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Tunisie | Les enseignants de l’Ipsi solidaires avec leur collègue Mohamed Yousfi

14. September 2026 um 12:50

Un groupe d’enseignants de l’Institut de presse et des sciences de l’information (IPSI) de Tunis a publié la pétition suivante pour défendre la liberté de la presse et l’indépendance du travail médiatique, et pour exprimer sa solidarité avec le journaliste Mohamed Yousfi, placé en détention provisoire et poursuivi en justice pour des faits liés à ses fonctions de rédacteur en chef de la plateforme médiatique Alqatiba.

Nous, enseignants de l’Institut de presse et des sciences de l’information, convaincus que la liberté de la presse ne constitue pas un privilège réservé à une catégorie professionnelle spécifique, mais qu’elle est une condition fondamentale du droit de la société à l’information, de la liberté du débat public ainsi que de l’instauration d’un État de droit et d’institutions :

– suivons avec inquiétude et étonnement les circonstances de l’interpellation du journaliste Mohamed Yousfi, laquelle a été déclenchée par des publications et commentaires diffusés sur Facebook — selon le rapport de transmission du dossier — évoquant un accroissement suspect de sa fortune, alors qu’il n’existe pas le moindre indice sérieux quant à la véracité de ces allégations. Cette interpellation soudaine, survenue alors qu’il se rendait à une émission radiophonique, contrevient aux principes consacrés par l’article 55 de la Constitution tunisienne, notamment ceux de nécessité et de proportionnalité régissant la restriction des droits et libertés ;

– considérons que les journalistes exerçant leur profession dans le respect de la loi doivent bénéficier de la protection nécessaire pour accomplir leur mission — à savoir transmettre l’information, demander des comptes aux décideurs et susciter le débat sur les questions d’intérêt sociétal ;

– soulignons que toute poursuite judiciaire, lorsqu’elle repose sur des fondements juridiques sérieux, doit se dérouler dans une transparence totale, dans le respect de la présomption d’innocence, des droits de la défense et des garanties d’un procès équitable, sans que les procédures judiciaires ne soient détournées pour sanctionner un journaliste en raison de ses opinions ou de son activité professionnelle ;

– suivons avec une vive inquiétude les informations faisant état de la détérioration de l’état de santé de Mohamed Yousfi et de l’intervention chirurgicale qu’il a subie, ainsi que les préoccupations suscitées par ses conditions de détention et la garantie de son droit aux soins et à une prise en charge médicale, notamment après son transfert en prison.

À cet égard, nous :

– exprimons notre entière solidarité avec le journaliste Mohamed Yousfi, ainsi qu’avec sa famille et ses collègues, et faisons part de notre profonde préoccupation quant à sa situation judiciaire et sanitaire ;

– exigeons que sa sécurité physique et psychologique soit garantie et qu’il puisse bénéficier, sans délai, des soins de santé nécessaires ;

– appelons à réexaminer la décision de le placer en détention et à lui permettre de suivre la procédure en état de liberté, afin de garantir le respect de la présomption d’innocence et du principe de proportionnalité dans le recours aux mesures privatives de liberté ;

– exigeons la garantie du plein exercice des droits de la défense, la possibilité pour les avocats d’accomplir leur mission sans entraves, ainsi que le respect de toutes les procédures et garanties prévues par la loi, y compris le droit de l’accusé d’être présent, d’être interrogé et d’assurer sa propre défense ;

– affirmons que l’exercice du journalisme, la participation à des entretiens ou à des interventions médiatiques, ainsi que la publication d’opinions, d’analyses et de critiques relatives aux affaires publiques, ne sauraient constituer, en soi, un motif de poursuites pénales ou d’emprisonnement ;

– appelons à ne pas recourir aux lois pénales ou aux procédures judiciaires pour restreindre le travail journalistique, soumettre les médias indépendants ou intimider les journalistes ;

– rejetons le fait de faire des journalistes la cible de campagnes de diffamation, d’incitation à la haine et de stigmatisation ;

– soulignons que le cas de Mohamed Yousfi dépasse sa personne, car il soulève une question fondamentale concernant l’avenir de la liberté de la presse en Tunisie et la capacité des journalistes à exercer leur rôle de contrôle et de critique sans craindre l’emprisonnement ou les poursuites en raison de leur travail ;

– réitérons notre solidarité et notre soutien à tous les journalistes emprisonnés ou faisant l’objet de poursuites judiciaires en raison de leur travail journalistique ;

– considérons que la protection de la presse indépendante relève d’une responsabilité partagée entre l’État, le pouvoir judiciaire, l’université, la société civile et les instances professionnelles ; l’université tunisienne — et plus particulièrement les établissements de formation au journalisme — ne saurait rester simple spectatrice lorsque le droit des journalistes à exercer leur métier et le droit des citoyens à l’information sont menacés.

