Normale Ansicht

Empfangen — 06. August 2026 Französischsprachig

Tunisie | Baisse d’activité dans le marché de l’or

06. August 2026 um 12:57

Contrairement aux années précédentes, le secteur de l’or en Tunisie n’a pas connu la reprise habituellement observée lors de l’afflux de touristes algériens et libyens, notamment pendant la saison estivale, a indiqué Hatem Ben Youssef, président de la Chambre syndicale des bijoutiers, dans une déclaration à Mosaïque, mercredi 5 août 2026.

Les activités du secteur sont en baisse constante d’année en année, a indiqué le responsable syndical, en précisant que la plupart des touristes algériens se rendent dans les bijouteries de Souk El Berka à Tunis, ou sur d’autres marchés, pour vendre de l’or — et non pour en acheter — afin de se procurer les liquidités nécessaires pour couvrir leurs frais de séjour et leurs déplacements entre les villes et les destinations touristiques.

Il en est de même pour les touristes libyens, dont un grand nombre se rend en Tunisie pour vendre de l’or, notamment pour financer des soins médicaux.

Quant aux Tunisiens résidant à l’étranger — qui ont longtemps été parmi les principaux moteurs du marché de l’or, notamment durant leurs vacances d’été en Tunisie—, ils ne jouent plus ce même rôle comme auparavant.

S’agissant de la saison des mariages, également propice aux achats de bijoux, elle est désormais davantage tributaire du pouvoir d’achat des citoyens, ainsi que de la hausse constante et de l’instabilité des prix de l’or observées ces dernières années, a aussi expliqué le président de la Chambre syndicale des bijoutiers, précisant que le prix du gramme d’or neuf s’élève actuellement à environ 500 dinars, voire plus, tandis que l’or d’occasion peut être acquis à des tarifs avoisinant les 340 dinars le gramme.

L’or d’occasion racheté par les bijoutiers se répartit en trois catégories : l’or destiné à être poli et remis en vente, l’or destiné à la fonte et au recyclage, et enfin l’or ayant perdu son poinçon officiel avec le temps — lequel peut être accepté dans certains cas, bien qu’une grande partie de ce type d’or soit détournée vers le marché parallèle.

M. Ben Youssef a souligné que, malgré la fluctuation des cours mondiaux de l’or, il reste possible d’acheter des bijoux pour la mariée à des prix compris entre 2 500 et 5 000 dinars, selon le budget et les goûts. Il a ajouté que de nombreuses femmes privilégient désormais des pièces plus légères aux designs épurés, mieux adaptées à leur pouvoir d’achat.

Par ailleurs, les prix de l’or 9 carats sont estimés entre 100 et 150 dinars, tandis que ceux de l’or 18 carats ont reculé de 160 à 190 dinars.

I. B.

L’article Tunisie | Baisse d’activité dans le marché de l’or est apparu en premier sur Kapitalis.

Conseils médicaux pour bien traverser la vague de chaleur

06. August 2026 um 12:06

Les températures grimpent, et avec elles, le risque pour la santé. Comment bien traverser ces journées caniculaires ? Mauvais sommeil, maux de tête et problèmes de concentration : la chaleur pèse sur le corps et l’esprit. Dans le pire des cas, elle peut devenir mortelle. Avec le changement climatique, les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes, plus intenses et plus longues – devenant ainsi l’un des plus grands risques pour la santé en été. Comment se protéger, quels signaux d’alarme prendre au sérieux et quels mythes sur la chaleur ont la vie dure ? En ma qualité de médecin pédiatre, voici ce que je conseille.

Dr Salem Sahli *

La chaleur représente un stress pour l’organisme. Lors de températures élevées, le cœur, les reins et la circulation sanguine tournent à plein régime. L’organisme tente de maintenir sa température corporelle constante. Et cela coûte de l’énergie avec pour conséquences des problèmes circulatoires, des maux de tête et des difficultés de concentration.

Les personnes particulièrement vulnérables sont les personnes âgées, les jeunes enfants et les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires ou d’autres maladies chroniques. Mais la chaleur peut s’avérer très dangereuse même pour les personnes en bonne santé. Même si l’on se sent en forme, il convient d’adapter son quotidien lors des journées de canicule et de renoncer durant la journée à tout ce qui fatigue le corps, qu’il s’agisse du jardinage ou du sport.

L’une des règles les plus importantes est de boire suffisamment. En transpirant, le corps ne perd pas seulement de l’eau, mais aussi des minéraux. C’est pourquoi toute personne qui transpire abondamment doit non seulement boire en quantité suffisante, mais aussi veiller à un apport adéquat en électrolytes, par exemple via des boissons isotoniques.

Le corps souffre d’une vague de chaleur de jour comme de nuit. Si les températures ne descendent pas en dessous de 20°C, on parle de nuit tropicale. L’organisme peut alors à peine se régénérer, car il doit continuer à dépenser de l’énergie pendant le sommeil pour se refroidir. Ceux qui ont du mal à s’endormir devraient appliquer des compresses fraîches, prendre une douche tiède avant de se coucher et n’utiliser qu’une couverture légère. Je déconseille en revanche les douches glacées qui ont tendance à stimuler le corps plutôt qu’à le détendre. Un rafraîchissement doux, comme un bain de pieds froid, est bien plus judicieux.

Les personnes sous traitement médical doivent redoubler de vigilance les jours de forte chaleur. La perte d’eau réduit le volume sanguin, ce qui augmente la concentration de certains médicaments dans le sang. Les médicaments agissent alors différemment. Cela concerne surtout les antihypertenseurs et les diurétiques. La chaleur pouvant abaisser davantage la pression artérielle, le dosage doit être adapté avec le médecin traitant, jamais de son propre chef.

Lors de la prise d’antalgiques, il faut veiller à boire beaucoup pour maintenir une bonne irrigation des reins. Les sédatifs, quant à eux, peuvent atténuer les signaux d’alarme émis par le corps. Il est également essentiel de conserver les médicaments au frais et au sec, conformément à la notice.

Les jours de canicule, il faut être attentif aux signaux d’alerte : si l’on ne se sent pas bien, qu’on a des vertiges, des maux de tête ou des démarches hésitantes, il faut prendre cela au sérieux. La règle est alors de se mettre immédiatement à l’ombre ou dans un endroit frais, de s’asseoir ou de s’allonger, et de refroidir progressivement son corps. Si des symptômes tels que des crampes musculaires, des difficultés respiratoires ou des malaises circulatoires apparaissent, il faut contacter immédiatement les secours.

