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Forum africain de l’énergie : la Tunisie mise sur les renouvelables et les partenariats internationaux

23. September 2026 um 16:52

Le secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Ouael Chouchane, a inauguré à Tunis la deuxième édition du Forum africain de l’énergie, organisée sous le thème : « Leadership et coopération pour un avenir sûr et durable ».

Il a souligné le rôle central de l’énergie dans la souveraineté économique, la compétitivité industrielle et l’attractivité des investissements. Face au déficit énergétique, la Tunisie mise notamment sur le développement des énergies renouvelables, l’amélioration de l’efficacité énergétique, la modernisation du réseau électrique et le recours aux technologies telles que l’intelligence artificielle, les réseaux intelligents et les solutions de stockage.

Le secrétaire d’État a également insisté sur l’importance de l’autoproduction d’électricité renouvelable pour aider les entreprises à réduire leurs coûts et à renforcer leur compétitivité. Il a rappelé les investissements engagés dans les centrales solaires et les projets éoliens.

Enfin, il a mis en avant le rôle des partenariats régionaux et internationaux, notamment avec l’Algérie, l’Italie et l’Union européenne, à travers le projet d’interconnexion électrique ELMED. Organisé par l’Association des professionnels de l’énergie, en partenariat avec l’ETAP et l’ANME, le forum vise à favoriser l’échange d’expertises et à identifier de nouvelles opportunités de coopération et d’investissement.

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Mission d’affaires Tunisie-Algérie sous le signe du partenariat économique

23. September 2026 um 16:40

La première journée de la Mission d’affaires Tunisie–Algérie, organisée du 22 au 24 septembre 2026 par la CONECT International, en partenariat avec la Confédération Algérienne du Patronat Citoyen (CAPC), s’est déroulée sous le signe des échanges économiques et du renforcement des partenariats bilatéraux.

Conduite par Tarek Cherif, la délégation tunisienne réunit des entreprises opérant dans plusieurs secteurs, notamment l’industrie, l’agroalimentaire, l’énergie, les matériaux de construction, les services et le digital.

La journée a été marquée par une rencontre avec les membres de la CAPC, en présence de représentants de l’Ambassade de Tunisie à Alger, du CEPEX et d’organisations professionnelles algériennes. Les discussions ont porté sur les échanges commerciaux, les secteurs porteurs, les opportunités d’investissement et le potentiel de coopération stratégique entre les deux pays.

La rencontre s’est poursuivie par une session de networking B2B, permettant aux entreprises tunisiennes et algériennes d’explorer de nouvelles opportunités de partenariat. La journée s’est clôturée par un dîner de networking offert par la CAPC, dans une ambiance propice aux échanges, avant la poursuite de la mission jusqu’au 24 septembre 2026.

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22 entreprises autrichiennes en Tunisie pour renforcer les partenariats bilatéraux

23. September 2026 um 09:24

À l’occasion de la visite officielle en Tunisie de Wolfgang Hattmannsdorfer, ministre fédéral autrichien de l’Économie, de l’Énergie et du Tourisme, une délégation de 22 entreprises et organisations autrichiennes se rendra à Tunis. La mission prévoit des rencontres avec les autorités tunisiennes, des entreprises publiques ainsi que des rendez-vous B2B avec le secteur privé.

Un Business Forum tuniso-autrichien sera organisé le 29 septembre 2026 à Tunis, à l’initiative de l’ambassade d’Autriche en Tunisie et d’ADVANTAGE AUSTRIA, en coopération avec la CONECT.

Les échanges porteront notamment sur l’énergie, les infrastructures énergétiques, l’eau, le traitement des eaux, la mobilité, les technologies industrielles, la transition énergétique et la décarbonation. Plusieurs entreprises participantes disposent déjà de partenariats ou de références en Tunisie.

La rencontre permettra de présenter les activités des entreprises autrichiennes, d’examiner de nouvelles opportunités de coopération et de développer les échanges économiques entre les deux pays.

Les relations tuniso-autrichiennes s’inscrivent justement dans une même logique économique. Les deux pays partagent une même réalité : ce sont des économies de taille moyenne ou petite, très dépendantes de leurs échanges extérieurs et d’un ordre international fondé sur des règles. La Tunisie er l’Autriche ont besoin d’un commerce ouvert, stable et équitable.

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Kamel Besbes: « La Tunisie doit se doter d’une veille scientifique et technologique dans le spatial »

23. September 2026 um 06:02

Le monde spatial reste, pour beaucoup, un domaine lointain et abstrait. Pourtant, il façonne déjà notre quotidien: télévision, téléphonie mobile, navigation, surveillance du climat ou gestion des ressources. Interrogé par téléphone, le Pr Kamel Besbes, membre de la Commission nationale de l’espace extra-atmosphérique et expert reconnu du secteur, dresse un état des lieux de cet écosystème en pleine mutation et de la place qu’y occupe la Tunisie. Interview: 

Aujourd’hui, quelles sont les transformations qui façonnent le secteur spatial ? 

Kamel Besbes :  On peut les regrouper en quatre domaines. Le premier domaine, c’est tout ce qui relève de l’observation de la Terre : l’utilisation des satellites pour suivre l’agriculture, les littoraux, la mer, le changement climatique, les transports, etc.

Le deuxième domaine, c’est la communication. On assiste actuellement à une véritable révolution avec l’Internet par satellite. Il ne s’agit plus seulement de communications gouvernementales ou entre banques et institutions : désormais, tous les citoyens vont pouvoir accéder à des services de communication par satellite.

Le troisième domaine, c’est le positionnement par satellite, autrement dit la navigation.

Enfin, le quatrième domaine, c’est la maîtrise technologique : tout ce qui concerne les satellites, les lanceurs, l’intelligence artificielle embarquée, les terminaux de connectivité et de positionnement, c’est-à-dire l’ensemble de l’électronique qui sera commercialisée et compatible avec le domaine spatial.

De manière générale, on distingue le upstream et le downstream, c’est-à-dire d’un côté les infrastructures, de l’autre l’utilisation des services et toute l’économie qui en découle. C’est cela que l’on appelle aujourd’hui le « New Space ».

En quoi consiste l’intelligence artificielle embarquée ?

Dans le domaine de l’observation de la Terre, nous recevons énormément d’informations, des volumes considérables de données. Or, il faut des moyens importants pour recevoir, stocker et traiter ces informations. Le grand défi, aujourd’hui, est donc d’intégrer des cartes d’intelligence artificielle directement sur les satellites, afin de ne recevoir que les informations réellement intéressantes.

Concrètement, nous n’aurons plus besoin de télécharger toutes les données. Nous ne recevrons que les changements significatifs : les algorithmes analyseront d’eux-mêmes ce qui est pertinent et ne nous enverront que l’information importante, et non plus toutes les images, à chaque instant et pour chaque lieu.

Et qu’en est-il de la présence de la Tunisie aujourd’hui dans cet écosystème spatial ? Où en sommes-nous ?

La Tunisie est organisée sous la tutelle de la Commission nationale de l’espace extra-atmosphérique, présidée par le ministre de la Recherche. C’est en vertu d’un décret de 1984, adopté à l’époque du président Bourguiba, que cette commission a été créée.

Pratiquement tous les ministères concernés par le domaine spatial siègent au sein de cette commission. Son secrétariat est assuré par le CNCT ( Centre National de la Cartographie et de la Télédétection ) c’est-à-dire le ministère de la Défense. La commission traite des questions prioritaires pour la Tunisie dans le domaine spatial.

Son rôle est de protéger les intérêts nationaux et de promouvoir le secteur. Elle comprend plusieurs sous-commissions, notamment celles de la recherche et de la technologie. Ainsi, chaque fois qu’une question se pose, c’est cette instance qui est saisie.

