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Formalisation inclusive : les travailleurs informels en quête de formalité !

24. September 2026 um 16:59

La conférence régionale intitulée “De l’informalité à l’inclusion : façonner l’avenir du travail “ organisée à Tunis par le Tunisia Inclusive Labor Institute a mis l’accent sur l’importance de la formalisation fondée sur les droits, la protection sociale et le dialogue avec les travailleurs. La rencontre a réuni des représentants de travailleurs, des organisations syndicales et des acteurs publics autour des transformations technologiques et climatiques qui bouleversent le monde professionnel.

Partant des expériences du Rwanda, de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique du Sud montrent que pour garantir une véritable inclusion, l’enregistrement administratif ne suffit pas.

Pour Asma Ben Hassen, présidente du Tunisia Inclusive Labor Institute, la formalisation ne doit pas être réduite à une simple démarche administrative ou fiscale. Elle doit s’appuyer sur les principes de la recommandation n°204 de l’Organisation internationale du travail (OIT), adoptée en 2015. Celle-ci met notamment l’accent sur le respect des droits fondamentaux des travailleurs, la sécurité du revenu, l’extension progressive de la protection sociale et l’amélioration des conditions de travail.

Selon elle, la formalisation doit également garantir l’accès à la santé et à la sécurité au travail, aux compétences, au financement et aux marchés. Elle doit surtout assurer la représentation des travailleurs de l’économie informelle afin que leur participation aux politiques publiques soit effective.

Elle estime comme suit: « L’évolution rapide du marché du travail impose avant tout des cadres juridiques et sociaux. » Evoquant le télétravail, l’économie des plateformes, les activités numériques et l’apparition de nouveaux métiers rendent nécessaire la création de statuts accessibles et adaptés.

Les systèmes de protection sociale doivent pouvoir intégrer ces nouvelles catégories de travailleurs, souvent indépendants. Ce qui laisse entendre l’absence de couverture médicale, de retraite et de protection en cas d’incapacité de travail.

Il convient de noter qu’en Tunisie, le régime de l’auto-entrepreneur constitue une première étape vers la formalisation. Annoncé en 2018, adopté en 2020 et devenu officiellement opérationnel en novembre 2024, ce dispositif aurait permis à plus de 12.000 travailleurs informels de s’inscrire.

Ce chiffre reste toutefois limité vis-à-vis du chiffre réel lié à  l’économie informelle, englobant entre autres les travailleurs indépendants, les salariés, mais aussi des personnes qui emploient d’autres travailleurs sans que leur activité soit officiellement enregistrée.

Pour y faire face, il est d’autant plus important de  mieux comprendre cette réalité à travers des études et des données fiables. Les politiques publiques devront tenir compte des différentes catégories de travailleurs et proposer des mécanismes spécifiques aux activités émergentes. La sensibilisation et la formation sont également nécessaires pour rendre les statuts existants plus compréhensibles et plus attractifs.

Le risque d’une informalité durable

Les échanges ont également porté sur les risques liés au travail informel dans l’économie numérique. Les travailleurs à distance peuvent être exposés à l’isolement, à la dégradation de la santé mentale et à certaines maladies professionnelles. Travailler pendant de longues heures, parfois seul et durant la nuit, peut avoir des conséquences importantes sur la santé.

D’autres difficultés concernent les retards ou l’impossibilité de paiement, l’absence de protection sociale et l’incertitude concernant la retraite. Pour Asma Ben Hassen, l’informalité peut constituer une phase provisoire, mais elle ne doit pas devenir une situation qui dure dans le temps. Elle a notamment cité une enquête selon laquelle une proportion importante de travailleurs informels demeurent dans cette situation pendant plus de dix ans, dans l’attente d’un statut stable.

La transformation du travail exige ainsi une adaptation de l’ensemble de l’environnement institutionnel : législation, inspection du travail, protection sociale et dispositifs de formation. Il ne suffit pas de demander aux jeunes et aux travailleurs de s’adapter aux nouvelles technologies ; les institutions doivent également évoluer.

