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La Tunisienne Hadhami Hammi est aujourd’hui experte en suivi-évaluation auprès de la ZLECAf

10. Oktober 2026 um 08:35

Comment savoir si un projet a réellement changé quelque chose ? La question guide le travail de Hadhami Hammi Gharbi, experte tunisienne en suivi, évaluation et apprentissage au Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), au Ghana. Forte de plus de dix ans d’expérience dans la coopération internationale, elle s’attache à faire des données un outil de décision et des résultats une source d’apprentissage. Peu connue du grand public, cette experte tunisienne revient aujourd’hui sur son parcours dans un entretien accordé à Managers.

Rien ne la destinait particulièrement à ce métier. Après des études d’anglais, une première occasion dans une organisation non gouvernementale lui ouvre les portes du développement international. Elle découvre alors un univers où les projets se construisent au contact du terrain, avec des objectifs à atteindre, des financements à gérer et des bénéficiaires dont les besoins ne se résument pas toujours aux chiffres d’un rapport. La curiosité fait son chemin et devient le fil conducteur de sa carrière.

Un passage chez Deloitte vient ensuite affiner sa compréhension des organisations. Son rôle, davantage axé sur la formation que sur la gestion opérationnelle des projets, lui fait prendre la mesure d’un ressort essentiel de leur réussite. Une stratégie, même bien conçue, reste lettre morte si les équipes ne disposent pas des compétences nécessaires pour la mettre en œuvre. Former, c’est donc aussi préparer une organisation à mieux travailler, à gagner en autonomie et à atteindre ses objectifs. Cette expérience nourrit son intérêt pour le management stratégique et la gouvernance, qu’elle approfondira par un Executive MBA à l’Université Paris-Dauphine.

Le suivi-évaluation s’impose progressivement comme son domaine de spécialité. Derrière cette appellation technique se cache un exercice de lucidité. Un programme peut respecter son calendrier, organiser toutes les activités prévues et dépenser les fonds alloués sans obtenir les changements espérés. Il faut alors regarder les résultats de près, comprendre les écarts et déterminer ce qui mérite d’être corrigé. “Mon rôle consiste à transformer les données en décisions, les résultats en enseignements et les enseignements en leviers d’action”, explique-t-elle.

En Tunisie, ses missions auprès de programmes soutenus par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) la conduisent à travailler sur l’emploi des jeunes, le développement des PME et la gouvernance. Parmi ses expériences figure la plateforme Monitoring and Evaluation for Tunisia and Libya, mise en œuvre par IBTCI pour la mission de l’USAID en Tunisie. Elle y assure l’appui au suivi-évaluation d’un portefeuille de 11 programmes et de plus de 15 partenaires. La coordination des évaluations, la vérification de la qualité des données et la préparation d’analyses destinées aux responsables exigent une attention constante aux faits. Elle intervient également sur des programmes tels que Tunisia Jobs, TADAEEM et MA3AN.

Ces expériences lui enseignent une chose essentielle. Évaluer ne consiste pas à distribuer des bons ou des mauvais points. Il faut comprendre pourquoi une action fonctionne, repérer les obstacles et donner aux équipes les moyens d’améliorer leur travail. La démarche relève autant de l’analyse que de l’apprentissage. Elle permet de tirer parti des erreurs, d’affiner les méthodes et d’éviter que les mêmes difficultés ne se reproduisent.

Au Ghana, au sein du Secrétariat de la ZLECAf, son travail prend une autre ampleur. Elle assure le leadership technique du suivi-évaluation à l’échelle de l’institution et contribue à apprécier les effets des initiatives menées dans les pays membres pour favoriser les échanges de biens et de services. La tâche exige de rapprocher des priorités nationales parfois différentes, de suivre les avancées et de produire des éléments suffisamment solides pour éclairer les décisions.

Elle contribue notamment au programme Youth at Work, lancé en 2025 avec un financement de 49 millions de dollars de la Mastercard Foundation. Prévu sur la période 2025-2028, le programme entend renforcer la participation économique des jeunes Africains, notamment par l’entrepreneuriat, la formation professionnelle et l’accès à l’emploi. Pour une spécialiste du suivi-évaluation, la question déterminante est celle du passage à l’acte. Les formations débouchent-elles sur des emplois ? Les jeunes entrepreneurs parviennent-ils à développer leurs activités ? Les dispositifs proposés répondent-ils aux besoins du marché ? Autant de questions auxquelles les données doivent permettre d’apporter des réponses.

Autre chantier, le Continental Agri-Trade Action Plan, élaboré par la ZLECAf avec le Rwanda et l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA). Ce plan vise à lever les obstacles au commerce agricole intra-africain, à renforcer les chaînes de valeur régionales et à faciliter l’accès des producteurs aux marchés. Hadhami Hammi Gharbi contribue à son élaboration et travaille avec les gouvernements pour soutenir son adoption et sa mise en œuvre.

La Tunisie a tout intérêt à suivre ces évolutions de près. L’huile d’olive, les dattes et d’autres productions nationales peuvent trouver de nouveaux débouchés sur le continent, pour peu que les entreprises disposent des relais commerciaux, des solutions logistiques et des informations nécessaires. “L’enjeu pour la Tunisie n’est pas seulement d’être présente sur le marché africain, mais de se positionner durablement dans les dynamiques de valeur du continent”, souligne-t-elle. L’intégration africaine ne prendra pleinement son sens que si les possibilités ouvertes par l’accord se traduisent en commandes, en partenariats et en activité pour les entreprises.

La suite de son parcours s’inscrit dans cette recherche d’une décision mieux éclairée. Hadhami Hammi Gharbi souhaite approfondir le pilotage de la performance des institutions et des politiques publiques. Elle s’intéresse aussi à l’analyse des données, à la transformation numérique et aux usages responsables de l’intelligence artificielle dans son métier. Ces outils peuvent aider à repérer plus rapidement les tendances et les risques, à condition de conserver des données fiables et de ne pas abandonner le jugement humain aux algorithmes.

Sa conviction tient en quelques mots. “Mesurer le progrès est nécessaire, mais la réelle valeur ajoutée de mon expertise est d’aider les institutions à mieux mettre en œuvre les actions, à maîtriser les risques et à adopter le principe de l’amélioration continue”. Dans cette discipline, les chiffres ne racontent jamais toute l’histoire. Encore faut-il savoir les interpréter, comprendre ce qu’ils taisent et en tirer les décisions qui feront la différence.

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Sénégal : 998 milliards de FCFA annoncés pour électrifier tout le pays d’ici 2029

09. Oktober 2026 um 16:29

Le Sénégal a annoncé 998 milliards de FCFA d’engagements financiers pour atteindre l’accès universel à l’électricité d’ici 2029. Présentée le 6 octobre 2026, cette enveloppe dépasse plus de deux fois les besoins de financement résiduels, estimés à 395,8 milliards de FCFA. Mais ces engagements restent à concrétiser.

Sur le montant annoncé, 181 milliards de FCFA proviennent des partenaires techniques et financiers, contre 817 milliards apportés par le secteur privé. La stratégie prévoit notamment l’extension des réseaux électriques, le déploiement de mini-réseaux solaires et l’installation de systèmes solaires domestiques. Le défi reste important : 6 471 localités n’ont pas encore de financement identifié. À fin 2024, le taux d’accès à l’électricité atteignait 86,2 % au niveau national, contre 69,8 % en milieu rural.

Le précédent de 2021 invite à la prudence. À l’époque, des intentions de financement et des propositions d’investissement avaient également été annoncées pour atteindre l’accès universel en 2025, sans que cet objectif soit réalisé.

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À 85 ans, Navi Pillay, fille d’un chauffeur de bus, remporte le Nobel de la paix 2026

09. Oktober 2026 um 16:05

Le prix Nobel de la paix 2026 a été attribué, vendredi 9 octobre, à la juriste sud-africaine Navanethem “Navi” Pillay, pour son engagement en faveur de la paix et du droit international, a annoncé le Comité Nobel norvégien. À 85 ans, elle est récompensée pour une carrière qui l’a menée des tribunaux sud-africains aux plus hautes instances judiciaires internationales.

Source: Université Harvard.

Née en 1941 à Durban, dans une famille d’origine tamoule indienne et fille de chauffeur de bus, Navi Pillay grandit sous l’apartheid. En 1967, elle devient la première femme à ouvrir un cabinet d’avocats dans la province du Natal. Elle défend notamment des militants opposés au régime ségrégationniste, avant d’être nommée, en 1995, première femme noire à siéger à la Haute Cour de cette province.

Son parcours prend ensuite une dimension internationale. En 1999, elle rejoint le Tribunal pénal international pour le Rwanda, dont elle devient présidente. Elle contribue aux travaux judiciaires qui ont marqué la reconnaissance du viol et des violences sexuelles comme crimes pouvant relever du génocide et des crimes contre l’humanité. Elle devient ensuite juge à la Cour pénale internationale, où elle exerce de 2003 à 2008.

De 2008 à 2014,  la juge occupe le poste de Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme. Elle poursuit ainsi son travail sur les droits fondamentaux et la responsabilité des États et des individus. En 2019, elle est nommée juge ad hoc à la Cour internationale de Justice dans l’affaire opposant la Gambie au Myanmar, liée aux accusations de génocide contre la minorité rohingya.

En lui décernant le Nobel de la paix, le Comité Nobel met en avant sa contribution au développement du droit international et au renforcement des mécanismes judiciaires chargés de poursuivre les crimes les plus graves. Son parcours illustre celui d’une juriste qui a consacré plusieurs décennies à faire évoluer la justice, des juridictions nationales aux institutions internationales.

