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Dr Hamida Ouled Slimane: « Protéger une femme, c’est protéger l’humanité »

22. August 2026 um 12:54

Professeure tunisienne installée à Paris et régulièrement présente en Italie, Hamida Ouled Slimane est CEO de Gaudium et incarne un parcours à la croisée de la médecine, des neurosciences et de la diplomatie scientifique. Neuroscientifique clinique et médico-légale, neurocriminologue, directrice scientifique médicale et conseillère scientifique, elle est également vice-présidente de PSAF International et présidente de PSAF France.Elle consacre ses recherches à la compréhension des blessures invisibles qui façonnent les trajectoires humaines. De la médecine légale aux neurosciences cliniques, de la neurocriminologie à l’étude des addictions et du neurodéveloppement, son travail repose sur une conviction profonde : derrière chaque traumatisme, chaque comportement et chaque donnée biologique se trouve une personne à protéger.

À travers ses travaux sur la violence pendant la grossesse, les addictions et les mécanismes du stress, elle œuvre à faire entendre, sur la scène internationale, une voix tunisienne engagée en faveur des femmes, des enfants, des familles et de l’être humain. Sa démarche s’inscrit également dans une volonté de rapprocher la recherche scientifique des institutions et de faire de la science un véritable instrument de prévention et de protection. Nous l’avons rencontrée pour évoquer son parcours, ses recherches et sa vision de la diplomatie scientifique.
Sa devise  » L’âme qui guide » résume cette approche profondément humaine : derrière la science, la médecine, la diplomatie et chaque donnée scientifique, il y a toujours un être humain, que la professeure Hamida Ouled Slimane veille à placer au cœur de sa recherche. Interview:

En quoi votre parcours en neurosciences et en diplomatie scientifique vous a-t-il conduite à porter la voix de la femme tunisienne à l’échelle internationale ?

Mon parcours est né de la médecine légale et de l’étude scientifique du dommage, avant de se développer progressivement dans les neurosciences cliniques et médico-légales, la neuropsychopathologie, la neurocriminologie, la psychothérapie, ainsi que dans la recherche sur les addictions pathologiques et la neuromodulation.

Je suis une femme Tuniso-italienne, née en Italie, d’origine tunisienne et résidant aujourd’hui en France. Cette dimension a joué un rôle important dans mon parcours, car elle m’a permis de construire une vision scientifique qui traverse plusieurs pays et plusieurs systèmes culturels. Elle a également contribué à établir un pont entre la Tunisie, l’Italie, la France, l’Europe et, désormais, l’Afrique.
Je suis neuroscientifique clinique et médico-légale, chercheuse en neurosciences cliniques et en médecine légale, spécialisée en neuropsychopathologie et en neurocriminologie. Mon travail se situe à l’intersection du cerveau, du comportement, du traumatisme, de la pathologie et de la médecine légale. Ma recherche est toujours partie d’une question fondamentale : que se passe-t-il dans le cerveau lorsqu’une expérience traumatique modifie les processus normaux d’adaptation ?
Cette réflexion m’a également conduite à étudier les addictions pathologiques et la neuromodulation. J’ai publié le volume Neuromodulazione nel trattamento delle dipendenze — Neuromodulation dans le traitement des addictions , dans la collection Università. J’y ai approfondi le rôle de la stimulation magnétique transcrânienne, ou TMS, dans l’étude et le traitement des addictions.
La recherche sur les addictions m’a permis d’approfondir les relations entre les circuits de la récompense, la dopamine, le craving, le contrôle inhibiteur, le cortex préfrontal et les circuits striataux. Il s’agit d’une ligne de recherche que j’ai ensuite développée dans plusieurs articles scientifiques.

Le travail intitulé Pathological Addictions: Recognise & Act, publié avec le professeur Raffaele Zinno, aborde l’addiction pathologique comme un phénomène complexe. Il en analyse les composantes neurobiologiques et neuropsychologiques, ainsi que le rôle des fonctions exécutives, du cortex préfrontal et des circuits fronto-limbiques. Cet article examine également la neuromodulation, notamment la TMS et la rTMS, comme outils thérapeutiques potentiels dans le cadre d’une approche intégrée.

Ce travail est directement lié à mon livre sur la neuromodulation. Dans les deux cas, l’objectif central est de comprendre comment les circuits cérébraux participent à la perte de contrôle, au comportement compulsif et à l’addiction, mais aussi comment la plasticité cérébrale peut ouvrir de nouvelles possibilités thérapeutiques.

Cependant, l’étude des addictions m’a amenée à me poser une question plus profonde : si le cerveau est plastique et si les expériences peuvent modifier ses trajectoires fonctionnelles, jusqu’où devons-nous remonter dans le temps pour comprendre l’origine de certaines vulnérabilités ? C’est ainsi que je me suis orientée vers l’étude du traumatisme précoce et de la violence pendant la grossesse.
Le premier travail scientifique qui a ouvert cette ligne de recherche est intitulé Neuroscience and New Research Perspectives on Violence as a Risk Factor in Pregnancy, publié avec le professeur Raffaele Zinno.

Cet article propose une perspective neuroscientifique sur la violence pendant la grossesse. Il considère que le stress maternel chronique peut constituer un facteur de risque important, qui doit être étudié non seulement sous l’angle psychologique et social, mais également à travers les mécanismes neuroendocriniens, neurophysiologiques et développementaux. Il pose ainsi les bases théoriques permettant d’interroger les effets du stress maternel sur l’environnement intra-utérin et sur le neurodéveloppement ultérieur de l’enfant. À partir de cette première approche s’est développée une recherche de plus en plus structurée. Dans le cadre de mon parcours doctoral, j’ai approfondi les mécanismes de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, ou axe HPA, ainsi que le rôle du cortisol, du placenta et de la 11β-HSD2. J’ai également étudié les effets possibles du stress chronique sur les systèmes neurobiologiques impliqués dans le développement cérébral.

