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Hydrogène vers l’Europe : Demain, la Tunisie à un rendez-vous décisif à Alger

30. September 2026 um 18:37

La Tunisie sera au rendez-vous, jeudi 1er octobre à Alger, pour la deuxième réunion ministérielle consacrée au SoutH2 Corridor, le projet destiné à acheminer de l’hydrogène renouvelable produit en Afrique du Nord vers l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne. La rencontre réunira les cinq pays partenaires : l’Algérie, la Tunisie, l’Italie, l’Allemagne et l’Autriche.

Cette réunion intervient après la première rencontre ministérielle tenue à Rome le 21 janvier 2025, au cours de laquelle les cinq pays avaient signé une déclaration commune d’intentions politiques. Le nouveau rendez-vous d’Alger doit permettre d’avancer sur les prochaines étapes techniques et financières du projet, avec l’objectif de transformer les engagements politiques en éléments plus concrets de mise en œuvre.

Le SoutH2 Corridor est présenté comme une infrastructure d’environ 3 300 kilomètres reliant l’Afrique du Nord aux principaux pôles industriels d’Europe centrale. Le projet vise une capacité pouvant atteindre environ 4 millions de tonnes d’hydrogène renouvelable par an. Plus de 65 % de l’infrastructure envisagée pourrait reposer sur des gazoducs existants adaptés au transport d’hydrogène, ce qui constitue l’un des principaux leviers techniques du projet.

La Tunisie au cœur du maillon nord-africain

Pour la Tunisie, l’enjeu dépasse donc la simple participation à une réunion ministérielle. Le pays constitue un maillon du dispositif nord-africain appelé à relier les zones de production à l’Italie. Le projet North Africa Hydrogen Backbone, développé par SeaCorridor, prévoit notamment une liaison sous-marine entre le Cap Bon et Mazara del Vallo, en Sicile, ainsi que des infrastructures terrestres destinées à connecter des zones de production tunisiennes et algériennes au réseau.

La dimension tunisienne du corridor est d’autant plus importante que la Commission européenne a confirmé le statut de Projet d’intérêt mutuel pour la liaison entre le Cap Bon et l’Italie, tandis que les différents segments européens du SoutH2 Corridor bénéficient du statut de Projets d’intérêt commun. La Commission européenne estime que le corridor doit contribuer à développer la production d’hydrogène renouvelable en Afrique du Nord et à créer les infrastructures nécessaires à son acheminement vers les marchés européens.

Lire aussi : Hydrogène vert : L’Allemagne vient sonder les projets tunisiens

Le pays dispose par ailleurs de projets susceptibles d’alimenter à terme cette infrastructure. En juillet dernier, l’agence italienne ANSA indiquait notamment que la Tunisie travaillait sur plusieurs initiatives dans l’hydrogène vert, dont un projet porté par Acwa Power visant, à terme, une capacité annoncée d’environ 600.000 tonnes d’hydrogène vert par an destinée à l’exportation vers l’Europe.

Des annonces concrètes attendues sur les infrastructures et le financement

Le principal enjeu de la réunion d’Alger sera désormais de savoir jusqu’où les cinq partenaires vont aller dans la définition des prochaines étapes. Les précédents engagements ont établi le cadre politique du corridor, mais plusieurs paramètres déterminants pour la Tunisie restent à préciser : le tracé exact des infrastructures nationales, les ouvrages à construire ou à convertir, les capacités réservées au transit de l’hydrogène, les modalités de financement et le calendrier de réalisation.

Cette question est particulièrement importante alors que le projet européen est déjà entré dans une phase de préparation technique. Le consortium SoutH2 indique que le corridor pourrait être opérationnel au début des années 2030 et que son potentiel d’importation depuis l’Afrique du Nord pourrait atteindre 4 millions de tonnes par an. L’Italie a par ailleurs obtenu en 2025 un cofinancement européen de 24 millions d’euros pour des études de faisabilité et des activités préparatoires liées à son backbone hydrogène.

