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Les menaces de Trump ne font plus peur à personne !

07. August 2026 um 09:00

Pour la plupart des pays qu’ils soient alliés ou adversaires des États-Unis, les menaces et les intimidations du président américain Donald Trump ne sont plus prises au sérieux. Ils ont compris que les menaces précèdent souvent les compromis et le président américain revient fréquemment sur ses positions initiales. Désormais, la méthode Trump bat de l’aile et a fini par perdre son efficacité.

Imed Bahri

Dans une enquête publiée par le Washington Post, Steve Hendrix et Anthony Faiola constatent le déclin des effets produits par les menaces et les pressions du président Trump. De nombreux gouvernements considèrent désormais ses menaces comme faisant partie intégrante de sa stratégie de négociation et ne les appréhendent plus avec la même crainte qu’au début de son second mandat, écrivent-ils. 

Lorsque Trump s’est tenu dans la roseraie de la Maison-Blanche le 2 avril 2025, brandissant une pancarte annonçant d’importantes hausses de droits de douane, le monde a réagi comme si une alarme incendie avait été déclenchée. Les marchés se sont effondrés, des milliers de milliards de dollars ont été perdus, des délégations diplomatiques se sont précipitées à Washington et plus de 75 pays se sont empressés d’ouvrir des canaux de négociations avec l’administration américaine. Certains ont même renoncé à leurs plans de représailles, espérant un règlement rapide.

Seize mois plus tard, la situation a radicalement changé. Trump continue de proférer les mêmes menaces, qu’il s’agisse d’instrumentaliser le commerce, d’annexer le Canada, de s’emparer du Groenland, de quitter l’Otan ou de lancer des frappes dévastatrices contre l’Iran. Cependant, les réactions internationales ne sont plus ce qu’elles étaient.

Les observateurs estiment que les dirigeants mondiaux se préoccupent moins de la rhétorique de Trump après avoir constaté que ses décisions se heurtent aux décisions de la Justice américaine et à l’opposition au sein du Congrès. Ils ont également vu Téhéran ignorer ses avertissements répétés, tandis que la popularité du chef de la Maison Blanche aux États-Unis a décliné.

Lorsque Trump a annoncé une nouvelle série de droits de douane le mois dernier, invoquant cette fois des accusations de travail des enfants pour contourner les restrictions imposées par la Cour suprême à ses pouvoirs, la décision n’a pas provoqué la panique qu’elle avait suscitée auparavant.

Le gouverneur de la Banque de France a prédit que l’impact des droits de douane serait limité, tandis que le gouvernement britannique a confirmé que ses exportations ne seraient pas significativement affectées. Le ministre mexicain de l’Économie a considéré qu’il s’agissait simplement de remplacer un droit de douane par un autre. Même les marchés financiers, qui réagissaient auparavant violemment aux déclarations de Trump, n’ont quasiment pas réagi.

Selon des responsables et des analystes, Trump, qui approche de la mi-mandat, commence à perdre l’un de ses atouts politiques les plus précieux à savoir l’utilisation des réseaux sociaux pour diffuser des déclarations chocs et alarmistes puis exploiter cette inquiétude afin d’obtenir des concessions politiques ou économiques de ses adversaires comme de ses alliés.

Si la présidence lui confère toujours une tribune influente, le public, qui accueillait autrefois ses déclarations avec appréhension, n’y réagit plus de la même manière.

«Nous ne les prenons plus aussi au sérieux»

«Nous nous sommes habitués à ces annonces quotidiennes», déclare Brando Benefe, député européen et chef de la délégation pour les relations avec les États-Unis, avant d’ajouter : «Nous ne les prenons plus aussi au sérieux».

Malgré sa présence constante sur la scène politique américaine et sa mainmise sur l’agenda public, Trump n’est pas parvenu à convaincre le Sénat, à majorité républicaine, de maintenir le secret sur les dossiers Jeffrey Epstein. Il n’a pas non plus réussi à faire adopter son Save America Act et a été contraint cette semaine de faire des concessions pour relancer la nomination de Todd Blanch au poste de procureur général.

