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Tourisme en Tunisie : 7,1 millions d’entrées, mais les hôtels perdent des nuitées

09. Oktober 2026 um 20:10

La fréquentation aux frontières reste élevée, mais l’activité hôtelière tunisienne s’essouffle. De janvier à août 2026, les entrées de non-résidents ont légèrement reculé, tandis que les nuitées ont baissé de 2,4% et le taux d’occupation est tombé à 42,7%. Un décalage qui prolonge la question des 177 hôtels fermés : comment transformer les flux touristiques en activité durable pour les établissements ?

Les chiffres racontent deux réalités différentes du tourisme tunisien. Selon les données du ministère du Tourisme et de l’Office national du tourisme tunisien (ONTT), la Tunisie a enregistré 7 124 754 entrées de non-résidents au cours des huit premiers mois de 2026, soit une baisse de 0,5% sur un an. Dans le même temps, les hôtels ont totalisé 18,58 millions de nuitées, en recul de 2,4%.

Le taux d’occupation relatif est passé de 44,7% à 42,7%, alors même que la capacité moyenne mise en exploitation a progressé de 2,3%, pour atteindre 179 097 lits. Autrement dit, l’offre disponible a augmenté tandis que son utilisation s’est contractée.

Les entrées aux frontières ne garantissent pas les nuitées

Cette divergence tient d’abord à la différence entre les indicateurs. Les entrées aux frontières comptabilisent les non-résidents qui arrivent en Tunisie, sans signifier qu’ils séjournent dans un hôtel. Les nuitées mesurent, elles, l’activité effective des établissements d’hébergement concernés.

La composition des flux constitue une piste importante. Les marchés maghrébins représentent 50,1% des entrées de non-résidents sur la période, mais leur fréquentation recule de 4,2%. Les arrivées de Libye diminuent notamment de 11,4%, tandis que celles d’Algérie progressent légèrement de 0,8%. À l’inverse, les entrées européennes augmentent de 3,1%.

Des disparités régionales qui accentuent le problème

Les résultats varient fortement selon les destinations. À Sousse, les arrivées hôtelières progressent de 4%, mais les nuitées diminuent de 4%. À Nabeul-Hammamet, les arrivées augmentent de 2,9%, alors que les nuitées reculent de 6%. À Tunis-Côtes de Carthage, leur baisse atteint 11,2%.

À l’inverse, Mahdia enregistre une hausse de 13,8% des nuitées, à 1,14 million, et un taux d’occupation de 61,5%. Ces écarts montrent que la dynamique touristique ne profite pas uniformément aux régions.

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Rémunération des dirigeants des sociétés cotées : Le bénéfice ne fait pas la paie

09. Oktober 2026 um 15:55
Les états financiers individuels 2025, publiés sur le site du CMF (Conseil du marché financier), permettent de rapprocher deux chiffres que les sociétés cotées présentent rarement côte à côte, le résultat net 2025 et ce que coûtent leurs dirigeants. Chez les vingt plus gros bénéficiaires de la Bourse de Tunis, le lien entre les deux […]

Réseaux sociaux – Nous sommes rentrés réellement dans une nouvelle économie

09. Oktober 2026 um 10:36

Avec les réseaux sociaux, nous changeons pratiquement de paradigme. L’attention et les moyens de la capter est au cœur des actions des acteurs du net. Et ce, dans un vécu digital reposant sur les émotions. Encouragé par une prolifération du populisme et de ses travers.

Les réseaux sociaux sont le terrain privilégié des émotions par rapport à celui de la raison ! Jeudi 8 octobre 2026, le professeur Mehdi Mabrouk, universitaire spécialisé en sociologie et ancien ministre de la Culture (2011-2014), est venu défendre cette idée devant les étudiants et enseignants de l’Institut de Presse et des Sciences de l’Information (IPSI), à l’occasion de la Conférence inaugurale de l’année universitaire 2026-2027 de l’établissement. Une tradition qui n’est autre qu’un événement académique solennel qui marque le début de l’année universitaire.

Thème d’actualité, celui traité par Mehdi Mabrouk (« Les émotions à l’ère digitale et l’économie de l’attention ») a mis en évidence ce que beaucoup d’entre nous ont, sans doute, remarqué. « L’amour, la haine, la peur, la perte de confiance, la jubilation face aux malheurs d’autrui et bien d’autres émotions sont devenus le trait commun de nombreux messages auxquels nous sommes exposés dans le digital », assure le conférencier. Et Mehdi Mabrouk d’ajouter que cette tendance intervient dans un contexte international marqué par une « prolifération du populisme et de ses travers ».

« Affirmer son prestige et défier ses rivaux »

Des émotions qui n’étaient dans le passé qu’un « résidu » ou encore qu’un « déchet » au niveau du discours tiennent aujourd’hui la vedette. Comme du reste cette « extimité » qui consiste pour une personne « à rendre visibles et publics certains fragments de sa vie intime physique ou psychologique ». Et, donc, de s’éloigner de ce qui était un principe sacro-saint : ne pas exposer son « intimité ». L’ancien ministre de la Culture a évoqué, dans ce cadre, le « potlatch », cette « cérémonie traditionnelle pratiquée par les peuples autochtones de la côte nord-ouest du Pacifique où l’on vient offrir nourriture et biens et affirmer son prestige et défier ses rivaux ».