Côté algérien, la réunion d’Alger intervient après plusieurs démarches visant à accélérer le projet. En août, le ministre algérien de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, avait proposé d’organiser une rencontre des cinq pays afin de prendre des décisions permettant de concrétiser le corridor sur le terrain. Une mission d’entreprises allemandes consacrée à l’hydrogène vert, au stockage et au Power-to-X s’est également rendue en Algérie et en Tunisie du 21 au 25 septembre pour explorer des opportunités de projets et de partenariats.

Pour la Tunisie, les résultats les plus significatifs à surveiller jeudi seront donc moins les déclarations générales sur l’importance de l’hydrogène vert que les éventuels chiffres et engagements nouveaux concernant le segment tunisien : infrastructures, capacité de transit, financement, investissements et calendrier. À ce stade, les sources disponibles confirment la réunion et son orientation vers les prochaines étapes techniques et financières, mais ne permettent pas encore d’affirmer qu’un accord précis sur ces paramètres a été conclu.

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Quand le Maghreb entre dans le scénario du cinéma français

30. September 2026 um 11:30
Longtemps cantonnés aux marges des récits, les héritages maghrébins ont progressivement gagné le centre du cinéma français. Du 30 octobre 2026 au 21 mars 2027, le Palais de la Porte Dorée retrace plus de six décennies de films, de carrières…

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Robert Ménard jugé après un refus de mariage sous OQTF

30. September 2026 um 09:10
Robert Ménard comparaît aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Montpellier, après avoir refusé de marier un homme sous OQTF en 2023.   En bref Robert Ménard comparaît le 30 septembre devant le tribunal correctionnel de Montpellier. Il est poursuivi pour…

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Festival Aflam 2026 | Réparer l’image, retrouver les mémoires

30. September 2026 um 08:16

Les archives algériennes, tunisiennes et les mémoires minoritaires sont au cœur de la 13e édition du festival « Aflam. Cinémas des mondes arabes » qui se tiendra du 10 au 18 octobre 2026, à Marseille, France, sous le thème «Réparer l’image». Réparer l’image, c’est d’abord refuser qu’une mémoire soit condamnée au silence.

Djamal Guettala 

L’association Aflam, organisatrice de l’événement, a tenu une conférence de presse, le 10 septembre, au cinéma Les Variétés à Marseille, au cours de laquelle elle a dévoilé le programme de la 13e édition qui fera dialoguer cinéma, archives, mémoire et création contemporaine, avec une attention particulière portée aux œuvres longtemps restées dans l’ombre.

Aflam, qui œuvre depuis 2000 à la diffusion des cinémas des mondes arabes, propose cette année 52 films, 40 invité·es et 35 événements-séances.

La programmation ne considère pas les archives comme de simples traces du passé : elle cherche à les remettre en circulation et à interroger les récits que les images ont conservés, mais aussi ceux qu’elles ont laissés disparaître.

L’Algérie au cœur de la mémoire cinématographique

Le dimanche 11 octobre sera particulièrement important pour le cinéma algérien. À 16h30, au Polygone Étoilé, Nabil Djedouani, à la tête des Archives numériques du cinéma algérien, présentera une sélection de films restaurés.

Depuis 2012, ce spécialiste formé à l’INA mène un travail de sauvegarde et de diffusion d’œuvres algériennes devenues difficiles d’accès. Numériser une pellicule ne suffit pourtant pas. Encore faut-il lui redonner un public et une place dans l’histoire du cinéma.

Le même soir, à 20h, Aflam proposera ‘‘Boualem Zid El Goudam’’ de Moussa Haddad, réalisé en 1980, en présence de Nabil Djedouani.

Le film met en scène Boualem et Sekfali, deux hommes qui traversent le désert algérien. Une charrette chargée de vieux livres, d’images, de reliques et de souvenirs accompagne leur étrange voyage. Deux hommes, deux visions de l’existence et deux rapports à l’histoire de l’Algérie se confrontent.

