Le site d’information israélien Ynet a annoncé, ce mardi 17 mars 2026, que l’armée israélienne a tué, lors d’un raid nocturne sur Téhéran, Ali Larijani, le tout-puissant secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, considéré comme l’homme le plus influent du régime des ayatollahs, plus influent encore que le Guide suprême actuel Mojtaba Khamenei, demeuré invisible, et considéré comme le dirigeant de facto de la République islamique.(Photo : dernière apparition en public de Ali Larijani, vendredi 13 mars, en participant à un rassemblement à Téhéran).
Larijani est également largement tenu pour responsable de la répression brutale des manifestations en Iran en janvier dernier.
Le média israélien, qui affirme avoir reçu confirmation de cette information du ministre israélien de la Défense, Israël Katz.
L’armée israélienne affirme également avoir tué, lors d’une attaque sur Téhéran, Gholamreza Soleimani, le chef des milices Bassidj, affiliées aux Gardiens de la révolution et responsables de la violente répression des manifestants en janvier, ainsi que d’autres officiers, alors qu’ils se trouvaient dans un quartier général de fortune installé après la destruction de leur QG officiel.
Dans le même temps, le commandant adjoint des Bassidj, Qassem Quraishi, aurait également été tué lors d’une attaque à Shiraz, a rapporté Ynet, citant des sources militaires. «L’armée de l’air israélienne, agissant sur la base de renseignements, a ciblé et éliminé Gholamreza Soleimani, qui commandait l’unité Bassidj, les forces faisant partie de l’appareil armé du régime iranien, depuis six ans», a-t-elle déclaré, ajoutant que lors des manifestations internes en Iran, en particulier ces derniers temps, marquées par une intensification des protestations, les forces Bassidj sous le commandement de Soleimani ont mené les principales opérations de répression.
Au lendemain de l’avènement de la révolution islamique en Iran et de son accession au pouvoir, l’ayatollah Khomeini était méfiant à l’endroit de l’armée régulière, héritière de celle du Shah. Il avait décidé de fonder une entité, composée de ses plus fidèles affidés, nommée le Corps de Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) dont la mission est d’assurer la pérennité du régime. Au fil des décennies, des guerres, des révoltes réprimées mais aussi à force que le défunt ayatollah Ali Khamenei avançait dans l’âge, le CGRI n’a cessé de gagner en puissance. Aujourd’hui, les Gardiens de la Révolution doivent faire face au feu et à la fureur de la machine de guerre israélo-américaine. C’est la survie du régime et par ricochet la leur qui est menacée.
Imed Bahri
Dans une enquête consacrée au CGRI publiée dans le Wall Street Journal, David S. Cloud et Benoît Faucon considèrent que les frappes aériennes américaines et israéliennes ont certes tué plusieurs hauts dirigeants iraniens en seulement quelques heures dont le Guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei, cependant, le vaste appareil sécuritaire qu’ils supervisaient pour assurer la survie du régime demeure intact.
Le CGRI est principalement connu comme une force armée comptant quelque 200 000 membres paramilitaires. Mais il fonctionne également comme un gouvernement parallèle et une puissance économique, sa mission principale étant de défendre le régime islamique établi après la révolution de 1979 et d’étendre son influence au Moyen-Orient.
Un Etat dans l’Etat
À moins d’être vaincu ou réorienté d’une manière ou d’une autre, le CGRI conservera sa capacité à générer des revenus par des activités illicites et à soutenir des groupes interposés comme les Houthis au Yémen qui harcèlent les États-Unis et leurs alliés.
Le CGRI possède ses propres branches militaires et de renseignement, distinctes des forces armées traditionnelles, et est profondément implanté dans les secteurs économiques du pays.
La Force Al-Qods, unité clandestine, gère les relations de l’Iran avec les groupes armés mandataires de la région, tandis que d’autres composantes du CGRI sont responsables du programme de missiles et de la sécurité intérieure.