Sur le plan international, sa politique s’est heurtée à des obstacles encore plus marqués. L’Iran a refusé de céder aux pressions militaires américaines et a maintenu la fermeture du détroit d’Ormuz, tandis que le président russe Vladimir Poutine poursuit toujours sa guerre en Ukraine alors que Trump avait affirmé durant la campagne électorale de 2024 que s’il retourne à la Maison-Blanche, il appellerait Poutine et en 24 heures, la guerre d’Ukraine prendrait fin.

Ses nouvelles revendications concernant le Groenland ont suscité une indifférence manifeste de la part des Européens et les principales nations commerçantes ont manifesté peu d’intérêt pour ses dernières menaces tarifaires.

Il revient fréquemment sur ses positions initiales

Pour de nombreux pays, les déclarations de Trump font désormais partie intégrante de son style politique habituel. Les menaces précèdent souvent les compromis et le président américain revient fréquemment sur ses positions initiales.

C’est pourquoi le terme «Taco», abréviation de «Trump Always Chickens Out» (Trump se dégonfle toujours), a commencé à circuler dans les milieux financiers et politiques. Jeremy Shapiro, directeur du programme américain au Conseil européen des relations étrangères, affirme que cette perception se répand dans de nombreuses capitales à travers le monde.

Shapiro ajoute avoir été initialement surpris par l’efficacité des tactiques d’intimidation de Trump durant les premiers mois de son second mandat mais il estime que ce succès ne s’explique pas uniquement par la personnalité du président. Il découle du capital politique et diplomatique considérable que les États-Unis ont accumulé pendant des décennies, un capital qui s’est érodé avec le temps. Il déclare : «Les responsables commencent à comprendre que Trump se comporte parfois comme un tyran mais qu’en même temps, il est facilement déstabilisé face à une position ferme».

Les droits de douane, annoncés par Trump le 2 avril 2025 qu’il a surnommé «Liberation Day», ont perdu la majeure partie de leur impact en quelques jours, suite à l’exemption de nombreux secteurs et au report à plusieurs reprises de leur application puis dans un second temps, la Cour Suprême a fini par les invalider purement et simplement.

Par ailleurs, ses menaces d’imposer des droits de douane élevés aux pays européens au sujet du Groenland ont abouti, au Forum de Davos, à la simple annonce d’un «cadre de négociation» auquel le Danemark n’avait même pas consenti et qui n’a entraîné aucun changement concret.

La Chine contraint les Etats-Unis à reculer

À l’inverse, la Chine a choisi de ne pas céder aux menaces américaines d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 100%. Elle a riposté en tirant parti de son influence sur le marché des terres rares et en suspendant les importations de soja américain, contraignant Washington à reculer. Cette expérience a incité d’autres pays à penser que résister fermement aux pressions de Trump pourrait être le meilleur moyen d’obtenir des concessions de sa part.

Au Brésil, le président Lula da Silva a ignoré les menaces de Trump d’imposer des droits de douane de 50%, mesures sur lesquelles la Maison-Blanche comptait pour contraindre le gouvernement à suspendre le procès de l’ancien président Jair Bolsonaro, accusé de tentative de coup d’État armé. Le procès s’est néanmoins poursuivi et Bolsonaro a été condamné à 27 ans de prison, sans que les pressions américaines n’aient atteint leur objectif.

Le WP indique que l’exemple le plus frappant de l’inefficacité croissante de la politique des menaces est celui de l’Iran. Les États-Unis et Israël y ont lancé une vaste campagne militaire qui a entraîné la mort du Guide suprême et de plusieurs hauts responsables, sans pour autant provoquer l’effondrement du régime ni permettre à Téhéran de reprendre le contrôle du détroit d’Ormuz qui demeure un atout stratégique majeur.