En tant qu’enseignants formant des générations de journalistes aux valeurs de professionnalisme, d’indépendance, de responsabilité et d’éthique du métier, nous estimons que garder le silence face à l’emprisonnement d’un journaliste ou aux restrictions qui lui sont imposées dans l’exercice de ses fonctions contrevient à l’essence même de la mission que nous accomplissons au sein de l’université.

Par conséquent, nous appelons les autorités judiciaires à libérer le journaliste Mohamed Yousfi, à garantir le plein respect de ses droits et à lui assurer les soins de santé nécessaires, conformément aux dispositions de la Constitution et aux engagements internationaux de la Tunisie en matière de liberté d’expression et de liberté de la presse.

Nous invitons également nos collègues des milieux universitaire, médiatique et de la défense des droits humains à poursuivre la défense pacifique et légale de la liberté de la presse, ainsi que du droit des Tunisiennes et des Tunisiens à une information libre, indépendante et pluraliste.

Suivent 18 signatures.

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Tunis | Démantèlement d’un réseau de trafic de cocaïne dirigé par un rappeur

14. September 2026 um 10:56

Un réseau de trafic de cocaïne vient d’être démantelé. Il opérait aux Berges du Lac, à La Marsa et à Gammarth, dans le Grand-Tunis, a rapporté l’agence gouvernementale Tap, ce lundi 14 septembre 2026, en citant une source sécuritaire bien informée.  

Le réseau était dirigé par un rappeur célèbre, a indiqué la ​​même source, sans préciser le nom de ce dernier, ajoutant qu’à l’issue des investigations, une série de perquisitions simultanées a été menée dans les secteurs de Manouba, Sidi Daoud, Bhar Lazreg, La Marsa et les Berges du Lac.

Elles ont abouti à l’arrestation de 13 membres du réseau, dont le rappeur en question, tandis qu’un autre individu fait l’objet d’un avis de recherche.

Par ailleurs, l’opération a permis la saisie d’une quantité importante de cocaïne, d’un drone et d’une somme d’argent conséquente – qui proviendrait, selon toute vraisemblance, du trafic de stupéfiants – ainsi que de trois voitures et de deux grosses motos utilisées pour le transport et la distribution de la drogue.

L’enquête, menée par des unités de la Garde nationale, se poursuit sous la supervision de la Brigade centrale de lutte contre les stupéfiants et en coordination avec les autorités judiciaires compétentes, afin d’identifier les éventuels autres membres du réseau et de faire toute la lumière sur ses activités.

I. B.

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TABC | Nouveau bureau, nouvelle feuille de route

14. September 2026 um 10:33

Le Tunisia Africa Business Council (TABC) a tenu, samedi 12 septembre 2026 à Tunis, son 2ᵉ Congrès, marqué par la tenue de son assemblée générale ordinaire élective, le renouvellement de ses instances dirigeantes et la présentation de sa nouvelle feuille de route stratégique à l’horizon 2030.

Après plus d’une décennie consacrée à la construction de l’organisation et au développement de sa présence en Afrique, le TABC ouvre ainsi un nouveau cycle autour d’une ambition : un deuxième mandat pour consolider les acquis et transformer l’organisation.

Ce nouveau mandat vise également à préparer progressivement la relève, favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants et hisser le TABC parmi les trois organisations économiques de référence sur le continent africain.

Une décennie d’action au service de l’Afrique

Créé en 2015, le TABC s’est progressivement imposé comme une plateforme de rapprochement entre les entreprises tunisiennes et les marchés africains, en développant son action autour des grands événements économiques internationaux, des missions économiques sur le continent, des rencontres B2B et B2G et de la construction d’un réseau de partenaires africains et internationaux.

Le TABC affiche un bilan significatif : 11 années d’action, 9 éditions du Financing Investment and Trade in Africa (Fita), 37 pays africains couverts, 43 missions économiques, 4 500 adhérents cumulés, 47 000 participants aux différents événements, 80 délégations étrangères accueillies, près de 25 000 rencontres B2B et B2G, 103 conventions et partenariats et près de 90 pays représentés dans les événements organisés par le TABC.

Ces réalisations constituent le résultat d’un travail collectif porté par les différents bureaux exécutifs, les équipes du TABC, ses adhérents ainsi que ses nombreux partenaires institutionnels, économiques et financiers en Tunisie, en Afrique et à l’international.

À cette occasion, le président du TABC, Anis Jaziri, a tenu à rendre hommage et à exprimer sa reconnaissance aux membres du bureau exécutif sortant, pour leur engagement et leur contribution à la construction et au rayonnement de l’organisation durant les dernières années.