La chaleur n’affecte pas seulement le corps – elle impacte aussi le mental. Les gens sont plus irritables, plus agressifs et souffrent plus souvent d’anxiété. Une étude américaine menée sur 45 ans a montré que les violences augmentent les jours de canicule. En plus du potentiel d’agressivité, le risque de suicide augmente également.

Le corps est tellement concentré sur la régulation de sa température que le moindre stress supplémentaire le surcharge rapidement. De plus, l’équilibre hormonal est perturbé. Le cerveau sécrète davantage d’hormones de stress comme le cortisol ou l’adrénaline, ce qui peut favoriser l’agitation, l’anxiété et les états dépressifs.                                                                                                                                                         

Insolation, coup de chaleur ou malaises : lors des journées chaudes, les services d’urgence sont sollicités bien plus souvent qu’à l’accoutumée. Bien souvent, un simple coup d’œil et un contact tactile suffisent pour identifier le problème. La chaleur monte dans le corps, les gens ont souvent le visage très rouge. Quand on touche leur peau, elle est totalement sèche parce qu’ils ont déjà évacué toute leur transpiration.

Les personnes âgées sont particulièrement exposées. Elles ne boivent pas assez et sont souvent habillées trop chaudement. Je suis souvent surpris, en me promenant en ville, de voir que même par forte chaleur, les personnes âgées restent habillées de façon très stricte. Au lieu de pantalons longs et de chemises, des tissus clairs et légers sont recommandés. Les courses ou les promenades doivent être planifiées de préférence tôt le matin ou en soirée.

Pour éviter que les logements ne surchauffent, il faut aérer à fond tôt le matin, puis garder fenêtres et volets fermés. On n’aère à nouveau que lorsque la température extérieure baisse en soirée.

Il est également conseillé de privilégier des repas légers, une consommation d’eau suffisante et un peu moins de café afin d’éviter de surcharger le système cardiovasculaire.

* Médecin pédiatre.

L’article Conseils médicaux pour bien traverser la vague de chaleur est apparu en premier sur Kapitalis.

Tunisie – Algérie | Aux origines d’un contentieux territorial

06. August 2026 um 11:28

L’auteur de cette tribune répond à l’article du Dr Abderrahmen Cherfouh ‘‘En diabolisant l’Algérie, on dessert les intérêts de la Tunisie’’, qui répondait, pour sa part, à un article de l’ambassadeur Elyes Kasri intitulé ‘‘Les menaces réelles de l’instabilité tunisienne’’, tous deux publiés par Kapitalis. Il situe les relations tuniso-algériennes, et notamment les vieux différends frontaliers entre les deux pays, dans leur contexte historique exact, loin de toute propagande ou de révisionnisme. (Photo : Houari Boumediene revient sur la parole donnée par le GPRA et Ahmed Ben Bella à Habib Bourguiba).

 Abderrahmane Fekih *

Je n’ai aucune raison de douter de votre sincérité mais je dois à la vérité d’apporter quelques éclaircissements à votre discours par des faits historiques que vous semblez ignorer, dans le seul but de rétablir la vérité afin de mieux dépasser nos malentendus pour ne pas dire nos différends.

Attaché comme vous à des relations algéro-tunisiennes de coopération fraternelle à l’abri de tous risques de conflit mais j’ai du mal à comprendre les faits exposés ci-après à moins que vous ayez des éléments de réponse correctifs que je ne connais pas.

La dimension coloniale des frontières terrestres

Durant l’occupation de l’Algérie par la France celle-ci se croyant installée pour toujours a annexé plus d’un territoire de tous les pays limitrophes à l’Algérie : c’est une vérité historique bien établie.

A l’aube de l’indépendance, la Tunisie a réclamé à la France de lui restituer les territoires spoliés, le contentieux n’est-il pas franco-tunisien sur le plan juridique Dr. Cherfouh ?

La réaction du GPRA à l’époque fut immédiate, en prétendant que c’est «un coup de poignard dans le dos de l’Algérie combattante» et d’ajouter qu’après l’indépendance de l’Algérie «le problème sera réglé entre frères». La mauvaise foi du GPRA ne peut être plus flagrante car transformer un litige franco-tunisien en litige algéro-tunisien n’est pas la meilleure façon de le résoudre, mais d’«acheter du temps ! ». Car la France ayant rogné de façon arbitraire des terres sur le territoire tunisien pour les annexer à l’Algérie, il était de son devoir de corriger son abus de pouvoir d’autant plus qu’elle avait le pouvoir de le faire sans aucune difficulté et sans léser l’Algérie : c’était juste retour à la situation antérieure.

Le GPRA n’a rien voulu savoir et a maintenu sa position contre toute logique. Ainsi donc tout se passe comme si le GPRA s’est déjà approprié les territoires annexés.

Quand l’Algérie a recouvré son indépendance le gouvernement tunisien a rappelé au gouvernement algérien sa promesse de solution à l’amiable («entre frères» !) du problème. Mais le gouvernement algérien, au lieu d’honorer son engagement envers la Tunisie (vous savez certainement comme moi le caractère sacré de la parole donnée dans notre culture commune), a préféré se référer au principe de ne pas modifier les frontières héritées de la colonisation décrété par l’Organisation de l’Unité Africaine de l’époque pour éviter à l’Afrique les affres des guerres de frontières. Ce principe étant décrété après l’engagement pris par le GPRA n’est pas opposable à la Tunisie car il ne pouvait pas avoir d’effet rétroactif (vous en convenez j’espère, vous qui semblez si bien connaitre le droit).

Devant la position ferme de l’Etat algérien, Bourguiba a préféré contre mauvaise fortune faire bon cœur pour ne pas entrer en conflit (pour ne pas dire en guerre) contre son voisin en déclarant qu’«il renonce à ses revendications (pourtant légitimes) en hommage aux martyres algériens».

C’est dans ce contexte qu’il faut placer l’accord du 20 mars 1970 : ce dernier n’est pas le résultat d’une négociation (mais d’un rapport de forces !) entre deux partenaires égaux mais entre une Algérie dominante imbue de sa puissance (et non de son droit) et une Tunisie qui n’a pour elle que la légitimité des faits historiques qui ne pèsent pas lourds malheureusement dans les relations internationales.

Certes l’accord ci-dessus (résultat du rapport des forces de l’époque !) a réglé définitivement le problème sur le plan juridique pour établir la paix entre voisins mais pas sur le plan légitimité. La mémoire populaire en gardera souvenir longtemps comme d’une injustice insupportable.

