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Divorce | La réforme de la pension alimentaire fait débat en Tunisie

18. Januar 2026 um 07:36

Un groupe d’hommes divorcés et de pères a manifesté, le 15 janvier 2026, devant l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), au Bardo, pour exiger une révision de la législation tunisienne sur la pension alimentaire, un sujet qui est revenu au premier plan du débat public et parlementaire en Tunisie ces derniers mois, dans un contexte socioéconomique difficile où le nombre de divorces prononcés par les tribunaux explose : entre 14 000 et 16 000 par an, soit environ 40 à 46 par jour, marquant une tendance à la hausse significative au cours des dernières années.

Les manifestants ont dénoncé un système qu’ils jugent déséquilibré et ont affirmé vouloir «faire entendre la voix des personnes marginalisées» dans un conflit qui affecte directement la vie familiale

Lors du sit-in, les participants ont réitéré deux revendications principales : une forme de garde partagée qui reconnaît une responsabilité parentale plus équilibrée, et la fin des peines de prison comme sanction automatique pour non-paiement de la pension alimentaire.

Selon les manifestants, la détention «punit la précarité» sans apporter de solution durable au problème de la pension alimentaire, en particulier dans un contexte économique marqué par les difficultés d’emploi et l’instabilité des revenus.

En Tunisie, la pension alimentaire pour enfants est régie par le Code du statut personnel (CSP) et vise principalement à assurer l’entretien des enfants, notamment, conformément à la définition légale, les dépenses telles que l’alimentation, l’habillement, le logement et l’éducation.

La compétence procédurale relève du tribunal cantonal du domicile du créancier ou du débiteur, tandis que le juge aux affaires familiales peut ordonner des mesures provisoires lors d’une procédure de divorce.

L’une des questions les plus controversées demeure le caractère répressif du non-paiement : l’article 53 bis du CSP prévoit des sanctions pénales, notamment une peine d’emprisonnement de trois mois à un an et une amende, en cas de non-paiement délibéré. ​

​En parallèle, le Fonds de garantie des pensions alimentaires et des rentes de divorce, créé en 1993, intervient pour protéger les femmes divorcées et leurs enfants lorsque les décisions de justice ne sont pas exécutées, en se procurant ensuite le droit de recouvrer les sommes dues auprès du débiteur.

Cette mobilisation s’inscrit dans un débat plus large qui se dessine déjà au Parlement, avec des propositions et des positions favorables à une réforme explorant des alternatives à la détention, notamment la possibilité d’amnisties ou de régularisations pour les dettes liées aux pensions alimentaires.

À ce jour, aucune réaction officielle n’a été enregistrée de la part des autorités ou du Parlement, tandis que les organisateurs affirment vouloir poursuivre la mobilisation afin d’ouvrir un dialogue institutionnel sur la réforme.

I. B.

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Tunisie : 16 000 divorces et 70 000 mariages seulement en 2024

09. Dezember 2025 um 19:05
Tunisie : 16 000 divorces et 70 000 mariages seulement en 2024

La Tunisie traverse aujourd’hui une profonde mutation des dynamiques familiales, comme l’explique le sociologue Mamdouh Ezzeddine. L’âge moyen au mariage ne cesse d’augmenter, atteignant environ 34 ans pour les hommes et 29 ans pour les femmes, tandis que le nombre de contrats de mariage recule nettement depuis 2011. En 2024, on a enregistré près de […]

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Édito – Quand les chiffres racontent la nouvelle famille tunisienne

08. Dezember 2025 um 15:45

Il y a des chiffres qui bousculent plus fort que des discours. Seize mille divorces en 2024 : un pays peut changer silencieusement, puis soudain ces données tombent, nettes, tranchantes, et révèlent ce que l’on refusait de voir. La famille tunisienne n’est plus ce bloc compact d’hier. Elle se transforme, se réinvente, parfois se fragilise.

On se marie tard – souvent après 34 ans pour les hommes, près de 29 pour les femmes. Et l’on se marie moins : 70.000 mariages en 2024, contre 78.000 seulement un an plus tôt. Une baisse brutale, presque vertigineuse, qui raconte un pays où l’engagement se négocie autrement, où le couple n’est plus un destin automatique.

La natalité suit la même trajectoire : de 225.000 naissances en 2014 à 160.000 en 2023. Une chute qui redessine la société en profondeur, en réduisant la taille des foyers – de cinq membres hier, à trois aujourd’hui – comme si chaque génération rapetissait son nid pour mieux respirer.

Mais c’est le divorce qui dit le plus clairement notre époque. Seize mille ruptures en une année. Et près d’un tiers dans les dix premières années du mariage. L’âge moyen du divorce ? À peine 36 ans. Autrement dit : les Tunisiens se séparent au moment même où leurs parents entraient, eux, dans la stabilité. Et derrière ces lignes de statistiques, il y a des vies : près de 600.000 enfants pris dans les turbulences de familles éclatées, dont certains sombrent – une centaine de cas de suicide liés aux crises émotionnelles post-divorce.

Faut-il y voir une catastrophe sociale ? Ou la preuve que les Tunisiens refusent désormais les unions forcées, les compromis étouffants, les carcans d’un modèle familial qui ne leur ressemble plus ?

Les chiffres ne portent pas de jugement. Ils nous disent simplement ceci : la Tunisie change, profondément, rapidement, sans attendre que le débat suive. Elle passe d’un modèle où la famille était un refuge à un modèle où elle devient un choix – exigeant, parfois fragile, mais assumé.

Reste à savoir si nous saurons accompagner cette mutation. Parce qu’une société qui change n’est pas une société qui se perd. C’est une société qui s’écrit autrement – avec ses peurs, ses libertés et ses chiffres.

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