Je me suis aussi intéressée au rôle du locus coeruleus, du système noradrénergique et de leur relation avec le cortex préfrontal, en examinant les conséquences possibles du stress chronique sur les fonctions exécutives, la régulation émotionnelle, l’attention et la mémoire de travail.
Le troisième travail scientifique inscrit dans cette ligne de recherche est consacré à la violence pendant la grossesse et à ses effets sur le lobe frontal. Il approfondit le rôle possible du stress prénatal et des systèmes neurobiologiques du stress dans le développement des structures et des fonctions préfrontales, avec une attention particulière portée aux fonctions exécutives et à la régulation du comportement.
Ce travail constitue une étape importante, car il fait passer la recherche du concept général de « traumatisme » à l’analyse de circuits et de systèmes neurofonctionnels spécifiques.

Voici la continuité scientifique de mon parcours : médecine légale, neurosciences, neuropsychopathologie, neurocriminologie, addictions, neuromodulation, traumatisme, neurobiologie du stress et violence pendant la grossesse. C’est cette continuité qui m’a conduite vers la diplomatie scientifique. Je crois que la science ne doit pas rester enfermée dans les laboratoires ou dans les publications. Elle doit pouvoir dialoguer avec les institutions lorsqu’elle concerne la protection de la personne. C’est dans cet esprit que je porte également la voix de la femme tunisienne : non seulement comme représentante d’une identité, mais aussi comme scientifique et diplomate scientifique. Je souhaite démontrer qu’une recherche développée à partir de la Tunisie peut atteindre le niveau européen et international.

Quels sont les objectifs de votre Observatoire concernant les violences pendant la grossesse et la protection des femmes et des fœtus ?

L’idée fondamentale de l’Observatoire est que la violence pendant la grossesse ne doit pas être considérée exclusivement comme une violence exercée contre la femme. La grossesse constitue en effet une période biologique particulière, au cours de laquelle l’environnement maternel peut interagir avec les processus du développement fœtal.

Le projet étudie donc la dyade mère-fœtus et cherche à comprendre les mécanismes possibles par lesquels un stress toxique chronique peut influencer la neurophysiologie maternelle, l’environnement intra-utérin et le développement neurobiologique ultérieur de l’enfant.
L’un des mécanismes centraux étudiés est l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, ou axe HPA. La violence chronique peut entraîner une activation persistante des systèmes du stress, avec des modifications de la régulation de la CRH, de l’ACTH et du cortisol. Un élément particulièrement intéressant est la 11β-HSD2 placentaire, une enzyme qui contribue à moduler l’exposition du fœtus aux glucocorticoïdes maternels.

Le modèle de recherche considère donc la séquence possible suivante : stress maternel chronique, activation de l’axe HPA, modification des glucocorticoïdes, altération des mécanismes placentaires de protection, augmentation possible de l’exposition fœtale et éventuelles modifications du neurodéveloppement.

Cela ne signifie pas que toute forme de stress maternel provoque automatiquement une pathologie chez l’enfant. Au contraire, une partie fondamentale de mon travail consiste à distinguer l’association, la vulnérabilité et la causalité, car la médecine légale ne peut pas reposer sur un déterminisme biologique simpliste.

Un autre élément central est le locus coeruleus, une structure noradrénergique située dans le tronc cérébral, essentielle à l’éveil, à l’attention et à la réponse au stress.

Dans le modèle neurobiologique que j’étudie, la relation entre le locus coeruleus et le cortex préfrontal revêt une importance particulière. L’activation chronique des systèmes du stress peut interférer avec les processus préfrontaux qui participent à la mémoire de travail, au contrôle exécutif, à la flexibilité cognitive et à la régulation émotionnelle. La recherche prend également en compte des processus fondamentaux du développement cérébral, tels que la synaptogenèse, l’élagage synaptique, la myélinisation et la connectivité fonctionnelle. Elle s’intéresse aussi aux mécanismes épigénétiques possibles par lesquels l’environnement précoce peut contribuer à une vulnérabilité neuropsychologique.

Dans le cadre du projet tunisien, nous avons également mené des recherches sur le terrain en étudiant des cas cliniques d’enfants et d’adolescents présentant des difficultés scolaires et des anomalies comportementales. Nous avons adopté une approche neuropsychologique et posturale intégrée. Nous avons notamment observé des éléments relatifs à l’intégration proprioceptive, à l’organisation tonico-posturale, à la fonction oculomotrice et à l’insuffisance de convergence, tout en prenant en compte l’histoire clinique et familiale des patients.
Le projet est donc multidisciplinaire.

Mais je souhaite souligner un point fondamental pour moi : je ne défends pas seulement la femme et l’enfant. Je défends l’être humain.
Il existe une expression que j’aime beaucoup : « Derrière un grand homme, il y a toujours une grande femme. » Je pense que ce principe doit être compris de manière encore plus large. Nous ne pouvons pas véritablement protéger la femme sans nous intéresser également à l’homme, à sa santé mentale, à sa relation avec sa famille, à la prévention des comportements violents et à ses propres vulnérabilités.
Je ne veux pas construire une opposition entre l’homme et la femme. Je veux contribuer à bâtir un modèle de protection de la famille et de l’être humain, car la violence ne naît pas dans le vide. Pour l’interrompre, nous devons également comprendre les mécanismes psychologiques, neurobiologiques et sociaux qui peuvent contribuer à son apparition et à sa transmission. L’objectif de l’Observatoire est donc de créer une plateforme internationale consacrée à la recherche, à la prévention, à la formation, à l’observation clinique, à la médecine légale et à la protection de la dyade mère-fœtus, ainsi que de son environnement familial.

