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Étude sur l’inclusion financière des femmes et des jeunes en Tunisie

22. September 2026 um 12:40

Le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud), en partenariat avec l’Observatoire de l’Inclusion Financière et le ministère de l’Économie et de la Planification, avec l’appui financier du Canada, a publié aujourd’hui, mardi 22 septembre 2026, une ‘‘Etude sur l’inclusion financière des femmes et des jeunes en Tunisie’’.

L’étude analyse les déterminants de l’inclusion financière des femmes et des jeunes dans les gouvernorats du Sud, à savoir Kairouan, Gabès,
Médenine, Tataouine, Gafsa, Tozeur et Kébili, et de Kairouan.

Combinant une analyse de l’offre et de la demande de services financiers, elle explore les questions d’accessibilité, de coût, de connaissances financières, ainsi que les perceptions et la confiance envers les institutions financières.

En s’appuyant sur des données qualitatives et quantitatives collectées sur le terrain, l’étude met en lumière les principaux freins et leviers d’action pour renforcer l’accès et l’usage des services financiers formels. Elle fournit des recommandations destinées à orienter les acteurs clés de l’inclusion financière, notamment en matière de produits financiers et d’actions de sensibilisation afin de promouvoir une inclusion financière plus inclusive et durable en Tunisie.

«Ce travail dresse un état des lieux rigoureux de l’offre de services financiers et des comportements de la demande, avec une attention particulière portée aux femmes et aux jeunes. Ces régions présentent des disparités documentées avec précision dans cette étude : une couverture bancaire représentant à peine 12% du réseau national, des taux de bancarisation féminine qui tombent à 18%, une prévalence persistante de l’informel qui traduit une préférence comportementale et culturelle», note Raja Dahman, la directrice générale de l’Observatoire de l’Inclusion Financière dans son introduction. Elle ajoute : «Cette étude est conçue pour outiller les décideurs publics, les acteurs de l’écosystème ainsi que les chercheurs pour le développement de nouvelles stratégies centrées sur les besoins réels des populations ciblées dans le cadre du programme national d’éducation financière 2023-2027. Elle s’inscrit dans une démarche de dialogue continu avec l’ensemble des parties prenantes, dont le soutien a été déterminant dans sa conduite.»

Télécharger l’étude.

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Suisse | Comment sont bloqués des milliers de sites de jeu

22. September 2026 um 11:56

La dernière liste des offres de jeux en ligne bloquées en Suisse porte la date du 25 août 2026 et compte 3567 entrées. Depuis 2019, la Confédération met ce document à jour régulièrement et impose aux fournisseurs d’accès à internet d’en appliquer le contenu. Le procédé intéresse aujourd’hui bien au-delà des frontières helvétiques. À Tunis, une proposition de loi déposée en janvier dernier reprend presque à l’identique ce mécanisme pour les plateformes de paris accessibles depuis le pays.

Une liste noire mise à jour régulièrement

Le cadre figure dans la loi sur les jeux d’argent (LJAr), en vigueur depuis 2019. Le texte prévoit que l’accès à une offre de jeu proposée sans autorisation doit être bloqué dès lors que son exploitant a son siège à l’étranger ou le dissimule. La Commission fédérale des maisons de jeu (CFMJ) établit la liste des offres bloquées et la publie par un renvoi dans la Feuille fédérale. Les fournisseurs d’accès appliquent ensuite la restriction sur le territoire suisse. Les paris sportifs et les loteries relèvent d’une autre autorité, la Gespa, qui tient sa propre liste de blocages.

La mécanique s’est nettement accélérée. Selon son rapport d’activité 2025, la CFMJ a fait bloquer 580 offres de jeux en ligne non autorisées l’an dernier, près de 30 % de plus qu’en 2024, tout en menant 28 perquisitions et en rendant 75 décisions pénales. Au 31 décembre, 209 procédures restaient ouvertes. Le joueur suisse, lui, ne risque rien sur le plan pénal. La législation ne le sanctionne pas et vise uniquement les exploitants. La question n’est donc pas celle de la volonté des autorités, mais celle de l’efficacité réelle du filtre.

Le blocage DNS montre ses limites

La restriction s’applique au niveau du système de noms de domaine. Le fournisseur d’accès empêche la résolution de l’adresse et redirige l’internaute vers une page d’avertissement officielle. Le procédé se déploie vite et se contourne avec des outils que tout le monde a sous la main. Un changement de serveur DNS ou un réseau privé virtuel rétablit l’accès en quelques secondes.

Les exploitants disposent d’un moyen plus direct encore. Un domaine bloqué réapparaît sous une autre extension, avec le même opérateur et le même catalogue de jeux. Les casinos en ligne internationaux qui acceptent toujours les dépôts en francs suisses restent nombreux, selon SwissCasinoZen.ch, qui recense les licences de Curaçao ou d’autres juridictions offshore derrière ces plateformes. La liste enregistre l’état du marché au jour de sa publication.

Chaque réapparition oblige l’autorité à rouvrir une procédure et à refaire le parcours administratif en entier. Le blocage n’en est pas pour autant sans effet. Il retire les offres concernées des chemins d’accès les plus courants et impose une démarche volontaire à qui veut les rejoindre. Son rendement dépend donc de la motivation du joueur autant que de la robustesse technique du filtre.