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Vacances d’hiver : les professionnels du tourisme veulent prolonger la période jusqu’au 1er janvier

09. Oktober 2026 um 15:18

La Fédération interprofessionnelle du tourisme tunisien (FI2T) demande de revoir le calendrier des vacances scolaires d’hiver 2026-2027. Elle propose de prolonger la période de congé jusqu’au 1er janvier 2027, afin de permettre aux familles de profiter davantage des offres touristiques de fin d’année et de soutenir l’activité des professionnels du secteur.

Dans un communiqué publié le vendredi 9 octobre 2026, la fédération estime que le calendrier actuel, qui fixe les vacances du 14 au 27 décembre 2026, limite les possibilités de développer les séjours autour des fêtes de fin d’année. Cette période représente habituellement une occasion de stimuler le tourisme intérieur, notamment grâce aux déplacements des familles.

L’enjeu dépasse les établissements hôteliers. Les agences de voyages, les structures d’hébergement alternatif, les restaurants et les autres prestataires touristiques pourraient également être concernés par une évolution du calendrier. Pour ces entreprises, une période de congé plus longue pourrait contribuer à soutenir la demande et à mieux répartir l’activité sur la fin de l’année. La FI2T propose également d’organiser les vacances scolaires par rotation entre les cinq régions du pays. L’objectif serait de répartir plus efficacement la fréquentation touristique, en particulier dans les régions intérieures, de limiter la pression sur les capacités d’accueil et de donner à davantage de familles la possibilité de voyager dans de meilleures conditions.

La fédération met aussi en avant l’emploi saisonnier. Selon elle, une période de vacances prolongée pourrait étendre la durée d’activité des travailleurs du tourisme, dont les revenus dépendent souvent de périodes de forte demande concentrées sur quelques semaines. Ces propositions restent des demandes professionnelles : aucune modification du calendrier scolaire n’est confirmée à ce stade. Leur mise en œuvre nécessiterait un dialogue avec le ministère de l’Éducation et les autres parties concernées.

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Environnement : Enda récompense trois initiatives tunisiennes et annonce l’ouverture du prix à l’Afrique

09. Oktober 2026 um 15:05

La première édition du Prix Michael Philip Cracknell pour l’Environnement a récompensé trois projets engagés dans la protection des écosystèmes tunisiens. Doté de 100 000 dinars au total, ce prix devrait s’ouvrir aux initiatives africaines dès sa prochaine édition, selon Essma Ben Hamida, cofondatrice d’Enda.

Trois initiatives tunisiennes se partagent les 100 000 dinars de la première édition du Prix Michael Philip Cracknell pour l’Environnement, lancé par Enda en hommage à son cofondateur, décédé le 4 juillet 2024. La cérémonie de remise des prix s’est tenue le 8 octobre 2026 au Musée national du Bardo, avec l’ambition de soutenir des projets capables d’apporter des réponses concrètes aux défis environnementaux du pays. Le premier prix, doté de 50 000 dinars, a été attribué à Houssem Hamdi pour Soli Green, porté par Tounes Clean Up. Mohamed Rammeh a remporté le deuxième prix, d’une valeur de 30 000 dinars, pour Zigofiltre, associé à Wayout. Le troisième prix, doté de 20 000 dinars, revient à Firas Khelifi pour Jninet El Hafsia, porté par Blue Fish. Au-delà de la récompense financière, Enda entend donner aux porteurs de projets les moyens de consolider leurs initiatives et de changer d’échelle.  « L’objectif est de mobiliser de nouveaux acteurs, notamment des jeunes entrepreneurs et des associations, autour de la réduction des déchets, de la protection de la biodiversité, de la préservation de l’eau et du développement des énergies renouvelables » explique Essma Ben Hamida.

200 candidatures, des projets venus de tout le pays

Lancée le 4 juillet 2026, cette première édition a enregistré 200 candidatures, dont 171 déposées dans les délais, provenant des 24 gouvernorats. Après vérification, 93 dossiers ont fait l’objet d’une évaluation technique, avant que 33 initiatives soient soumises au jury. Dix finalistes ont ensuite été auditionnés le 19 septembre. Les projets examinés illustrent les priorités environnementales des porteurs d’initiatives en Tunisie. Selon les chiffres communiqués par Enda, 53 % des projets évalués techniquement concernent les déchets et l’économie circulaire, près de 30 % portent sur l’eau et la résilience climatique, tandis que 12 % s’intéressent à l’agriculture, aux sols et à la biodiversité. Les startups, entrepreneurs et porteurs individuels représentent 69 % des candidatures, signe de la place occupée par l’initiative entrepreneuriale dans cette dynamique.

Pour Essma Ben Hamida, ce prix répond aussi à un enjeu de transmission. Après plusieurs décennies d’engagement dans le développement économique et social, Enda veut s’appuyer sur d’autres acteurs pour poursuivre le travail engagé. « Des acteurs plus jeunes, plus robustes, qui ont encore l’envie et l’énergie pour continuer le combat », a-t-elle expliqué. Le projet lauréat de Houssem Hamdi illustre cette volonté de faire converger environnement et activité économique locale. Soli Green vise la plantation de 12 millions d’arbres d’essences locales à l’horizon 2035, en associant les populations aux projets économiques liés aux forêts tunisiennes. « Nous avons déjà atteint 2,2 millions d’arbres », a indiqué Houssem Hamdi, selon sa déclaration en tunisien. Le projet ambitionne également de mobiliser 1 000 femmes et plus de 5 000 bénévoles. Le montant de 50 000 dinars attribué par le prix vient ainsi soutenir une initiative qui associe restauration des écosystèmes, participation citoyenne et développement local.

Un prix appelé à dépasser les frontières tunisiennes

L’annonce la plus marquante de la cérémonie concerne la prochaine étape du concours. Essma Ben Hamida a indiqué que le prix devrait devenir africain dès 2027. Cette ouverture fait suite notamment à la réception, lors de cette première édition, d’une candidature malienne qui n’a pas pu être retenue, le concours étant alors réservé aux initiatives tunisiennes. Cette évolution pourrait ouvrir de nouvelles perspectives de coopération entre entrepreneurs, associations et acteurs environnementaux du continent. Elle devra toutefois se traduire par des modalités concrètes pour la prochaine édition. La cérémonie a également été l’occasion de présenter l’édition tunisienne du Manuel pour le citoyen du monde, en présence de ses coauteurs Roberto Savio et Giuliano Rizzi. Traduit en français et en arabe, cet ouvrage compte 19 chapitres consacrés aux grands enjeux contemporains. Enda prévoit de le diffuser dans les maisons de jeunes, les universités et les lycées afin de sensibiliser les nouvelles générations aux défis mondiaux et à leur capacité d’action.

En réunissant soutien financier, mobilisation citoyenne et transmission des connaissances, Enda cherche ainsi à inscrire l’héritage de Michael Philip Cracknell dans une dynamique plus large : faire émerger des solutions environnementales concrètes en Tunisie, puis étendre cette démarche à l’échelle africaine.

 

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Le groupe espagnol ARSAM prépare une extension de ses activités en Tunisie

09. Oktober 2026 um 14:51

Le groupe espagnol Suministros Arsam prévoit d’étendre prochainement les activités de sa filiale tunisienne. L’annonce a été faite par son CEO, Jaime Samon, lors d’une rencontre tenue le 8 octobre 2026 au siège de FIPA-Tunisia, consacrée au développement de l’entreprise dans le secteur des composants automobiles.

Jaime Samon a été reçu par Jalel Tebib, directeur général de FIPA-Tunisia et président par intérim de la Tunisia Investment Authority (TIA). Il était accompagné de Marouen Hammada, directeur général d’ARSAM Tunisie, et de Mohamed Chorfi, avocat d’affaires de la société, présent dans le cadre des échanges liés à cette démarche de développement.

Cette extension doit permettre à l’entreprise de suivre la progression de ses activités sur le marché tunisien. Les discussions ont également porté sur les incitations prévues par la législation nationale sur l’investissement, que la filiale pourrait mobiliser pour accompagner son projet. À cette occasion, Jalel Tebib a souligné le potentiel du secteur des composants automobiles et son importance dans le tissu industriel du pays. Les deux parties ont convenu de poursuivre leur collaboration afin de concrétiser l’investissement dans les meilleurs délais.

Fondée en Espagne, Suministros Arsam dispose de plus de 70 ans d’expérience dans la distribution de fournitures industrielles, le conseil technique et l’ingénierie MRO, qui regroupe les activités de maintenance, de réparation et les opérations nécessaires au bon fonctionnement des équipements. Le groupe accompagne plus de 4 000 entreprises en Europe et au Maghreb dans l’optimisation de leurs processus d’usinage, d’assemblage et de logistique.

Implantée à Sousse, ARSAM Tunisie propose notamment des solutions de Lean Manufacturing, une approche visant à améliorer l’efficacité des processus de production, ainsi que des structures tubulaires modulaires destinées aux grandes entreprises locales du câblage automobile. Ces équipements contribuent à organiser les postes de travail et à fluidifier les opérations industrielles.

En plus de la Tunisie, Suministros Arsam est présent au Portugal et au Maroc. Le projet d’extension annoncé confirme la volonté du groupe de développer davantage ses activités sur le marché tunisien, notamment auprès des industriels de la filière automobile.

