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Un « Plan B » pour le pétrole saoudien ?

25. März 2026 um 11:18

Confrontée à une crise inédite, l’Arabie saoudite active un plan d’urgence vieux de plusieurs décennies. A savoir : relier ses installations pétrolières d’Abqaiq situées à l’Est du royaume au port de Yanbu sur la mer Rouge.

Quand un projet conçu à l’origine comme une roue de secours devient La solution miracle. Ainsi, pour contourner la fermeture du détroit d’Ormuz par lequel passe 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial et afin de continuer d’exporter son pétrole en toute sécurité alors qu’elle a été contrainte de réduire sa production de près de 1,5 million de barils par jour, l’Arabie saoudite vient d’activer l’oléoduc Petroline. Celui-ci a été construit en 1982 au milieu de la guerre entre l’Iran et l’Irak, quand le conflit menaçait déjà la stabilité du golfe Persique et qui traverse le pays de l’Est à l’Ouest reliant les installations pétrolières d’Abqaiq, près du golfe Persique, au port de Yanbu sur la mer Rouge.

Pari gagnant

Pourtant, cet oléoduc ne jouait pas un rôle de premier plan avant le déclenchement de la guerre. Car « il a été pensé comme une police d’assurance pour le pétrole saoudien en cas de perturbation dans le détroit d’Ormuz ». C’est ce qu’explique une spécialiste des questions de sécurité énergétique au Centre for Eastern Studies, un groupe de réflexion polonais.

D’ailleurs, personne n’a alors vraiment fait attention à la construction de ce pipeline, que l’Arabie saoudite n’utilisait jusqu’à présent qu’à la marge et « essentiellement pour ses besoins internes en fournissant du pétrole aux raffineries qui se trouvent sur la côte saoudienne le long de la mer Rouge », précise la même source.

Et ce, d’autant plus que le passage par le détroit d’Ormuz a toujours été considéré comme beaucoup plus avantageux par Ryad pour ses exportations. En effet, il est beaucoup moins cher d’exporter depuis le golfe Persique où se trouvent les principaux champs pétroliers saoudiens. De plus, c’est plus rapide et facile pour les Saoudiens de transporter ce pétrole vers leurs principaux clients qui se trouvent en Asie et qui sont, donc, plus proches du détroit d’Ormuz que de la mer Rouge.

Des difficultés d’ordre technique

Pour autant, le recours à Petroline ne saurait résoudre tous les problèmes posés par la guerre en Iran. D’une part, cet oléoduc ne permettra d’acheminer qu’une fraction du brut saoudien, laissant une partie des exportations des autres producteurs de la région, en l’occurrence, le Koweït,  l’Irak ou encore Bahreïn, sur la paille.

D’autre part, l’infrastructure, en service depuis plus de quarante ans, n’a jamais été exploitée à pleine capacité sur une longue durée. L’augmentation soudaine des volumes transportés s’apparente donc à un véritable test grandeur nature pour Aramco, le géant public saoudien.

Enfin, la capacité du terminal pétrolier de Yanbu reste limitée. Puisque l’installation ne peut exporter qu’environ 4,5 millions de barils bruts par jour. Et ce, quand la production réelle actuelle de l’Arabie saoudite oscille généralement entre 9 et 10 millions de barils par jour.

La menace des Houthis

Ajoutons aux problèmes le casse-tête chinois de la menace des Houthis, ce groupe armé yéménite, allié de l’Iran qui a réussi depuis le 7 octobre à assoir sa domination sur la mer Rouge.

En effet, les tankers qui reçoivent leur chargement à Yanbu, avant de traverser la mer Rouge pour ravitailler les pays asiatiques en pétrole, pourraient être exposés à des attaques, si les houthistes décidaient de soutenir leur allié iranien. Déjà, en réaction à la guerre, le groupe avait attaqué en octobre 2023 des bateaux marchands en mer Rouge accusés d’entretenir des liens, directs ou indirects, avec les Etats-Unis ou Israël. Dans ce contexte, un pétrolier saoudien devient, par définition, une cible potentielle.

Passeront-ils à l’action ? Pour l’heure, les Houthis semblent temporiser avant de s’en prendre à des cibles en mer Rouge au nom de leur soutien à l’Iran. Moins alignés idéologiquement sur Téhéran que le Hezbollah libanais, ils ont été sévèrement éprouvés par les frappes américaines et israéliennes menées depuis 2023. À cela s’ajoute une trêve précaire conclue avec le gouvernement yéménite reconnu, appuyé par l’Arabie saoudite.

N’empêche que dans ce contexte régional sous tension, la position de Riyad demeure empreinte d’ambiguïté. Ancien adversaire frontal des Houthis dans le conflit yéménite, le royaume bénéficie aujourd’hui d’une accalmie relative dans ses relations avec les rebelles yéménites. Bref, cette détente fragile ne saurait toutefois offrir la moindre garantie durable quant à la sécurité de ses intérêts maritimes.

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