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TRIBUNE – Phosphates tunisiens : de la rente minière à la souveraineté des standards

12. August 2026 um 15:38

Dans la nouvelle géoéconomie des minerais critiques, la Tunisie ne peut plus se contenter de posséder la ressource : elle doit maîtriser la transformation, la traçabilité, la certification et les normes qui déterminent sa valeur.

 

 

L’annonce récente d’une initiative américaine allouant une enveloppe de 1,5 million de dollars au secteur des phosphates tunisiens constitue bien plus qu’une simple assistance technique : c’est un signal géoéconomique majeur. Alors que le débat national sur le redressement de la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG) et du Groupe Chimique Tunisien (GCT) reste trop souvent confiné à une grille de lecture industrielle du siècle dernier (volume d’extraction, logistique ferroviaire et équilibres de trésorerie), cet intérêt international rappelle une réalité stratégique fondamentale. Dans la nouvelle géopolitique des ressources, le centre de gravité de la valeur s’est déplacé de la simple extraction brute vers la maîtrise des normes, de la traçabilité et des certifications.

Ce montant de 1,5 million de dollars, modeste à l’échelle des investissements lourds de la mine, est en réalité considérable à l’échelle de l’ingénierie, du cadrage normatif et de la donnée. Il démontre que la bataille ne se joue plus seulement sur le terrain des infrastructures physiques, mais sur celui de l’architecture immatérielle.

Après avoir plaidé pour que la Tunisie devienne un tiers de confiance des flux d’énergie, de données et de capitaux sur l’axe euro-africain, il convient d’aborder la question sous un angle plus fondamental : notre pays est-il en mesure de devenir un tiers de référence dans la définition de la valeur de ses propres ressources stratégiques ?

 

La bataille invisible des normes, données et certifications

L’histoire économique moderne montre que la possession d’une ressource naturelle ne garantit ni la richesse ni l’indépendance d’une nation. De la rente pétrolière aux métaux rares, les pays exportateurs qui sont restés de simples extracteurs sont demeurés vulnérables aux volatilités des cours et aux prescriptions des marchés acheteurs.

Aujourd’hui, la valeur marchande d’une tonne de minerai ne dépend plus uniquement de sa teneur chimique à l’état brut. Elle est désormais conditionnée par une couche d’informations immatérielles :

– La traçabilité et le bilan carbone : l’empreinte environnementale des processus d’extraction et de transformation chimique.

– La conformité environnementale et sociale : le respect des normes de gouvernance, de gestion des ressources en eau et d’impact territorial.

– Les exigences réglementaires internationales : l’alignement sur les standards européens et globaux, à l’instar du Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) ou des certifications sur les taux de cadmium et de polluants.

Ceux qui rédigent ces cahiers des charges et délivrent les certifications contrôlent le marché. Si la Tunisie s’exclut de la fabrique des normes, elle prend le risque de subir des standards définis par d’autres, réduisant ses marges de négociation et la reléguant au rang d’exécutant dans les chaînes de valeur mondiales.

 

Une opportunité stratégique à saisir sans posture victimaire

L’attention portée par des partenaires internationaux (qu’il s’agisse des agences américaines, des institutions européennes ou des acteurs asiatiques) au cadre normatif et technique du secteur minier tunisien ne doit pas être analysée à travers le prisme d’une confrontation stérile. Il s’agit au contraire d’une opportunité d’accélération.

L’enjeu pour la Tunisie n’est pas de refuser les standards internationaux, mais d’être en capacité de les co-construire, d’en maîtriser la souveraineté technique et de devenir le centre de certification régional. L’intérêt stratégique des grandes puissances pour notre minerai prouve la centralité de notre actif. À nous de transformer cette attractivité en un levier d’exigence institutionnelle.

 

Du « Software tunisien » à la gouvernance de la donnée minière

C’est ici que prend tout son sens le concept de « Tunisie Software » : la souveraineté du XXIᵉ siècle ne réside pas seulement dans la possession des tuyaux, des câbles, des infrastructures de transport ou des gisements. Elle repose sur la maîtrise de la couche immatérielle – les règles, les données, le capital d’ingénierie et l’intelligence décisionnelle – qui confère la confiance et l’accès au marché.