Que représente pour vous le fait d’être la première Tunisienne à porter cette initiative auprès du Parlement européen et, demain, dans les institutions internationales ?

Pour moi, cela représente avant tout une responsabilité scientifique et institutionnelle.
Cette initiative est portée par PSAF International, une société scientifique internationale, et non simplement par une association. PSAF International intervient dans le domaine des professions de santé, de l’assurance et de la médecine légale. Elle est accréditée par le ministère de la Santé pour les lignes directrices et possède également une dimension institutionnelle et scientifique internationale. Elle est en outre inscrite au Registre de transparence du Parlement européen.
J’occupe les fonctions de vice-présidente de PSAF International et de présidente de PSAF France, tandis que le professeur Raffaele Zinno est président de PSAF International. Dans ce cadre, nous avons institué et promu ce projet et cette initiative internationale. La particularité de mon rôle tient au fait que j’en assure la conception et la direction scientifiques. PSAF International soutient et promeut son développement institutionnel et international à travers un réseau interdisciplinaire. Le 3 décembre 2025, au Parlement européen de Strasbourg, nous avons officiellement présenté cette initiative dans le contexte institutionnel européen.

Ce fut une étape fondamentale, car nous avons porté une recherche née dans les domaines neuroscientifique, clinique et médico-légal vers un dialogue institutionnel international. Je suis également inscrite au Registre de transparence du Parlement européen et accréditée en tant qu’experte scientifique indépendante auprès de la Commission européenne. Mon profil institutionnel comprend également une accréditation auprès de l’United Nations Global Marketplace, l’UNGM. Ces inscriptions et accréditations sont importantes, car elles établissent un lien entre la conduite de la recherche scientifique et la diplomatie scientifique. Mon objectif est de transférer les connaissances scientifiques vers les espaces où se construisent les standards, les coopérations et les politiques de protection.

Mais le Parlement européen constitue une étape, et non un point d’arrivée. Le prochain objectif est de porter ce projet et cette initiative auprès des institutions internationales, notamment dans le cadre d’une démarche auprès de l’UNESCO, tout en développant davantage le dialogue scientifique et institutionnel. C’est ici qu’intervient ce que je considère comme la véritable nouveauté : l’initiative a également suscité un intérêt dans le cadre de la Commission italienne sur le féminicide.

Lire aussi: Féminicide: l’urgence d’agir

Cette évolution est particulièrement importante, car elle signifie qu’une recherche née des neurosciences et de la médecine légale peut commencer à dialoguer avec les institutions qui travaillent sur la prévention de la violence contre les femmes et du féminicide.

La nouveauté ne réside donc pas uniquement dans le fait d’avoir porté une recherche scientifique au Parlement européen.
Elle réside surtout dans le fait qu’une perspective neuroscientifique sur le traumatisme, la violence pendant la grossesse et ses conséquences possibles puisse entrer dans le débat institutionnel sur la prévention de la violence fondée sur le genre.
C’est un changement de paradigme : il ne s’agit plus seulement d’attendre que la violence produise une victime, mais d’étudier ce qui se passe avant, pendant et après le traumatisme afin de comprendre où et comment nous pouvons intervenir. C’est le sens que j’attribue à la diplomatie scientifique.

La perspective est internationale : il s’agit de continuer à construire des ponts entre l’Europe, la Tunisie et l’Afrique, en portant progressivement le projet auprès des institutions internationales, avec l’ambition d’impliquer également le Parlement panafricain. Même lorsque je parle de cortisol, d’axe HPA, de 11β-HSD2, de locus coeruleus, de système noradrénergique, de cortex préfrontal, de dopamine, de synaptogenèse, d’élagage synaptique, de myélinisation, de TMS et de circuits fronto-limbiques, je n’oublie jamais que derrière chaque donnée biologique se trouve une personne.

Ma recherche est extrêmement technique, mais son objectif est profondément humain. J’ai étudié la médecine légale pour comprendre le dommage, les neurosciences pour en comprendre les mécanismes, la neurocriminologie pour comprendre le comportement, la psychopathologie pour comprendre la souffrance et la neuromodulation pour étudier de nouvelles possibilités d’intervention.

Aujourd’hui, j’étudie le traumatisme gestationnel parce que je souhaite remonter encore plus loin dans l’histoire biologique de l’individu.
Je veux comprendre où peut commencer une vulnérabilité, avant qu’elle ne devienne une pathologie, une addiction ou une conduite destructrice.Cependant, les neurosciences ne doivent pas devenir un outil de déterminisme biologique. Le fait qu’une expérience traumatique puisse influencer les systèmes neuroendocriniens et neurofonctionnels ne signifie pas que le destin d’une personne soit inscrit dans son cerveau.
Au contraire, la neuroplasticité nous rappelle que le cerveau conserve une capacité de modification. La recherche doit donc continuer à identifier les conditions qui favorisent la récupération et la prévention.

Quel est votre message de fin ?

C’est pourquoi mon message final est le suivant : nous devons apprendre à voir la souffrance avant qu’elle ne devienne une condamnation.

Voir la femme avant qu’elle ne devienne une victime. Voir l’enfant avant que le traumatisme ne se transforme en trajectoire pathologique. Voir également l’homme avant qu’il ne devienne l’auteur ou la victime d’une dynamique destructrice. Je ne crois pas à une science qui oppose les hommes aux femmes. Je crois à une science qui protège l’être humain : la femme, l’enfant, l’homme et la famille. Je crois également que la prévention doit commencer bien avant que le dommage ne devienne irréversible. Je voudrais que la Tunisie soit reconnue non seulement comme le pays d’origine d’une chercheuse, mais aussi comme le pays d’où peut émerger une diplomate scientifique et une neuroscientifique capable de porter la recherche tunisienne dans le dialogue scientifique et institutionnel international.

