❌

Normale Ansicht

Banque mondiale : 30 % des emplois agricoles tunisiens menacés d’ici 2050

29. September 2026 um 14:16

Le stress hydrique devient un risque économique et social majeur pour la Tunisie. La Banque mondiale estime que 30 % des emplois agricoles pourraient disparaître d’ici 2050.

L’enjeu est particulièrement important pour la Tunisie, où l’agriculture représente environ 14 % de l’emploi national, une proportion qui atteint jusqu’à la moitié des emplois dans certaines zones rurales. Le secteur joue également un rôle essentiel dans la sécurité alimentaire du pays. Selon la Banque mondiale, il assure en moyenne la moitié de la production de blé, 65 % de celle des céréales secondaires et 90 % de la production de viande rouge, tout en couvrant l’essentiel des besoins en fruits, légumes, volailles et œufs.

La pression sur le secteur devrait s’accentuer avec la raréfaction des ressources hydriques, s’inquiète l’institution de Bretton Wood dans son rapport. La Tunisie dispose actuellement d’environ 380 m³ d’eau douce renouvelable par habitant et par an, un niveau largement inférieur au seuil international de pénurie absolue. Le changement climatique et l’augmentation de la demande devraient encore accentuer cette pression.

Lire aussi: Rapport Banque mondiale : l’analyse de Ridha Chkoundali

Les conséquences ne se limiteraient pas à l’emploi. L’institution de estime que l’inaction face au stress hydrique pourrait entraîner une baisse importante de la production agricole. Son dernier prévoit notamment une diminution de 29 % de la valeur ajoutée agricole d’ici 2050 en cas d’inaction climatique, contre 7 % pour l’industrie et 3 % pour les services.

Un risque qui dépasse le monde rural

L’impact économique pourrait ainsi se transmettre à l’ensemble de la chaîne de valeur. Une baisse de la production agricole affecterait l’agroalimentaire, les industries utilisant des matières premières agricoles, les exportations et, plus largement, les revenus des ménages ruraux. La BM souligne également que les effets du stress hydrique pourraient toucher d’autres secteurs dépendants de l’eau, notamment le tourisme et l’industrie.

Face à ce risque, les experts de la Banque considèrent que la gestion de l’eau doit devenir un élément central de la politique économique. Le « Plan Eau 2050 » prévoit environ 900 millions de dollars d’investissements par an jusqu’au milieu du siècle. Mais l’institution estime que les investissements dans les infrastructures devront être accompagnés de réformes de la gouvernance de l’eau, d’une amélioration de la gestion de l’irrigation, d’une réduction des pertes dans les réseaux et d’un développement de la réutilisation des eaux usées.

Lire également: Tunisie : 21,6 % de chômage chez les femmes, contre 11,8 % chez les hommes

Pour la Tunisie, le défi dépasse donc la seule question de l’approvisionnement en eau. Il s’agit désormais de préserver la capacité de production agricole, les emplois ruraux et une partie de l’activité économique face à une ressource qui devient de plus en plus rare.

L’article Banque mondiale : 30 % des emplois agricoles tunisiens menacés d’ici 2050 est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Chômeurs diplômés : la « Marche de la dignité » entame ses 300 km vers Carthage

28. September 2026 um 11:50

Des dizaines de diplômés du supérieur au chômage ont pris la route à pied, dimanche 27 septembre, depuis Menzel Bouzaiane (gouvernorat de Sidi Bouzid) en direction du palais présidentiel de Carthage, à quelque 300 kilomètres.

Ils réclament l’application accélérée de la loi de décembre 2025 sur le recrutement exceptionnel des chômeurs de longue durée. Baptisée « Marche de la dignité » par ses participants, cette marche pacifique est partie dans la matinée de Menzel Bouzaiane. Des proches de chômeurs, parents et enfants, ont rejoint le cortège, a indiqué Wassim Jedi, secrétaire général du bureau régional des diplômés chômeurs, à Diwan FM. Les marcheurs scandent « Travail, liberté, dignité nationale ».

Leur revendication principale : la mise en œuvre rapide de la loi n° 18 de 2025, qui prévoit le recrutement dans la fonction publique et le secteur public de diplômés du supérieur sans emploi depuis dix ans ou plus. Ils veulent remettre leurs doléances directement au président Kaïs Saïed.

Une participante, Wiem Othmani, a déclaré à Al-Araby TV que les protestataires avaient épuisé les autres options après de nombreux sit-in, et que Carthage restait leur dernier recours.

A cet égard, notons qu’adoptée le 16 décembre 2025 par l’Assemblée des représentants du peuple (92 voix pour, une contre et quatre abstentions), la loi a été publiée au Journal officiel de la République le 23 décembre 2025, sous la date du 22 décembre. Elle organise un recrutement échelonné sur trois ans. Les dossiers sont déposés via une plateforme numérique. Les candidats y sont classés selon leur âge, l’année d’obtention de leur diplôme et leur situation sociale. Certaines sources font état de conditions supplémentaires, comme un âge supérieur à 40 ans et l’inscription dans un bureau de l’emploi.

Pourtant, plusieurs mois après sa publication, ses bénéficiaires potentiels attendent toujours son application, faute de décrets d’application et de lancement de ladit3 plateforme.

Ainsi, les chômeurs redoutent que le texte ne connaisse le même sort que la loi n° 38 de 2020, votée par le Parlement précédent et jamais appliquée.