Selon des analystes et des dirigeants de l’opposition iranienne, paralyser le CGRI pourrait nécessiter des semaines, voire des mois, de frappes aériennes supplémentaires et d’autres actions militaires. Sans de telles mesures, le régime iranien risque de se maintenir au pouvoir et de devenir encore plus répressif, car les éléments les plus radicaux ayant survécu jusque-là aux frappes américaines et israéliennes vont s’appuyer sur la loyauté du CGRI dans l’espoir d’assurer la pérennité du régime.
Vers un État militaire plus fermé
Mohammed Al-Basha, fondateur de Basha Report, un cabinet de conseil en gestion des risques basé à Washington, estime que l’assassinat de Khamenei renforce les éléments les plus radicaux et militaristes du régime. «Aucune opposition organisée n’est prête à saisir cette opportunité. Le résultat le plus probable n’est pas une réforme mais une consolidation du pouvoir, nous rapprochant d’un État militaire fermé».
Samedi, le président Donald Trump a appelé les Gardiens de la révolution et la police à «s’intégrer pacifiquement» et à «collaborer» avec les citoyens iraniens opposés au gouvernement. «Nous entendons dire que nombre de membres des Gardiens de la révolution, de l’armée, des forces de sécurité et de la police ne veulent plus combattre et recherchent l’immunité», a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux.
Un noyau dur d’irréductibles
Cependant, les analystes estiment qu’une rupture des Gardiens de la révolution avec 47 ans de régime islamique rigoriste et d’hostilité envers les États-Unis est le scénario le moins probable à court terme.
Il existe des pragmatiques au sein des Gardiens de la révolution mais leur attachement au fondamentalisme religieux n’en est pas moins fort que celui de Khamenei et des religieux qui ont gouverné à ses côtés. Nombre de leurs dirigeants ont été formés comme combattants lors de la sanglante guerre contre l’Irak dans les années 1980, une période qui a consolidé le rôle central des Gardiens dans le soutien au régime. Sous Khamenei, la domination idéologique s’est encore renforcée, selon les analystes.
Le système politique iranien pourrait évoluer vers une forme de dictature militaire sous le contrôle des Gardiens de la révolution. Les analystes estiment difficile d’imaginer l’émergence d’une figure comme Delcy Rodríguez, vice-présidente du Venezuela, qui s’est alignée sur Washington depuis l’arrestation de Nicolás Maduro lors d’un raid américain début janvier.
Kasra Aarabi, directeur de la recherche sur les Gardiens de la révolution au sein de United Against Nuclear Iran, une organisation politique opposée au régime iranien, se montre tout aussi pessimiste : «Les Gardiens de la révolution constituent une force très radicale et dogmatique. L’idée qu’ils changent de camp me paraît donc peu probable».
À Téhéran, les Gardiens de la révolution supervisent des bases dans chacun des 22 arrondissements de la ville. Ces bases sont gérées par des membres du Basij, un groupe paramilitaire de volontaires qui a mené la répression gouvernementale contre les manifestants en janvier, selon un rapport d’Aarabi et de Saeid Golkar, professeur associé à l’Université du Tennessee à Chattanooga. Quelque 3 000 installations plus petites des Basij sont également disséminées dans la plupart des quartiers de Téhéran. Et il existe une infrastructure similaire à travers le pays.
Richard Fontaine qui dirige le Center for a New American Security, un groupe de réflexion basé à Washington, déclare sur les réseaux sociaux qu’il serait «extrêmement difficile de renverser le régime sans occuper le pays ni déployer de troupes au sol». Il ajoute : «Les Gardiens de la révolution et les Basij conserveront les armes, contrairement au peuple».
Alors que les frappes américaines et israéliennes en Iran se poursuivent et s’intensifient, les forces de sécurité ont pris des mesures pour empêcher les manifestants anti-régime de descendre dans la rue, comme ils l’avaient fait en grand nombre en décembre et janvier avant la répression sanglante. La police a installé des points de contrôle dans tout Téhéran, tandis que les Basij organisaient des manifestations anti-américaines dans les universités, souvent foyers de contestation.