C’est l’un des messages les plus importants de mon travail : une recherche peut partir de Tunisie, traverser l’Italie et la France, parvenir jusqu’aux institutions européennes et internationales, puis se transformer en un réseau de coopération scientifique capable de produire de la connaissance, de la prévention et de la protection.

Parce qu’au final: Protéger une femme, c’est protéger une vie. Protéger une mère et son enfant, c’est protéger une génération. Protéger également l’homme, c’est protéger l’être humain. Et protéger l’être humain, c’est commencer à changer l’avenir. »

Références scientifiques citées dans l’interview:

Hamida Ouled Slimane et Raffaele Zinno (2024) — « Neuroscience and New Research Perspectives on Violence as a Risk Factor in Pregnancy », Journal of Neurology Research Reviews & Reports, 6(12), p. 1-2. L’article introduit une perspective neuroscientifique sur la violence pendant la grossesse et sur ses mécanismes neuroendocriniens, neurophysiologiques et développementaux possibles.

Hamida Ouled Slimane et Raffaele Zinno (2025) — « Pathological Addictions: Recognise & Act », Archive of Psychology Neurology and Psychiatry, n° 2, p. 33-64. Ce travail analyse l’addiction pathologique comme un phénomène neuropsychologique complexe et approfondit le rôle des fonctions exécutives, du cortex préfrontal, des circuits fronto-limbiques et de la neuromodulation.

Hamida Ouled Slimane, Raffaele Zinno et G. Agliata (2026) — « Violence in Pregnancy: Effects on the Frontal Lobe… ». Ce travail s’inscrit dans la ligne de recherche consacrée à la violence pendant la grossesse et aux effets possibles des systèmes du stress sur le développement et les fonctions préfrontales.

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Thameur Saad : « La Tunisie ne fera pas marche arrière »

13. August 2026 um 14:50

À l’occasion de la Journée nationale de la femme tunisienne, Thameur Saad, membre du bureau politique du PDL défend les acquis du Code du statut personnel et rejette toute remise en cause de l’égalité entre les femmes et les hommes. Dans cet entretien, il revient également sur les coupures d’électricité, la situation économique du pays et la nécessité pour la Tunisie de retrouver sa place en Méditerranée. Interview.

L’Economiste Maghrébin : En cette journée nationale de la femme tunisienne, certaines voix évoquent la polygamie, qui représente aujourd’hui une menace, avez-vous le sentiment d’assister à un retour en arrière ?

Thameur Saad : Bien sûr, il y a toujours des forces rétrogrades. En 1956, Habib Bourguiba lui-même a dû faire face à ces forces. Pensez-vous qu’il a eu toutes les facilités pour faire adopter le Code du statut personnel ? Non. Il a rencontré des difficultés et a dû les affronter. Il a notamment bénéficié du soutien de cheikh El Fadhel Ben Achour, qui l’a aidé à faire adopter cette loi. Ce n’est jamais facile. Les esprits qui sont en avance sur leur temps rencontrent toujours de grandes difficultés pour faire avancer les choses.

Depuis 2011, ces forces rétrogrades ont cru qu’elles avaient mis la main sur le pays. Je dis bien : elles l’ont cru. Mais elles ont oublié une force qu’elles n’avaient pas mesurée : celle des femmes libérées par Bourguiba.

Elles pensaient qu’il serait facile de les soumettre, pardonnez-moi l’expression, mais cela ne peut pas fonctionner. Ni la polygamie, ni la bigamie, ni aucune autre mesure de ce genre ne peuvent s’imposer. Et cela ne concerne pas uniquement les femmes : les hommes eux-mêmes ne l’acceptent pas.
Ils ne peuvent pas accepter que de telles pratiques soient instaurées, car ils pensent à l’ensemble de la société et à leurs filles. Nous avons des filles et nous ne voulons pas qu’elles soient les premières ou les secondes épouses. Nous voulons qu’elles soient les seules. Lorsqu’on dit « première », cela signifie qu’il y en aura une deuxième. Et lorsque l’on dit « deuxième », je préfère ne même pas en parler. Il n’est pas question que le pays fasse marche arrière.

L’avenir sera-t-il féminin ?

Vous vous souvenez du vers d’Aragon qui dit : « La femme est l’avenir de l’homme. » Certaines personnes ne l’acceptent pas, mais moi, j’y crois. Indépendamment de mon appartenance politique, je pense que la femme est l’avenir de l’homme. En réalité, elle ne le sera pas : elle l’est déjà.
On voit des hommes réussir grâce à leur mère, parfois et même souvent grâce à leur sœur, puis, lorsqu’ils grandissent et se marient, grâce à leur épouse. Il en va de même pour les femmes, qui réussissent aussi grâce au soutien de leur mère. Je dis cela pour l’ensemble de la société.
Je crois fermement à l’égalité entre les hommes et les femmes dans tous les domaines. Pour moi, il n’existe aucun domaine dans lequel cette égalité ne soit impossible. L’avenir est déjà là ; il n’est pas ailleurs.

La libération de prisonniers politiques, parmi lesquels Abir Moussi, présidente du PDL, est-elle envisageable prochainement ?

Nous le souhaitons. Nous espérons que la raison prendra le dessus et que les autorités reviendront sur cette condamnation. De toute façon, le fait qu’elle soit en prison ne constitue pas une solution.