Le comble c’est que l’Etat Algérien, pour remercier Bourguiba de son geste de conciliation, n’a pas trouvé mieux que de forer un puit oblique pour pomper le pétrole du seul bassin pétrolier tunisien El Borma !

On ne peut pas qualifier cet acte de bienveillant ni de fraternel mais bel et bien de prédateur, ne vous en déplaise !

La sécurité énergétique en question  

Cette sécurité n’est pas due à la magnanimité de l’Algérie ni à sa bienveillance envers la Tunisie mais à la position stratégique dont l’Algérie bénéficie pour exporter son gaz vers l’Europe. Donc un peu d’humilité SVP (pour ne pas dire trêve d’arrogance !).

Vous prétendez que l’Algérie «subventionne le gaz qui éclaire les foyers tunisiens» sans préciser à quelle hauteur, c’est pour le moins une contrevérité (pour ne pas dire une insulte gratuite aux Tunisiens), car les fournitures de gaz à la Tunisie sont régies par la loi de l’offre et la demande et les prix sur le marché international (je suis bien placé pour le savoir en tant qu’ingénieur ex-chef du Département de la distribution électrique de la Steg à la retraite) : donc l’Algérie ne nous fait pas de cadeaux contrairement à vos insinuations.

Les vérités historiques étant ainsi établies, à mon humble avis les peuples nord-africains resteront unis à jamais par les liens de fraternité, de sang et d’entraide tissés durant des siècles de vie commune malgré les aléas politiques. Mais les responsables algériens seront toujours vus par les Tunisiens comme arrogants, dominateurs et particulièrement malveillants envers la Tunisie, tant qu’ils ne changent pas de comportements sur la base du principe «il faut rendre à César ce qui appartient à César ! Est-ce trop demander ?»

J’ose espérer que la compétition entre les responsables nord-africains pour exercer leur hégémonie sur la Région se transforme en volonté de servir sincèrement les intérêts bien compris de leurs peuples respectifs loin de tout esprit hégémonique et de toute volonté de puissance.

Ils gagneraient à réduire leurs égos pour se mettre au service de leurs peuples et non au service de leurs intérêts personnels étroits. Ces derniers ont coûté déjà à la communauté nord-africaine la non-réalisation de son unité décidée pourtant par l’accord de Tanger de 1958, la même année que la création du pool charbon acier fondateur de l’Union Européenne actuelle.

Tandis que les Européens que tout séparent (langues, religions, histoires tumultueuses, etc.) construisent leur Etat Fédéral patiemment «pierre à pierre et brique à brique», nos leaders ont perdu leur temps dans des querelles marginales stériles (d’abord querelle de leadership ensuite le problème du Sahara créé de toutes pièces et maintenant le Maroc trouve son intérêt avec le pire ennemi des Arabes et des Musulmans, Israël, et non avec son voisin, l’Algérie, à laquelle tout le lie (géographie, langue, culture, religion, histoire commune, etc.).

Le statu quo n’est pas dans l’intérêt des peuples nord-africains mais il faut espérer que ces derniers finissent par imposer à leurs leaders les mesures correctives nécessaires pour assurer d’abord la réalisation de l’unité nord-africaine ensuite sa prospérité.

* Ingénieur, ex-chef du département de la distribution électrique de la Steg à la retraite.

L’article Tunisie – Algérie | Aux origines d’un contentieux territorial est apparu en premier sur Kapitalis.

Hausse du prix de certains médicaments | Un mal nécessaire

06. August 2026 um 09:59

Selon Naoufel Amira, ancien président du Syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie (Spot), la mise à jour et l’ajustement (traduire : la hausse) des prix d’un certain nombre de médicaments, dont se plaignent les citoyens, n’ont pas permis de couvrir les coûts supportés par la Pharmacie centrale, qui, on le sait, fait face à de grandes difficultés financières et a du mal à s’acquitter des dettes qu’elle a contactées auprès d’un certain nombre de fournisseurs étrangers.

Dans une déclaration, mardi 4 août 2026, à l’agence officielle Tap, M. Amira a expliqué que la révision des prix des médicaments de référence a concerné une large gamme de produits, précisant que cette mesure s’inscrit dans le cadre de la révision périodique des tarifs — déjà effectuée l’année dernière ainsi qu’en 2018 et 2019 — mais que ces ajustements n’ont pas suffi à couvrir le coût initial des médicaments.

Pour M. Amira, la hausse du prix de certains médicaments n’est pas excessive, l’augmentation n’étant souvent que de quelques dinars. Le but n’est pas tant d’impacter le pouvoir d’achat du citoyen – même si c’est, au final, la conséquence immédiate et directe de l’opération, dirions-nous – que de contribuer à couvrir une partie des coûts et à soulager les finances de la Pharmacie centrale.

Le pharmacien a attribué la controverse actuelle concernant les nouveaux tarifs à ce qu’il a qualifié de manque de connaissances suffisantes, ainsi qu’à une désinformation délibérée de la part de certaines parties, soulignant que le rétablissement de l’équilibre financier de la Pharmacie centrale demeure une garantie fondamentale pour la sécurité sanitaire et la poursuite de l’approvisionnement du marché en médicaments importés.

M. Amira a insisté sur le fait que les prix des médicaments en Tunisie, suite à la récente mise à jour, restent acceptables et abordables, appelant à éviter de prendre position sans tenir compte de l’intérêt des citoyens ni de leur droit d’accéder aux médicaments nécessaires à leurs besoins thérapeutiques.

Il convient de noter que la Pharmacie centrale a publié, le 24 juillet, la circulaire n° 30 de la même année mettant à jour les codes de certains médicaments et augmentant réviser leurs prix.

I. B.

L’article Hausse du prix de certains médicaments | Un mal nécessaire est apparu en premier sur Kapitalis.

Le «Mardi noir» à la Bourse de Tunis

06. August 2026 um 09:03

Cinq jours après la publication dans le Jort du décret le décret n°2026-148 faisant obligation aux banques commerciales d’allouer 8% de leurs bénéfices nets de l’exercice 2025 pour accorder des prêts sur l’honneur, sans intérêts, ni garantis ni frais de dossier, aux ménages à faibles revenus, aux promoteurs de petits projets et aux PME et sociétés communautaires, le mardi 28 juillet, l’indice boursier Tunindex chute de 3,7%, obligeant les autorités de la BVMT à suspendre la séance pour limiter les dégâts et éviter une chute plus brutale des cours des titres bancaires qui ont néanmoins continué à chuter les jours suivants. S’agit-il d’une correction technique suite à l’accroissement de cet indice durant le premier semestre de 2026 et à la prise de bénéfices par les actionnaires, comme l’affirme la présidente de la BVMT, ou d’un «Mardi noir» qui, toutes proportions gardées, rappelle le «Jeudi noir» qu’a connu la Bourse de Wall Street le 29 octobre 1929 et qui a déclenché la Grande Dépression et un chômage massif aux USA et dans toute l’Europe ? La question mérite au moins d’être posée et analysée. L’auteur, un économiste, tente de répondre à cette question par une approche universitaire, qui a au moins l’avantage d’appeler les choses par leurs noms et de mettre les points sur les «i», sans ménager les politiciens démagogues.