L’expérience du Rwanda

Jeannette Nyiramasengesho, secrétaire générale d’une organisation syndicale de travailleurs de l’économie informelle au Rwanda, a présenté l’expérience de son pays. Selon elle, l’inclusion constitue une priorité prise au sérieux par les autorités rwandaises.
Elle a rappelé que le Rwanda met en œuvre la recommandation n°204 à travers différentes institutions et cherche notamment à créer des espaces de travail et à faciliter l’enregistrement des travailleurs informels. Le pays aurait également réalisé des progrès importants en matière de protection sociale, notamment grâce à la couverture maladie mutualisée et à d’autres mécanismes destinés à élargir l’accès aux services sociaux.
L’expérience rwandaise montre que la formalisation nécessite un engagement public durable, ainsi qu’une coordination entre les institutions, les organisations de travailleurs et les acteurs économiques.

Des droits, pas seulement des recettes

En Afrique du Sud, Omar Parker, représentant de la Western Cape E-Hailing Association, a distingué deux approches de la formalisation.
La première est centrée sur les recettes publiques. Elle vise à enregistrer les activités, délivrer des licences et assurer la conformité fiscale. La seconde, fondée sur les droits, cherche à garantir la protection sociale, la liberté d’association, la négociation collective et de meilleures conditions de travail.
Cette distinction est particulièrement importante dans le transport via les plateformes. Les chauffeurs sont souvent présentés comme des « partenaires » ou des travailleurs indépendants, alors qu’ils ne bénéficient pas toujours de la reconnaissance et des protections accordées aux salariés.

Omar Parker estime que les organisations de travailleurs doivent être associées dès la conception, l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques. Une consultation organisée après l’adoption des décisions ne peut pas être considérée comme un véritable dialogue social.
Selon lui, les travailleurs ne veulent pas seulement « un siège à la table ». Ils souhaitent participer réellement aux décisions qui concernent leurs conditions de travail. La formalisation doit améliorer leurs revenus, leur sécurité économique et leurs droits, et non transférer sur eux l’ensemble des coûts d’exploitation, des risques commerciaux et des obligations fiscales.

Une feuille de route inclusive

Les effets du changement climatique ont constitué un autre axe important de la conférence. Les inondations, les vagues de chaleur et les perturbations des activités affectent directement les travailleurs informels, souvent dépourvus de mécanismes de protection.
Les participants ont appelé à renforcer l’information, l’éducation et l’organisation collective afin de permettre aux travailleurs de mieux faire face aux mutations technologiques et climatiques.

Les deux journées de travaux doivent déboucher sur des recommandations élaborées avec les travailleurs informels, les associations, les organisations syndicales et les pouvoirs publics. Ces propositions pourraient contribuer à la future feuille de route de l’OIT pour 2027-2032.

Il faut désormais aller au-delà du simple enregistrement des activités. Pour être véritablement inclusive, la formalisation doit garantir aux travailleurs des droits, une protection sociale, une sécurité financière et une participation réelle aux décisions qui concernent leur avenir.

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Hichem Ben Yahia : « La Tunisie doit être dans l’ère du New Space au service du développement »

24. September 2026 um 15:41

Souvent perçu comme un domaine lointain et réservé aux grandes puissances, le secteur spatial joue pourtant un rôle croissant dans la gestion des ressources, l’agriculture, la protection de l’environnement et la souveraineté des États. Où en est la Tunisie dans ce domaine ? Quels sont ses moyens, ses besoins et ses perspectives ? Hichem Ben Yahia, vice-président de l’Association tunisienne d’astronomie, revient sur les enjeux du spatial en Tunisie et sur la nécessité de mieux structurer cette filière. Interview: 

Comment fonctionne le secteur spatial en Tunisie ?

À l’échelle mondiale, le secteur spatial est dominé par plusieurs grandes puissances, notamment les pays européens, le Japon, la Chine et, plus récemment, l’Inde. La plupart de ces pays disposent d’agences spatiales nationales.

Pourquoi cette activité s’est-elle autant développée ?