Un marché offshore qui se recompose

Les exploitants visés ne quittent donc pas le marché. Leur modèle repose sur des sociétés enregistrées loin du continent et sur une infrastructure technique volontairement mobile. Créer un nouveau domaine prend une journée. Instruire un dossier et faire appliquer une décision prend plusieurs mois. Le rapport de vitesse joue contre l’autorité, et le nombre d’entrées progresse sans que l’offre réellement accessible recule d’autant.

En parallèle, le marché autorisé avance lentement. Le produit brut des jeux en ligne des casinos suisses a augmenté de 1,2 % en 2025, tandis que les établissements terrestres reculaient de 3,9 %. L’impôt sur les maisons de jeu, versé à l’AVS et à l’AI, a atteint 353 millions de francs. Chaque joueur resté sur une plateforme non autorisée sort de ce circuit fiscal. Le dispositif suisse porte sur l’accès aux sites. L’argent qui alimente les comptes de jeu circule par d’autres canaux.

Le débat tunisien reprend les mêmes outils

Ce second levier, le blocage des paiements, figure au centre du texte déposé à Tunis. Vingt-trois députés ont présenté le 19 janvier 2026 une proposition de loi qui étend la définition des jeux de hasard aux activités exercées par des moyens numériques. Son article 4 oblige les fournisseurs d’accès et les prestataires de paiement à bloquer techniquement l’accès aux plateformes interdites et à interrompre les flux qui y sont liés. L’article 2 interdit l’organisation comme la promotion de tout jeu de hasard, avec des dérogations strictement encadrées. Le texte a été renvoyé le 29 janvier à la commission de la législation générale.

La situation de départ diffère des deux côtés de la Méditerranée. La Suisse encadre une offre domestique autorisée et cherche à y ramener les joueurs. La Tunisie ne dispose d’aucun régime de licence pour le jeu en ligne, et ses casinos physiques restent réservés aux visiteurs étrangers. Le pays se maintient dans une zone grise que la régulation du secteur cherche précisément à réduire ailleurs.

Ce que sept ans de blocages montrent

Sept ans de pratique suisse livrent un enseignement mesurable. Le blocage réduit la visibilité d’une offre, allonge le chemin pour y accéder et détourne une partie du public. Il ne supprime ni la demande ni les sociétés qui la servent depuis l’étranger. La mesure utile d’un dispositif reste la part du jeu qui passe par le circuit autorisé. La prochaine liste suisse apportera de nouvelles entrées, et la question posée à Tunis restera la même.

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Daniel Passalacqua présente ses souvenirs tunisois à la librairie Al Kitab

22. September 2026 um 11:05

Daniel Passalacqua, mémoire vivante de la Tunisie plurielle, présente son ouvrage ‘‘Souvenirs sur la vie artistique plurielle à Tunis de 1947 à nos jours (Musique – Danse – Théâtre)’’ le jeudi 24 septembre à 17 h à la librairie Al Kitab de Tunis.

Né à Tunis en 1928, citoyen italien et français de culture, tunisien de cœur, Daniel Passalacqua a consacré sa vie à la musique et à la culture de sa ville natale.

Initié très jeune par sa mère Lidia, pianiste et cantatrice, il a traversé plus de soixante-dix ans de vie artistique tunisienne. Des Jeunesses musicales de France aux grandes scènes du Théâtre municipal, des orchestres qui ont marqué des générations aux rencontres avec Alfred Cortot, Samson François, Georges Prêtre, Maria Casarès, Maurice Béjart, Pierre Lacotte ou Roland Petit, il restitue avec précision, émotion et une connaissance intime les lieux, les spectacles et les personnalités qui ont façonné cette époque.

Plus qu’un simple recueil de souvenirs, le livre révèle une Tunis où la programmation artistique rivalisait avec celle des grandes capitales européennes.

Préfacé par François Gouyette et postfacé par Hatem Bourial, l’ouvrage s’inscrit dans la collection «Tunisie plurielle» dirigée par le professeur Habib Kazdaghli aux éditions Santillana.

Cette collection ambitionne de rendre visibles les traces des communautés, minorités et héritages culturels qui ont composé l’histoire du pays, au-delà d’une vision unilatérale.

Daniel Passalacqua y transmet un patrimoine culturel et des souvenirs d’une époque qui a profondément marqué sa vie.

Chroniqueur musical du Corriere di Tunisi de 1961 à 2022, conférencier, interprète et organisateur de concerts, il offre ici un témoignage rare, à la fois intime et documentaire, destiné à tous ceux qui aiment la Tunisie, son histoire et ses artistes.

Un moment privilégié pour découvrir ou redécouvrir une page essentielle de la vie artistique tunisienne et rencontrer l’auteur.

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Les fables d’Infantino

22. September 2026 um 10:25

Pour la Fifa, l’accalmie, tombée juste après le Mondial 2026, est de courte durée. Elle est de nouveau la cible de tirs de boulets de canon lâchés de toute part et personne pour garder les cages laissées vides. Les fédérations, les professionnels du sport, les clubs et les associations nationales et internationales, tous confondus, ont les yeux braqués sur le temple du football. Ils ont brandi le carton rouge à la face de son président Gianni Infantino, qui avait mis tout le monde hors-jeu, sauf Donald Trump, son acolyte et son mentor. Certains parlent de malversation, d’autres d’abus de confiance ou de détournement du football de son objectif, le plaisir de la compétition. (Photo d’illustration générée par IA).

