innocence, l’indépendance de la justice et les droits de chaque personne concernée sont indissociables d’un processus crédible.

 

De la volonté politique aux mesures concrètes

Le président de la République a affirmé que les difficultés ne seraient pas surmontées par les communiqués et les déclarations, mais par des mesures concrètes et rapides. Cette affirmation met en évidence l’un des principaux défis de l’action institutionnelle : transformer les orientations politiques en décisions applicables et en résultats perceptibles.

Les citoyens évaluent l’État à travers leur expérience quotidienne. Ils attendent des réponses à leurs difficultés économiques et sociales, des services publics accessibles, une administration efficace, une législation compréhensible et des décisions exécutées dans des délais raisonnables.

La rencontre entre les trois responsables de l’État prend dès lors son sens au regard des projets sociaux évoqués dans le communiqué. La coordination institutionnelle ne peut constituer une fin en soi. Elle doit permettre de faire avancer les dossiers, de lever les blocages administratifs et de garantir que les décisions prises répondent aux besoins identifiés.

Cette exigence implique également une responsabilité dans le suivi. Les mesures annoncées doivent être accompagnées d’échéances, de mécanismes d’évaluation et d’une répartition claire des tâches entre les administrations et les institutions concernées. Sans ces instruments, le risque demeure de voir les ambitions se heurter aux lenteurs et aux difficultés de mise en œuvre.

Le discours présidentiel insiste précisément sur la nécessité de dépasser les déclarations pour entrer dans une phase d’action. La portée de cet engagement dépendra donc de la capacité des institutions à démontrer, par leurs réalisations, que la coordination annoncée améliore effectivement le fonctionnement de l’État.

Lorsque Kaïs Saïed affirme que l’État ne sera le «butin» de personne, il exprime une conception de la puissance publique fondée sur la permanence des institutions et leur indépendance à l’égard des intérêts particuliers. L’État doit, dans cette perspective, demeurer au service de la collectivité nationale et ne pas devenir l’instrument d’un groupe ou d’un réseau.

Cette conception rejoint la volonté affichée de préserver la souveraineté de la décision publique. Les politiques nationales doivent être déterminées par les besoins du pays et mises en œuvre par des institutions capables d’assumer leurs responsabilités.

Mais la solidité de l’État ne se mesure pas uniquement à sa capacité de résister aux pressions. Elle dépend aussi de la prévisibilité de ses décisions, de la stabilité de ses règles, de la qualité de son administration et de la confiance que les citoyens accordent à ses institutions.

Un État fort est également un État dont les pouvoirs sont exercés dans le respect de la Constitution, dont les décisions peuvent être contrôlées et dont les agents sont tenus de rendre compte de leur action. L’autorité publique et la responsabilité ne sont pas des principes contradictoires : elles se renforcent mutuellement lorsqu’elles s’inscrivent dans un cadre juridique clair.

L’unité de l’État à l’épreuve des attentes sociales

Au-delà des principes constitutionnels, la réunion du 8 octobre renvoie à une préoccupation centrale du discours présidentiel : la situation sociale des citoyens. Le communiqué rappelle que les responsables doivent s’inspirer de la conscience du peuple et partager les souffrances des citoyens en s’attachant à en éliminer les causes.

Cette exigence place la responsabilité sociale au cœur de l’action institutionnelle. Elle signifie que les institutions ne peuvent se limiter à leur fonctionnement interne ou à la production de textes. Elles doivent également prendre en compte les conséquences concrètes de leurs décisions sur les conditions de vie de la population.

La cohérence de l’État se mesure alors à sa capacité à articuler les politiques publiques, à identifier les urgences et à apporter des réponses adaptées aux réalités des différentes régions et catégories sociales.

Le rôle des institutions parlementaires est déterminant dans cette démarche, notamment à travers l’examen des textes et des préoccupations qui leur sont soumis dans le cadre de leurs attributions. La présidence de la République, le gouvernement et les autres institutions concernées doivent, chacun dans son domaine de compétence, contribuer à la mise en œuvre des orientations et au suivi de leurs effets.

Cette complémentarité ne sera pleinement effective que si elle se traduit par des résultats mesurables : amélioration des services, réduction des délais administratifs, meilleure application des lois et traitement plus efficace des difficultés sociales.

