La Chine a décidé de suspendre temporairement ses exportations d’hélium. Une décision qui attire l’attention des industries dépendantes de ce gaz rare utilisé dans les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle, l’aérospatial et la recherche scientifique.
La Chine a imposé une interdiction temporaire des exportations d’hélium avec effet immédiat. C’est ce que révèle une annonce conjointe du ministère du Commerce et de l’Administration générale des douanes publiée vendredi 10 juillet.
Les autorités n’ont précisé aucun pays de destination, aucune exemption ni aucun dispositif d’autorisation. Tout en indiquant que la restriction s’applique à tous les envois outre-mer.
A cet égard, notons que l’hélium est un gaz industriel d’importance stratégique utilisé dans la fabrication de semi-conducteurs, les technologies médicales, l’aérospatiale, la recherche scientifique et les applications de défense. Son point d’ébullition extrêmement bas rend l’hélium liquide essentiel au refroidissement des aimants supraconducteurs utilisés dans les appareils d’imagerie par résonance magnétique et les équipements de recherche de pointe, indique l’US Geological Survey (USGS) et le National Institute of Standards and Technology (NIST).
Ce gaz est également utilisé pour créer des environnements inertes lors de la production de semi-conducteurs et de fibres optiques, ainsi que pour la détection des fuites, la pressurisation des systèmes de fusées et les opérations des engins spatiaux, comme l’ont noté la NASA et des rapports industriels d’entreprises telles qu’Air Liquide.
L’hélium commercial est principalement récupéré à partir de gisements de gaz naturel contenant de l’hélium, notamment dans les installations liées à la production de gaz naturel liquéfié, précisent l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et l’USGS.
Cette restriction immédiate pourrait susciter des inquiétudes chez les acheteurs internationaux quant à la disponibilité d’hélium de haute pureté, une ressource limitée et non renouvelable dont la production est concentrée dans un nombre relativement restreint de pays, comme le soulignent les analyses de l’USGS et de l’Agence internationale de l’énergie.
Un média italien, Agenzia Nova, s’interroge sur la cohérence de la politique de voisinage de l’Union européenne (UE) qui finance des projets d’infrastructure en Tunisie, dont les retombées industriels et financiers profitent à des entreprises publiques chinoises. Nous traduisons ci-dessous son article sur le sujet intitulé «Tunisie : davantage de fonds européens pour un groupe chinois».(Photo : Abderraouf Essalah, Pdg de la Transtu, signe un accord d’acquisition de 18 rames de train électrique, avec Yang Qi, Pdg de CRC Nanjing Puzhen, le 10 juillet 2026 à Tunis).
Quelques jours seulement après avoir décroché un contrat de 38,2 millions d’euros pour cinq trains destinés à la ligne Moknine-Mahdia, le groupe public chinois CRRC a remporté un second contrat ferroviaire en Tunisie — un projet entièrement financé par des fonds publics et comportant une forte dimension européenne.
La Société des transports de Tunis (Transtu) a signé, le 10 août 2026, un accord avec CRRC Nanjing Puzhen pour la fourniture de 18 rames électriques destinées à la ligne de banlieue historique Tunis-La Goulette-La Marsa.
Ce projet, d’une valeur d’environ 90 millions d’euros, est financé à hauteur de 45 millions d’euros par la Banque européenne d’investissement (BEI) et de 45 millions d’euros supplémentaires par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd). Le prêt de la BEI est assorti d’une garantie du budget de l’Union européenne (UE) au titre du mandat de prêt extérieur ; le risque repose donc, en dernière analyse, sur les ressources communes apportées par les États membres.
De même, bien que la Berd soit une banque multilatérale basée à Londres, la majorité de son capital est détenue conjointement par les pays de l’UE, l’Union elle-même et la BEI.
Les crédits européens profitent à un géant public chinois
L’Europe fournit ainsi les crédits et les garanties, mais les retombées industrielles profitent une fois de plus à un géant public chinois.
En un peu plus d’une semaine, le géant ferroviaire chinois a décroché des commandes pour un total de 23 trains électriques auprès de deux entreprises publiques tunisiennes : d’abord la Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT), et désormais la Transtu.