Vision 2030 : changer d’échelle

Fort de ces acquis, le TABC entend désormais franchir une nouvelle étape.

La Vision TABC 2030 prévoit de faire évoluer progressivement l’organisation de son rôle historique de mise en relation et d’accompagnement des entreprises vers un modèle capable de contribuer à l’identification, la structuration, le financement et la réalisation de projets en Afrique.

Cette transformation a commencé en 2025 avec le lancement du Tunisia Consortium for African Development (Tucad), fédérant des entreprises et expertises tunisiennes autour des infrastructures et des grands projets structurants.

Le TABC prévoit le déploiement progressif de nouveaux consortiums sectoriels, notamment ST2A dans les technologies et la transformation numérique, TACTE dans l’enseignement supérieur et la formation, TH2A dans le tourisme, ainsi que des consortiums dédiés à la santé et à l’industrie.

L’objectif est de fédérer les compétences tunisiennes au sein d’offres intégrées et solutions globales capables de répondre aux besoins croissants du continent en matière d’infrastructures, de technologie, de capital humain, de santé, de tourisme et d’industrialisation.

La Vision TABC 2030 comporte également une dimension financière. Le think tank prévoit ainsi la mise en place de Virunga Investment Partners (VIP), une banque d’affaires destinée notamment à accompagner la structuration financière, la levée de fonds et le financement des projets portés par cet écosystème.

À l’horizon 2030, une fois les différents consortiums et mécanismes mis en place, l’ambition est de structurer l’ensemble au sein d’une TABC Holding, destinée à assurer la gouvernance, la coordination et le développement de cet écosystème, qui sera introduite simultanément à la BVMT, la Bourse de Tunis, et à la BRVM, la Bourse régionale des valeurs mobilières dont le siège est à Abidjan.

Le TABC entend ainsi passer progressivement d’une logique de promotion des opportunités africaines à une logique de construction et de financement de projets, en mobilisant les entreprises, les compétences, les investisseurs et les institutions financières.

Avec son nouveau bureau exécutif et sa Vision 2030, le TABC entend poursuivre son engagement pour renforcer la présence économique tunisienne en Afrique et contribuer plus directement à la transformation et au développement du continent.

Liste des membres du BE (2026-2031)

Anis Jaziri (président) ; Sami Driss (vice-président) ; Mondher Khanfir (VP chargé du think tank) ; Walid Loukil (VP chargé des relations internationales) ; Nadia Yaich (secrétaire générale) ; Skander Hadj Mabrouk (trésorier) ; Meriem Ben Salah ( responsable du pôle finances) ; Moncef Gloulou (responsable du pôle BTP) ; Salma Abid Mnif (responsable du pôle juridique et droit privé) ; Skander Handous (responsable du pôle IT) ; Slaheddine Hellara (responsable du pôle éducation et formation) ; Chiraz Azizi (responsable du pôle transition écologique & développement durable) ; Jamil Korked (responsable du pôle transition énergétique) ; Nesrine Lachkar (responsable du pôle communication) ; Dr Bassem Allani (responsable du pôle santé).

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Tunisie | L’AMT se dit préoccupée par la hausse des décès en milieu carcéral

14. September 2026 um 09:50

Dans le communiqué suivant, publié à Tunis le dimanche 13 septembre 2026, l’Association des magistrats tunisiens (AMT) a exprimé sa vive inquiétude face aux «informations et rapports apparus récemment concernant l’augmentation des cas de décès dans plusieurs prisons et lieux de détention en Tunisie».

Le Bureau exécutif de l’Association des magistrats tunisiens, tout en suivant avec une vive préoccupation les informations et rapports parus récemment concernant la multiplication des décès dans plusieurs prisons et lieux de détention en Tunisie — notamment ceux relayés par des organisations nationales et de défense des droits humains, ainsi que par des avocats et les familles des défunts — et au vu des circonstances entourant certains de ces décès, lesquelles soulèvent de sérieuses interrogations quant au respect des garanties juridiques et humanitaires prévues pour les personnes privées de liberté, rappelle que :

– l’État tunisien a la responsabilité de préserver la vie de tout citoyen placé dans un établissement pénitentiaire, de lui assurer des soins de santé et des conditions de détention adéquates, ainsi que de garantir sa dignité et son intégrité physique et morale ;

– le droit à la vie, le droit à l’intégrité physique et psychique et le droit à la protection contre la torture et les traitements cruels, inhumains ou dégradants sont des droits inhérents à tout être humain, qui ne sauraient être ni supprimés ni restreints du seul fait de la privation de liberté.

