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Monoprix confirme son redressement opérationnel

10. September 2026 um 08:32

La Société Nouvelle Maison de la Ville de Tunis, Monoprix, a réalisé une nette inflexion de sa trajectoire financière au premier semestre 2026. Contrairement aux pertes d’exploitation affichées fin juin 2025, l’enseigne de la grande distribution a renoué avec une profitabilité opérationnelle.

L’activité commerciale a généré 412,145 MDT au 30 juin 2026, contre 383,29 millions de dinars un an auparavant, soit une progression de 7,5%. Cette croissance des ventes en rayons s’est particulièrement illustrée sur les produits soumis au taux de TVA de 19% (+13,8% à 159,847 MDT), tandis que le segment alimentaire de base non soumis à la TVA a évolué de près de 9,596 MDT pour s’établir à 251,480 MDT.

Le redressement de la rentabilité brute constitue le principal catalyseur des résultats du semestre. Grâce à une gestion optimisée de ses approvisionnements et à une rotation soutenue des stocks, le coût d’achat des marchandises consommées a été contenu à 337,147 MDT, permettant à la marge brute de totaliser 74,998 MDT (contre 66,338 MDT fin juin 2025). Le taux de marge brute gagne ainsi 89 points de base en glissement annuel pour s’établir à 18,2% du chiffre d’affaires. Ce gain d’efficacité a permis d’absorber l’alourdissement de la masse salariale (+17,8% à 40,483 MDT), sous l’effet des revalorisations conventionnelles et des charges sociales associées, et de compenser la relative stabilité des charges locatives et d’entretien. Cette amélioration de la valeur ajoutée a propulsé le résultat d’exploitation à 3,767 MDT. Le résultat net s’est établi à 4,626 MDT.

Monoprix aborde la fin de l’exercice avec de bons signes. Les indicateurs d’activité du troisième trimestre, attendus e mois prochain, devraient confirmer cette tendance positive.

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Un premier semestre résilient pour City Cars

10. September 2026 um 08:11

Au terme du premier semestre 2026, City Cars, concessionnaire officiel de la marque KIA en Tunisie, a affiché un ralentissement des ventes de véhicules, d’une part, et une résilience de ses marges, d’autre part.

Le chiffre d’affaires semestriel s’établit à 165,254 MDT, en baisse annuelle de 8,6%. Ce fléchissement provient principalement du cœur de gamme des véhicules neufs de tourisme hors régime populaire, dont les ventes ont reculé de 13,2%, à 129,160 MDT. Dans un climat marqué par le durcissement du pouvoir d’achat et le contingentement des quotas d’importation, le segment des voitures populaires a pleinement joué son rôle d’amortisseur contracyclique, avec des ventes en hausse de 24,8%, à 29,695 MDT.

Sur le plan opérationnel, l’entreprise confirme une gestion rigoureuse de ses équilibres de coûts. Les achats consommés ont été ajustés en proportion pour s’établir à 140,595 MDT, préservant une marge commerciale de 24,859 MDT, soit un taux de 15,0% du chiffre d’affaires. Le résultat d’exploitation ressort à 17,098 MDT, dégageant une marge d’exploitation solide de 10,3%, qui témoigne de la compétitivité intrinsèque du réseau de distribution.

L’un des faits marquants de cette clôture semestrielle réside dans l’impact de la loi de finances 2026, qui a introduit une nouvelle taxe permanente de 4% assise sur le bénéfice imposable des concessionnaires. Portant le taux d’imposition nominal global à 43% (en cumulant l’IS sectoriel à 35% et la contribution sociale de solidarité à 4%), cette réforme a alourdi la charge fiscale semestrielle à 7,320 MDT.

La rentabilité finale a été soutenue par le portefeuille de placements de City Cars, qui a généré 5,748 MDT, tirés principalement par 4,786 MDT de dividendes encaissés. Grâce à cet apport financier, le résultat net ressort à 13,984 MDT.

Globalement, les performances sont en ligne avec les attentes. Sur le marché, le concessionnaire reste sur un rendement positif et sa capacité à rémunérer ses actionnaires soutient toujours sa valorisation.

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Les revenus de propriété, une source de la résilience des ménages

09. September 2026 um 09:42

Certes, pour affronter la cherté de la vie, les ménages ne peuvent pas compter exclusivement sur les salaires et les pensions de retraite. Les revenus de la propriété jouent un rôle important. Ils englobent les sommes perçues sur les dépôts bancaires ou postaux, les bons du Trésor, les obligations corporate et les créances diverses. Nous y trouvons également les dividendes et autres revenus distribués des sociétés, et les loyers des terrains. À noter que les revenus de la propriété ne comprennent pas les loyers des logements bâtis.

En 2025, les ménages tunisiens ont perçu 8 787,9 MDT de revenus de propriété, ce qui n’est pas rien. Ce montant représente 15% des salaires bruts reçus de la même année. Ces chiffres rappellent qu’il existe un mouvement de liquidités, parfaitement légales et bancarisées, qui transite des bilans d’entreprises et du secteur financier directement vers le compte des particuliers. Ils apportent un élément de réponse macroéconomique au paradoxe récurrent qui anime les débats à chaque fête génératrice de dépenses: d’où provient l’argent qui continue d’irriguer la consommation malgré l’inflation?

Contrairement aux salaires, qui se diffusent à l’ensemble de la population active, ces milliards de dinars ne profitent pas à tous de manière homogène. Ils bénéficient avant tout à ceux détenant un patrimoine financier ou foncier. Ce sont précisément ces tranches de revenus qui soutiennent la demande de biens durables, les loisirs, l’automobile et la consommation haut de gamme.

Mais est-ce que cela justifie l’imposition de la fortune? Les arguments dans les deux sens sont valables, mais il ne faut pas pousser les gens vers l’informel. Trouver le juste équilibre est bien une mission ardue.

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Entre 2020 et 2024, près de 160 000 entreprises ont fermé

09. September 2026 um 09:31

La crise sanitaire déclenchée en 2020 a laissé une empreinte profonde et durable sur l’économie tunisienne. Entre le déclenchement de la pandémie et l’année 2024, ce sont 159 304 entreprises privées qui ont définitivement fermé leurs portes.

 

Loin de s’être cantonné à la seule période de confinement sanitaire, ce choc s’est mué en une crise d’usure économique. Les données révèlent la fragilité d’un tissu entrepreneurial dominé par des structures individuelles sans amortisseur financier, balayées au fur et à mesure que les mesures d’urgence s’estompaient et que la crise macroéconomique s’installait.