Pour le secteur des phosphates, la déclinaison de cette doctrine impose une transformation profonde :

– Construire une infrastructure de données et de traçabilité : digitaliser l’ensemble de la chaîne de valeur du bassin minier jusqu’à la transformation industrielle pour garantir une traçabilité irréprochable des flux de matière, des consommations d’eau et d’énergie.

– Développer un pôle national de certification et de R&D : créer un laboratoire national d’excellence, adossé à nos universités et nos ingénieurs, capable d’imposer des standards de qualité, de cadmium-free et de valorisation des sous-produits (à l’instar des terres rares ou du gypse) reconnus au niveau mondial.

– Intégrer le capital d’exécution et l’expertise locale : mobiliser les compétences de nos ingénieurs, chimistes, cadres financiers et chercheurs (au pays comme au sein de la diaspora) pour piloter les négociations normatives et moderniser l’outil industriel.

 

Ce que la Tunisie doit négocier et structurer

Pour que la relance des phosphates s’inscrive durablement dans le Plan de développement 2026-2030 et contribue au redressement de nos équilibres extérieurs, la puissance publique doit acter trois priorités d’action :

 

  1. Garantir la souveraineté normative : tout partenariat d’assistance technique ou d’investissement direct doit intégrer le transfert de technologie et le renforcement des capacités des organismes nationaux de normalisation pour que la propriété des données et des certifications reste basée en Tunisie.

 

  1. Monter en gamme dans la chaîne de valeur : réduire progressivement la part des exportations de phosphate brut au profit de produits dérivés à haute valeur ajoutée, décarbonés et certifiés, répondant aux exigences les plus strictes des marchés mondiaux.

 

  1. Instaurer un modèle d’intégration territoriale et sociale : remplacer le modèle de compensation financière par une intégration économique réelle du bassin minier via des investissements dans le dessalement de l’eau de mer, les énergies renouvelables et la transition écologique des sites de production.

 

La souveraineté du XXIᵉ siècle ne consiste plus seulement à posséder les ressources ; elle consiste à maîtriser les règles qui leur donnent leur valeur. En passant de la logique de la simple rente minière à celle d’une souveraineté des standards, la Tunisie prouvera qu’elle n’est pas un simple réservoir de matières premières, mais un acteur capable de définir et de garantir la confiance au cœur de la nouvelle géoéconomie industrielle.

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Engrais: Tunisiens et Indiens discutent de la relance de la société TIFERT

04. August 2026 um 15:40

Des responsables du Groupe chimique tunisien (GCT) et leurs partenaires indiens ont réaffirmé leur engagement à relancer les activités de la Société tuniso-indienne des engrais (TIFERT), confrontée depuis plusieurs années à d’importantes difficultés techniques et financières.

Une réunion de travail s’est tenue, mardi 4 août au siège du GCT à Tunis, sous la présidence de son PDG, Omar Bouzouada, également à la tête de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), en présence de l’ambassadrice de l’Inde en Tunisie, Dr. Devyani Uttam Khobragade, de représentants du GCT, de la CPG ainsi que des partenaires indiens.

Lire aussi: La CPG suspend le transport de phosphate vers TIFERT

Un programme de reprise des activités de TIFERT a été examiné à cette occasion. Il comprend des mesures techniques, financières et organisationnelles destinées à permettre un retour progressif à un rythme normal de production. Les participants ont souligné, à cet effet, la nécessité d’une mobilisation conjointe de l’ensemble des partenaires tunisiens et indiens afin d’assurer la pérennité de l’entreprise.

La réunion intervient, selon un communiqué du CPG, dans un contexte marqué par les difficultés financières et opérationnelles auxquelles TIFERT est confrontée depuis plusieurs années, ayant entraîné un ralentissement de la production et fragilisé la continuité de ses activités sous l’effet de l’accumulation des contraintes financières et de l’alourdissement des engagements de la société.

Lire également : Tunisie – La TIFERT pourrait reprendre ses activités

Les concertations ont porté sur les moyens de restructurer la situation financière de l’entreprise, de mobiliser les ressources nécessaires à la reprise de la production et de préserver les emplois. Il s’agit aussi d’assurer la viabilité de cette unité industrielle stratégique, considérée comme un symbole du partenariat économique entre la Tunisie et l’Inde dans la valorisation du phosphate et la production d’acide phosphorique destiné principalement à l’exportation vers le marché indien.