Dr. Sadok Zerelli

Le 23 juillet 2026, en application des dispositions de la nouvelle loi sur les chèques adoptée le 2 août 2024 (loi n°2024-41), le décret n° 2026-148 faisant obligation aux banques commerciales d’allouer 8% de leurs bénéfices nets de l’exercice 2025 pour accorder des crédits sur l’honneur, sans intérêts, ni garantis ni frais de dossier, aux ménages à faibles revenus, aux promoteurs de petits projets et aux PME et sociétés communautaires, a été publié au Jort.

Cinq jours après, soit le 28 juillet , qui tombe un mardi, le Tunindex (indice de la Bourse de Tunis) à chute de 3,7%, obligeant les autorités boursière à suspendre la séance (en vertu d’un mécanisme de coupe-circuit, propre à la BVMT, qui ressemble aux coupures d’électricité que nous connaissons ces-jours-ci lorsqu’il y a une chute de tension dans le réseau électrique !) afin de limiter les dégâts et éviter un effondrement des cours, en particuliers ceux des titres bancaires qui ont chuté ce jour-là de 4% et 11%, tandis que le Tunindex a chuté de 8,7% depuis.

S’agit-t-il d’une coïncidence de dates et d’une correction technique du Tunindex,  suite aux prises de bénéfices par les actionnaires et une forte augmentation du Tunindex durant le premier semestre de l’année 2026 (+60,24%) comme l’affirme Sonia Ben Fredj, présidente de la BVMT, pour rassurer les investisseurs et l’opinion publique  (voir Kapitalis), ou d’une panique générale à la suite de la publication de ce  décret n° 2026-148 décret et d’un crash boursier annonciateur d’une grave crise financière dans le dernier secteur qui  résiste encore à la crise économique que le pays traverse depuis 2011 et demeure malgré tout rentable, celui des banques ?

Cette question est d’autant plus importante à se poser et à analyser que l’Histoire nous apprend que le crash de Wall Street (la Bourse de New York ) qui s’est produit le jeudi 29 octobre 1929, connu dans les manuels d’Histoire sous le nom du «Jeudi noir» (d’où le titre de cet article, choisi par analogie), a abouti à la Grande Dépression, caractérisée par des milliers de faillites d’entreprises et un chômage massif qui a constitué un terrain fertile pour la propagation de l’idéologie nazie et la prise du pouvoir par Hitler qui a finalement décidé de  déclencher la seconde guerre mondiale ayant fait 70 millions de morts.

Je fais ce rappel historique pour expliquer que les fluctuations boursières ne sont pas seulement une affaire de spécialistes et de traders, mais peuvent être les signes annonciateurs de graves crises économiques et même politiques qui se profilent à l’horizon.

Heureusement que la BVMT n’est en rien comparable à celle de New York (NYSE) ni en termes de titres côtés (2500 à NYSE contre ….74 à la BVMT !) ni en termes de volumes des opérations, de sorte qu’en cas de crise dans le secteur bancaire tunisien, elle ne sera que locale et ne fera qu’aggraver la crise économique générale que le pays traverse, plus particulièrement depuis 2019, selon le proverbe bien Tunisien «Kannet techkhir zadet baff !»

Importance du secteur bancaire dans la BVMT

Le secteur financier est le pilier central de la Bourse de Tunis. Son importance est à la fois quantitative — par son poids dans la capitalisation et les échanges — et qualitative, parce que les banques et les compagnies financières jouent un rôle majeur dans le financement de l’économie tunisienne.

En effet, les banques et sociétés financières représentent une part considérable des entreprises cotées à la BVMT et les grandes banques tunisiennes figurent parmi les sociétés ayant les plus fortes capitalisations boursières.

Ainsi, banques + assurances + services financiers représentent environ 54,4 % de la capitalisation boursière selon les données de mars 2025 (source : BVMT). À elles seules, les banques représentent près de la moitié de toute la capitalisation de la BVMT. 

Du côté des transactions, les banques occupent également une place dominante : elles représentaient 38,37 % des capitaux échangés en février 2025. 

Ces chiffres permettent de comprendre pourquoi une crise de confiance envers les banques peut provoquer une forte baisse de la BVMT. Si les investisseurs anticipent une diminution des bénéfices bancaires, une augmentation des charges ou une intervention réglementaire susceptible d’affecter la rentabilité des banques, tel que ce décret n° 2026-148, les valeurs bancaires peuvent être vendues massivement. Comme elles pèsent très lourd dans l’indice et la capitalisation, leur baisse peut entraîner mécaniquement une baisse de l’ensemble du marché.

La rentabilité du secteur bancaire

Les données de la Bourse de Tunis montrent que les revenus du secteur bancaire coté ont progressé de 4,3 % en 2025, atteignant environ 7,29 milliards de dinars, contre 6,99 milliards en 2024. Parmi les grandes banques, la progression des revenus a été de +7,8 % pour la Biat, +11,2 % pour la BNA et +4,3 % pour Amen Bank, tandis que les revenus ont reculé de 2,8 % pour BH Bank. 

Au total, les banques cotées ont enregistré 885,6 millions de dinars de bénéfices au premier semestre 2025, contre 830,8 millions au premier semestre 2024, soit une progression de 6,6 %. 

Ces résultats sont importants pour mon analyse, car ils montrent que, malgré la nouvelle loi sur les chèques qui s’est traduite par un recours massif aux paiements en espèces hors du circuit bancaire, la rentabilité des banques tunisiennes reste importante et leurs actionnaires ne sont pas à plaindre, ce qui n’explique pas la panique qui s’est emparée d’eux le mardi 29 juillet et les jours suivants, qui ne peut donc s’expliquer que par les dispositions arbitraires du décret n°2026-148 et leur anticipation de son impact négatif sur la rentabilité future des banques.

Les défaillances économiques du décret n° 2026-148 

Mon angle d’analyse est celui d’un universitaire, qui a enseigné durant sa carrière plusieurs disciplines économiques et de gestion.