Au plus fort des restrictions sanitaires en 2020, le nombre de radiations est resté artificiellement contenu à 20 714 unités, un niveau historiquement bas favorisé par le ralentissement de l’appareil judiciaire, les délais administratifs et les moratoires bancaires. L’effet de rattrapage ne s’est pas fait attendre. Après une remontée à 29 481 fermetures en 2021, l’année 2022 a connu un point de rupture absolu avec 59 430 cessations d’activité recensées. Ce pic s’explique par l’épuisement des liquidités des entreprises à la fin des aides exceptionnelles et la forte poussée inflationniste post-conflit ukrainien. Si le rythme a décéléré en 2023 (34 751) et en 2024 (14 928), le coût global pour le tissu productif formel demeure considérable.

 

L’hémorragie des travailleurs indépendants

Le profil des entreprises qui ont mis la clé sous la porte montre qu’il ne s’agit pas d’un démantèlement de grandes industries, mais de l’anéantissement massif du micro-entrepreneuriat. Les exploitants individuels sous statut de *personne physique représentent 91,2 % des radiations (145 357 fermetures). Ce déséquilibre se reflète encore plus nettement dans les effectifs déclarés. 96,6 % des entreprises disparues (153 921 structures) n’employaient aucun salarié. À l’inverse, les PME employant 10 salariés et plus ne comptent que pour 250 cas au total sur les cinq années, illustrant la résistance relative du capital structuré face à l’extrême vulnérabilité des petits commerçants et artisans isolés.

 

Le commerce et les services de proximité en première ligne

La structure sectorielle des fermetures met en avant les activités dépendantes des flux quotidiens de consommation et du pouvoir d’achat des ménages. Le secteur du commerce et de la réparation automobile et motocycles concentre, à lui seul, 75 135 sorties, soit 47,2 % du total, dont plus de 61 500 dans le seul commerce de détail. En deuxième position, la branche transports et entreposage totalise 20 612 disparitions (12,9 %). L’industrie manufacturière arrive en troisième position (15 330 sorties, soit 9,6 %), suivie de l’hôtellerie et de la restauration (10 201 fermetures, 6,4 %) et du BTP (8 159 sorties, 5,1 %).

Le régime onshore et les promoteurs tunisiens concentrent respectivement 98,2 % et 99,1 % des cessations d’activité. Les entités offshore ont traversé la tempête sans vague majeure de liquidations. Le fait d’avoir un marché extérieur qui affiche une demande est un garant de continuité d’activité, contrairement au marché local fortement impacté par un pouvoir d’achat effrité.

 

Les grands pôles au cœur de la tourmente

La répartition géographique des fermetures montre que le Nord-Est polarise plus de 42,4 % des sorties d’entreprises (67 660), tiré par le gouvernorat de Tunis qui compte à lui seul 21 754 cessations d’activité, suivi par Nabeul (11 012), Ben Arous (9 598) et l’Ariana (9 508). Le Centre-Est regroupe quant à lui 22,3 % des fermetures (35 457 fermetures), réparties entre Sfax (13 446), Sousse (9 905) et Monastir (7 392). Les régions de l’intérieur et du Sud, bien que moins pourvues en unités formelles, enregistrent des pertes importantes dans leurs centres urbains tels que Médenine (8 769 sorties) et Kairouan (5 993 sorties).

 

Les statistiques de la période 2020 – 2024 montrent que le choc pandémique et les tensions inflationnistes n’ont pas seulement suspendu l’activité économique. C’est vrai que sur la même période, 213 997 entreprises ont vu le jour, mais ce n’est pas nécessairement dans les mêmes domaines et qui demandent une main d’œuvre ayant les mêmes compétences. In fine, cette situation a poussé des dizaines de milliers de petits indépendants hors du circuit officiel, alimentant la précarisation du travail et le repli vers le secteur informel.

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La dangereuse inflation sous-jacente

09. September 2026 um 09:18

Parmi les chiffres les plus marquants de ces derniers jours, mais qui semblent passer inaperçus, nous trouvons l’inflation sous-jacente, celle hors produits alimentaires et énergie. Elle est à 4,9%, soit le même niveau de décembre 2025.

Ce problème est préoccupant, car une inflation sous-jacente qui persiste indique que la hausse des prix n’est plus causée par des chocs ponctuels ou volatils, mais qu’elle s’est diffusée et enracinée au cœur de l’économie. La flambée initiale des intrants ou des importations s’est transmise aux prix des services (loyers, santé, transport, restauration) et des produits industriels. Ce n’est plus une flambée saisonnière ou internationale temporaire, mais une révision continue des barèmes tarifaires domestiques.

Ce que nous allons observer, et c’est déjà le cas, ce sont les effets de second tour prix-salaires/coûts. Les entreprises répercutent leurs hausses de coûts d’exploitation et de financement pour préserver leurs marges, tandis que les salariés cherchent à compenser leur perte de pouvoir d’achat. Ces ajustements successifs de coûts de revient vont maintenir une pression haussière. Et lorsque les agents économiques s’habituent à une inflation durable, ils intègrent préventivement de futures hausses de prix dans leurs contrats, leurs devis et leurs négociations commerciales, ce qui auto-entretient la dynamique.

Pour la Banque centrale, la rigidité des prix à la baisse la contraint à conserver un taux directeur élevé, empêchant un assouplissement des conditions de crédit. Des taux d’intérêt durablement élevés, combinés à l’incertitude sur les coûts futurs, découragent l’emprunt bancaire des entreprises, réduisent l’investissement matériel et limitent le potentiel de croissance à moyen terme.

Tout cela conduit à la réduction du revenu disponible réel des ménages, pesant sur la consommation privée, le moteur de la croissance qui fonctionne encore. C’est le piège d’une spirale auto-entretenue dont l’économie peine aujourd’hui à s’extraire.

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La startup française d’IA Mistral mobilise 3 milliards d’euros

08. September 2026 um 14:40

Mistral, une startup parisienne qui développe des modèles d’IA, a annoncé hier avoir levé des financements de 3 milliards d’euros, sous la conduite du géant des puces mémoire Samsung, alors que la startup française cherche à s’imposer comme une alternative européenne face à des rivaux tels qu’OpenAI et Anthropic.

La pépite française cherche à se positionner comme une alternative non américaine et non chinoise dans le secteur de l’IA, répondant ainsi à la volonté grandissante de l’Europe et d’autres régions de disposer d’une IA souveraine. D’ailleurs, parmi les investisseurs, figure le Scaleup Europe Fund, un fonds d’investissement soutenu par l’Union européenne. Mistral est donc valorisée (post-money) de plus de 21 milliards d’euros. Une année auparavant, elle valait 11,7 milliards d’euros. Le revenu récurrent annuel de Mistral dépassera le seuil de 1 milliard de dollars en 2026.