L’initiative s’inscrit, selon la même source, dans le cadre des efforts déployés par les autorités tunisiennes pour préserver les entreprises industrielles stratégiques, renforcer la valeur ajoutée du secteur phosphatier et soutenir l’économie nationale, alors que le pays cherche à accroître sa production et à améliorer les performances de ses entreprises publiques et à participation mixte.

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CPG: L’ARP approuve un prêt de 110 millions d’euros

29. Juli 2026 um 09:32
L’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a adopté, mardi, un projet de loi approuvant l’accord de garantie conclu entre la Tunisie et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), ouvrant la voie à un prêt de 110 millions d’euros en faveur de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG). Adopté par 58 […]

Tunisie | Prêt de la Berd pour relancer le secteur du phosphate

29. Juli 2026 um 12:06

Vue de Carthage et de la Kasbah, la coupole du Bardo, siège de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), ne sert plus qu’à adopter les accords de prêts contractés par le gouvernement. Pour ce qu’elle coûte aux contribuables, au moins, elle sert à quelque chose, dirait l’autre : donner un semblant de vernis démocratique à des décisions régaliennes imposées par le pouvoir exécutif. Cela s’appelle une démocratie représentative… en trompe l’œil.

Pour ne pas déroger à une habitude bien installée dans leurs mœurs, les députés ont approuvé, mardi 28 juillet 2026, le projet de loi autorisant une garantie de l’État pour un prêt de 110 millions d’euros de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) à la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) pour relancer le secteur du phosphate, qui a perdu une grande partie de son poids dans l’économie nationale au cours des quinze dernières années. Le projet a été adopté par 58 voix pour, 9 abstentions et 13 voix contre.

Ce prêt est destiné à financer un programme global de modernisation des opérations minières et d’amélioration de la performance environnementale.

Lors de la séance plénière au Palais du Bardo, présidée par Ibrahim Bouderbala, le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a exposé les détails du programme d’investissement, soulignant que «le financement permettra l’acquisition de nouveaux équipements miniers et la construction de l’usine Capsa», une unité de pointe dédiée au traitement des eaux usées par filtration à haute pression.

Ce prêt s’accompagne d’une subvention d’assistance technique de 7 millions d’euros ; le remboursement est échelonné sur 10 ans, incluant une période de grâce de 3 ans.

Selon le ministre, ce plan devrait accroître la capacité d’extraction de la CPG d’environ 30 %, tout en améliorant la qualité et la continuité de la production. Un volet important du projet porte sur la durabilité environnementale : le nouveau système permettra de porter le taux de réutilisation des eaux industrielles de 60 % à 90 %, réduisant ainsi la dépendance aux ressources en eaux souterraines dans un contexte de pénurie d’eau croissante.

Dans son intervention, M. Abdelhafidh a relevé que «la contribution du secteur des phosphates au produit intérieur brut (PIB) de la Tunisie a chuté, passant d’environ 4 % à 0,8 %», illustrant la gravité de la crise qui frappe l’une des sources historiques majeures d’exportation et de devises du pays. Le ministre a attribué ce recul à la vétusté des installations, aux difficultés d’approvisionnement en eau, à la situation financière précaire des entreprises publiques, dont la CPG, ainsi qu’à des problèmes structurels accumulés au fil du temps.

Le gouvernement, a-t-il expliqué, considère le recours à l’emprunt pour financer des investissements productifs comme un «choix nécessaire pour soutenir la croissance économique, l’emploi et la compétitivité». Et de souligner que le ratio de la dette publique tunisienne par rapport au PIB se maintient autour de 82 %, affirmant que «seule une augmentation de la production et du taux de croissance permettra une réduction progressive de ce fardeau»
L’un des moments forts du débat a porté sur la future structure industrielle de la chaîne de valeur du phosphate en Tunisie. Le ministre a confirmé la volonté du gouvernement de «préserver le caractère public des entreprises stratégiques du secteur», excluant toute privatisation. Il a également annoncé la nomination d’un PDG commun pour la CPG et le Groupe chimique tunisien (GCT) ; cette mesure vise à renforcer la coordination opérationnelle et pourrait, à terme, conduire à la fusion des deux entités, considérées comme complémentaires au sein d’une même chaîne industrielle.