Cela vaut pour elle comme pour les autres prisonniers politiques, prisonniers d’opinion ou journalistes emprisonnés. Ce n’est pas l’image de la Tunisie du XXIᵉ siècle. Notre pays est en avance sur l’ensemble des pays arabes, qu’on le veuille ou non. Ils ne l’ont jamais reconnu, mais ils le reconnaissent aujourd’hui parce qu’ils ne peuvent plus faire autrement.

Tous ont peur de la Tunisie. Pourquoi ? Parce qu’elle représente, à leurs yeux, un foyer de rébellion. Et cet esprit de rébellion, c’est l’esprit bourguibien. Ce ne sont pas ces personnes qui l’ont créé : il est profondément lié à l’héritage bourguibien. Lorsqu’une situation atteint un certain niveau, une rupture finit par se produire. C’est ce que l’on appelle, dans la nature, les phénomènes de discontinuité. Il en va de même pour la nature humaine : on supporte, on supporte encore, puis, à un certain moment, on finit par réagir. Pour cela, il faut avoir une véritable force spirituelle. Sans cette force, on devient les esclaves de ses propres idées, de ses opinions et de sa volonté.

Revenons à la situation générale du pays, notamment aux coupures récurrentes d’eau et d’électricité, vous avez certainement une opinion bien précise sur la situation.

Il convient de rappeler qu’il y a quelques années, nous avions élaboré plusieurs programmes, notamment dans le domaine de l’énergie. Malheureusement, la Tunisie ne dispose pas de ressources naturelles suffisantes. Elle dépend donc des importations et ce qui se passe dans le monde a un impact direct sur notre pays. Nous n’avons pas les moyens de supporter la hausse des prix du pétrole.

Par ailleurs, la production nationale de pétrole a diminué. Nous avons atteint un certain seuil et, lorsque nous le dépassons, nous risquons de subir des coupures généralisées.

Cela ne signifie pas qu’il faut justifier ces coupures. Pour ma part, je ne suis pas d’accord avec cette situation. Nous aurions pu l’anticiper et prendre les mesures nécessaires bien plus tôt. La responsabilité d’un responsable politique ne se limite pas aux aspects techniques. Elle est avant tout politique. Un responsable politique doit prévoir, anticiper et agir afin d’éviter que de telles crises ne se produisent.
Malheureusement, cela est arrivé et les conséquences ont été très néfastes pour l’économie tunisienne. Les coupures ont affecté tous ceux qui utilisent des réfrigérateurs, les hôtels, les restaurants et les ménages , ainsi que les hôpitaux.

Ces derniers ont dû recourir à des groupes électrogènes. La situation semble s’être quelque peu améliorée, mais il faut maintenant que les choses se rétablissent rapidement afin d’éviter une catastrophe économique majeure. Les coupures ont un impact direct sur l’économie nationale. C’est là tout le problème.

Sur le plan diplomatique et les relations internationales, vous avez également évoqué les relations de la Tunisie avec l’étranger. Quelles sont, selon vous, les priorités dans ce domaine ?

Nous avons beaucoup de travail à accomplir sur le plan des relations internationales, surtout dans la conjoncture actuelle. Nos contacts avec le reste du monde sont devenus plus difficiles et il faudra revoir cette situation afin de redonner à la Tunisie sa véritable place en Méditerranée.
La Méditerranée est notre espace naturel, notre zone de proximité. Au-delà, il y a le Moyen-Orient, le Maghreb, l’Afrique, l’Europe et l’ensemble du monde. En Libye, la situation n’est pas encore stabilisée. Il faut que la stabilité soit rétablie pour que nous puissions construire des projets communs.

Nous avons pourtant connu cette stabilité par le passé. Malheureusement, elle appartient à une autre époque. J’espère que nous la retrouverons bientôt.

Vous êtes donc optimiste ?

J’ai toujours été optimiste et je ne peux que l’être. Sinon, nous perdons espoir. Il faut être optimiste dans la vie. Si nous ne le sommes pas, nous avons déjà perdu.

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13 Août – Khaled Dabbabi : « Le CSP a besoin d’une refonte réelle et courageuse »

13. August 2026 um 13:00

Considéré depuis 1956 comme la « Constitution sociale » de la Tunisie, le Code du statut personnel (CSP) a longtemps fait figure de texte avant-gardiste. Mais entre inégalités successorales, dot et statut de chef de famille réservé à l’époux, ses limites sont aujourd’hui pointées du doigt. Khaled Dabbabi, enseignant-chercheur en droit public et en sciences politiques, dresse un constat sans concession et plaide pour un véritable code de la famille. Entretien.

Depuis 2011, plusieurs voix, notamment des juristes, des acteurs de la société civile et des militants, revendiquent une réforme du CSP. Quelles réformes demandent-ils précisément et pourquoi sont-elles jugées nécessaires ?

Le CSP revêt une importance capitale dans l’histoire institutionnelle de l’État tunisien. Il a été adopté puis promulgué en 1956, c’est-à-dire trois ans avant la promulgation de la Constitution de 1959. C’est la raison pour laquelle que le CSP est considéré comme la « Constitution sociale » de la Tunisie.
Dans son contexte historique, le CSP peut être considéré comme un texte avant-gardiste (certains spécialistes l’ont qualifié de véritable « révolution par le droit »). Il a apporté avec lui des mesures innovantes et avant-gardistes pour l’époque et pour l’aire culturelle et civilisationnelle arabo-musulmane, telles que l’abolition de la répudiation et l’exigence du divorce judiciaire, l’exigence d’un âge minimum pour le mariage, l’abolition de la tutelle du père et, surtout, l’interdiction de la polygamie et sa pénalisation.
Par la suite, et par touches successives, ce socle initial a été consolidé par d’autres mesures. Et ce, aussi bien par des textes externes au CSP, telle la loi 58-27 du 4 mars 1958 relative à la tutelle publique, à la tutelle officieuse et à l’adoption, ou la loi 98-75 du 28 octobre 1998 relative à l’attribution d’un nom patronymique aux enfants abandonnés ou de filiation inconnue; que par la révision du CSP lui-même, dans le but de l’adapter davantage à l’évolution de la famille tunisienne. On peut citer, dans ce contexte, la loi 93-74 du 12 juillet 1993, qui a supprimé le devoir d’obéissance incombant à l’épouse.