Mohsen Redissi *

Les langues se délient et des critiques acerbes sont lancées contre le président de la Fifa, suite à l’annonce de son intention de créer une société commerciale ouverte aux investisseurs privés, la Fifa Forward Enterprise (FFE) pour aller de l’avant. La FFE va devoir gérer les activités commerciales et événementielles de la Fifa, devenues une routine depuis le siècle dernier. Une étape logique de l’évolution de la Fifa, selon son président, pour mieux soutenir le développement du football, aussi bien masculin que féminin aux quatre coins du monde. Louanges à sa noble intention.

C’est la nouvelle trouvaille de deux présidents, deux larrons versés dans les affaires, souvent louches, leurs intérêts personnels priment et passent bien avant ceux de l’Etat ou de leurs communautés de bien. L’argent, même sale, n’a pas d’odeur pour eux.

Pris dans les filets 

La FFE détiendra environ 20% du capital de la Fifa. Ce nouveau prestataire ne va s’attaquer qu’à ce qui touche à la Coupe du monde de football et la Coupe du monde des clubs champions. La gouvernance du football, les compétitions, les calendriers, les révisions des règles, les décisions… restent du ressort de la centrale du football.

Pour donner de l’effet au tir, toutes les justifications sont bonnes pour entraîner dans cette nouvelle aventure les fédérations encore réticentes ou en attente de voir la réaction de leurs grandes sœurs nationales et les confédérations pour prendre position. Pour soudoyer les pays membres, principalement les petits pays peu riches, la Fifa promet de redistribuer 20 millions de dollars en plus de la dotation habituelle. Une aubaine. L’objectif de cette proposition est d’investir davantage dans les pays en développement, en créant des centres de formation avec des outils appropriés.

Les pays récalcitrants risquent de perdre 75% des dotations de la Fifa, du chantage en quelque sorte ; ou le revers de la médaille. Un tir lifté. Un manque à gagner énorme. Le temps leur est compté. Infantino a accordé 53 jours de réflexion aux fédérations nationales pour adhérer ou décliner la proposition, c’est le pari de… Gianni ou son lobe. 

Les retombées économiques de la Coupe du monde de football ne profitent qu’aux pays organisateurs, une poignée, l’Europe et l’Amérique latine en premier lieu, pays riches et pays ayant déjà organisé une édition de cette compétition. La co-organisation à deux ou à trois pays est une entreprise rentable et digne d’éloges. Une meilleure justice footballistique.

La voix de son maître

L’histoire ressemble à une fable des temps modernes qui a pris une mauvaise tournure. L’exposition prolongée et en premières loges aux discours de maître Renard, Donald Trump, promettant monts et merveilles, a fini par avoir raison de Maître Corbeau, Infantino. Il est sous sa coupe. Il a réussi à altérer son esprit de discernement ; il a eu enfin raison de sa fière prestance. Il a sali son nom.

Maître Donald a largement eu le temps d’embobiner Maître Infantino, le côtoyant matin et soir et en s’affichant tous deux, tout sourire devant les caméras lors du Mondial aux Etats-Unis. Ils ont prolongé leurs discussions en tandem à la mi-temps, en prolongations et en levée de rideaux. Maître Renard, un esprit malsain dans un corps sain, par l’odeur du gain facile alléché, lui tint à peu près ce langage «Maître Corbeau, sans mentir, votre FFE offrira au monde le renouveau et l’immortalité du football. Sa célébration sera toujours associée à votre nom, une résurrection à chaque nouvelle édition de cette grandiose compétition. Vous serez le phénix du ballon rond.»

«Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre» (Bible, Jean 8:7.) Ceux qui accusent Infantino de vagabondage, la plupart ont les mains sales. Ils ont trempé dans des affaires louches. «Le chameau ne voit pas sa bosse», dit l’adage tunisien. Dans un tournant de leur vie sportive ou professionnelle, ses détracteurs ont eu recours à des subterfuges pour se graisser la patte. En se soulevant contre sa nouvelle initiative, ils n’ont ni l’autorité morale nécessaire ni l’accord total de leur communauté pour s’ériger en redresseurs de torts. A chaud, ils ont appelé à geler la participation de leur pays ou aux pays membres de leurs fédérations régionales sans consulter quiconque. Leurs voix font-elles foi ? 

Selon eux, la Fifa doit impérativement renoncer à son projet. Ils sont prêts à jouer les prolongations. Le football perdrait de son charme et serait sous la coupe des actionnaires, ou quand l’intérêt prime au détriment du foot selon les détracteurs. Hélas ces fédérations semblent avoir oublié que l’attribution de l’organisation de la phase finale de la Coupe du monde ces quinze dernières années était un choix politique beaucoup plus que footballistique. Ils lancent des fumigènes pour brouiller les pistes.

Family business

Charité bien ordonnée commence par soi-même : telle est la devise du clan Maître Renard. C’est la griffe et la marque de fabrique de Donald Trump, le cerveau derrière cette proposition. Maître Corbeau n’est que «gorge profonde». La Fifa, temple du football, n’a jamais manqué de liquide. C’est l’entreprise la plus riche et a plus de pays membres, 211 fédérations, que l’Organisation des Nations unies. Quoi d’autre !

Si la proposition d’Infantino est validée par les pays membres, la banque d’affaires J. P. Morgan et le fonds d’investissement Thrive Eternal, créé par Joshua Kushner, le frère de Jared, gendre de Donald Trump. Toutes ces familles doivent une fière chandelle à Maître Corbeau, seraient à la manœuvre.