Toutefois, de nombreux députés ont exprimé des réserves quant à la gestion du secteur, réclamant «davantage de transparence» sur les causes de la baisse de la production, la situation de l4endettement de la CPG et le rendement réel des financements garantis par l’État.

Plusieurs intervenants ont également plaidé pour une refonte globale de la gouvernance des entreprises publiques, la modernisation des infrastructures de transport du minerai, l’élaboration d’une stratégie sectorielle à long terme et des garanties renforcées concernant le respect des normes environnementales — en particulier dans la région de Gabès, qui pâtit depuis longtemps de la pollution liée à l’industrie des engrais.

L’approbation de ce prêt s’inscrit dans la stratégie plus large du gouvernement tunisien visant à relancer un secteur jugé vital pour la balance commerciale nationale. L’objectif affiché est de rétablir progressivement les capacités de production, de stimuler les exportations et de renforcer la contribution de l’industrie du phosphate à la croissance économique, grâce à des investissements dans les technologies d’extraction, la durabilité environnementale et la restructuration de la gouvernance des principales entreprises publiques du secteur.

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ARP : feu vert à une garantie de 110 millions d’euros pour la CPG, les débats se poursuivent

29. Juli 2026 um 10:32

L’Assemblée des représentants du peuple a levé, mardi soir, sa séance plénière, avant une reprise attendue ce mercredi matin pour poursuivre l’examen des projets de loi inscrits à l’ordre du jour. 

Au cours de cette séance, tenue en présence du ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, les députés ont adopté le projet de loi n°49 de 2026 approuvant une convention de garantie conclue entre la Tunisie et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Cette garantie porte sur un financement de 110 millions d’euros en faveur de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), auquel s’ajoute une subvention de 7 millions d’euros accordée par la BERD.

Ce financement permettra l’acquisition d’équipements miniers modernes, la modernisation du transport du phosphate ainsi que l’installation d’une unité de filtration à haute pression destinée au traitement des eaux usées. Le texte a été adopté par 58 voix pour, 13 contre et neuf abstentions.

Les députés ont ensuite entamé l’examen du projet de loi n°50 de 2026, relatif à une convention de garantie conclue avec la Société islamique internationale de financement du commerce (ITFC). Cet accord porte sur une opération de mourabaha de 70 millions de dollars destinée au Groupe chimique tunisien (GCT) afin de financer l’importation des matières premières nécessaires à ses activités.

La séance a ensuite enchaîné avec l’examen du projet de loi n°51 de 2026, portant sur une convention de garantie entre la Tunisie et une institution islamique de financement du commerce, liée à un accord de murabaha au bénéfice du Groupe chimique pour importer des engrais et des matières premières. Les textes 49 à 52 de 2026 figurent parmi les projets jugés urgents par le Parlement.

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Vers une fusion entre le Groupe chimique tunisien et la CPG ? L’État prépare une refonte de la filière phosphate

29. Juli 2026 um 07:15

Le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a indiqué qu’une fusion entre la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) et le Groupe chimique tunisien (GCT) était envisagée dans le cadre d’une vision de réforme déjà amorcée par la nomination d’un président-directeur général commun aux deux entreprises publiques.

Cette déclaration a été faite mardi devant l’Assemblée des représentants du peuple, lors de l’examen d’un accord de prêt de 110 millions d’euros accordé par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), accompagné d’une subvention de 7 millions d’euros destinée à financer des investissements au profit de la CPG.

Une gouvernance déjà unifiée

Le processus de rapprochement entre les deux sociétés a été engagé avec la publication du décret n°79 du 1er juin 2026, qui a nommé Omar Bouzouada à la tête de la CPG et du GCT. Cette gouvernance unifiée est perçue comme la première étape d’une intégration plus poussée de l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’extraction du phosphate jusqu’à sa transformation industrielle.

Sans confirmer officiellement une fusion juridique, le ministre a laissé entendre que cette option faisait partie des scénarios étudiés pour améliorer l’efficacité et la compétitivité du secteur.