Mais alors…?

Pourtant, et malgré tous ces efforts, le CSP a besoin d’une refonte réelle et courageuse pour qu’il rime réellement avec le vécu de la famille tunisienne du XXIe siècle, et pour qu’il devienne enfin compatible et conforme aux dispositions constitutionnelles et internationales dûment ratifiées par l’État tunisien en matière d’égalité devant la loi et de non-discrimination.

Le CSP souffre encore de plusieurs lacunes, insuffisances et inégalités devenues anachroniques. On peut citer à cet égard l’inégalité successorale, le maintien du statut de chef exclusif de famille au profit de l’époux-père, ou la pérennisation de la dot en tant que condition substantielle du contrat de mariage, etc.

En effet, le CSP souffre encore de plusieurs lacunes, insuffisances et inégalités devenues anachroniques. On peut citer à cet égard l’inégalité successorale, le maintien du statut de chef exclusif de famille au profit de l’époux-père, ou la pérennisation de la dot en tant que condition substantielle du contrat de mariage, etc.
Personnellement, je considère que le CSP était un bon code, mais pas aussi révolutionnaire, même pour son époque : on aurait pu et dû mieux faire. Il reste un code d’inspiration purement musulmane, présenté comme une relecture moderne du droit musulman classique.
Même dans son style et sa rédaction, ce texte s’apparente davantage à un recueil de fiqh (مدونة فقهية) qu’à un véritable code de droit positif étatique. Même sa dénomination pose problème : le terme « statut personnel » n’est pas un terme juridique ; il est issu du jargon du fiqh et du droit musulman classique.

Personnellement, je considère que le CSP était un bon code, mais pas aussi révolutionnaire, même pour son époque : on aurait pu et dû mieux faire. Il reste un code d’inspiration purement musulmane, présenté comme une relecture moderne du droit musulman classique.

Ce référentiel religieux a malheureusement toujours enfermé la question de la famille tunisienne dans un débat purement identitaire et religieux. Alors qu’il s’agit en réalité d’une question de droit objectif, de droits subjectifs, de citoyenneté, d’égalité et de constitutionnalité.
La famille tunisienne mérite désormais un véritable code de la famille, et non un code du statut personnel, qui opère une rupture courageuse, totale et radicale avec cet héritage identitaire archaïque, et au sein duquel toute famille tunisienne, musulmane ou non, puisse s’intégrer. Un code qui oriente enfin le débat vers son champ sémantique naturel, celui des droits et de la légalité constitutionnelle.

Le Parlement, dans sa configuration actuelle, est-il en mesure d’examiner, de débattre et d’adopter des réformes aussi avant-gardistes ?

On sait tous que le Parlement actuel n’est qu’une simple chambre d’enregistrement, au sein d’un régime et d’un système politiques largement inégalitaires qui profitent au chef de l’État et chef de l’exécutif. On a pu observer la très faible qualité du fonctionnement de cette institution. Elle est très mal partie, voire structurellement incapable d’assumer une mission aussi délicate.
Pire encore, on a vu et entendu certains députés inciter au retour de la polygamie et légitimer le viol des femmes. Comme disent les Français : « Qui souffre d’un manque ne peut guère l’offrir ». On ne peut pas demander à ce Parlement, faible, effrité et conservateur, de penser à des réformes aussi audacieuses.

La société tunisienne serait-elle prête à accepter une telle réforme si elle était adoptée, notamment face aux éventuelles résistances des milieux conservateurs ?

Contrairement à ce que l’on croit, la société tunisienne est une société largement conservatrice, qui envisage presque tout sous l’angle de l’identité et de la religion. Certains députés qui se disent de gauche sont contre l’égalité. Certains responsables politiques qui se disent laïcs tiennent des propos radicalement contraires à la laïcité et à la modernité.
La magistrature est également conservatrice ; sa jurisprudence, notamment judiciaire, reste marquée par une tendance largement conservatrice, en particulier en matière de droits et de libertés. Le même constat vaut pour l’administration, et même pour certains universitaires : que dire alors du citoyen ordinaire ?
Toutefois, l’égalité, la modernité et la démocratie ne doivent jamais attendre le changement de cette mentalité dominante. Parfois, pour pouvoir avancer et opérer la rupture épistémologique souhaitée, il faut savoir choquer, ne pas se contenter des perceptions et mentalités dominantes, et aller au-delà pour proposer un nouveau modèle sociétal, moderne, en phase avec le XXIe siècle. Si la mentalité dominante est en retard et reste figée dans des idéaux que l’humanité a dépassés, l’État doit, lui, vivre dans le présent et raisonner pour l’avenir.
René Descartes disait : « Pour atteindre la vérité, il faut une fois dans sa vie se défaire de toutes les opinions qu’on a reçues, et reconstruire tout à nouveau ». L’État tunisien est appelé ici à être, à la fois, audacieux et cartésien.

Comment sensibiliser l’opinion publique à l’importance d’une réforme en profondeur du Code du statut personnel ? Un débat sociétal préalable est-il indispensable pour parvenir à un consensus ?

