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La musique tunisienne perd l’une de ses icônes : Mohamed Garfi

13. September 2026 um 14:16

Le compositeur, chef d’orchestre et musicologue tunisien Mohamed Garfi s’est éteint ce dimanche 13 septembre 2026, à l’âge de 78 ans, au terme d’un riche parcours artistique et créatif de plusieurs décennies, durant lequel il a contribué à enrichir la musique tunisienne et arabe.

Né à Tunis en 1948, le défunt est considéré comme l’un des musiciens tunisiens les plus novateurs, ayant opté dès ses débuts pour une démarche fondée sur la recherche et l’innovation.

Mohamed Garfi a entamé sa carrière musicale en 1969 en tant qu’altiste au sein de l’Orchestre symphonique tunisien. Il a ensuite fondé le «Groupe 71» et a par la suite dirigé la Troupe musicale de la ville de Tunis. Il a collaboré avec le poète Abdelhamid Khraief ainsi qu’avec les interprètes Thameur Abdeljaouad, Aziza Bouteraâ et Ahmed Zarrouk. Il a également travaillé avec le metteur en scène Béchir Drissi — son ami et collègue — sur plusieurs œuvres théâtrales et opérettes dont il a assuré la conception et la mise en scène.

Le regretté Mohamed Garfi a contribué, en tant que compositeur et chef d’orchestre, à de nombreuses œuvres pour le théâtre, le cinéma et la télévision ; il a également collaboré avec les frères Rahbani, Marcel Khalifé, Julia Boutros et Ali El Haggar dans le cadre des ‘‘Voix de la liberté’’.

Après avoir quitté la Troupe de musique de la ville de Tunis, qu’il avait marquée de son empreinte, il a présenté le spectacle ‘‘Zakharef Arabiya’’ (Arabesques) lors de plusieurs festivals. Sa dernière œuvre fut le spectacle ‘‘Min Qa’ al-Khabiya’’ (Du fond de la jarre), qui a inauguré le Festival international de Carthage le 19 juillet 2025.

Le défunt a mis en musique des poèmes de grands poètes, parmi lesquels Mahmoud Darwish, Aboul-Qacem Chebbi, Ahmed Fouad Nagm, Saïd Aql, Mansour Rahbani, Abdelhamid Khraief, Manaouar Smadeh et Souilmi Boujemaa.

Sa dernière œuvre, ‘‘Min Qa’ al-Khabiya’’ (Du fond de la jarre), a inauguré le Festival de Carthage le 19 juillet 2025.

Outre son parcours artistique, Mohamed Garfi a laissé derrière lui plusieurs ouvrages et études consacrés à la musique, notamment «Les formes instrumentales dans la musique classique en Tunisie» (1996), «Pages de musique universelle» (1997) et «Le théâtre musical arabe» (2009), ainsi qu’une traduction d’un ouvrage d’Antonin Lafage sur la musique arabe (2006).

Avec la disparition de Mohamed Garfi, la scène culturelle et artistique tunisienne perd un artiste novateur, compositeur et chef d’orchestre qui a contribué à enrichir le paysage musical et théâtral, tant en Tunisie que dans le monde arabe, et a laissé une empreinte marquante dans la mémoire artistique nationale.

I. B.

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Tunis | Le président de la Chambre des bouchers soupçonné de spéculation

13. September 2026 um 13:39

Le juge d’instruction du Pôle judiciaire financier de Tunis a décidé de prolonger de quatre mois la détention préventive d’Ahmed Amiri, président de la Chambre syndical des bouchers, qui fait l’objet d’une enquête judiciaire, suite à une plainte déposée contre lui par la Société Ellouhoum, rapporte Mosaique.

Cette plainte porte sur des soupçons de détournement de fonds publics appartenant à ladite entreprise publique ; ces fonds lui avaient été confiés en vertu d’un mandat donné par plusieurs bouchers pour l’approvisionnement en viandes réfrigérées importées.