Tout en constatant le refus du ministère de la Justice d’éclaircir la réalité de la situation au sein des établissements pénitentiaires — en particulier dans un contexte de conditions climatiques exceptionnelles marquées par des températures élevées, de difficultés d’approvisionnement en électricité et en eau, et alors que la Ligue tunisienne des droits de l’homme se voit interdire d’effectuer des visites pour constater les conditions réelles qui y prévalent — :

– concernant la responsabilité de l’État, l’Association souligne que tout citoyen placé dans un établissement pénitentiaire relève de la responsabilité de l’État, lequel est tenu de garantir son intégrité physique et morale ainsi que de lui assurer des conditions de subsistance et d’hébergement conformes à la Loi n° 52 de 2001 du 14 mai 2001 relative au régime pénitentiaire et aux obligations de l’État tunisien découlant des conventions et traités internationaux relatifs aux droits de l’homme ;

– elle souligne également la responsabilité de l’État d’informer l’opinion publique sur la situation dans les prisons et de faire toute la lumière sur les informations circulant concernant le décès de plusieurs citoyens au sein de ces établissements ;

– concernant les procédures judiciaires d’urgence, elle souligne que l’établissement des causes du décès et la détermination des responsabilités en découlant relèvent de la compétence de l’autorité judiciaire compétente, une fois achevées les investigations et enquêtes prescrites par la loi;

– elle affirme également que tout décès survenant au sein d’un établissement pénitentiaire ou de détention impose l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire indépendante, efficace et impartiale, conformément aux dispositions légales et aux normes internationales pertinentes ; cette enquête doit permettre d’établir les causes et les circonstances du décès, de faire toute la lumière sur les faits, de tirer les conséquences juridiques des faits et responsabilités établis, et de permettre aux familles des victimes de connaître les causes et circonstances du décès ainsi que les responsabilités juridiques déterminées à l’issue des investigations ;

– elle souligne que le ministère public et les autorités judiciaires compétentes sont tenus de s’acquitter pleinement de leurs obligations légales en matière de protection des droits et libertés, de mettre en lumière tout manquement ou négligence et de garantir l’absence d’impunité ;

– elle attire également l’attention sur la nécessité pour les juges d’application des peines d’assumer leurs responsabilités concernant le suivi des conditions d’exécution des peines privatives de liberté, l’examen des signalements relatifs à l’état de santé des détenus et l’établissement des rapports requis sur la situation des établissements pénitentiaires ;

– concernant les mesures d’urgence au sein des établissements pénitentiaires, elle appelle le ministère de la Justice, en sa qualité d’autorité de tutelle des établissements pénitentiaires, à prendre des mesures immédiates et efficaces garantissant des soins de santé réguliers et appropriés — notamment pour les personnes atteintes de maladies chroniques ou exposées à des complications de santé — ainsi qu’une intervention médicale immédiate en cas urgence ;

– appelle également à réduire la surpopulation carcérale, à remédier à toutes les conditions de détention inadéquates, à préserver la dignité des personnes privées de liberté et à établir un protocole clair pour la prise en charge des cas de santé critiques et des décès, en définissant les responsabilités ainsi que les délais d’intervention et de notification.

Traduit de l’arabe.

Pour le Bureau exécutif,

Aicha Benbelhassan, vice-présidente de l’association.

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La Chine fait main basse sur la high-tech européenne 

14. September 2026 um 08:35

Depuis 2014, la Chine a procédé à plus de 650 acquisitions d’entreprises en Europe, dont 174 en Allemagne, 102 au Royaume-Uni et 72 en France. Une grande partie de ces acquisitions ont été effectuées par des conglomérats appartenant, totalement ou en partie, à l’Etat chinois et ont une forte valeur technologique. D’où les inquiétudes que cette main basse chinoise sur la high-tech européenne alimente aujourd’hui dans les cercles économiques et politiques.(L’illustration de l’article est générée par IA).

Habib Glenza  

«En 2014, le gouvernement chinois a ouvert grand les vannes, encourageant ses entreprises à procéder à des acquisitions à l’étranger», rappelle Agatha Kratz, directrice associée au Rhodium Group, spécialiste des relations entre l’Union européenne et la Chine. Les groupes chinois ont aussi profité de la crise de l’euro de 2008 et 2009 pour se livrer à une vague d’acquisitions parmi les entreprises européennes au bord de la faillite.

En 2017, Pékin a toutefois placé des limites aux sorties de capitaux et durci les conditions pour obtenir des emprunts, afin de stopper les acquisitions à but purement spéculatif, faisant baisser le nombre de transactions chinoises en Europe. La pandémie leur a apporté un nouveau coup de frein. Mais les transactions sont reparties à la hausse depuis le troisième trimestre de 2020, dans le sillage du déploiement des vaccins contre le Covid-19 et de la position de plus en plus dure de Washington contre Pékin. «Un certain nombre d’acquisitions prévues à l’origine aux Etats-Unis se sont reportées sur l’Europe», note Neil Campling, analyste chez Mirabaud Securities.

