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Tunisie : la flambée des prix libres alimente l’inflation

08. Juni 2026 um 06:00

L’analyse à long terme de l’économie tunisienne révèle une pression inflationniste quasi permanente depuis plus d’une décennie. Entre janvier 2015 et mai 2026, le taux d’inflation mensuel moyen s’est établi à 0,5 %, traduisant une augmentation constante et linéaire du coût de la vie.

 

Après une période de relative stabilité en 2015-2016 (autour de 0,3 % par mois), l’indice des prix a connu une première accélération en 2018, avant d’être temporairement freiné par la crise sanitaire du Covid-19 en 2020 (0,4 %). C’est l’année 2022 qui s’impose comme le point culminant de cette crise. Sous l’effet du choc mondial sur les matières premières et l’énergie, la moyenne mensuelle a grimpé à 0,8 %, enregistrant un pic historique absolu en avril 2022 avec une hausse brutale de 1,4 % en un seul mois. Bien que les années 2024 et 2025 aient amorcé une trajectoire de désinflation, les données de l’année 2026 rappellent la persistance des tensions avec un rebond de la moyenne mensuelle à 0,5 %.

Le poids immuable de la saisonnalité

Au-delà des cycles macroéconomiques, l’inflation en Tunisie répond à un schéma saisonnier cyclique très net, rythmé par les habitudes de consommation et le calendrier social. Deux cycles qui impactent le budget des ménages peuvent être identifiés. Le premier concerne le mois d’avril, souvent corrélé avec la hausse de la demande sur les produits alimentaires (périodes de fêtes et/ou de Ramadan) et d’octobre qui coïncide avec la rentrée scolaire et universitaire.

Le second cycle est celui de février et d’août, qui correspondent aux soldes d’hiver et d’été et une offre élevée des produits agricoles frais.

 

 

Le gap “libre vs encadré“

Au mois de mai 2026, l’inflation globale se stabilise à 5,5 % en glissement annuel, loin du sommet de 10,4 % atteint au début de l’année 2023. Toutefois, ce chiffre masque une profonde fracture structurelle selon le régime de tarification.

Les prix des produits administrés affichent une grande stabilité avec seulement 1,2 % de hausse sur un an. À l’opposé, les produits à prix libres s’envolent de 6,7 %. Ce phénomène est particulièrement exacerbé dans le secteur alimentaire, où l’alimentation encadrée ne progresse que de 0,2 %, tandis que l’alimentation libre subit une hausse vertigineuse de 9,3 % sur un an. Le bouclier tarifaire de l’État protège donc les produits de base, mais le mécanisme de marché libre expose les consommateurs à une forte volatilité.

Le choc des protéines et de l’habillement au cœur du quotidien

L’analyse sectorielle de mai 2026 met en évidence les secteurs qui pénalisent le plus le pouvoir d’achat des Tunisiens. Les articles d’habillement et chaussures affichent la plus forte hausse annuelle avec 9,1 %, suivis de près des produits alimentaires à 8,2 %.

Au sein du panier alimentaire, c’est une véritable crise des protéines animales qui se dessine. Le prix de la viande ovine explose de +21,8 % sur un an (dont 9,7 % sur le seul mois de mai), talonné par la volaille (15,6 %) et la viande bovine (+14,1 %). Les produits frais comme les légumes (12,2 %) et le poisson (11,9 %) maintiennent également une forte pression. Seuls quelques rares produits, à l’image des huiles alimentaires (-6,1 %) et des œufs (-4,6 %), apportent une contribution négative venant atténuer l’indice.

L’inflation sous-jacente s’enracine

Pour les institutions financières, le point de vigilance majeur reste l’inflation sous-jacente, qui se maintient à un niveau élevé de +4,8 % en mai 2026. L’analyse des contributions montre que l’inflation n’est plus seulement une crise agricole ou énergétique passagère. Elle s’est solidement diffusée à l’ensemble de l’économie.

Les produits manufacturés mènent la marche en contribuant à hauteur de 1,7 % à l’inflation globale, suivis du secteur des services à 1,4 %. Dans cette dernière catégorie, ce sont les services d’hébergement et l’hôtellerie qui agissent comme un accélérateur majeur, affichant une progression de 15,9 % sur un an. L’inflation s’est ainsi transformée en un phénomène structurel endogène, solidement ancré dans le tissu industriel et commercial du pays.

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PGH : résilience, transition énergétique et création de valeur, les trois piliers d’un succès tunisien

04. Juni 2026 um 08:58

« L’année 2025 ne se résume pas à une simple succession de chiffres, mais constitue un véritable succès de résilience collective pour Poulina Group Holding (PGH) ».

 

Dans un contexte économique complexe, le Groupe a maintenu le cap et démontré sa solidité opérationnelle. Les produits d’exploitation de PGH ont atteint 3 569 millions de dinars, en progression de 3 %. Tandis que le résultat net consolidé s’est envolé à 204,9 millions de dinars. Soit une hausse spectaculaire de 26,4 %. Cette performance témoigne d’une stricte discipline pour les coûts et d’une optimisation continue des processus.

 

Une structure financière maîtrisée

Malgré des investissements d’envergure, PGH conserve une situation financière équilibrée. Les dettes brutes se sont établies à 2 303 millions de dinars, un niveau stable. Le gearing (rapport dettes nettes sur fonds propres) est de 1,28x, parfaitement contrôlé.

