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Renforcer les échanges énergétiques entre la Tunisie et l’Algérie

25. Mai 2026 um 12:21

La discussion des moyens de renforcer l’intégration énergétique algéro-tunisienne et de satisfaire les besoins du réseau électrique tunisien durant l’été 2026 ont été au centre de la rencontre, le dimanche 24 mai 2026, à Alger, entre le PDG par intérim du groupe algérien Sonelgaz, Abdelhamid Rais, et le PDG de la Société tunisienne d’électricité et de gaz (Steg), Faycel Tarifa.  

Selon un communiqué publié par Sonelgaz, et rapport par l’agence algérienne APS cette réunion a permis d’évaluer l’état actuel de la coopération bilatérale et d’explorer les pistes de son expansion, afin de relever les défis énergétiques actuels et d’améliorer la coordination entre les réseaux algérien et tunisien.

Les discussions ont porté sur les mécanismes de renforcement des échanges énergétiques, notamment dans les régions frontalières, afin de garantir un approvisionnement continu et de répondre aux besoins de la Tunisie lors des pics de consommation.

Par ailleurs, les deux parties ont évoqué le développement de la coopération technique et l’intensification des échanges d’expertise, ainsi que l’exploration de nouveaux projets de collaboration visant à élever le partenariat bilatéral à un niveau plus intégré.

Les deux parties ont réaffirmé leur engagement à poursuivre leurs efforts conjoints et à renforcer le partenariat entre leurs entreprises, conformément aux transitions énergétiques et afin d’améliorer la stabilité et la sécurité du système régional d’électricité et de gaz.

Rappelons que l’Algérie est le principal fournisseur d’énergie de la Tunisie, couvrant la majorité de ses besoins en gaz naturel, notamment pour faire tourner ses centrales électriques et répondre à la demande intérieure, et une part significative de sa consommation d’électricité. Ce partenariat stratégique permet à Tunis de pallier le déclin de sa production nationale d’énergie, qui couvre moins de 50% de ses besoins, et d’assurer sa sécurité énergétique. 

En plus des importations directes, la Tunisie perçoit une redevance sur le transit du gazoduc qui achemine le gaz algérien vers l’Italie via son territoire.

Les réseaux électriques algérien et tunisien sont interconnectés, ce qui permet des transferts réguliers d’énergie pour sécuriser les deux pays et réduire les coûts. Lors des pics de demande ou des pannes techniques sur le réseau tunisien, l’Algérie augmente régulièrement ses volumes livrés pour garantir l’approvisionnement du pays voisin.

I. B.

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La Tunisie classée 8e pays africain utilisant l’IA générative  

24. Mai 2026 um 13:23

La Tunisie arrive à la 8e place des pays africains où l’on utilise le plus l’IA générative au 1er trimestre 2026, selon un rapport intitulé «Global AI Diffusion – Q1 2026 Trends and Insights» publié le 1er mai 2026 par le géant technologique américain Microsoft.

Le rapport révèle que l’Afrique du Sud, la Namibie, la Libye et le Gabon occupent les 4 premières places africaines ex aequo en matière d’usage des outils d’intelligence artificielle (IA) générative tels que ChatGPT, Gemini, Claude ou Copilot au premier trimestre 202.

Le rapport mesure la diffusion de l’IA dans le monde en s’appuyant sur la proportion de personnes âgées de 15 à 64 ans ayant utilisé une solution d’IA générative (GenAI) entre le 1er janvier et le 31 mars 2026 à partir de données télémétriques agrégées et anonymisées de Microsoft.

Ces données sont ensuite ajustées pour tenir compte des différences en matière de parts de marché des systèmes d’exploitation et des appareils connectés, du taux de pénétration d’Internet et de la population nationale.

En Afrique du Sud, 23,1% de la population s’est servie de l’IA générative au 1er premier trimestre de l’année en cours. Le pays arc-en-ciel est suivi de la Namibie, 2e avec un taux d’utilisation de 15,1%, de la Libye et du Gabon, 3e (15%), de l’Egypte et le Botswana,5e (14,8%), du Sénégal, 7e (13,9%) et de la Tunisie, 8e (13,5%). L’Algérie se classe 9e (13,2%) et le Maroc 12e (11,7%).

Il convient aussi de préciser que, selon ce même rapport, les Emirats arabes unis sont le leader mondial de l’adoption de la GenAI avec 70,1% de leur population utilisant cette technologie, talonnés par Singapour 2e (63,4%), la Norvège 3e (48,6%), l’Irlande 4e (48,4%) et la France 5e (47,8%).