C’est dans ce cadre, par exemple, que la Tunisie est devenue membre du  Committee on the Peaceful Uses of Outer Space COPUOS (Comité des Nations Unies pour l’utilisation pacifique de l’espace extra-atmosphérique). La Tunisie siège à ce comité depuis 2010, et cette adhésion constitue l’une des activités majeures de la commission.

Actuellement, la commission travaille à l’élaboration d’une nouvelle réglementation spatiale, face à des changements structurels importants. À l’origine, le spatial était avant tout une question de souveraineté, réservée aux institutions gouvernementales.

Aujourd’hui, les acteurs privés, les entreprises et les universités interviennent de plus en plus dans ce domaine. Il est donc nécessaire de mettre en place un cadre réglementaire qui encourage les applications économiques, la création d’entreprises et d’emplois, ainsi que l’usage des données spatiales pour développer des startups et générer de la valeur ajoutée.

Pour l’instant, la réglementation spatiale en Tunisie évolue au fur et à mesure, en fonction des questions soumises à la commission. Mais une stratégie nationale est en cours de développement.

D’ailleurs, la stratégie nationale dans le domaine spatial a été élaborée en 2018, lors d’une grande conférence initiée par la commission, puis validée en mars 2019. Plusieurs institutions travaillent déjà dans ce domaine.

Chaque année, au mois de novembre (cette année du 11 au 13 novembre), nous organisons une conférence nationale pour réunir les acteurs tunisiens du spatial. L’objectif est de rapprocher la communauté, de discuter de gouvernance, d’économie, d’applications scientifiques, etc.

Par ailleurs, des formations spécialisées se développent. L’INAT a lancé un master appelé Géomag, dédié à la géomatique appliquée, qui combine géographie, informatique et technologies de mesure pour collecter, traiter, analyser et diffuser des données géographiques. Cette formation s’inscrit dans le cadre du programme Erasmus, ce qui en fait un cursus international.

Nous disposons également d’une école d’ingénieurs en géomatique à l’Université de la Manouba, la Manouba School of Engineering, qui dispense un enseignement en anglais, centré sur la géomatique. La géomatique constitue, en effet, l’une des applications directes du domaine spatial.

Pour revenir à cette filière, forme-t-on autant d’ingénieurs ou leur nombre reste-t-il limité ? Observe-t-on une tendance à s’orienter vers la géomatique ?

Oui. En réalité, il ne s’agit pas d’une formation entièrement nouvelle. Auparavant, il existait déjà des formations d’administration supérieure et d’ingénieurs au niveau de l’École d’aviation de Borj El Amri. Aujourd’hui, la demande est devenue de plus en plus forte, tant au niveau national qu’international. C’est pourquoi l’École de la Manouba a créé cette section spécifiquement pour répondre à ces besoins.

Quelles conditions faut-il réunir aujourd’hui pour structurer la filière spatiale nationale ?

Ce qui manque aujourd’hui à la filière nationale, c’est un bras opérationnel. Actuellement, le secteur est dispersé : des entreprises travaillent dans le domaine spatial, des universités mènent des recherches, et plusieurs ministères utilisent les outils de l’espace.

L’APAL (Agence de protection et d’aménagement du littoral) utilise l’imagerie spatiale (télédétection par satellite) et les systèmes d’information géographique (SIG) pour surveiller le trait de côte face à l’érosion et à la pression anthropique.

Le service du Cadastre recourt au spatial pour déterminer les différents éléments cadastraux.

Le ministère de l’Intérieur a utilisé les données spatiales pour délimiter les frontières des communes lors de la création des municipalités en Tunisie.

On utilise donc le spatial, mais de manière éparpillée. Ce qui nous fait défaut, c’est un bras opérationnel capable de coordonner ces efforts. C’est précisément l’objectif de la création d’une agence spatiale nationale. La réglementation sur laquelle travaille actuellement la commission vise à instituer cette agence, qui viendra en complément des structures existantes, sans les remplacer, et qui encouragera l’usage du spatial.

Elle aura pour mission de réguler tout ce qui relève du domaine spatial. Or, c’est exactement ce qui nous manque aujourd’hui. En l’absence d’une telle agence, la Tunisie ne bénéficie pas d’une visibilité internationale suffisante.

Que dit le volet législatif ?

La commission a travaillé sur un projet de loi. Personnellement, en tant que membre de cette commission, j’ai beaucoup discuté et travaillé sur ce texte avec mes collègues.

Cependant, nous ne maîtrisons pas le calendrier politique. Nous ne contrôlons que le temps qui nous est imparti pour proposer, réfléchir et discuter. Nous attendons donc, probablement, que le Conseil des ministres l’ examine et l’adopte avant que le texte ne soit soumis au Parlement pour examen et adoption.

Comment est perçu aujourd’hui l’écosystème spatial, notamment en ce qui concerne les satellites, la communication par satellite et les transformations en cours ? Comment cette connectivité spatiale est-elle appréhendée, tant à l’échelle nationale qu’internationale ?

La question de la connectivité est aujourd’hui critique. Actuellement, nous recevons Internet via des réseaux terrestres. En Tunisie, trois opérateurs officiels nous fournissent des services de communication Internet et téléphonique. Demain, cette situation changera : la communication spatiale entrera en concurrence directe avec ces réseaux terrestres.

Deux problématiques majeures se posent alors :

  1. Une transformation économique : une part du marché des télécommunications sera absorbée par la communication par satellite.
  2. Un enjeu de souveraineté : ces communications ne transiteront plus par des datacenters locaux, mais par des infrastructures gérées par des opérateurs spatiaux internationaux.

Prenons l’exemple de Starlink, la constellation de satellites en orbite basse développée par SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk. Les données transiteront par des datacenters placés sous une réglementation internationale, notamment celle des Etats Unis. 

Les opérateurs de Starlink auront accès aux données transmises via leur réseau. En revanche, le gouvernement tunisien comme n’importe quel autre État  aura difficilement la main sur ces flux. En cas de cybercriminalité, par exemple, il sera complexe d’identifier l’auteur d’un crime numérique transitant par ce réseau.

Il en va de même pour la protection des données personnelles et stratégiques du gouvernement ou des institutions, qui pourraient être absorbées par ces communications.

A titre d’exemple: comment autoriser une communication qui n’est pas entièrement traçable ? Concrètement, nous recevrons un signal descendant (downlink) du satellite, mais nous devrons également renvoyer des données vers le satellite (uplink) pour accéder à Internet. Sommes-nous autorisés à envoyer ces informations ? Allons-nous simplement « nous accrocher » au satellite pour bénéficier d’Internet ? Cela rappelle, d’une certaine manière, l’arrivée des paraboles domestiques à leurs débuts, avant que leur usage ne soit encadré.

Nous sommes donc face à une forme de crise de transition. Nous sommes passés de la télévision par antenne terrestre à la réception par satellite ; aujourd’hui, très peu de gens utilisent encore l’antenne terrestre.

La même transformation est en train de se produire avec Internet.

Face à ces mutations, de nombreux pays réfléchissent à des cadres réglementaires adaptés. Ce n’est pas seulement une question nationale : l’Union internationale des télécommunications (UIT) qui est l’ agence spécialisée des Nations Unies pour les technologies de l’information et de la communication, travaille à l’élaboration de réglementations permettant la communication par Internet via satellite, tout en protégeant les intérêts des pays qui y adhèrent.

Autrement dit, nous devons agir vite avant qu’il ne soit trop tard aussi? 

Entre autres. Oui, oui, nous avons besoin d’une veille scientifique et technologique sur la question. Et donc, évidemment, il faut se préparer à ce changement-là.