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Dhekra Mahmoud, une Tunisienne parmi les 35 chercheuses distinguées par L’Oréal-Unesco en France

09. Oktober 2026 um 11:57

Un système informatique peut-il être considéré comme sûr sans que sa fiabilité soit démontrée mathématiquement? C’est la question au cœur des recherches de Dhekra Mahmoud, dont le nom figure parmi les 35 lauréates du prix L’Oréal-Unesco Pour les Femmes et la Science France 2026. La chercheuse est distinguée dans la catégorie “IA et modélisation”, pour ses travaux visant à prouver la sécurité des systèmes numériques.

À l’heure où les entreprises multiplient les échanges dématérialisés et où les données occupent une place croissante dans leur activité, la fiabilité des systèmes informatiques ne relève plus seulement d’un enjeu technique. Elle conditionne aussi la protection des informations, la sécurité des transactions et la confiance accordée aux outils numériques. C’est dans cet environnement que s’inscrivent les recherches de Dhekra Mahmoud.

Son approche repose sur les mathématiques formelles, qui permettent d’examiner le fonctionnement d’un système et de démontrer certaines propriétés de sécurité. Il ne s’agit donc pas uniquement de rechercher des failles après leur apparition, mais de vérifier, par le raisonnement mathématique, si un dispositif répond aux exigences attendues. Ces travaux s’inscrivent dans un domaine particulièrement important pour la cryptographie et la sécurisation des communications numériques.

Cette distinction intervient dans le cadre de la 20e édition française du prix L’Oréal-Unesco, dont le palmarès 2026 rassemble 35 doctorantes et post-doctorantes sélectionnées parmi plus de 800 candidatures. Leurs recherches couvrent des disciplines allant de la biologie à la physique, en passant par les mathématiques, l’informatique et l’ingénierie.

Dhekra Mahmoud figure aux côtés de chercheuses qui explorent d’autres facettes de la sécurité et des technologies émergentes. Anne Josiane Kouam étudie notamment les moyens de protéger la vie privée à l’ère de l’intelligence artificielle, tandis que Johanna Loyer travaille sur le chiffrement face aux capacités des futurs ordinateurs quantiques. Ces recherches répondent à des questions différentes, mais toutes touchent à la manière dont les technologies peuvent être rendues plus fiables.

Le prix distingue chaque année de jeunes scientifiques à une étape déterminante de leur parcours. Au-delà de la reconnaissance accordée à leurs travaux, il prévoit une dotation financière et un accompagnement destiné à soutenir leur développement professionnel. La cérémonie de remise des prix s’est déroulée le 7 octobre 2026 à l’Académie des sciences, à Paris.

Créé en 1998, le programme international L’Oréal-Unesco Pour les Femmes et la Science entend renforcer la place des femmes dans la recherche. Selon les données de l’Unesco citées par les organisateurs, elles représentent environ un tiers des chercheurs dans le monde. La faible représentation féminine dans plusieurs disciplines scientifiques et technologiques demeure ainsi un enjeu pour les institutions de recherche.

 

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SAPRI 2026: après 19 ans d’absence, le salon industriel revient au Kram

09. Oktober 2026 um 10:37

Après près de deux décennies d’absence, le Salon international des pièces de rechange, des équipements et des services industriels (SAPRI) revient du 17 au 20 novembre 2026 au Parc des expositions du Kram. Pour cette 10e édition, les organisateurs attendent près de 250 exposants, 120 experts et intervenants internationaux et quelque 15 000 visiteurs. Au programme, des rencontres d’affaires, des démonstrations technologiques et des échanges autour des nouveaux défis de l’industrie.

L’un des principaux rendez-vous de cette édition sera consacré aux rencontres professionnelles. Près de 1 000 réunions B2B sont prévues entre les entreprises et les experts présents. Des participants venus notamment de France, d’Italie, du Japon, de Singapour, d’Afrique du Sud, du Congo, de Mauritanie, du Cameroun, d’Algérie et de Libye sont attendus. L’occasion, pour les entreprises tunisiennes, de nouer des contacts, d’explorer des pistes de coopération et de présenter leurs compétences à des partenaires étrangers.

Organisé par le Centre technique des industries mécaniques et électriques (Cetime), sous la tutelle du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, en partenariat avec la Société de la Foire internationale de Tunis, le SAPRI n’avait plus été organisé depuis 2007. Son retour intervient dans un contexte où les industriels doivent composer avec des évolutions rapides, entre digitalisation des procédés, recherche de performance et nouvelles exigences environnementales.

Ces enjeux se retrouveront dans les différents espaces du salon, qui s’étendra sur environ 7 000 m² et sera organisé en sept villages thématiques. La maintenance industrielle, la métrologie, le contrôle industriel et la transition écologique seront notamment à l’honneur. Les industries lourdes, dont les secteurs minier, pétrolier et cimentier, auront également leur place.

Les visiteurs pourront découvrir des solutions liées à l’industrie 4.0, aux technologies de production, à l’ingénierie, à la normalisation et aux essais non destructifs. La transition énergétique et la digitalisation feront aussi partie des thèmes abordés. Pour les entreprises, ces technologies représentent autant de pistes à explorer pour moderniser leurs équipements, améliorer leurs opérations et mieux maîtriser leurs coûts.

Le programme prévoit par ailleurs plusieurs rendez-vous destinés à mettre en avant les compétences et l’innovation. Le Grand Prix de la Maintenance 2026 récompensera les initiatives dans les domaines de la maintenance industrielle et de la métrologie. De son côté, le Makeathon Africa by Cetime réunira des startups et des ingénieurs autour de la conception de prototypes innovants en matière de maintenance prédictive.

Cette dernière vise notamment à anticiper les pannes avant qu’elles ne perturbent la production. En s’appuyant sur les données et le suivi des équipements, les industriels peuvent mieux planifier les interventions et limiter les arrêts imprévus. Le makeathon entend ainsi rapprocher les compétences techniques des besoins rencontrés sur le terrain.

Autre temps fort, la huitième Conférence africaine des essais non destructifs (ACNDT’2026) réunira des spécialistes autour des méthodes de contrôle des matériaux et des équipements sans les détériorer. Les Rencontres internationales du salon aborderont, quant à elles, le développement technologique, l’intelligence artificielle et la transition écologique et énergétique. Des ateliers et des démonstrations pratiques permettront également aux participants de se familiariser avec des solutions industrielles récentes.

Au-delà de la présentation des technologies, les organisateurs souhaitent encourager l’innovation et faire connaître les mécanismes d’appui financier et technique destinés aux entreprises. Le développement des services industriels tunisiens à l’export figure aussi parmi les objectifs annoncés, tout comme le transfert de connaissances et l’incitation des jeunes diplômés à entreprendre dans ce domaine.

Cette orientation rejoint les missions du Cetime. Créé en 1982 et installé à Douar Hicher, le centre accompagne les entreprises, notamment dans les secteurs mécanique, électrique et électronique, à travers ses laboratoires et ses prestations d’assistance technique. Il intervient également dans les démarches de transition énergétique, environnementale et de décarbonation.

Le retour du SAPRI doit ainsi permettre de rapprocher les entreprises tunisiennes des fournisseurs, des experts et des partenaires internationaux. Les quatre jours du salon offriront un cadre aux échanges, mais leur portée dépendra surtout des suites données aux rencontres: nouveaux contrats, coopérations techniques ou accès à des marchés extérieurs.

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Émirats arabes unis: le bulletin n° 3 devient obligatoire pour les Tunisiens qui cherchent un emploi

09. Oktober 2026 um 10:40

Les Tunisiens qui souhaitent travailler aux Émirats arabes unis devront intégrer une nouvelle pièce à leur dossier de visa: un extrait du casier judiciaire, appelé bulletin n° 3 en Tunisie. Cette exigence, annoncée par le consulat général de Tunisie à Dubaï, doit entrer en vigueur le 26 octobre 2026 et concerner les nouvelles demandes de visa de travail.

Le document devra être délivré par les autorités tunisiennes compétentes, puis authentifié par l’ambassade des Émirats arabes unis en Tunisie. Les candidats devront donc anticiper cette formalité dans la préparation de leur dossier, en tenant compte des démarches nécessaires à l’obtention et à la légalisation du document. Une disposition transitoire concerne les ressortissants tunisiens présents aux Émirats avec un visa de visite, qui ont trouvé un emploi et souhaitent régulariser leur situation. Selon l’annonce rapportée par les médias tunisiens, ils disposent d’un délai de 45 jours à compter de l’entrée en vigueur de la mesure pour compléter les formalités liées à l’obtention de leur visa de travail.

Pour les candidats à l’expatriation professionnelle, l’enjeu est concret: vérifier les pièces exigées avant de finaliser une candidature ou d’engager des démarches auprès d’un employeur émirati. Les personnes déjà sur place doivent, quant à elles, tenir compte du délai annoncé et se renseigner auprès des autorités compétentes sur les modalités applicables à leur situation. Le texte intégral de la décision émiratie n’ayant pas pu être consulté indépendamment, les éventuelles exceptions, les modalités précises d’authentification et les conséquences d’un dossier incomplet restent à confirmer auprès du consulat ou de l’ambassade concernés.