L’accord d’investissement conclu fin 2020, après plus de sept ans de négociations par Pékin et Bruxelles, qui doit encore être validé par le Parlement européen, devrait encore accroître le nombre d’investissements chinois en Europe, car il prévoit une ouverture respective des marchés des deux blocs économiques. À titre d’exemple, il permet aux firmes chinoises d’accéder au secteur des énergies renouvelables dans les pays européens, avec une limite fixée à 5 % de part de marché nationale dans chaque Etat-membre.

La crise offre des opportunités de rachat à bon prix

Comme en 2008 et 2009, on peut imaginer que les difficultés économiques de certains secteurs, après la fin des plans massifs de soutien à l’économie, leur fourniront d’ici quelques mois de nombreuses opportunités de rachat à bon prix. «Sur le moyen terme, les Chinois continueront à faire leurs courses en Europe. Les conditions-cadres qui les ont attirés en premier lieu n’ont pas changé», estime l’ Institute for Mergers, Acquisitions and Alliances (IMAA).

L’Europe représente un vivier technologique de premier plan. «L’objectif pour Pékin est d’acquérir des savoir-faire et des technologies de pointe en Europe, pour éviter de devoir mener sa propre recherche et développement», relève encore l’IMAA. Un gain de temps et d’argent qui lui permettra à terme de surpasser le monde occidental dans un certain nombre de domaines clés, comme les semi-conducteurs, les véhicules verts, la robotique ou l’intelligence artificielle.

La transaction la plus emblématique des dernières années est la vente, en 2016, de l’allemand Kuka, l’un des leaders mondiaux de la robotique, au géant de l’électroménager chinois Midea. On citera aussi le rachat chinois d’Anteryon, spin-off néerlandais de Philips Electronics qui fabrique des composants pour caméras, et  de Fuba, spécialiste allemand de la communication entre véhicules autonomes.

En France, les groupes Echosens et eDevice, à la pointe de l’innovation dans le domaine médical ; les groupes CTI et Manoir Industries, fournisseurs de pièces pour centrales nucléaires, SES-Imageotag, le numéro 1 mondial des étiquettes électroniques, et les fabricants de puces Almae Technology et Linxens sont tous tombés dans l’escarcelle de Pékin.

Ce dernier cas est particulièrement parlant. Le groupe, spécialisé dans les micro connecteurs permettant aux bornes électroniques de communiquer avec les cartes à puces, a été racheté en 2018 pour 2,2 milliards d’euros par la société chinoise Ziguang Liansheng, par l’entremise d’une série de véhicules basés en France, au Luxembourg et à Hong Kong. Or le nouveau propriétaire du groupe français appartient au groupe Tsinghua Unigroup, un conglomérat affilié au ministère de l’Education chinois qui sert de fer de lance à Pékin dans sa stratégie de développement d’une industrie domestique des semi-conducteurs. Un an après l’acquisition, Linxens a annoncé la construction d’une gigantesque usine et d’un centre de recherche à Tianjin, juste à côté d’un nouveau hub consacré à l’innovation mis en place par Tsinghua Unigroup.

Les transferts de technologie n’expliquent cependant pas tous les rachats chinois d’entreprises européennes. «Un certain nombre de transactions ont simplement pour but de permettre à des groupes chinois de prendre pied sur le marché européen ou d’améliorer leurs ventes sur le plan domestique en bénéficiant du renom d’une marque occidentale de prestige», explique Jaap van Etten, entrepreneur et ancien diplomate spécialiste de la Chine.

Un mouvement d’une ampleur inquiétante

Le rachat du fabricant de pneus italien Pirelli, du producteur de matériel sportif finlandais Amer Sports (Salomon, Arc’teryx, Peak Performance), la prise de participation de Geely au capital du groupe automobile allemand Daimler-Mercedes doivent être interprétés à cette aune. Tout comme l’acquisition des marques françaises Baccarat, Club Med, Lanvin et Sandro.

Si ces rachats chinois n’enfreignent en rien la loi, ils inquiètent par leur ampleur. «Veut-on vraiment voir nos technologies de pointe tomber entre les mains d’entités étrangères, notamment d’un concurrent stratégique comme la Chine qui cherche à surpasser l’Europe ?», s’interroge le Britannique Neil Campling, Senior Strategist Markets. Les produits innovants développés par Linxens, Almae Technologies, CTI et Manoir Industries appartiennent tous désormais à des conglomérats étatiques chinois.

La question se pose de façon plus pressante encore lorsqu’il s’agit de technologies à usage militaire ou dual (satellites, moteurs, radars, hélicoptères, etc.). Le Français All Circuits, qui fabrique des circuits électroniques, est ainsi tombé dans le giron du groupe Aerospace Hi-Tech, dont le principal actionnaire est Casic, l’un des principaux fournisseurs de l’armée chinoise.