La rencontre de Carthage traduit ainsi une volonté présidentielle de placer la cohésion de l’État, le respect des compétences constitutionnelles et la reddition des comptes au cœur de l’action publique. Elle rappelle que les institutions ne peuvent répondre aux attentes de la population que si elles assument leurs missions avec sérieux et coordonnent leurs efforts dans le cadre du droit.

L’unité de l’État ne doit cependant pas rester une formule institutionnelle. Elle doit prendre corps dans le fonctionnement des administrations, la qualité des décisions, l’application effective des lois et la capacité des responsables à rendre compte de leurs résultats.

C’est là que se situe l’enjeu principal de la démarche défendue par Kaïs Saïed : faire de la cohérence institutionnelle un moyen de lutter contre les blocages, de préserver la souveraineté de la décision nationale et de répondre aux revendications sociales.

En définitive, la force de l’État ne réside ni dans la seule fermeté des déclarations ni dans l’affirmation abstraite de son unité. Elle se mesure à sa capacité à agir conformément à la Constitution, à garantir l’égalité devant la loi, à protéger les ressources publiques et à apporter des réponses concrètes aux citoyens.

 

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La cheffe du Gouvernement préside un CMR : les sociétés communautaires jouent un rôle pivot dans la création d’emplois et de richesse

Von: farhat
10. Oktober 2026 um 20:27

La cheffe du Gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a présidé, au palais du Gouvernement à la Kasbah, un Conseil ministériel restreint consacré à l’examen des moyens de développer le système de gouvernance des sociétés communautaire, les mécanismes d’encadrement et d’accompagnement, l’accélération du rythme de leur création et la facilitation de leurs procédures.

A l’ouverture des travaux du Conseil, la cheffe du Gouvernement a rappelé que les sociétés communautaires représentent un choix économique national et stratégique visant à établir un nouveau modèle de développement basé sur l’initiative collective, la promotion de l’emploi, la réalisation de la justice sociale et la répartition équitable des richesses, conformément aux orientations du président de la République Kaïs Saïed.

Elle a souligné que ce modèle économique, qui part de la base, crée de réelles opportunités d’emploi à travers l’investissement des ressources locales et régionales, et leur transformation en richesse économique via des projets durables, productifs et dotés d’une haute compétitivité, affirmant que les sociétés communautaires constituent une formule opérationnelle directe pour réaliser le développement, combinant l’ancrage de l’esprit d’initiative, l’autonomie, et l’appui sur les valeurs du travail collectif participatif et de la justice sociale.

Elle a également rappelé que ce modèle ouvre de nouveaux horizons pour les promoteurs qui lancent ce type d’entreprises, en particulier les jeunes, afin de créer de la richesse dont les bénéfices ne se limitent pas seulement à eux, mais s’étendent au développement de toutes les régions, soulignant que ce modèle est appliqué dans plusieurs pays parmi les plus développés au monde et a prouvé son efficacité et sa pertinence.

Le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoued, et la Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle chargée des sociétés communautaires, Hasna Jiballah, ont présenté un exposé détaillé sur les réalisations quantitatives et qualitatives accomplies dans le domaine de la gouvernance des sociétés communautaires, notamment en ce qui concerne la simplification, l’unification et la numérisation des procédures via le registre national créé pour faciliter l’accès au financement et soutenir l’accompagnement et la formation, afin de favoriser la pérennité de leur activité.

Un diagnostic des défis et des problématiques procédurales posées a également été passé en revue, proposant des solutions pratiques pour les surmonter, selon une approche globale basée sur l’encadrement et la simplification des procédures administratives.

Des expériences réussies mettant en avant le rôle de ces entreprises dans l’emploi des jeunes et la réduction du chômage ont été mises en lumière.

Après discussion, le Conseil a recommandé ce qui suit :

– Orienter les sociétés communautaires vers de nouveaux secteurs et marchés vitaux, en renforçant leur encadrement et leur accompagnement vers des domaines à haute valeur ajoutée et à dimension stratégique en adéquation avec le plan de développement pour la période 2026-2030.

– Développer la formation et l’accompagnement via un mécanisme intégré couvrant toutes les étapes de préparation du projet, du démarrage jusqu’à l’exploitation.