De ce point de vue, et sans remettre en cause les objectifs sociaux de ce décret, j’ai relevé que ses dispositions et même sa date de publication bafouent les fondamentaux de l’économie, de la finance, du droit et même de la comptabilité, des disciplines universitaires enseignées dans nos facultés de droit et de sciences économiques et nos instituts supérieurs de gestion, au point où j’en suis arrivé à me demander s’il ne vaudrait pas mieux fermer toutes ces facultés et instituts de gestion et gérer ce pays comme on gère une épicerie !

Ainsi, au niveau de l’économie en tant que discipline universitaire, les auteurs de ce décret semblent ignorer la différence entre dinars courants et dinars constants.

Stipuler que les bénéficiaires de ces prêts sur l’honneur rembourseront exactement la même somme dans deux ans (plus un possible délai de grâce de six mois) signifie qu’en dinars constats (d’aujourd’hui), ils vont rembourser moins que ce qu’ils ont reçu et ont donc bénéficié d’un taux d’intérêt négatif.

Ainsi, dans l’hypothèse où le taux de l’inflation n’augmente pas et reste à son niveau actuel qui est de l’ordre 5% (hypothèse très favorable compte tenu de l’inefficacité prouvée depuis des années de la politique monétaire menée par la BCT, basée à tort sur le taux directeur au lieu du taux de réserve obligatoire des banques – voir mon article ‘‘L’inflation a-t-elle baissé en Tunisie ?’), rembourser dans deux ans un prêt sur l’honneur de 5000 D, ou 10000 D ou 25000 D (selon le profil des bénéficiaires) revient à rembourser respectivement 4535 D, 9070 D et 22675 D en dinars constants d’aujourd’hui.

En réalité, les bénéficiaires de ces prêts sur l’honneur vont rembourser même moins, si on tient compte du concept économique qui est à la base de la Théorie d’allocation optimale des ressources (TAOR) à savoir la «préférence pour le présent de la collectivité nationale». Celui-ci est un taux positif, qui vient s’ajouter au taux d’inflation anticipé pour constituer le taux d’actualisation économique, et qui est d’autant plus élevé que la structure d’âge de la population est vieille (l’objectif étant de permettre aux personnes du troisième âge de bénéficier au maximum des projets d’investissement avant leur décès)

Ainsi, pour un taux de préférence pour le présent minimum de 3%, compte tenu de la structure d’âge de la population en Tunisie, soit un taux d’actualisation économique de 8%, les bénéficiaires des mêmes prêts sur l’honneur rembourseront en fait respectivement 4286 D, 8573 D et 21433 D !

Qui n’en voudrait pas ? Même les classes moyennes qui ont des difficultés à joindre les deux bouts, et elles sont légion dans notre pays, vont essayer de profiter de ce décret.

En fait, mon sentiment est qu’on va assister à partir du mois de septembre à une ruée sur les banques et à une gigantesque opération de corruption où les relations personnelles et familiales dans le milieu bancaire vont jouer un rôle déterminant. L’honneur de certain(e)s ne valant pas cher, on peut s’attendre aussi à un très faible taux de recouvrement de ces prêts sur l’honneur avec un impact négatif sur l’équilibre financier des banques et les ratios prudentiels qu’elles sont tenues d’observer, ce qui peut mettre en péril l’ensemble du système bancaire, même si l’enveloppe globale à consacrer à ces prêts sur l’honneur n’est pas à priori très importante (129 millions de dinars, selon certains experts).

Les défaillances financières du décret n° 2026-148 

En finances, on apprend aux étudiants que le taux d’intérêt est la rémunération du facteur capital qui doit être positif car il s’agit d’une ressource rare. On leur apprend aussi que pour qu’un projet d’investissement soit rentable, il faut que son Taux de rentabilité interne (TRI) soit supérieur au taux d’intérêt. Si ce dernier est nul, tous les projets deviennent rentables et cela engendra un gaspillage du peu de ressources financières dont le pays dispose.

En fait, pour respecter les fondements de la finance en tant que discipline universitaire, et atteindre en même temps les objectifs sociaux de ce décret, il aurait fallu ce décretn° 2026-148associe à ces prêts sur l’honneur un taux d’intérêt aussi faible soit-il mais positif, avec une prise en charge de ces intérêts par le budget de l’Etat ou d’autres sources de financement, de sorte que les bénéficiaires de ces prêts ne paieront pas d’intérêts mais l’orthodoxie financière de l’opération est respectée.

Une autre solution technique serait de consacrer les 8% des dividendes des banques pour renflouer les fonds propres et la capacité de financement de la Banque Tunisienne de Solidarité (BTS) ou de la Banque pour le financement des petites et moyennes entreprises (BFPME), deux institutions bancaires qui ont l’avantage d’exister et d’avoir des procédures d’attribution et de recouvrement qui   fonctionnent et dont les objectifs et attributions recouvrent ceux de ce décret.

Bref, les solutions techniques pour atteindre les objectifs sociaux de ce décret, sans mettre en péril l’ensemble du secteur bancaire comme les dispositions de ce décret le font, existent mais c’est l’imagination qui manque et surtout une approche scientifique qui respecte un tant soit peu ce que, moi-même et des milliers d’autres collègues, ont passé leur vie à enseigner.

Les défaillances juridiques du décret n° 2026-148 

Lors de mes études en maîtrise de sciences économiques à la Faculté de droit et des sciences économiques de Tunis, tous mes enseignants de disciplines juridiques (droit public, droit civil, droit constitutionnel, droit commercial, etc.) m’ont appris un principe juridique fondamental et universel : la loi n’est pas rétroactive, c’est-à-dire que ses effets et son application ne peuvent commencer qu’après son approbation par le parlement et sa publication dans le Journal officiel.

Dans ce cas, comment expliquer que le décret n°2026-148 qui a été publié en juillet 2026, porte sur les bénéfices réalisés par les banques durant l’exercice de 2025 et en affecte 8% à la distribution de crédits sur l’honneur ?

C’est la bonne question que j’aimerais poser à notre président, un éminent juriste en droit constitutionnel, ainsi qu’à sa ministre des Finances, qui est aussi juriste de formation et même ancienne juge !

Mes enseignants de droit commercial m’ont appris aussi que dans le régime des sociétés anonyme (SA), ce qui est le cas de toutes les banques commerciales, l’Assemblée générale des actionnaires, qu’elle soit ordinaire ou extraordinaire, est «souveraine», c’est-à-dire que ses décisions s’imposent à tous les acteurs économiques et sociaux, y compris au PDG lui-même.

