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Ridha Chkoundali : « La crise de l’offre, vraie cause de l’inflation »

06. Oktober 2026 um 17:17

Le taux d’inflation des dépenses de consommation des ménages s’est établi à 5,6 % en glissement annuel en septembre 2026, soit 0,8 point de plus qu’en août. Pour l’expert en économie, Ridha Chkoundali, ce chiffre marque la fin de la baisse progressive de l’inflation observée entre 2023 et 2025, après le pic de fin 2022.

Cette reprise intervient alors que la Banque centrale de Tunisie (BCT) maintient son taux directeur inchangé. Selon l’analyse de Ridha Chkoundali, cela traduit l’impasse de la politique monétaire. La BCT considère l’inflation comme le résultat d’une surconsommation, mais elle ignore la crise structurelle de l’offre que connaît l’économie tunisienne depuis des années. Dans ces conditions, ni le gel ni le relèvement des taux ne permettent de freiner la hausse des prix, notamment celle des produits de première nécessité.

Une inflation tirée par l’alimentation et l’éducation

Les produits alimentaires restent le principal moteur des tensions, avec une hausse de 8,4 % sur un an. Les produits non réglementés enregistrent les augmentations les plus fortes : volaille  16,5 % ; fruits et légumes frais : +15,4 % ; viande rouge : +14,6 % pour le mouton et +13 % pour le bœuf ; légumes frais : entre 9,7 % et 12,9 %.

Les dépenses d’éducation progressent elles aussi nettement : 6,4 % pour le préscolaire et le primaire; 6,0 % pour le secondaire, auxquels s’ajoutent les services d’hébergement (+14,7 %). Ridha Chkoundali souligne que cette flambée ne reflète pas une amélioration du niveau de vie. Elle traduit plutôt la fuite contrainte des familles vers un secteur privé coûteux, face à la dégradation de la qualité de l’enseignement public.

Selon l’expert en économie, l’inflation est d’abord une crise d’offre aiguë, nourrie par un climat des affaires peu propice à l’investissement et freiné par la bureaucratie. Les coupures d’électricité répétées et les perturbations énergétiques ont aggravé la situation. Elles ont interrompu des cycles de production, abîmé des produits agricoles frais et rompu les chaînes du froid et de stockage. Le coût unitaire de production a ainsi augmenté et cette charge est répercutée mécaniquement sur le consommateur.

Le seul facteur de demande à l’œuvre vient, d’après lui, non du niveau de vie des ménages mais de l’endettement de l’État auprès de la Banque centrale pour financer le déficit budgétaire. Ces fonds n’ont pas été orientés vers l’investissement productif ou le développement. Ils ont servi à des dépenses de consommation et au fonctionnement de l’administration, créant une masse monétaire sans contrepartie en biens.

L’inflation cumulée sur la période 2015-2026 atteint 98 %. Concrètement, relève Ridha Chkoundali, le dinar a perdu environ la moitié de son pouvoir d’achat en onze ans. Ce qui explique l’érosion du pouvoir d’achat des Tunisiens.

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Inflation : pour Ridha Chkoundali, freiner la consommation ne réglera pas la crise de l’offre

06. Oktober 2026 um 15:12

Le professeur universitaire en économie Ridha Chkoundali est revenu, lundi 5 octobre 2026, dans un post publié sur Facebook, sur la remontée de l’inflation en Tunisie. Pour l’économiste, le regain des tensions sur les prix met surtout en évidence un problème de diagnostic : l’inflation tunisienne ne serait pas principalement alimentée par une consommation excessive...

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Zone euro : l’inflation de gros s’envole à 8,2 % en août

06. Oktober 2026 um 12:49

L’inflation de gros en Europe a fortement augmenté en août, sous la pression de fortes hausses de prix dans le secteur de l’énergie.