– Harmoniser les programmes de formation avec les besoins techniques de l’entreprise et instaurer des mécanismes pour mesurer l’impact de la formation et de l’accompagnement au niveau de la performance.

– Développer et documenter des idées de projets intégrés au sein des chaînes de valeur des secteurs économiques ciblés, et les inscrire dans la banque de projets tout en orientant les promoteurs à y investir pour garantir la réalisation de rendements économiques et sociaux durables.

En conclusion des travaux du Conseil, la cheffe du Gouvernement a insisté sur la nécessité d’ancrer la conscience de l’importance de ce modèle économique réussi dans de nombreux pays développés, pour son rôle dans la réalisation de la justice sociale et la garantie d’une répartition plus équitable de la richesse.

Elle a indiqué que ce modèle soutient le développement local et régional, et consacre la contribution des citoyens à la production de richesse et à la valorisation des ressources disponibles dans leurs régions.

Elle a également souligné le rôle pivot des sociétés communautaires dans la création d’emplois et de richesse, particulièrement au profit des jeunes, insistant sur la nécessité de lever tous les obstacles au niveau central, régional et local, et d’intensifier les efforts à cet effet par les ministères, les structures publiques et les gouvernorats concernés, en simplifiant les procédures administratives et en accompagnant les promoteurs, afin de répondre aux aspirations et attentes des tunisiens et des tunisiennes, en accord avec la vision du président de la République.

 

 

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Compter sur soi : quand la souveraineté économique commence à produire ses effets

Von: tmps
10. Oktober 2026 um 08:35

 Par Ahmed NEMLAGHI

Pendant longtemps, la question économique tunisienne a été abordée à travers le prisme de la dépendance aux financements extérieurs, de l’endettement et des équilibres budgétaires. Depuis plusieurs années, le président Kaïs Saïed défend une autre orientation : compter davantage sur les capacités propres du pays, renforcer la souveraineté économique, lutter contre la corruption et la spéculation et réorienter les ressources nationales vers l’investissement, la production et la justice sociale.

Les résultats enregistrés récemment dans plusieurs secteurs donnent des éléments permettant d’apprécier cette orientation, même si les défis structurels restent considérables.

La politique économique défendue par le président Kaïs Saïed repose sur une idée devenue centrale dans son discours : la Tunisie doit davantage compter sur ses propres ressources, ses propres compétences et ses propres capacités de production. Le «compter-sur-soi» ne signifie pas, dans cette conception, se fermer au monde ou renoncer aux relations économiques internationales. Il s’agit plutôt de rechercher une plus grande autonomie dans les choix économiques et financiers, afin que les décisions nationales soient déterminées en priorité par les intérêts du pays et les besoins de sa population.

Cette orientation s’inscrit dans une vision plus large de la souveraineté. La souveraineté politique ne pourrait être pleinement exercée, selon cette approche, sans une capacité minimale à maîtriser les grands équilibres économiques, à préserver les ressources publiques et à réduire les formes de dépendance qui fragilisent la décision nationale.

Le gouvernement a d’ailleurs inscrit explicitement cette logique dans les orientations économiques de l’État. Le projet de budget économique pour 2026 met en avant la souveraineté nationale, la confiance dans les propres moyens du pays et la recherche d’un équilibre entre croissance économique et justice sociale. Il prévoit également de développer les ressources propres de l’État, de réduire l’évasion fiscale, d’intégrer progressivement l’économie parallèle et de diversifier les sources de financement.

Le changement de perspective est important. Il ne s’agit plus seulement de rechercher des ressources financières supplémentaires, mais de s’interroger sur la manière dont les richesses nationales sont produites, distribuées et utilisées.

Dans la vision présidentielle, le développement économique doit être étroitement lié à la justice sociale. La croissance n’a de véritable signification que si elle se traduit par davantage d’emploi, une amélioration du pouvoir d’achat, une réduction des disparités régionales et une meilleure qualité des services publics.

Le projet de développement 2026-2030 traduit cette orientation à travers une démarche annoncée comme «ascendante», partant du local vers le régional puis vers le national. L’objectif affiché est de rapprocher les politiques de développement des besoins réels des territoires et de réduire les déséquilibres qui ont longtemps caractérisé la répartition des investissements.