Voici, par ailleurs, leclassement des pays africains où l’on utilise le plus l’IA générative au 1er trimestre 2026 tel que publié par le journal économique panafricain Ecofin.

1-Afrique du Sud (23,1% de la population)

2-Namibie (15,1%)

3-Libye (15%)

  -Gabon (15%)

5-Egypte (14,8%)

  -Botswana (14,8%)

7-Sénégal (13,9%)

8- Tunisie (13,5%)

9-Algérie (13,2%)

10-Zambie (13,1 %)

    -Côte d’Ivoire, (13,1 %)

12-Maroc (11,7%)

13-Gambie (11,4%)

14-Angola (10,9%)

    -Madagascar (10,9%)

    -Malawi (10,9%)

    -Mozambique (10,9%)

18-Bénin (10,1%)

    -Burkina Faso (10,1%)

    -Ghana (10,1%)

    -Guinée (10,1%)

    -Guinée-Bissau (10,1%)

    -Liberia (10,1%)

    -Mali (10,1%)

    -Mauritanie (10,1%)

    -Niger (10,1%)

    -Nigeria (10,1%)

    -Sierra Leone (10,1%)

    -Togo (10,1%)

30-Lesotho (9,8%)

31-Kenya (8,7%)

    -Cameroun (8,7%)

    -Centrafrique (8,7%)

    -Tchad (8,7%)

    -Congo (8,7%)

    -RD Congo (8,7%)

37-Zimbabwe (8,5%)

38-Burundi (7,6%)

    -Erythrée (7,6%)

    -Ethiopie (7,6%)

    -Somalie (7,6%)

    -Soudan du Sud (7,6%)

    -Soudan (7,6%)

    -Tanzanie (7,6%)

    -Ouganda (7,6%)

46-Rwanda (7,2%)

I. B.

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L’Algérie ambitionne d’exporter du blé vers la Tunisie et le Maroc

23. Mai 2026 um 13:11

Transformer une partie du Sahara algérien en un nouveau pôle agricole capable, à long terme, non seulement de réduire la dépendance du pays aux importations de blé, mais aussi d’exporter des céréales vers la Tunisie et le Maroc : tel est le défi que s’est lancé l’Algérie avec le projet d’envergure développé dans la région désertique de Timimoun par le groupe BF Spa, premier groupe agroalimentaire italien, via sa filiale BF International.

Latif Belhedi

Il va sans dire que l’Algérie et son partenaire italien sont en train de puiser l’eau nécessaire à l’irrigation des champs de céréales dans l’aquifère du Sahara (ou Système aquifère du Sahara septentrional – SASS), l’immense réserve d’eau souterraine partagée entre l’Algérie, la Libye et la Tunisie.

S’étendant sur plus d’un million de km2 , ce système dont l’exploitation est censée être gérée collégialement entre les trois pays concernés, renferme des volumes considérables d’eau fossile et donc non renouvelable. Il va donc sans dire qu’en y pompant sans compter pour une l’irrigation massive d’énormes superficies de céréales, on risque de l’épuiser rapidement et d’en priver les générations futures. Nos «amis et voisins» algériens et italiens ont-ils consulté la Libye et la Tunisie avant de se lancer dans un projet aussi délirant ? Qu’on nous permette d’en douter…    

36 000 hectares à exploiter

Pour venir au projet, il s’agit de l’une des initiatives agricoles sahariennes les plus ambitieuses actuellement en cours en Afrique du Nord. Ce plan s’inscrit dans le cadre des efforts plus larges déployés par l’Algérie pour renforcer sa sécurité alimentaire suite aux chocs subis ces dernières années sur les marchés agricoles internationaux, de la guerre en Ukraine aux tensions affectant les chaînes d’approvisionnement mondiales. Giovanni Mazzotti, chef de projet agricole chez BF International, a présenté la portée et les objectifs de l’initiative dans les médias algériens.

Selon Mazzotti, le choix de l’Algérie par le groupe italien s’explique à la fois par les liens historiques entre Rome et Alger et par deux facteurs stratégiques : le déficit structurel important de la production de blé et la disponibilité de vastes terres agricoles au Sahara.

Le projet Timimoun couvre environ 36 000 hectares, dont 22 000 à 24 000 hectares irrigables, une fois exclues les zones impropres à l’irrigation. Le défi réside cependant non seulement dans la culture du blé, mais aussi dans la mise en place d’un écosystème productif complet dans une zone désertique dépourvue d’infrastructures de base.