Stratégie de «défense mosaïque»
Les dirigeants iraniens se préparaient à une attaque contre le régime susceptible d’entraîner l’effondrement de la chaîne de commandement. En février, les Gardiens de la révolution ont annoncé leur intention de réactiver leur stratégie dite de «défense mosaïque», qui permet aux commandants de donner des ordres d’une manière indépendante à leurs unités. Cette stratégie visait spécifiquement à renforcer la résilience du pays face aux attaques extérieures.
Des responsables iraniens ont déclaré que la République islamique avait préparé quatre niveaux de relève pour chaque poste important, y compris les commandants militaires, en prévision d’une campagne militaire prolongée.
Outre Khamenei, les attaques américaines et israéliennes de samedi ont tué le commandant en chef des Gardiens de la révolution Mohammad Pakpour laissant penser que les États-Unis cherchent à affaiblir les Gardiens de la révolution. Cependant, Pakpour a été aussitôt remplacé par Ahmad Vahidi qui affiche à son compteur 47 ans au sein des CGRI qu’il a intégré à leur fondation en 1979. Vahidi a dirigé la Force Al-Qods de 1990 à 1997, il a également dirigé l’appareil de renseignement des CGRI et il a occupé les postes de ministre de la Défense et de ministre de l’Intérieur, un dur parmi les durs.
Le WSJ rapporte que, selon les analystes, les attaques contre les installations des Gardiens de la révolution pourraient démanteler leur contrôle sur les éléments de rang inférieur et réduire leur capacité à réprimer la dissidence interne.
Dans un communiqué publié après l’annonce de la mort de Khamenei, les Gardiens de la révolution ont juré de «s’opposer fermement aux complots internes et externes et de punir ceux qui attaquent la patrie». Et des responsables politiques ont déclaré que le régime avait élaboré des plans d’urgence en prévision de la mort de Khamenei.
Des fidèles du régime affirment que les services de renseignement iraniens avaient élaboré des plans pour qu’un commandant militaire prenne le pouvoir. La transition d’un régime théocratique vers un régime plus militariste est en cours depuis des années, les Gardiens de la révolution ayant pris le contrôle d’une grande partie de l’économie, établi des groupes qui leur sont fidèles dans les universités et les institutions et infiltré l’armée régulière et le gouvernement.
Il est à signaler qu’Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, et Mohammad Bagher Ghalibaf, l’actuel président du Parlement, appartiennent au CGRI et leur nom circule dans la course à la succession d’Ali Khamenei.
Dans un message publié samedi sur la plateforme X, Larijani a promis que l’Iran infligerait à Israël et aux États-Unis «une leçon inoubliable». Quant à Ghalibaf, il a joué un rôle dans la coordination de la riposte militaire lors de l’attaque israélienne et américaine contre l’Iran en juin.
Cependant, Golkar, estime que l’instauration d’un régime militaire n’était pas inévitable, surtout si Larijani, Ghalibaf ou leurs successeurs étaient tués.
La mort d’Ali Khamenei, annoncée le 1ᵉʳ mars 2026 dans le sillage de frappes israélo-américaines visant des centres stratégiques iraniens, ne referme pas une époque : elle l’ouvre brutalement. L’Iran se tient aujourd’hui dans cet instant suspendu : entre cuirasse et métamorphose. Une métamorphose qui suppose un risque plus grand encore : celui d’exister sans ennemi.
Manel Albouchi
Depuis 1989, le Guide suprême n’était pas seulement un chef religieux. Il était le point d’agrégation des tensions, l’instance d’arbitrage ultime, le filtre symbolique entre la nation et le chaos du monde. Sa succession ne sera pas uniquement religieuse ; elle sera stratégique.
La faille du système
Khamenei n’occupait pas seulement une fonction institutionnelle. Il tenait une place psychique totale. Il était ce pare-excitation freudien par lequel la nation métabolisait l’agression du monde. Il absorbait l’angoisse extérieure pour la transformer en discours, en Loi, en direction. Dans l’imaginaire collectif, il portait l’archétype du Père primordial : celui qui tient la frontière, qui nomme l’ennemi, qui garantit la continuité. Et, lorsque le Père tombe, les projections se retirent brutalement. La structure reste debout mais la peau se fissure.