Les premiers résultats comme éléments de réponse

C’est à ce niveau que les données économiques récentes prennent toute leur importance.

Selon les données présentées en juillet 2026 à l’occasion de la remise du rapport annuel de la Banque centrale pour 2025, le PIB tunisien a progressé de 2,5% en 2025, contre 1,6% en 2024. Le chômage est passé de 16,5% en 2024 à 15,2% en 2025, puis à environ 15% au début de 2026 selon les données alors communiquées par le gouvernement. Les investissements directs étrangers ont également progressé d’environ 30% en 2025.

La Banque mondiale fait état, de son côté, d’une croissance de 2,7% en 2025 et de 2,4% sur un an au premier semestre 2026. Elle relève également une baisse du chômage à 14,9% au deuxième trimestre 2026. La croissance récente a notamment été soutenue par la reprise de l’agriculture, des industries mécaniques et électriques et du tourisme.

Ces chiffres ne permettent évidemment pas d’attribuer mécaniquement chaque évolution à une seule décision politique. L’économie dépend d’une multitude de facteurs internes et internationaux. Ils constituent néanmoins des indicateurs importants pour mesurer la trajectoire économique du pays.

La question essentielle est donc de savoir si cette amélioration peut être consolidée et transformée en dynamique durable.

Le principe du «compter-sur-soi» trouve une traduction particulièrement claire dans la volonté de renforcer la production nationale.

La Tunisie dispose d’atouts importants dans l’agriculture, l’agroalimentaire, les industries mécaniques et électriques, le tourisme et les services. L’objectif consiste à mieux valoriser ces ressources afin de créer davantage de valeur ajoutée à l’intérieur du pays.

Le cas de l’huile d’olive constitue à cet égard un exemple significatif. Au cours des dix premiers mois de la campagne 2025-2026, les exportations tunisiennes d’huile d’olive ont atteint 381,2 mille tonnes pour une valeur de 4,78 milliards de dinars, en hausse de 50,8% sur un an.

Au-delà de ce produit emblématique, le défi consiste toutefois à passer progressivement d’une économie fondée sur l’exportation de produits à une économie capable de générer davantage de transformation, d’innovation et de valeur ajoutée.

Lutter contre la corruption pour libérer l’économie

La lutte contre la corruption constitue l’autre pilier de cette orientation.

Dans le discours présidentiel, la corruption n’est pas seulement considérée comme une question morale ou judiciaire. Elle est également présentée comme un obstacle économique. Lorsqu’un marché est faussé, qu’une entreprise obtient un avantage indu, qu’un intermédiaire profite d’une position dominante ou qu’une ressource publique est détournée, ce sont à la fois l’État, l’entreprise honnête et le citoyen qui en subissent les conséquences.

Kaïs Saïed fait régulièrement de la lutte contre la corruption, l’évasion fiscale et les réseaux d’intérêts une composante de sa politique économique. En septembre 2025, il avait notamment insisté sur la nécessité de combattre l’évasion fiscale et les réseaux de corruption, tout en affirmant que les potentialités nationales étaient loin d’être limitées.

Cette approche conduit à considérer la lutte contre la corruption comme un moyen de récupérer des ressources qui pourraient être consacrées au développement.

La même logique concerne la spéculation. La maîtrise des circuits de distribution et la lutte contre les pratiques spéculatives sont présentées comme des conditions nécessaires à la protection du pouvoir d’achat et à la stabilité des marchés.

En février 2026, le président avait appelé à des textes permettant à la fois de préserver le pouvoir d’achat, de freiner la hausse des prix, de lutter contre la spéculation et de réduire les importations non essentielles.

La maîtrise de l’inflation constitue précisément l’un des éléments les plus sensibles pour la population.

Une croissance qui ne s’accompagne pas d’une amélioration du pouvoir d’achat demeure insuffisante du point de vue social. Le gouvernement souligne ainsi l’évolution favorable de plusieurs indicateurs monétaires et financiers.

La Banque mondiale indique que l’inflation moyenne est passée à 5,7% en 2025, après avoir atteint 10,4% en février 2023. L’Institut national de la statistique indiquait pour sa part un taux d’inflation de 5,3% en juin 2026.