Tout créer à partir de zéro

Mazzotti explique que le projet a été lancé entre fin septembre et début octobre, une période déjà considérée comme légèrement postérieure au calendrier agricole idéal. Cela a contraint le groupe italien à accélérer rapidement toutes les opérations nécessaires : forage de puits, installation de systèmes d’irrigation, aménagement de chemins agricoles et organisation des entreprises intervenant sur le terrain. «En quelques mois seulement, nous avons dû tout créer de zéro», explique le responsable italien. Le groupe a installé avec succès 40 systèmes d’irrigation pivotants importés d’Italie, capables chacun de couvrir environ 40 hectares, pour une surface cultivée initiale d’environ 1 600 hectares. Une partie des semis a eu lieu pendant la période agronomique optimale, entre mi-octobre et mi-novembre, tandis qu’environ 60 % des cultures ont été semées plus tard que prévu en raison du temps nécessaire à la mise en place des infrastructures.

Néanmoins, le premier cycle de production a permis de recueillir des données cruciales sur le comportement agronomique du Sahara : qualité de l’eau, caractéristiques du sol et adaptation des variétés céréalières au milieu désertique. Selon Mazzotti, travailler des terres vierges prend inévitablement du temps : «Plus la terre est cultivée et travaillée, plus sa capacité à répondre aux besoins de production s’améliore.» D’après le groupe italien, il faudra entre 24 et 36 mois pour stabiliser pleinement les performances agricoles de la zone.

L’objectif opérationnel est de mener à bien le programme en trois à quatre ans, en atteignant un rendement moyen d’environ 60 quintaux par hectare, un niveau considéré comme très compétitif dans le contexte saharien.

Si ces résultats sont atteints, ils pourraient avoir un impact significatif sur le marché intérieur algérien. L’Algérie demeure l’un des principaux importateurs de blé au monde et s’efforce depuis des années de réduire sa dépendance aux approvisionnements étrangers, considérés comme stratégiquement sensibles d’un point de vue politique et social.

Un transfert de technologie

«Aujourd’hui, notre projet est entièrement axé sur le marché intérieur, mais à l’avenir, l’Algérie pourrait même devenir exportatrice de blé vers des pays voisins comme la Tunisie et le Maroc», a déclaré M. Mazzotti. Un aspect essentiel du projet réside dans le transfert de technologie italienne vers l’Algérie. BF a introduit des semences développées par SIS (Società italiana sementi), une entreprise du groupe spécialisée dans la production de blé dur et de blé tendre. Parmi les variétés déjà disponibles sur le marché algérien figure «Ciccio», qui, selon M. Mazzotti, est aujourd’hui l’une des variétés les plus productives du pays.

L’opérateur italien a souligné que de nombreuses variétés de céréales actuellement utilisées en Algérie proviennent de programmes de sélection des années 1980 et 1990, dont les rendements sont aujourd’hui clairement limités. Selon BF, l’introduction de nouvelles semences permettrait d’accroître non seulement la production de céréales, mais aussi celle de paille pour l’alimentation animale. Outre les semences, le groupe a importé des tracteurs, du matériel agricole, des moissonneuses-batteuses et des engrais italiens innovants, notamment des engrais liquides introduits pour la première fois sur le marché algérien.

M. Mazzotti a également insisté sur le fait qu’une partie de la mécanisation agricole utilisée en Algérie est technologiquement obsolète, ce qui entraîne des pertes de récolte.

Le responsable agricole de BF a enfin souligné le rôle crucial de l’eau dans le développement de l’agriculture désertique. «Sans eau, une agriculture durable au Sahara est impossible», a-t-il déclaré. Parallèlement, le climat désertique offre certains avantages agronomiques : l’absence quasi totale d’humidité réduit la propagation des maladies et des ravageurs, limitant ainsi le recours aux produits phytosanitaires chimiques. Selon M. Mazzotti, la priorité actuelle du groupe est d’optimiser l’utilisation des terres qui lui sont attribuées. Ce n’est que plus tard, et en fonction des décisions des actionnaires, que BF pourrait également développer des activités liées à l’élevage. Cependant, le directeur a précisé qu’une filière d’élevage intégrée ne pourra être mise en place qu’une fois la production de fourrage suffisante assurée.

Avec Agenzia Nova.

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Atelier à Tunis sur la lutte contre la cochenille du figuier de Barbarie

22. Mai 2026 um 06:48

Un atelier régional consacré à la synthèse et à la valorisation des résultats du projet relatif à la gestion durable de la cochenille du figuier de Barbarie en Tunisie s’est tenu à Tunis, les 20 et 21 mai 2026, en présence de représentants, de l’Algérie, de la Libye, du Maroc, de la Mauritanie et de la Tunisie ainsi que des partenaires techniques et institutionnels et de recherche scientifique engagés dans la protection des systèmes agricoles oasiens et arides. (Photo : Cochenilles élevées et lâchées).