Une économie psychique d’Etat
Depuis la guerre Iran-Irak (1980–1988), la République islamique a structuré sa matrice autour d’un mot «résistance» : résistance militaire, résistance économique, résistance culturelle. Et cette doctrine n’est pas pure rhétorique. Elle a produit une dissuasion asymétrique (missiles, réseaux régionaux alliés), une adaptation prolongée aux sanctions, une autonomie relative dans certains secteurs stratégiques.
Mais toute architecture défensive finit par devenir structure mentale. Ce qui fut stratégie est devenu identité et ce qui fut réponse est devenu réflexe. La résistance est devenue une économie psychique d’État : le monde attaque, la nation souffre, la souffrance prouve l’existence, l’existence justifie la rigidité.
Un Moi-peau rigide
Didier Anzieu parlait du Moi-peau comme de cette enveloppe qui protège le sujet contre la désintégration. L’Iran a construit un Moi-peau collectif solide, épais, presque cuirassé. La protection est devenue rigidité, la cohésion compression et la peau trop épaisse a fini par étouffer la respiration interne. Toute fissure peut être vécu comme une écorchure menaçant la survie même du corps national.
La mort du Guide est une entaille majeure : elle traverse la cuirasse et expose la vulnérabilité longtemps contenue.
Une architecture sous tension
Le régime iranien repose sur une structure duale : institutions élues (présidence, Parlement) et tutelle théocratique exercée par le Guide suprême, le Conseil des gardiens et le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI).
Depuis 1989, Khamenei jouait le rôle d’équilibriste entre ces pôles. Son autorité personnelle limitait les conflits ouverts entre conservateurs pragmatiques, factions sécuritaires et religieux doctrinaires. Son décès redistribue les lignes de force :
– le CGRI pourrait consolider son poids politique et économique ;
– les factions conservatrices chercheront à verrouiller la continuité idéologique ;
– les segments réformistes, marginalisés ces dernières années, pourraient tenter de rouvrir un espace discursif.
La transition ne sera pas un simple passage de témoin. Elle redéfinira l’équilibre entre autorité religieuse, pouvoir sécuritaire et légitimité populaire.
Le drapeau rouge
À Jamkaran, le drapeau rouge s’est levé. Il renvoie au sang injustement versé, à Karbala, au martyre de l’imam Hussein, à cette mémoire qui ne meurt pas.
Dans la tradition chiite, ce n’est pas un simple étendard : c’est une invocation. Le sang appelle justice. Sur le plan géopolitique, le message est double :
– à l’extérieur : signaler que la réponse sera calibrée ;
– à l’intérieur : transformer le deuil en unité, la sidération en mobilisation.
Mais psychiquement, le geste va plus loin. Le drapeau rouge agit comme un activateur collectif. Il simplifie l’angoisse. Il canalise la colère. Il soude la communauté autour d’une équation archaïque : le sang appelle le sang. La blessure cesse d’être effraction brute, elle devient message.
Hisser le drapeau rouge, c’est passer du chaos à la mise en scène. Lier l’énergie traumatique. Ce qui était sidération devient rituel. Ce qui était perte devient Loi.
Freud parlait de compulsion de répétition : on rejoue ce que l’on ne parvient pas à transformer en souvenir. À force de répéter le trauma, on finit par en faire une identité.
Ce drapeau est ambivalent : il unit et il enferme. Il offre une cohésion immédiate par la colère, mais il installe la nation dans une boucle mémorielle où la vie ne se conçoit qu’à travers la répétition du sacrifice.
Or une société ne peut vivre indéfiniment dans la dramaturgie du martyre sans épuiser ses forces vitales.
La question existentielle
La résistance est l’architecture d’État iranien et son identité profonde. Pourtant, la faille ouverte par la disparition de Khamenei contient une possibilité : «La blessure est l’endroit par où la lumière entre.» Encore faut-il accepter que la lumière transforme ce qu’elle éclaire.