 Par exemple, nous, dans une autre activité de recherche, nous travaillons avec l’Agence nationale des fréquences sur des projets d’analyse de la communication par satellite, pour être à jour sur ces questions-là.

Quelle conclusion peut-on faire? 

 A mon avis, je pense qu’il faut considérer aujourd’hui le spatial comme l’électricité, comme l’eau. C’est un service nécessaire de tous les jours à tout le monde. Nous l’avons sur nos télévisions, nous l’avons sur nos téléphones portables, sur nos ordinateurs. Ainsi  il faut lui donner l’attention nécessaire et ne pas considérer que c’est un domaine lointain qui ne nous intéresse pas et c’est les grandes nations du monde qui s’en occupent. En tant que pays émergent, nous pouvons énormément profiter du domaine spatial et nous devons nous armer à ça.  

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Le gouverneur de la BCT, nouveau membre du Conseil de l’IMA

22. September 2026 um 20:23

Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Fethi Zouhaier Nouri, a participé du 16 au 18 septembre 2026, à Nairobi, aux 48es Réunions annuelles de l’Association des banques centrales africaines.

En sa qualité de président de la sous-région Afrique du Nord au sein du bureau de l’ABCA pour la période 2025-2026, il a plaidé pour la création d’une « Union africaine de résilience monétaire et financière », préalable, selon lui, à une future union monétaire durable.

À l’issue de ces réunions, le gouverneur de la BCT a été élu membre du conseil d’administration de l’Institut monétaire africain, dont la création est en cours. Les discussions ont également porté sur la coopération monétaire, l’intégration économique et le renforcement de l’autonomie financière du continent.

Fethi Zouhaier Nouri a par ailleurs participé à un symposium consacré à l’intégration monétaire africaine ainsi qu’à une conférence sur l’intelligence artificielle, la gouvernance des données et la transformation numérique des banques centrales.

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Tunisie-BAD : deux accords de garanties pour 700 millions de dinars

22. September 2026 um 20:09

Le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, et Malinne Blomberg, directrice générale adjointe du bureau de la Banque africaine de développement (BAD) en Tunisie, ont signé, mardi 22 septembre 2026, deux accords de garantie entre la République tunisienne et la Banque.

Ces accords portent sur deux financements destinés à la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE) et au Groupe chimique tunisien. Ils ont également été signés par les présidents-directeurs généraux des deux entreprises, Abdelhamid Menja et Omar Bouzouada.

Le premier financement, d’un montant de 111,5 millions d’euros, soit environ 377 millions de dinars, contribuera à la réalisation d’un projet visant à améliorer les performances techniques et énergétiques du réseau d’eau potable du Grand Tunis.
Le second financement, d’une valeur de 110 millions de dollars, soit environ 321 millions de dinars, sera consacré à un projet de soutien à la mise à niveau environnementale et à la modernisation des unités de production du Groupe chimique.

Dans son intervention, Samir Abdelhafidh a souligné que ces deux projets s’inscrivaient dans les priorités et orientations stratégiques du Plan de développement 2026-2030, notamment en matière de sécurité alimentaire et hydrique, de sécurité énergétique et de protection de l’environnement.

Le ministre a également mis en avant la volonté du gouvernement de soutenir les entreprises publiques stratégiques afin de leur permettre d’améliorer leurs performances et leur efficacité, et de réaliser les objectifs économiques et sociaux.

Il a, par ailleurs, salué le niveau de coopération entre la Tunisie et la BAD, ainsi que le rôle de la Banque dans l’accompagnement du développement économique et social du pays.

De son côté, Malinne Blomberg a confirmé la solidité de la coopération entre les deux parties et la disponibilité de la BAD à poursuivre son soutien à la mise en œuvre des priorités et programmes de développement de la Tunisie.

Elle a souligné l’importance des deux projets, notamment pour renforcer la sécurité hydrique et alimentaire, réduire la pollution environnementale, améliorer l’efficacité énergétique, soutenir l’activité économique et contribuer à l’amélioration des conditions de vie.

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BM-Tunisie: 900 millions de dollars par an pour relever le défi hydrique

22. September 2026 um 19:07

Le rapport de la Banque mondiale souligne que l’amélioration des précipitations et la hausse du niveau des barrages enregistrées l’année dernière ont apporté un répit à court terme, sans pour autant modifier les défis hydriques structurels auxquels la Tunisie reste confrontée.

Pour traduire le Plan Eau 2050 en résultats durables, le gouvernement prévoit des investissements d’environ 900 millions de dollars par an jusqu’au milieu du siècle. Toutefois, ces financements dans les infrastructures devront être accompagnés de réformes visant à renforcer la gouvernance de l’eau, améliorer la viabilité financière du secteur et accroître la performance des opérateurs de services.

Parmi les mesures jugées prioritaires figurent la modernisation du Code des eaux, la mise en place d’un cadre réglementaire pour la réutilisation des eaux usées traitées, l’amélioration du recouvrement des coûts et la protection des ménages vulnérables.

La Banque mondiale recommande également de réduire les pertes dans les réseaux, d’accélérer la digitalisation des services et de renforcer la gestion de l’irrigation. Ces réformes sont considérées comme essentielles pour garantir la sécurité hydrique et préserver les perspectives économiques de la Tunisie.

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BM-Tunisie : La croissance atteint 2,4% au premier semestre 2026

22. September 2026 um 18:51

Selon le dernier Bulletin de conjoncture économique pour la Tunisie de la Banque mondiale, intitulé « Le défi de l’eau en Tunisie : de la pénurie à la résilience », l’économie tunisienne évolue depuis plusieurs années sur une trajectoire de croissance modérée. Elle demeure également vulnérable à la hausse des prix des importations et aux déséquilibres persistants des finances publiques.

La croissance économique a atteint 2,7% en 2025 et 2,4% en glissement annuel au premier semestre 2026, soutenue notamment par la reprise de l’agriculture, des industries mécaniques et électriques ainsi que du tourisme. Selon les prévisions de la Banque mondiale, elle devrait toutefois ralentir à 2,3% en 2026, avant de s’établir à une moyenne de 2,1% sur la période 2027-2028.
Sur le marché du travail, le taux de chômage a reculé à 14,9% au deuxième trimestre 2026. Les femmes restent néanmoins confrontées à une situation nettement plus défavorable, avec un taux de chômage de 21,6%, soit près du double de celui enregistré chez les hommes.

La pénurie d’eau, un risque économique majeur

Dans son chapitre spécial, la Banque mondiale souligne que la sécurité hydrique constitue un facteur de plus en plus déterminant pour la croissance économique et la création d’emplois en Tunisie.

Le pays dispose actuellement d’environ 380 mètres cubes d’eau douce renouvelable par habitant et par an, un niveau largement inférieur au seuil international de pénurie absolue d’eau. Le changement climatique, l’augmentation de la demande et la dégradation des ressources devraient accentuer la pression sur un système hydrique déjà fortement fragilisé.

Le coût économique de l’inaction pourrait être considérable. Selon le rapport de la Banque mondiale, la pénurie d’eau pourrait entraîner une baisse de 6,4% du PIB tunisien d’ici 2050.

L’agriculture figure parmi les secteurs les plus exposés. Elle emploie environ 14% de la population active nationale et jusqu’à la moitié des travailleurs dans les zones rurales. En l’absence de mesures d’adaptation, le stress hydrique et climatique pourrait entraîner la disparition d’au moins 30% des emplois agricoles d’ici le milieu du siècle, tout en réduisant sensiblement la production agricole.

Les répercussions ne se limiteraient pas au secteur agricole. Elles concerneraient également le tourisme, l’agro-industrie, l’industrie et l’ensemble des activités dépendantes de l’accès à l’eau.