Cet atelier a permis de mettre en lumière les acquis d’une initiative qui constitue aujourd’hui un modèle de coopération technique et d’innovation dans le domaine de la lutte intégrée contre les ravageurs transfrontaliers.

Le figuier de Barbarie ou cactus, longtemps considéré comme une culture traditionnelle, joue désormais un rôle stratégique dans le renforcement de la résilience des zones arides et semi-arides. En Tunisie, cette culture couvre plus de 600 000 hectares et contribue à la sécurité alimentaire, à la préservation des ressources naturelles et aux moyens de subsistance de milliers de familles rurales.

Cependant, depuis l’apparition de la cochenille en 2014, plusieurs pays de la région sont confrontés à une menace phytosanitaire majeure. Au Maroc, plus de 120 000 hectares ont déjà été affectés, illustrant l’ampleur des impacts économiques, sociaux et environnementaux de ce ravageur.

Dans son allocution de clôture, Nabil Assaf, coordinateur de la FAO pour l’Afrique du Nord et Représentant pour la Tunisie a souligné que «le figuier de Barbarie n’est plus seulement une culture traditionnelle ou une ressource locale limitée ; il représente aujourd’hui, à l’échelle mondiale, un pilier essentiel pour renforcer la résilience dans les zones arides et semi-arides.» Il a également rappelé que cette crise phytosanitaire démontre que «la sécurité sanitaire des végétaux est aujourd’hui un enjeu stratégique directement lié à la sécurité alimentaire, à la durabilité des ressources naturelles et à la résilience des systèmes agricoles face aux changements climatiques».

Durant sa mise en œuvre, le projet a permis de déployer une approche durable fondée sur plusieurs axes complémentaires : la lutte biologique à travers l’utilisation d’ennemis naturels, les interventions d’arrachage pour limiter la propagation du ravageur, l’identification et la multiplication de variétés résistantes, les bonnes pratiques (taille) ainsi que la conservation des ressources génétiques locales.

L’adoption du principe de «zéro utilisation» des pesticides chimiques constitue également une orientation innovante en faveur de la biodiversité et de la transition vers des systèmes agricoles plus durables.

De son côté, le chef de cabinet du ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a salué les résultats obtenus grâce à l’appui technique de la FAO : «Le projet a permis de renforcer les capacités nationales en matière de surveillance, de diagnostic et de suivi sur le terrain, tout en soutenant les programmes de lutte intégrée contre la cochenille et la coordination entre les différents acteurs aux niveaux central et régional

Il a également mis en avant les efforts de formation des cadres, des agents techniques et des agriculteurs, ainsi que la mise à disposition d’équipements techniques ayant permis d’améliorer les capacités d’intervention rapide face à cette menace.

Au-delà des résultats techniques, les participants ont insisté sur l’importance de renforcer la coopération régionale afin de faire face aux défis phytosanitaires transfrontaliers.

La participation des pays du Maghreb a illustré une volonté commune de promouvoir le partage d’expériences, de connaissances scientifiques et de solutions durables adaptées aux réalités de la région.

Cet atelier constitue une nouvelle étape axée sur la valorisation des acquis du projet, le renforcement des capacités nationales et régionales et l’extension des solutions efficaces à l’ensemble au niveau des pays concernés à travers la promotion du partenariat public-privé qui contribuera à la sécurité alimentaire particulièrement pour les petits producteurs.

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Omar Sharif | Une nuit orientale à Marseille

20. Mai 2026 um 09:55

Jeudi 21 mai 2026 à 21h30, le Mucem de Marseille accueillera, sur le Fort Saint-Jean, une création littéraire et scénique pensée comme une traversée des mémoires méditerranéennes. Présentée dans le cadre du festival ‘Oh les beaux jours !’, la soirée intitulée ‘‘Omar Sharif, ma grand-mère et moi” ne sera jouée qu’une seule fois.

Au centre de cette proposition, la figure d’Omar Sharif agit comme un fil conducteur reliant récits intimes, imaginaires familiaux et mémoire culturelle du monde arabe et méditerranéen.

Star née en Égypte, icône du cinéma international, il devient ici un point de passage entre histoires personnelles et héritages partagés.

Mais au-delà de cette présence centrale, la soirée accorde une place marquée à la Tunisie et à ses résonances historiques et contemporaines.

La figure de Habib Bourguiba traverse le spectacle comme celle d’un fondateur essentiel et controversé. Architecte de la Tunisie moderne, entre mythe national et fin de règne, il incarne une mémoire politique toujours active, interrogée à travers les récits et les écritures de la soirée.