Trump avait adressé une série d’avertissements aux dirigeants iraniens, exigeant la réouverture du détroit et menaçant de détruire la civilisation iranienne en cas de refus mais le détroit est resté fermé et Téhéran n’a pas cédé et ce, malgré l’ampleur de la menace militaire. Cela a incité le président américain à revoir progressivement ses objectifs, tant en ce qui concerne le renversement du régime iranien que le sort de son stock d’uranium enrichi.

Un président qui menace et bombarde, puis recule

Ronald Neumann, ancien ambassadeur des États-Unis en Afghanistan, à Bahreïn et en Algérie, affirme que la leçon que Téhéran tire de cette situation est claire : le pays voit un président qui menace, puis bombarde, puis recule, ce qui, aux yeux des négociateurs iraniens, les amène à croire que Washington est la partie la plus désireuse de parvenir à un accord. Il ajoute : «Dans le monde de la négociation, quand l’autre partie sent que vous êtes pressé, elle ne voit aucune raison de faire des concessions».

Neumann va même plus loin : «Si j’allais faire mes courses dans un bazar oriental, je ne donnerais pas d’argent à Trump pour négocier à ma place».

La méthode Trump ne se limite pas à l’Iran, elle s’étend à l’Europe. Il a tenté d’entraîner ses alliés européens dans une confrontation plus large avec Téhéran, menaçant l’Espagne d’un embargo commercial après son refus de participer, faisant pression sur la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne pour qu’elles réimposent les sanctions de l’Onu contre l’Iran et laissant entendre une possible révision des engagements américains au sein de l’Otan.

Cependant, les pays européens ont refusé de s’impliquer davantage dans la guerre. Certains, comme l’Espagne et l’Italie, ont même fermé leurs bases militaires ou leur espace aérien aux opérations liées à la guerre.

Un diplomate européen affirme que la menace de Trump d’interrompre le commerce avec l’Espagne a été accueillie avec une relative indifférence cette fois-ci car de nombreux responsables estimaient que les déclarations du président américain seraient rapidement rétractées si elles ne suscitaient pas de réaction.

Néanmoins, le diplomate reconnaît que traiter avec Trump reste complexe car son comportement est imprévisible. «Il est vrai qu’il fait souvent marche arrière mais pas toujours», dit-il.

Le WP rappelle que Trump a démontré, à plusieurs reprises, sa volonté de recourir à la force militaire, contrairement aux attentes d’une partie de son électorat qui espérait une réduction des interventions étrangères.

Il a ordonné plus d’opérations militaires à l’étranger que tout autre président américain de l’ère moderne, notamment la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro lors d’une opération des forces spéciales, le bombardement de l’Iran et des dizaines de frappes contre des navires soupçonnés de trafic de drogue dans les Caraïbes et le Pacifique.

Sur le plan intérieur, il a déployé la Garde nationale à Washington, D.C., tandis que sa politique d’immigration radicale a suscité une vive controverse après que des descentes d’agents fédéraux masqués dans des lieux de travail et des tribunaux ont entraîné des morts et des manifestations.

Cependant, la propension de Trump à recourir à la force ne suffit plus à imposer l’obéissance qu’il exigeait. Les gouvernements et les responsables politiques, tant aux États-Unis qu’à l’étranger, sont désormais mieux préparés à faire face à ses menaces ou à les ignorer purement et simplement.

Mujtaba Rahman, expert au cabinet de conseil Eurasia Group, explique que les gouvernements européens sont moins sujets à la panique et plus aptes à distinguer la rhétorique de Trump des politiques réellement mises en œuvre par son administration. Il ajoute que cette tendance ne se limite plus à l’Europe mais s’étend désormais aux pays du Golfe qui considèrent le style de négociation de Trump comme faisant partie intégrante de sa gestion habituelle des problèmes.