La sécurité hydrique, un levier de création d’emplois

La Banque mondiale souligne toutefois que la sécurité hydrique ne doit pas être perçue uniquement comme un enjeu environnemental ou comme un facteur de risque. Elle représente également une opportunité de renforcer la résilience de l’économie tunisienne, de stimuler l’investissement et de créer de nouveaux emplois.

Soutenu par le Groupe de la Banque mondiale, le programme RESEau constitue, à cet égard, une initiative majeure destinée à renforcer la résilience du secteur de l’eau en Tunisie. Sa première phase devrait générer environ 4 000 emplois permanents et 13 400 emplois temporaires.

Selon le communiqué de la Banque mondiale, la sécurité hydrique est ainsi fondamentale pour préserver les capacités de production, soutenir l’emploi et favoriser une croissance plus résiliente. La gestion durable des ressources en eau apparaît donc comme une priorité économique, sociale et environnementale pour la Tunisie.

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Rachid Amri annonce le début des travaux du port Enfidha pour 2028

22. September 2026 um 13:23

Va-t-il enfin se concrétiser, le port d’Enfidha dont on entend parler depuis des années ? D’ailleurs, des études ont été réalisées depuis longtemps, et une commission chargée de cette étude remonte à 2008. Peut-on convenir d’une date fixe ? Finalement, le ministre des Transports, Rachid Ami, a réagi et a déclaré clairement que les travaux du port d’Enfidha débuteront au début de 2028. Cela a été annoncé lors de la conférence « Seaports Days ». Il a également ajouté que les études réalisées précédemment sont actuellement en cours de mise à jour, et que les travaux doivent commencer d’ici un an et demi.
En ce qui concerne le financement, le ministre a confirmé que toutes les options de financement sont envisagées, que ce soit par le biais de prêts ou de partenariats. Il a indiqué qu’il existait de nombreuses possibilités.

Autrement dit, on se demande s’il y a une intention de partenariat public-privé (PPP) ou autres… Pour l’instant, rien n’est encore clair.

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Tunisie – USA : vers l’innovation pour moderniser les infrastructures portuaires

22. September 2026 um 12:53

Annoncé dès les années 1990, étudié à partir de 2008, jamais construit : le projet de port en eau profonde d’Enfidha symbolise à lui seul les ambitions inabouties de la Tunisie en matière d’infrastructures.

Le congrès « Seaports Days » a réuni ce mardi 22 septembre 2026 des experts, des responsables tunisiens et des acteurs du secteur portuaire et du transport maritime. Y participaient également des représentants du secteur privé américain et d’institutions financières américaines et internationales.

Étaient aussi présents lors de cette conférence le ministre des Transports, Rachid Amri, l’ambassadeur des États-Unis en Tunisie Bill Bazzi  ainsi que des responsables de plusieurs institutions tunisiennes concernées par le secteur du transport maritime et des ports, notamment la Direction générale du transport maritime du ministère des Transports, l’Office de la marine marchande et des ports (OMMP), la Société du port de Nabeul (SPE), la Compagnie tunisienne de navigation (CTN) et bien d’autres…

Le ministre des Transports, Rachid Amri, a identifié plusieurs chantiers structurants. Il a cité à cet égard la modernisation des sept ports commerciaux (Radès, Bizerte, Sousse, Sfax, Gabès, Zarzis et La Goulette), le développement des zones logistiques qui leur sont associées, ainsi que le renforcement des liaisons ferroviaires et routières. L’objectif étant de mieux désenclaver les plateformes portuaires. À cela s’ajoutent la digitalisation et le verdissement des opérations portuaires. L’ensemble de ces projets est ouvert à la coopération internationale, que ce soit en matière d’expertise technique que de financement.

Pour sa part, l’ambassadeur des États-Unis en Tunisie, Bill Bazzi, a souligné que « la Tunisie a une vision pour le développement et la modernisation du secteur maritime et a besoin de partenaires dans ce domaine ».

Interrogé sur ce que peuvent apporter les institutions et les experts américains, il a répondu : « Les entreprises américaines disposent d’infrastructures de pointe. Nombre d’entre elles réalisent d’importants projets d’infrastructure, tant aux États-Unis qu’à l’international. Ces entreprises excellent non seulement dans la construction de ports et de navires, mais elles respectent aussi les normes internationales, notamment les normes de qualité et la souveraineté nationale. Elles proposent également des financements et soutiennent les projets de modernisation. »

 

Projet du port d’Enfidha : des entreprises américaines envisagent d’y participer

A cet égard, on peut noter la participation de la DFC (U.S. International Development Finance Corporation). « Lors de cet atelier, l’ambassade a réuni des entreprises américaines intéressées par les ports, notamment les ports en eaux profondes, ainsi que des institutions financières prêtes à apporter leur soutien dans ce domaine. Elles possèdent une longue expérience et sont disposées à la partager avec leurs partenaires locaux » a rappelé M. Bazzi.

Interrogé par L’Économiste Maghrébin sur les solutions qui façonnent le secteur portuaire, l’ambassadeur Bill Bazzi a déclaré : « J’ai mentionné certaines de ces entreprises. Elles sont très expérimentées dans les projets d’infrastructures de très grande envergure, qu’il s’agisse de construction que de reconstruction ».  Tout en ajoutant : « Les entreprises et institutions américaines peuvent offrir à la Tunisie un package complet associant ingénierie de pointe, respect des normes internationales et solutions de financement adaptées, notamment pour les projets structurants comme le port en eaux profondes d’Enfidha et la modernisation des ports de Radès, Bizerte, Zarzis et Gabès. »

 

 

Expertise technique : construction, rénovation et gestion portuaire

Ainsi, les États-Unis disposent d’un réseau portuaire dense et diversifié (Atlantique, Pacifique, Grands Lacs, fleuves intérieurs), avec des entreprises spécialisées dans la construction et la reconstruction d’infrastructures portuaires (quais, zones logistiques), la gestion de projets en eaux profondes, qu’il s’agisse de grands que de petits chantiers, ainsi que l’intégration de technologies avancées (systèmes de manutention automatisés, digitalisation des opérations, sécurité et sûreté portuaire). Ces entreprises sont habituées à travailler selon des normes internationales strictes (qualité, sécurité, environnement) et à s’adapter aux exigences locales, tout en respectant la souveraineté nationale.

Sur le plan financier, la DFC est active en Tunisie et peut accompagner les projets portuaires via des prêts garantis et des lignes de crédit  ainsi que des mécanismes de partenariats public-privé (PPP) et de financement de projet (project finance). D’autres institutions financières américaines sont également prêtes à proposer leurs services aux partenaires tunisiens, avec une volonté claire de soutenir la modernisation des infrastructures portuaires.

Projet d’Enfidha : un champ d’opportunités pour les acteurs américains

Les estimations avancées des années 2020 du coût du projet  de port en eaux profondes d’Enfidha, étaient autour de 5 milliards de dinars tunisiens. En 2026, ce chiffre doit être révisé à la lumière de l’inflation, des évolutions technologiques et des nouveaux standards environnementaux. Plus encore, un tel projet pourrait servir de plateforme intermédiaire sur les routes maritimes internationales, générant des retombées indirectes pour l’économie tunisienne. Mais une chose est certaine : il faut penser “système de transport” dans son ensemble. Même si  la Tunisie a investi dans le transport aérien, notamment via la multiplication des aéroports à Monastir et Enfidha, le transport de marchandises repose toujours sur le maritime et le ferroviaire. 

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Et si on réinventait l’avenir du travail autrement !