Il est aussi soupçonné de manipulation des circuits de distribution en utilisant, à leur insu, les identités fiscales de bouchers, pour retirer des quantités de viande auprès de la Société Ellouhoum — en vue de monopoliser et spéculer sur ces produits subventionnés par l’État — en les vendant dans des circuits autres que ceux agréés par ladite société.

Après avoir auditionné Ahmed Amiri, le premier juge d’instruction du Pôle judiciaire économique et financier a émis un mandat de dépôt à son encontre pour des faits de blanchiment d’argent — en tirant parti des facilités offertes par sa fonction ainsi que par ses activités professionnelles et sociales —, de monopole et de spéculation illicites, d’abus de confiance aggravé, ainsi que pour complicité avec un agent assimilé à un fonctionnaire public ayant délibérément usé de sa qualité pour causer un préjudice matériel à une entreprise dont l’État détient une participation au capital, afin d’en retirer un avantage indu.

I. B.

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Tunisie | Me Ghazi Mrabet et six co-accusés déférés devant le juge d’instruction

13. September 2026 um 13:17

L’avocat Ghazi Mrabet et six autres suspects — dont un trafiquant de drogue connu des services — seront déférés devant le juge d’instruction du Pôle judiciaire économique et financier de Tunis, leur garde à vue ayant été prolongée dans le cadre de l’enquête. Cette mesure, décidée, avant-hier, vendredi 11 septembre 2026, s’inscrit dans le cadre des investigations en cours concernant une suspicion de détention de stupéfiants.

L’affaire a débuté lorsque l’avocat a été surpris au domicile du deuxième suspect — un trafiquant de drogue faisant l’objet d’une condamnation par contumace à 40 ans de prison, qui serait l’un de ses clients, selon plusieurs de ses collègues.

Lors de l’opération, les autorités ont saisi 8 kg de cocaïne, 40 plaquettes de résine de cannabis (zatla) et une somme d’argent estimée à 394 000 dinars.

À la suite de l’ouverture de l’enquête, quatre autres suspects ont été arrêtés, tandis qu’un célèbre footballeur, dont le nom n’a pas été divulgué, a été déféré devant le parquet.

La semaine dernière, le ministère public près le Tribunal de première instance de Tunis a ordonné aux agents de la sous-direction de lutte contre les stupéfiants (relevant de la direction de la police judiciaire) de placer en garde à vue l’avocat Ghazi Mrabet ainsi que le trafiquant de drogue en question.

Leur garde à vue a été fixée à cinq jours pour des chefs d’accusation incluant la constitution d’un réseau de trafic de drogue et le blanchiment d’argent. Les deux hommes ont été interpellés au domicile du trafiquant recherché ; la perquisition des lieux a permis la saisie d’importantes quantités de stupéfiants.

Selon l’agence Tap, citant une source judiciaire, Me Mrabet, qui se trouvait en compagnie du trafiquant de drogue, a tenté d’entraver le travail des agents de la police judiciaire pour permettre la fuite de son client, mais ces derniers sont parvenus à les interpeller tous deux.

I. B.  

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Tunisie | Décès de prisonniers à cause de la chaleur, les autorités nient

13. September 2026 um 12:01

Au moins 23 détenus seraient décédés en Tunisie ces dernières semaines en raison de la chaleur extrême enregistrée en juillet et août, aggravée par la surpopulation carcérale et les longues coupures d’électricité et d’eau, s’indignent les défenseurs des droits humains qui dénoncent depuis longtemps des conditions de détention difficiles. Aucun des décès en prison ne peut être attribué à la chaleur sans confirmation des médecins légistes, répondent les autorités, qui ne communiquent aucun chiffre.

Selon le président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), Bassem Trifi, cité par l’AFP, son organisation a recensé 23 décès en s’appuyant sur des informations fournies par des médecins, des avocats et des proches de détenus morts en prison à cause de la chaleur.

Parmi les détenus décédés figurait l’homme d’affaires Lazhar Sta, selon sa fille. Un autre était un étudiant de 24 ans.