D’après les données d’Eurostat publiées lundi 5 octobre, l’indice des prix à la production industrielle de la zone euro a accéléré en août, passant de 5,8 % en mois à 8,2 % en rythme annuel. Sur le même rythme que le mois précédent (juillet-août), les prix à la production ont progressé de 1,9 %, après une hausse de 1,6 % le mois précédent.

Dans l’ensemble de l’Union européenne, les prix à la production ont augmenté en août à un taux annuel de 8 %, soit une hausse mensuelle de 1,4 %. Comme prévu, la principale source de pressions inflationnistes dans les différentes composantes de l’indice était l’énergie, les prix du pétrole et du gaz naturel restant fortement élevés dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.

En particulier, dans la zone euro, sur une base annuelle, les prix à la production dans l’industrie sont en :

  • augmentation de 21 % pour l’énergie;
  • augmentation de 6,8 % pour les biens intermédiaires;
  • hausse de 2,6 % pour les biens d’équipement;
  • augmentation de 3,4 % pour les biens de consommation durable;
  • baisse de 0,8 % pour les biens de consommation non durables.

Toutefois, si l’on exclut l’énergie, les prix dans l’ensemble du secteur ont augmenté à un rythme nettement plus lent de 3,4 %. Les plus fortes hausses annuelles des prix à la production industrielle ont été enregistrées en Irlande (+17,1 %), en Bulgarie (+16,8 %) et en Lituanie (+14,6 %). En revanche, la seule baisse annuelle a été enregistrée au Luxembourg, où les prix ont chuté de 7,9 %.

Dans la comparaison mensuelle, les prix à la production dans la zone euro sont en :

  • augmentation de 5,6 % pour l’énergie;
  • augmentation de 0,4 % pour les biens intermédiaires;
  • hausse de 0,2 % pour les biens d’équipement;
  • augmentation de 0,4 % pour les biens de consommation durables;
  • augmentation de 0,1 % pour les biens de consommation non durables.

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Aram Belhadj juge difficile que la BCT maintienne son taux directeur à 7 %

06. Oktober 2026 um 11:58

Le taux d’inflation annuel s’est établi à 5,6 % en septembre 2026 en Tunisie, d’après l’Institut national de la statistique (INS). Pour l’économiste Aram Belhadj, le passage au-dessus de 6 % au début de 2027 constitue désormais le scénario central. C’est ce qu’il explique dans un post publié sur sa page officielle Facebook.

Après 5,1 % en juillet puis 5,4 % en août, l’inflation en glissement annuel a atteint 5,6 % en septembre 2026 en Tunisie, selon les données de l’INS. C’est la troisième progression consécutive. L’économiste Aram Belhadj, qui commente ces chiffres dans une publication Facebook, relève que le rythme mensuel s’accélère lui-même.

Selon lui, dépasser 6 % dès le début de 2027 ne relève plus de l’hypothèse marginale. Il en fait le scénario central, alors que se rapproche l’échéance de la loi de finances 2027, que les grandes orientations annoncées sont maintenues et que les tensions persistent dans la région.

M. Belhadj attribue d’abord la hausse à des facteurs d’origine alimentaire et énergétique. L’inflation sous-jacente, qui exclut l’alimentation et l’énergie, reste à 4,9 % pour le deuxième mois de suite. D’après son analyse, le choc gagne l’ensemble du panier alimentaire, mais ne s’est pas encore transformé en inflation généralisée portée par la demande.

L’aspect qu’il juge le plus préoccupant sur le plan structurel tient à l’écart entre les produits alimentaires à prix libres, en hausse de 9,4 %, et ceux à prix encadrés, en progression de 0,2 %. Cet écart s’accentue d’un mois à l’autre. Il en découle, selon l’économiste, un coût de soutien caché qui s’accumule sans apparaître dans les comptes.

Dans ce contexte, l’analyste estime difficile que la Banque centrale de Tunisie (BCT) conserve son taux directeur à 7 % sans le modifier. Il avertit en outre que « un hiver chaud » attend le pays, aussi intense que l’été 2026 qui vient de s’achever.

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