De même, céder ses infrastructures critiques ou les «commodités» dont dépend son économie à un Etat étranger met en péril la sécurité nationale. Si la Chine se décidait à les interrompre ou à les accaparer pour alimenter ses propres besoins, les pays dont ils sont issus s’effondreraient.

En France, des groupes affiliés à l’Etat chinois ont mis la main sur plusieurs entreprises opérant dans des infrastructures critiques, dont Engie et Alcatel-Lucent. Des sociétés chinoises possèdent des parts dans Engie, Air France et l’aéroport de Toulouse.

En Grande-Bretagne, le conglomérat China General Nuclear, partenaire d’EDF en France, a pris une participation dans la centrale nucléaire Sizewell C. Certaines technologies acquises par les Chinois, à l’image de celles liées à la reconnaissance faciale, pourraient en outre être déployées au Xinjiang.

Des entreprises rachetés puis mises en caution

Pire, les nouveaux patrons chinois mettent parfois en danger la survie même de leurs acquisitions, comme dans le cas de Baccarat. «Certains groupes chinois se sont surendettés pour procéder à des acquisitions à l’étranger, puis se sont retrouvés en difficulté financière», relève Alicia García Herrero, spécialiste des marchés émergents à Bruegel. C’est le cas du groupe HNA, un conglomérat à la structure opaque, qui a racheté de nombreuses entreprises dans le secteur aérien – dont les françaises Aigle Azur et Servair – à partir de 2015.

Pour y parvenir, HNA s’est endetté à hauteur de 100 milliards de dollars, parfois en engageant comme garantie les actions des entreprises qu’il rachetait. Début 2018, la firme a commencé à faire défaut sur certaines de ses lignes de crédit et s’est retrouvée dans l’obligation de céder une partie de ses acquisitions à ses créditeurs. Servair a ainsi été revendu en 2019 au fonds asiatique RRJ Capital, par l’entremise de son propriétaire GateGroup. Air Azur a pour sa part été mis en faillite en septembre 2019.

Le groupe Shandong Ruyi, qui avait pour ambition de devenir le LVMH chinois, est lui aussi au bord de la débâcle financière après s’être lourdement endetté pour racheter une douzaine de marques de luxe dont les françaises Sandro, Maje et Claudie Pierlot. À court de liquidités, il a à plusieurs reprises fait défaut sur des obligations ces derniers mois.

Le groupe de distribution de produits pétroliers Dyneff s’est, quant à lui, retrouvé au cœur d’un scandale de corruption en mars 2018 lorsque le fondateur de CEFC, le conglomérat pétrolier qui l’avait racheté un an plus tôt, a été arrêté pour avoir versé des pots-de-vin. L’entreprise chinoise a été démantelée et confiée à un groupe lié aux autorités de la ville de Shanghai. 

Des contre-exemples existent. À l’instar de Lanvin. Certaines firmes européennes ont bénéficié d’investisseurs chinois aux poches profondes qui leur ont permis d’accéder au marché chinois et ont élaboré d’ambitieuses stratégies de développement pour elles.

Racheté par le constructeur automobile chinois Zhejiang Geely en 2010, alors qu’il traversait une passe difficile, le suédois Volvo a depuis retrouvé ses galons sur le marché des voitures de luxe. Son nouveau patron a notamment injecté 10 milliards de dollars dans la société, lancé des nouveaux modèles et démultiplié ses capacités de production. L’arrivée en Europe du dragon chinois peut aussi déboucher sur de beaux succès.

Dans toute l’Europe, Pékin a procédé à plus de 650 acquisitions depuis 2014, dont 174 en Allemagne, 102 au Royaume-Uni et 72 en France. «Parmi les 72 acquisitions que nous avons recensées en France, près de 40 % ont été effectuées par des conglomérats appartenant totalement ou partiellement à l’Etat chinois», précise Jaap van Etten, le fondateur de Datenna. Mais l’implication de Pékin est souvent dissimulée sous plusieurs couches de sociétés écran situées dans des centres offshore ou ailleurs en Europe, souligne cet ancien diplomate à l’ambassade des Pays-Bas de Pékin.

NB : L’essentiel des informations contenues dans cet articles sont puisées dans les données publiées par l’Institut pour les fusions, les acquisitions et les alliances (IFAA ou IMAA en anglais).

