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Le David perse contre le Goliath sioniste

02. April 2026 um 15:13

Un récit biblique rapporte l’histoire du combat entre David le juif et le Goliath philistin, un géant, qui avait massacré l’armée d’Israël. C’est bien sûr David qui remporta le combat, grâce à un lance-pierre et un caillou qui frappa le géant entre les yeux et qui le tua, permettant à David de le décapiter avec l’épée du mécréant. Les Philistins, selon certaines sources, habitaient Gaza. Mais toute ressemblance avec les Palestiniens n’est qu’un pur hasard. Bien sûr il ne s’agit que d’un mythe, dont le message est clair. La force de la foi est supérieure à toutes les armes aussi sophistiquées soient-t-elles. 

Mais voilà que ce mythe fondateur du sionisme se retourne contre ses créateurs. Après plus d’un mois de bombardements massifs qui dépassent la puissance des bombardements effectués lors de la seconde guerre mondiale, selon un général (à la retraite) français, sur un média pro sioniste, l’Iran, cette ancienne Perse, non seulement continue de résister, mais augmente en puissance ses attaques contre les intérêts américains et sionistes. Et notamment en Israël en provoquant des morts et des dégâts matériels jamais prévus par les agresseurs, selon tous les analystes.

Contrairement à ce que raconte l’histoire, le Goliath n’est ici que la coalition américano-sioniste et le David n’est que l’armée iranienne (ou perse).

Ormuz, quand tu nous tiens…

Quant au caillou, ce n’est pas comme on peut le croire, les missiles supersoniques, quoiqu’ils y soient pour quelque chose dans le cessez-le-feu annoncé par Donald Trump, mais c’est la fermeture aux bateaux ennemis de l’Iran, du détroit d’Ormuz. C’est le caillou qui a été enfoncé dans le front de la coalition américano-sioniste et particulièrement entre les yeux de Donald Trump.

D’ailleurs le mot Ormuz provient du mot persan Hermez, qui n’est que le nom d’un des rois qui avaient régné sur la Perse dans l’Antiquité. En contrôlant totalement le détroit et en empêchant les bateaux considérés comme ennemis d’y passer, l’Iran a non seulement augmenté ses exportations de pétrole essentiellement vers la Chine, mais a du coup étranglé l’économie mondiale, contrôle par les USA. Puisque plus de 90 % du pétrole mondial transite par Ormuz.

Il faut reconnaître que les Iraniens n’ont pas seulement du pétrole, mais aussi des idées ! Tous les stratèges et analystes s’accordent à dire que les conséquences d’un tel acte sont catastrophiques pour les économies occidentales, en général, mais aussi pour l’économie américaine elle-même. Tout se passe comme si le géant américain, en soulevant la pierre iranienne, l’a laissée retomber sur ses pieds. Car comme l’a avoué le Président américain, dans une de ses envolées lyriques, c’est le contrôle du pétrole iranien qui est l’objectif ultime de cette guerre. Et mêmes ceux qui l’ont déclenchée ne lui ont pas fixé des objectifs politiques, buts suprêmes de toute guerre, depuis la naissance de l’humanité.

Avec le contrôle d’Ormuz, l’Iran vient d’utiliser l’arme fatale. Celle qui peut toucher des milliards de citoyens à travers le monde et particulièrement les Etats pétroliers du Moyen-Orient. Celle qui fait aussi le bonheur de la Russie qui voit son pétrole jadis interdit, à cause de sa guerre en Ukraine, inonder les marchés européens et en plus à des prix jamais espérés.

C’est le même Trump qui a annoncé la fin de l’embargo sur le pétrole russe. Que les USA soient le pays qui a les plus grandes réserves d’or noir ne changera rien à la donne. Car les prix des autres matières premières s’envolent aussi et l’inflation bat un record aux USA mêmes. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la promesse d’une Amérique plus riche et plus puissante, faite par Donald Trump lors de sa campagne électorale, vole en éclat. Et ceci, quelle que soit l’issue de cette guerre. La base électorale de Trump chancelle et risque de se retourner contre lui, pas seulement, il est vrai, à cause de la crise énergétique; mais aussi à cause de la question de l’augmentation des droits de douanes qui ont fait grimper tous les produits importés. Or, sans cette base électorale, Trump risque de s’affaiblir gravement et d’une façon irrévocable. Ce qui explique son désarroi et le fait qu’il annonce la chose et son contraire. Tout laisse à penser que cette guerre risque de se retourner contre son déclencheur, la coalition USA-Israël.