Bien que ces deux appels d’offres concernent des projets distincts, ils mettent en lumière un même paradoxe industriel : alors que des institutions financières européennes soutiennent la modernisation des infrastructures tunisiennes, les principales retombées industrielles profitent à un champion public chinois.
Ce n’est pas tout. Le même schéma s’applique au nouveau pont de Bizerte, un projet d’infrastructure de 2,07 kilomètres confié à l’entreprise chinoise Sichuan Road and Bridge. Ce projet bénéficie d’un financement de 123 millions d’euros de la BEI (couvert par une garantie budgétaire de l’UE), de 122 millions d’euros de la Banque africaine de développement (BAD), ainsi que d’une subvention de Bruxelles pour les études préliminaires. Malgré l’importance de l’engagement financier européen, le contrat de construction — qui représente 79 % de l’investissement total — a été attribué, là encore, à un groupe chinois.
L’affaire avait déjà suscité des interrogations en novembre 2025, à la suite de l’effondrement d’un pont dans la province chinoise du Sichuan — construit par la même entreprise — qui avait été inauguré à peine dix mois plus tôt. L’incident n’a fait aucune victime, l’ouvrage ayant été fermé après l’apparition de fissures et de mouvements de terrain, mais il a relancé le débat sur la cohérence des politiques européennes en Méditerranée.
Limites de la stratégie européenne en Méditerranée
Bruxelles finance des projets stratégiques dans son voisinage, en assumant une partie du risque via le budget commun, tandis que des entreprises chinoises soutenues par l’État remportent les contrats et les commandes, s’assurant ainsi une présence dans l’économie locale.
Les nouvelles rames destinées à la ligne TGM mesureront 40 mètres de long, seront climatisées et équipées de systèmes de vidéosurveillance ainsi que de dispositifs d’information des voyageurs. Elles offriront une capacité de 400 passagers, avec 90 places assises et des espaces réservés aux personnes à mobilité réduite. Capables d’atteindre une vitesse de pointe de 100 kilomètres-heure, elles permettront d’assurer une fréquence initiale d’un train toutes les six minutes aux heures de pointe et toutes les douze minutes le reste du temps.
Le contrat comprend également cinq années de maintenance, la fourniture de pièces de rechange et d’équipements techniques, ainsi que l’acquisition d’une machine à reprofiler les roues.
Une fois le programme de modernisation achevé, les partenaires européens prévoient de porter la fréquence à un passage toutes les quatre minutes aux heures de pointe.
Si ce projet améliorera une infrastructure essentielle à la mobilité dans la capitale, il met aussi en lumière les limites de la stratégie européenne actuelle en Méditerranée : d’un côté, Bruxelles conserve un rôle de bailleur de fonds et de garant, tandis que de l’autre, Pékin transforme ces mêmes ressources en production industrielle, en contrats et en influence économique.
Les autorités chinoises de cybersécurité affirment avoir identifié un mécanisme de transmission de données dans plusieurs versions de Claude Code, l’assistant de programmation développé par la start-up américaine Anthropic. Cette nouvelle controverse illustre la montée des tensions autour de la souveraineté numérique et de la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle.
Le bras de fer technologique entre la Chine et les États-Unis s’étend désormais aux assistants de programmation fondés sur l’intelligence artificielle. Le ministère chinois de l’Industrie et des Technologies de l’information (MIIT), par l’intermédiaire de sa National Vulnerability Database (NVDB), a publié, le 9 juillet, un avis de sécurité affirmant que plusieurs versions de Claude Code, développé par Anthropic, contiendraient un mécanisme capable de transmettre automatiquement certaines informations relatives aux utilisateurs vers des serveurs distants.
Selon les autorités chinoises, les données concernées incluraient notamment des éléments de localisation, des identifiants techniques et d’autres métadonnées susceptibles d’être exploitées sans le consentement explicite des utilisateurs. Pékin considère que ce dispositif pourrait présenter un risque pour la confidentialité des entreprises utilisant Claude Code dans le développement de logiciels ou la gestion de codes sources sensibles.