21. September 2026 um 17:12

Le Tunisia Inclusive Labor Institute (TILI), en partenariat avec la Global Fairness Initiative (GFI), organise une conférence régionale intitulée « From Informality to Inclusion: Shaping the Future of Work and Workers », qui se tiendra le 24 septembre 2026 à Tunis.

Cet événement rassemblera institutions publiques, organisations de travailleurs, acteurs de la société civile, chercheurs, organisations internationales et partenaires de la coopération autour des grandes mutations qui redéfinissent le monde du travail : digitalisation et intelligence artificielle, essor de l’économie des plateformes, changement climatique et transition juste, développement des compétences, protection sociale et formalisation inclusive avec un accent particulier sur les travailleurs de l’économie informelle.

Les axes du débats porteront sur quatre panels :
– Le rôle de la coopération internationale dans la construction d’un avenir du travail inclusif et résilient.
– L’impact de la transformation numérique, de l’intelligence artificielle et de l’économie des plateformes sur le travail et les travailleurs.
– Les enjeux du changement climatique, de la résilience et de la transition juste.
– La formalisation inclusive, en lien avec la future Feuille de route de l’OIT 2027–2032 et le rôle des organisations représentant les travailleurs de l’économie informelle.

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INPD : La Tunisie décroche la moyenne… de justesse !

21. September 2026 um 14:14

Si la Tunisie recevait un bulletin scolaire, la mention serait « peut mieux faire, doit redoubler d’efforts ». Avec une moyenne nationale de 40,8 % sur l’ensemble de ses services essentiels, le pays valide difficilement son année. Recalé en logement et en culture, il peine à rattraper par l’alimentation et les transports. Le nouvel Indice national de performance du développement (INPD) dresse, délégation par délégation, le relevé de notes d’un État qui peine à transformer ses ambitions en résultats tangibles.

Cet indice INPD évalue les performances économiques, sociales et environnementales des secteurs liés aux services fondamentaux et aux droits humains, jusqu’à l’échelle des délégations. Ces données alimenteront prochainement l’application PerfECT, déjà accessible en ligne.

Des écarts importants entre les secteurs

Des secteurs tels que l’alimentation et la finance (56,4 %) et les transports/télécommunications (50,3 %) tirent la moyenne vers le haut. Et ce, sans pour autant traduire une performance satisfaisante. À l’inverse, le logement ou le tourisme obtiennent un score de 26,5%. Tandis que l’instruction et la culture (33,3%) restent les principaux chantiers. Ils sont d’autant plus préoccupants qu’ils touchent des besoins essentiels et des leviers de développement humain.

Les disparités territoriales persistent

Le Grand Tunis (49,4 %) et Nabeul (45,2 %) arrivent en tête du classement territorial, loin devant Sidi Bouzid (33,8 %), Kairouan et Kasserine (34,6 %). Ce sont des écarts anciens que les politiques publiques n’ont pas réussi à résorber depuis 2011.

L’eau : une ressource sous tension

La Tunisie dispose aujourd’hui d’environ 400 m³ d’eau par habitant et par an, contre près de 850 m³ en 1996. Ce qui est bien en dessous du seuil de rareté fixé par la FAO (1 000 m³). Près de la moitié de l’eau d’irrigation serait perdue à cause de réseaux vétustes. Et le taux de raccordement à l’ONAS plafonnait à 64,9 % en 2022.

Des pénuries qui révèlent les fragilités du système

Pain, lait, café, viandes rouges : les pénuries récurrentes persistent malgré le coût élevé de la compensation, dont l’efficacité est évaluée à seulement 13 %. La capacité du système à résister aux crises d’approvisionnement plafonne, elle, autour de 15 % — dans un pays où le droit à l’alimentation n’est pas explicitement consacré par la Constitution.

Un secteur législatif à 35 %

Ce score ne tient pas qu’aux moyens disponibles : l’organisation hémicyclique du débat parlementaire favorise la constitution de majorités plutôt que la recherche de consensus. Ce qui laisse aux acteurs les mieux dotés en ressources une influence disproportionnée sur des dossiers clés (salaire minimum, fiscalité, foncier, crédit).

Au final, l’INPD confirme que la performance publique n’est ni homogène ni figée. Elle est plutôt un outil pour mieux cibler les politiques et mesurer leurs effets, territoire par territoire.

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Hydrocarbures : pas de recul, grève maintenue

21. September 2026 um 12:29

Pas de changement : la grève du transport des hydrocarbures est maintenue les 23 et 24 septembre 2026.

Les transporteurs d’hydrocarbures ont fait connaître leur dernière position : ils réclament notamment l’ouverture de négociations salariales, estimant n’avoir pas bénéficié de leur couverture sociale durant la période concernée. Ils jugent cette situation inacceptable, d’autant que l’accord relatif à ces droits sociaux remonte au 2 mai  2019.

Au cœur de leur mouvement : l’ouverture de négociations salariales et la reconnaissance de droits sociaux dont ils estiment ne pas avoir bénéficié.

Les sociétés de distribution de carburant affirment ne pas pouvoir régler les cotisations de sécurité sociale des employés du transport. La prime prévue par un accord du 2 mai 2019 demeure également impayée, alors que la réunion de négociation devait aboutir à un accord sur ce point.
Dans un communiqué publié le 18 septembre, la Fédération générale du pétrole a rappelé la grève annoncée et dénoncé l’absence de concertation. Elle estime que certaines parties non syndicales contribueraient à entretenir le conflit et à pousser les travailleurs vers la grève.Une situation qui soulève une question simple : combien de temps un accord peut-il rester sans effet avant de devenir une source de conflit ?

 

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70 ans après l’indépendance, « la malédiction de la géographie » est toujours là

21. September 2026 um 12:11
Faouzi Abderrahmane
Faouzi Abderrahmane

Depuis 1956, nous parlons d’une « Tunisie unifiée ». Mais qu’en est-il réellement ? Derrière les chiffres, que révèle la réalité du terrain ? Faouzi Abderrahmane, ancien ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, dresse un bilan économique via sa page officielle Facebook.

Il part du constat suivant concernant le tissu industriel : 85 % des entreprises industrielles et 87,5 % de la main-d’œuvre industrielle se concentrent dans seulement 13 gouvernorats côtiers. Quant à l’indice de développement régional 2024, il s’établit à 5,39 pour  Tunis, contre 1,36 pour Kasserine, soit près de quatre fois moins.

L’investissement privé est quatre fois moins important à l’intérieur du pays, malgré un investissement public par habitant plus élevé dans l’ouest de la Tunisie. En matière d’investissement direct étranger (2025), 64 % du total des investissements étrangers (hors énergie) sont dirigés vers la seule région du Grand Tunis et sa périphérie.

Le chômage par région montre des écarts marqués : Tataouine arrive systématiquement en tête (32 %), suivie de Gafsa (28,2 %) et de Kebili (25,8 %), contre Monastir (6,6 %) et Sfax (9,8 %). Mais l’essentiel ici n’est pas le chiffre en lui-même, mais ce qu’il révèle : Tunis même (19,5 %) et Ben Arous (18,4 %) enregistrent un taux de chômage supérieur à la moyenne nationale. « Ce n’est pas une contradiction avec la « malédiction de la géographie », mais une confirmation plus profonde de celle-ci : les grandes villes elles-mêmes sont entourées de ceintures de quartiers populaires (comme El Tadamoun, Douar Hicher et certaines parties de Ben Arous et de la Manouba) dont les indicateurs sont tout à fait similaires à ceux de l’intérieur du pays. La malédiction de la géographie ne se limite pas à l’opposition entre l’Est et l’Ouest ; elle se répète au sein même de l’Est, entre le centre-ville et sa périphérie », explique-t-il. 