La menace d’un débarquement massif des troupes US pour « libérer » le détroit, semble être uniquement faite pour obliger les Iraniens à reculer et à leur faire peur. Cependant, ces derniers ne semblent pas avoir peur, car cette guerre impérialiste a les ressoudés autour du régime actuel, du moins pour le moment. La question démocratique ne peut être que le fruit d’un processus interne et ne peut être imposée à coup de bombes ou de missiles. Surtout provenant de l’ennemi historique et héréditaire des Iraniens en particulier et des musulmans en général. Les assassinats de leurs chefs religieux et militaires ne peuvent que renforcer la popularité des Gardiens de la révolution.

Ainsi, la question nationale, comme pour tous les peuples de la région et du monde arabo-musulman, prime sur la question démocratique. Dans la guerre contre l’Irak de Saddam Hussein qui a duré sept ans, les jeunes pasdarans de l’époque, marchaient sur les mines avec autour du cou les clefs du paradis. Mais l’Iran actuel n’est pas l’Iran de l’époque. Et en cas de débarquement de troupes US ou autres, il faut s’attendre à une résistance armée farouche et puissante; même si le régime tomberait et serait remplacé par un autre inféodé aux USA. L’Iran n’est pas le Venezuela et l’Islam chiite n’est pas le marxisme léninisme des anciens guérilléros latino-américains. Et ce, sans compter les cinq mille ans de civilisation perse.

La fin du mythe de la puissance américaine

Alors que sur le plan économique, la Chine est en cours de devenir la première puissance économique, la suprématie économique des USA tient essentiellement à la puissance du dollar. Une partie des alliés de l’Iran commerce avec l’Empire du milieu en utilisant le yuan. Ce qui constitue une menace sérieuse pour la suprématie économique américaine. Comme le disait un dicton de Mao Tsé Toung : « L’impérialisme américain est un tigre en papier ». On peut le paraphraser en disant que c’est un tigre en dollars.

Certes les USA restent la plus grande puissance militaire, puisqu’ils sont les seconds en termes de bombes nucléaires après la Russie. Mais on ne gagne pas une guerre comme celle contre l’Iran avec le nucléaire. Car, comme le disent les experts, elle est asymétrique, d’un nouveau genre d’asymétrie. C’est aussi une guerre technologique. Et l’Iran semble avoir fait une avancée surprenante dans ce domaine, aidé certes, par la Chine et la Russie, qui ne cherchent qu’à engluer cet ennemi commun dans une guerre de longue haleine pour l’affaiblir considérablement.

Depuis la guerre de Corée, les Américains ont remporté toutes les batailles qu’ils avaient engagées mais ils ont perdu toutes les guerres, la dernière étant celle de l’Afghanistan. Même au cas où ils engagent leurs troupes terrestres, ils ne pourront jamais contrôler ce pays de 100 millions d’habitants et au relief hostile à toute invasion étrangère. La guerre embrasera alors toute la région, où les minorités chiites existent partout dans les pays de la région. C’est le Vietnam, le Laos et le Cambodge réunis. L’on peut alors deviner qui l’emportera à la fin.

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Trump face au casse-tête de la fin de la guerre en Iran

02. April 2026 um 10:22

Donald Trump s’est adressé aux Américains dans la nuit de mercredi à jeudi 2 avril pour affirmer que les États-Unis étaient sur le point d’atteindre leurs objectifs militaires en Iran, il laisse cependant planer une incertitude sur la fin du conflit.

Le chef de la Maison Blanche a revendiqué des avancées majeures, évoquant la destruction d’une grande partie des capacités militaires iraniennes, notamment la marine, l’aviation et les infrastructures liées aux missiles et au nucléaire. Il a toutefois évité de fixer un calendrier précis pour la fin des opérations, se contentant d’évoquer une possible issue « dans deux à trois semaines ».

Malgré ce discours se voulant rassurant, le ton est resté offensif. Trump a menacé de nouvelles frappes « extrêmement dures », notamment contre les installations énergétiques iraniennes, en cas d’échec des négociations en cours.

Pour sa part, l’armée iranienne a averti les États-Unis et Israël de « mesures plus massives, plus étendues et plus destructrices », accompagnées de menaces de frappes « extrêmement sévères » dans les deux à trois semaines à venir. Comme l’a annoncé Téhéran, la guerre se poursuivra jusqu’à « la reddition et le repentir final de l’ennemi » indique l’agence Tasnim.

Cette ambiguïté stratégique de Trump alimente les doutes, tant sur les objectifs réels de Washington que sur la durée du conflit. Si l’administration américaine affirme avoir neutralisé une grande partie de l’appareil militaire iranien, plusieurs incertitudes demeurent, notamment sur les capacités nucléaires du pays et la solidité du régime en place.