Cette évolution doit naturellement être interprétée avec prudence : une baisse de l’inflation ne signifie pas une baisse générale des prix, mais un ralentissement de leur rythme d’augmentation. Pour les ménages, la question demeure donc celle du niveau réel des prix et de l’évolution des revenus.

Le président lui-même place cette dimension au cœur de l’action économique : préserver le pouvoir d’achat constitue, dans sa conception, l’un des critères permettant de mesurer la portée sociale des politiques publiques.

La souveraineté financière comme objectif

Le «compter-sur-soi» comporte également une dimension financière.

La Tunisie reste confrontée à un niveau élevé de dette, à des besoins importants de financement et à un déficit énergétique qui pèse sur les équilibres extérieurs. La Banque mondiale souligne d’ailleurs que les perspectives demeurent exposées aux prix des importations et aux déséquilibres des finances publiques.

La souveraineté financière ne peut donc être considérée comme acquise. Elle constitue plutôt un objectif vers lequel l’action économique cherche à progresser.

Dans cette perspective, l’augmentation des ressources propres, l’amélioration du recouvrement fiscal, la réduction du gaspillage, l’intégration de l’économie informelle et la mobilisation de l’épargne nationale deviennent des instruments essentiels.

Le projet de loi de finances pour 2026 s’inscrit explicitement dans cette logique en mettant l’accent sur la réduction de l’évasion fiscale, l’intégration de l’économie parallèle et la diversification des ressources de financement.

Dire que cette politique «donne ses fruits» suppose toutefois de distinguer les résultats observables de l’interprétation politique qui peut en être faite.

Les indicateurs disponibles montrent effectivement une amélioration de plusieurs variables : reprise de la croissance après une période de faibles performances, baisse du chômage, ralentissement de l’inflation et progression de certaines activités exportatrices. 

Produire, investir, travailler : le triptyque de la nouvelle orientation

Au fond, la politique économique défendue par Kaïs Saïed repose sur un triptyque : produire davantage, investir dans les capacités nationales et garantir que les fruits de la croissance bénéficient plus largement à la population.

Le rôle de l’investissement public est, dans cette conception, déterminant. Les infrastructures, l’énergie, l’eau, les transports, la santé et l’éducation constituent autant de conditions nécessaires au développement du secteur privé.

Dans les orientations du plan 2026-2030, le gouvernement a ainsi inscrit le soutien à l’investissement public, considéré comme un levier susceptible de stimuler l’investissement privé, ainsi que l’appui aux petites et moyennes entreprises et aux entreprises communautaires.

L’enjeu consiste donc à établir un cercle économique vertueux : davantage de production entraîne davantage d’investissement, davantage d’investissement crée davantage d’emplois, davantage d’emplois améliorent les revenus et l’amélioration des revenus soutient à son tour la demande intérieure.

La politique du «compter-sur-soi» n’est donc plus seulement une formule politique. Elle tend à se traduire par des choix budgétaires, des orientations de développement et des politiques destinées à renforcer les ressources propres du pays.

Les premiers indicateurs disponibles montrent une amélioration de plusieurs paramètres économiques. Ils constituent des signes encourageants, sans pour autant effacer les difficultés structurelles : dette, déficit énergétique, faiblesse de l’investissement, chômage encore élevé, disparités régionales et pression persistante sur le pouvoir d’achat.

La véritable réussite consistera désormais à faire de ces premiers résultats une tendance durable.

Car compter sur soi ne signifie pas seulement disposer de ressources nationales. Cela signifie être capable de les mobiliser intelligemment, de les protéger contre la corruption et la spéculation, de les transformer en investissement et en emplois et, surtout, de faire en sorte que la croissance économique retrouve une traduction concrète dans la vie quotidienne des Tunisiens.

C’est à cette condition que la souveraineté économique pourra devenir non seulement un principe politique, mais une réalité mesurable dans la production, l’emploi, le pouvoir d’achat et la qualité de vie.