L’objectif de cette opération est de développer davantage d’infrastructures, y compris des centres de données, et à louer de la puissance de calcul. La société vise 200 mégawatts de capacité d’ici à 2027, et un gigawatt d’ici à 2030.

Stratégiquement, Mistral souhaite adopter une approche différente de celle d’OpenAI et d’Anthropic, en collaborant avec des entreprises individuelles afin de créer des outils d’IA sur mesure adaptés à leurs besoins et de les intégrer à leurs activités. En concrétisation de cette approche, la startup a annoncé une alliance avec Humain, l’entité saoudienne d’IA fondée sous l’égide du fonds souverain. Porté par un investissement de plusieurs centaines de millions d’euros, ce partenariat vise à concevoir et déployer des modèles d’IA à l’échelle régionale, avec comme priorités initiales la cybersécurité et les technologies vocales. L’accord prévoit également l’accès de Mistral aux infrastructures de calcul de son partenaire saoudien, tout en ciblant conjointement les marchés hautement régulés.

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Les startups africaines ont levé 1,920 milliard de dollars en 2026

08. September 2026 um 14:24

Selon les statistiques d’Africa : The Big Deal, 31 startups africaines ont mobilisé des fonds au mois d’août 2026, pour un montant supérieur ou égal à 100 000 dollars. Au total, les montants levés se sont élevés à 455 millions de dollars. En termes de valeur, c’est une performance par rapport à ce qui a été enregistré sur les douze derniers mois, où la moyenne mensuelle est de 220 millions de dollars. Par contre, avec seulement 31 entités concernées, le niveau d’activité s’est situé nettement en dessous de la moyenne de la même période (43 opérations par mois).

Autre caractéristique des opérations d’août 2026 : la forte concentration. En fait, 84 % des montants sont captés par les cinq transactions les plus importantes. Il s’agit de Moove (250 millions de dollars), Jumia (50 millions de dollars), Yellow Card (40 millions de dollars), Moment (22 millions de dollars) et ValU (21 millions de dollars). Par pays, le Nigeria a accaparé 364 millions de dollars, soit 80 % du total des financements.

Au niveau des sorties, Tamweely a été rachetée par l’égyptien eFinance pour un montant de 95 millions de dollars. Une seconde opération a concerné Chpter, acquise par le kényan Cloud9. Cela porte à 30 le nombre cumulé de sorties depuis le début de l’année 2026.

Le mois d’août modifie partiellement la trajectoire de l’année 2026. Sur les huit premiers mois de l’année, les startups africaines ont collecté 1,920 milliard de dollars, en repli de 9 % en glissement annuel. Les financements en fonds propres ont progressé de 23 % sur un an pour s’établir à 1,350 milliard de dollars.

Au total, 269 entités ont levé au moins 100 000 dollars depuis le début de l’année, contre 332 à la même date en 2025, tandis que le nombre d’investisseurs actifs répertoriés est passé de 368 à 288 (-22 % sur un an).

Les chiffres demeurent en demi-teinte, mais confirment que les bailleurs de fonds regardent, de plus en plus, la profitabilité en premier lieu, beaucoup plus que la croissance.

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Les entreprises étrangères, un poumon structurel de l’emploi en Tunisie

08. September 2026 um 13:07

La question de l’attractivité des investissements étrangers ne relève pas d’une simple rhétorique sur les équilibres extérieurs ou les flux de devises. Elle constitue un socle pour la stabilité du marché du travail en Tunisie.

 

Les données issues du Registre national des entreprises (RNE) apportent un éclairage quantitatif sur cette réalité. Sur un effectif global de 1 164 914 salariés recensés dans le secteur privé fin 2024, les entreprises de nationalité étrangère emploient directement 248 332 personnes. Autrement dit, plus d’un salarié formel sur cinq dépend aujourd’hui d’une entreprise étrangère établie sur le territoire national. Dans une économie fragilisée par la persistance du chômage des jeunes et l’extension du secteur informel, cette contribution fait du capital étranger un stabilisateur macroéconomique de premier plan.

 

 

Forte présence dans l’industrie et les services

Cette empreinte est marquée par une hyper-concentration dans les métiers manufacturiers et les chaînes de valeur tournées vers l’exportation. À elle seule, l’industrie absorbe 192 183 salariés sous pavillon étranger, soit plus de 77 % de l’ensemble des emplois générés par les sociétés étrangères dans le pays. Dans l’appareil productif industriel tunisien, qui compte 565 061 postes déclarés, plus d’un tiers des effectifs relève ainsi directement d’entités internationales.

Le poids des capitaux étrangers devient critique dès lors que l’on observe les segments d’intégration industrielle avancée. L’industrie des composants automobiles et matériels de transport illustre cette dépendance productive. Plus de 65 % des effectifs formels du secteur (soit 37 969 salariés sur 57 690) travaillent pour des firmes étrangères. Il en va de même dans la filière du cuir et de la chaussure, où la part étrangère atteint 55 % (14 645 postes), ainsi que dans les industries des produits électriques, électroniques et optiques, où le capital étranger revendique 46 % des emplois (46 761 salariés). Quant au textile-habillement, pilier historique de l’emploi manufacturier féminin, il abrite le plus important contingent en volume avec 66 207 salariés employés par des groupes internationaux, soit 40 % des forces vives de la branche.

À côté du secteur manufacturier, une forte présence est également observée dans le secteur tertiaire. Le cas des Technologies de l’information et de la communication (TIC) est particulièrement révélateur. Les entreprises étrangères y emploient 19 965 personnes sur un total de 39 073, contrôlant ainsi 51 % de l’emploi salarié formel du secteur.

Ce positionnement majoritaire confirme que le vivier d’ingénieurs et de profils qualifiés tunisiens constitue un facteur d’attraction déterminant pour les multinationales du numérique. La même dynamique soutient les activités de services administratifs et de soutien, qui regroupent près de 23 500 postes étrangers, ainsi que le conseil et l’ingénierie technique (7 522 postes).

 

L’économie locale n’attire pas

Par contre, et dans les secteurs régulés ou principalement orientés vers la consommation locale, la présence étrangère est marginale. La contribution dans l’emploi est inférieure à 1 % dans le commerce (1 175 emplois étrangers sur 153 439), dans l’agriculture et la pêche (126 emplois) et dans l’hôtellerie-restauration (517 emplois). Le cadre réglementaire, les barrières à l’entrée et le régime de convertibilité ont historiquement cantonné l’investisseur étranger au statut d’opérateur offshore, sans véritable porosité avec le tissu entrepreneurial local.