Et parallèlement à ce vécu, que l’on ne peut que vérifier sur le net, il y a une réelle volonté d’accaparer l’attention de l’internaute sur les messages que l’on partage. D’où cette « économie de l’attention ». Une attention qui constitue un « marché » dans un environnement fait d’une multitude d’informations. Vous l’avez compris, l’attention de ce point de vue est « une ressource rare » et une « marchandise négociable ». Et les acteurs du net se focalisent sur « la capacité des individus à accorder leur attention » sur ce qu’ils disent et montrent. L’attention, un « bien rare » et non plus seulement les « facteurs de production ». Autant dire que nous sommes bel et bien rentrés dans une nouvelle ère économique.

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Crise des lycées en France | Bruits diplomatiques et paniques identitaires

09. Oktober 2026 um 06:56

Face à la vague de blocages dans les établissements scolaires en France et à la sévérité du maintien de l’ordre, la crise des lycées a franchi les frontières pour devenir le théâtre d’une bataille d’influence entre Washington et Téhéran. Cette tribune analyse comment cette agitation géopolitique et l’instrumentalisation du débat identitaire servent de diversion pour masquer le malaise social, l’austérité budgétaire et le renoncement aux exigences de l’exemplarité républicaine.

Dr Abderrahmane Cherfouh *

À Paris, la crise des lycées a largement dépassé le cadre des salles de classe. Elle sert désormais de prétexte à des batailles d’influence étatiques.

Donald Trump a d’abord associé les blocages d’établissements à l’immigration de masse et à un prétendu péril religieux. Dans la foulée, le gouvernement iranien s’est engouffré dans la brèche : Téhéran a convoqué l’ambassadeur de France pour dénoncer la «répression» de manifestations présentées comme pacifiques. Le Quai d’Orsay a répliqué du tac au tac en convoquant l’ambassadeur d’Iran pour dénoncer une manœuvre de désinformation.

Cette diplomatie du muscle masque l’essentiel : pendant que les chancelleries s’écharpent, la parole des lycéens français et leurs revendications concrètes passent à la trappe.

Indignation à géométrie variable

Face à ces ingérences, une question s’impose : la France applique-t-elle les mêmes règles à tout le monde ?

Certes, accuser Téhéran de brimer sa propre population relève d’une réalité documentée. Mais le bilan dramatique des derniers jours est néanmoins établi : selon le ministre de l’Éducation nationale, 215 élèves et 88 personnels de l’Éducation nationale ont été blessés depuis le début de la mobilisation. À Tours, un lycéen de 16 ans a perdu l’usage d’un œil après une blessure dont les lésions ont été jugées compatibles avec un tir de LBD. À Lens, un adolescent de 15 ans a perdu une main après l’explosion d’une grenade lors d’un rassemblement ; les circonstances exactes de l’incident font l’objet d’une enquête de l’IGPN. Face à cette succession de blessures graves, le ministre de l’Intérieur a annoncé le 7 octobre la suspension des grenades assourdissantes dans le cadre du mouvement lycéen, le temps de faire la lumière sur l’affaire de Lens. Ces faits posent avec une acuité nouvelle la question de la proportionnalité des moyens employés pour maintenir l’ordre face à des manifestants, dont une partie est mineure.

L’autre hypocrisie réside dans le monopole de l’ingérence. Paris et Washington s’arrogent depuis des décennies le droit de dicter la politique intérieure des États souverains, qu’il s’agisse de décréter la légitimité d’un pouvoir au Venezuela ou de redessiner la carte du Moyen-Orient. Pourtant, lorsque la diplomatie iranienne utilise les mêmes leviers pour pointer du doigt les dérives policières occidentales, le Quai d’Orsay crie immédiatement au complot et à la manipulation. L’ingérence serait-elle un privilège exclusivement réservé à l’Occident ?

Diversion sociale et épouvantail identitaire

Ce vacarme géopolitique offre surtout une échappatoire commode à un pouvoir aux abois. Donald Trump l’inévitable a choisi de jeter de l’huile sur le feu en agitant l’épouvantail identitaire, prétendant fallacieusement que l’Islam cherchait à s’emparer du pays. Si Paris feint de s’en offusquer publiquement, cette surenchère sert en réalité de paravent idéal : il est tellement plus facile pour le gouvernement et ses relais médiatiques de saturer l’espace avec des paniques culturelles plutôt que de répondre au réel.

Dans ce climat d’ostracisme, les populations issues de l’immigration risquent de devenir les premières victimes d’un débat toxique, alors même que l’urgence républicaine exige un travail d’intégration, d’égalité et de respect mutuel.

Sur le terrain, les lycéens ne parlent pourtant ni de choc des civilisations ni de religion. Ils protestent contre l’insalubrité des classes, le manque criant de professeurs, la dégradation des locaux et l’austérité budgétaire qui mutile leur avenir. En focalisant l’attention sur les déclarations de Trump ou les communiqués de Téhéran, le pouvoir opère une diversion cynique pour criminaliser le mouvement social et s’exonérer de ses propres responsabilités économiques.

Respecter les principes républicains

La France n’a pas à choisir entre la panique identitaire de Donald Trump et la surenchère opportuniste de Téhéran. La République possède ses propres repères : la laïcité, l’égalité, la liberté d’expression et le droit de manifester dans le calme. Mais la laïcité ne peut se résumer à une posture à géométrie variable ; elle doit redevenir une exigence d’équité et de garanties universelles.

Pour prétendre donner des leçons de démocratie à la terre entière, la France doit d’abord balayer devant sa propre porte. Elle se doit d’être exemplaire en appliquant chez elle les principes qu’elle prétend défendre à l’étranger, loin du cynisme du «faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais». On ne répond pas à la propagande étrangère par du déni ou une répression disproportionnée, mais en respectant le droit et en répondant aux demandes de sa propre jeunesse. La souveraineté commence par cette forme fondamentale de dignité républicaine.

* Médecin algérien au Canada.

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