D’après le journal britannique The Times, le président américain, pourrait à terme devenir directeur général de la FFE, avec à la clé des revenus personnels qui pourraient être décuplés. Il se préserve des jours difficiles. Ha! Ha ! Ha ! Maître Corbeau, honteux et confus, a juré de mettre fin à son aventure. Infantino et Kushner ont tous deux fait un pas en arrière pour se repositionner. Un repli tactique sous la pression de leurs adversaires pour mieux se ressourcer et préparer dans le calme leur contre-offensive le cas échéant. 

Les adversaires de Maître Corbeau, président de l’instance internationale du ballon rond, sont nombreux sur le plan régional et international. Ils ne lâcheront pas prise de si tôt. La brèche a soulevé l’inquiétude des membres de la Fifa et les tifosis en matière de gouvernance et de transparence de la citadelle du foot. La «Ola» a dépassé les gradins et prend de l’ampleur chaque jour.

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Tunisie | Mouvement Echaab réclame la libération des détenus de la Flottille Soumoud

22. September 2026 um 09:36

Le bureau politique de Mouvement Echaab (nationaliste arabe) a publié un communiqué exigeant la libération des militants de la Flottille Soumoud actuellement détenus, ainsi que «le respect du droit des citoyens à l’expression, à la manifestation et au soutien légitime à la cause palestinienne.»

Suite à la marche réclamant la libération des militants de la Flottille Soumoud — lesquels observent une grève de la faim pour protester contre leur détention, mettant ainsi en péril leur vie et leur intégrité physique —, les autorités ont procédé à l’arrestation d’un groupe de militants et d’organisateurs de cette mobilisation, au moyen de raids nocturnes et de méthodes que l’on croyait reléguées à un passé odieux.

Le Mouvement Echaab, tout en dénonçant avec vigueur l’arrestation par les autorités de militants mobilisés pour la Palestine et pour la libération des détenus, condamne dans les termes les plus fermes cette attitude visant à criminaliser les mouvements populaires qui réclament libertés et droits, et qui soutiennent les droits légitimes du peuple palestinien.

Le Mouvement Echaab considère que ces pratiques constituent un pas vers le musellement des voix, la restriction des libertés et la fermeture de l’espace public, et qu’elles ne feront qu’aggraver davantage la situation générale dans le pays.

Par conséquent, nous exigeons la libération immédiate de toutes les personnes interpellées, ainsi que celle des militants de la Flottille Soumoud, et le respect du droit des citoyens à l’expression, à la manifestation et au soutien légitime à la cause palestinienne.

Le Secrétaire général, Zouhair Maghzaoui

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Israël et le Hamas étaient proches d’un accord avant le 7 octobre

22. September 2026 um 08:54

Dans l’enquête de Haaretz sur l’avertissement reçu par Netanyahou avant le massacre perpétré par le Hamas, Sufian Abu Zaida était désigné sous le nom d’«Yeux de charbon» afin de protéger son identité. Selon lui, avant les attaques du 7 octobre 2023, les discussions entre le Hamas et Israël étaient très avancées et portaient, notamment, sur un accord d’échange de prisonniers.

Jack Khoury

L’ancien haut responsable du Fatah Sufian Abu Zaida, qui a servi de médiateur entre Israël et le Hamas avant les attaques du 7 octobre 2023, a déclaré hier, lundi 21 septembre 2026, que les deux parties avaient été proches de signer un accord avant le massacre.

Dans une publication sur Facebook, Abu Zaida, proche de l’homme politique palestinien en exil Mohammed Dahlan, a souligné que les discussions n’avaient rien à voir avec l’attaque-surprise. «Nous n’avons absolument aucun lien avec ce qui s’est passé le 7 octobre, pas plus que cela n’a de rapport avec le rôle que j’ai joué», a-t-il écrit. Et d’ajouter : «Tout ce que j’ai fait visait à empêcher Gaza d’aboutir à la situation dans laquelle elle se trouve aujourd’hui.»

Abu Zaida a souligné que, dans un entretien qui doit être diffusé plus tard cette semaine sur la chaîne égyptienne Alghad TV, il révélerait un message que Yahya Sinwar, alors dirigeant du Hamas à Gaza, lui avait demandé de transmettre à Israël environ trois semaines avant le massacre, ainsi que la réponse d’Israël.

Abu Zaida a déclaré lors de cet entretien que Sinwar l’avait averti à deux reprises, en septembre 2023, qu’il préparait une opération majeure et lui avait demandé de transmettre cet avertissement à des responsables israéliens.

Les contacts, révélés pour la première fois par Haaretz plus tôt ce mois-ci, impliquaient Ghazi Hamad, membre du bureau politique du Hamas, et Abu Zaida, recruté par Israël comme intermédiaire dans les discussions et désigné sous le nom d’«Yeux de charbon».

Sufian Abu Zaida.

Des discussions avancées entre Israël et le Hamas

Selon Abu Zaida, les discussions entre Israël et le Hamas portaient sur un éventuel accord aux termes duquel Israël libérerait des centaines de prisonniers palestiniens en échange de la libération des otages israéliens vivants et de la restitution des corps des otages détenus à Gaza. Elles abordaient également l’allègement du blocus de Gaza, l’autorisation pour les Gazaouis de travailler en Israël et la recherche de solutions aux besoins de l’enclave en électricité, en eau et dans d’autres domaines humanitaires.