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Stade d’El Menzah, aéroport Tunis-Carthage, port d’Enfidha… 6 grands projets publics sous pression

09. Oktober 2026 um 09:49

La reconstruction du stade olympique d’El Menzah, l’extension de l’aéroport Tunis-Carthage et le projet de port en eau profonde d’Enfidha figurent parmi les six grands chantiers publics dont l’avancement a été examiné par le gouvernement tunisien. Réunie le jeudi 8 octobre 2026 au palais de La Kasbah, la Commission des grands projets a également pris des décisions concernant l’attribution de marchés pour certains travaux.

Présidée par la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, la réunion a porté sur des projets touchant à l’énergie, à la santé, aux infrastructures, au transport et au sport. L’objectif affiché est d’accélérer leur réalisation et de lever les obstacles susceptibles de retarder les travaux. Parmi les dossiers examinés figure la reconstruction du stade olympique d’El Menzah. La Commission a pris une décision relative à l’attribution des marchés pour les travaux, qui doivent être réalisés par une entreprise chinoise. Le communiqué ne précise toutefois ni le nom de cette entreprise, ni le montant du marché, ni le calendrier détaillé du chantier.

Autre projet concerné: la protection du site de Sidi Bou Saïd contre les glissements de terrain. Des décisions relatives à l’attribution des marchés ont également été prises pour ces travaux, sans précision sur leur coût ou leur date de démarrage. La réunion a aussi permis de faire le point sur l’extension de la centrale électrique de Borj El Amri, la réhabilitation de l’hôpital régional de Bir Ali Ben Khalifa, dans le gouvernorat de Sfax, ainsi que l’extension de l’aéroport international Tunis-Carthage. Le projet du port en eau profonde et de la zone de services logistiques d’Enfidha figurait également à l’ordre du jour.

Au-delà du suivi administratif, l’enjeu est de faire avancer des infrastructures susceptibles d’avoir des retombées sur les services publics, les transports, l’activité économique et l’emploi. La cheffe du gouvernement a demandé aux structures centrales et régionales concernées d’anticiper les difficultés, de suivre les chantiers sur le terrain et de respecter les délais ainsi que les exigences de qualité.

Le communiqué de la présidence du gouvernement ne fournit cependant aucun taux d’avancement, budget actualisé ou date de mise en service pour les six projets. Les prochaines étapes concrètes restent donc à préciser pour mesurer leur progression effective.

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CEMAC: ces anciennes pièces ne pourront plus servir à payer dès le 1er novembre

09. Oktober 2026 um 09:04

À partir du 1er novembre 2026, les pièces de monnaie des gammes 1958, 1959, 1971, 1976 et 1985 ne pourront plus servir à régler des achats ou des dettes dans les six pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). La décision, prise le 7 octobre à N’Djamena par le Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC), s’inscrit dans le renouvellement du parc monétaire de la région. Les détenteurs disposeront toutefois d’un délai d’un an pour échanger les pièces concernées, selon les déclarations du gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui. Les modalités pratiques de cet échange restent à préciser. La mesure s’applique au Cameroun, au Congo, au Gabon, à la Guinée équatoriale, au Tchad et à la République centrafricaine. Elle porte sur cinq gammes monétaires, et non sur cinq valeurs faciales: les particuliers et les commerçants devront donc identifier les émissions concernées plutôt que se fier uniquement au montant inscrit sur chaque pièce. La décision fait suite à une proposition du conseil d’administration de la BEAC, réuni le 5 octobre dans la capitale tchadienne. L’objectif affiché est de retirer les pièces anciennes, jugées vétustes et disparates, au profit de la gamme dite «type 2024», mise en circulation à partir d’avril 2025.

Le renouvellement intervient dans une région confrontée depuis plusieurs années à des difficultés d’approvisionnement en monnaie métallique. Le manque de petites pièces complique les paiements sur les marchés, dans les commerces et dans les transports, où les transactions en espèces restent importantes. La nouvelle gamme comprend neuf valeurs faciales: 1, 2, 5, 10, 25, 50, 100, 200 et 500 FCFA. Elle introduit notamment une pièce de 200 FCFA et modifie le format de certaines dénominations afin de faciliter leur identification.

Pour renforcer les disponibilités, la BEAC a annoncé un programme de mise en circulation de 500 millions de pièces par an, avec un objectif cumulé de trois milliards de pièces à l’horizon 2030. La réussite de cette stratégie dépendra notamment de la capacité de la Banque centrale à alimenter régulièrement les banques et les circuits commerciaux.

La pénurie de monnaie métallique a également été associée par des responsables de la BEAC à des réseaux de collecte et d’exportation illicite de pièces. Certaines émissions anciennes seraient recherchées pour la valeur des métaux et alliages qui entrent dans leur fabrication. Les volumes concernés et le préjudice financier lié à ces pratiques n’ont toutefois pas été publiquement quantifiés dans les informations consultées. Lors d’une réunion du Comité de politique monétaire tenue le 24 mars 2025 à Malabo, Yvon Sana Bangui avait expliqué que la composition métallique des nouvelles pièces avait été revue pour réduire l’intérêt économique de leur détournement vers d’autres usages. Au-delà du retrait des anciennes émissions, l’enjeu est donc opérationnel: assurer la disponibilité de la monnaie nécessaire aux transactions quotidiennes. Pour les commerçants et les entreprises qui encaissent régulièrement des paiements en espèces, la priorité sera de vérifier les pièces détenues en caisse et de suivre les instructions officielles relatives à leur échange avant l’échéance.

La BEAC devra encore préciser les guichets habilités, les justificatifs éventuels et le calendrier détaillé de l’opération. Dans l’intervalle, les détenteurs de pièces des cinq gammes concernées doivent se référer aux annonces officielles de la Banque centrale pour connaître les modalités applicables.

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Nobel de littérature 2026 : Anne Carson récompensée pour avoir réinventé les formes littéraires

08. Oktober 2026 um 17:10

Le prix Nobel de littérature 2026 est attribué à l’écrivaine canadienne Anne Carson, 76 ans, pour une œuvre qui mêle poésie, traduction, littérature classique et expérimentation formelle. L’Académie suédoise distingue ainsi une écrivaine qui a progressivement fait tomber les frontières entre les genres littéraires.

Le jury Nobel récompense son « œuvre audacieuse et inventive qui, dans un dialogue ludique avec la tradition classique, a créé de nouvelles formes pour la littérature contemporaine ».

Née en 1950 à Toronto, Anne Carson s’est construite à la croisée de la recherche universitaire et de la création littéraire. Elle obtient son doctorat en 1981 avec une thèse consacrée au poète grec ancien Stésichore. Son parcours associe depuis la poésie, la traduction et l’enseignement universitaire, notamment en Amérique du Nord.

Cette formation classique n’est pas restée cantonnée au monde académique. La Grèce antique constitue l’un des matériaux centraux de son œuvre. Carson a notamment traduit et réinterprété des textes de Sappho et des tragédies grecques, dont Electra, Antigone et Bakkhai. Pour elle, la traduction devient ainsi un espace de création à part entière plutôt qu’un simple exercice de transposition.

Son travail commence surtout à attirer l’attention internationale dans les années 1990. Avec The Glass Essay, publié dans Glass, Irony, and God en 1995, elle explore notamment les possibilités du long poème et fait se rencontrer poésie, récit et réflexion personnelle.

Trois ans plus tard, Autobiography of Red: A Novel in Verse illustre encore davantage cette volonté de déplacer les frontières. Carson s’inspire d’un fragment de la poésie grecque ancienne consacré à Géryon, figure mythologique associée au monstre rouge ailé, pour construire une œuvre contemporaine en vers.

Son approche devient encore plus expérimentale avec Float, publié en 2016. L’ouvrage rassemble 22 petits livres autonomes qui peuvent être lus dans différents ordres. En 2024, Wrong Norma poursuit cette logique avec un ensemble hétérogène de textes qui fait dialoguer littérature, arts visuels, théâtre et autres disciplines.

Cette capacité à passer d’un genre à l’autre constitue précisément l’un des marqueurs de son œuvre. Carson a également collaboré avec des artistes visuels, des chorégraphes ainsi qu’avec des créateurs dans les domaines de l’opéra et du théâtre. Son parcours montre une conception de la littérature qui ne se limite pas au livre traditionnel.

Au-delà de la reconnaissance individuelle, le Nobel 2026 met donc en lumière une autre manière de concevoir la création littéraire : partir de matériaux anciens, les confronter au présent et inventer de nouvelles formes plutôt que reproduire les catégories existantes. Reuters souligne notamment le caractère hybride de son travail, à la croisée du roman en vers, du livret d’opéra, de la critique littéraire et de la traduction.

Le prix Nobel de littérature est doté de 12 millions de couronnes suédoises, soit environ 1,2 million de dollars. La remise des prix est prévue en décembre à Stockholm.

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4e African ESG Summit: comment rendre l’ESG bancable pour les exportateurs africains ?

08. Oktober 2026 um 21:00

Pour un exportateur africain, la question ESG ne s’arrête plus à la conformité. Il peut désormais conditionner l’accès au marché, peser dans l’analyse d’un banquier et, au bout de la chaîne, décider de la capacité de l’entreprise à financer sa transformation. C’est tout le fil conducteur du panel “De l’ESG à la bancabilité: comment financer la transformation des exportateurs africains ?”, organisé lors de la 4e édition de l’African ESG Summit, jeudi 8 octobre à Tunis.

De g. à d.: Meriam Ben Boubaker (Modératrice), Gérard Sié Kambiré, Habib Karaouli, Riadh Naouar et à l’écran en visioconférence: Salma Frioui.