La création met également en lumière la voix de l’écrivaine Amira Ghenim, dont les textes explorent les tensions entre mémoire intime, histoire sociale et héritages politiques dans l’espace tunisien et maghrébin.

Autour de cet axe tunisien gravitent d’autres figures majeures du monde arabe et méditerranéen : Warda Al-Jazairia, icône de la chanson engagée en Algérie ; Assia Djebar, grande voix littéraire du Maghreb ; ou encore Berlanti Abdelhamid, figure du cinéma égyptien.

Mise en scène par Amine Adjina, la soirée réunit également Marwan Chahine, Maya Ouabadi, Nassera Tamer et Abdellah Taïa, autour de textes inédits mêlant récits personnels et figures de mémoire.

Dans le décor du Fort Saint-Jean, face à la mer, cette création compose une cartographie sensible où la Méditerranée devient espace de circulation des voix, des histoires et des héritages. Une seule soirée. Le jeudi 21 mai à 21h30.

Djamal Guettala 

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Colloque à Paris autour du Maghreb colonial et postcolonial

18. Mai 2026 um 06:50

À l’occasion du 70e anniversaire des indépendances du Maroc et de la Tunisie, un important colloque international intitulé «Décolonisations et mémoires des indépendances maghrébines (1956-2026)» se tiendra les 8 et 9 juin 2026 à Paris et Aubervilliers.

Abdelhamid Larguèche *

Cette rencontre scientifique est organisée conjointement par l’Institut d’histoire du temps présent relevant du CNRS et le Carep Paris, avec une forte implication d’historiens tunisiens aux côtés de plusieurs grandes figures françaises de l’historiographie contemporaine.  

Réunissant historiens, sociologues, chercheurs en sciences politiques, spécialistes des mémoires coloniales et acteurs du monde culturel, cette rencontre ambitionne de renouveler les approches historiques des indépendances maghrébines et d’interroger les usages contemporains des mémoires coloniales et postcoloniales.

Repenser les indépendances maghrébines

Loin d’une lecture commémorative ou strictement nationale, le colloque propose de considérer les indépendances tunisienne, marocaine et algérienne comme des processus historiques connectés, inscrits dans des dynamiques régionales et internationales complexes.

Les organisateurs souhaitent dépasser les récits fragmentés afin d’analyser les circulations politiques, intellectuelles et militantes qui ont façonné le Maghreb contemporain.

Le colloque constitue également une réflexion critique sur l’histoire de l’empire colonial français au Maghreb entre 1931 — année de la grande Exposition coloniale internationale de Paris, moment d’apogée symbolique du discours impérial français — et les années 1970, période durant laquelle les États maghrébins indépendants entreprennent la consolidation de leurs souverainetés politiques, culturelles et mémorielles.

Cette mise en perspective permet d’interroger les continuités, les ruptures et les héritages durables du fait colonial dans les sociétés maghrébines contemporaines.

L’Algérie au cœur des débats mémoriels

Si les indépendances tunisienne et marocaine constituent le point de départ de la réflexion, l’Algérie occupera une place centrale dans les débats, notamment autour des conflits de mémoire liés à la guerre d’indépendance, aux usages politiques du passé colonial et aux tensions persistantes entre la France et le Maghreb.

Une large partie des discussions sera consacrée aux «blessures mémorielles», aux enjeux de reconnaissance historique, aux silences de l’histoire coloniale et aux difficultés de construire un récit partagé entre les deux rives de la Méditerranée.

Le colloque rappellera également que l’enjeu mémoriel est devenu aujourd’hui un enjeu profondément politique, dans un contexte marqué par des tensions récurrentes, des antagonismes de mémoire et des usages concurrents du passé colonial dans les débats publics, diplomatiques et identitaires.

Le colloque analysera également les différences entre les politiques mémorielles françaises et maghrébines, ainsi que la manière dont le passé colonial continue d’influencer les débats contemporains autour de l’identité, des migrations, de la citoyenneté et des relations diplomatiques.

Croiser histoire, mémoire et sciences sociales

La première journée, organisée au Campus Condorcet, sera consacrée aux processus de décolonisation, aux mobilisations politiques et sociales, ainsi qu’aux violences ayant accompagné les luttes pour l’indépendance. Les panels interrogeront les répertoires de lutte, les mouvements syndicaux, les insurrections, les répressions coloniales et les connexions transnationales entre les mouvements maghrébins.

La seconde journée, accueillie au Carep Paris, explorera plus particulièrement les mémoires croisées des colonisations et des indépendances dans l’espace franco-maghrébin.