Boualem demeure attaché à l’idéal égalitaire et émancipateur issu de la guerre de libération. Sekfali, aristocrate cultivé, porte un regard sceptique sur cette utopie. Entre fable politique, réflexion philosophique et absurdité beckettienne, le film interroge les promesses de l’indépendance et les contradictions de l’Algérie postcoloniale.

Quarante-six ans après sa réalisation, la redécouverte de ‘‘Boualem Zid El Goudam’’ prend une résonance particulière. Le film ne revient pas seulement du passé : il revient poser des questions au présent.

L’Algérie sera également présente à travers ‘‘Petite Casbah’’, film d’animation d’Antoine Colomb, programmé le 14 octobre aux Variétés. À travers Malika, une fillette vivant dans la Casbah d’Alger dans les années 1950, le film fait entrer l’histoire coloniale dans le regard de l’enfance.

La Tunisie, par les traces et les images

La Tunisie occupe une place plus discrète, mais elle n’est pas absente de cette réflexion sur les archives.

Le 17 octobre, au Mucem, une courte archive consacrée à Sousse, tournée en 1971 en 8 mm, sera présentée dans le cadre de la programmation consacrée aux Archives Bouanani. Une image modeste en apparence, mais qui acquiert avec le temps une autre valeur : celle d’un fragment de Tunisie devenu trace patrimoniale.

La Tunisie apparaît également dans la dynamique de WarshatAflam, résidence d’écriture de scénarios destinée aux jeunes cinéastes du monde arabe. La mémoire ne se limite donc pas aux films anciens : préserver les images signifie aussi accompagner celles et ceux qui fabriqueront les images de demain.

Palestine, Maroc, Liban : filmer contre l’effacement

La Palestine occupe une place forte dans cette édition avec, le 15 octobre à La Baleine, la rencontre «Les révolutionnaires ne meurent jamais : cinéastes solidaires du peuple palestinien», en présence notamment de Kassem Hawal et Mohanad Yaqubi.

La caméra devient ici un instrument de mémoire. Les archives palestiniennes témoignent d’une histoire politique et culturelle constamment menacée par les guerres, les déplacements et les destructions.

Au Liban, ‘‘Le Jour de colère : Contes de Tripoli’’ de Rania Rafei remontera le fil de l’histoire contemporaine, des manifestations de 1943 aux mobilisations populaires de 2019.

Le Maroc sera représenté par les Archives Bouanani, avec Touda Bouanani et Marie Pierre-Bouthier. Le travail de sauvegarde entrepris après l’incendie de 2006, qui avait détruit une partie des archives familiales, rappelle la fragilité de ces patrimoines.

Les mémoires minoritaires sortent de l’ombre

Aflam élargit cette réflexion aux mémoires minoritaires. Une exposition consacrée au cinéma amazigh au Maroc, conçue et commentée par Sarah Mounia Kachiri, réunira films, vidéos amateurs et installations autour de l’identité culturelle, de la transmission orale et des formes de résistance.

Le 18 octobre, au Mucem, une table ronde intitulée «Ce que le patrimoine culturel national invisibilise» réunira Chantal Partamian, Pauline Tucoulet et Sarah Mounia Kachiri autour des archives arméniennes, kurdes et amazighes.

La question dépasse alors le cinéma : qui décide de ce qui mérite d’être conservé dans la mémoire collective ? Quelles images deviennent patrimoine et lesquelles restent en dehors des récits officiels ?

À ces archives répond une création contemporaine avec notamment Alea Jacarandas de Hassen Ferhani, L’Entente – La face cachée d’Alexandrie de Mohamed Rashad et Yunan d’Ameer Fakher Eldin.

Avec «Réparer l’image», Aflam propose ainsi bien davantage qu’un festival de cinéma. À Marseille, les films anciens dialoguent avec les œuvres nouvelles, les archives nationales avec les mémoires minoritaires, le Maghreb avec le Machrek.

Réparer l’image, c’est peut-être d’abord refuser qu’une mémoire soit condamnée au silence.

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