Meriam Ben Boubaker, vice-présidente de l’International CFO Alliance et modératrice de la rencontre, plante d’emblée le décor. “Il faut investir. Pour investir, il faut de l’argent. L’argent existe, mais il ne va pas aux entreprises qui ne savent pas prouver ce qu’elles sont en train de faire”, déclare-t-elle. Le panel est justement construit comme une chaîne :; Gérard Sié Kambiré apporte le regard sur le risque, Salma Frioui celui de la norme et de la preuve, Habib Karaouli celui du banquier et Riadh Naouar celui de l’institution de développement. Avec une question simple en toile de fond, quel maillon ne doit surtout pas lâcher pour que l’argent arrive jusqu’aux entreprises ?

D’après Gérard Sié Kambiré, Managing Partner ESG, Sustainable Finance & Climate Risk Expert, le premier verrou se trouve dans la gestion des risques climatiques. “Avant, on considérait la mesure du risque sur la base des données historiques. Mais aujourd’hui, au regard du changement climatique, on demande aux entreprises d’intégrer dans leur gestion des risques tout ce qui est gestion des risques climatiques”, explique-t-il. Par ailleurs, il distingue deux catégories. D’un côté, les risques physiques, comme les sécheresses en Tunisie ou les inondations en Afrique de l’Ouest. De l’autre, les risques de transition, liés notamment aux nouvelles exigences européennes, dont le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et le règlement sur la déforestation. Son exemple du cacao permet de comprendre rapidement où se situe le problème. Un exportateur qui ne peut pas démontrer que son produit respecte les exigences européennes risque de perdre ses clients. “Si je n’ai pas de client, comment est-ce que je peux payer le crédit que j’ai pris auprès de ma banque ?”, interroge-t-il. Le risque ESG devient alors un risque commercial, puis un risque financier. Les actifs eux-mêmes peuvent perdre leur valeur s’ils ne permettent plus de générer les revenus nécessaires au remboursement de la dette.

La banque, justement, n’a plus les yeux rivés uniquement sur les états financiers. Elle doit aussi regarder ce qui peut fragiliser le marché de l’entreprise. Dans le cacao ivoirien, cela peut aller jusqu’à la géolocalisation des plantations. L’objectif est de pouvoir tracer l’origine du produit et d’écarter les exploitations situées dans des zones ne respectant pas les règles de déforestation. “Les banques vont plus seulement regarder ce qu’on a fait, la performance financière, mais aussi la performance extra-financière”, souligne Gérard Sié Kambiré.

Reste alors une question: que faut-il réellement mettre sur la table ? C’est là que Salma Frioui, experte IFRS et reporting de durabilité, déplace le débat vers la donnée. Pour elle, le problème n’est pas forcément que les entreprises ne disposent d’aucune information ESG. Elles ont déjà leurs factures d’énergie, leurs données sociales, les questionnaires des donneurs d’ordre ou encore les éléments issus des certifications. “Le problème aujourd’hui, c’est comment transformer ces données ESG en une information financière qui est proportionnée, qui est fiable et qui est surtout orientée vers la décision”, explique-t-elle. Autrement dit, une donnée qui dort dans un fichier Excel ne vaut pas grand-chose pour un financeur si elle ne permet pas de comprendre le risque, la trajectoire de l’entreprise ou l’investissement à réaliser. “L’ESG devient bancable lorsqu’il est traduit en risque, en investissement, en trajectoire et en preuve”, résume-t-elle.

Pas question, pour autant, de demander aux PME exportatrices de reproduire les rapports des grands groupes. Salma Frioui propose plutôt un reporting minimum, construit autour de quelques blocs. L’activité et l’exposition de l’entreprise, l’énergie et le climat, les données sociales et opérationnelles, deux ou trois risques matériels et, enfin, la gouvernance et le plan de transition. Une PME pourrait ainsi documenter ses consommations d’électricité, de gaz ou de carburant, ses effectifs, ses accidents du travail, ses fournisseurs critiques ou encore les risques susceptibles de toucher directement sa production. Elle pourrait aussi fixer un objectif, par exemple une réduction de 30 % de sa consommation d’énergie, puis préciser les investissements nécessaires, le calendrier et les gains attendus. “La banque va financer une trajectoire, financer un projet”, insiste-t-elle. Le reporting ne servirait donc pas seulement à obtenir un crédit. Il pourrait également répondre aux demandes des clients, des donneurs d’ordre ou des bailleurs de fonds. Cette logique conduit Salma Frioui à défendre, en fin de panel, la création d’un “passeport ESG pour les PME”. Le principe : un format commun, proportionné et construit avec les banques, les bailleurs et les donneurs d’ordre, afin d’éviter que chaque financeur ou client réclame à l’entreprise un nouveau dossier.

Une fois le risque identifié et la donnée structurée, reste le nerf de la guerre: le financement! Habib Karaouli, PDG de CAP Bank, estime que le maillon le plus faible de la chaîne reste justement celui-ci. Il évoque plus de 2 000 milliards de dollars investis dans la finance durable à l’échelle mondiale, dont à peine 1 % orienté vers l’Afrique. Selon les chiffres avancés durant le panel, cette enveloppe resterait par ailleurs très concentrée sur quelques pays africains. Pour Karaouli, le problème est donc double : mobiliser davantage de capitaux et surtout faire en sorte qu’ils atteignent les entreprises qui en ont besoin. “La conformité a un coût et la question est : qui va assumer ce coût ?”, souligne-t-il, citant notamment les bilans carbone, les diagnostics et le suivi des recommandations.

Une entreprise qui arrive avec une démarche ESG structurée part toutefois avec un avantage. “Incontestablement, ce sont des facteurs positifs qui sont pris en compte” , affirme Habib Karaouli. Mais le banquier doit désormais composer avec une palette de risques plus large : évolution rapide des réglementations dans les pays de destination, changement climatique, tensions géopolitiques et fermetures de marchés. Il cite aussi les effets possibles du changement climatique sur certaines activités tunisiennes, notamment l’agroalimentaire et l’aquaculture. La hausse des températures de la Méditerranée devient ainsi, à ses yeux, un paramètre à intégrer dans l’évaluation d’un projet. Cette nouvelle donne change aussi le métier bancaire. “Les critères d’appréciation ont changé. C’est une question de veille”, résume-t-il. Une entreprise qui maîtrise déjà son exposition et dispose d’un référentiel clair bénéficie, selon lui, d’un ‘avantage favorable’ dans l’analyse et sera ‘servie avant les autres'”.

Pour sortir de cette logique où les PME doivent seules absorber le coût de leur mise à niveau, Habib Karaouli propose une ligne de financement à trois volets. Un premier consacré au renforcement des fonds propres, un deuxième aux crédits bonifiés d’investissement et un troisième au financement des études préalables, notamment les bilans carbone et diagnostics ESG. Une approche qui s’inspire, selon lui, du programme de mise à niveau tunisien lancé en 1996.

Le financement ne peut cependant pas se limiter à quelques entreprises déjà structurées. C’est précisément là que Riadh Naouar, Manager Upstream & Advisory Services FIG NWC chez IFC, élargit le débat. Il rappelle le rôle que peuvent jouer les banques régionales dans le financement du commerce et des exportations africaines, en prenant notamment l’exemple de Coris Bank, présente dans plusieurs pays du continent.

Pour lui, les PME exportatrices ne peuvent pas être considérées isolément. Une entreprise qui exporte peut dépendre de centaines, voire de milliers de petites entreprises en amont. “Il y a des PME qui sont liées à des chaînes de valeur. […] Toutes ces PME dans ta chaîne de valeur doivent se conformer”, explique-t-il.

Le problème devient alors celui de la donnée et du savoir. Les banques ont besoin d’informations suffisamment solides pour projeter les trajectoires climatiques de leurs portefeuilles. Or, ces données restent encore trop fragmentées dans plusieurs secteurs africains. Sans cette matière première, difficile de mesurer correctement le risque et donc de généraliser le financement vert.

D’où l’importance, selon Riadh Naouar, du rôle des donneurs d’ordre, des multinationales et des bailleurs. Les grandes entreprises qui imposent de nouveaux standards aux fournisseurs doivent aussi contribuer à leur transmission. “Les bailleurs, les donneurs d’ordre jouent un rôle important de vulgarisation”, estime-t-il, en prenant notamment l’exemple de la filière cacao.

Le financement de la transition passe donc aussi par le transfert de compétences. “L’accès au savoir est un élément clé”, insiste-t-il. L’enjeu n’est plus seulement de financer une PME ou mille PME, mais de pouvoir accompagner l’ensemble d’une chaîne de valeur.

Au terme du panel, les quatre intervenants livrent chacun leur solution. Riadh Naouar défend un écosystème réunissant régulateurs, financeurs, donneurs d’ordre et chaînes de valeur. Habib Karaouli revient sur sa ligne de financement à trois volets. Salma Frioui propose son “passeport ESG pour les PME”. Gérard Sié Kambiré, lui, revient au point de départ : les entreprises doivent apprendre à parler le langage des banques.

“Plus je comprends votre langage, je suis à même de vous satisfaire”, explique-t-il. Il appelle donc les PME à intégrer une véritable culture du risque, tout en demandant aux banques de jouer leur rôle dans cette mise à niveau. Car la chaîne ne peut pas fonctionner à sens unique : si l’entreprise doit prouver, mesurer et investir, le financement doit lui aussi être capable de suivre cette transformation.