Quant au taux de pauvreté (2021), il est de 4,7 % dans le Grand Tunis contre 37 % dans le Centre-Ouest, soit près de huit fois plus.

Par ailleurs, l’analphabétisme serait en hausse. Il est d’environ 10 % à Tunis et à Ben Arous. Tandis qu’à Jendouba et à Kasserine, il dépasse les 25–28 %.

L’économie informelle, quant à elle, dépasse les 50 % à Mahdia, à Sidi Bouzid, à Kairouan et à Médenine. Du côté de la croissance démographique, alors que le taux national affiche une croissance annuelle de 0,87 %, les gouvernorats du Kef et de Siliana connaissent une croissance démographique négative, traduisant un véritable recul de la population.

Au baccalauréat 2024, Sfax arrive en tête, tandis que Kasserine et Gafsa ferment la marche (29,87 % et 28,82 %). L’écart est moins marqué que dans d’autres domaines (près de deux fois plus important), mais il reste bien réel et récurrent depuis des décennies.

Concernant les hôpitaux universitaires, les neuf hôpitaux universitaires historiques sont tous situés dans des villes de l’est du pays. Un premier correctif partiel ? Une décision prise il y a quelques jours à peine, le 31 juillet 2026, confère pour la première fois le statut d’hôpital universitaire à l’hôpital de Jendouba ainsi qu’à certains services de Kasserine et de Kébili.

En matière d’hébergements touristiques, plus de 51 % des 895 établissements se trouvent dans trois régions touristiques côtières seulement ; le reste se répartit principalement sur d’autres zones côtières, avec une présence quasi inexistante de l’intérieur du pays dans l’ensemble du secteur.

Tout cela nous amène à dire que l’histoire se répète et ne change pas : entre 1956 et 2011, 80 % à 90 % des crédits de développement ont été alloués à la Tunisie orientale; contre seulement 10 % à 20 % à la Tunisie occidentale. Aujourd’hui, les gouvernorats du nord-est et du littoral attirent plus de 70 % des investissements privés déclarés. Tandis que la part cumulée de plusieurs gouvernorats de l’intérieur ne dépasse pas 15 % du total des investissements nationaux. Ce chiffre est inchangé depuis des décennies.

Sept décennies d’indépendance, quatre programmes de développement successifs, un système politique qui a radicalement changé à plusieurs reprises  et la seule constante qui n’ait jamais varié est cette concentration de la richesse à l’est. Mieux encore, cette concentration se reproduit à plus petite échelle au sein des grandes villes, entre leur centre et leurs banlieues populaires.

En guise de conclusion, Faouzi Abderrahmane souligne que « la Tunisie n’a pas besoin d’une énième réforme partielle. Elle a besoin d’être reconstruite à partir de ses fondements,  selon un modèle de développement entièrement nouveau, et non d’un simple rafistolage d’un modèle qui a prouvé son échec répété au cours de sept décennies entières : un modèle à deux vitesses, ou deux modèles pour un seul pays ».

Et voici l’une des amères ironies avérées : « seules les prisons restent les plus équitables en termes de répartition géographique avec 30 établissements pénitentiaires répartis dans 22 des 24 gouvernorats. « L’État qui n’a pas réussi à construire un hôpital dans chaque région a réussi à construire une prison dans presque chaque région » conclut Faouzi Abderrahmane. 

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Analyse de Ridha Chkoundali sur une décennie de réformes économiques

20. September 2026 um 11:59

Une étude d’envergure, dévoilée en août 2026 et intitulée « Pourquoi la réforme économique a échoué en Tunisie : évaluation des bailleurs de fonds et d’un pays en transition » (en anglais : Why Economic Reform Failed in Tunisia: Assessing Four Donors and a Country in Transition), met en lumière les défis et les opportunités rencontrés par la Tunisie dans son parcours de réformes économiques. Cette recherche a été menée par Sabina Henneberg, chercheuse de renom spécialisée dans les affaires nord-africaines et les relations internationales à l’Institut de Washington pour les politiques du Proche-Orient.

Elle a apporté des contributions notables à l’étude des processus de transition politique et démocratique dans la région, notamment avec son ouvrage Gérer la transition : la première phase post-révolution en Tunisie et en Libye, publié aux Presses de l’Université de Cambridge.
L’expert en économie Ridha Chkoundali s’appuie sur cette étude pour dresser un bilan sans de la décennie 2011-2021.

Une transition politique réussie, une économie en souffrance

La transition tunisienne, après les soulèvements de 2011, a été perçue comme le meilleur espoir de transition démocratique pour le Moyen-Orient, grâce à une constitution consensuelle, des élections libres et des institutions indépendantes. Cependant, les crises économiques profondes sont restées latentes et n’ont pas été traitées avec la même rigueur que le changement politique.

Il est essentiel de reconnaître la fin de l’illusion : l’effondrement officiel de l’expérience démocratique le 25 juillet 2021 a révélé une réalité brutale, à savoir que les réformes économiques n’ont pas réussi à soutenir la démocratie ni à améliorer la vie quotidienne des citoyens.

Quatre bailleurs de fonds au cœur de l’analyse

L’étude se concentre sur les acteurs clés du financement international : la Banque mondiale, le Fonds monétaire international  qui  sont considérés comme représentatifs de la vision occidentale du soutien apporté à la Tunisie entre 2011 et 2021.

La révolution a engendré une perte économique significative durant les premières années, pesant lourdement sur les perspectives de croissance et de stabilité du pays.

Recommandations et enseignements tirés

L’auteure  de l’étude formule plusieurs recommandations pour améliorer l’efficacité de l’aide internationale dans les contextes de transition :

Importance d’une vision à long terme : les bailleurs de fonds doivent planifier leurs interventions sur de longues périodes (dix à vingt ans) pour soutenir les transformations économiques, car une seule décennie ne suffit pas à opérer un changement structurel.

Réalisme, clarté et absence de complaisance : il faut éviter de qualifier tous les pays en transition démocratique de « réussites » illusoires simplement parce qu’ils ont échappé à la guerre civile. Il est également nécessaire de prendre au sérieux les chocs externes en mettant en place des mécanismes d’urgence spécifiques.

Modifier les stratégies de communication avec les populations : il convient de convaincre la rue et l’opinion publique des avantages des réformes par le biais de campagnes de communication locales, afin d’empêcher la diabolisation des réformes et leur qualification de « complots impérialistes ».

Renforcer intelligemment les conditions : il est indispensable d’appliquer des conditions strictes dès les premières étapes décisives de la transition, notamment lors de la formation des premiers gouvernements.

Quelle appréciation critique de Ridha Chkoundali? 

Selon Ridha Chkoundali,  cette étude constitue un document analytique et documentaire important permettant de retracer les détails d’une décennie entière de dérives en matière de développement et d’aide extérieure en Tunisie, entre 2011 et 2021. Son idée centrale consiste à déconstruire le « paradoxe de la démocratie enlisée dans le pain », en montrant que les régimes démocratiques naissants s’effondrent lorsqu’ils ne parviennent pas à répondre aux aspirations en matière de conditions de vie, en raison de l’enlisement des réformes structurelles, de l’absence de consensus social et de la résistance des intérêts dominants.

Cependant, d’un point de vue critique, l’étude semble obéir à une vision partiale des prescriptions du Fonds monétaire international. Elle impute aux syndicats et à la rue la responsabilité de l’échec des réformes, en ignorant que la destruction de la classe moyenne. De même, l’étude tombe dans le piège du formalisme démocratique et passe sous silence le durcissement des conditions de prêt extérieur imposées par le FMI, qui consacrent souvent la dépendance au détriment de la souveraineté nationale et du développement autonome, à moins d’être accompagnées de négociations fermes de la part des emprunteurs.

