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Midterms : le roi Trump est-il désormais nu ?

05. November 2026 um 15:39

Donald Trump a pris une sérieuse claque électorale, mais gare à ne pas enterrer trop vite le vieux lion ! Certes, privé de ses relais au Congrès, le milliardaire républicain a perdu une bonne partie de ses moyens de pression, mais il lui reste une arme de poids : son droit de veto présidentiel.

Les observateurs sont unanimes à estimer que l’écrasante victoire des démocrates aux élections de mi-mandat, qui ont pris des allures de référendum pour ou contre Donald Trump, constitue une véritable raclée pour l’actuel locataire de la Maison-Blanche. Mais gare au vieux lion blessé ! S’il a perdu quelques crocs dans la bataille, le président américain conserve un redoutable coup de patte et des griffes toujours aussi acérées.

La preuve ? Tout en reconnaissant, une fois n’est pas coutume, la défaite de son camp et en se déclarant disposé à faire des compromis avec les démocrates, Donald Trump s’est bien gardé d’assumer sa part de responsabilité dans ce revers. Il a préféré en rejeter la faute sur les candidats républicains, ne figurant pas lui-même sur les bulletins de vote lors des élections locales et législatives du 3 novembre 2026. Puis, il a rappelé qu’il disposait toujours d’une arme de poids, en l’occurrence son droit de veto présidentiel. Une manière de dire que même si le vieux lion est blessé, sa capacité de nuisance reste intacte !

Bérézina

En effet, lors de ce scrutin crucial du 3 novembre 2026, le Parti de l’âne aura ravi aux républicains de Donald Trump le contrôle des deux chambres du Congrès. Ainsi, au Sénat, les démocrates ont arraché la majorité de 54 sièges contre 44 pour les républicains grâce à plusieurs victoires décisives, notamment celles de Josh Turek dans l’Iowa, Jon Ossoff en Géorgie ou encore de James Talarico au Texas.

À la Chambre des représentants, la véritable déferlante bleue a également permis à l’opposition de reprendre le contrôle de la chambre basse avec un total de 240… De plus, plusieurs bastions républicains historiques ont ainsi changé de camp, notamment au Texas, avec l’élection de Gina Hinojosa au poste de gouverneure et de James Talarico au Sénat, mais aussi dans l’Ohio, le Kansas, la Caroline du Nord et l’Iowa.

Bref, une véritable Bérézina pour le camp présidentiel ! À 80 ans, Donald Trump s’était pourtant personnellement investi dans la bataille, multipliant les meetings et les interventions pour tenter de sauver les meubles et préserver ce qui restait de son emprise sur le Congrès. En vain. Ce scrutin sonne comme un désaveu cinglant de sa politique par l’électorat américain. En cause, l’inflation galopante, l’envolée du coût de la vie et l’intervention militaire américaine en Iran qui ont lourdement pesé dans la balance, transformant ces midterms en un véritable vote sanction contre le milliardaire républicain.

Bras de fer

Cela étant, le cinglant revers subi par Trump signifie-t-il que le roi est désormais nu ? Malgré tout, le président sortant conservera une marge de manœuvre non négligeable sur de nombreux sujets. Voici les principales conséquences du nouvel équilibre des pouvoirs à Washington.

Nul doute que la victoire des démocrates aux élections de mi-mandat risque de changer considérablement la donne à Washington. Privé de sa majorité dans les deux chambres du Congrès, Donald Trump va désormais devoir composer avec une opposition qui entend bien lui compliquer la tâche et lui pourrir les deux années qui lui restent.

Avec quelles armes ? Forts de leur nouvelle majorité, les élus de la Chambre des représentants pourront reprendre en main les commissions parlementaires et multiplier les auditions, les enquêtes et les convocations de responsables. Les affaires financières de la famille Trump, les éventuels conflits d’intérêts de ses proches, notamment Jared Kushner et Donald Trump Jr., ainsi que les relations de l’administration avec certaines puissances étrangères pourraient revenir sur le devant de la scène. Autant de dossiers susceptibles de donner du fil à retordre à la Maison-Blanche.