Les débats porteront sur les politiques mémorielles en France, en Algérie, au Maroc et en Tunisie, les usages politiques du passé colonial, les tensions diplomatiques et symboliques, ainsi que les nouvelles approches historiographiques relatives aux sociétés coloniales du Maghreb.

Participation scientifique de haut niveau

Parmi les intervenants figurent plusieurs grandes figures de la recherche contemporaine, aux côtés des co-organisteurs Benjamin Stora, Malika Rahal, Abdelhamid Larguèche et Asma Nouira, dont Sophie Bessis, Habib Kazdaghli, Karima Dirèche, Jamaa Baida et de nombreux chercheurs issus d’universités internationales prestigieuses telles que Yale, Princeton, Leyde, Heidelberg, Rabat, Tunis, Oran, Paris ou Lyon.

L’événement se distingue également par sa volonté de faire dialoguer recherche scientifique et production culturelle. Une exposition numérique intitulée, conçue par Abdelhamid Larguèche, prolongera les réflexions du colloque à travers une approche visuelle et documentaire des mémoires coloniales et des représentations de l’empire français au Maghreb.

Penser les mémoires pour comprendre le présent

Au-delà des débats historiographiques, cette rencontre interroge le rôle social de l’historien face aux demandes contemporaines de mémoire et de reconnaissance. Dans un contexte marqué par les crispations identitaires, les controverses mémorielles et les recompositions géopolitiques entre l’Europe et le Maghreb, le colloque entend contribuer à une meilleure compréhension des héritages coloniaux et de leurs résonances actuelles.

En croisant les regards disciplinaires et générationnels, «Décolonisations et mémoires des indépendances maghrébines» s’annonce comme un moment scientifique majeur pour repenser l’histoire coloniale française au Maghreb, revisiter les trajectoires des indépendances et analyser les conflits de mémoire qui continuent de structurer les relations entre la France et les sociétés maghrébines contemporaines.

* Historien et co-organisateur du colloque.

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Souveraineté énergétique et IA en Afrique du Nord

15. Mai 2026 um 10:51

Lors de son audition à l’Assemblée nationale française le 12 mai 2026, Arthur Mensch, cofondateur de la start-up Mistral AI, a posé un diagnostic sans appel pour l’Europe (Vidéo) : «Si l’Europe avec la France combine intelligence artificielle et capacité de production électrique, l’Europe et la France peuvent retrouver une part de marché soutenable et indépendante. Sinon, la France et le reste de l’Europe deviennent un État vassal des États-Unis». En Afrique du Nord (Tunisie, Algérie, Libye), cette sonnette d’alarme venue de l’Europe doit résonner avec une intensité particulière. Et si le réacteur nucléaire à sel fondu (MSR) était l’arme anti-vassalisation face aux Etats-Unis et à l’Europe ?

Naâmen Bouhamed *

Comprendre qu’aujourd’hui l’Europe dépense 1 000 milliards d’euros (1 trilliard) en services IA (cloud, SaaS, modèles, data centers), cela veut dire que cet argent, qui sort de l’économie européenne, est capté presque intégralement par les Gafam et hyperscalers américains dont il finance les centres de R&D (Californie, Texas, Boston).

Les hyperscalers sont Google, Amazon et Microsoft pour le cloud. Ces entreprises dominent 66 % du marché. Leur puissance vient de leur capacité à investir des centaines de milliards de dollars US dans des data centers et à capter l’électricité partout dans le monde.

Face à la menace de«vassalisation numérique»

L’Europe, l’Afrique du Nord ou toute autre région qui importe ces services sans produire sa propre énergie et ses propres modèles, solutions et data centers IA, devient de fait «un État vassal» des Gafam et donc des Etats-Unis.

Alors que la France et l’Europe tentent de freiner l’hégémonie des hyperscalers, la Tunisie, l’Algérie et la Libye disposent d’un atout que l’Europe perd : une capacité à construire ex-nihilo une infrastructure cloud et énergétique à très haute valeur ajouté dédiée à l’IA, potentiellement via la technologie de rupture que représente le nucléaire à sels fondus (MSR) et offrir une offre énergétique plus compétitive que l’Europe.

L’IA générative a aussi créé une nouvelle catégorie d’acteurs : les néoclouds (CoreWeave, Lambda, Nscale). Spécialisés dans les GPU (NVIDIA H100, B200), ils proposent de la puissance de calcul brute pour entraîner des modèles.