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Pétrole et impact sur l’économie tunisienne : trois scénarios selon Aram Belhaj

19. September 2026 um 12:35

Fermeture du détroit d’Ormuz, flambée des prix du baril de pétrole : autant d’éléments déterminants pour savoir si le conflit Iran–États-Unis–Israël persistera ou si l’on assistera à la fin des hostilités. Tout porte à croire que les scénarios sont multiples.

Au vu de la situation actuelle au Moyen-Orient, trois scénarios sont à considérer pour l’évolution future des indicateurs économiques en Tunisie. C’est ce qu’a annoncé l’économiste Aram Belhaj via sa page officielle sur Facebook.

Selon les dernières prévisions, le scénario le plus probable est, d’après lui, celui d’une stagnation du conflit, c’est-à-dire le maintien de la situation actuelle sans issue. Dans ce contexte, le prix du baril est estimé entre 95 et 110 dollars. Cette situation pourrait entraîner un déficit budgétaire d’environ 20 milliards de dinars, un déficit commercial d’environ 25 milliards de dinars et des réserves de devises équivalant à 90 jours à la fin de l’exercice fiscal en cours.

 

Lire aussi : Choc pétrolier : Mouez Soussi alerte sur les risques pour les finances publiques

 

Dans le cadre des efforts visant à favoriser une stabilisation des tensions géopolitiques,  » nous avons négocié une accalmie dans le détroit d’Ormuz », estime-t-il. Cette initiative, qui s’inscrit dans notre stratégie globale de gestion des risques, vise également à apaiser les tensions dans le détroit de Bab el-Mandeb. « Dans ce scénario, le prix du baril se stabiliserait entre 75 et 85 dollars, ce qui résoudrait le problème de l’érosion des réserves et freinerait l’aggravation des déficits, tout en permettant une baisse progressive de l’inflation vers 5% « , poursuit-il.

Dans l’éventualité d’une escalade majeure, avec une frappe américano-israélienne de grande envergure ou un retrait de l’Iran du Traité de non-prolifération nucléaire, nous anticipons une fermeture quasi totale du détroit d’Ormuz et du détroit de Bab el-Mandeb. Cette issue, bien que peu probable, représenterait un danger majeur pour notre organisation. Selon les estimations actuelles, le prix du baril de Brent se situerait dans une fourchette de 130 à 150 dollars. Cette situation pourrait entraîner un déficit budgétaire supérieur à 22 milliards de dinars, une inflation pouvant dépasser 8% et des réserves susceptibles de descendre en dessous du seuil des 90 jours.

Il est à noter que, pour l’instant, le scénario « commercial » est plus probable que le scénario « monétaire ». Cette situation est attribuable au gel des prix des carburants, qui a pour effet de reporter le choc sur la balance des paiements plutôt que sur le portefeuille du consommateur. Cependant, si le premier scénario, et surtout le troisième, se concrétisent, l’équation changera inévitablement.

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Notre Harissa, notre piment, notre identité à défendre

19. September 2026 um 12:10

Notre harissa est officiellement inscrite, depuis 2022, au nom de la Tunisie sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. La bonne nouvelle, c’est que personne ne peut désormais nous la copier. Et oui, c’est notre fierté culinaire.

Il faut bien se l’avouer : les saveurs tunisiennes s’imposent un peu partout dans le monde. Au-delà de notre savoir-faire ancestral, il est de notre devoir de préserver et de valoriser ce patrimoine. Cette reconnaissance montre également que le tourisme culinaire devrait se développer davantage, car ce n’est que le début ! Il faudrait peut-être revenir aux vieilles recettes de grand-mère ; qui sait, cela pourrait révéler des merveilles culinaires dont nous ignorons encore l’existence.

Le politologue Sami Jallouli est revenu sur la souveraineté économique, dénonçant la montée du phénomène d’appropriation étrangère du patrimoine tunisien en général, et de la harissa en particulier. Il a également déploré le fait que ce produit soit faussement et injustement attribué à d’autres, sans parler de l’atteinte portée à sa qualité.

Il appelle les usines tunisiennes productrices de harissa à ajouter, sur chaque boîte ou chaque tube, le texte suivant :
« Nous sommes fiers de vous présenter la harissa, officiellement inscrite au nom de la Tunisie sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO depuis 2022. »

Premièrement, ce texte consacrerait la reconnaissance internationale officielle accordée par l’UNESCO en 2022, coupant ainsi l’herbe sous le pied à toute tentative de pillage du patrimoine tunisien ou d’attribution de ce produit à d’autres parties.
Deuxièmement, il s’agirait d’une étape stratégique pour protéger le patrimoine national.
Troisièmement, cette mesure contribuerait à renforcer la valeur marketing du produit tunisien sur les marchés extérieurs, en lui conférant un avantage différenciant unique, lié à son authenticité, à sa qualité et à son histoire millénaire.
Quatrièmement, cette démarche permettrait d’ancrer l’identité tunisienne dans l’esprit du consommateur et de faire connaître, à l’échelle internationale, l’origine tunisienne de la harissa. Elle inciterait ainsi les consommateurs étrangers à rechercher ce produit sous son nom et avec ses spécifications d’origine, à l’image de la salade méchouia, que certains ont tenté, il y a quelques années, d’imiter et de s’approprier, mais que les douanes de Marseille auraient réussi à contrecarrer.

Bien entendu, ceux qui attribuent faussement la harissa à leur propre pays ne pourront pas apposer cette mention. S’ils le faisaient, cela servirait les intérêts de la Tunisie, ce qu’ils ne souhaitent pas. Mettront-ils le nom de leur propre pays ? Peut-être. Mais sans mentionner explicitement la décision de l’UNESCO, leur produit pourrait être considéré comme une imitation ou comme une marchandise de qualité inférieure.

En définitive, les autres pays qui tentent de s’approprier ce produit ne pourront pas utiliser ce libellé, puisqu’il atteste explicitement de son inscription au nom de la Tunisie, ce qui ne sert pas leurs intérêts.

L’ajout de cette donnée historique et culturelle sur les emballages ne serait pas une simple formalité, mais une mesure décisive pour contrer les tentatives d’appropriation et assurer une meilleure protection de notre économie et de notre patrimoine.

Que tous les professionnels unissent leurs efforts afin de faire de cette inscription une véritable marque d’authenticité tunisienne à l’échelle internationale. Cette mention pourrait être apposée sur les boîtes et les tubes, une opération technique qui ne coûterait presque rien.

Et rappelons-nous toujours les mots attribués au général carthaginois Hannibal Barca : « Nous trouverons un chemin, ou nous en créerons un. »

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Parité femmes-hommes : 20 ans d’efforts, 35 places perdues

18. September 2026 um 15:53

Le World Economic Forum a dévoilé le 16 septembre 2026 la 20ᵉ édition de son Global Gender Gap Report. Verdict pour la planète : encore 120 ans avant l’égalité parfaite. Pour la Tunisie : un score qui s’améliore doucement, mais un classement qui, lui, recule inexorablement, un  signe d’un pays qui avance, certes, mais au ralenti pendant que ses voisins accélèrent.

Vingt ans de recul, c’est rare pour évaluer une politique publique. Voilà que le Global Gender Gap Report, fête sa 20ᵉ édition en suivant, de façon continue depuis 2006, un échantillon constant de 97 économies parmi les 145 couvertes en 2026.  Mais une chose est sûre: le constat global tient en une phrase : la parité mondiale s’est améliorée de 5,2 % en deux décennies, un rythme si lent qu’il faudrait encore 120 années pour l’atteindre pleinement. En tête du classement, l’Islande frôle la perfection avec un score de 93 %, suivie de la Finlande (87,2 %) et de la Norvège (85,7 %) — un trio scandinave qui n’a, une fois de plus, laissé aucune place à la surprise.