Nous parlons aujourd’hui des satellites, qui représentent certes un investissement important pour les budgets publics. Mais il existe également les CubeSats, les nanosatellites et les petits satellites, dont les coûts de fabrication et de lancement sont beaucoup plus faibles.

La réduction du coût des lancements ainsi que la récupération des lanceurs ont également contribué au développement du secteur. Auparavant, les lanceurs étaient utilisés une seule fois avant d’être abandonnés. Aujourd’hui, notamment grâce à SpaceX, ils peuvent être récupérés et réutilisés. Cette technologie permet de faire atterrir les lanceurs sur leur plateforme de lancement ou sur une autre plateforme.

Les missions spatiales sont elles aussi devenues plus accessibles. Certaines missions, notamment vers la Lune, peuvent désormais être réalisées en quelques jours ou quelques semaines. Cette évolution a contribué à réduire les coûts et à ouvrir le secteur à de nouveaux acteurs.

L’espace représente également un enjeu majeur de souveraineté. Un pays peut ne pas posséder de satellite, mais avoir accès à des données satellitaires. Ces données sont utiles dans de nombreux domaines, notamment l’astronomie, l’agriculture, la gestion de l’eau et l’observation de l’environnement.

Nous sommes aujourd’hui confrontés à une quantité considérable de données. Des professionnels et des organisations peuvent transmettre des millions d’informations, ensuite réparties entre différents laboratoires ou institutions afin d’être analysées. Ces données contribuent à résoudre des problèmes spécifiques et à améliorer la prise de décision.

La Tunisie est-elle présente dans ce domaine ?

La Tunisie est présente, mais elle reste en retard. Nous disposons d’une Commission spatiale, mais j’ai toujours émis des réserves à son sujet. Notamment parce qu’il s’agit d’une commission interministérielle placée sous la tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

À mon avis, cette structure devrait être intégrée dans un véritable cadre légal et institutionnel. Certains pays disposent d’agences spatiales, comme l’Algérie, qui possède une agence spatiale nationale. En Tunisie, nous en sommes encore au stade d’une commission ministérielle. Par ailleurs, cette commission compte parfois des personnes qui ont pris leur retraite ou qui ne sont plus réellement actives. Or, une structure de ce type doit être dynamique et capable de suivre les évolutions rapides du secteur spatial.

Faut-il créer une agence spatiale avant de construire un lanceur ou un satellite, ou bien l’inverse ?

Il faut d’abord définir les besoins et les priorités. La création d’une agence spatiale devrait précéder la mise en œuvre de grands projets. Une telle agence permettrait de structurer le secteur, de définir une stratégie nationale et de coordonner les différents acteurs.

Il faut également comprendre que les activités spatiales sont encadrées par des règles internationales. Lorsqu’un satellite est lancé, il doit être enregistré au nom d’un État. Toute activité spatiale est donc soumise à un cadre juridique international.

La Tunisie dispose-t-elle d’une législation spatiale ?

La Tunisie ne dispose pas totalement d’une législation spatiale nationale complète et spécifique. Le cadre applicable repose essentiellement sur le droit international de l’espace. La mise en place d’un cadre juridique national apparaît néanmoins nécessaire pour structurer un écosystème spatial tunisien.

Des initiatives existent déjà. À Sfax, un projet de satellite a été mené à bien. À Tunis, un projet porté par la Cité des sciences a abouti à la conception d’un petit satellite destiné à la collecte de données.

Il convient de souligner que le secteur spatial ne se limite pas aux ingénieurs en aéronautique ou aux spécialistes des lanceurs. Il mobilise de nombreuses compétences dans des domaines tels que l’électronique, l’informatique, le développement logiciel, l’intelligence artificielle, les systèmes d’information, la télédétection, la cybersécurité, le climat, l’environnement, l’agriculture, le droit et la gestion des ressources hydriques. 

Même des métiers plus traditionnels peuvent contribuer aux activités spatiales. Il peut être nécessaire de faire appel à des médecins, des techniciens, des soudeurs, des peintres ou encore des artisans. Le secteur spatial mobilise donc un large éventail de compétences.