Par ailleurs, le besoin en fonds de roulement diminue continuellement pour s’établir à 894 millions de dinars. Soit une réduction de six jours de chiffre d’affaires par rapport à l’année précédente, grâce à une baisse des niveaux de stocks.

 

Des métiers diversifiés et une performance à l’export

PGH déploie ses activités sur huit secteurs complémentaires. L’agroalimentaire constitue le premier métier avec 42 % des revenus, suivi par l’intégration avicole (27,6 %), le commerce et services (9,6 %), la transformation d’acier (6,2 %) et les matériaux de construction (6,1 %). Le chiffre d’affaires local représente 90 % du total, mais l’export progresse à 344 millions de dinars. Cinq filiales concentrent à elles seules 82 % des revenus à l’export : MEDOIL, MBG, PAF, EL MAZRAA et PROINJECT.

 

Des actionnaires généreusement récompensés

La performance exceptionnelle du Groupe profite largement à ses actionnaires. Le dividende par action atteint 0,670 dinar, en hausse de 48,9 % par rapport à l’exercice précédent.

De plus, PGH procède à une augmentation de capital par incorporation de réserves, attribuant une action gratuite pour vingt actions possédées.

Le cours de l’action évolue favorablement, avec un plus haut à 28,500 dinars en 2026 et une capitalisation boursière de 5 130 millions de dinars.

 

Des acquisitions stratégiques pour l’avenir

Deux mouvements majeurs structurent la stratégie de développement du Groupe. D’une part, l’acquisition de 45,5 % du groupe JMH, représentant 29,8 % de SAH Lilas, consolide les fondamentaux de PGH dans les produits de grande consommation. D’autre part, le lancement d’un processus préparatoire de spin-off des activités agroalimentaires permettra à ce secteur d’évoluer de manière autonome.

 

La transition énergétique, priorité absolue

L’année 2025 a vu le déploiement massif d’installations photovoltaïques sur l’ensemble des sites de production. Ce choix stratégique vise à sécuriser durablement les coûts d’exploitation et à réduire l’empreinte carbone du Groupe. Actuellement, 43 sites sont équipés pour une puissance de 17 MWe, avec un objectif de 66,5 MWe à l’horizon 2030.

Par ailleurs, neuf unités de cogénération totalisent 38,5 MWe, devant atteindre 49,5 MWe d’ici 2030. Les résultats sont déjà au rendez-vous : économie d’énergie de 35 000 Tep par an, soit une progression de 96 %, et évitement de 87 000 tonnes de CO₂ par an, en hausse de 95 %. Un projet pilote innovant associe panneaux solaires et stockage par batteries pour garantir une alimentation stable et ininterrompue, même en l’absence d’ensoleillement.

 

Une gestion exemplaire de l’eau et des déchets

Dans le domaine hydrique, PGH a traité un million de mètres cubes d’eau en 2025, soit une augmentation de 85 %. Le taux de réutilisation atteint 72 %, dépassant largement l’objectif national fixé à 50 %. Côté déchets solides, 95 % sont recyclés et traités, seuls 5 % étant dirigés vers la décharge publique. Les filiales du secteur emballage consacrent 16 millions de dinars à l’achat de déchets, transformant ainsi les déchets en ressources utiles.

 

Un volet social et sociétal ambitieux

Poulina Group Holding place l’humain au cœur de sa stratégie. L’effectif compte 30 % de femmes, 4 000 contrats ont été convertis en CDI et 1 800 sous-traitants sont intégrés durablement. La qualité de vie au travail bénéficie de 24 millions de dinars d’investissements dédiés à l’environnement et à la sécurité, soit 11,5 % des investissements matériels du Groupe.

La sécurité au travail progresse également : 3,7 millions de dinars investis dans la prévention et la protection, et le nombre de jours perdus suite à des accidents diminue de 9 %.

Enfin, 580 000 dinars sont investis dans des actions de promotion de l’éducation, d’aide sociale et de dons.

 

Une gouvernance renforcée et transparente

Le Groupe a procédé à une refonte complète du modèle fonctionnel de l’audit, désormais organisé en structure transverse centralisée, gage d’efficacité accrue et d’homogénéisation des contrôles. La gestion des risques intègre désormais les enjeux liés au changement climatique.

Sur le plan éthique, PGH s’appuie sur une charte de l’employé stricte et un département de contrôle des achats.

Le Groupe renforce par ailleurs son impact économique durable en portant à 42 % la part de ses achats auprès des PME. Enfin, un dialogue continu avec les collaborateurs, structuré par des réunions hebdomadaires rigoureuses avec les commissaires aux comptes, guide les décisions stratégiques.

 

Des perspectives de croissance solides jusqu’en 2028

Le plan d’investissement 2026-2028 prévoit une moyenne de 336 millions de dinars par an, contre 195 millions par an sur la période 2016-2025. Les secteurs prioritaires sont l’agroalimentaire, l’avicole, l’emballage, ainsi que les projets photovoltaïques et les nouveaux projets comme polyphos.

Le business plan anticipe une progression moyenne annuelle de 4,6 % des revenus, qui atteindraient 4 079 millions de dinars en 2028. La marge brute passerait à 1 537 millions de dinars (+4,9 % par an) et l’EBITDA à 729 millions de dinars (+5,1 % par an).

Ces perspectives confirment la capacité de PGH à conjuguer performance financière, création de valeur actionnariale et responsabilité sociétale.

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