Un homme d’affaires libanais est également décédé dans une prison tunisienne, a précisé M. Trifi. Une source judiciaire libanaise a indiqué à l’AFP que le père du défunt avait informé les autorités libanaises de sa mort une semaine auparavant. «Les conditions sont déjà inhumaines en temps normal, mais avec la vague de chaleur et des températures dépassant parfois 45 °C dans des cellules surpeuplées, la situation menace la vie des détenus», a déclaré M. Trifi.

Les prisons tunisiennes sont depuis longtemps critiquées pour leur surpopulation chronique et leurs mauvaises conditions de détention.

Les organisations de défense des droits humains dénoncent la surpopulation des cellules, une ventilation insuffisante et un accès limité à l’eau — des accusations que l’administration pénitentiaire a rejetées.

L’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) s’est dite cette semaine «préoccupée par la détérioration des conditions de détention et l’augmentation des décès en prison». Elle a également appelé à des enquêtes «transparentes» et «indépendantes», déplorant l’absence de données officielles concernant ces décès.

Les proches de détenus avaient déjà exprimé leurs inquiétudes quant aux conditions de détention à mesure que les températures grimpaient au cours de l’été.

Les alertes lancées par les proches de figures de l’opposition emprisonnées ont largement circulé sur les réseaux sociaux et, à un degré moindre, sur les médias.

Parmi ces figures figure Rached Ghannouchi, 85 ans, chef du parti Ennahdha; ses avocats avaient qualifié son état de santé de «critique» en juillet, après des informations faisant état d’un évanouissement et d’un épuisement sévère en détention.

Figure également sur cette liste le militant Ahmed Nejib Chebbi, 82 ans, dont la fille a aussi exprimé son inquiétude quant aux conditions de détention de son père et d’autres détenus. «Je n’attendrai pas que mon père et mon oncle meurent en prison», a déclaré l’avocate Haifa Chebbi.

Son oncle, Issam Chebbi, est lui aussi emprisonné à la suite d’accusations de complot contre la sûreté de l’Etat, que des organisations de défense des droits humains ont dénoncées comme étant motivées par des considérations politiques. «Je ne garderai pas le silence. Libérez les détenus», a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux.

En juillet, l’administration pénitentiaire avait affirmé que tous les détenus recevaient des «soins médicaux conformes à la réglementation» et que «toutes les mesures nécessaires» avaient été prises face à la chaleur.

Depuis 2023, des dizaines de personnalités politiques, de journalistes et d’hommes d’affaires, entre autres, ont été placés en détention ou condamnés pour diverses accusations.

L’OMCT a appelé les autorités tunisiennes à prendre «les mesures nécessaires pour protéger la vie» des détenus et à autoriser les organisations de défense des droits à effectuer des visites dans les prisons.

La LTDH avait indiqué qu’elle se voyait interdire l’accès aux prisons depuis novembre 2025. Ces derniers jours, l’inquiétude s’est accrue concernant l’état de santé du journaliste d’investigation Mohamed Yousfi. Ce dernier a été arrêté la semaine dernière alors qu’il s’apprêtait à évoquer les pénuries d’eau lors d’une émission de radio. Il a par la suite été opéré de l’appendicite et placé en détention.

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a rapporté que les membres de sa défense avaient dû quitter une séance d’interrogatoire pour lui procurer des médicaments, car M. Yousfi «hurlait de douleur».

Par ailleurs, la fille du journaliste indépendant emprisonné Zied El Heni a fait part de ses craintes pour son père. «À chaque fois que je rends visite à mon père, j’ai peur qu’on m’annonce sa mort», a déclaré Aram El Heni dans une vidéo largement partagée sur Facebook. «À chaque fois que je quitte la prison, je me dis que c’est peut-être la dernière fois que je le vois», a-t-elle ajouté.

D’après AFP.

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«Ni eau, ni électricité, ni liberté» | Les Destouriens manifestent à Tunis

13. September 2026 um 11:10

Des partisans du Parti destourien libre (PDL) ont participé à une marche de protestation, le samedi 12 septembre 2026, à Tunis, sous le slogan «Ni eau, ni électricité, ni liberté, ni médicaments», pour dénoncer la détérioration des conditions de vie, les difficultés d’accès aux services de base ainsi que ce qu’ils considèrent comme des restrictions des libertés et des poursuites judiciaires visant leurs membres et leurs dirigeants.