La disparition du Père confronte l’Iran à son ombre collective : violence refoulée, désir de reconnaissance, fatigue générationnelle, aspiration à la normalité, mais aussi fierté nationale et refus de l’humiliation.
Les questions sont désormais existentielles. Le régime colmatera-t-il la brèche par la répétition aveugle ? Ou acceptera-t-il que cette déchirure devienne un espace de transformation ? Peut-on passer de la mémoire du sang à un projet de vie ? Peut-on survivre autrement qu’en résistant ?
L’Iran se tient aujourd’hui dans cet instant suspendu : entre cuirasse et métamorphose. Une métamorphose qui suppose un risque plus grand encore : celui d’exister sans ennemi.
L’agence de presse iranienne Tasnim a annoncé, citant le service de relations publiques des Gardiens de la révolution, que le bureau du «Premier ministre criminel du régime sioniste » a été «durement touché par les forces armées de la République islamique lors de la dixième vague d’attaques ciblées et surprises menées par des missiles Khyber.»
«Le sort du Premier ministre du régime sioniste est désormais incertain», écrit l’agence ce lundi 2 mars 2026, ajoutant que des sources israéliennes ont annoncé «l’annulation de sa visite prévue à Beit Shemesh, dans les territoires occupés, ville visée par des missiles iraniens la veille.»
La dernière vidéo diffusée de Netanyahu, d’une durée de quelques minutes, remonte à plusieurs heures. «Depuis, aucune autre vidéo ni photo de lui n’a été publiée», rappelle Tasnim, ajoutant qu’ «aucune information détaillée concernant Netanyahu n’a encore été publiée par la presse hébraïque.»
L’Iran a mené des frappes de missiles de représailles contre les territoires occupés après l’offensive militaire conjointe israélienne et américaine de samedi.
À ce jour, l’Iran a mené dix vagues d’attaques de drones et de missiles contre des bases israéliennes et américaines dans la région.
La Tunisie commémore ce mercredi 17 décembre 2025 le quinzième anniversaire du déclenchement de la révolution, dont l’étincelle est partie de Sidi Bouzid le 17 décembre 2010. Cet événement fondateur a marqué une rupture majeure dans l’histoire contemporaine du pays, ouvrant la voie à une séquence de contestations populaires qui aboutira, moins d’un mois plus tard, à la chute du régime en place le 14 janvier 2011.
À l’origine, la révolution tunisienne portait les revendications de dignité, de justice sociale et de liberté, dans un contexte de marginalisation régionale, de chômage élevé et de restrictions sévères des libertés publiques. Le mouvement, d’abord localisé, s’est rapidement propagé à l’ensemble du territoire, révélant une colère sociale profonde et transversale.
Quinze ans plus tard, ce 17 décembre conserve une forte charge symbolique. Il demeure associé à l’idée de souveraineté populaire et à l’espoir d’un État plus juste, même si le parcours post-révolutionnaire a été jalonné de crises politiques, économiques et institutionnelles. Cependant, les transformations engagées depuis 2011 ont profondément remodelé le paysage politique et social, sans pour autant répondre à toutes les attentes exprimées lors du soulèvement.
Mémoire collective
À l’occasion de cette commémoration, le président de la République, Kaïs Saïed, a annoncé mardi une mesure de grâce présidentielle. Celle-ci prévoit la libération de 2 014 détenus, ainsi que l’octroi de la liberté conditionnelle à 674 autres prisonniers. Une décision présentée comme un geste à forte portée symbolique, intervenant dans un contexte national marqué par des débats persistants autour des libertés, de la justice et de la réconciliation avec les idéaux de la révolution.
Entre mémoire collective et interrogations sur l’avenir, la date du 17 décembre continue ainsi de cristalliser les tensions et les aspirations d’une société tunisienne toujours en quête d’équilibre et de perspectives durables.