Dans sa publication de lundi sur Facebook, Abu Zaida a également indiqué que Dahlan et son associé Samir Mashharawi étaient tenus informés des détails des négociations. Selon Abu Zaida, les pourparlers indirects, qu’il dirigeait, avaient commencé en mars 2022 à l’initiative de Ghazi Hamad et avec l’approbation de Sinwar.

Selon Abu Zaida, les discussions se sont poursuivies pendant environ un an et demi et se sont concentrées sur la restitution des corps des soldats de l’armée israélienne Oron Shaul et Hadar Goldin, tués pendant la guerre menée par Israël à Gaza en 2014, ainsi que sur le retour des captifs israéliens Abera Mengistu et Hisham al-Sayed.

En échange, le Hamas demandait la libération de prisonniers palestiniens, l’allègement du blocus de la bande de Gaza, l’autorisation pour les travailleurs de Gaza de travailler en Israël, des solutions aux pénuries d’électricité à Gaza et une aide répondant à d’autres besoins humanitaires.

Abu Zaida est né en 1960 dans le camp de réfugiés de Jabalya, dans la bande de Gaza. Il a auparavant été ministre de l’Autorité palestinienne chargé des affaires des prisonniers et vice-ministre des Affaires civiles. Dans ces fonctions, il a participé à des contacts avec des responsables israéliens sur des questions telles que les prisonniers, les points de passage frontaliers, les permis et la coordination civile. Ancien prisonnier, il parle couramment l’hébreu et est titulaire d’un doctorat en politique du Moyen-Orient.

Au fil des ans, il s’est montré un critique virulent du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et est depuis longtemps associé au courant réformateur du Fatah dirigé par Dahlan. Abu Zaida travaille comme commentateur des affaires palestiniennes et israéliennes et entretient des liens avec des responsables politiques et sécuritaires en Israël.

Son rôle consistait à transmettre des messages entre les parties afin de ne pas donner l’impression qu’il existait un contact direct entre le Hamas et Israël. En pratique, ces conversations étaient presque directes. Ghazi Hamad et Abu Zaida s’asseyaient dans la maison de Nasser Sarraj à Gaza — celui-ci avait auparavant été directeur adjoint du ministère des Affaires civiles de l’Autorité palestinienne — et y parlaient directement à des agents du service de sécurité Shin Bet.

Le dernier message de Sinwar transmis à Netanyahu

Selon l’enquête de Haaretz, Sinwar a dit à Abu Zaida en septembre 2023 : «Dites aux Israéliens que s’ils ne progressent pas, je leur prépare une énorme surprise… Dites-leur de s’attendre à un “zilzal”, un tremblement de terre.»

Abu Zaida a rapporté la conversation à un Palestinien qui avait quitté Gaza pour Abu Dhabi et qui était un proche conseiller du président émirati Mohamed ben Zayed, lequel a cherché à vérifier le sérieux de la menace de Sinwar. Abu Zaida a alors été invité à tenir une nouvelle réunion avec le dirigeant du Hamas à Gaza. La rencontre a eu lieu à la mi-septembre 2023.

Lors de cette rencontre, Sinwar lui a dit : «Transmets-leur le message que je prépare la mère de toutes les surprises. Une opération terrifiante. Quelque chose d’extraordinaire.» Il a de nouveau employé le mot «zilzal».

«Je te prie de transmettre aux Israéliens mot pour mot ce que je dis», lui a déclaré Sinwar.

Le responsable palestinien a de nouveau transmis le message au conseiller de l’émir. Celui-ci a informé le cheikh Mohamed de son impression sur la conversation, et l’émir a décidé que «le message de Sinwar devait être transmis au plus vite aux Israéliens, au plus haut niveau». Le 15 septembre, Abu Zaida et le conseiller ont transmis l’avertissement au service de sécurité Shin Bet.

Ronen Bar, alors chef du Shin Bet, a demandé un appel téléphonique immédiat avec le Premier ministre, organisé par Avi Gil, secrétaire militaire de Netanyahou à l’époque. Au cours de cet appel, Bar a informé Netanyahou des menaces de «tremblement de terre» proférées par Sinwar, et il a été décidé d’organiser une réunion de sécurité avec tous les organismes concernés.

Deux jours plus tard, de hauts responsables de la sécurité ont examiné l’avertissement, mais aucune décision n’a été prise. Constatant qu’Israël ne réagissait pas à l’avertissement clair transmis au Shin Bet, le cheikh Mohamed a décidé de parler directement à Netanyahou et de lui communiquer l’avertissement de Sinwar concernant ses intentions.

Source : Haaretz.

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À propos de l’article de Larguèche sur Bouarrouj | Acte de mémoire ou… guerre des mémoires ?

22. September 2026 um 08:02

Nous publions ci-dessous la réponse d’un ancien dirigeant du Parti communiste tunisien (PCT), ainsi que du parti Ettajdid et parti Al Massar, ses héritiers historiques, à un article de l’historien et ancien militant du PCT, Abdelhamid Larguèche, publié par Kapitalis et intitulé « Noureddine Bouarrouj, la mémoire effacée du communisme tunisien ». «La vérité est pareille à l’eau qui prend la forme du vase qui la contient», écrivait Ibn Khaldoun, nous apprenant que l’Histoire aussi est sujette à des points de vue divergents et à des interprétations différentes. Ce débat en est l’illustration.