Ces chiffres rappellent une équation économique fondamentale. Préserver l’emploi formel et les cotisations sociales en Tunisie passe impérativement par la compétitivité du site d’accueil vis-à-vis des investisseurs internationaux. À l’heure où les exigences de transition énergétique, la taxe carbone aux frontières européennes et la concurrence régionale s’intensifient, tout signal négatif sur le climat des affaires, la logistique portuaire ou la stabilité réglementaire fait peser un risque direct non seulement sur les flux de capitaux, mais aussi sur un quart des salariés du secteur privé tunisien.

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BTE: un retour aux bénéfices, mais urgence de fonds propres

08. September 2026 um 08:08

Les états financiers de la Banque de Tunisie et des Émirats (BTE) affichent un redressement. Après avoir accusé une perte nette de 5,453 MDT au 30 juin 2025, l’établissement de crédit a clôturé les six premiers mois de l’exercice 2026 sur un résultat net bénéficiaire de 1,408 MDT (avant modifications comptables).

De même, le PNB a bondi de 25,3% en rythme annuel, totalisant 43,635 MDT. Cette amélioration trouve son explication dans les revenus du portefeuille d’investissement, qui sont passés de 9,004 MDT au premier semestre 2025 à 19,122 MDT fin juin 2026. Cette impulsion provient en grande partie de la cession de la participation détenue dans le capital de la BNA Bank, laquelle a dégagé une plus-value nette de 5,923 MDT. À l’inverse, l’activité courante de crédit demeure atone. La marge d’intérêt s’est établie à 9,573 MDT contre 8,538 MDT une année auparavant.

Sur le front des charges d’exploitation, l’effet de ciseau reste pesant. Les frais de personnel ont poursuivi leur ascension, progressant de 8,9% pour absorber 23,480 MDT, tandis que les charges générales d’exploitation se sont renchéries de 11,4%, à 10,190 MDT. Le coût du risque s’est stabilisé à 6,071 MDT, permettant au résultat d’exploitation de revenir en territoire positif à 1,380 MDT.

Le bilan financier est par ailleurs grevé par les conclusions d’un contrôle fiscal approfondi couvrant la période 2021-2024 ainsi que l’exercice 2018. Ce redressement a contraint la banque à inscrire une modification comptable nette de 1,360 MDT. Le résultat effectif après modifications comptables est donc ramené à 0,048 MDT. Le montant des pertes fiscales reportables de la BTE s’élève désormais à 46,420 MDT.

La solvabilité est à un niveau critique. Le total des capitaux propres s’établit à 29,125 MDT, laminé par 158,259 MDT de résultats reportés négatifs, soit un niveau très inférieur au plancher de 50 MDT prescrit par l’article 32 de la loi bancaire n° 2016-48. Les fonds propres nets de base sont tombés à une valeur négative de -2,705 MDT, entraînant un ratio de solvabilité global et un ratio Tier 1 négatifs à -0,21%, à comparer aux seuils réglementaires minimaux respectifs de 10 et 7%.

Si le premier semestre offre un répit comptable grâce à la cession d’actifs de portefeuille, la banque a toujours besoin d’une recapitalisation substantielle et de la poursuite du perfectionnement de son modèle d’exploitation.

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UIB: une résilience confirmée

02. September 2026 um 09:59

L’Union internationale de banques (UIB) a publié ses états financiers intermédiaires, marqués par une progression de sa profitabilité nette, un élargissement de sa marge d’intermédiation et une gestion rigoureuse de ses équilibres bilanciels, le tout dans un environnement réglementaire et fiscal particulièrement exigeant.

Au terme des six premiers mois, la banque a dégagé un bénéfice net semestriel de 52,286 MDT en hausse de 6,6% en glissement annuel.

Le résultat des activités ordinaires a progressé plus nettement, de 17,0%, à 57,395 MDT, avant d’absorber une charge exceptionnelle de 5,109 MDT au titre des éléments extraordinaires, composée pour l’essentiel d’une taxe conjoncturelle au profit du budget de l’État à hauteur de 4,245 MDT.

Le PNB s’est établi 273,783 MDT, en appréciation de 5,9% comparativement au premier semestre 2025

Cette performance commerciale est d’autant plus notable qu’elle intègre de plein fouet l’application de l’article 412 ter du Code de commerce, qui s’est traduite par une minoration directe de 15,800 MDT sur les revenus d’intérêts clientèle pour 28 098 dossiers traités éligibles.

La résistance du PNB découle d’une contraction sensible du coût des ressources. Les charges d’intérêts bancaires ont reflué de 10,3%, à 170,611 MDT, principalement sous l’effet de l’allègement des charges sur dépôts clientèle. Parallèlement, l’activité de marché et de change a généré des gains sur portefeuille-titres commercial et opérations financières de 28,059 MDT, tandis que les commissions nettes perçues sont restées quasi stables à 76,87 MDT.

Le coût net du risque sur créances, hors bilan et passifs, s’est inscrit en diminution de 6,7%, s’établissant à 25,409 MDT. Le portefeuille d’actifs classés reste maîtrisé à 759,387 MDT sur un total d’engagements bruts de 7 737,934 MDT.

En Bourse, le titre affiche un bon rendement depuis le début de l’année. Les chiffres publiés sont positifs et confirment que la banque est sur la bonne voie.

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Amen Bank au top

02. September 2026 um 09:29

Les états financiers intermédiaires d’Amen Bank ont confirmé l’élan de rentabilité de l’établissement de crédit. Au terme des six premiers mois de l’exercice 2026, Amen Bank a dégagé un bénéfice net de 161,947 MDT, contre 130,897 MDT à la même période en 2025, soit une hausse de 23,7%.

La performance opérationnelle a été portée par l’élargissement du produit net bancaire, qui a franchi un nouveau palier pour atteindre 362,427 MDT, en progression annuelle de 17,7%. Dans le détail de la formation des revenus d’exploitation, le portefeuille d’investissement a joué un rôle déterminant. Les revenus tirés de cette activité ont bondi de 32,7% pour se hisser à 189,310 MDT.

Du côté des risques, les dotations nettes aux provisions sur créances se sont établies à 57,800 MDT, contre 52,178 MDT au premier semestre 2025. La banque maintient un profil de couverture prudent. Le taux de provisionnement des créances classées atteint 72,21% (et 63,99% hors agios réservés), pour un taux d’engagements classés contenu à 8,70% du portefeuille global.