Pour l’Algérie et la Tunisie, c’est une opportunité : ces néoclouds sont plus flexibles que les hyperscalers et pourraient être attirés par une énergie abondante et plus compétitive qu’en Europe.

Eng. Karim Beguir, cofondateur d’InstaDeep en Tunisie et auteur de l’ouvrage ‘‘Le saut décisif’’ (AC Édition, Tunis, juillet 2025), partage ce constat. Pour lui, l’Afrique est à un moment charnière. Parlant de la Tunisie et de l’Afrique, il écrit : «Le potentiel est là. Il est temps de construire un avenir basé sur l’innovation, la résilience et l’indépendance technologique» .

Voici comment la Tunisie et l’Algérie peuvent transformer la menace de «vassalisation numérique» vis-à-vis des États-Unis en levier de puissance régionale.

L’IA est une guerre des watts donc de l’énergie

Arthur Mensch le rappelle lors de son audition à l’Assemblé française: les géants américains (OpenAI, Google et les autres ) «finissent de capter l’offre électrique européenne disponible». Une requête ChatGPT consomme 10 fois plus d’énergie qu’une recherche Google. D’ici 2030, l’IA représentera près de 4 % de l’électricitémondiale. Donc les Gafam achètent et captent aujourd’hui la totalité de la production électrique de l’Europe de demain.

La situation en 2026 se présente ainsi :

France/Europe : le nucléaire historique est contraint par la maintenance et la gestion des déchets ; les énergies renouvelables (solaire, éolienne…) sont intermittentes. Les data centers américains achètent directement l’électricité européenne aux producteurs, créant des pénuries pour les besoins locaux.

Algérie et Tunisie : le potentiel solaire est immense (3 000 heures de soleil par an) mais le stockage est défaillant et les infrastructures fragiles malgré les avancées technologiques.

Tunisie : il y a une dépendance gazière de l’Algérie et une production électrique sous tension estivale, alors que la production du mix énergétique solaire reste encore en sous-capacité (6 à 7% seulement).

Une opportunité unique s’offre à la Tunisie : l’IA nécessite une «base load» (puissance constante 24h/24). Le solaire seul ne suffit pas. Le gaz, soumis aux prix mondiaux, détruit la souveraineté. La solution est donc le nucléaire nouvelle génération à sels fondus (MSR).

La MSR comme option stratégique

Contrairement aux réacteurs à eau pressurisée (type français), le réacteur à sels fondus présente des avantages décisifs pour le contexte nord-africain et surtout pour la Tunisie.

1- Une sécurité inhérente : en cas de panne, le sel se refroidit et se solidifie, sans fusion du cœur (pas de risque du type Tchernobyl ou Fukushima). Idéal pour une première expérience nucléaire en région sismique modérée.

2- Une consommation d’eau quasi nulle : les réacteurs classiques mobilisent d’importantes ressources en eau pour le refroidissement. Le MSR utilise du gaz ou de l’air. Dans un Maghreb en stress hydrique, c’est un impératif politique et la solution la plus sécurisée.

3- Une valorisation des déchets : certains MSR peuvent consommer du thorium (dont l’Algérie possède des réserves) ou recycler leurs propres déchets, tel que le phosphogypse présent en Tunisie.

Karim Beguir, dans ‘‘Le Saut décisif’’, insiste sur la nécessité pour l’Afrique d’investir massivement dans «deux piliers» : les capacités de calcul et l’exploitation des énergies renouvelables. Le nucléaire à sels fondus s’inscrit parfaitement dans cette vision, apportant la puissance stable et décarbonée dont la Tunisie et le continent africain ont besoin pour faire fonctionner leurs datacenters.

Un Plan d’action conjoint :

Phase 1 (2027-2030) :

– un partenariat avec des start-ups internationales spécialisées dans le développement d’une centrale à sels fondus tel que Terrestrial Energy (Etats-Unis), Seaborg (Danemark), ou China Natrium (Chine) qui offrent plusieurs options sur terre ou sur le littoral ;

– un co-financement tunisien et algérien pour un démonstrateur MSR de 50 MW dans le sud ou une zone frontalière (Tozeur ou Kasserine), là où l’eau et la densité de population ne sont pas des contraintes ;

– la création d’un centre de formation tuniso-algérien.

Phase 2 (2031-2035) : la Tunisie, via son réseau interconnecté avec l’Algérie, impulse une distribution nationale pour développer une base Africa Data Cities dans les régions de Sfax, Bizerte et El-Ghazala à Tunis, alimentée en très haute tension afin d’offrir une plateforme euro-africaine totalement sécurisée vis-à-vis des Etats-Unis, voire une connexion vers l’Italie et l’Europe pour la revente du surplus.