Le Sénat étant chargé de confirmer les hauts responsables de l’administration, les ambassadeurs et les juges fédéraux, les démocrates pourront retarder, voire bloquer, certains choix de Trump. Ainsi, la majorité démocrate pourrait bloquer, retarder ou rejeter les nominations de Donald Trump pour le cabinet présidentiel, la direction des agences fédérales (telles que le FBI, la CIA ou l’ICE) ainsi que les juges de la Cour suprême. Une possibilité que Chuck Schumer, le leader démocrate au Sénat, a bien l’intention d’utiliser en cas de sièges vacants à la Cour suprême durant les deux dernières années de Trump.

Sur le terrain international, la marge de manœuvre du président pourrait également se réduire comme une peau de chagrin. Ainsi, l’intervention militaire américaine en Iran, son coût et ses objectifs devraient notamment faire l’objet d’un examen parlementaire plus poussé. Les démocrates pourraient aussi contester certaines dépenses militaires, remettre en question les droits de douane imposés par Trump et réclamer davantage de transparence sur sa politique étrangère. Sans pour autant pouvoir se substituer au président dans la conduite de la diplomatie américaine.

Mais le véritable bras de fer pourrait se jouer autour de la responsabilité politique du président. Certains démocrates pourraient remettre sur la table la perspective d’une nouvelle procédure de destitution (impeachment). La Chambre des représentants peut engager une telle procédure à la majorité simple. Toutefois, pour contraindre Trump à quitter la Maison-Blanche, il faudrait réunir une majorité des deux tiers au Sénat, un seuil particulièrement difficile à atteindre.

D’ailleurs, le leader démocrate à la Chambre Hakeem Jeffries, qui pourrait devenir le premier « Speaker » afro-américain de l’Histoire, n’exclut pas une troisième tentative d’impeachment de Donald Trump, mais priorise une procédure contre Pete Hegseth, le secrétaire à la Défense.

En définitive, le locataire de la Maison-Blanche s’apprête à traverser une nouvelle zone de fortes turbulences avec, en toile de fond, un bras de fer permanent avec un Congrès désormais passé dans le camp adverse. De quoi transformer les deux dernières années de son mandat en un véritable chemin de croix.

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Déferlante bleue et gifle magistrale à Donald Trump 

05. November 2026 um 12:38

Les Américains ont dit leur mot hier dans les élections de mi-mandat. La déferlante bleue a submergé le Congrès avec ses deux chambres et des postes de gouverneurs dans de nombreux d’Etats ont changé de couleur, passant du rouge au bleu.  

Déferlante bleue historique et gifle magistrale pour Donald Trump qui a vu pratiquement tous les candidats que lui, l’AIPAC et les milliardaires ont soutenus, perdre lamentablement.

Abdul El Sayed qui, tout au long de la campagne électorale, a subi des attaques islamophobiques au vitriol de la part de Trump et des potentats républicains, a gagné en dépit (ou à cause ?) des 39 millions de dollars dépensés par l’AIPAC en publicité pour son concurrent. Abderrahman Essayed l’a emporté par 52,4% des voix contre 45,6% pour le républicain Mike Rogers.

Au Texas, la surprise est grande. Dans ce bastion traditionnel des républicains, les 500 millions de dollars de dollars déboursés par Elon Musk n’ont servi à rien. Le démocrate James Talarico l’a emporté contre son rival républicain Ken Baxton ; et le gouverneur républicain Graig Abbot, qui se présentait pour un quatrième mandat, a été battu par la latino Gina Hinojosa.

La surprise est encore plus grande au Kansas qui voit un démocrate élu au Congrès pour la première fois depuis près d’un siècle, plus précisément depuis 1932.

En Caroline du sud, cet autre bastion des Républicains, Darline Graham, qui a été choisie par Trump pour remplacer au Sénat son frère Lyndsay, décédé en juillet dernier, a été battue par la démocrate Annie Andrew.

En Géorgie, la démocrate Keisha Lance Bottoms a largement battu le candidat soutenu par Donald Trump, Rick Jackson. Une première pour une femme noire depuis la fondation des Etats-Unis d’Amérique…

Le dénominateur commun de ces quelques exemples, et de bien d’autres élus démocrates au Congrès et aux postes de gouverneurs, est qu’ils ont eu contre eux le président en exercice, l’AIPAC (American Israeli Public Affairs Committee), ainsi que les milliardaires.