La Tunisie célèbre mercredi 17 décembre le 15e anniversaire du déclenchement de la révolution, un tournant majeur de l’histoire contemporaine du pays. Cet évènement fondateur a ouvert la voie à de profondes mutations politiques et sociales dont les effets continuent de se faire sentir aujourd’hui. C’est le 17 décembre 2010 que la révolution a pris […]
A l’occasion de la Fête de la Révolution du 17 décembre, le président de la République, Kaïs Saïed, a accordé une grâce présidentielle en faveur de 2014 détenus. La décision a été annoncée aujourd’hui dans un communiqué officiel de la présidence de la République. Elle s’inscrit dans le cadre des mesures traditionnelles prises lors des grandes commémorations nationales.
Dans son communiqué, la présidence de la République précise que le chef de l’État a décidé d’accorder une grâce présidentielle à 2014 personnes incarcérées. Cette mesure relève des prérogatives constitutionnelles du président en matière de réduction de peines.
Libération conditionnelle pour 674 autres détenus
Le communiqué indique également que le président de la République a ordonné l’octroi de la libération conditionnelle à 674 autres détenus. Cette mesure vient s’ajouter à la grâce présidentielle accordée à 2014 personnes, sans préciser les modalités d’application ni les délais de mise en œuvre.
La présidence souligne que cette décision intervient à l’occasion de la célébration de la Fête de la Révolution, commémorée le 17 décembre, date marquant le déclenchement du soulèvement populaire de 2010.
Le président de la République, Kaïs Saïed, a accordé une grâce présidentielle en faveur de 2014 détenus. Il a également ordonné d’accorder la libération conditionnelle à 674 autres détenus. Cette grâce présidentielle survient à l’occasion de la célébration de la fête de la révolution du 17 décembre, annonce un communiqué de la présidence de la […]
Quinze ans après l’embrasement de la première étincelle de la Révolution de la liberté et de la dignité, Sidi Bouzid se replonge dans sa mémoire collective. À partir du 16 décembre, le gouvernorat vit au rythme d’un programme commémoratif dense, mêlant culture, réflexion, sport et animation, déployé dans les places publiques, les maisons de jeunes et de culture, ainsi que dans les établissements scolaires et universitaires.
Placée sous le slogan « 17 décembre… la voix de la liberté », la nouvelle édition du Festival international du 17 décembre 2010 ambitionne de rappeler la portée symbolique de cette date fondatrice tout en ouvrant des espaces de débat sur ses prolongements politiques, économiques et sociaux. Les festivités démarrent le 16 décembre par l’animation de la place du martyr Mohamed Bouazizi, lieu emblématique de la révolution.
La journée du 17 décembre sera marquée par des moments hautement symboliques, avec la levée des couleurs et le tir de 17 coups de feu en hommage à l’événement. Le programme prévoit également un concert engagé sur la place Bouazizi assuré par la troupe des Amis de Cheikh Imam de Tajerouine, une édition spéciale « 17 décembre » du tournoi de basket-ball, ainsi qu’un concert du rappeur Sanfara au théâtre de plein air de Sidi Bouzid.
Le volet économique et artistique se poursuit le 18 décembre avec l’organisation d’un colloque consacré aux projets bloqués dans la région, au complexe de la jeunesse 17 décembre. La même journée sera ponctuée par un concert international de l’artiste algérien Bilal Takschini et par plusieurs activités culturelles dans des écoles primaires.
Le 19 décembre, une conférence intellectuelle intitulée « La révolution entre rêves et réalisations » réunira chercheurs et acteurs de la société civile au complexe de la jeunesse. La soirée se clôturera par un spectacle de l’artiste Ghazi Ayadi au théâtre de plein air, parallèlement à des animations dans les établissements éducatifs, les centres de l’enfance, la maison de retraite et les institutions universitaires, sans oublier le tournoi de football « Coupe du 17 décembre ».