Sur le front de la liquidité, l’institution consolide ses marges de manœuvre avec un ratio LCR (liquidity coverage ratio) à court terme ressortant à 163,0%, bien au-dessus du plancher réglementaire de 100% imposé par la BCT.

Par ailleurs, et faisant suite à la parution du décret n° 2026-148 du 23 juillet 2026 relatif aux micro-financements sur l’honneur, Amen Bank a formellement comptabilisé dans ses engagements de financement hors bilan une enveloppe de 19,892 MDT, correspondant exactement à la quote-part obligatoire de 8% du résultat de l’exercice 2025.

Les réalisations de la banque sont bonnes et les actionnaires ne peuvent qu’être satisfaits. Sur le marché, le titre surperforme de loin le Tunindex. C’est l’un des meilleurs investissements bancaires des dernières années.

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La BCT détaille les aspects opérationnels des « crédits sur l’honneur »

02. September 2026 um 08:05

La promulgation, mardi 1er septembre 2026, de la circulaire n° 2026-08 par la Banque centrale de Tunisie consacre l’opérationnalisation d’un instrument inédit dans le paysage bancaire national, celui des microcrédits et microfinancements sur l’honneur.

 

Un mécanisme financé sur les bénéfices bancaires

Le dispositif instauré par l’autorité monétaire repose sur un principe d’allocation financière singulier. En effet, l’architecture financière dévoilée par les annexes de la circulaire prévoit l’obligation pour chaque banque commerciale d’instituer une ligne de financement autonome sur l’honneur, alimentée directement par un prélèvement réglementaire de 8 % de son résultat comptable net annuel, tel qu’approuvé par l’Assemblée générale ordinaire des actionnaires.

 

Lire aussi : Crédits et microfinancements sur l’honneur : la BCT impose une plateforme numérique dans chaque banque

 

Sur le papier, cette allocation systématique des bénéfices du secteur bancaire vers des financements sans sûretés matérielles constitue une mutualisation de la création de valeur bancaire au profit de la cohésion socio-économique et de l’essor des initiatives locales.

En mobilisant les ressources propres des établissements, sans recourir à un endettement extérieur, le régulateur confère à cette ligne une nature quasi-patrimoniale. Les banques assument ainsi une responsabilité directe dans le recyclage de leurs surplus financiers vers des segments traditionnellement exclus des circuits d’intermédiation classiques, tout en supportant les flux de déblocages et les recouvrements périodiques au sein d’un compte spécifiquement audité et retracé mensuellement auprès de l’Institut d’émission (Banque centrale).

 

L’exclusivité du canal numérique

Sur le plan opérationnel, la circulaire introduit une rupture majeure avec les pratiques coutumières d’octroi de crédit. Désormais, l’accès à ces financements sur l’honneur est subordonné à un dépôt exclusivement dématérialisé. La circulaire interdit formellement la réception de requêtes physiques en agence et contraint chaque banque assujettie à concevoir et déployer une plateforme informatique dédiée, rigoureusement alignée sur les normes de cybersécurité et de protection des données personnelles.

Au cœur de cette dématérialisation obligatoire réside l’intégration d’un cachet d’horodatage électronique infalsifiable. Ce sceau temporel joue un rôle juridique décisif. Il enregistre de manière irrévocable la minute exacte de la soumission de la demande et conditionne strictement l’ordre d’instruction des dossiers, matérialisant le principe fondamental d’antériorité.

Par ailleurs, c’est ce même repère temporel qui déclenche le décompte des délais légaux imposés aux établissements pour statuer sur les requêtes, prévenant ainsi toute inertie discrétionnaire ou traitement asymétrique et garantissant une équité transparente entre les demandeurs de financement.

 

Lire également : De l’injonction administrative au levier géoéconomique : comment réussir le pari du crédit d’honneur à taux zéro

 

Vigilance prudentielle

Bien que qualifiés de concours « sur l’honneur » en raison de l’absence des garanties réelles habituellement exigées, ces crédits ne constituent aucunement une distribution à fonds perdus exonérée de contrôle. La Banque centrale a rappelé que les établissements demeurent pleinement tenus d’appliquer leurs politiques internes de sélectivité, leurs règles de contrôle interne, ainsi que les directives de gouvernance et de couverture des risques en vigueur.

Pour conjurer l’aléa moral et endiguer le risque de déperdition des liquidités, l’autorité monétaire impose une interrogation obligatoire et instantanée de la Centrale des Risques préalablement à tout déblocage effectif de fonds. Cette disposition vise à vérifier qu’aucun bénéficiaire ne cumule un engagement antérieur non soldé au sein du même régime, que ce soit auprès de sa propre banque ou d’un établissement concurrent.

 

Défis sectoriels

L’entrée en vigueur de la circulaire, fixée au 1er octobre 2026, place le système bancaire face à une triple équation : achever dans des délais restreints l’infrastructure technique des plateformes en ligne, calibrer des outils de scoring comportemental adaptés à des porteurs de projets dépourvus de garanties tangibles, et concilier l’impact de ce prélèvement sur fonds propres avec la rentabilité globale.

Le succès de cette réforme résidera dans la capacité des banques à transformer cette obligation réglementaire en un levier pérenne d’élargissement de leur base de clientèle et d’accompagnement de l’économie réelle. Autrement, la facture des créances classées sera lourde, réduisant ainsi les bénéfices et, donc, les montants à allouer à de nouveaux crédits dans les années à venir.

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SPDIT-SICAF, le placement qui ne déçoit jamais

01. September 2026 um 09:41

Encore des résultats exceptionnels pour la SPDIT-SICAF, la filiale gestionnaire d’actifs du groupe SFBT. Ses états financiers pour la première moitié de 2026 confirment une machine à bénéfices bien huilée. Le résultat net ressort en progression de 17,6% en glissement annuel, à 29,182 MDT.

Les produits d’exploitation ont totalisé 32,126 MDT, portés par un flux colossal de dividendes issus des participations non cotées (18,741 MDT), provenant en grande partie des filiales du groupe. À cela s’ajoutent 2,383 MTND de dividendes des placements cotés et des plus-values de cessions qui ont bondi à 5,421 MDT, grâce à une stratégie active sur des valeurs comme Attijari Bank, Sotetel, Monoprix, CIL et Attijari Leasing, profitant d’un marché en pleine euphorie.

Côté placements monétaires, les revenus ont reculé légèrement à 2,546 MDT (contre 2,865 MDT un an plus tôt). Les reprises sur provisions antérieures étaient de 2,919 MDT. Les six premiers mois ont été marqués par l’absence de provisions pour dépréciation de titres. Le résultat d’exploitation est de 31,112 MDT.