Dans ce cas, comment expliquer que l’Etat interfère dans les attributions des AG des banques pour affecter par la force de la loi une partie des dividendes, dont la répartition relève exclusivement des attributions des AG d’actionnaires, selon les statuts même d’une SA ?

C’est une autre bonne question que j’aimerais poser à notre président et à sa ministre des Finances, qui est la ministre de tutelle du secteur bancaire.

Même si je ne suis pas juriste, j’aurais préféré que, pour préserver la face et respecter un tant soit peu les dispositions et l’esprit du droit commercial, l’Etat crée de nouvelles taxes sur l’activité bancaire ou décide d’augmenter encore plus l’impôt sur les bénéfices des banques, le faisant passer de 40% actuellement à 48%, et affecter les recettes supplémentaires qu’ils en retirent pour financer un fond social tel que le Foprolos ou même l’ex-Fond de Solidarité Social (FSN), pour aider les catégories sociales qu’il veut et sous la forme qu’il veut (dons, prêts avec ou sans intérêts, rénovation d’écoles ou de routes etc.).

Le résultat en termes de prélèvement sur les bénéfices des banques pour des objectifs sociaux sera le même, mais dans un cas on applique des techniques de gestion dignes d’un Etat moderne, et dans l’autre cas, on fait du bricolage juridico-financier.

Les défaillances comptables du décret n°2026-148 

Je ne terminerai pas cette attaque en règle mais scientifique, qui ne va certainement pas plaire en haut lieu, contre les dispositions et l’esprit même de ce décretn°2026-148, qui va faire vaciller le dernier secteur d’activité qui demeure rentable et tient encore debout dans notre économie moribonde, sans mentionner que les comptables des banques doivent se couper les cheveux en quatre pour savoir comment redresser les comptes de l’exercice 2025 pour y intégrer l’affectation obligatoire de 8% des dividendes à ces crédits sur l’honneur, décrétée en juillet 2026, sachant que la plupart des banques ont déjà tenu leur AG (en général, elles le font vers le mois d’avril) et distribué leurs dividendes à leurs actionnaires.

Là aussi, mes enseignants de comptabilité m’ont appris que les compte d’un exercice ne doivent prendre en compte que les dépenses et recettes imputables à cet exercice. Comment traiter cette affectation à posteriori des dividendes tout en respectant les mécanismes et règles comptables ? C’est un défi pour tous les comptables des banques et l’Ordre des experts comptables de Tunisie (OECT) devrait à mon avis intervenir pour trouver une procédure comptable «de moindre mal» et la recommander à toutes les banques, autrement chacune va inventer sa solution comptable, ce qui engendrera  une pagaille et mettra en cause la crédibilité et la fiabilité même des documents comptables des banques.

Les anticipations rationnelles des investisseurs

Le célèbre économiste américain et prix Nobel en économie, Robert E. Lucas, a développé la «Théorie des anticipations rationnelles» dans laquelle il explique, entre autres, que les investisseurs, notamment en bourse, ne prennent pas leurs décisions sur la base des valeurs des paramètres socio-économiques et financiers qu’ils observent actuellement sur les marchés, mais sur la base de leur anticipation ou prévision de l’évolution de ces paramètres dans un futur plus ou moins lointain correspondant à l’horizon de la portée de leurs décisions.

C’est par cette théorie qu’on peut expliquer pourquoi les actionnaires des banques qui viennent de toucher des dividendes confortables et supérieurs à ceux de l’exercice précédent, ont décidé quand même, le mardi 28 juillet et les jours suivants, de vendre leurs actions et de sortir d’un secteur d’activité qui demeure pourtant l’un des rares à être encore rentable en Tunisie.

Ils ont le sentiment, à tort ou à raison, que le secteur bancaire est désormais dans le collimateur du président de la république et que, tout comme ce décret n° 2026-148 a fixé à 8% des bénéfices à allouer aux prêts sur l’honneur, un autre décret pourrait être pris, dans un avenir plus ou moins proche, pour porter ce pourcentage à 15% ou pourquoi pas à 30% ou même 40%.

Ils ont parfaitement conscience de l’arbitraire de ce taux de 8% des bénéfices, fixé par la loi n°2024-41 et repris par le décret n° 2026-148 (sur quelle base et par quelle méthode ce pourcentage a-t-il été déterminé ? pourquoi pas 1% ou 10% ? etc.), du non-respect des dispositions du droit commercial par l’Etat qui se permet de piétiner sur les attributions des AG d’actionnaires et de l’impact attendu fort négatif de ces prêts sur l’honneur sur les ratios d’équilibre financier, la trésorerie et la rentabilité de tout le secteur bancaire.

Conclusion

Sans être un oiseau de mauvais augure, comme notre président de la république aime qualifier les économistes, ma conclusion est forcément politique, car les liens entre la chose économique et la chose politique sont évidents et ne sont plus à démontrer, au point que la science économique, en tant que discipline universitaire, s’appelait jusqu’au début des années 1950 «économie politique».

Sous cet angle, il me parait évident que la source du problème de l’inadaptation de l’esprit et les dispositions de ce décret n°2026-148, ainsi que de plusieurs autres textes législatifs qui se sont avérés des échecs et qui, non seulement  n’ont pas atteint leurs objectifs, mais ont même produit les résultats contraires (voir la nouvelle loi sur les chèques qui a abouti à une utilisation massive des espèces en tant que moyen de paiement alors qu’elle visait à réduire cette pratique, ou la loi sur la sous-traitance qui a finalement abouti à un accroissement du chômage parmi les ouvriers occasionnels…) est à rechercher dans… le taux de participation aux dernières élections législatives qui n’a pas dépassé 11%.

Ce très faible taux a créé selon moi un «syndrome de légitimité» chez nos députés, qui n’oublient pas que neuf Tunisiens sur dix ne les ont pas élus, ce qui les pousse à rechercher cette légitimité et à élaborer souvent dans la précipitation et sans consulter les experts concernés ni aucune étude d’impact, des lois destinées avant tout à accroitre leur popularité et à justifier leurs présence à l’Assemblée et leurs salaires : loi sur le droit de chaque famille, y compris celles résidentes, à acquérir une voiture au régime FCR, loi sur les chèques pour libérer des milliers de prisonniers et forcer les banques à accorder des prêts sans intérêts et sans garanties, contrairement à toutes les pratiques bancaires dans tous les pays du monde, etc.