L’article Chômeurs diplômés : la « Marche de la dignité » entame ses 300 km vers Carthage est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Nouveau programme: les PME auront un diagnostic pour savoir par où commencer

28. September 2026 um 10:41

Une entreprise peut vouloir automatiser sa production, intégrer des équipements connectés ou utiliser l’intelligence artificielle. Encore faut-il savoir par où commencer. En Tunisie, un nouvel outil doit justement permettre aux industriels de mesurer leur niveau de préparation au numérique et d’identifier les technologies dont ils ont réellement besoin.

Le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie et l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (APII), avec l’Union européenne et la GIZ Tunisie, lancent le Label I4.0 et TIMA, pour Tunisian Intelligent Manufacturing Assessment. Le lancement est prévu le 30 septembre à Tunis.

TIMA doit servir de point de départ. L’outil permet d’évaluer la maturité numérique d’une entreprise, d’identifier ses besoins et de mieux définir les prochaines étapes. Il sera disponible dans cinq Centres de compétences à Sousse, Sfax, Bizerte, Sidi Thabet et Monastir.

L’accompagnement ne s’arrête toutefois pas au diagnostic. À travers le HUB Industrie 4.0, les entreprises peuvent ensuite identifier les pistes d’amélioration et tester des solutions sur des projets pilotes, avant de viser le Label I4.0. L’idée est de permettre aux industriels d’avancer étape par étape plutôt que de multiplier les investissements technologiques sans feuille de route claire.

Pour les entrepreneurs et les entreprises technologiques, cette évolution crée aussi de nouveaux besoins à adresser. Automatisation, équipements connectés et intelligence artificielle figurent parmi les domaines déjà concernés par les initiatives développées depuis 2018 avec l’appui de l’Allemagne et de l’Union européenne.

Le sujet dépasse donc la seule digitalisation des usines. À mesure que les industriels cherchent à moderniser leurs activités, les entreprises capables de proposer des solutions adaptées peuvent trouver de nouveaux débouchés. Le diagnostic devient alors un premier lien entre un besoin industriel et une solution technologique.

 

L’article Nouveau programme: les PME auront un diagnostic pour savoir par où commencer est apparu en premier sur Managers.

De 300 à 1 000 emplois : le pari tunisien d’Intelcia

24. September 2026 um 15:01

Le groupe marocain Intelcia a inauguré, le 24 septembre 2026, un nouveau site au Lac 2 à Tunis. D’une capacité de 850 positions, il a l’ambition de porter ses effectifs sur place à environ 1 000 collaborateurs, contre plus de 300 actuellement.

Fondé en 2000, Intelcia est aujourd’hui présent dans 19 pays et emploie 40 000 collaborateurs. Son implantation tunisienne, récente et réalisée par acquisition, complète le dispositif du groupe en Afrique du Nord, où il est également présent au Maroc et en Égypte depuis 2019. Son cofondateur et CEO Karim Bernoussi précise que ces trois implantations permettent ensemble de couvrir plusieurs capacités linguistiques et de répondre à des marchés variés.

Le directeur général d’Intelcia pour le Maroc et la Tunisie, Saad Berrada, situe ce développement dans une logique de diversification, destinée à offrir aux clients une plateforme compétitive appuyée sur des compétences locales. Il juge que la Tunisie a déjà fait ses preuves dans les métiers de service et que son écosystème est satisfaisant pour accompagner la croissance du groupe. Le site opère aujourd’hui dans les secteurs des télécommunications et du voyage, avec l’ambition d’y ajouter d’autres domaines afin de proposer une expérience client combinant les ressources humaines, la technologie et l’intelligence artificielle. Les deux métiers structurants d’Intelcia — la relation client et l’informatique — ont vocation à être développés depuis Tunis.

Sur le plan des ressources humaines, le recrutement doit porter sur des managers, des spécialistes et des profils francophones, sans se limiter à cette seule dimension. En effet, des activités multilingues sont déjà opérationnelles depuis la Tunisie pour desservir les marchés italien et américains, en complément des marchés français, tunisien et d’autres marchés européens et internationaux.

Karim Bernoussi justifie ce choix par le niveau de formation des ressources locales, leur maîtrise de plusieurs langues et une proximité culturelle avec l’Europe, où se trouvent les principaux clients du groupe. Pour convaincre les donneurs d’ordre de la pertinence de la destination tunisienne, Intelcia prévoit d’y inviter régulièrement des clients afin qu’ils constatent directement la qualité des infrastructures et des équipes.

Interrogé sur ce qui distingue Intelcia de ses concurrents, M. Bernoussi met en avant une gouvernance restée entre les mains de ses fondateurs et dirigeants — une configuration qu’il juge rare pour une entreprise approchant le milliard de dollars de valeur. Il y voit un atout permettant une proximité réelle avec les clients et des cycles de décision rapides, appréciés selon lui tant par les clients que par les salariés. À la suite d’un rachat de l’entreprise par ses managers, le capital sera désormais détenu par l’ensemble des dirigeants et directeurs du groupe.

S’adressant aux futurs recrutés tunisiens, M. Bernoussi présente Intelcia comme une entreprise à dimension humaine, offrant des perspectives d’évolution professionnelle localement ou à l’international. Il place le bien-être des collaborateurs au rang de priorité, le considérant comme le facteur déterminant du succès futur du groupe. Saad Berrada, de son côté, se dit confiant dans la capacité de la Tunisie à absorber cette montée en puissance, estimant réunies les conditions nécessaires à ce développement.

L’article De 300 à 1 000 emplois : le pari tunisien d’Intelcia est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

❌