Il ne faut pas penser que seuls les étudiants qui suivent une formation directement liée à l’espace peuvent intégrer ce domaine. L’essentiel est de disposer de compétences utiles au secteur. L’État doit encourager et développer ces compétences afin qu’elles puissent ensuite être mobilisées dans les activités spatiales.

Une agence spatiale ne regroupe donc pas uniquement des astronautes et des ingénieurs. Elle comprend également des techniciens, des chercheurs, des universitaires et des spécialistes chargés de définir les orientations stratégiques.

Combien de satellites la Tunisie possède-t-elle actuellement ?

La Tunisie possède actuellement un seul satellite : Challenge One. Un autre satellite devrait être développé ou lancé à l’horizon 2027.

Il faut également distinguer les satellites de télécommunication des satellites scientifiques, notamment les télescopes spatiaux. Les satellites de télécommunication sont généralement placés sur des orbites situées à plusieurs centaines de kilomètres de la Terre. Tandis que certains télescopes spatiaux sont positionnés beaucoup plus loin.

Le télescope spatial James Webb, par exemple, se trouve à environ 1,5 million de kilomètres de la Terre. Il a été développé grâce à la coopération entre plusieurs pays, notamment les États-Unis, le Canada et des pays européens. Son miroir est recouvert d’une fine couche d’or afin d’améliorer ses performances scientifiques.

Cela montre que les grands projets spatiaux nécessitent des ressources financières importantes, des technologies avancées et une coopération internationale. Même lorsqu’un pays ne dispose pas des moyens suffisants pour construire seul un satellite ou un télescope, il peut participer à des projets internationaux.

Le secteur spatial peut-il contribuer à résoudre les problèmes liés à l’eau ?

Les applications spatiales sont particulièrement importantes pour la gestion de l’eau. Les satellites peuvent surveiller les barrages, suivre l’évolution de leur niveau de remplissage et fournir des données sur les ressources hydriques.

Ces informations sont utiles pour anticiper les périodes de sécheresse, suivre la progression de la désertification et améliorer la gestion des ressources naturelles. Elles peuvent également contribuer à protéger les zones sensibles et à mieux planifier les politiques publiques.

Prenons l’exemple d’un agriculteur qui possède une parcelle et souhaite la vendre à un prix élevé. Si l’on ne tient compte que de l’intérêt individuel, cette vente peut sembler avantageuse. Mais une observation à l’échelle du pays peut révéler que cette zone joue un rôle important dans la protection contre les inondations ou dans la préservation des terres agricoles.

Les satellites permettent justement d’avoir une vision globale du territoire. Ils fournissent des données précieuses sur l’occupation des sols, l’évolution des zones agricoles, la désertification et les risques environnementaux.

La Tunisie peut-elle accéder à ces données sans posséder de nombreux satellites ?

Oui. Même si la Tunisie ne dispose pas des moyens nécessaires pour lancer plusieurs satellites, elle peut accéder aux données produites par des satellites étrangers ou dans le cadre de projets internationaux.

Ces données peuvent être gratuites ou payantes. La Tunisie peut également participer à des programmes de coopération avec d’autres pays, notamment dans les domaines de l’observation de la Terre, de l’agriculture, de l’eau et du climat.

La collaboration avec l’Italie, par exemple, peut être utile. Lorsqu’un pays dispose d’un secteur spatial limité, il n’est pas nécessairement rentable pour lui d’investir seul dans des infrastructures très coûteuses. Il peut plutôt exploiter les données déjà disponibles ou participer à des projets communs.

L’essentiel est donc de définir clairement les besoins de la Tunisie et de déterminer comment les données spatiales peuvent contribuer au développement du pays.

La Tunisie doit ainsi renforcer son cadre institutionnel et juridique, développer ses compétences nationales et utiliser davantage les données satellitaires; même si elle ne possède pas encore un grand nombre de satellites. Autrement dit, la Tunisie doit être dans l’ère du New Space au service du développement.