Que ces lois bouleversent les secteurs d’activité concernés et mettent leur existence en péril, c’est le dernier de leurs soucis, à partir du moment où ils acquièrent la popularité et la légitimité qu’ils recherchent.

Pour moi, un économiste de la vieille école, au sens propre et figuré, le travail législatif de nos députés n’est pas de l’économie, ni de la politique ni même de l’économie politique, mais de la démagogie politique !

Que Dieu sauve ce pays, parce que ses enfants n’en sont pas capables.

L’article Le «Mardi noir» à la Bourse de Tunis est apparu en premier sur Kapitalis.

La reconversion des chefs du Mossad dans les multinationales !

06. August 2026 um 08:52

Ondas, société américaine opérant dans le secteur de la défense a annoncé lundi 3 août 2026 la nomination de David Barnea, ancien directeur du Mossad, à la présidence mondiale de son groupe, suite à la fin de son mandat de cinq ans à la tête du Mossad en juin dernier. Roman Gofman, ancien secrétaire militaire du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, lui avait succédé à la direction de l’agence de renseignement israélienne. Al Jazeera note que la nomination de Barnea s’inscrit dans la lignée des anciens directeurs du Mossad qui rejoignent une multinationale présente dans les secteurs de la finance, de la technologie ou de la sécurité, à l’instar de Tamir Pardo et Yossi Cohen, également anciens chefs du Mossad, ainsi que d’autres officiers chevronnés des services de renseignement israéliens. (Photos de gauche à droite : Yossi Cohen, Tamir Pardo et David Barnea).

Imed Bahri

Ondas a fait part dans un communiqué de presse, relayé par la Radio-Télévision israélienne, que «M. Barnea jouera un rôle déterminant dans le développement international de l’entreprise, l’élaboration de sa stratégie technologique et la supervision de son intégration commerciale».

Le Chief Executive Officer (Ceo) d’Ondas, Eric Brock, a affirmé que Barnea «possède une combinaison exceptionnelle d’expérience opérationnelle moderne, de vision stratégique, de leadership technologique et de réseaux internationaux».

Dans le monde des affaires, le Ceo est responsable de la gestion et de la direction des opérations, tandis que le rôle du président monde (Global President) est axé sur la définition de la stratégie globale de l’entreprise et la gestion de ses relations internationales.

Du renseignement à l’intelligence artificielle

Selon le quotidien israélien Israel Hayom, Ondas, société cotée au Nasdaq, est spécialisée dans le développement de systèmes autonomes et de solutions de défense basées sur l’Intelligence Artificielle (IA), notamment dans les domaines de la défense aérienne, du renseignement, des frappes de précision et de la robotique terrestre.

Le journal Israélien précise que Barnea a dirigé le Mossad de 2021 à 2026, pilotant l’agence durant l’une des périodes les plus complexes et tumultueuses de son histoire, marquée par des guerres sur plusieurs fronts et des confrontations directes avec l’Iran et le Hezbollah. 

Sous sa direction, le Mossad a entrepris une refonte opérationnelle complète, plaçant les technologies de pointe, notamment l’IA, la cybersécurité et les systèmes de communication modernes, au cœur de ses activités.

Avant de rejoindre le Mossad, Barnea a servi au sein de Sayeret Matkal, l’unité d’élite du renseignement militaire israélien, et a acquis une expérience dans le secteur privé, notamment dans le domaine des fusions-acquisitions. Il est également titulaire d’une licence en administration des affaires du New York Institute of Technology et d’un master de l’Université Pace.

Commentant sa nomination, Barnea a déclaré à Israel Hayom : «La nature de la guerre évolue rapidement au Moyen-Orient et en Europe. La supériorité opérationnelle repose aujourd’hui sur l’intégration du renseignement, de l’intelligence artificielle et des plateformes autonomes au sein d’un environnement unique et coordonné».

Dans ses fonctions de président mondial de l’entreprise, Barnea devrait se concentrer, dans les prochains mois, sur le développement de relations stratégiques avec les gouvernements et les organisations de sécurité du Moyen-Orient, d’Europe et d’Asie, ainsi que sur l’identification de nouvelles techniques d’investissement.

Yossi Cohen rejoint la japonaise SoftBank

La reconversion au privé et à l’international de Barnea n’est pas un précédent. Son prédécesseur Yossi Cohen qui a dirigé le Mossad de 2016 à 2021 a intégré SoftBank, le conglomérat international du milliardaire japonais Masayoshi Son, en tant que directeur général des opérations en Israël.

SoftBank est un investisseur majeur dans les secteurs de la technologie, de l’énergie et de la finance.

Selon certaines sources, Cohen a été recruté par le Mossad à l’âge de 22 ans, alors qu’il étudiait à Londres. Il a gravi les échelons jusqu’à devenir directeur, après un bref passage à la tête du Conseil de sécurité nationale.

Son passage à la tête du Mossad a été marqué par les opérations contre le programme nucléaire iranien et pour son rôle dans le développement des relations clandestines d’Israël avec les États arabes.

Malgré son passage dans le secteur privé international, Cohen n’exclut pas de se présenter un jour au poste de Premier ministre.

L’expertise du renseignement au service de l’entreprise

À l’instar de Cohen, l’ancien chef du Mossad Tamir Pardo a vécu une expérience similaire lorsqu’immédiatement après avoir quitté ses fonctions en 2016, il a rejoint la société pharmaceutique américaine NRX, qui a développé le vaccin contre la Covid-19, baptisé BriLife, destiné au marché israélien.

La liste comprend également l’officier de renseignement Ephraim Halevy, qui a dirigé le Mossad de 1998 à 2002. Après sa retraite, il a travaillé comme consultant pour des entreprises internationales dans les domaines de la sécurité et de la gestion des risques. Il a également siégé aux conseils consultatifs d’entreprises privées, sans toutefois occuper de poste de premier plan.

On y trouve aussi les vétérans Noam Erez et Boaz Gorodissky, qui ont servi comme officiers de renseignement pendant près de 30 ans au sein des divisions des opérations, de la technologie et de la cybersécurité offensive.

Erez est le PDG et fondateur de la société de cybersécurité XM Cyber, tandis que Gorodesky en est le directeur technique et cofondateur.

Ces recrutements permettent aux entreprises de bénéficier de l’expertise de professionnels des services de renseignement dans les domaines technologiques, de la gestion des risques et de la lutte contre les cyberattaques.

L’article La reconversion des chefs du Mossad dans les multinationales ! est apparu en premier sur Kapitalis.