Une loi efficiente et efficace est toujours une loi intériorisée par les citoyens.  On peut rédiger les plus beaux textes : ils resteront lettre morte s’ils ne reflètent pas un certain crédo politique et sociétal ancré dans la société, et une certaine maturité civilisationnelle enracinée.

La citoyenneté, la culture du respect du droit, le civisme et l’égalité doivent être inculqués dès l’école, le collège et le lycée. Il est trop tard pour devenir un citoyen démocrate à l’âge de vingt ans. La démocratie s’apprend bien avant et notre système éducatif reste lacunaire, voire stérile, sur ce point.

J’ai dit que l’État ne doit jamais attendre le changement des mentalités ; mais, au-delà du volet juridique, il doit lui-même œuvrer à ce changement des perceptions archaïques et les éradiquer par d’autres moyens, non juridiques cette fois. C’est-à-dire par une stratégie claire visant une refonte totale et une véritable révolution de notre système éducatif, l’un des maillons les plus faibles du passé comme du présent.
La citoyenneté, la culture du respect du droit, le civisme et l’égalité doivent être inculqués dès l’école, le collège et le lycée. Il est trop tard pour devenir un citoyen démocrate à l’âge de vingt ans. La démocratie s’apprend bien avant, et notre système éducatif reste lacunaire, voire stérile, sur ce point.
Notre système fait sortir des sujets et non des citoyens.

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Disparition de l’hôtelier Zakaria Zegoulli

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Zakaria Zegoulli, promoteur de l’hôtel Dar Zakarya à Yasmine Hammamet et figure marquante de la profession hôtelière en Tunisie s’est éteint, a annoncé la FTH.

Son nœud papillon, fidèle compagnon, faisait partie intégrante de son identité. Acteur engagé du développement du tourisme national, feu Zakaria Zegoulli a consacré une grande partie de sa carrière au service du secteur, après un premier parcours dans le domaine bancaire. Il fut en effet le promoteur de l’hôtel Dar Zakarya implanté dans la station touristique de Yasmine Hammamet.

Au sein de la FTH (Fédération tunisienne de l’hôtellerie), il a occupé plusieurs responsabilités de premier plan, notamment celles de président de la Fédération régionale du Cap Bon, puis de secrétaire général de la FTH, fonction qu’il a exercée jusqu’en 2013. Il a également siégé pendant plus de vingt ans au sein du Bureau exécutif de la Fédération.

Sur le plan international, Zakaria Zegoulli a représenté la Fédération Tunisienne de l’Hôtellerie auprès d’instances professionnelles de référence, dont l’International Hotel & Restaurant Association (IH&RA), contribuant ainsi au rayonnement du tourisme tunisien à l’étranger.

Très impliqué dans les travaux de la Commission Formation de la FTH, il défendait avec constance l’importance du développement des compétences et de la transmission du savoir-faire, convaincu que ces enjeux constituent un levier essentiel pour l’avenir et la durabilité du tourisme tunisien.

En cette pénible circonstances, l’équipe de Destination Tunisie présente ses condoléances les plus attristées à ses proches.

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Interview vidéo : Jamel Chandoul, vice-président d’Amadeus IT Group

Jamel Chandoul, vice-président – Travel Sellers META & EMEA Partner Marketsd’Amadeus IT Group, explique, avec passion et clarté, dans cet entretien exclusif, que l’intelligence artificielle et la digitalisation ne sont pas seulement des outils technologiques, mais de véritables leviers pour aider les agences de voyage locales à être au diapason des évolutions que leurs clients sont en droit d’attente.

De la formation des jeunes talents à la promesse d’un tourisme plus responsable, découvrez la vision d’un leader qui croit fermement au potentiel de la Tunisie pour offrir une expérience plus fluide, plus intelligente et, surtout, plus personnalisée.

Comment la technologie peut-elle redonner du souffle au secteur des agences de voyage en Tunisie tout en restant proche de l’humain ?

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Henri Hourcade, directeur général Air France : « La priorité pour nous est de continuer à investir en Tunisie »

« La priorité pour nous est de continuer à investir en Tunisie », déclare Henri Hourcade, directeur général Air France (France, Afrique du Nord, Ouest et centrale, Caraïbes et Océan Indien). Interview.

Quelles sont aujourd’hui les ambitions d’Air France pour le marché tunisien et comment voyez-vous l’évolution de la présence de la compagnie dans le pays ?

La priorité pour nous est de continuer à investir en Tunisie, un marché important pour Air France. Afin de consolider notre présence sur Tunis, nous avons déployé un nouvel avion depuis le 27 octobre dernier. Il s’agit de l’Airbus A220 qui va monter en charge d’ici l’été prochain pour arriver à une desserte uniquement en Airbus A220 qui représente le fer de lance de la modernité des produits d’Air France. Sa capacité est de 148 sièges et il dispose d’une configuration de 2-3 sièges par rangée. Parmi les cinq sièges par rangée 4 sont soit du côté du couloir ou du hublot. C’est un avion extrêmement apprécié par les clients.

Sur Tunis, nous avons déployé un nouvel avion depuis le 27 octobre dernier

Cet avion est également écologique puisqu’il consomme moins de carburant et avec des émissions de CO2 de moins de 20% en comparaison avec la génération précédente de la famille Airbus, d’autant plus que le confort en cabine est plébiscité par nos clients. Il y a en outre moins de nuisances sonores à bord jusqu’à 50% en moins toujours par rapport aux Airbus de la génération précédente.

C’est vraiment l’avion moyen-courrier sur lequel Air France parie. Il représente le premier levier de décarbonation du groupe reposant sur le renouvellement de la flotte pour le moyen-courrier et l’Airbus A350 dans la flotte long-courrier. Nous le déployons sur Tunis avec beaucoup de fierté et pour le plus grand bonheur de nos clients, sachant que l’avion moyen-courrier est aujourd’hui le plus apprécié en termes de confort cabine.