Hichem Skik

Dans un long article publié dans Kapitalis le 12 septembre 2026, mon ami et collègue à l’Université (et aussi, c’est important, ex-camarade au Parti communiste tunisien), a évoqué le souvenir d’un ancien dirigeant important du PCT, feu Noureddine Bouarrouj, à l’occasion du trente-quatrième anniversaire de sa disparition.

On se serait, donc, attendu à «un acte de mémoire… un hommage et un devoir de mémoire», comme le déclare l’auteur dans son introduction. Cela aurait été utile et réellement souhaitable, car ce rôle et cet apport sont, effectivement, injustement méconnus, en dehors du cercle restreint de ses anciens camarades et de quelques collègues. C’est d’ailleurs le cas de nombreux valeureux militants de gauche, que l’historiographie officielle du parti unique a délibérément occultés.

Malheureusement – et dès le titre – on est surpris par le fait que l’auteur se place, délibérément, et d’emblée sur un tout autre terrain que l’hommage mérité à un dirigeant disparu :  celui de la polémique.

L’article est, en effet, intitulé : «Noureddine Bouarrouj, la mémoire effacée du communisme tunisien». Et ce thème est repris (je dirais : martelé) avec une insistance qui indique que ce sera le thème majeur de l’article (on relève, en effet, dans les seules premières lignes : «mémoire effacée, cet effacement, occulté, marginalisé, mise à l’écart, écartés, tus, mises à l’écart…».

L’article annonce donc clairement qu’il s’agira, non d’un hommage à un dirigeant, mais d’une sorte de «réhabilitation»– et cette «réhabilitation»  ne concernera pas, dans l’article, le seul Noureddine Bouarrouj, mais un groupe de communistes réunis autour de lui et qui auraient été tous «écartés» du Parti.

Et là, on se pose tout de suite la question : Pourquoi donc il-ou plutôt ils- ont été ainsi «marginalisés», «écartés», etc. ?

Et la réponse de l’auteur est simple, claire, précise, affirmée avec une grande assurance et sans aucune ambiguïté. Il la formule ainsi : «Cet effacement n’est pas un simple oubli. Il est le produit d’une gestion du parti centrée sur une personne et sur un appareil…»

Pour ceux qui n’ont pas compris, soyons clairs, semble dire l’auteur, qui précise donc : «L’histoire du communisme tunisien s’est longtemps écrite autour d’un nom : celui de Mohamed Harmel…»… «A force de faire reposer sa légitimité sur la figure d’un seul dirigeant… le parti a fini par transformer sa propre histoire en un récit de personnes : celui d’un sauveur et de ceux qu’il aurait, volontairement ou non, écartés.»

Ainsi se révèle au lecteur, l’objectif – assumé d’ailleurs par l’auteur – de l’article.

Il est inutile que je poursuive ici la lecture de l’article -lecture que j’ai faite plus d’une fois, car en tant qu’ami et ex-camarade, Abdelhamid m’a fait l’honneur de me le faire lire avant sa publication pour avoir mon avis-avis que je n’ai pas manqué de lui faire parvenir par écrit, lui faisant part de mes interrogations, mes réserves et mes désaccords sur plusieurs aspects de son texte. D’autres amis et camarades, à qui le texte a été soumis, ont, eux aussi, exprimé des avis recoupant largement le mien.

Jusque-là, nous pensions que le texte était une réflexion, un projet auquel Abdelhamid réfléchissait et qu’il suggérait un débat entre nous sur un important épisode de la vie du PCT. J’ai donc été très surpris de voir le texte immédiatement publié sous forme d’article.

La publication inattendue de l’article m’autorise donc, me semble-t-il, à répondre à l’invite de Abdelhamid à participer à ce nécessaire  débat, en commençant ici par quelques remarques d’ordre méthodologique  ou de caractère général, comptant sur  l’engagement intellectuel et l’esprit d’ouverture de Abdelhamid – ainsi que  sur la contribution d’autres personnes intéressées par le sujet-pour mener à bien et sur le fond un tel débat, de la manière la plus approfondie, la plus objective et la plus sereine possible.

Cher Abdelhamid !

1/ Tu affirmes : «jusqu’à aujourd’hui, certains sont irrités par la seule évocation des noms de Bouarrouj, Ali Mtimet ou Bechir El Feni». Je serais vraiment curieux de savoir qui sont ces «certains». En revanche, ce que je sais, car je l’ai vécu personnellement, c’est que, par exemple :  

– concernant Salah Garmadi, outre notre «compagnonnage linguistique» et les «combats» scientifiques que nous avons menés, au Ceres, avec toute une équipe de chercheurs pour une approche objective de la situation linguistique complexe dans notre pays. C’est avec une grande émotion que j’évoque la profonde amitié personnelle qui nous liait, et qui englobait même nos familles… Et c’est à moi qu’a échu le douloureux devoir d’annoncer son décès et de lui rendre un vibrant hommage à la Une du journal du PCT, Attariq al-Jadid. Lorsque le Ceres a voulu lui rendre hommage, c’est tout naturellement à moi qu’on a pensé… Il en est de même pour la Faculté des Lettres, à laquelle je n’appartenais pas encore, mais qui a jugé utile de m’associer – à côté, notamment, de Si Mongi Chamli, Si Chedli Ayari… à l’hommage «du 40e jour» qui lui a été rendu… ;