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4e édition African ESG Summit: “Ne subissez pas la demande ESG européenne, transformez les données qu’elle exige en avantage commercial”, selon Steven Tebbe

08. Oktober 2026 um 19:28

Et si les nouvelles règles européennes n’étaient pas seulement une contrainte pour les exportateurs africains, mais aussi une occasion de renforcer leur position face à leurs acheteurs? C’est, en substance, le message porté par Steven Tebbe lors de la 4e édition de l’African ESG Summit.

Ancien Directeur général de CDP Europe et ancien collaborateur d’EFRAG, il a livré une lecture assez différente de la réglementation européenne. Pour lui, l’enjeu n’est plus seulement de savoir comment les entreprises africaines vont se conformer aux exigences européennes. Il faut surtout comprendre ce que les acheteurs européens doivent désormais obtenir de leurs fournisseurs pour pouvoir, eux-mêmes, respecter leurs obligations. “Je ne suis pas ici pour vous dire comment fonctionne votre marché. Vous le connaissez bien mieux que moi. Ce que je peux vous apporter, c’est une vision depuis l’intérieur de la salle où sont formulées les exigences qui vous concernent”, a-t-il annoncé.

Steven Tebbe connaît effectivement le sujet de l’intérieur. Il explique avoir consacré 10 ans au développement de l’activité de CDP Europe, organisation spécialisée dans la collecte de données environnementales auprès des entreprises et des investisseurs. Il a ensuite travaillé au sein d’EFRAG, impliqué dans le processus européen ayant conduit à l’élaboration des European Sustainability Reporting Standards (ESRS).

En effet, son premier constat est plutôt inhabituel dans un discours consacré à l’ESG. Après plusieurs années durant lesquelles les entreprises africaines ont été prévenues d’un durcissement massif de la réglementation européenne, Bruxelles a finalement engagé un mouvement de simplification. Le périmètre de la CSRD a été réduit et le cadre européen du reporting de durabilité a été révisé. “Beaucoup d’entre vous ont probablement passé trois ans à entendre qu’un mur de réglementation européenne arrivait”, a-t-il relevé. Selon Tebbe, cette évolution doit servir de leçon. Une entreprise africaine ne devrait pas bâtir sa stratégie commerciale uniquement sur l’hypothèse d’un durcissement continu des réglementations européennes. A dire vrai, “une règle qui arrive avant que quiconque ne veuille réellement les données qu’elle produit est une règle qui peut facilement être abandonnée lorsque la politique change”, estime-t-il. Cela ne signifie toutefois pas que la demande européenne en matière de données ESG disparaît. Certaines réglementations sont désormais suffisamment ancrées dans les échanges commerciaux pour modifier les relations entre acheteurs et fournisseurs. Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM), entré dans son régime définitif au 1er janvier 2026, concerne notamment le ciment, le fer et l’acier, l’aluminium, les engrais, l’électricité et l’hydrogène. À cela s’ajoutent les exigences de traçabilité liées au règlement européen contre la déforestation, qui concernera notamment des filières comme le cacao et le bois. 

Quant aux entreprises africaines présentes sur ces marchés, ces dispositifs ne sont donc pas seulement une affaire de conformité. Ils touchent directement la relation commerciale avec l’acheteur européen. C’est précisément là que Steven Tebbe veut déplacer le regard. “Aucune de ces règles ne s’applique à vous. Chacune s’applique à votre acheteur, et votre acheteur ne peut pas satisfaire ses obligations sans vous”, explique-t-il. La nuance est importante! Juridiquement, c’est souvent l’entreprise européenne qui porte l’obligation. Mais pour remplir cette obligation, elle doit obtenir des informations de son fournisseur. Origine du produit, géolocalisation d’une parcelle, traçabilité, émissions incorporées, données de production… autant d’informations qui peuvent devenir indispensables à la poursuite de la relation commerciale. “Ce n’est pas une charge de conformité. C’est une dépendance”, résume Tebbe. Cette dépendance pourrait, selon lui, modifier le rapport de force. Un grand acheteur peut toujours envoyer un questionnaire à son fournisseur et lui demander de remplir une nouvelle série de données. Mais derrière chaque question se trouve un coût. “Il y a un questionnaire, un portail, une demande”Veuillez compléter ceci pour vendredi”. Ce qui est présenté comme une exigence fait alors supporter le coût au fournisseur”, observe-t-il.

Or, la donnée ne se produit pas toute seule. Cartographier des parcelles, mesurer les émissions incorporées ou assurer la traçabilité d’une chaîne qui relie des milliers de producteurs à un seul conteneur nécessite des outils, du personnel et des investissements.

“La cartographie coûte de l’argent. La mesure des émissions incorporées coûte de l’argent. Construire une traçabilité de mille producteurs jusqu’à un seul conteneur coûte de l’argent. Et quelqu’un devra payer”, souligne-t-il. Pour l’expert, c’est précisément sur ce terrain que les exportateurs africains peuvent reprendre la main. Plutôt que d’attendre que l’acheteur européen demande les données, ils devraient commencer par lui poser une question : de quelles informations a-t-il besoin pour remplir ses propres obligations ?

“Les exportateurs qui réussissent le mieux posent une question à leur acheteur au lieu d’attendre la demande. La question est simplement : qu’avez-vous à déclarer et de quoi avez-vous besoin de ma part pour le faire ?”

La différence peut sembler minime. Elle ne l’est pas. Elle permet de passer d’une logique de fournisseur qui subit une nouvelle exigence à celle d’un partenaire qui apporte une information dont l’acheteur a besoin. En fait, lorsqu’une donnée est indispensable à une transaction, qu’elle peut avoir une conséquence juridique et qu’elle coûte de l’argent à produire, elle acquiert une valeur économique. “Les choses qui ont ces trois propriétés ont un prix. Et les choses qui ont un prix peuvent être financées”, avance-t-il.

La traçabilité ne devrait donc plus être considérée uniquement comme une dépense supplémentaire imposée par l’ESG. Elle peut devenir un actif, à condition d’être structurée, fiable et disponible. Le même raisonnement vaut pour le calendrier réglementaire. Le report de certaines obligations européennes ne doit pas être interprété comme une raison pour attendre. “Le déplacement de la directive sur le devoir de vigilance à 2028 n’est pas un répit. Je pense que c’est une fenêtre”, dit Tebbe. Pour lui, le fournisseur qui prépare ses données avant que l’acheteur ne les réclame se trouve dans une position différente de celui qui doit les rassembler dans l’urgence. “Le fournisseur dont la documentation est prête avant qu’elle ne soit demandée négocie. Celui qui la rassemble sous une ligne rouge ne négocie pas”.

Le message de Steven Tebbe tient dans un changement de perspective. L’ESG n’est pas uniquement une histoire de règles européennes auxquelles les entreprises africaines doivent se plier. C’est aussi une question de valeur, de données et de rapport de force commercial. “Je dirais, exportez ce dont l’Europe ne peut pas se passer et comprenez clairement que ce dont elle ne peut pas se passer aujourd’hui, c’est la preuve qu’elle ne peut obtenir que de vous”. 

Le produit reste donc au cœur de l’exportation. Mais la capacité à prouver son origine, sa traçabilité ou son empreinte environnementale pourrait devenir tout aussi stratégique. Car, selon Tebbe, les acheteurs européens ne manqueront pas nécessairement de fournisseurs. Ils pourraient en revanche manquer de fournisseurs capables de documenter ce qu’ils vendent. Et ceux-là, justement, seront plus difficiles à remplacer.

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Chine-UE: Pékin refuse de freiner volontairement ses exportations de voitures hybrides

08. Oktober 2026 um 16:30

La Chine a rejeté la demande de l’Union européenne visant à limiter volontairement ses exportations de voitures hybrides vers le marché européen, selon le Financial Times. Ce refus intervient alors que Bruxelles et Pékin tentent, dans l’urgence, d’éviter une nouvelle escalade commerciale autour de l’automobile et du déséquilibre des échanges.

Le dossier est désormais au cœur des négociations commerciales menées à Pékin par le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič. Bruxelles cherche à obtenir des engagements concrets de la Chine pour réduire la pression exercée par les importations chinoises sur l’industrie européenne. La demande européenne portait notamment sur un plafonnement des ventes de voitures hybrides chinoises autour de 15% du marché européen. L’enjeu est devenu plus sensible depuis que les droits compensateurs européens sur les véhicules électriques chinois, appliqués à partir d’octobre 2024, ont contribué à déplacer une partie de la dynamique commerciale vers les véhicules hybrides, qui n’étaient pas concernés par ces mesures. Pékin avait déjà rejeté publiquement le principe d’une limitation volontaire de ses exportations. En septembre, le ministère chinois du Commerce avait estimé que de telles restrictions seraient contraires aux règles de l’Organisation mondiale du commerce et aux principes de concurrence. Il avait appelé l’UE à respecter l’ouverture des marchés et à créer un environnement équitable pour les entreprises étrangères.

Pour Bruxelles, le problème dépasse désormais le seul secteur automobile. L’UE cherche à réduire un déficit commercial avec la Chine, qui a atteint 360,6 milliards d’euros en 2025, selon les données citées par Reuters. La Commission européenne estime que l’augmentation des exportations chinoises dans plusieurs secteurs – véhicules, batteries ou produits chimiques notamment – alimente une nouvelle pression sur l’industrie européenne. La réponse européenne pourrait donc prendre une autre forme. Face au refus chinois, la Commission envisage désormais un mécanisme européen unilatéral permettant de plafonner les importations de véhicules hybrides chinois, notamment via un dispositif de sauvegarde. Selon le Financial Times, Bruxelles chercherait à maintenir les importations autour de 15% du marché européen, contre plus d’un tiers actuellement.