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Les Houthis s’emparent du détroit de Bab el-Mandeb, le monde retient son souffle

14. September 2026 um 07:38

Les Houthis ont avancé vers l’ouest du Yémen, les forces armées du gouvernement internationalement reconnu et soutenues par l’Arabie Saoudite se sont rapidement effondrées et ont battu retraite et les Houthis se sont emparés du détroit de Bab el-Mandeb, voie maritime reliant la mer Rouge au Golfe d’Aden et seule alternative pour contourner le verrouillage du détroit d’Ormuz et pour exporter le pétrole saoudien. Comment ce scénario cauchemardesque a-t-il pu avoir lieu ? Concomitamment, des drones venus d’Irak ont frappé l’oléoduc Est-Ouest saoudien conduisant à sa fermeture. Ces événements n’ont pas uniquement donné des sueurs froides aux Saoudiens mais le monde entier retient son souffle car les conséquences peuvent être désastreuses que ce soit pour l’énergie surtout avec l’arrivée prochaine de l’hiver mais aussi pour le commerce international en général.

Imed Bahri

Dans le Sunday Times, version du week-end du Times, Mark Urban s’est interrogé sur les conséquences pour le monde de l’avancée rapide des Houthis dans l’ouest du Yémen. Il y soutient que l’effondrement soudain des forces soutenues par l’Arabie saoudite au Yémen a engendré un scénario catastrophe, les forces supplétives iraniennes s’emparant du détroit de Bab el-Mandeb et perturbant le commerce mondial du pétrole. La prise de contrôle du détroit de Bab el-Mandeb par les Houthis a déclenché une crise profonde. Compte tenu de l’impasse dans le conflit américano-iranien, cette situation représente des risques importants pour les Etats-Unis, l’Arabie saoudite et l’économie mondiale.

Un scénario désastreux

Pour les Saoudiens, qui soutiennent depuis longtemps les forces gouvernementales yéménites, le contrôle de cette voie maritime vitale, conjugué à d’autres crises, a créé un scénario désastreux.

La semaine dernière, les Houthis ont lancé des attaques contre des installations énergétiques et des infrastructures civiles saoudiennes, faisant des dizaines de blessés.

Vendredi, le ministère saoudien de l’Énergie a annoncé la fermeture de l’oléoduc reliant l’est et l’ouest du pays, un contournement crucial du détroit d’Ormuz, après une attaque de drones lancée depuis l’Irak. Les alliés de l’Arabie saoudite, des États-Unis au Pakistan, en passant par l’Égypte et la Turquie, se sont abstenus, pour l’instant, de fournir un soutien militaire.

Ce changement soudain d’équilibre des forces est surprenant, d’autant plus que les forces gouvernementales yéménites avaient réalisé des progrès significatifs jusqu’au milieu de la semaine dernière, progressant vers l’ouest du pays. Il est intervenu après un mois marqué par une augmentation notable des exportations de pétrole via le détroit d’Ormuz.

Après une avancée fulgurante en fin de semaine dernière, les forces houthies ont annoncé avoir pris le contrôle de la côte de la mer Rouge, s’assurant ainsi un accès vital via le détroit de Bab el-Mandeb. Mohammed al-Farah, membre du bureau politique houthi, a déclaré sur les réseaux sociaux que «cette victoire devrait être une leçon marquante et un avertissement pour ceux qui comptent encore sur la puissance saoudienne». Il a également menacé de détruire la principale raffinerie de pétrole du royaume, Ras Tanura, en cas de frappes aériennes saoudiennes sur Mocha, le port conquis par les Houthis jeudi lors de leur progression.

S’interrogeant sur la manière dont les Houthis ont réalisé cet exploit et sur sa signification, Urban a souligné que les désaccords entre les factions anti-houthies impliquées dans le conflit, ainsi que les relations tendues entre elles ont joué un rôle important dans les récents développements.

Plus tôt cette année, des avions de combat saoudiens ont bombardé des groupes yéménites alliés aux Émirats arabes unis, contraignant les forces émiraties à se retirer du Yémen. Le groupe houthi a exploité cette situation et contrôle désormais des zones où habitent 75% de la population yéménite alors même que les Zaïdites, le groupe confessionnel auquel appartiennent les Houthis, ne représentent qu’un tiers des 34 millions d’habitants du pays.

Echec de l’Arabie saoudite et des États-Unis

Grâce au soutien militaire et aux conseils des Gardiens de la révolution iraniens, les Houthis ont pu constituer une armée plus importante et plus redoutable. Bien que leurs forces combattantes actives ne dépassent pas 20000 hommes, avec les réserves, ce chiffre atteint plus de 150000, surpassant ainsi les effectifs de l’armée du gouvernement internationalement reconnu.

Compte tenu de la petite taille du pays, les forces gouvernementales, relativement peu nombreuses et souvent légèrement armées, peinent à maintenir leurs positions. Ces derniers jours, assiégées dans les régions désertiques de l’ouest, elles se sont effondrées. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des soldats en fuite humiliés alors qu’ils traversent le désert, certains s’arrêtant pour vendre leurs armes au bord de la route. Ailleurs, des factions rivales, se réclamant du même camp, se moquent des soldats qui ont battu retraite.