Un score qui grimpe, un rang qui chute

Il convient de noter qu’entre 2006 et 2026, le score du pays est passé de 62,9 % à 65,0 %, soit une progression de 2,1 points  avec un pic à 66,8 % en 2024. Mais dans le même temps, la Tunisie a dégringolé de 35 places au classement mondial, passant du 90ᵉ au 125ᵉ rang sur 145 pays.

La question qu’on sepose: Comment un pays peut-il progresser et reculer en même temps ? La réponse tient à la nature même de l’indice : un classement est une photographie relative. Si la Tunisie améliore ses scores, d’autres économies,  souvent partant de plus bas,  progressent plus vite encore, la reléguant mécaniquement plus loin dans le peloton. C’est un peu la course où l’on court plus vite qu’hier, mais où l’on finit quand même dernier parce que tout le monde a sprinté.

Dans sa région, le constat est similaire : la Tunisie occupe désormais la 3ᵉ place MENA, derrière les Émirats arabes unis et Bahreïn, alors qu’elle occupait la 2ᵉ position en 2006. Une régression de rang qui masque, là aussi, une progression réelle mais insuffisante.

Le grand écart entre le capital humain et le pouvoir réel

Le rapport détaille la performance tunisienne à travers quatre piliers, et la lecture qui en ressort est sans appel : deux Tunisie coexistent.
D’un côté, une Tunisie qui a fait ses devoirs. En éducation, le pays affiche un score de 97,4 %, avec une parité intégrale (100 %) dans les taux de scolarisation primaire, secondaire et supérieur. En santé, la performance est tout aussi solide : 96,8 %, portée par un ratio de masculinité à la naissance particulièrement favorable.

Sur ces deux fronts, filles et garçons, femmes et hommes, partent aujourd’hui à armes quasi égales.
De l’autre, une Tunisie qui peine à transformer cet essai. Le pilier participation économique plafonne à 51,9 %, plaçant le pays au 131ᵉ rang mondial. Le taux d’activité féminin  seulement 41,1 %  et le revenu du travail estimé (36,3 %) sont les maillons les plus faibles. Quant à l’émancipation politique, c’est la dimension la plus problématique : un score de seulement 14 % et un 109ᵉ rang, plombés par une représentation parlementaire des femmes qui ne dépasse pas 18,8 %.

Le message du rapport est limpide : le problème tunisien n’est plus un problème d’accès — aux bancs de l’école, aux soins de santé — mais un problème de conversion. Les filles tunisiennes sont scolarisées à parité parfaite, mais cette réussite éducative ne se traduit ni en emplois, ni en salaires, ni en sièges de décision.

Un phénomène qui dépasse les frontières tunisiennes

Ce décalage n’est pas propre à la Tunisie, il structure d’ailleurs le rapport mondial dans son ensemble. Selon les projections du WEF, la parité pourrait être atteinte en seulement 8 ans dans les domaines de l’éducation et de la santé, contre 129 ans pour la participation économique et… 194 ans pour l’émancipation politique. Le fossé se creuse précisément là où se jouent le pouvoir et l’argent.

Un signal supplémentaire, glissé dans le rapport, mérite l’attention : les femmes restent sous-représentées dans les entreprises spécialisées en intelligence artificielle, et ce à tous les niveaux hiérarchiques, un déséquilibre qui, s’il perdure, pourrait hypothéquer la participation économique féminine des prochaines décennies, au moment même où ce secteur redessine le marché du travail.

Ce que ça dit et ce que ça ne dit pas

Le tableau régional replace enfin la Tunisie dans son contexte. Sur le continent africain, elle recule du 14ᵉ rang (sur 23 pays mesurés en 2006) au 32ᵉ rang (sur 38 pays en 2026)  un déclassement à nuancer toutefois : sur les 31 économies africaines qui la devancent aujourd’hui, 14 n’étaient tout simplement pas mesurées il y a vingt ans, et seuls quatre pays effectivement présents dans les deux échantillons:  Cameroun, Angola, Nigeria, Burkina Faso,  l’ont réellement dépassée sur la période.

Reste un chiffre qui résume, à lui seul, le défi qui attend le pays : entre acquis éducatifs et sanitaires quasiment consolidés d’un côté, et participation économique et politique à la traîne de l’autre, la Tunisie a construit le capital humain de la parité,  il lui reste à en récolter les fruits.

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Quand la pluie n’a pas dit son dernier mot

18. September 2026 um 11:58

Grêle, rafales, routes noyées : le Grand Tunis a plié sous les orages jeudi. Mauvaise nouvelle, la météo n’a pas dit son dernier mot.

Il est important de noter que la situation ne devrait pas se résoudre rapidement. D’après les informations collectées par lachaineemeteo.fr, de puissants orages ont frappé le nord et le centre de la Tunisie jeudi après-midi, avant de se déplacer vers l’est du pays.

Tunis sous le joug d’une crise hydrique

Les précipitations, dont la concentration dans le temps a été extrêmement élevée, ont atteint 30 à 35 mm en moins d’une heure sur l’agglomération tunisoise. Dans la banlieue sud, à Boumhel, Ezzahra, Hammam-Lif et Hammam-Chott, plusieurs axes routiers ont été submergés en quelques minutes. En raison de conditions climatiques défavorables, les rues de la ville ont été le théâtre d’un ruissellement intense, entraînant une paralysie de la circulation et d’un nombre important d’automobilistes. Face à cette situation, les services de la Protection civile ont été sollicités pour procéder à des opérations de déblaiement et de désencombrement.

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Inondations à Tunis : un peu de pluie, et tout part en vrille

18. September 2026 um 10:56

L’après-midi du mercredi 17 septembre 2025, l’arrivée du froid et des pluies intempestives a de nouveau transformé plusieurs rues de la capitale en torrents. En quelques dizaines de minutes, des accumulations d’eau importantes, des véhicules immobilisés et une circulation fortement perturbée ont révélé, une fois de plus, la fragilité des réseaux d’évacuation des eaux pluviales.

Un an après les inondations qui avaient touché un grand nombre de régions du pays, la question se pose : existe-t-il de véritables mesures de précaution ? Face à cet épisode, le ministère de l’Équipement, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire a gardé le silence. Qu’en est-il cette année ?

Interventions municipales et appel à la responsabilité

Au lendemain des intempéries, la municipalité de Tunis a renouvelé, vendredi 18 septembre 2026, son appel aux citoyens à ne pas jeter déchets, gravats et résidus de chantier dans les avaloirs et les conduites d’évacuation. Ses équipes ont constaté l’obstruction de plusieurs ouvrages, en partie due à l’accumulation de matériaux de construction.

Les services municipaux ont poursuivi leurs interventions durant la nuit : pompage et évacuation des eaux infiltrées dans les logements, débouchage et nettoyage d’avaloirs, ainsi que rétablissement de l’écoulement dans plusieurs zones touchées. Cela dit, cela aurait dû être fait bien avant…

Il convient de noter que l’Institut national de la météorologie avait annoncé des pluies temporairement orageuses et localement intenses, avec des cumuls pouvant atteindre 30 à 50 mm dans certaines zones du Grand Tunis, mettant en garde contre des accumulations rapides et des débordements des réseaux d’assainissement.

Pourtant, il aura suffi d’un peu de pluie pour que tout parte en vrille. La persistance des inondations montre que les mesures de prévention restent insuffisantes face à des phénomènes météorologiques de plus en plus fréquents. Et par-dessus tout, l’incivisme des citoyens, qui jettent leurs déchets et leurs mégots dans la rue, ne fait qu’aggraver la situation.

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