L’autre dénominateur commun des nouveaux élus démocrates est qu’ils ont pratiquement tous fait campagne contre la guerre en Iran et ses désastreuses conséquences économiques sur le peuple américain, contre le génocide de Gaza et contre le financement et l’armement d’Israël. Les thèmes principaux de la campagne électorale des candidats démocrates sont : la dénonciation de la guerre contre l’Iran qui a provoqué une hausse sans précédent du carburant et de toutes sortes de biens de consommation ; le‘Medicare’ pour tous ; l’arrêt de toute aide financière et militaire à Israël ; l’interdiction de l’immixtion des milliardaires, de l’AIPAC et de leur argent dans les processus électoraux.

La victoire éclatante des candidats démocrates et la défaite historique des républicains prouvent clairement l’adoption par la majorité des Américains de tous ces thèmes politiques qui ont dominé la campagne électorale de ce scrutin de mi-mandat sans précédent.

Trump et son adjoint Vance ont reconnu, la mort dans l’âme, que les deux principales raisons de leur échec cuisant sont « la guerre contre l’Iran et la relation avec Israël. » A la veille du scrutin, dans une ultime tentative désespérée de limiter les dégâts de l’inévitable défaite électorale, Trump est allé jusqu’à dire qu’a partir de l’année prochaine, « il n’y aura plus d’aide financière à Israël. »

Il y a tout lieu de croire qu’avec des majorités démocrates confortables aux deux chambres du Congrès, Trump s’apprête à passer les deux années qui lui restent à la Maison Blanche en président démuni, c’est-à-dire en canard boiteux. Il a certes rappelé qu’il dispose d’un atout constitutionnel pour s’opposer aux lois qu’il désapprouve : le véto présidentiel.

Mais le Congrès détient la bourse, un atout qui lui permet de refuser le financement de la guerre. Il détient aussi le pouvoir de lancer des enquêtes sur l’enrichissement de Trump et de sa famille, ou encore sur les abus de pouvoir de certains ministres, comme le chef du Pentagone Pete Hegseth, menacé d’une procédure d’impeachment.

Mais en attendant l’entrée en fonction du nouveau congrès le 3 janvier, la question brûlante que tout le monde se pose est la suivante : Trump va-t-il attaquer de nouveau l’Iran, comme il ne cesse de menacer de le faire, ou va-t-il prendre en compte l’avis de la majorité du peuple américain qui a voté massivement contre sa politique ?

Une chose est certaine : les élections de mi-mandat ont pris l’aspect d’un référendum contre le bilan désastreux des deux années que Trump a passées à la Maison Blanche. Tirera-t-il la leçon de la gifle magistrale que son peuple vient de lui asséner et changera-t-il son fusil d’épaule, ou poursuivra-t-il dans la même voie désastreuse que lui a tracée son ami génocidaire Benyamin Netanyahu ?

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Une vague bleue déferle sur les États-Unis

05. November 2026 um 09:59

Les Américains ont dit non à Trump. Non à sa dérive autoritaire. Non à son arrogance. Non à la corruption et à l’affairisme décomplexés qui marquent d’un fer rouge sa présidence pendant que le pouvoir d’achat de la classe moyenne s’érode et que la pauvreté gagne du terrain. Non à son bellicisme et à sa guerre folle déclenchée contre l’Iran et qui pénalise l’économie mondiale et le porte-monnaie de l’électeur américain. La démocratie américaine est parue essoufflée ces deux dernières années avec Trump mais ces mécanismes tels des anticorps lui ont permis de résister et lors des élections de mi-mandat du mardi 3 novembre 2026, la démocratie américaine a rejeté Trump et décidé de le priver de la majorité parlementaire dans les deux chambres du Congrès. 

Imed Bahri

Au Sénat, les Démocrates sont désormais majoritaires avec 54 sièges contre 44 pour les républicains et à la Chambre des représentants, les Démocrates ont 237 sièges contre 139 sièges pour les Républicains. De plus des fiefs conservateurs que d’aucuns imaginaient imprenables ont basculé et des victoires symboliques ont eu lieu ailleurs. Une véritable vague bleue (la couleur du Parti démocrate) et un revers cinglant pour le président américain.