L’A220 est vraiment l’avion moyen-courrier sur lequel Air France parie

Un autre service qui va avec la modernité est le Wifi à bord. Air France est la première compagnie aérienne à avoir un contrat avec Starlink qui permet une meilleure qualité d’accès pour une compagnie aérienne au monde et de couverture de connexion sur toute la planète. Nous aurons 30% des avions équipés de Wifi d’ici la fin de l’année en cours, sachant que nous sommes actuellement à une vingtaine d’avions déjà équipés de Wifi entre moyen et long-courriers. La flotte en sera équipée en totalité à la fin de 2026.

Nous sommes actuellement à une vingtaine d’avions déjà équipés de Wifi

L’accès sera gratuit pour tout le monde, quelle que soit la classe. Il suffit d’être adhérent au programme Flying Blue pour en bénéficier. Ce service, très attendu par les clients, est majeur parmi les innovations des compagnies aériennes.

Peut-on s’attendre à de nouveaux services ou à des évolutions majeures dans l’offre de produits d’Air France à destination ou au départ de la Tunisie ?

Outre le Wifi à bord que je viens de mentionner, Air France continue sa montée en gamme. 2025 est l’année de déploiement des nouvelles cabines et suites La Première avec les destinations Los Angeles, New York, Miami et Tokyo-Haneda. Cette nouvelle offre est accompagnée par une gastronomie exceptionnelle et un parcours sol complètement privatif et unique pour lequel depuis plusieurs années nous avons été régulièrement récompensés par le prix du Meilleur salon « La Première » au monde.

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A Tunis, Henri Hourcade (au centre) avec Nadia Azale (DG pour l’Afrique du Nord, Sahel et Côte Ouest) et Olivier Dubus, directeur pays (Tunisie-Algérie) d’Air France.

Sur la cabine affaires long-courrier, nous mettons en place le surmatelas en association avec Sofitel avec la porte coulissante pour plus d’espace privatif. De plus, nous continuons à investir sur les salons. Après celui de Charles de Gaulle au Terminal 2E Hall K qui était un investissement très important pour Air France au début de l’année, nous avons également investi dans deux salons américains à Chicago et à Boston.

Nous sommes, par ailleurs, avec la décarbonation dont nous consacrons chaque année un milliard d’euros pour le renouvellement de la flotte.

 Comment l’introduction du NDC va-t-elle transformer l’expérience de réservation pour vos clients et partenaires locaux ?

Ce sujet est essentiel pour Air France. Il s’agit, en réalité, d’une évolution de toute l’industrie aérienne et pas uniquement pour notre compagnie. En fait, NDC est un moyen pour mettre à disposition de nos partenaires agences de voyage les innovations tarifaires qui, sans NDC, ne seraient disponibles que sur le web étant donné qu’elles ne sont pas compatibles avec les anciennes technologies de GDS.

La solution NDC est aussi une technologie de partenariat permettant d’accéder aux tarifs qui ne traversent pas les écrans verts de GDS comme la tarification dynamique. Celle-ci est un moyen d’avoir accès à des tarifs plus compétitifs sur Air France. C’est seulement sur NDC et grâce à cette solution que les agences de voyage partenaires peuvent les vendre à leurs clients.

A propos du NDC: A travers NDC, Air France et KLM proposent aux agences tunisiennes et à leurs clients de nouveaux services innovants

Il s’agit également d’accéder aux promotions qui sont disponibles uniquement sur le canal web et NDC. C’est un mouvement qui avance bien. Nous sommes sur des niveaux de pénétration qui avancent vite en Europe et également en Tunisie. Nous continuerons en permanence à avancer sur les fonctionnalités pour que les produits soient disponibles et faciles à vendre. Nous travaillons aussi avec nos partenaires agrégateurs de contenu de GDS ou des interfaces tierce pour que les agences aient accès à des systèmes d’agrégation de contenu NDC qui fonctionnent bien.

Air France œuvre à renforcer son offre long-courrier. Quelles sont les perspectives pour les passagers tunisiens souhaitant voyager vers l’Asie, l’Amérique ou vers d’autres destinations lointaines ?

Nous enregistrons cet hiver une progression d’offre sur le long-courrier de 3% grâce notamment aux nouvelles ouvertures du réseau d’Air France. Les nouveautés de l’été 2025 sont maintenues comme Orlando et Riyad, deux destinations qui marchent très bien. Elles sont donc maintenues en hiver et pour les prochaines saisons.

Nous ouvrons aussi cet hiver en Thaïlande Phuket qui démarre sur les chapeaux de roue, puis Punta Cana en janvier en desserte saisonnière sur trois mois. Et pour l’été 2026, nous ouvrirons une autre destination aux Etats-Unis. Il s’agira de Las Vegas.

Flying Blue célèbre cette année ses 20 ans d’existence. Pouvez-vous nous rappeler l’importance de ce programme et les actions prévues pour marquer cet anniversaire auprès de vos clients africains ?

Il s’agit d’un programme qui rassemble maintenant beaucoup d’adhérents, près de 30 millions à travers le monde avec 40 compagnies aériennes partenaires. Il est important également de rappeler que ce programme a été pour la deuxième année consécutive primé par le prix du meilleur programme de fidélisation au monde par le site américain « Point.me ». Celui-ci est la référence mondiale de comparaison des systèmes et des programmes de fidélité. Il est basé sur les votes des clients qui sanctionnent la qualité des programmes de fidélisation, la facilité de cumuler les Miles et la prise de primes, et évaluent le large choix de primes sur l’ensemble des produits tarifaires. Nous en sommes donc très fiers.

©Destination Tunisie

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