Un secteur stratégique qui a perdu de son poids

Lors de son intervention, Samir Abdelhafidh a réaffirmé que le phosphate demeure un secteur souverain pour la Tunisie et que le choix politique du gouvernement est de préserver les entreprises publiques tout en relançant leur activité.

Le ministre a rappelé l’ampleur du recul enregistré depuis 2011. Alors que le phosphate représentait auparavant environ 4 % du produit intérieur brut et entre 9 % et 12 % des exportations tunisiennes, sa contribution est aujourd’hui tombée à seulement 0,5 % du PIB et près de 3 % des exportations. Cette chute est attribuée à une combinaison de perturbations sociales, de difficultés logistiques, d’un sous-investissement prolongé et d’une baisse des capacités de production.

Une relance fondée sur les investissements

La restructuration de la filière s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation. Le prêt de 110 millions d’euros de la BERD financera notamment le renouvellement des équipements miniers, l’acquisition de nouveaux matériels d’exploitation ainsi que la mise en place d’installations de filtration permettant de réutiliser jusqu’à 90 % des eaux industrielles utilisées dans les opérations minières. Les autorités estiment également que ces investissements pourraient accroître la capacité d’extraction d’environ 30 %.

Lire aussi : Tunisie : Le phosphate vise 9,4 millions de tonnes en 2035, après une décennie de panne

Parallèlement, le GCT bénéficie d’un financement distinct de 120 millions de dollars destiné à sécuriser son approvisionnement en phosphate et à moderniser ses installations industrielles, portant à près de 230 millions d’euros et de dollars les financements internationaux récemment mobilisés pour la filière.

Un plan de relance à long terme

Au-delà des financements en cours, les responsables de la CPG et du GCT ont présenté en juin une stratégie intégrée visant à porter la production de phosphate marchand à 9,4 millions de tonnes à l’horizon 2035 grâce à un programme d’investissements évalué à 2,7 milliards de dinars. Cette feuille de route prévoit une meilleure coordination entre l’extraction, le transport et la transformation afin de restaurer la compétitivité internationale du phosphate tunisien.

Cette ambition s’inscrit également dans les objectifs du plan national de développement 2026-2030, qui fait de la relance du phosphate l’un des leviers de la croissance économique et des exportations.

La possible fusion entre la CPG et le GCT constituerait ainsi un tournant majeur dans l’organisation de l’une des principales filières industrielles du pays, avec l’objectif affiché de retrouver progressivement le rôle moteur qu’elle occupait autrefois dans l’économie tunisienne.

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Phosphates : Un plan de modernisation de 110 millions d’euros pour relancer la production de la CPG

28. Juli 2026 um 19:11

L’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a adopté, mardi, avec 58 voix pour, 13 voix contre et 9 abstentions, un projet de loi portant approbation de l’accord de garantie, conclu entre la République tunisienne et la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD), le 3 novembre 2025 au profit de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG). Ce financement, composé d’un crédit de 110 millions d’euros (l’équivalent de 371 millions de dinars) et d’un don de 7 millions d’euros, vise à moderniser les équipements de la compagnie, renforcer ses capacités de production et améliorer ses performances environnementales.

Un programme pour renouveler les équipements miniers

Le projet prévoit l’acquisition de nouveaux équipements destinés aux activités d’extraction et de transport du phosphate, notamment des engins modernes de forage et des moyens logistiques adaptés aux besoins de la CPG.

Lire aussi : Tunisie : Le phosphate vise 9,4 millions de tonnes en 2035, après une décennie de panne

L’objectif est d’augmenter les capacités opérationnelles de la compagnie et de permettre une reprise durable de la production nationale de phosphate, un secteur stratégique pour l’économie tunisienne.

Un volet environnemental au cœur du projet

Le financement de la BERD prévoit également l’installation d’une unité de filtration à haute pression destinée au traitement et à la réutilisation des eaux usées.

Cette composante environnementale doit permettre de réduire la consommation des ressources hydriques souterraines, d’améliorer la gestion des rejets industriels et d’inscrire l’activité de la CPG dans une démarche conforme aux exigences de la transition verte.