– concernant Ali Mtimet : en plus de notre militantisme commun au sein du PCT, les relations entre nos deux familles étaient très étroites et se sont poursuivies jusqu’à sa maladie, puis son décès, et se poursuivent – quoique par intermittence malheureusement, avec sa femme et ses enfants. Après la révolution – dans laquelle il s’était beaucoup impliqué, à Tunis et surtout dans diverses régions intérieures qu’il avait sillonnées –, il s’était associé à diverses manifestations et actions du Mouvement Ettajdid. A la cérémonie d’hommage organisé par sa famille après sa mort, son camarade Habib Kazdaghli a été invité à faire une intervention, qui fut très émouvante, de l’avis de tous les présents, et dans laquelle il avait souligné les multiples facettes et qualités, scientifiques, associatives, syndicales, politiques et humaines du défunt ;

– concernant Habib Attia, malgré les divergences survenues, il avait toujours maintenu des contacts avec nous, ses camarades du PCT, puis d’Ettajdid. Après la révolution, il me téléphonait souvent pour me faire part de ses avis et conseils sur la politique à suivre à propos de tel ou tel événement. Et grâce à son exceptionnelle connaissance de la campagne tunisienne, il a apporté – en tant que membre de la Commission économique du parti – une contribution précieuse à l’élaboration de son programme économique et social pour les élections. Je garde un souvenir ému de notre dernière rencontre avant sa disparition. En compagnie d’une petite délégation, nous lui rendîmes une visite d’amitié chez lui : il nous avait exprimé sa joie pour cette visite et avait, notamment, eu une longue conversation sur Jendouba avec notre camarade Baccar Ghrib, qui était alors Doyen de la Faculté d’économie de la ville. A son décès, le triste privilège de son éloge funèbre en tant qu’universitaire et en tant que militant communiste au cimetière de Carthage échut (tout naturellement), à son camarade Habib Kazdaghli ;

– même chose pour le grand maître de la critique littéraire Taoufik Baccar :  nos rapports ont toujours été amicaux, au niveau politique, il a été également associé aux discussions pour la préparation du 8e congrès, de même que  et nous étions nombreux à contribuer à l’hommage qui lui a été rendu à la Faculté des Lettres de Manouba au mois de juin 2017.

Tels sont quelques échantillons pour illustrer cette vérité évidente : non seulement les membres restés au PCT, puis à Ettajdid puis à Al Massar n’éprouvent aucune «irritation» à l’évocation des camarades qui ont choisi une autre voie, mais ils sont plutôt blessés qu’on se permette d’affirmer – gratuitement – le contraire.

Nous avons, certes, été en désaccord, à une certaine époque, mais nous n’avons jamais confondu divergence et inimitié.

2/ Tu écris : «… reprendre une question que l’histoire officielle du parti a préféré ne pas poser…» ; «L’histoire du communisme tunisien s’est longtemps écrite autour d’un nom…»; «le parti a fini par transformer sa propre histoire en un récit de personnes…» ; «…la manière dont l’histoire même du parti a fini par s’écrire…» ; «…l’histoire officielle  du mouvement ne retenait que les noms de ses dirigeants successifs et le récit de ses querelles» ;  «une pensée que l’histoire officielle de la gauche tunisienne a trop souvent laissée dans l’ombre.»

Six fois, dans un article, tu évoques «l’histoire officielle du parti» (pour dénoncer ce que tu considères comme ses parti-pris pour certains dirigeants et contre d’autres).

Personnellement, je déclare que je suis absolument prêt à partager ces conclusions s’il s’avère que ladite histoire officielle du parti a, en effet, procédé avec les biais et les «oublis» que tu dénonces. Le problème, c’est que, ayant vécu plus de soixante-ans dans ce parti, je n’ai jamais eu entre les mains une histoire – officielle ou même officieuse – du PCT ! Je n’ai jamais entendu parler d’une telle histoire, ni au parti, ni à l’université ni dans la presse nationale ou internationale. Ce que je sais, c’est que nous avons toujours salué et soutenu les quelques contributions d’universitaires tunisiens à l’écriture de certains aspects de cette histoire (Chaker, Kraiem, Hamza, Bouguerra, Lakhdar, Larguèche, Blili et surtout Kazdaghli.) Malheureusement, la plupart de ces travaux présentés à l’Université ont porté sur la période coloniale (excepté la recherche de Latifa Lakhdhar). La seule tentative pour donner un aperçu  de l’histoire du parti  de sa fondation à la levée de l’interdiction (parue non signée) qui a été faite par Habib Kazdaghli  et publiée (sans signature) dans le premier numéro d’Attariq al-Jadid : nous étions tous très heureux de cette contribution, qui permettait pour la première fois d’avoir une idée de l’itinéraire du parti- bien que cela ait été un «survol» sur deux pages du journal, qui n’a, en aucune façon, abordé des problèmes tels que ceux que tu soulèves. Depuis, plusieurs expositions de journaux, photos etc. ont été organisées à l’occasion de divers événements, mais… toujours aucune «histoire officielle» !

 Désolé Abdelhamid, mais un historien –qui se présente comme tel dans son article – et qui y dénonce aussi vigoureusement une «histoire officielle du parti», qui… n’a jamais existé, c’est, pour le moins… regrettable.