Une accusation qui s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu
À ce stade, aucune preuve publique ne permet de conclure à l’existence d’une « porte dérobée » au sens classique du terme, c’est-à-dire d’un mécanisme intentionnel donnant un accès caché aux données des utilisateurs. Les accusations reposent sur l’analyse technique publiée par la base chinoise des vulnérabilités, qui recommande aux organisations concernées de mettre à jour leur logiciel, de renforcer la surveillance des connexions sortantes et de limiter les accès réseau des outils de développement.
Anthropic n’a pas publié de réponse officielle à l’avis du MIIT. Toutefois, un ingénieur de l’entreprise a reconnu ce vendredi sur le réseau social X qu’un mécanisme expérimental avait été intégré à certaines versions de Claude Code afin d’identifier les utilisations frauduleuses du service, notamment par des revendeurs non autorisés et des acteurs soupçonnés de pratiquer la « distillation » de modèles d’intelligence artificielle. Une technique consistant à entraîner un modèle concurrent à partir des réponses d’un autre système. Et ce responsable de poursuivre que cette fonctionnalité devait être retirée dans une mise à jour diffusée début juillet.
Claude Code, un outil stratégique
Contrairement aux assistants conversationnels accessibles via un navigateur, Claude Code fonctionne directement dans le terminal des développeurs. Il peut ainsi accéder aux fichiers, aux projets et aux dépôts de code que l’utilisateur choisit de lui ouvrir. Cette proximité avec des environnements de développement parfois sensibles explique pourquoi toute controverse concernant la collecte de données suscite une attention particulière.
Les autorités chinoises estiment que de tels outils pourraient exposer des logiciels propriétaires, des secrets industriels ou des informations stratégiques si des données étaient effectivement transmises à des serveurs externes…
Un débat mondial sur la gouvernance de l’IA
Au-delà du différend sino-américain, cette affaire met en lumière une question appelée à devenir centrale : jusqu’où les éditeurs d’intelligence artificielle peuvent-ils collecter des informations techniques afin de protéger leurs services contre les détournements d’usage ?
Les fournisseurs de modèles avancés cherchent de plus en plus à détecter les tentatives de fraude, de revente illégale ou d’extraction de leurs modèles. Ces mécanismes reposent souvent sur la collecte de données techniques, mais leur mise en œuvre soulève des interrogations croissantes en matière de transparence, de protection de la vie privée et de conformité aux réglementations nationales.
La Société Nationale des Chemins de Fer Tunisiens (SNCFT) a signé, mardi, un contrat pour l’acquisition de 5 trains électriques multi- rames auprès de la Chine, pour un montant total de 38,2 millions d’euros, dans le cadre du projet de doublement et d’électrification de la ligne ferroviaire reliant Moknine à Mahdia.
Le contrat a été signé par le président-directeur général de la SNCFT, Chakib Rekik et le directeur général des affaires internationales du groupe public chinois China State Railway Group, Hu Tuanji, en présence d’un représentant du ministère de l’Économie et de la Planification et de représentants de la banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) qui assure le financement du projet.
Cet investissement vise à mettre en œuvre la stratégie du ministère des Transports pour le développement du système de transport public collectif, à travers la modernisation des infrastructures ferroviaires, le renforcement du parc électrique de la société et l’amélioration de la qualité des services rendus aux passagers, tout en bénéficiant des avantages économiques du transport électrique et en soutenant les objectifs de mobilité verte et durable.
Il a été décidé de recevoir le premier lot de trains dans un délai de deux ans à compter de la date de signature du contrat. Ces acquisitions devraient contribuer à augmenter la capacité d’accueil de la ligne, à optimiser le rythme d’exploitation et à fournir des moyens de transport modernes, sûrs et confortables, répondant aux nouvelles normes internationales en matière de sécurité et de qualité.
Les échanges commerciaux entre la Tunisie et la Chine franchissent une nouvelle étape technique jugée importante pour les opérateurs économiques. La Chambre de commerce et d’industrie de Tunisie a annoncé, jeudi 25 juin 2026, qu’un accord définitif avait été trouvé entre les deux parties sur les caractéristiques du modèle de « certificat d’origine » utilisé...