Un dictionnaire pour penser le patrimoine tunisien autrement

06. August 2026 um 08:21

Plus de 1 270 entrées, quatre parties thématiques, un atlas de cinquante planches illustrées : le ‘‘Dictionnaire du patrimoine tunisien’’, en préparation, ne se contente pas d’inventorier, il pense. Et il pense autrement. Complété par deux planches de synthèse sur les biens tunisiens inscrits au patrimoine mondial et au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, l’ouvrage donne désormais à voir ce qu’il donne à penser.

Abdelhamid Larguèche *

Recenser un patrimoine et le penser : deux gestes qu’on confond trop souvent, alors qu’ils n’ont rien à voir. Le premier relève de l’administration. Le second, de l’intelligence critique. Le ‘‘Dictionnaire du patrimoine tunisien’’ choisit sans détour le second camp.

Organisé en quatre grandes parties, patrimoine monumental, patrimoine immatériel et mémoriel, patrimoine naturel et écologique, patrimoines et paysages culturels, il déploie plus de 1 250 entrées qui vont de la Grande Mosquée de Kairouan aux madragues du Cap Bon, des manuscrits médicaux d’Ibn al-Jazzar aux proverbes populaires, des collections archéologiques du musée du Bardo au patrimoine minier du bassin de Gafsa, jusqu’aux mémoires plurielles des communautés amazighes, juives et noires du pays.

En finir avec la hiérarchie monumentale

Première rupture : en finir avec une hiérarchie héritée de la colonisation, qui plaçait le monument de pierre au sommet d’une pyramide patrimoniale et reléguait au second plan l’oral, le populaire, le vivant. Ici, un mausolée classé et une recette de couscous se valent. Un site archéologique et un art du conte se répondent. C’est ce que l’ouvrage appelle un «bassin de patrimoine» : l’ensemble des traces matérielles et immatérielles d’une société pensées comme un système cohérent, non comme une collection de pièces isolées et inégalement dignes d’attention.

Cette approche n’est pas qu’une méthode. C’est un geste politique. En consacrant des entrées substantielles au patrimoine noir tunisien, aux héritages amazighs, aux traditions juives et tabarkines, le dictionnaire s’attaque frontalement aux mémoires silenciées, celles que l’historiographie officielle a longtemps laissées à la marge. Il prolonge et élargit un travail scientifique déjà engagé sur l’esclavage et l’après-abolition en Tunisie, en l’inscrivant cette fois dans un instrument de référence appelé à circuler bien au-delà du cercle des spécialistes.

Penser en réseau

L’apport du dictionnaire pour la recherche universitaire ne tient pas à l’accumulation de données : on les trouve déjà, dispersées, dans les monographies, les thèses, les rapports d’expertise. Il tient à leur mise en relation. Un chapitre théorique enrichi, qui mobilise notamment l’approche anthropologique de Mohammed Arkoun, pose désormais le patrimoine comme fait de sens autant que comme fait matériel. Le système de renvois croisés fait le reste, une notice sur un manuscrit médical kairouanais renvoie aux bibliothèques, à la ville de Kairouan, à la transmission des savoirs en Méditerranée. Aucun inventaire sectoriel n’avait offert jusqu’ici cette cartographie intellectuelle du patrimoine tunisien. C’est cette dimension relationnelle, plus que l’exhaustivité elle-même, qui fait du dictionnaire un instrument de travail pour l’historien, l’anthropologue, le patrimonialiste, et un point de départ pour les recherches à venir, que l’ouvrage appelle de ses vœux plutôt qu’il ne prétend les clore.

L’ouvrage assume cette limite avec une lucidité rare dans ce type d’entreprise éditoriale : il ne prétend pas épuiser son objet. Un dictionnaire du patrimoine, pensé comme exercice de réflexion plutôt que comme simple répertoire, sait qu’il documente une matière vivante, en perpétuelle redéfinition, et qu’il devra lui-même être repris, corrigé, augmenté. Cette posture réflexive, qui interroge ses propres catégories autant qu’elle les mobilise, tranche avec la tentation encyclopédique de figer un objet par nature mouvant.

Un levier pour l’action publique

C’est pourtant du côté des politiques publiques que l’ouvrage pourrait peser le plus. La Tunisie a une administration patrimoniale ancienne et compétente, mais freinée par la dispersion des sources et par des catégories héritées d’un droit du patrimoine construit, au XXe siècle, autour du seul monument protégé. Un instrument qui rassemble, hiérarchise et met en réseau l’ensemble du patrimoine national, y compris ce qui échappe aux classements juridiques existants, comme les savoirs de l’eau dans les oasis ou les techniques de pêche traditionnelle, donne aux administrations concernées une base directement mobilisable pour inventorier, protéger, valoriser.

Cette utilité dépasse le cadre national. Les dossiers d’inscription auprès de l’Unesco, qu’il s’agisse des ksour du Sud tunisien, de Sidi Bou Saïd, inscrit au Patrimoine mondial en juillet 2026, ou de la Muqaddima d’Ibn Khaldoun, exigent une contextualisation historique et anthropologique précise. Ce type d’ouvrage de référence la fournit, et l’actualise au fil de ses mises à jour. Les instances régionales de coopération culturelle, à commencer par l’Alecso, y trouvent de même une ressource pour penser le patrimoine tunisien dans son rapport aux dynamiques du monde arabe, sans céder ni au repli identitaire ni à l’effacement des singularités nationales.

Le patrimoine comme objet de pensée

Reste une question de fond, que l’ouvrage ne tranche pas mais qu’il pose avec insistance : que met-on vraiment sous le mot patrimoine ? En refusant de le réduire à ce qui se visite, se classe ou se monnaye, en l’ouvrant aux gestes ordinaires, aux savoirs oraux, aux paysages écologiques, aux mémoires douloureuses, le dictionnaire pousse chercheurs et décideurs à sortir d’une conception strictement conservatoire du patrimoine, pour lui restituer sa dimension proprement civilisationnelle. C’est peut-être là, plus que dans le nombre de ses entrées, que réside l’apport le plus durable de l’ouvrage : avoir fait d’un instrument de référence un exercice de pensée sur ce qu’une société choisit de retenir d’elle-même, et sur ce qu’elle décide, plus discrètement, de continuer à taire.

* Directeur scientifique du dictionnaire.

‘‘Dictionnaire du patrimoine tunisien : Monuments, Gestes et Mémoires’’, sous la direction de Abdelhamid Larguèche, préface de Latifa Lakhdar. A paraître.

L’article Un dictionnaire pour penser le patrimoine tunisien autrement est apparu en premier sur Kapitalis.

❌