3/ Venons-en à la question principale, que tu as «occultée» vraiment, celle-là, et d’une manière particulièrement surprenante, par toi, Abdelhamid. Cette question est la suivante : on est tous d’accord sur le fait qu’il y a bien eu un problème qui a séparé Noureddine Bouarrouj – et les autres camarades qui l’ont rejoint – de l’autre groupe de camarades restés au PCT et ont participé à ses évolutions ultérieures : mais quel est ce problème ? Non seulement tu évites complètement d’aborder le véritable contenu des divergences, mais tu tentes de leur substituer un récit imaginaire, que contredisent radicalement les faits dans leur déroulement réel.

Tu affirmes, en effet : «Militant de la clandestinité, puis exilé pendant une quinzaine d’années, il (Noureddine Bouarrouj) revient en Tunisie et devient l’un des artisans les plus actifs de la recherche d’unité entre communistes tunisiens. Autour de lui se constitue le ‘‘groupe de Tunis’’, parfois appelé ‘‘groupe Kléber’’ qui réunit notamment Taoufik Baccar, Salah Garmadi, Habib Attia, Hamadi Ben Rachid, Bechir El Fani et Ali Mtimet…»

Vraiment désolé, là aussi, mon cher ami, mais tu as tout faux ! Etant historien de métier, et ayant adhéré au PCT après les faits que tu évoques, tu as puisé dans des sources, «bien sélectionnées», ce qui t’a induit en erreur, et tu t’es contenté de la version d’une seule partie, ce qui t’a privé des moyens de corriger ton erreur.

Une lecture apaisée d’évènements remontant parfois à plus de 50 ans, t’aurait permis une vision plus objective des faits. Les divergences ont bel et bien existé (ce sont des signes de vie d’un parti politique) ; elles remontent au milieu des années soixante et ont porté sur des points précis : la nature de classe du régime qui avait entrepris des réformes des structures économiques et les  positions politiques à prendre par le parti par rapport au régime (au cours et après le déroulement des réformes). La gestion de ces divergences internes, aussi bien lors de la rédaction du texte fondateur «Pour une nouvelle alternative démocratique et progressiste», publié en 1974, que lors de la préparation du 8e congrès (entamée fin 1978 et achevée en février 1981),  l’élaboration de positions à l’occasion  d’évènements importants (la grève du 26 janvier, l’attaque de Gafsa, la légalité retrouvée à partir de juillet 1981, etc.)  sont autant d’étapes d’une histoire commune et en partage du PCT et de la Tunisie, même s’il y a eu divergences d’appréciation entre militants et groupes de militants.

Qui dit histoire, cher Abdelhamid, dit documents et références précises à l’appui. Cela implique aussi que les documents sont à rechercher chez tous les protagonistes et non chez un seul parmi les informateurs ; sans indication précise de la collecte des sources orales ou écrites. L’honnêteté intellectuelle impliquerait de les faire connaitre et de les rendre publiques pour permettre aux lecteurs d’apprécier à sa juste valeur l’interprétation faite par l’historien. Or, on découvre, avec stupéfaction, que tes sources principales sont, d’une part, le manuscrit d’un livre sur Bouarrouj de Si Hedi Dhoukar (non encore publié !), et, d’autre part, les posts sur fb d’une personne jusqu’ici complètement inconnue et qui cherche à se forger un profil d’historien ex-militant…

3) Enfin, un mot à propos du 8e congrès du parti, tenu dans la clandestinité, et de la préparation duquel tu affirmes avec assurance (encore un problème de source fiable !) que le camarade Bouarrouj et ses amis ont été exclus. 

Permets-moi, cher Abdelhamid, de te démentir encore une fois : en tant qu’un des acteurs de la préparation du congrès, je t’informe que ces camarades ont tous été associés, comme les autres membres du parti, à la discussion du projet de résolution du congrès. Ainsi,  à titre d’exemple, je coordonnais les discussions-qui ont duré plus d’une année (fin 1978 et durant toute l’année 1979)-  dans un groupe de camarades constitué de:  Salah Garmadi, Salah Hajji, Ali Mtimet  et Habib Kazdaghli. Des camarades ont été chargés de discuter avec Bouarrouj à Paris, où il était parti pour préparer un doctorat et où il s’est installé définitivement. Ces camarades ont maintenu leurs positions et ont refusé le projet de résolution globalement ; on peut donc difficilement prétendre qu’ils ont été exclus de la préparation du congrès. Et malgré les divergences survenues à l’intérieur du parti, nous nous sommes à nouveau retrouvés dans le cadre d’un mini groupe pour discuter et préparer le 8e congrès sur des bases unitaires.

Cher ami, collègue et ex-camarade…

Je termine en te disant, avec beaucoup de regret, crois-moi, qu’au lieu d’être le prélude d’un débat apaisé et fructueux, sur un passé en partage, ton texte s’est malheureusement placé sur le terrain des récits polémiques, univoques et tronqués. Pour toutes ces raison, force est de constater qu’au lieu d’aboutir à un acte de mémoire tant espéré, tu as choisi de continuer et d’une manière maladroite, la piste tant décriée, parce que très dangereuse, de la… guerre des mémoires ! Dommage !

Tunis, 21 septembre 2026

L’article À propos de l’article de Larguèche sur Bouarrouj | Acte de mémoire ou… guerre des mémoires ? est apparu en premier sur Kapitalis.

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