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Tourisme : Le réveil de l’Algérie face à l’attentisme tunisien

23. Juli 2026 um 10:18

Pendant longtemps, le tourisme maghrébin semblait fonctionner selon une répartition presque naturelle des rôles. Le Maroc s’imposait comme une destination culturelle et haut de gamme, la Tunisie comme une puissance du tourisme balnéaire accessible, tandis que l’Algérie restait un géant touristique aux potentialités largement inexploitées. A Alger, on ambitionne de changer la donne.

Mais cette équation est en train d’évoluer. Alger affiche désormais une volonté claire de faire du tourisme un secteur stratégique. Une montée en puissance qui pose une question essentielle pour Tunis : l’Algérie représente-t-elle demain un nouveau concurrent capable de fragiliser certains acquis du tourisme tunisien ?

L’ambition algérienne est désormais assumée. Après des années où le tourisme occupait une place secondaire dans les politiques économiques, les autorités veulent changer d’échelle et transformer l’immense potentiel du pays en une véritable industrie touristique.

Le gouvernement algérien vise notamment l’objectif d’attirer jusqu’à 8 millions de touristes à travers un nouveau plan de développement couvrant la période 2026-2028. L’accent est mis sur la diversification de l’offre, le développement des infrastructures et la valorisation du Sahara, un territoire considéré comme l’un des principaux atouts du pays.

Un avantage difficilement comparable dans la région

L’Algérie possède en effet un avantage difficilement comparable dans la région : un territoire de plus de 2,3 millions de kilomètres carrés, un Sahara parmi les plus spectaculaires au monde, des sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO comme le Tassili n’Ajjer, un littoral méditerranéen encore peu exploité et un patrimoine historique riche. Pendant longtemps, cette richesse est restée davantage un potentiel qu’un produit touristique structuré.

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La question est donc moins de savoir si l’Algérie peut devenir une destination touristique que de savoir à quelle vitesse elle peut combler son retard.

Car aujourd’hui, l’écart reste important. La Tunisie dispose d’une avance historique considérable. Le pays a construit depuis les années 1970 une véritable industrie touristique, avec des stations balnéaires reconnues, un réseau hôtelier développé et une clientèle européenne fidélisée. En 2025, la Tunisie a franchi le seuil des 11 millions de visiteurs, dépassant son record historique d’avant la pandémie, avec des recettes touristiques qui ont dépassé les 8 milliards de dinars.

Mais cette réussite cache une vulnérabilité : le modèle tunisien reste encore fortement dépendant du tourisme balnéaire traditionnel. Or, le marché mondial évolue. Les voyageurs recherchent de plus en plus des expériences différentes : nature, culture, désert, patrimoine, tourisme durable. Des segments sur lesquels l’Algérie possède des arguments considérables.

La véritable bataille se situe sur les marchés futurs

Le danger pour la Tunisie n’est donc pas nécessairement de voir demain les touristes allemands, français ou britanniques abandonner Hammamet, Sousse ou Djerba pour Alger ou Tamanrasset. La véritable bataille se situe sur les marchés futurs. Les nouvelles générations de voyageurs seront-elles toujours attirées par le même modèle touristique basé essentiellement sur la mer et les hôtels-clubs ? Ou chercheront-elles davantage des destinations authentiques capables de raconter une histoire ?

C’est précisément sur ce terrain que l’Algérie pourrait progressivement changer la donne.

Le développement du tourisme saharien algérien pourrait notamment constituer un nouveau produit concurrentiel. Aujourd’hui, le Sahara tunisien reste une destination reconnue, notamment autour de Tozeur, Douz ou Tataouine, mais l’Algérie dispose d’une profondeur territoriale et paysagère beaucoup plus importante. Si Alger réussit à améliorer l’accessibilité, la promotion internationale et la qualité des services, elle pourrait attirer une clientèle internationale à la recherche d’expériences rares.

Quid des visiteurs algériens eux-mêmes ?

La relation touristique entre les deux pays pourrait également évoluer sur un autre terrain : celui des visiteurs algériens eux-mêmes. Les touristes algériens représentent un marché essentiel pour la Tunisie. Ils constituent depuis plusieurs années l’une des premières clientèles étrangères du pays, avec plusieurs millions d’entrées annuelles. Cette proximité géographique, culturelle et familiale constitue un avantage majeur pour Tunis. Mais à long terme, une Algérie qui développe davantage son tourisme intérieur pourrait encourager une partie de sa population à découvrir davantage ses propres régions touristiques plutôt qu’à voyager systématiquement à l’étranger.

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Cette évolution ne signifie pas forcément une perte brutale pour la Tunisie. Les liens entre les deux pays restent extrêmement forts et la Tunisie bénéficie d’une expérience touristique difficile à reproduire rapidement. Mais elle pose une question stratégique : la Tunisie peut-elle continuer à compter uniquement sur ses acquis alors que ses voisins investissent dans de nouveaux modèles ?

Le Maroc, une stratégie de montée en gamme

Le Maroc a déjà engagé depuis plusieurs années une stratégie de montée en gamme et de promotion internationale agressive, notamment avec les grands événements sportifs à venir. L’Algérie, elle, semble vouloir désormais entrer dans cette compétition régionale. La Tunisie se retrouve donc face à un double défi : conserver son avantage historique tout en réinventant son offre.

L’enjeu n’est pas seulement de défendre le nombre actuel d’arrivées touristiques, mais de préparer les marchés des dix prochaines années. Une destination touristique ne perd pas forcément ses visiteurs du jour au lendemain ; elle peut progressivement perdre son attractivité si elle cesse d’innover, de se renouveler et de répondre aux nouvelles attentes des voyageurs.

