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‘‘La voix de la braise’’ | Epopée mémorielle de la Tunisie noire

10. Januar 2026 um 09:17

‘‘La voix de la braise’’, premier roman de l’historien Abdelhamid Largueche (à paraître aux éditions Sikelli, à Tunis) se présente comme une ambitieuse fresque romanesque qui retrace, sur près de trois siècles (1740-2020), l’histoire d’une famille noire tunisienne dont le destin s’entremêle avec celui de la nation. Bien plus qu’un simple roman historique, l’œuvre s’impose comme une méditation profonde sur la mémoire, l’identité et la transmission, explorant les strates souvent occultées de l’histoire tunisienne.

Amel Fargi *

À travers la saga de la lignée de Samba/Moussa, Largueche construit un récit polyphonique où se croisent les grandes transformations politiques (esclavage, colonisation, indépendance, révolution) et les silences individuels, les blessures intimes et les résistances discrètes. Cet article se propose d’analyser la structure narrative innovante du roman, d’examiner sa dimension mémorielle et politique, et d’évaluer son apport à la littérature maghrébine contemporaine.

Entre saga familiale et fresque historique

La structure tripartite comme cadre d’intelligibilité historique : le roman se structure selon une division tripartite qui correspond aux grands cycles de l’histoire tunisienne : «La Nuit du Désert (1740-1881)» couvre la période précoloniale et l’esclavage ; «Le Regard qui Blesse (1881-1956)» traite du Protectorat français et de la lutte indépendantiste; «Le Silence et le Retour (1956-2020)» aborde la Tunisie postcoloniale jusqu’à la révolution.

Cette architecture n’est pas seulement chronologique mais thématique : chaque partie explore une forme spécifique de domination et de résistance.

L’alternance entre récits intimes et contexte historique crée un effet de va-et-vient constant entre le personnel et le politique, montrant comment les grandes forces historiques s’incarnent dans des destins singuliers.

Le système des générations comme fil conducteur : la progression narrative s’articule autour de quatre générations successives, chacune incarnant une posture différente face à l’histoire :Samba/Moussa représente la rupture originelle et la survie dans la dépossession ; Othman incarne l’entre-deux identitaire, né libre mais marqué par l’héritage esclavagiste ; Youssef et Aïcha personnifient l’engagement politique et social dans la lutte anticoloniale ; et Rafiq matérialise la quête mémorielle dans une Tunisie désillusionnée.

Ce dispositif générationnel permet à Largueche d’explorer la dialectique complexe entre transmission et transformation, entre fidélité à l’héritage et nécessité d’inventer de nouvelles formes d’être au monde.

L’art de la transition et du montage temporel : l’auteur maîtrise remarquablement les ellipses et les transitions, passant d’une époque à l’autre avec une fluidité qui évite le didactisme. Les «sauts temporels» ne sont jamais arbitraires : ils correspondent à des moments charnières où se joue le destin collectif. La technique narrative mêle différents registres – récit historique, monologue intérieur, dialogue, description ethnographique – créant une texture romanesque riche et variée. Les «carnets» des personnages (ceux de Youssef puis de Rafiq) servent de fil rouge matériel et symbolique, matérialisant la continuité de la mémoire à travers les époques.

Mémoire, praxis politique et déconstruction des récits officiels

Contre-histoire et réhabilitation mémorielle : ‘‘La voix de la braise’’ s’inscrit dans la tradition des «romans de contre-histoire» qui donnent voix aux oubliés des grands récits nationaux.

Largueche entreprend un travail de «réhabilitation mémorielle» en mettant en lumière plusieurs dimensions occultées de l’histoire tunisienne :

1.«L’esclavage et la présence noire» : le roman restitue la réalité de la traite transsaharienne et ses prolongements dans la société tunisienne contemporaine ;

2. «Les résistances infra-politiques»: à côté du mouvement national «officiel», il montre les formes de résistance discrètes (spiritualité noire, solidarités féminines, préservation culturelle) ;

3. «Les continuités entre systèmes de domination» : l’œuvre suggère comment certaines structures hiérarchiques (raciales, sociales) survivent aux changements de régime.