Rappelons que la présidente du parti, l’avocate et ex-députée Abir Moussi, est incarcérée depuis le 3 octobre 2023. Elle est poursuivie en justice dans plusieurs affaires à caractère politique.

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L’envolée des prix en Tunisie depuis 2011

13. September 2026 um 10:46

Les régimes dictatoriaux des «pays frères» qui, craignant la contagion, ont misé sur l’échec de la transition démocratique en Tunisie, et y ont beaucoup contribué de diverses manières, doivent pavoiser. L’échec du «Printemps arabe» dans le pays même qui l’a déclenché les remplit aujourd’hui de joie. Comme pour donner une preuve tangible de cet échec, Al Jazeera a suivi l’évolution des prix des produits alimentaires courants dans notre pays et les a comparés aux tarifs en vigueur avant la «révolution» de 2010-2011. La crise du coût de la vie, qui avait contribué à renverser l’ancien régime, a perduré bien après sa chute, conclut le média qatari dans son article que nous reproduisons ci-dessous.  

 Alia Chughtai & Marium Ali

Le 17 décembre 2010, le vendeur ambulant Mohamed Bouazizi s’immolait par le feu à Sidi Bouzid après des années de harcèlement policier, déclenchant une vague de contestation alimentée par le chômage, la corruption, la hausse du coût de la vie et les violences policières.

Ce mouvement, baptisé «Printemps arabe», a fini par renverser le président de longue date Zine El Abidine Ben Ali ainsi que quatre autres dirigeants du monde arabe.

Près de 16 ans plus tard, toutefois, les Tunisiens sont toujours confrontés à une crise du coût de la vie que certains jugent pire que jamais.

Pour illustrer l’évolution des prix au quotidien, Al Jazeera a relevé le coût de produits alimentaires courants et l’a comparé aux tarifs pratiqués en 2010.

Le dinar a perdu la moitié de sa valeur face au dollar

En décembre 2010, un dollar américain permettait d’acheter 1,47 dinar tunisien. Aujourd’hui, il en faut 2,93 ; cela signifie que chaque dinar ne vaut plus que la moitié (49 %) de sa valeur en dollars d’il y a 15 ans.

La Tunisie importe une grande partie de ses denrées alimentaires, qu’elle règle en dollars et en euros. La dépréciation du dinar renchérit le coût de ces achats, une hausse que les consommateurs constatent directement en caisse.

Les prix pratiqués en supermarché illustrent bien la situation.

En 2010, avec huit dinars tunisiens, on pouvait acheter 4 kg de tomates, un demi-kilo de poulet et un litre d’huile de cuisson. Aujourd’hui, cette même somme permet d’acheter moins de la moitié de ces quantités. Le prix des tomates a augmenté de 113 %, celui du poulet de 118 % et celui de l’huile de cuisson de 129 %.

Les prix des légumes ont connu une hausse encore plus spectaculaire. Les carottes coûtent désormais 428 % plus cher (soit plus de cinq fois le prix de 2010) et les pommes de terre 268 % de plus. Le bœuf, déjà l’article le plus onéreux de la liste, a vu son prix grimper de 290 % (presque quadrupler) pour atteindre 52,5 dinars le kilo, soit environ 18 dollars.

Abdessattar*, 55 ans, originaire d’El Jem, affirme qu’à l’exception des produits subventionnés, les hausses de prix sont flagrantes. «On a l’impression que 20, 30 ou 40 dinars ne permettent plus d’acheter grand-chose», confie-t-il à Al Jazeera. Le beurre, le fromage, les produits d’entretien et les collations scolaires ont tous vu leur prix augmenter depuis l’année dernière.

Le graphique ci-dessous compare les prix moyens de 2010, issus du bulletin mensuel de statistiques tunisien, à ceux relevés cette semaine.