Le Washington Post cite en exemple l’accord annoncé par Washington et Riyad concernant le programme nucléaire civil saoudien, avant que Trump ne surprenne tout le monde avec une publication sur TruthSocial liant la mise en œuvre de cet accord à l’adhésion de l’Arabie saoudite aux accords d’Abraham.

Andrew Lieber, chercheur à la Fondation Carnegie pour la paix internationale, affirme que les responsables saoudiens ont été surpris et mécontents de cette condition, d’autant plus qu’ils avaient déjà annoncé l’accord par voie officielle.

Lieber estime que Riyad a acquis une expérience considérable dans ses relations avec Trump et comprend désormais que les décisions soudaines et les déclarations contradictoires font partie intégrante de son style politique habituel.

Il vaut mieux résister aux pressions que faire des concessions

Durant la première année du second mandat de Trump, les capitales européennes ont adopté une politique d’éloges et d’apaisement, la considérant comme le meilleur moyen de contenir le président américain.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est rendue au complexe golfique de Trump en Écosse pour tenter de résoudre les différends commerciaux selon ses conditions à lui et le Royaume-Uni lui a adressé une invitation sans précédent pour effectuer une seconde visite d’État.

Un diplomate européen confirme toutefois que cette approche commence à évoluer. Les dirigeants européens continuent de flatter Trump, notamment lors de réunions à huis clos, mais ils sont de moins en moins disposés à faire les concessions qu’il exige.

«Ils savent que la flatterie a un effet sur lui, qu’il pourrait se montrer plus conciliant lors d’une seule rencontre mais cela ne signifie pas qu’ils doivent céder à ses exigences», explique-t-il. Et d’ajouter que la question du Groenland a marqué un tournant, les menaces de Trump ayant été neutralisées par une position européenne unie. La Chine et le Brésil ont également démontré qu’il est plus efficace de résister aux pressions que de faire des concessions, tandis que la capitulation de l’Europe au début de la guerre commerciale n’a fait qu’attiser les exigences américaines.

L’enquête du WP indique qu’apprendre à ignorer les menaces de Trump peut en revanche attiser sa frustration et peut rendre son comportement encore plus imprévisible, surtout si les Républicains perdent leur majorité aux élections de mi-mandat et que le président est contraint de s’appuyer davantage sur ses pouvoirs exécutifs.

Jeremy Shapiro prévient que Trump n’est pas du genre à accepter sans broncher un déclin de son influence. S’il sent son influence diminuer, il pourrait recourir à des méthodes nouvelles et plus risquées pour utiliser la puissance américaine.

En conclusion, les auteurs de l’enquête du WP estiment que le monde ne réagit plus aux menaces de Trump comme au début de son second mandat et qu’après une série d’avertissements qui se sont soldés par des reculs ou des compromis, nombre d’alliés et d’adversaires font désormais la distinction entre l’escalade verbale et les politiques concrètes, un changement qui pourrait affaiblir la capacité du président américain à utiliser ces tactiques de choc habituels pour obtenir des gains politiques et diplomatiques mais qui, à l’inverse, pourrait le pousser vers des options plus dangereuses pour restaurer son prestige et son influence.

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Droits de douane américains: l’huile d’olive tunisienne passe sous les radars de Washington

29. Juli 2026 um 11:11

Depuis le 24 juillet 2026, Washington applique des surtaxes douanières additionnelles, 10 à 12,5%, pour une soixantaine de partenaires commerciaux. Ce sont des surtaxes qui concernent les pays qui ne luttent pas assez contre le travail des mineurs, ce qui est contraire à la réglementation américaine en la matière. La Tunisie ne figure pas sur cette liste, un avantage considérable sur ses principaux concurrents à l’échelle internationale.

Un avantage qui ne dit pas son nom

Pas de faveur négociée ou de statut particulier obtenu à Washington, la Tunisie est simplement restée en dehors du radar des enquêteurs américains. Ses exportations continuent donc de circuler au tarif douanier classique, alors que des rivaux directs comme le Maroc, l’Algérie, l’Égypte ou la Turquie, eux, écopent de surtaxes.