L’affaire est stratégique pour les constructeurs des deux côtés. Pour les groupes chinois, l’Europe reste un marché majeur à un moment où ils cherchent à accélérer leur internationalisation. Pour les constructeurs européens, la progression des marques chinoises renforce la pression sur les prix, les parts de marché et les capacités industrielles.

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Pieralisi veut faire de la Tunisie un hub pour son développement en Afrique

08. Oktober 2026 um 15:48

À l’occasion de sa visite en Tunisie, Aldino Zeppeli, CEO du Groupe Pieralisi, a rencontré Alessandro Prunas, ambassadeur d’Italie en Tunisie, ainsi que Bernard Prevete, directeur de l’ICE – Agence italienne pour le commerce extérieur en Tunisie.

Ces rencontres ont porté sur les perspectives de développement du Groupe Pieralisi en Tunisie, le renforcement des coopérations économiques et industrielles entre les deux pays et les opportunités d’élargissement de ses activités vers les marchés régionaux.

Au cours de ces échanges, Aldino Zeppeli a présenté les orientations du Groupe, son positionnement international et ses perspectives de développement à moyen terme. L’expansion internationale de Pieralisi et l’injection récente de nouveaux capitaux destinés à soutenir sa croissance sur ses différents marchés ont notamment été abordées.

Fort de son expérience historique en Tunisie et de sa connaissance de l’écosystème oléicole et industriel local, le Groupe entend renforcer progressivement sa présence dans le pays. Cette orientation passe notamment par la consolidation de ses activités locales, la valorisation des compétences tunisiennes, le développement du capital humain ainsi que le transfert de compétences et de savoir-faire.

L’objectif affiché est de renforcer les capacités locales et de créer davantage de valeur en Tunisie, tout en permettant au Groupe de mieux accompagner les évolutions des marchés régionaux.

Au-delà de l’oléicole, de nouveaux marchés à explorer

Si l’oléiculture reste au cœur de l’activité de Pieralisi en Tunisie, le Groupe envisage également d’élargir le champ d’application de ses technologies.

La Separation Systems Division (SSD) et les solutions destinées au secteur agroalimentaire figurent parmi les axes susceptibles d’être développés. Le traitement des eaux usées et des boues provenant des activités industrielles et agroalimentaires constitue également une piste évoquée lors des échanges.

Ces applications pourraient, à terme, permettre à Pieralisi d’élargir son offre technologique en Tunisie et de répondre à de nouveaux besoins industriels et agroalimentaires.

Un «Africa Excellence & Innovation Center» à l’étude

Parmi les perspectives évoquées figure également la création progressive en Tunisie d’un «Pieralisi Africa Excellence & Innovation Center», à vocation régionale.

Le projet est encore au stade de la réflexion et de la construction progressive. Il viserait à renforcer les activités liées à l’innovation, à la formation, au transfert de compétences et aux services industriels, tout en adaptant les solutions technologiques du Groupe aux besoins des marchés régionaux.

Cette orientation s’inscrit dans la dynamique de coopération entre l’Italie et l’Afrique, notamment autour des enjeux de développement des compétences, de transfert de technologies, d’investissement et de création de valeur.

Italie-Tunisie comme levier de coopération industrielle

Les échanges avec l’ICE ont également porté sur les moyens de renforcer les connexions entre Pieralisi, les entreprises tunisiennes et l’écosystème industriel italien.

L’objectif est notamment de faciliter les mises en relation et d’identifier de nouvelles opportunités de coopération, d’investissement et de création de valeur. L’ambassade d’Italie a, de son côté, souligné l’importance de rapprocher entreprises, investisseurs, institutions, centres de compétences et acteurs de l’innovation.

Les possibilités de mobilisation de l’écosystème italien dans les domaines du commerce extérieur, de l’industrie, de la recherche, de la formation et du financement ont également été évoquées, de même que le potentiel des partenariats public-privé pour accompagner certains projets structurants.
Avec 138 ans d’histoire industrielle, Pieralisi entend ainsi poursuivre son développement en s’appuyant sur ses marchés stratégiques, son expertise technologique et ses partenariats locaux et institutionnels.

La Tunisie se positionne, dans cette stratégie, comme un point d’appui potentiel pour le développement du Groupe vers les marchés régionaux, à la croisée de son expertise industrielle, des compétences tunisiennes et du renforcement des coopérations entre l’Italie, la Tunisie et l’Afrique.

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Coris Holding accélère sa transition vers la finance durable

08. Oktober 2026 um 13:15

La durabilité n’est plus seulement une question de gestion des risques pour Coris Holding. Le groupe bancaire panafricain veut désormais en faire un levier de transformation de son modèle d’affaires, avec la finance verte et climatique au cœur de sa stratégie.

C’est l’évolution du groupe qu’a retracée Isham Boris Sonny, responsable de la durabilité de Coris Holding, lors de la 4e édition de l’African ESG Summit, organisée ce 8 octobre 2026 par Managers. Son intervention a montré comment une démarche initialement imposée par un partenaire financier s’est progressivement transformée en une stratégie intégrée à l’échelle du groupe. L’aventure a commencé au sein de la filiale de Coris au Burkina Faso. À l’occasion d’un financement international, l’établissement a été invité à mettre en place une politique environnementale et sociale. À l’époque, la démarche était encore largement nouvelle pour la banque. «On découvrait ce que c’était une politique environnementale pour une banque», a expliqué Isham Boris Sonny.

La première politique mise en place est toutefois restée largement théorique. Une évaluation réalisée à la fin du financement a révélé que, hormis la liste des activités exclues du financement, la politique n’était pas réellement appliquée. Cette expérience a constitué un premier déclic pour le groupe. Coris a alors revu sa politique afin de l’adapter à ses propres activités et de l’intégrer au processus d’octroi de financement. Les demandes sont désormais soumises à une évaluation des risques environnementaux et sociaux, avec une classification selon trois niveaux de risque. Pour les projets présentant les risques les plus importants, des diligences environnementales et sociales sont menées afin d’identifier les risques et d’accompagner les clients dans leur réduction.

Mais la réflexion du groupe ne s’est pas arrêtée au financement responsable. En observant les évolutions sur d’autres marchés, Coris a progressivement élargi son approche à des enjeux de responsabilité plus larges, couvrant notamment l’éthique, les clients, l’environnement et le climat, les collaborateurs et les communautés.

Cette démarche a ensuite été portée au niveau du groupe avec la création d’une fonction dédiée à la durabilité. Celle-ci a été intégrée à la stratégie 2025-2027 de Coris Holding, faisant de la durabilité un axe à part entière de son développement. Le groupe cherche désormais à franchir une nouvelle étape, notamment sur le climat. Coris travaille sur l’évaluation de l’exposition de son portefeuille aux risques climatiques et prépare parallèlement une stratégie orientée vers les opportunités liées à la transition. Trois domaines sont particulièrement ciblés: la transition énergétique, l’agriculture durable ainsi que les villes, la mobilité et les infrastructures durables.

Autre chantier engagé: l’accréditation auprès du Fonds vert pour le climat. Coris Holding a soumis sa candidature en septembre 2026 et vise une accréditation en 2027. L’objectif est de pouvoir mobiliser davantage de financements climatiques au profit des économies dans lesquelles le groupe est présent. Cette transformation doit également se traduire par de nouveaux produits financiers. Coris envisage notamment le lancement d’un produit de finance islamique à composante durable en 2027, ainsi qu’une réflexion autour des green bonds. Le groupe travaille par ailleurs à la quantification de ses propres émissions de gaz à effet de serre. Une manière, selon Isham Boris Sonny, de ne pas demander à ses clients d’engager leur propre transition sans appliquer les mêmes exigences à l’institution financière elle-même.

Pour Coris Holding, le passage d’une logique de conformité à une logique de transformation reste néanmoins confronté à plusieurs obstacles. Parmi eux, l’absence, à ce stade, d’un cadre réglementaire bancaire suffisamment précis sur les enjeux de durabilité dans les marchés où le groupe opère, ainsi que les difficultés liées à la disponibilité et à la qualité des données. L’expérience présentée lors de l’African ESG Summit illustre ainsi une évolution plus large du secteur bancaire africain: la durabilité commence par la maîtrise des risques, mais tend désormais à toucher directement les choix d’investissement, les produits financiers et le modèle économique des banques.

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Manuel Bufala: “On veut aller encore plus loin” dans les partenariats franco-tunisiens

08. Oktober 2026 um 13:14

Avec 1 612 entreprises à participation française actives en Tunisie et plus de 170 000 emplois directs à la clé, les relations économiques entre les deux pays sont beaucoup plus qu’un simple voisinage commercial. Elles se sont profondément ancrées dans le tissu industriel tunisien. Et aujourd’hui, leur prochain chapitre pourrait bien s’écrire ailleurs que sur les seules lignes de production.

C’est précisément ce changement de cap qu’a évoqué Manuel Bufala, conseiller principal à l’ambassade de France en Tunisie, à l’ouverture de la 4e édition de l’African ESG Summit. “On veut aller encore plus loin”, a-t-il déclaré, en parlant de la coopération industrielle entre les deux pays.

Manuel Bufala à l’ouverture de la 4e édition de l’African ESG Summit.