Selon certains témoignages, les Houthis auraient utilisé un faux message généré par intelligence artificielle, prétendument envoyé par le commandant des forces gouvernementales, ordonnant un retrait général. Ils ont sans aucun doute profité du manque de coordination entre les forces gouvernementales, les Saoudiens et les Américains, ce qui a entraîné un soutien aérien inefficace.

Selon Urban, l’échec de l’Arabie saoudite et des États-Unis ces dernières années à contenir les Houthis est largement dû à leur dépendance à la puissance aérienne et à l’absence de forces terrestres efficaces.

Depuis le 7 octobre 2023, date de l’attaque du Hamas contre Israël, les Houthis ont subi des frappes aériennes israéliennes, britanniques, saoudiennes et américaines. Nombreux sont ceux qui ont remis en question la campagne de bombardements américains de huit semaines l’année dernière, mais celle-ci, conjuguée aux diverses incitations financières offertes par l’Arabie saoudite, a peut-être empêché les Houthis de mettre à exécution leurs menaces répétées de fermer le détroit de Bab el-Mandeb et de paralyser le secteur pétrolier du royaume.

Suite à l’attaque américano-israélienne contre l’Iran en février, les Houthis sont restés neutres et largement à l’écart de l’escalade du conflit régional.

Cependant, la situation a changé après l’effondrement du mémorandum d’entente américano-iranien en juillet. La République islamique a alors utilisé ses alliés de l’Axe de la résistance pour accroître son influence dans la région en réponse au blocus américain du détroit d’Ormuz.

Les Houthis ont exploité la faiblesse des forces gouvernementales, brisant leur contrôle sur la côte et le détroit de Bab el-Mandeb. Les répercussions de cette situation commencent à se faire sentir sur les prix mondiaux de l’énergie et renforcent la position de l’Iran.

La fermeture de l’oléoduc saoudien aggrave les difficultés tant pour le pays que pour les États-Unis. Cet oléoduc transportait environ 5% de l’approvisionnement mondial en pétrole, selon Reuters. Le prix du pétrole a dépassé les 100 dollars le baril la semaine dernière pour la première fois depuis juillet.

L’Arabie saoudite se trouve confrontée à plusieurs choix difficiles. Ni la Turquie ni le Pakistan ne se sont empressés de fournir une assistance militaire dans le cadre de l’Accord de La Mecque pour la défense conjointe et le ministère saoudien des Affaires étrangères a exclu toute aide de ce type.

L’Iran à la manœuvre

De même, Axios a rapporté vendredi que les États-Unis avaient rejeté une demande saoudienne d’effectuer des frappes aériennes jeudi. Tariq Saleh, commandant de la coalition combattant les Houthis, a déclaré mercredi à CNN que les récentes déclarations concernant un soutien américain n’étaient que des paroles en l’air. Les risques sont désormais manifestes : contrôle des voies maritimes internationales par les Houthis, diminution continue des approvisionnements pétroliers saoudiens, renforcement significatif de l’Iran et reprise des hostilités et de la crise humanitaire au Yémen même.

Une option envisagée est la reconquête de l’île de Perim, qui permettrait de contrôler le détroit de Bab el-Mandeb. L’île est située près des bases américaines de Djibouti, de l’autre côté du détroit.

Selon Urban, cette option est envisageable, mais la probabilité d’un déploiement de troupes américaines sur le territoire yéménite est extrêmement faible.

Les Saoudiens, forts de leur expérience malheureuse lors de leur dernière invasion, sont parfaitement conscients des difficultés opérationnelles sur place. Cependant, la menace qui pèse sur leurs intérêts nationaux vitaux pourrait ne leur laisser d’autre choix. Farea al-Muslimi, de Chatham House à Londres, a déclaré : «Je serais très surpris si les Saoudiens ne lançaient pas une guerre à grande échelle au Yémen dans les plus brefs délais».

Si de nombreux experts estiment qu’il est possible de reconstruire les forces gouvernementales yéménites, voire de rétablir une coopération fructueuse entre les États du Golfe dans ce dossier, cela ne se fera pas rapidement.

Parallèlement, les pressions sur le marché de l’énergie, la hausse des prix des carburants et l’arrivée de l’hiver dans les pays occidentaux influenceront considérablement les décisions des responsables politiques. Les Saoudiens concluront probablement qu’ils doivent faire des concessions à la fois aux Houthis et à l’Iran, ce qui pourrait offrir aux faucons de Téhéran une occasion cruciale de s’opposer au président Trump.

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