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Transferts TRE et tourisme : 12,77 Mrds de dinars de recettes, en hausse de 4,96 % en septembre 2026

24. September 2026 um 11:45

Les derniers indicateurs de la Banque centrale de Tunisie (BCT) publiés le 24 septembre 2026 font ressortir que les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) et les recettes touristiques ont généré 12,77 milliards de dinars au 20 septembre 2026. Soit une progression de 603 millions de dinars (+4,96 %) par rapport à la même période en 2025.

Les transferts des TRE restent en tête avec 6,67 milliards de dinars (+5,2 %), devant les recettes touristiques à 6,09 milliards de dinars (+4,69 %), soit un écart de 581,8 millions de dinars entre les deux postes.

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Nadia Hai : « L’urgence climatique est là, il faut agir pour la Méditerranée »

24. September 2026 um 10:46

À la veille de la 9ᵉ édition du Forum mondial de la mer à Bizerte, placée sur le thème «Agir pour une Méditerranée sans plastique», l’Institut français de Tunisie (IFT) a organisé, le 23 septembre 2026, un débat sur les défis environnementaux communs au bassin méditerranéen et les réponses à construire ensemble. Dans ce contexte, quelles sont les priorités d’action et quelles initiatives concrètes existent, côté européen et tunisien, pour concilier les enjeux économiques et la protection de l’environnement? Rencontre exclusive avec l’ambassadrice Nadia Hai, déléguée interministérielle à la Méditerranée au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères de France. 

 

La dimension scientifique est-elle essentielle pour mieux protéger l’environnement à grande échelle?

Absolument. La science est indispensable pour comprendre, mesurer et orienter l’action. Mais la protection de l’environnement ne peut pas se limiter aux études, aux analyses et aux recherches. Aujourd’hui, le constat est là.

Ce que nous imaginions comme un avenir lointain, c’est notre présent. Des personnes meurent lors de canicules extrêmes. Des incendies se multiplient à cause de la sécheresse et des bouleversements climatiques. Nous voyons aussi des inondations, des tempêtes et même des ouragans dans des régions de France où de tels phénomènes étaient inédits.

L’impact sur la santé humaine et animale est également avéré, notamment à travers la pollution, en particulier la pollution plastique, qui a beaucoup été évoquée lors du débat organisé à l’IFT dans le cadre des rendez-vous géopolitiques sur l’environnement.

Concrètement, que faire pour lutter efficacement contre le plastique?

La lutte contre la pollution plastique est au cœur du Forum mondial de la mer à Bizerte, qui réunit chercheurs, responsables politiques, autorités, scientifiques et entreprises pour réfléchir collectivement à la manière de limiter la production de plastique, d’en réduire les impacts sur la santé humaine et animale, et surtout d’agir vite.

L’urgence est là. Il faut passer du constat, des déclarations et des signatures de traités à l’action. Ces deux jours de forum sont importants: ils alertent les autorités, conduisent à des engagements, sensibilisent les pollueurs et tentent d’embarquer les industriels dans une transformation de leurs activités vers des modèles plus vertueux et plus protecteurs de l’environnement.

 

L’urgence est là. Il faut passer du constat, des déclarations et des signatures de traités à l’action. Ces deux jours de forum sont importants: ils alertent les autorités, conduisent à des engagements, sensibilisent les pollueurs et tentent d’embarquer les industriels dans une transformation de leurs activités vers des modèles plus vertueux.

 

Mais, en réalité, l’action commence chez chacune et chacun d’entre nous : trier ses déchets, ne pas les abandonner dans la nature, les mettre dans une poubelle, on en est parfois encore là. Limiter ses trajets en voiture, privilégier la marche ou le vélo,.. ce sont des gestes du quotidien.

Face aux grands pollueurs, l’effort individuel peut sembler dérisoire. Pourtant, si chacun y met du sien, le cumul devient considérable. La lutte contre les pollutions est à la portée de tous

Il est clair que ces forums sont aussi importants pour inciter, voire imposer, des normes et des réglementations aux plus gros émetteurs. Mais il faut que chacun se demande: qu’est-ce que je peux faire, à mon niveau, pour protéger l’environnement?

C’est la première fois que vous intervenez au Forum mondial de la mer?