Par ailleurs et sur le plan international, les conséquences économiques se font déjà sentir. L’absence de feuille de route claire a contribué à une forte volatilité des marchés, en particulier sur le pétrole. Et ce, dans un contexte marqué par les tensions autour du détroit d’Ormuz, axe clé du commerce énergétique mondial.

Sur le plan intérieur, le discours de Donal Trump n’a pas dissipé les inquiétudes. Une majorité d’Américains exprime désormais son scepticisme face à cette intervention militaire, critiquant le manque de clarté et les risques d’escalade prolongée…

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Le Brent plonge sous les 100 dollars

01. April 2026 um 10:48

Les prix du pétrole brut ont chuté le 1er avril 2026, avec le Brent à 100,64 $ le baril (-3,2%) et le WTI à 98,04 $ (-3,3%), après une session volatile marquée par des prises de bénéfices en séance asiatique. C’est ce qu’annoncent des médias occidentaux. 

Il faut dire que le contexte géopolitique y est pour quelque chose. Car on a vu au delà des tensions persistantes au Moyen-Orient, les marchés anticipent une désescalade. Ils parient sur la fin du conflit entre l’Iran, les USA, et le Moyen-Orient qu’ils jugent probable. 

Toutefois, les risques d’approvisionnement élevés maintiendront la prudence des marchés. Ce qui fait que l’évolution des prix dépendra de la rapidité du rétablissement des chaînes d’approvisionnement et de la stabilité du détroit d’Ormuz.

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Trump conspué en Iran et en Amérique

30. März 2026 um 16:27

Compte tenu du déclin de ses capacités cognitives, de ses maigres connaissances en matière de gouvernance politique et de stratégie militaire et des flagorneurs ignares qui gravitent autour de lui; il est peu probable que Donald Trump saisisse toute la gravité de la guerre qu’il a déclenchée et qui entre dans son deuxième mois.

En dépit de son caractère tragique, l’étendue des destructions, le nombre des victimes et les répercussions sur l’économie mondiale, le président américain Trump continue de gérer cette crise mondiale à la légère et par des mensonges qu’il débite quotidiennement au cours de très brèves rencontres avec la presse américaine.

Ses « buts » de la guerre changent aussi souvent qu’il change de chemises : élimination du programme nucléaire iranien et son industrie des missiles; renversement du régime et « libération » du peuple iranien. Pour les oublier tous et se concentrer sur un seul objectif : l’ouverture du détroit d’Ormuz.

La responsabilité de la « fermeture sélective » de cette voie d’eau vitale pour le transport de l’énergie et des fertilisants, incombe exclusivement à Trump et Netanyahu, les architectes diaboliques de cette grave crise mondiale.

Qui pourrait honnêtement jeter la pierre à l’Iran d’avoir décidé de se défendre par tous les moyens pour faire face à l’agression de deux puissances nucléaires contre ses élites gouvernantes, ses infrastructures, son peuple, son existence même en tant que pays?

Maintenant que l’objectif de la guerre américano-sioniste devient l’ouverture du détroit d’Ormuz, Trump ordonne à quelques milliers de soldats de débarquer en Iran. Tous les stratèges, y compris dans l’armée américaine, pensent que cette décision est insensée dans le sens où les soldats qui obéiraient aux ordres de Trump, seraient des cibles trop faciles pour l’artillerie iranienne.

Certains commentateurs vont plus loin et suggèrent l’idée terrifiante que Trump aurait la satanique idée de sacrifier à dessein les milliers de soldats américains. Et ce, afin que, si l’Iran les décime, il trouvera le prétexte d’utiliser la bombe nucléaire contre la République islamique…

Cette assertion est soutenue par la psychologie complexe du président américain dont le narcissisme, l’ego surdimensionné et la futile conviction qu’il est le roi de l’Amérique et l’empereur du monde, lui interdisent d’accepter une défaite dans la guerre insensée vers laquelle l’a poussé le chien enragé et génocidaire Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu.

Alors qu’il était convaincu que les premiers bombardements allaient ouvrir la voie au peuple iranien pour renverser le gouvernement et se confondre en remerciements pour l’Amérique, Trump fut foudroyé par la réaction du peuple iranien qui, quotidiennement envahit les grandes villes pour exprimer son soutien à son gouvernement et crier à tue-tête : « Mort à l’Amérique, Mort à Israël ».