Métaphore de la braise ou épistémologie de la mémoire : la «braise» fonctionne comme métaphore centrale d’une mémoire qui ne s’éteint jamais complètement mais peut se raviver à tout moment. Cette image guide toute l’épistémologie mémorielle du roman :

– «Mémoire-chaleur» : elle préserve une énergie potentielle, une virtualité de sens ;

– «Mémoire-fragilité» : elle menace toujours de s’éteindre si on ne l’entretient pas ;

– «Mémoire-transmission» : elle passe d’une génération à l’autre comme un feu qui se communique.

Les «sanctuaires noirs» représentent les lieux où cette mémoire se conserve hors des institutions officielles, dans des espaces de spiritualité et de communauté qui échappent au contrôle des pouvoirs successifs (beylical, colonial, national).

Archives du silence ou méthodologie de la remémoration : le personnage de Rafiq incarne une «méthodologie spécifique de la remémoration» :

– Collecte des témoignages oraux : il parcourt le pays pour recueillir les récits des anciens ;

– Attention aux non-dits : il écoute autant les silences que les paroles ;

– Reconstruction fragmentaire : il assemble patiemment les pièces d’un puzzle mémoriel ;

– Transmission créative : il adapte les formes de transmission aux nouvelles générations.

Cette démarche constitue une critique implicite des historiographies officielles qui privilégient les archives écrites et les grands événements au détriment des mémoires intimes et des expériences marginalisées.

Intersectionnalité des luttes : race, genre et classe

La question raciale comme fracture persistante : le roman explore avec subtilité la persistance des hiérarchies raciales à travers les régimes politiques :

– Sous le «Protectorat», la racialisation devient bureaucratique avec la catégorie «indigène» ;

– Après «l’indépendance», le discours d’égalité masque mal la permanence des préjugés ;

– Sous Ben Ali, la question raciale est doublement occultée : par le discours modernisateur et par le contrôle politique.

L’expérience des personnages noirs montre comment la «couleur de peau» fonctionne comme un marqueur social qui traverse les classes et les époques, créant une forme spécifique d’«altérité».

‘‘La voix de la braise’’ est une contribution majeure à la littérature maghrébine contemporaine par son ampleur historique, sa profondeur anthropologique et son inventivité formelle. Plus qu’un roman sur la mémoire, c’est un roman par et avec la mémoire, qui fait de l’acte de remémoration une pratique éthique et politique. En suivant le destin d’une famille noire tunisienne sur trois siècles, Largueche nous offre non seulement une fresque historique impressionnante mais aussi une réflexion profonde sur les conditions de possibilité d’un vivre-ensemble véritablement inclusif.

L’œuvre résiste aux catégorisations faciles : à la fois saga familiale et essai historique, récit initiatique et traité politique, elle témoigne de la vitalité de la forme romanesque pour penser les questions les plus urgentes de notre temps. Sa publication en 2026, quinze ans après la révolution tunisienne, lui donne une résonance particulière : elle rappelle que toute révolution politique doit s’accompagner d’une révolution mémorielle qui donne voix à ceux que l’histoire a trop longtemps réduits au silence.

La dernière phrase du roman – «La braise continue à brûler» – résume cet optimisme têtu qui parcourt l’œuvre : malgré les tentatives d’effacement, malgré les désillusions, malgré le temps qui passe, quelque chose persiste, quelque chose résiste, quelque chose attend son heure pour se raviver et éclairer à nouveau le chemin. C’est peut-être là le message le plus précieux de ce roman remarquable : la mémoire n’est pas derrière nous, elle est devant nous, et c’est en marchant vers elle que nous inventons notre avenir.

* Comédienne et professeur d’art dramatique.

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Brigitte Bardot | La lionne à la chevelure d’or ne rugira plus

29. Dezember 2025 um 08:26

L’actrice française Brigitte Bardot est décédée dimanche 28 décembre à l’âge de 91 ans, dans sa résidence de Saint-Tropez, a annoncé la Fondation qui porte son nom. Sa disparition marque la fin d’un mythe cinématographique mondial, mais aussi celle d’une personnalité dont l’image a longtemps suscité fascination, débats et malaise, y compris au sud de la Méditerranée.