Le gestionnaire de portefeuilles dispose d’un gisement de plus-values latentes de 52,771 MDT alors que le coût d’acquisition de ces actions est de 9,936 MDT seulement. Un tel écart ne doit rien au hasard, mais à une sélection rationnelle des titres et à une philosophie d’investissement de long terme.

Une fois encore, la SPDIT-SICAF assoit son statut d’ovni financier sur la place. Sans conteste, ce titre s’impose comme l’un des piliers de la performance boursière, et sa rareté en fait un placement de premier ordre.

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Le gaz, un autre casse-tête

01. September 2026 um 09:20

L’Europe peine à remplir ses stocks de gaz naturel avant l’hiver. Ce qui accroît le risque qu’une concurrence avec l’Asie pour les approvisionnements fasse passer les prix au-dessus à leurs niveaux records d’il y a quatre ans. 

 

Les stocks de gaz de l’Union européenne (UE) s’élèvent à environ 63 %, selon les données de Gas Infrastructure Europe. Il s’agit de l’un des niveaux les plus bas jamais enregistrés pour cette période de l’année, 18 % en dessous de la moyenne quinquennale. Les contrats à terme européens de référence TTF néerlandais ont atteint un pic cette semaine, à plus de 70 euros par mégawattheure, leur plus haut niveau depuis début fin 2022.

 

Marché européen fragile 

Goldman Sachs est claire : si les exportations de GNL du Moyen-Orient ne se normalisent que progressivement d’ici 2027, les prix à terme du gaz naturel devraient dépasser les 100 euros par mégawattheure pour freiner suffisamment la demande asiatique et permettre à l’Europe de gérer ses niveaux de stockage tout au long de l’hiver.

Ce qui inquiète, c’est que les stocks de gaz sont historiquement bas. Les perturbations du transport maritime par le détroit d’Ormuz ont fortement réduit les exportations de GNL des principaux producteurs du Golfe, comme le Qatar, pendant la saison de reconstitution des stocks de gaz de l’Europe.

L’été caniculaire qu’a connu le Vieux continent a par ailleurs stimulé la demande de climatisation et d’autres appareils énergivores, alors que la demande de gaz, largement utilisé pour le chauffage et la cuisson en Europe, diminue naturellement. Le gaz représente environ un sixième de la production d’électricité de l’UE.

Les conditions météorologiques ont également réduit l’offre des sources d’énergie alternatives. La chaleur a entraîné une baisse de la production nucléaire, les centrales étant contraintes de fermer ou de réduire leur production dans toute la région. Tandis que la production éolienne a été faible durant l’été.

L’Europe est donc en voie d’aborder l’hiver avec un stock tampon insuffisant pour faire face au froid de la fin de l’hiver. Toutefois, il est possible que le renforcement du phénomène météorologique El Niño crée un début d’hiver doux dans le nord-est de l’Asie, ce qui réduirait la demande.

 

Espoirs d’une réouverture d’Ormuz 

Une variable cruciale est de savoir si des volumes significatifs de GNL en provenance du Moyen-Orient reviendront avant l’hiver. Une reprise significative des exportations signifierait que, bien que l’Europe soit toujours susceptible de débuter l’hiver avec des stocks inconfortables, elle pourrait préserver une plus grande partie de ses stocks pour les pics de froid de janvier et février. Mais rien n’est certain compte tenu de la géopolitique volatile entourant cette voie de navigation vitale.

Si les flux de GNL du Moyen-Orient ne retrouvent pas des niveaux élevés avant l’hiver, le Vieux continent serait confronté à des prix du gaz très élevés, à des factures plus lourdes pour les consommateurs et, dans le pire des cas, à des limitations de la consommation industrielle de gaz.

La concurrence avec l’Asie pour les cargaisons de GNL restera également intense, car la croissance de l’offre mondiale est limitée au cours des prochains mois. Les nouveaux projets au Qatar ne devraient pas atteindre leur pleine capacité avant la seconde moitié de 2027.

 

Impact direct sur la Tunisie 

Pour la Tunisie, ce sujet est une priorité absolue. Notre électricité est produite essentiellement à partir de gaz naturel importé. À ces niveaux annoncés de prix, la facture énergétique subirait un choc. Une hausse durable des cours se traduirait mécaniquement par une aggravation du défit budgétaire. Le gouvernement semble avoir fait un choix stratégique implicite, celui de ne pas répercuter la hausse des prix sur les consommateurs. Cette décision, compréhensible à court terme, signifie que l’État supportera seul le déficit budgétaire.

Toutefois, il n’y a pas de risque de dérapage pour les finances publiques vu que les grands équilibres seront maintenus. Évidemment, cela sera au détriment de la croissance et de l’investissement. Dans un pays où les besoins en développement sont immenses et où les appels d’offres pour les projets structurants (transport, eau, digitalisation, énergies renouvelables) se multiplient, ce rétrécissement de l’espace budgétaire est un frein à l’objectif de relance.

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L’ATL aux premières loges

01. September 2026 um 09:09

L’Arab Tunisian Lease – ATL – a publié ses états financiers intermédiaires, confirmant une trajectoire de croissance soutenue, conjuguée à une gestion prudente de ses risques. La compagnie a enregistré une hausse de son encours financier brut à 706,553 MDT. Le portefeuille sectoriel demeure bien diversifié. Les commerces et services représentent la plus large part avec 337,123 MDT, soit 47,7%, suivis de l’hôtellerie et du tourisme (139,950 MDT, soit 19,8%), de l’industrie (93,99 MDT, soit 13,3%) et de l’agriculture (82,583 MDT, soit 11,7%). Par type de biens, le matériel roulant demeure le vecteur prépondérant de l’encours (598,029 MDT), loin devant le matériel spécifique (67,511 MDT) et les équipements professionnels (26,878 MDT).

Les produits bruts de leasing se hissent à 52,368 MDT fin juin 2026, contre 48,489 MDT une année auparavant. Les charges financières nettes sont demeurées contenues à 21,583 MDT (+4,7% en glissement annuel), bénéficiant d’un coût moyen semestriel des ressources ramené à 4,50% (contre 4,83% au premier semestre 2025). En conséquence, le produit net de leasing s’est établi à 33,812 MDT, en progression annuelle de 10,4%. Avec une hausse maîtrisée des charges d’exploitation (+5,3%, à 8,906 MDT), le résultat brut d’exploitation avant provisions a progressé de 12,4%, à 24,905 MDT.