Du côté européen, la situation est tout autre: l’Espagne et l’Italie sont toujours plafonnées à 15% de droits de douane, un taux fixé depuis longtemps dans le cadre des négociations commerciales entre Bruxelles et Washington.

Un timing plutôt bon pour la filière

Entre novembre 2025 et juin 2026, les exportateurs tunisiens ont écoulé 352 000 tonnes d’huile d’olive, un bond de 56,7% par rapport aux 224 600 tonnes de la campagne précédente. Même dynamique côté recettes: 4,394 milliards de dinars engrangés (près de 1,29 milliard d’euros), en hausse de 45% sur un an. Sur ce volume, l’extra vierge domine largement, avec 83,4% du total.

Côté clients, rien ne change vraiment dans la hiérarchie: l’Espagne trône toujours en tête avec 32,4% des volumes, suivie de l’Italie à 19,7%, puis des États-Unis, qui grignotent 19,4%, toujours à la troisième place. Globalement, l’Europe capte encore l’essentiel des exportations tunisiennes (56,8%), loin devant l’Amérique du Nord (24,2%).

Le vrac, toujours le point faible

D’une campagne à l’autre, le principal point handicapant les exportations d’huile d’olive tunisienne est toujours le même: 86,3% de l’huile tunisienne est exportée encore en vrac, contre seulement 13,7% conditionnée. Une partie de cette production finit d’ailleurs embouteillée et commercialisée sous marques étrangères, notamment espagnoles et italiennes, la valeur ajoutée file donc à l’étranger.

Une fenêtre d’opportunité pour les investisseurs

Ce différentiel tarifaire ouvre un créneau concret pour les opérateurs tunisiens désireux de renforcer leur présence sur le marché américain, troisième débouché du secteur.

L’écart de compétitivité avec les concurrents espagnols et italiens, taxés à 15% aux États-Unis, plaide en particulier pour des investissements dans le conditionnement local et le développement de marques tunisiennes à l’export, un segment qui ne pèse aujourd’hui que 18,2% de la valeur totale exportée.

Néanmoins, cet avantage tarifaire n’a rien de garanti dans la durée: Washington conserve la possibilité d’élargir à tout moment la liste des pays concernés par ses enquêtes commerciales.

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L’huile d’olive tunisienne échappe aux surtaxes imposées par Trump

29. Juli 2026 um 09:58

La Tunisie ne figure pas parmi les 60 partenaires commerciaux des Etats-Unis concernés par les nouveaux droits de de douane édictés par le président Donald Trump : les dispositions douanières habituelles restent en vigueur.

La mesure, entrée en vigueur le 24 juillet, impose des droits de douane supplémentaires de 10 % à certains partenaires commerciaux et de 12,5 % à d’autres pays visés par les enquêtes. Parmi ces derniers figurent plusieurs concurrents méditerranéens de la Tunisie dans le secteur de l’huile d’olive, tels que le Maroc, l’Algérie, l’Égypte et la Turquie.

Toutefois, cette exclusion ne constitue pas une exemption spécifique accordée à l’huile tunisienne. En réalité, la Tunisie dans son ensemble n’a pas été incluse parmi les 60 partenaires clés visés par les enquêtes américaines. Les produits tunisiens resteront donc soumis aux droits de douane ordinaires, mais pas à la nouvelle surtaxe introduite par l’administration Trump. Néanmoins, cette décision pourrait renforcer la compétitivité de l’huile tunisienne sur le marché américain par rapport aux produits issus de pays soumis aux nouvelles taxes.