Le New York Times a qualifié la défaite écrasante du Parti républicain lors des élections de mi-mandat de rejet de Donald Trump par les Américains. Le quotidien américain souligne que Trump a passé les deux dernières années à tenter de saper la démocratie américaine, mais que, mardi, les électeurs se sont dressés contre lui. 

Face aux tentatives répétées du président de manipuler ces élections —notamment par le découpage électoral abusif, les fausses allégations de fraude, les efforts pour entraver le vote par correspondance et bien d’autres tactiques tendancieuses—, des dizaines de millions d’Américains ont répondu en se rendant aux urnes pour rejeter le Parti républicain qui le soutient.

Les Démocrates ont repris le contrôle du Sénat ainsi que de la Chambre des représentants. Ce rejet a été d’une ampleur suffisante pour transcender la polarisation politique aux États-Unis.

Un frein décisif au comportement autoritaire de Trump

Les Républicains ont essuyé des défaites jusque dans leurs bastions traditionnels, notamment au Kansas, dans le Kentucky, en Iowa, dans l’Ohio, en Caroline du Sud et au Texas. Ces revers s’expliquent en partie par le fait que de nombreux électeurs indépendants et même des Républicains, ont jugé que le second mandat de Trump était un échec.

Le NYT estime que ce résultat constitue un frein décisif au comportement autoritaire de Trump. Il permettra aux Démocrates d’enquêter sur sa corruption et ses violations de la loi, tout en proposant des législations qui offrent une alternative à son programme néfaste. Le quotidien ajoute que le peuple américain ressent déjà le changement, une transformation qui deviendra réalité en janvier étant donné que la nouvelle législature débute début 2027.

Le journal reconnaît toutefois que le pays reste confronté à de nombreux problèmes de longue date pour lesquels aucun des deux partis n’a apporté de solutions claires. Au cours des deux prochaines années, tant que Trump restera président, le Congrès et les juges devront se préparer à faire face à toute nouvelle tentative de sa part visant à saper l’ordre constitutionnel.

Les agents électoraux, les avocats et les juges ont tenu bon

Toutefois, la journée de mardi peut être considérée comme un motif de fierté. En effet, ceux qui aspirent à l’autoritarisme profitent souvent des élections législatives pour consolider leur pouvoir et ébranler la démocratie. Or, en 2026, le peuple américain a refusé de laisser Trump agir ainsi et le système a tenu bon.

Outre les électeurs, trois catégories de personnes méritent une reconnaissance particulière à savoir les agents électoraux, les avocats et les juges. Cette année, les agents électoraux ont accompli leur mission malgré les pressions incessantes exercées par Trump, qui a maintes fois allégué l’existence de fraudes massives lors des élections et ce, en dépit de décennies de preuves démontrant le contraire.

Face à ces mensonges, les agents électoraux —issus de divers bords politiques— ont continué à exercer leurs fonctions avec rigueur comme ils le font depuis longtemps en aidant les citoyens à voter et en procédant au dépouillement des suffrages.

Dans de nombreux États, les responsables électoraux ont pris des mesures spécifiques pour contrer les ingérences de l’administration Trump. L’année dernière, le ministère de la Justice a exigé des États qu’ils transmettent au gouvernement fédéral les dates de naissance des électeurs, des informations relatives à leurs permis de conduire ainsi que leurs numéros de sécurité sociale. Les responsables locaux —y compris plusieurs Républicains— ont refusé de s’y plier. Parmi eux figurent notamment la vice-gouverneure républicaine de l’Utah Deidre Henderson, la secrétaire d’État* démocrate du Michigan Jocelyn Benson et le secrétaire d’État républicain de Virginie-Occidentale Kris Warner. Tous ont refusé de se conformer à cette demande et l’administration a perdu toutes les poursuites judiciaires engagées contre eux.

La détermination de ces responsables à résister au président illustre l’un des avantages du système de gouvernance décentralisé des États-Unis. Ils ont pu s’opposer à ces directives car le président ne dispose pas du pouvoir d’annuler leurs décisions.

La «clause électorale» de la Constitution confère à chaque État le pouvoir de déterminer les modalités d’organisation de ses propres élections. Ce système fédéral a démontré son efficacité face aux tendances autoritaires de Trump.