La masse globale des créances classées (classes B2, B3 et B4) a totalisé 53,639 MDT. Le ratio des actifs non performants s’est établi à 6,72% au 30 juin 2026, contre 6,99% à fin 2025 et 7,93% au 30 juin 2025 (soit un recul appréciable de 121 points de base). Le taux de couverture des actifs non performants par les provisions et agios réservés s’est renforcé pour atteindre 89,32% (contre 85,06% un an auparavant). Les dotations nettes aux provisions et coût du risque clientèle ont reculé de 24,2% pour s’établir à 2,027 MDT, contre 2,676 MDT au premier semestre 2025. Le résultat net semestriel a réalisé un bond de 20,4%, s’établissant à 13,555 MDT. Le bénéfice net par action (BPA) semestriel est passé de 0,346 à 0,417 TND.

Par ailleurs, l’ATL poursuit l’intégration des standards ESG. Elle a mis en œuvre un Système de gestion environnementale et sociale (SGES) catégorisant les risques environnementaux et sociaux dès la phase d’octroi. Elle a scellé un partenariat technique avec Expertise France et Smart Consult pour l’intégration du risque climatique dans le processus d’évaluation des risques de crédit et la mise en place des premières bases méthodologiques pour l’élaboration d’un bilan carbone.

Le titre ATL reste sur une performance exceptionnelle depuis le début de l’année. Ces résultats expliquent les raisons d’une telle confiance dans la compagnie.

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Rachat de Deoleo par Dcoop: naissance imminente d’un géant espagnol de l’huile d’olive

19. August 2026 um 13:25

Les actions du groupe espagnol Deoleo, propriétaire de marques grand public renommées telles que Bertolli et Carbonell, ont bondi de plus de 20% ce matin sur fond d’intensification de la bataille pour le rachat du premier embouteilleur et distributeur d’huile d’olive au monde.

Ce mouvement boursier intervient alors que, selon plusieurs informations, le groupe coopératif agroalimentaire espagnol Dcoop aurait proposé 470 millions d’euros pour acquérir Deoleo, prenant ainsi la tête d’une course multinationale au rachat qui implique des entreprises italiennes, françaises et australiennes. Selon le journal espagnol El Economista, Dcoop devance les sociétés italiennes Coricelli, Bonifiche Ferraresi et Newlat Food, l’entreprise française Lesieur (groupe Avril) et l’australien Cobram Estate Olive. La vente n’est pas encore finalisée, mais elle serait dans sa phase finale, avec une conclusion initialement attendue en septembre.

Si elle aboutit, cette opération renforcerait le leadership de l’Espagne dans un secteur stratégique en créant un nouveau géant de l’huile d’olive, regroupant un large portefeuille de marques. Cela crée un acteur intégré verticalement, contrôlant la production, le conditionnement et les canaux de distribution internationaux.

Cela ajouterait une nouvelle couche de pression sur le vrac tunisien. La Tunisie exporte encore l’écrasante majorité de son huile d’olive en vrac vers l’Espagne et l’Italie. Face à un méga-acheteur ibérique qui contrôle ses propres approvisionnements, les exportateurs tunisiens risquent d’avoir un pouvoir de négociation réduit. Un géant ibérique surpuissant consolidera ses parts dans la grande distribution européenne, américaine et asiatique, rendant la pénétration des marques tunisiennes plus difficile. Une opération à ne pas sous-estimer.

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Industrie : entre embellie agroalimentaire et essoufflement de l’amont productif

19. August 2026 um 12:20

Au terme du premier semestre de l’année 2026, l’appareil productif tunisien affiche une évolution positive avec une progression de l’Indice de la Production Industrielle (IPI) de 2,9 % en glissement annuel. Cette orientation favorable se confirme également sur le deuxième trimestre, qui enregistre une hausse de 1,5 % par rapport à la même période de 2025.

L’examen de la trajectoire mensuelle met en évidence un profil cyclique classique, caractérisé par un point bas au mois de mars suivi d’une nette accélération au cours du deuxième trimestre pour atteindre un indice de 96,7 en juin.

Toutefois, ce tableau d’ensemble masque de fortes disparités sectorielles et révèle une croissance tirée par un nombre restreint de moteurs conjoncturels plutôt que par une dynamique manufacturière homogène. La performance globale du semestre repose principalement sur la vigueur de trois branches d’activité. En premier lieu, les industries agroalimentaires signent une hausse remarquable de 9,3 % sur les six premiers mois (+2,6 % au deuxième trimestre), portée en grande partie par l’envolée de la branche des huiles et corps gras (+44 % sur le semestre).

Parallèlement, le secteur du raffinage de pétrole enregistre un bond exceptionnel de 123,4 % en glissement semestriel, consécutif à la reprise normale des activités après les arrêts techniques majeurs subis au cours de l’année précédente. Enfin, les industries mécaniques et électriques (IME) confirment leur statut de pilier industriel avec une croissance robuste de 4,0 % sur le semestre et 3,8 % au deuxième trimestre, soutenue par le dynamisme de la fabrication de matériel électrique (9,5 %) et des équipements de communication (9,6 %).

À l’opposé de cette embellie, plusieurs secteurs stratégiques traversent une phase de contraction marquée qui pèse sur l’équilibre productif national. Les industries chimiques accusent un recul significatif de -9,2 % sur le semestre (-6,4 % au second trimestre), directement imputable à l’effondrement de la production des produits chimiques de base (-29,6 %). Cette contre-performance s’articule avec les difficultés persistantes du secteur minier, dont l’activité fléchit de -3,5 % sur le semestre et plonge de -9,9 % au deuxième trimestre, affectée par la baisse d’extraction des minéraux destinés aux engrais.

Dans le même temps, le secteur textile, habillement et cuir demeure sous pression avec un repli de -3,4 % sur le semestre, tandis que les matériaux de construction et céramiques cèdent -4,1 %, traduisant l’atonie persistante de la demande dans le secteur du bâtiment.

L’analyse de ces chiffres met en exergue des enseignements fondamentaux sur la structure de l’économie industrielle tunisienne. Les filières manufacturières intégrées à l’export ou valorisant les campagnes agricoles maintiennent un niveau d’activité soutenu, tandis que l’amont minier, énergétique et chimique continue de faire face à des contraintes structurelles d’exploitation et d’approvisionnement.

La part déterminante jouée par l’effet de base du raffinage et la saisonnalité oléicole indique que la croissance sous-jacente reste modérée. Dès lors, la consolidation de cette reprise nécessitera impérativement la levée des goulots d’étranglement logistiques dans le bassin minier et la relance des investissements industriels afin d’élargir les bases de la valeur ajoutée locale.