De son côté, l’Association culturelle du 17 décembre à Sidi Bouzid propose une série de rencontres axées sur la réalité socio-économique de la région. Une première conférence, prévue le 16 décembre, s’intitule « Sidi Bouzid à travers les chiffres : les indicateurs de développement humain révèlent la réalité ». Une seconde, programmée le 17 décembre, portera sur « Sidi Bouzid, de l’étincelle de la révolution aux enjeux du développement ». Ces rendez-vous seront accompagnés d’activités ludiques pour enfants et d’une exposition culturelle consacrée au patrimoine archéologique régional, organisée sur la place de la Terre à Sidi Bouzid.
Journées théâtrales à Sidi Bouzid
À Meknassi, la maison de la culture et le complexe de l’enfance ont élaboré un programme spécifique sous le slogan « Par un comportement citoyen, je protège ma patrie ». Il comprend une animation populaire, un hommage au drapeau national en collaboration avec les scouts tunisiens, une exposition photographique sur la révolution du 17 décembre 2010, ainsi que des ateliers d’écriture, de dessin, de fresques murales et de photographie, en plus de démonstrations sportives et de prestations musicales.
À Sidi Ali Ben Aoun, le complexe culturel et l’association de ses amis organisent les 16 et 17 décembre la cinquième édition de la manifestation de calligraphie arabe et de mosaïque « Tajalliyat Al Athar ». L’événement propose des expositions de calligraphie, de calligraphie dorée et de mosaïques, ainsi que des ateliers de gravure, de polissage et d’écriture artistique.
Par ailleurs, l’initiative « Hiver des journées théâtrales à Sidi Bouzid », lancée par le complexe culturel Abou Bakr Al Gammoudi, a démarré le 14 décembre et se poursuit jusqu’au 19 du mois. À Bir El Hafey, le complexe culturel Abdelkader Ben Haj Nasr organise, le 18 décembre, le Festival du mouvement révolutionnaire, avec au programme une exposition documentaire sur la révolution, des activités scoutes, des ateliers d’arts plastiques, d’artisanat, de théâtre de marionnettes et de culture numérique.
En hommage au leader syndical Farhat Hached, le président Kaïs Saïed s’est rendu au mausolée du martyr avant d’enchaîner une série de visites et de déclarations à Tunis. Entre mémoire nationale, avertissements politiques et échanges directs avec les citoyens, le chef de l’État a livré une journée marquée par le rappel de la lutte, de la justice et des institutions.
Hommage à Farhat Hached
Le président de la République, Kaïs Saïed, s’est rendu vendredi matin au mausolée de Farhat Hached pour commémorer le 73ᵉ anniversaire de son assassinat. Il y a récité la Fatiha, en présence des membres de la famille du martyr.
Le chef de l’État a étendu cet hommage à l’ensemble des militants ayant contribué à la naissance du syndicalisme tunisien.
Message politique à la Kasbah
À l’issue de la visite, Kaïs Saïed s’est rendu au palais du gouvernement à la Kasbah pour une réunion avec la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzeri.
Il y a affirmé que » la Révolution continue et qu’il n’est pas question de porter atteinte aux institutions de l’État ». Le président a mis en garde contre toute tentative de pression ou d’influence, déclarant que la Tunisie « ne cédera ni aux lobbies ni à ceux qui servent leurs intérêts au sein de l’administration ».
Saïed a martelé que nul n’est au-dessus de la loi, quel que soit son rang, estimant que la force de l’État réside précisément dans ses lois et ses institutions.
Rencontre avec les citoyens au centre-ville
Le président a ensuite parcouru plusieurs sites et édifices historiques dans la rue de la Mosquée Zitouna et ses rues adjacentes, au cœur de la médina de Tunis. Il s’est intéressé à l’état du patrimoine architectural et à la conservation de sites anciens, avant de poursuivre sa visite dans le centre-ville.
En se rendant sur les grandes artères de Tunis, Saïed a échangé avec de nombreux citoyens venus lui faire part de leurs préoccupations quotidiennes.
Selon une vidéo publiée par la présidence, il a assuré que les efforts se poursuivaient « sans relâche » pour répondre aux attentes sociales dans les délais les plus courts, réaffirmant sa volonté d’être à l’écoute directe de la population.