La relance d’un secteur stratégique

Accordé directement à la CPG avec la garantie de l’État tunisien, le crédit sera remboursé sur une période de 10 ans, dont trois années de grâce, tandis que la durée d’exécution du projet est fixée à trois ans.

Lire aussi : Phosphates : Omar Bouzouada prend les commandes de la CPG et du GCT

À travers cet investissement, les autorités ambitionnent de restaurer la compétitivité de la compagnie, d’améliorer sa gouvernance et de renforcer son attractivité auprès des investisseurs. La reprise du secteur des phosphates devrait également contribuer à accroître les exportations, générer davantage de recettes en devises et soutenir les finances publiques.

Un défi majeur pour retrouver la place historique du phosphate tunisien

La modernisation de la CPG intervient dans un contexte marqué par le recul de la production de phosphate au cours des dernières années. La compagnie, longtemps considérée comme l’un des principaux moteurs économiques du pays, doit désormais relever le défi de la productivité, de la stabilité sociale et de la modernisation industrielle afin de retrouver une place compétitive sur les marchés internationaux.

En juin dernier, un plan d’investissement estimé à près de 2,7 milliards de dinars avait été présenté jeudi devant la Commission des finances et du budget du Conseil national des régions et des districts, alors que la CPG et le GCT restent confrontés à des difficultés financières, logistiques et industrielles persistantes. L’objectif est d’autant plus ambitieux que la production moyenne de phosphates de la dernière décennie n’a pas dépassé 3,2 à 3,4 millions de tonnes par an, très loin des niveaux d’avant 2011 lorsque la production atteignait environ 8,2 millions de tonnes par an.

La production de phosphate devrait atteindre environ 4,5 millions de tonnes en 2026. Toutefois, plusieurs contraintes continuent de peser sur l’activité, notamment les difficultés de transport et l’insuffisance des ressources en eau utilisées pour le lavage du phosphate.

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ARP: près de 750 millions de dinars approuvés pour relancer la CPG et le GCT

23. Juli 2026 um 15:00

Le secteur tunisien des phosphates franchit une nouvelle étape dans son plan de redressement. La Commission des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a approuvé trois projets de loi autorisant l’État à garantir des financements internationaux destinés à la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) et au Groupe chimique tunisien (GCT), selon une dépêche de l’agence TAP.

L’opération représente près de 750 millions de dinars. Elle comprend un prêt de 110 millions d’euros accordé par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) à la CPG, ainsi que deux financements totalisant 120 millions de dollars mobilisés auprès de la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC) au profit du GCT.

Pour la CPG, ces ressources serviront à moderniser les installations de production. Le programme prévoit le renouvellement d’une partie du matériel d’extraction, l’installation de nouvelles unités de filtration et la mise à niveau de plusieurs équipements afin d’améliorer les performances industrielles et de réduire les coûts d’exploitation.

Le financement couvre également le projet CAPSA, une unité de traitement des eaux industrielles. Son objectif est de porter le taux de réutilisation des eaux usées de 60 % à plus de 90 %. Dans le bassin minier, où les ressources en eau sont limitées, cette amélioration doit permettre de diminuer la consommation d’eau liée aux activités minières.

Le GCT utilisera, de son côté, les financements de l’ITFC pour acheter du soufre et de l’ammoniac, deux matières premières indispensables à la fabrication des engrais. L’objectif est de sécuriser les approvisionnements, dans un contexte marqué par la volatilité des prix internationaux, et d’assurer la continuité de la production.

Selon le ministère de l’Industrie, ces financements s’inscrivent dans le programme de réforme du secteur des phosphates. Les investissements prévus devraient permettre à la CPG d’augmenter sa capacité d’extraction d’environ 30 % au cours des prochaines années.

Longtemps considéré comme l’un des moteurs des exportations tunisiennes, le secteur des phosphates a vu sa production reculer ces dernières années sous l’effet de difficultés sociales, logistiques et d’un sous-investissement des infrastructures. La remise à niveau des équipements et la sécurisation de l’approvisionnement des unités de transformation constituent donc deux leviers essentiels pour retrouver un rythme de production plus stable.

Après l’approbation de la commission parlementaire, la concrétisation de ces investissements dépendra désormais de leur mise en œuvre sur le terrain et de leur capacité à produire les résultats attendus sur la production et les exportations.

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