Révélée en 1956 par ‘‘Et Dieu… créa la femme’’ de Roger Vadim, Brigitte Bardot devient rapidement l’un des visages les plus célèbres du cinéma international. Dans les années 1950 et 1960, son image de femme libre, sensuelle et affranchie des conventions morales bouscule les normes d’une époque encore très conservatrice. Cette représentation trouve un écho particulier dans de nombreux pays du Maghreb, où le cinéma égyptien, tunisien ou algérien observe alors avec attention l’évolution des figures féminines à l’écran en Europe.

Un engagement radical

Dans les cinémas de Tunis, d’Alger ou de Casablanca, les films de Bardot circulent, nourrissant autant l’admiration que la controverse. Elle incarne une modernité occidentale attirante pour une partie de la jeunesse urbaine, tout en provoquant rejet ou incompréhension dans des sociétés en pleine recomposition identitaire, marquées par les luttes anticoloniales puis les indépendances.

Après son retrait du cinéma en 1973, Brigitte Bardot se reconstruit une nouvelle notoriété à travers son engagement radical pour la cause animale. Cet engagement est parfois perçu positivement au Maghreb, notamment dans les milieux associatifs sensibles à la question du bien-être animal, mais il est largement éclipsé par ses déclarations publiques hostiles à l’islam et aux immigrés, qui ont profondément choqué de l’autre côté de la Méditerranée.

Ces prises de position ont durablement affecté son image dans les sociétés maghrébines, où elle est progressivement passée du statut d’icône culturelle à celui de figure symbolisant certaines dérives du discours identitaire européen. En Tunisie comme en Algérie ou au Maroc, son nom est souvent associé à une forme d’incompréhension, voire de rejet, liée à la stigmatisation des musulmans et des populations issues de l’immigration.

À l’annonce de son décès, les hommages officiels en France ont souligné son rôle majeur dans le rayonnement culturel français. La chanteuse Mireille Mathieu a salué une femme ayant «marqué l’histoire de France», tandis que le président Emmanuel Macron a évoqué une figure incarnant une certaine idée de la liberté. Ces hommages contrastent avec une réception plus nuancée, voire critique, dans le monde arabe et maghrébin. «La lionne à la chevelure d’or ne rugira plus…», écrira Jack Lang, le directeur général de l’Institut du monde arabe (IMA) à Paris. «Derrière ses airs ingénus et mystérieux, elle était une étoile à l’esprit désinvolte», ajoutera-t-il.

Une mémoire ambivalente

Brigitte Bardot laisse ainsi une mémoire ambivalente dans l’espace méditerranéen : celle d’une actrice qui a contribué à transformer le regard porté sur la femme dans le cinéma moderne, mais aussi celle d’une personnalité dont les prises de parole ont renforcé des fractures culturelles et symboliques déjà profondes entre les deux rives.

Sa disparition invite à relire son parcours sans complaisance ni caricature, en tenant ensemble l’impact artistique indéniable et les zones d’ombre d’un engagement public qui a souvent heurté les sociétés du Sud.

Entre fascination culturelle et distance critique, Brigitte Bardot restera, pour le Maghreb, une figure révélatrice des malentendus persistants entre l’Europe et son voisinage méditerranéen.

Djamal Guettala 

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La députée Nathalie Oziol dénonce la pollution à Gabès devant le Parlement français

10. Dezember 2025 um 22:00
La députée Nathalie Oziol dénonce la pollution à Gabès devant le Parlement français

La situation sanitaire et environnementale préoccupante de Gabès a été portée mercredi 10 décembre 2025 devant le Parlement français. Lors de son intervention, la députée de La France insoumise, Nathalie Oziol, a dénoncé ce qu’elle considère comme une « complicité » de la France face aux intoxications répétées affectant la population locale. Depuis septembre, plus […]

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Bilan touristique des 10 premiers mois de 2025 en Tunisie : ces 5 nationalités qui ont tiré la croissance

Les entrées de non-résidents en Tunisie au cours des 10 premiers mois de l’année ont évolué de près de 10% conformément aux prévisions qui avaient été établies. Français, Anglais et Polonais d’une part, Algériens et Libyens d’autre part, ont dopé le secteur.