Le mouvement est déjà visible. Depuis septembre, plusieurs entreprises françaises sont venues en Tunisie pour installer non plus des ateliers de production comme cela pouvait être le cas il y a une vingtaine d’années, mais des centres de recherche et d’innovation. Elles viennent notamment chercher les compétences des ingénieurs tunisiens dans la R&D, tout en créant de nouveaux emplois.

Le changement est loin d’être anecdotique. Au premier semestre 2026, les investissements directs français ont atteint 440,75 millions de dinars en Tunisie, avec 241 projets ayant permis la création de 2 680 emplois. L’industrie reste leur principal terrain d’implantation, notamment dans l’électrique-électronique, la mécanique-métallurgie, la plasturgie et le textile-habillement.

Pour lui, cette présence industrielle peut désormais gagner en valeur ajoutée. La question de l’ESG vient justement s’inscrire dans cette évolution, alors que les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance prennent une place croissante dans les décisions des marchés et des régulateurs.

La coopération franco-tunisienne ne se joue donc plus uniquement autour de la production. Formation, innovation et compétences deviennent des pièces maîtresses d’un partenariat appelé à monter d’un cran. La France et la Tunisie travaillent déjà sur cette évolution. Depuis 2024, la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française s’intéresse notamment au modèle des entreprises à mission et à la manière de concilier objectifs économiques, sociaux et environnementaux.

Un autre rendez-vous devrait prolonger cette réflexion. Manuel Bufala a annoncé la tenue, les 8 et 9 décembre, à Tunis, sous réserve de confirmation, d’un forum organisé avec Expertise France autour d’une question très industrielle: comment augmenter la valeur ajoutée des partenariats entre entreprises françaises et tunisiennes? Formation et innovation devraient être au cœur des échanges.

Le cas de FigeacAero illustre déjà cette orientation. Depuis septembre, le groupe accélère la mise en place d’un centre de formation dans le pôle aéronautique de Mghira. Là encore, les compétences locales sont au centre du dispositif.

Pour le représentant de l’ambassade de France, l’objectif reste de construire des partenariats «gagnant-gagnant», mais avec une ambition plus large. Il ne s’agit plus seulement de produire en Tunisie pour exporter. Il s’agit aussi d’y développer des compétences, de concevoir, d’innover et de créer davantage de valeur.

“On a encore beaucoup de choses à construire”, confesse-t-il.

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Birgit Lamm: “On a besoin d’entrepreneurs courageux et d’investisseurs créatifs et optimistes”

08. Oktober 2026 um 12:19

Une technologie peut être prometteuse sans trouver son chemin jusqu’au marché. Entre une solution technique et un produit compétitif, il faut encore du capital, de la prise de risque et des entrepreneurs capables de porter le projet. C’est sur cette articulation que Birgit Lamm, country director Tunisie et Libye de la Friedrich Naumann Foundation (FNF), a insisté lors du lancement de la 4e édition de l’African ESG Summit, jeudi 8 octobre, à Tunis.

“Nous soutenons l’entrepreneuriat et l’économie de marché parce que ce sont les entrepreneurs qui développent la richesse d’une société”, a-t-elle souligné.

Ils prennent des risques, cherchent des investissements et créent des emplois. Pour la représentante de la FNF, cette dynamique garde toute sa place dans une période où les entreprises doivent revoir une partie de leurs modèles face aux changements climatiques.

Birgt Lamm lors de la 4e édition de l’African ESG Summit.

De surcroît, Birgit Lamm rejoint sur ce point le constat de Sahar Mechri, directrice exécutive de Managers et fondatrice de l’African ESG Summit. “Cette année, je pense que tout le monde a appris et senti personnellement que le changement climatique est réel”, a-t-elle relevé. Désormais, le sujet se retrouve dans les chaînes de valeur et dans les méthodes de production. Les entreprises doivent adapter leurs activités et intégrer davantage la durabilité dans leurs choix économiques. Une évolution qui, selon Birgit Lamm, ne pourra pas se faire en reproduisant les mêmes modèles. “On ne peut pas continuer de la même manière comme on a développé le système économique depuis des années ou même des siècles”, estime-t-elle.

Encore faut-il que les nouvelles solutions puissent tenir sur un marché. Pour Birgit Lamm, une innovation ne peut pas rester au stade de la bonne idée ou de la prouesse technique. Elle doit pouvoir déboucher sur un produit, trouver des clients et afficher un prix qui lui permet de rester dans la course. Elle cite notamment les énergies renouvelables et la transition énergétique. Les ingénieurs ont déjà développé de nombreuses solutions techniques. Le travail se poursuit désormais sur leur application économique et sur la création de produits capables de rivaliser avec les offres existantes. “On doit également trouver des solutions économiques faisables dans les marchés avec des prix compétitifs et on doit chercher aussi l’investissement”, ajoute-t-elle.

D’ailleurs, ce point-là place les startups en première ligne. Elles peuvent tester de nouvelles solutions, prendre des risques et chercher des marchés encore peu explorés. Mais une idée, même solide, ne va pas très loin sans financement. Les investisseurs ont eux aussi leur rôle à jouer, notamment lorsqu’il s’agit d’accompagner des technologies ou des modèles économiques encore en phase de développement.

Birgit Lamm insiste ainsi sur la nécessité de rapprocher entrepreneurs et investisseurs. “On a besoin des startups et des entrepreneurs qui sont vraiment courageux et qui trouvent des investisseurs qui sont aussi créatifs et optimistes qu’on peut vraiment développer un marché pour ces produits dans le futur”, déclare Lamm.

Cette relation entre capital et innovation devient particulièrement importante dans les secteurs liés à la transition énergétique. Les solutions techniques existent, mais leur développement nécessite des moyens, des débouchés et une capacité à s’inscrire dans la durée. Le marché reste le passage obligé. Le raisonnement dépasse par ailleurs les frontières tunisiennes. Les chaînes de valeur sont devenues globales et les entreprises évoluent dans des marchés de plus en plus connectés. Pour Birgit Lamm, les réponses doivent suivre le même mouvement. “Le changement climatique, ce n’est pas seulement ici en Tunisie, les chaînes de valeur aujourd’hui sont globales. Alors on doit aussi trouver des solutions globales et régionales”, a-t-elle affirmé.

C’est aussi ce qui donne à l’African ESG Summit, selon elle, une portée particulière. Réunir les acteurs autour de l’ESG ne consiste pas seulement à parler de transition. Il s’agit aussi de faire circuler les idées, de rapprocher les porteurs de solutions des investisseurs et de créer les conditions permettant à ces innovations de trouver leur place dans les économies africaines.

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Entreprises: mesurer son empreinte carbone devient une question de business

08. Oktober 2026 um 11:39

Le bilan carbone n’est plus cantonné aux rapports ESG. Pour les entreprises qui travaillent avec l’Europe, il commence à toucher directement les achats, les fournisseurs, les produits et, à terme, la capacité à rester compétitives. C’est l’un des principaux enseignements du panel «Carbone, réglementation, exigences européennes: la nouvelle équation de compétitivité», organisé dans le cadre de la 4e édition de l’African ESG Summit du magazine Managers.

Pour Myriam Elloumi, présidente de la TAA, les industriels tunisiens sont déjà confrontés à cette réalité. Très intégrée aux chaînes de valeur européennes, l’industrie automobile doit répondre à des exigences qui ne concernent plus uniquement ses propres opérations. Les clients européens demandent également des informations sur les émissions associées aux fournisseurs et aux autres partenaires de la chaîne de valeur.

Cette évolution oblige les entreprises à revoir leur organisation interne. Le calcul d’une empreinte carbone par produit nécessite de réunir des données provenant de plusieurs fonctions. Chez Coficab, Myriam Elloumi explique avoir dû mobiliser une équipe d’environ 15 personnes issues de différents départements pour travailler sur le sujet. Pour Noureddine Hajjaji, professeur associé à l’ENIG, il faut par ailleurs distinguer le bilan carbone de l’entreprise de l’empreinte carbone d’un produit. Le premier permet notamment de mesurer les émissions de l’organisation, tandis que la seconde permet d’attribuer des émissions à un produit donné. Cette distinction devient stratégique lorsque les exigences environnementales sont intégrées aux relations commerciales.

Le sujet dépasse désormais la seule conformité. Warrick Fuchsloch, Global Lead Sustainability for Corporates chez S&P Global, souligne que la progression du reporting du Scope 3 modifie déjà les comportements d’achat. Lorsqu’un grand donneur d’ordre ne dispose pas des données d’émissions de son fournisseur, il doit recourir à des estimations ou à des facteurs d’émission. Les données directement fournies par les fournisseurs deviennent donc plus précieuses.

Le mouvement peut aussi peser sur le financement. Selon Fuchsloch, les investisseurs regardent davantage les entreprises et les projets capables de démontrer leur performance environnementale, dans un contexte où les émissions et les trajectoires de décarbonation prennent une place croissante dans les décisions d’investissement. Pour les entreprises tunisiennes, l’enjeu est donc moins de produire un nouveau document ESG que de construire une véritable capacité de mesure. Données fiables, traçabilité des fournisseurs et connaissance des émissions deviennent progressivement des outils de gestion. Dans les chaînes de valeur européennes, le carbone est en train de passer du statut d’indicateur environnemental à celui de donnée commerciale.

L’évolution européenne va dans le même sens: les règles de reporting de durabilité continuent de structurer les demandes d’informations au sein des chaînes de valeur, même si l’Union européenne a engagé en 2026 une simplification du dispositif et réduit son périmètre pour certaines entreprises.

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