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L’accélération algérienne doit donc être perçue comme un signal d’alerte pour la Tunisie. Non pas parce que l’Algérie menace immédiatement son tourisme, mais parce qu’elle rappelle une réalité : dans un secteur devenu mondial et extrêmement concurrentiel, les positions acquises ne sont jamais définitivement garanties. Le prochain combat touristique du Maghreb ne se jouera peut-être plus seulement sur les plages, mais sur la capacité de chaque pays à proposer une expérience unique.

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Visas France/Algérie : le gouvernement tente d’éteindre la polémique

20. Juli 2026 um 09:01
L’ambassadeur de France en Algérie a annoncé la volonté de Paris de rétablir le volume initial de délivrance de visas aux citoyens algériens. Le gouvernement se mue en pompier de service. En bref L’ambassadeur de France en Algérie a évoqué…

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Algérie | Le journaliste Mustapha Benfodil interdit de sortie de territoire

19. Juli 2026 um 11:12

L’interdiction de sortie du territoire national (ISTN) imposée au journaliste et écrivain algérien Mustapha Benfodil dépasse désormais le cadre d’une affaire individuelle. Elle pose une nouvelle fois la question de l’état des libertés publiques en Algérie et, plus largement, dans un Maghreb où les espaces d’expression et de circulation des voix critiques connaissent des restrictions croissantes.

Djamal Guettala 

Journaliste au quotidien El Watan, écrivain et dramaturge reconnu, Mustapha Benfodil a annoncé avoir été empêché de quitter le territoire alors qu’il devait se rendre en France, notamment à Marseille, dans le cadre d’engagements professionnels et culturels.

Cette interdiction intervient alors que son parcours est étroitement lié aux échanges culturels entre les deux rives de la Méditerranée.

Auteur de romans, de pièces de théâtre et de textes engagés, il a vu ses œuvres circuler dans plusieurs espaces culturels internationaux, notamment sur les scènes théâtrales françaises. Son travail de dramaturge l’a conduit jusqu’au Festival Off d’Avignon, où sa pièce ‘‘End/Igné’’, mise en scène par Kheireddine Lardjam, avait été présentée, confirmant la place de son écriture dans le paysage théâtral contemporain.

Voyage professionnel transformé en obstacle administratif

L’affaire prend une dimension particulière puisque l’ISTN intervient dans le cadre d’un déplacement lié à une activité culturelle et professionnelle, et non d’un simple voyage personnel.

Empêcher un journaliste et un écrivain de circuler librement soulève des interrogations fondamentales : comment un professionnel de l’information et de la création peut-il exercer pleinement son rôle lorsque sa mobilité est entravée ?

La liberté de circulation est un droit essentiel. Lorsqu’elle concerne des figures engagées dans le débat public, les restrictions administratives deviennent nécessairement une question de libertés fondamentales et de transparence institutionnelle.

Les réactions de l’écrivain et journaliste Hmida Ayachi ainsi que d’Arezki Metref témoignent d’une inquiétude largement partagée dans les milieux culturels algériens.

Au-delà du cas personnel de Mustapha Benfodil, c’est la place du journaliste, de l’écrivain et de l’intellectuel critique qui est interrogée. La littérature et le journalisme ont toujours constitué des espaces où les sociétés questionnent leurs propres contradictions. Les limiter revient à fragiliser un débat public déjà sous tension.

Pour ses soutiens, l’affaire rappelle que la liberté d’expression ne peut être dissociée de la liberté de mouvement. Un journaliste empêché de voyager est aussi un journaliste dont les possibilités de rencontres, d’échanges et de couverture internationale sont réduites.

Un signal inquiétant dans le paysage politique maghrébin

Cette affaire intervient dans un contexte régional marqué par des tensions autour des libertés publiques. En Algérie comme dans d’autres pays du Maghreb, des journalistes, écrivains et militants de la société civile ont régulièrement alerté sur les pressions exercées sur les voix indépendantes.

Les situations nationales sont différentes, mais une même interrogation traverse la région : quelle place reste-t-il pour la critique, la création et le pluralisme lorsque les mécanismes administratifs deviennent des instruments de restriction ?

La liberté de la presse ne se limite pas à l’existence de médias. Elle suppose aussi que les journalistes puissent enquêter, voyager, participer à des rencontres professionnelles et dialoguer avec leurs confrères à l’étranger.

Avec cette ISTN, Mustapha Benfodil devient malgré lui le symbole d’une inquiétude plus large. Celle d’une génération de journalistes et d’écrivains attachés à défendre un espace public ouvert, où la création et la pensée critique peuvent circuler librement.

Son cas rappelle une évidence : la culture ne connaît pas de frontières. Mais lorsque les frontières deviennent des barrières pour les créateurs et les journalistes, c’est toute une société qui voit son horizon se rétrécir.

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Black-out historique en Tunisie : une nuit de chaleur, d’angoisse et de colère

15. Juli 2026 um 10:32
Une nuit étouffante, des villes entières plongées dans le noir, des ascenseurs immobilisés, des habitants sans information et des secours sollicités en urgence. Dans la nuit du mardi 14 au mercredi 15 juillet 2026, la Tunisie a connu l’une des…

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Sécurité aux frontières : Tunis, Tripoli et Alger resserrent la coordination

16. Juni 2026 um 14:34

Face à la persistance des réseaux de contrebande, des filières de migration irrégulière et des menaces terroristes dans l’espace saharo-maghrébin, la Tunisie, la Libye et l’Algérie poursuivent le renforcement de leur coopération sécuritaire. Réunis mardi 16 juin 2026 à Tripoli, les responsables des trois pays ont tenu la deuxième réunion du groupe de travail tripartite...

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