Mais les mauvaises surprises du président américain ne s’arrêtent pas là. Aux millions de manifestants iraniens, se sont joint des millions d’Américains samedi 28 mars « dans tous les Etats, toutes les villes et tous les comtés de l’Amérique », criant « No Kings in America » (pas de rois en Amérique), et conspuant Donald Trump pour le mal qu’il fait à son propre pays et au monde dans son ensemble.

Mais Trump n’est pas seulement face au désaveu du peuple qui l’a élu. Des responsables dans son administration se détachent du cercle des flagorneurs trumpistes, pour dire la vérité à leurs concitoyens.

Joe Kent, ancien directeur de la section antiterroriste de la NSA (National Secutity Agency) a remis sa démission qu’il a expliquée par le fait que « l’Iran ne posait aucune menace pour l’Amérique » et que « cette guerre a été décidée par Netanyahu qui a réussi à y engager Donald Trump. »

Un représentant au Congrès est allé plus loin : « Cela fait plus de quarante ans que Netanyahu cherche un président américain idiot pour lui faire sa guerre contre l’Iran. Il l’a finalement trouvé en la personne de Donald Trump. »

De son côté, l’ancienne responsable du service antiterroriste de l’armée américaine, dénonçant avec virulence le bombardement « prémédité » de l’école iranienne qui a causé la mort de 165 écolières, affirma dans un discours public : « Nous prétendons combattre le terrorisme, mais les terroristes, c’est nous. »

Une chose est sûre : Trump ne sera pas arrêté dans sa folie meurtrière par des discours ou des manifestations, mais par la destitution. Il le sera très probablement en novembre prochain quand les Républicains qui le soutiennent perdront les deux chambres. Mais d’ici là, comment sera le monde ?

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Quadrilatère au Pakistan : projet pour le détroit d’Ormuz sur le modèle du canal de Suez

30. März 2026 um 10:57

Le Pakistan a accueilli dimanche 29 mars des pourparlers avec la Turquie, l’Égypte et l’Arabie saoudite dans le cadre de ses efforts de médiation pour mettre fin à la guerre en Iran. Les premières discussions ont porté sur des propositions visant à rouvrir le détroit d’Ormuz à la navigation, selon des sources proches du dossier.

Les ministres des Affaires étrangères des trois puissances régionales ont atterri à l’aéroport d’Islamabad pour les pourparlers, alors que l’Iran a averti les États-Unis de ne pas lancer d’attaque terrestre et que les prix mondiaux du pétrole ont grimpé en flèche. Selon cinq sources proches du dossier qui se sont confiées à Reuters, les pays réunis au Pakistan ont soumis des propositions à Washington concernant le trafic maritime et l’ouverture du détroit d’Ormuz, dans le cadre d’efforts plus larges visant à stabiliser les flux maritimes.

Environ un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié transitait chaque jour par le détroit d’Ormuz, mais l’Iran a effectivement bloqué le trafic maritime à cet endroit en réponse aux frappes aériennes américano-israéliennes qui ont débuté il y a un mois.

Propositions pour l’ouverture d’Ormuz

Le Pakistan qui, comme la Turquie, partage une frontière avec l’Iran, a mis à profit ses liens étroits avec Téhéran et Washington pour devenir un acteur diplomatique clé dans ce conflit, aux côtés d’Ankara et du Caire. Des propositions, notamment celles de l’Égypte, avaient été transmises à la Maison Blanche par le Pakistan avant la réunion de dimanche et prévoyaient des redevances similaires à celles du canal de Suez. Deux autres sources pakistanaises ont indiqué que la Turquie, l’Égypte et l’Arabie saoudite pourraient former un consortium pour gérer le flux de pétrole transitant par cette voie navigable et ont invité le Pakistan à y participer.

La proposition de création d’un consortium de gestion conjointe a été discutée avec les États-Unis et l’Iran, selon les sources. Une première source pakistanaise a indiqué que le chef d’état-major de l’armée pakistanaise, Asim Munir, est en contact régulier avec le vice-président américain J.D. Vance.

De son côté, une source diplomatique turque a indiqué qu’Ankara avait pour priorité d’obtenir un cessez-le-feu. « Garantir le passage sûr des navires pourrait constituer une mesure importante pour instaurer la confiance dans ce dossier », a déclaré une personne, qui a souhaité garder l’anonymat…

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Un « Plan B » pour le pétrole saoudien ?

25. März 2026 um 11:18

Confrontée à une crise inédite, l’Arabie saoudite active un plan d’urgence vieux de plusieurs décennies. A savoir : relier ses installations pétrolières d’Abqaiq situées à l’Est du royaume au port de Yanbu sur la mer Rouge.