Un autre groupe a également pris la défense de la démocratie cette année: les défenseurs des droits juridiques.

Lorsque Trump a tenté d’intervenir dans le processus électoral —notamment par le biais de décrets visant à compliquer l’inscription sur les listes électorales, à empêcher les États de dépouiller certains bulletins envoyés par courrier ou encore en donnant des instructions au service postal sur la distribution des bulletins de vote par correspondance— les défenseurs des droits des électeurs ont immédiatement engagé des poursuites judiciaires. Parmi ces défenseurs figuraient le Brennan Center, l’Union américaine pour les libertés civiles (Aclu), la Ligue des électrices (League of Women Voters), l’organisation Common Cause ainsi que des procureurs généraux démocrates. Certains cabinets d’avocats prestigieux ayant hésité à s’opposer aux dérives juridiques de l’administration Trump au cours des deux dernières années, le rôle des organisations à but non lucratif a pris une importance accrue.

Les juges de districts ont joué un rôle crucial. Dans 27 décisions consécutives rendues par des tribunaux de district, les juges ont rejeté les demandes du ministère de la Justice visant à obtenir l’accès aux registres électoraux des États.

La Cour suprême a fixé des «lignes rouges» électorales

Le rôle des juges fédéraux est plus mitigé. Selon le NYT, la Cour suprême mérite à la fois des éloges et des critiques. D’une part, elle a commis des erreurs en rendant des arrêts qui ont permis à Trump de procéder à un découpage électoral partisan extrême et qui ont favorisé les efforts de son administration pour constituer une base de données nationale des électeurs. D’autre part, les juges ont agi pour protéger le droit des Américains à voter cet automne.

En septembre, la Cour a confirmé une décision d’une juridiction inférieure interdisant au service postal de prendre des mesures qui auraient restreint le vote par correspondance. Cet arrêt a rappelé que la Cour suprême fixe des «lignes rouges» en matière électorale. Après les élections de 2020, les juges avaient refusé d’examiner des dossiers liés aux fausses allégations de Trump concernant une fraude électorale. Il est possible qu’ils soient amenés à réfuter des affirmations similaires dans les semaines à venir.

Le journal américain souligne par ailleurs que les défis à venir ne doivent pas occulter ce que les Américains ont accompli lors de ce scrutin. Cette année, les agents électoraux, les avocats et les juges ont défendu les règles qui protègent le droit de vote permettant à des dizaines de millions d’Américains de se rendre aux urnes pour exercer leur droit démocratique fondamental. Les Américains ont démontré que le pouvoir de choisir leurs dirigeants leur appartient. Ils doivent désormais rester vigilants jusqu’à ce que les résultats de chaque élection soient officiellement certifiés et que les vainqueurs entrent en fonction.

Cette vague bleue qui a déferlé sur les États-Unis mérite que l’on évoque certains grands succès électoraux. 

La première grande surprise coup est venue de Caroline du Sud où la démocrate Annie Andrews a ravi le siège de sénatrice à Darline Graham, choisie personnellement par Donald Trump comme candidate après la mort de son frère Lindsey Graham en juillet. Depuis 1964, aucun candidat Démocrate n’a pu ravir ce siège aux Républicains.

Au Texas, James Talarico a réalisé un énorme exploit et va devenir le premier sénateur démocrate élu dans ce bastion républicain depuis 1992. «Ce soir, nous avons battu Goliath», a déclaré ce séminariste presbytérien de 37 ans, lors de son discours de victoire à Austin, aux côtés de Gina Hinojosa, élue de son côté gouverneure. La campagne très disputée au Texas avait vu l’homme le plus riche de la planète Elon Musk débourser plus de 220 millions de dollars en faveur du Républicain ultraconservateur Ken Paxton (63 ans) dans l’espoir de battre Talarico.

Le Kansas, qui n’avait pas élu de sénateur démocrate depuis 1932, a enregistré la victoire du candidat démocrate Adam Hamilton, pasteur méthodiste.