Ne pas refaire l’erreur européenne : Mensch souligne que si l’Europe importe ses services américains, elle subira un «déficit d’un trilliard d’euros» en recherche et développement. Pour la Tunisie et l’Algérie, le piège serait de se contenter d’être de simples «branchés du cloud américain» sans apporter aucune valeur ajoutée.

Stratégie de captation de la valeur : créer un modèle «Mistral» tunisien et algérien local et développer des langages (LLM) arabophone, francophone et anglophone, entraînés sur les serveurs alimentés par la centrale MSR tuniso-algérienne. Coût énergétique fixe = avantage compétitif face aux États-Unis.

Levier clé de la commande publique : comme le préconise Mensch, pour la France et l’Europe, utiliser les 50 % du PIB de l’État (marchés publics, santé, éducation…) pour imposer des clouds souverains.

L’Afrique du Nord doit adopter une position ferme : interdiction de stockage de données sensibles sur AWS/Azure Google et Microsoft; la Tunisie impose déjà aux administrations de migrer vers une infrastructure nationale garantissant une souveraineté totale.

Karim Beguir va plus loin en plaidant pour que «l’Afrique crée ses propres modèles d’IA, à son image, plutôt que d’importer ceux des autres». Selon lui, le continent ne doit pas se contenter d’être un consommateur de technologies venues d’ailleurs, mais doit devenir un acteur à part entière de la révolution en cours.

Le levier RH : Mensch note qu’aujourd’hui, avec les agents Claude, «les ingénieurs (humains) n’écrivent plus de lignes de code» , ce qui multiplie la productivité par 20.

La Tunisie, qui forme d’excellents ingénieurs — Karim Beguir lui-même tunisien, diplômé de l’École Polytechnique de Paris, en est l’illustration parfaite avec son parcours ayant mené sa startup IA tunisienne  InstaDeep jusqu’à un rachat par BioNTech valorisée à plusieurs centaines de millions de dollars — doit cesser de les envoyer en France ou au Canada. Gardons-les sur place pour auditer et réparer les infrastructures IA plutôt que pour coder des logiciels standards.

Géopolitique : le «Neutre numérique»

Face à la polarisation États-Unis-Chine (et l’Europe tentant de survivre), le tandem Algérie-Tunisie peut jouer la carte du «hub non-aligné».

Pour l’Europe (France, Italie) : proposer un «cloud refuge». Si les hyperscalers américains captent les data centers allemands ou polonais, les entreprises françaises pourraient délocaliser leurs calculs sensibles en Tunisie, alimentée par l’atome tuniso-algérien, sous juridiction mixte. C’est moins risqué que le Maroc ou l’Égypte (proches d’Israël et des États-Unis).

Rapport de force : si la Tunisie et l’Algérie contrôlent à la fois la puissance électrique (MSR-nucléaire) et le stockage physique (data centers), elles deviennent le point d’entrée obligé de l’IA en Afrique. Les Gafam devront payer un tribut ou accepter des clauses de souveraineté.

Karim Beguir estime que le potentiel économique de l’IA en Afrique pourrait atteindre 2,9 billions de dollars d’ici 2030. Mais pour y parvenir, le continent doit sortir des modèles économiques obsolètes axés sur la main-d’œuvre bon marché et les matières premières, et oser ce qu’il appelle «le saut décisif».

L’alliance entre MSR et IA souveraine est la clé de ce bond en avant.

Conclusion : le temps est compté

Mensch donne un horizon de 2 ans avant que le marché ne soit verrouillé par les Gafam et donc les Etats-Unis.

Pour le Maghreb, le calcul est simple : le soleil est intermittent, le gaz est politique, mais une centrale nucléaire à sel fondu est souveraine. Comme le rappelle Karim Beguir dans son ouvrage déjà cité : «L’avenir est là, et l’Afrique peut encore façonner son propre destin — si elle ose franchir le pas».

La Tunisie doit immédiatement lancer le chantier juridique du cloud souverain tuniso-algérien. Elle doit impulser avec l’Algérie et la Libye une dynamique sur le nucléaire civil et signer un accord de coopération technique pour un MSR avant fin 2027.

Si nos pays attendent que l’Europe ait construit sa réponse au défi américain, il sera trop tard.

Le réacteur nucléaire à sels fondus n’est pas une option énergétique : c’est le seul chemin pour que l’IA en Tunisie et en Algérie soit un outil d’émancipation pour toute l’Afrique, et non un simple pipeline de données vers la Silicon Valley et la mainmise des USA sur l’Europe et l’Afrique.

* Consultant International France-Tunisie.

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