Oui, car j’ai été nommée il y a un an et demi. L’année dernière, je n’ai pas pu m’y rendre : j’étais appelée à représenter la France à un autre événement de l’Union pour la Méditerranée, à Barcelone.

Cette année, je ne me voyais pas ailleurs qu’ici, à Bizerte, pour le Forum mondial de la mer. La Méditerranée est dans un état d’urgence absolue. Je me suis baignée cet été en Méditerranée, comme beaucoup de Tunisiennes et de Tunisiens, et j’ai remarqué quelque chose que je n’avais jamais observé auparavant : la température de l’eau, excessivement chaude.

Cela doit nous interpeller. Une mer plus chaude, c’est la disparition de la biodiversité marine. C’est la posidonie, cette plante qui capte le CO₂ et les émissions de gaz à effet de serre, qui est menacée. Selon les scientifiques, si nous ne faisons pas collectivement ce qu’il faut pour la préserver, la Méditerranée pourrait être déclarée « mer morte » d’ici 2050.

 

La préserver passe par les gestes du quotidien, mais aussi par la lutte contre tous les types de pollution: s’adresser aux industriels, décarboner le transport maritime, électrifier les ports, décarboner les activités portuaires.

 

La préserver passe par les gestes du quotidien, mais aussi par la lutte contre tous les types de pollution: s’adresser aux industriels, décarboner le transport maritime, électrifier les ports, décarboner les activités portuaires. C’est un ensemble d’actions à mener collectivement si nous voulons continuer à nous y baigner et surtout si nous voulons que cette mer continue de nous protéger.

Pensez-vous qu’agir maintenant, dire « stop » aux pollueurs, soit suffisant pour atteindre, à l’horizon 2050, l’objectif « zéro déchet, zéro pollution »?

En tout cas, c’est nécessaire. Toutes ces actions permettront, à défaut d’inverser immédiatement la tendance, de ralentir le phénomène, et peut-être, à terme, de le contenir.

Quand on défriche une terre, on voit parfois, au bout de quelque temps, de nouvelles plantes, de l’herbe, repousser. Il est donc possible de réimplanter des espèces vivantes en mer, de préserver la posidonie.

En définitive, il faut agir, parce que c’est obligatoire, parce que c’est urgent. Les résultats, on les verra ensuite. Mais il faut commencer maintenant.

 

Quand on défriche une terre, on voit parfois, au bout de quelque temps, de nouvelles plantes, de l’herbe, repousser. Il est donc possible de réimplanter des espèces vivantes en mer, de préserver la posidonie.

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Mohamed Ali Nafti à l’ONU : la Tunisie vise 62 % de réduction carbone d’ici 2035

24. September 2026 um 10:17

Le ministre des Affaires étrangères, de la migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a réaffirmé l’engagement de la Tunisie à accélérer la transition vers les énergies propres et à renforcer sa résilience climatique, notamment dans les domaines de l’eau, de l’alimentation et de l’énergie. Il s’exprimait lors d’une réunion de haut niveau sur l’action climatique organisée par le secrétaire général de l’ONU à New York.

 

De ce fait, il a présenté la « Contribution Déterminée au niveau National » (CDN 3.0), qui vise une réduction de 62 % de l’intensité carbone d’ici 2035 (par rapport à 2010) et une part de 35 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici 2030, un programme estimé à 55 milliards de dollars.

Le ministre a insisté sur la nécessité d’un soutien international accru aux pays en développement (financements concessionnels, dons, transferts de technologies) et a annoncé un atelier national le 7 octobre 2026, en coopération avec le PNUD, pour améliorer l’accès aux financements climatiques multilatéraux.

Il a aussi insisté sur la nécessité, pour les pays en développement, notamment les pays les plus vulnérables aux changements climatiques, de bénéficier d’un accès facilité aux financements concessionnels et aux dons, du transfert de technologies, du renforcement des capacités ainsi que de partenariats d’investissement renforcés, particulièrement dans les domaines des énergies renouvelables et de l’adaptation aux changements climatiques.

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