Au Michigan, le Démocrate Mohammed Abdulrahman (dit Abdul)  El-Sayed, médecin épidémiologiste fils de migrants égyptiens, a été élu sénateur devenant ainsi le premier sénateur de confession musulmane de l’histoire du pays. Il a succédé au Démocrate Gary Peters qui ne s’est pas représenté mais il a dû faire face aux sommes colossales déboursées par l’Aipac, le lobby sioniste, pour le faire battre et à la mobilisation personnelle de Trump qui n’a pas cessé de l’attaquer durant la campagne électorale allant jusqu’à le qualifier de «djihadiste» quelques jours seulement avant le scrutin.

Jon Ossoff à qui nous avons consacré un portrait publié dans Kapitalis en juin dernier («Jon Ossof, étoile montante du parti républicain») a été réélu en Géorgie et se place plus que jamais comme candidat sérieux pour la présidentielle de 2028.

* Il ne faut pas confondre le secrétaire d’État à l’échelle fédérale qui est le chef de la diplomatie américaine et le secrétaire d’État à l’échelle de l’État fédéré qui lui organise le processus électoral dans son État. 

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Le reflux populiste, principale leçon de l’échec des Républicains américains

05. November 2026 um 07:27

L’échec des Démocrates américains portés par le président populiste Donal Trump démontre que les promesses démagogiques trahies finissent inéluctablement par se payer au prix fort. Que le mécontentement populaire s’exprime par la contestation de rue ou par la souveraineté des urnes, le décalage entre la rhétorique national-populiste et la détérioration concrète des conditions de vie socio-économiques engendre un retour de bâton, comme celui auquel nous assistons aux Etats-Unis. (Photo : La victoire historique d’Abdul Rahmane Mohamed El-Sayed au Sénat dans le Michigan illustre la faillite des méthodes populistes de Donald Trump.)

Elyes Kasri *

Avec le raz de marée démocrate à la Chambre des Représentants et au Sénat, les élections législatives de mi-mandat de novembre 2026 aux États-Unis transcendent le simple cadre des scrutins intermédiaires pour s’inscrire comme le pivot d’un phénomène mondial de rejet du populisme, caractérisé par l’érosion du pouvoir d’achat, la politique-spectacle et la personnalisation excessive du pouvoir.

Face à une gouvernance républicaine jugée coupable de duplicité et d’inféodation aux puissances financières ainsi qu’à des intérêts extérieurs, le corps électoral américain a manifesté une sentence sans équivoque, dont l’amplitude varie à l’échelle internationale selon la résilience et le caractère démocratique des institutions en place.

Malgré les critiques récurrentes inhérentes aux structures institutionnelles américaines, le verdict des urnes a produit un véritable tsunami démocrate au Congrès. La reprise conjointe de la Chambre des représentants et du Sénat sonne comme le désaveu cinglant de la politique de Donald Trump.

Cette bérézina républicaine s’est concrétisée en dépit des manœuvres désespérées de dernière minute de l’exécutif, notamment l’annonce opportuniste de mettre fin à l’aide militaire américaine à Israël — estimée à 4 milliards de dollars par an — pour capter l’électorat pacifiste.

Symbole ultime de ce basculement de l’opinion publique, la victoire historique d’Abdul Rahmane Mohamed El-Sayed au Sénat dans le Michigan illustre la faillite des méthodes populistes. Malgré une campagne agressive orchestrée par le sommet de l’État américain et le déversement massif de 437,5 millions de dollars par des PAC républicains et des lobbys pro-israéliens, la résistance démocratique locale a triomphé de la ploutocratie électorale.

Cette dynamique démontre que les promesses démagogiques trahies finissent inéluctablement par se payer au prix fort. Que le mécontentement populaire s’exprime par la contestation de rue — comme en France et au sein d’autres nations européennes — ou par la souveraineté des urnes comme aux États-Unis, le décalage entre la rhétorique national-populiste et la détérioration concrète des conditions de vie socio-économiques engendre un retour de bâton électoral.

En dernière analyse, cette transition souligne une vérité systémique cruciale : dans les pays aux régimes politiques verrouillés, l’absence de soupapes de sécurité démocratiques et d’alternance institutionnelle ne fait que différer l’inévitable. L’étouffement des contestations légitimes ne peut que radicaliser les crises futures, alourdissant à terme la facture politique et sociale de la gouvernance despotique.

* Ancien ambassadeur.

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