Les États-Unis constituent déjà le troisième marché de destination pour l’huile d’olive tunisienne, après l’Espagne et l’Italie. Selon les dernières données de l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri), la Tunisie a exporté environ 327 400 tonnes d’huile d’olive entre novembre 2025 et mai 2026, générant des recettes supérieures à 1,2 milliard d’euros. Les États-Unis ont représenté 18,3 % des volumes totaux, une part qui atteint environ 24 % pour le segment de l’huile biologique.

Cet avantage tarifaire pourrait profiter aussi bien aux exportations tunisiennes d’huile conditionnée qu’aux ventes de produits en vrac destinés aux embouteilleurs et opérateurs internationaux.

Cependant, le statut de la Tunisie reste susceptible d’évoluer, Washington pouvant élargir le champ de ses enquêtes ou modifier la liste des pays concernés à l’avenir. Selon l’Onagri, l’Espagne, l’Italie et les États-Unis représentent respectivement 33,6 %, 19,5 % et 18,3 % des volumes d’exportation d’huile d’olive tunisienne.

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E-commerce : Bruxelles sommée d’agir sur les taxes surprises

28. Juli 2026 um 16:30

La Commission européenne est appelée à veiller à ce que les consommateurs ne soient pas confrontés à des frais imprévus lors de leurs achats en ligne pour couvrir les nouveaux droits de douane. C’est ce que rapporte le magazine Capital.

Il convient de rappeler que le 1er juillet, l’Union européenne a imposé une taxe de 3 euros sur les importations de commerce électronique de faible valeur. Lesquelles entraient jusqu’à récemment dans l’Union sans être soumises à des droits de douane.

De son côté, la BEUC, fédération représentant les organisations de consommateurs de 31 pays européens, estime que les consommateurs devraient connaître à l’avance le coût total de leur achat, y compris les frais de douane. L’organisation a constaté que, dans certains cas, ces frais n’apparaissent qu’aux dernières étapes du processus d’achat, voire pas du tout. Ce qui peut engendrer des dépenses supplémentaires imprévues.

L’eurodéputé néerlandais Dirk Gotink, rapporteur sur le dossier douanier au Parlement européen, a adressé le 7 juillet une lettre au commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, consultée par Reuters. Il y proteste contre cette pratique et souligne que le paiement des frais correspondants devrait incomber aux plateformes électroniques.

Pour sa part, un porte-parole de la Commission européenne a déclaré que, conformément à la loi, les entreprises sont responsables des formalités douanières. De même que les frais y afférents ne doivent pas être répercutés sur les consommateurs. Il a ajouté que la Commission suivait la situation de près.

A cet égard, les plateformes de commerce électronique chinoises Temu et AliExpress affichent les frais de douane au moment du paiement. AliExpress précisant qu’il s’agit d’estimations. Shein, en revanche, ne les affiche pas, mais indique prendre en charge tous les droits applicables et que ses prix incluent ces frais. De plus, certaines livraisons Shein sont effectuées depuis des entrepôts situés au sein de l’Union européenne et ne sont donc pas soumises à ces frais.

Cette nouvelle taxe a été instaurée, entre autres, pour limiter ce que l’Union européenne qualifie de « concurrence déloyale » de la part des détaillants en ligne. Mais elle permet aussi de faire face à la croissance explosive des colis de commerce électronique, qui ont atteint 5,8 milliards en 2025.

Dans ce contexte, notons que le cabinet de conseil néerlandais Rotate révèle que la capacité de fret aérien disponible entre la Chine et l’Europe a chuté de 18 % dans les 48 heures suivant l’entrée en vigueur de la nouvelle taxe. Toutefois, cette baisse s’est limitée à 14 % au cours de la première semaine complète d’application de la mesure.

La Belgique et la Hongrie, qui sont d’importantes portes d’entrée pour les importations de commerce électronique dans l’Union européenne, ont enregistré une baisse encore plus importante. Tandis qu’à l’inverse, la capacité de transport vers l’aéroport de Londres Stansted, dans un État non membre de l’UE, la Grande-Bretagne, a augmenté de 25 %.

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