 

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SNIT : réalisation d’un projet résidentiel à Fouchana dans le cadre de la location-accession

Von: farhat
10. Oktober 2026 um 08:14

La Présidence du gouvernement a annoncé avoir chargé la Société nationale immobilière de Tunisie (SNIT) de la réalisation d’un projet résidentiel à Fouchana, dans le gouvernorat de Ben Arous, s’inscrivant dans le cadre du programme de location-accession.
Une décision gouvernementale signée par la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, et publiée au Journal officiel de la République tunisienne (JORT), prévoit la réalisation du projet dans le cadre d’un marché public selon la formule « clé en main ».
Ce projet s’inscrit dans le cadre des mécanismes mis en place pour faciliter l’accès au logement.
Le programme de location-accession a été lancé par le ministère de l’Équipement et de l’Habitat dans le cadre du Plan de développement 2026-2030. Il vise à permettre aux ménages à revenu limité ou moyen d’accéder à un logement décent grâce à un mécanisme de financement reposant sur le paiement de mensualités locatives, à l’issue desquelles le logement devient la propriété du bénéficiaire.
Le programme prévoit la réalisation de logements sociaux par des promoteurs immobiliers publics, notamment la SNIT et la Société de promotion des logements sociaux (SPROLS).
Selon les données du ministère, environ 5 mille logements devraient être réalisés dans le cadre de ce mécanisme sur la période 2026-2030, pour un coût estimé à près de 750 millions de dinars.
Le ministère de l’Équipement et de l’Habitat prévoit par ailleurs de mettre en place une plateforme numérique d’inscription afin de simplifier les procédures, de garantir la transparence et d’assurer l’égalité des chances entre les candidats, parallèlement à l’avancement des projets immobiliers.

 

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Transition énergétique : accélération des chantiers solaires et éoliens en vue des objectifs de 2030

Von: farhat
10. Oktober 2026 um 07:49

La Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a présidé, vendredi, un Conseil ministériel restreint consacré au plan d’action pour l’exécution des projets énergétiques, réaffirmant l’objectif stratégique de porter à 35 % la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité à l’horizon 2030, afin de renforcer la sécurité énergétique du pays.
Conformément aux directives du Président de la République, cette rencontre a examiné la stratégie nationale à court, moyen et long termes visant à garantir la continuité de l’approvisionnement en électricité, à réduire le déficit du secteur et à renforcer la compétitivité de l’économie nationale face aux défis climatiques et aux fluctuations géopolitiques.
Le plan d’action, présenté par Slah Zouari, ministre de l’Équipement et de l’Habitat, chargé également de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, repose sur une approche intégrée associant le renforcement des capacités de production, la réhabilitation des infrastructures existantes, le développement des énergies renouvelables et le déploiement de solutions de stockage de l’électricité.
Pour faire face aux pics de consommation, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a présenté son plan d’exécution à court terme, qui prévoit la réalisation de plusieurs projets d’envergure. Ce plan prévoit l’amélioration des performances des unités de production existantes grâce à l’installation de systèmes de refroidissement de l’air, permettant d’accroître la capacité de production de 250 mégawatts (MW), la mise en service d’une troisième turbine à gaz à Borj El Amri d’une capacité de 300 MW, l’acquisition de moteurs à gaz totalisant 200 MW, ainsi que la remise en service complète des centrales de Kchabta et de Maktar, pour une capacité cumulée d’environ 190 MW.
En matière de développement des énergies renouvelables et de maîtrise de la demande, près de 300 MW de capacités renouvelables devraient être raccordés au réseau d’ici l’été 2027, auxquels s’ajouteront environ 40 MW dans le cadre du cinquième round de l’appel à projets du régime d’octroi des autorisations. Les projets prévus comprennent l’extension du parc éolien de Sidi Daoud, avec une capacité supplémentaire d’environ 30 MW, une centrale photovoltaïque de 50 MW à Béni M’hira, dotée d’un système de stockage de 20 MWh, et une centrale photovoltaïque de 200 MW à Tataouine, équipée d’un système de stockage de 100 MWh. Le plan prévoit également une réduction de la demande de 300 MW en période de pointe et l’amélioration du système de délestage.
En conclusion des travaux, la Cheffe du gouvernement a appelé à assurer un suivi rigoureux sur le terrain pour accélérer l’exécution de l’ensemble de ces projets. Elle a insisté sur la modernisation du réseau électrique, la généralisation des compteurs intelligents et la mobilisation collective des citoyens et des entreprises en faveur d’une consommation rationnelle de l’électricité, notamment pendant les périodes de forte demande.

(D’après TAP)

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