La fin du mois d’octobre marque généralement une étape clé dans l’évaluation de l’année touristique. Les entrées de non-résidents sur la période janvier-octobre 2025, constituées partiellement de touristes, ont atteint près de 9,5 millions, soit une croissance de 9,6% par rapport à la même période de 2024.

La barre du million de Français franchie

Les arrivées d’Européens ont été de 2,9 millions à fin octobre, en progression de 7,8%. Elles représentent 31,1% des entrées globales de non-résidents dans le pays grâce notamment à une bonne arrière-saison qui a permis de compenser le ralentissement constaté en juillet.

Le marché français a franchi la barre symbolique du million de touristes, en progression de 6,2%, confirmant ainsi la bonne santé de la destination sur ce marché supporté par les capacités aériennes mises en place notamment par les transporteurs Nouvelair et Transavia. Mais c’est surtout les arrivées des touristes anglais qui ont bondi de 41,6% à 394.000 visiteurs, grâce notamment aux nouvelles dessertes aériennes développées cette année, en tête desquelles celles de la compagnie easyJet sur Enfidha et Djerba.

Troisième marché touristique qui maintient le cap : la Pologne avec 318 mille touristes (+1,1%).

On notera également la bonne santé du marché italien qui progresse légèrement (+8,4%) et dans une moindre mesure les arrivées russes qui ont évolué de 162% mais toutes proportions gardées puisque les entrées, quoique passées de près 13 mille il y a un an à presque 34 mille cette année, restent très en deçà des réalisations passées (lire notre sujet sur les soubresauts marché russe).

Tout n’est cependant pas rose puisque des baisses ont été enregistrées sur d’autres marchés habituellement porteurs comme l’Allemagne (-3,8%) la Belgique (-2,4%), l’Espagne (-3,1%), la République tchèque (-9,3%) et la Scandinavie (-12,5%).

L’Algérie et la Libye toujours le vent en poupe

Le tourisme en provenance de l’Algérie et de la Libye est toujours considéré comme une valeur sûre pour la Tunisie puisque –toujours au cours des 10 premiers mois de l’année- le premier a évolué de 8,2% à plus de 3 millions d’entrées et le second a également nettement progressé de 15,4% avec presque 2 millions d’arrivées. A eux seuls, ces deux pays totalisent 52,9% des arrivées globales sur le territoire tunisien.

Autres données :

Tunisiens résidents à l’étranger : 1,2 million (+8%)

Moyen-Orientaux : 55 mille (+15,4%)

Nord-Américains : 65 mille (+0,7%)

©Destination Tunisie

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Été 2025 : la Tunisie affiche une hausse de 13 % chez les T.O en France

Alors que l’été 2025 s’annonce, les tour-opérateurs français observent une dynamique contrastée sur les destinations moyen-courriers.

Selon les données publiées par le SETO (Syndicat des entreprises du tour-operating), les réservations enregistrées au 30 avril pour des départs entre le 1er mai et le 31 octobre montrent une progression notable vers certaines destinations. La Tunisie affiche une hausse de 13 % par rapport à 2024, devant le Maroc (+12 %) et l’Égypte (+8 %).

À l’inverse, les îles grecques, pourtant très prisées, enregistrent une légère baisse de 1 %. En volume de forfaits vendus, le classement des destinations les plus demandées reste dominé par les îles grecques, suivies de la Tunisie, des Baléares, du Maroc et de la Grèce continentale.

Les Canaries, l’Italie, l’Espagne continentale, le Portugal et l’Égypte complètent le top 10. Mais cette dynamique pourrait être fragilisée. Le SETO met en garde contre les incertitudes géopolitiques actuelles, qui pèsent lourdement sur la visibilité des opérateurs.

« Le grand gagnant de l’incertitude, c’est le non-marchand, c’est-à-dire les gens qui vont visiter leur famille ou leurs amis », a rappelé son président sortant. L’Égypte, la Jordanie et Oman figurent parmi les destinations qui pourraient particulièrement souffrir de ce climat instable, avec des retombées attendues sur les réservations et les résultats globaux de la saison.

 

 

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