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Emploi: une précarité féminine alarmante

17. August 2026 um 11:50

Alors que les statistiques globales de l’emploi pour le deuxième trimestre 2026 laissent entrevoir une apparente stabilité, voire une légère baisse du chômage national de 10 points de base à 14,9%, une lecture désagrégée par sexe révèle une réalité bien plus sombre. La situation des femmes sur le marché de l’emploi tunisien continue de se détériorer à un rythme préoccupant.

Le contraste entre les deux genres est particulièrement marquant au cours du dernier trimestre. Le taux de chômage a reculé de 0,5% pour les hommes (11,8%), alors qu’il progresse de 0,9% côté femmes pour grimper à 21,6%.

Le taux de chômage féminin est désormais près de deux fois supérieur à celui des hommes. Les femmes subissent de plein fouet les aléas du marché de l’emploi, représentant une part disproportionnée des personnes en quête d’activité.

Au-delà du seul chômage, l’intégration économique globale des femmes montre des signes de repli sévère. Le taux d’activité des femmes est tombé à 27,1% au T2 2026 (contre 28,9% au T1 2026), tandis que celui des hommes culmine à 63,3%. Moins d’une femme sur trois en âge de travailler participe à la vie active.

Le nombre de femmes actives a chuté de 1 379 000 à 1 302 800, soit une perte de plus de 76 000 femmes sorties de la population active en l’espace d’un seul trimestre. Le nombre de femmes occupant un emploi est passé de 1 094 000 à 1 022 100.

L’indicateur le plus critique concerne sans doute les diplômées de l’enseignement supérieur. Si les femmes constituent la majorité des diplômés universitaires du pays, le marché du travail sanctionne lourdement leur profil. Le taux de chômage des diplômés du supérieur atteint 26,6% au niveau national (en hausse par rapport aux 24,2% du trimestre précédent). Chez les femmes diplômées, ce taux est de 35,6% (contre 32,0% au T1 2026). En comparaison, le chômage des hommes diplômés reste stable à 14,2%. Plus d’une femme diplômée sur trois est aujourd’hui au chômage, affichant un taux de chômage supérieur de 21,4 points à celui de leurs homologues masculins de même niveau d’instruction.

Les chiffres démontrent que les améliorations conjoncturelles du marché de l’emploi profitent quasi exclusivement à la population masculine. Il faut de nouvelles politiques publiques axées sur la levée des freins à l’embauche des femmes, l’adéquation formation-emploi dans les filières tertiaires, et la valorisation des compétences féminines dans les secteurs à forte valeur ajoutée.

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Siphat: dynamique commerciale mais défi persistant de l’endettement

17. August 2026 um 09:07

La Société des industries pharmaceutiques de Tunisie (Siphat) a publié ses indicateurs d’activité pour le deuxième trimestre et le premier semestre 2026.

Le chiffre d’affaires officinal semestriel est passé de 0,563 MDT fin juin 2025 à 1,825 MDT une année plus tard, porté principalement par les formes sèches (1,363 MDT).

Avec 2,676 MDT au premier semestre 2026 contre 2,812 MDT durant la même période 2025, l’activité hospitalière reste le principal contributeur aux revenus. Le ralentissement a concerné les formes sèches (1,419 MDT).

Les exportations se sont élevées à 0,151 MDT. La Siphat a précisé que ces médicaments exportés correspondent à des lots produits en 2025 et enlevés au 2e trimestre 2026 en raison de contraintes logistiques liées au client étranger.

Malgré la reprise opérationnelle, la structure financière de la Siphat demeure sous tension. L’endettement total atteint 164,218 MDT au 30 juin 2026, affichant une augmentation de 22% en rythme annuel. L’essentiel de de cette dette est dû à l’État et aux entreprises publiques (à hauteur de 82%). Face à cette situation, la direction est en train d’élaborer un projet de restructuration globale. Ce plan stratégique a pour vocation d’assainir le passif financier, de rétablir la compétitivité de l’entreprise et de garantir sa pérennité à long terme. Pour rappel, au cours du mois de mai, la société a annoncé la remise en service de sa ligne de production de flacons de solutions liquides, et ce, après plusieurs années d’interruption.

Le redressement du laboratoire est crucial pour l’industrie pharmaceutique nationale et, surtout, pour l’approvisionnement des établissements hospitaliers.

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SFBT: solidité des chiffres au-delà de la conjoncture

17. August 2026 um 08:42

La Société de fabrication des boissons de Tunisie (SFBT) a dévoilé ses états financiers intermédiaires arrêtés au 30 juin 2026.

Les revenus semestriels ont atteint 379,281 MDT, en hausse de 6% en glissement annuel. Cette évolution est portée par les ventes de produits fabriqués (bières et boissons gazeuses principalement), qui s’élèvent à 346,833 MDT. Les ventes de marchandises revendues en l’état se sont établies à 25,168 MDT.

Les approvisionnements consommés ont totalisé 183,430 MDT. Les charges de sous-traitance ont été optimisées à 26,914 MDT (contre 64,557 MDT un an plus tôt) à la suite de l’évolution du modèle économique de mise en boîtes avec la filiale SEABG.

Grâce à la maîtrise des coûts d’exploitation, qui n’ont augmenté que de 2,3%, à 286,927 MDT, le résultat d’exploitation a gagné 19,5%, à 96,055 MDT.

Par ailleurs, et fidèle à sa vocation de holding agroalimentaire, la SFBT a comptabilisé 106,532 MDT de produits de placement, dont 103,20 MDT de dividendes directs encaissés auprès de ses filiales et participations stratégiques. Cela a permis d’afficher un résultat net de 185,067 MDT fin juin 2026, contre 169,637 MDT à la même date en 2025.

À noter que la société a reçu deux taxations d’office (vérification approfondie 2019 pour 36,026 MDT et vérification 2017 pour 9,335 MDT) qui font l’objet d’expertises judiciaires avec des audiences fixées en octobre 2026, la société ayant souscrit à des échéanciers de paiement du principal pour bénéficier de l’amnistie sur les pénalités. Une vérification approfondie (2021-2024) est actuellement en cours.

La SFBT s’est pourvue en appel contre la décision de première instance du Conseil de la concurrence, datant du mois de mai 2024, lui infligeant une amende de 12,995 MDT (19,985 MDT pour le groupe).

Avec la douane, un accord de conciliation a été conclu pour régler la pénalité sur rapatriement des recettes d’exportation (relatives aux exercices 2000-2024) de 11,517 MDT avec paiements échelonnés réguliers.

Ces éléments ne remettent aucunement en question la qualité des chiffres publiés par la société, qui confirme, encore une fois, sa capacité à améliorer sa profitabilité, quelle que soit la conjoncture économique.

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