Quand un projet conçu à l’origine comme une roue de secours devient La solution miracle. Ainsi, pour contourner la fermeture du détroit d’Ormuz par lequel passe 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial et afin de continuer d’exporter son pétrole en toute sécurité alors qu’elle a été contrainte de réduire sa production de près de 1,5 million de barils par jour, l’Arabie saoudite vient d’activer l’oléoduc Petroline. Celui-ci a été construit en 1982 au milieu de la guerre entre l’Iran et l’Irak, quand le conflit menaçait déjà la stabilité du golfe Persique et qui traverse le pays de l’Est à l’Ouest reliant les installations pétrolières d’Abqaiq, près du golfe Persique, au port de Yanbu sur la mer Rouge.

Pari gagnant

Pourtant, cet oléoduc ne jouait pas un rôle de premier plan avant le déclenchement de la guerre. Car « il a été pensé comme une police d’assurance pour le pétrole saoudien en cas de perturbation dans le détroit d’Ormuz ». C’est ce qu’explique une spécialiste des questions de sécurité énergétique au Centre for Eastern Studies, un groupe de réflexion polonais.

D’ailleurs, personne n’a alors vraiment fait attention à la construction de ce pipeline, que l’Arabie saoudite n’utilisait jusqu’à présent qu’à la marge et « essentiellement pour ses besoins internes en fournissant du pétrole aux raffineries qui se trouvent sur la côte saoudienne le long de la mer Rouge », précise la même source.

Et ce, d’autant plus que le passage par le détroit d’Ormuz a toujours été considéré comme beaucoup plus avantageux par Ryad pour ses exportations. En effet, il est beaucoup moins cher d’exporter depuis le golfe Persique où se trouvent les principaux champs pétroliers saoudiens. De plus, c’est plus rapide et facile pour les Saoudiens de transporter ce pétrole vers leurs principaux clients qui se trouvent en Asie et qui sont, donc, plus proches du détroit d’Ormuz que de la mer Rouge.

Des difficultés d’ordre technique

Pour autant, le recours à Petroline ne saurait résoudre tous les problèmes posés par la guerre en Iran. D’une part, cet oléoduc ne permettra d’acheminer qu’une fraction du brut saoudien, laissant une partie des exportations des autres producteurs de la région, en l’occurrence, le Koweït,  l’Irak ou encore Bahreïn, sur la paille.

D’autre part, l’infrastructure, en service depuis plus de quarante ans, n’a jamais été exploitée à pleine capacité sur une longue durée. L’augmentation soudaine des volumes transportés s’apparente donc à un véritable test grandeur nature pour Aramco, le géant public saoudien.

Enfin, la capacité du terminal pétrolier de Yanbu reste limitée. Puisque l’installation ne peut exporter qu’environ 4,5 millions de barils bruts par jour. Et ce, quand la production réelle actuelle de l’Arabie saoudite oscille généralement entre 9 et 10 millions de barils par jour.

La menace des Houthis

Ajoutons aux problèmes le casse-tête chinois de la menace des Houthis, ce groupe armé yéménite, allié de l’Iran qui a réussi depuis le 7 octobre à assoir sa domination sur la mer Rouge.

En effet, les tankers qui reçoivent leur chargement à Yanbu, avant de traverser la mer Rouge pour ravitailler les pays asiatiques en pétrole, pourraient être exposés à des attaques, si les houthistes décidaient de soutenir leur allié iranien. Déjà, en réaction à la guerre, le groupe avait attaqué en octobre 2023 des bateaux marchands en mer Rouge accusés d’entretenir des liens, directs ou indirects, avec les Etats-Unis ou Israël. Dans ce contexte, un pétrolier saoudien devient, par définition, une cible potentielle.

Passeront-ils à l’action ? Pour l’heure, les Houthis semblent temporiser avant de s’en prendre à des cibles en mer Rouge au nom de leur soutien à l’Iran. Moins alignés idéologiquement sur Téhéran que le Hezbollah libanais, ils ont été sévèrement éprouvés par les frappes américaines et israéliennes menées depuis 2023. À cela s’ajoute une trêve précaire conclue avec le gouvernement yéménite reconnu, appuyé par l’Arabie saoudite.

N’empêche que dans ce contexte régional sous tension, la position de Riyad demeure empreinte d’ambiguïté. Ancien adversaire frontal des Houthis dans le conflit yéménite, le royaume bénéficie aujourd’hui d’une accalmie relative dans ses relations avec les rebelles yéménites. Bref, cette détente fragile ne saurait toutefois offrir la moindre garantie durable quant à la sécurité de ses intérêts maritimes.

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