La Tunisie subventionne les produits alimentaires de base depuis 1970, date de la création de la Caisse générale de compensation. L’État maintient les prix de certains produits essentiels en dessous du cours du marché et verse la différence aux producteurs et aux importateurs.

Au fil des décennies, toutefois, certains produits ont été retirés de la liste. Fin 2022, le gouvernement a accepté de supprimer progressivement les subventions alimentaires universelles au profit de transferts monétaires ciblés afin d’obtenir un prêt du FMI, mais le président Kaïs Saïed a suspendu la mise en œuvre de ces mesures en 2023.

Il en résulte une situation à deux vitesses : les produits subventionnés ont conservé leurs prix fixes, tandis que les prix des denrées non subventionnées ont grimpé en flèche.

«Les résultats ont été vraiment, vraiment décevants»

Hamed el-Matri est ingénieur et militant politique ; il vit aujourd’hui au Qatar. Il se trouvait en Tunisie lors du soulèvement de 2010 et affirme avoir été en première ligne.

M. El-Matri se souvient que le soulèvement était motivé par des revendications socio-économiques, notamment l’emploi, la liberté et la dignité.

«Les attentes étaient très élevées à l’époque. Mais quand je vois la situation actuelle, ou même celle des quinze dernières années, les résultats ont été vraiment, vraiment décevants», confie-t-il à Al Jazeera.

Selon M. El-Matri, ces quinze années ne peuvent être considérées comme une période unique. Il décrit la période allant de 2011 à 2021 comme «une transition démocratique laborieuse» et ce qui a suivi comme «une sorte de régime totalitaire populiste, avec une rhétorique très agressive mais une politique assez floue».

M. El-Matri affirme qu’au cours des cinq dernières années, le système économique tunisien s’est considérablement affaibli, voire s’est effondré. Il explique que les investissements ont pratiquement cessé et que l’économie est au bord de la stagnation.

Yassine*, 44 ans, père de famille à Tunis, explique que la préparation de la rentrée scolaire de ses enfants est devenue une source d’angoisse. Les cahiers subventionnés et autres fournitures scolaires bon marché ont disparu des magasins, dit-il, et les familles se revendent désormais entre elles des livres et du matériel d’occasion.

Les transports constituent une autre source de préoccupation. «Les transports publics ne sont plus fiables, nous sommes donc contraints d’utiliser des moyens de transport privés. C’est devenu un souci majeur pour tous les Tunisiens», déclare-t-il.

«Les gens ne peuvent plus subvenir à leurs besoins fondamentaux»

Il cite l’exemple de l’huile de cuisson : alors qu’elle coûtait autrefois un dinar le litre, elle n’est plus vendue qu’en une version à cinq dinars le litre.

Les tensions se font sentir à tout moment. Lors des récentes fêtes de l’Aïd, raconte Yassine, la plupart de ses connaissances n’ont pas pu célébrer l’événement dignement, et beaucoup ont acheté des vêtements d’occasion.

Hanen*, 45 ans, ouvrière dans une usine à Tunis, a confié à Al Jazeera que les prix avaient augmenté si rapidement que «les gens ne peuvent plus subvenir à leurs besoins fondamentaux». La viande rouge, qui se vendait autrefois 20 dinars le kilo, en coûte désormais 60 ou plus, explique-t-elle, tandis que le prix des médicaments grimpe chaque jour. Les produits de base — comme les tomates en conserve, le sucre et l’huile de cuisson — ont tous connu une forte hausse, tout comme les fruits et légumes. «La flambée des prix est extrême. C’est anormal », déclare-t-elle.

Traduit de l’anglais.

Source : Al Jazeera.

*Certains prénoms ont été modifiés pour préserver l’anonymat.

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La Chine met les bouchées doubles pour décarboner le transport routier

13. September 2026 um 09:15

‘‘Quand la Chine s’éveillera… le monde tremblera’’ titrait Alain Peyrefitte un essai publié en 1973. Soixante ans plus tard, ce présage qui avait valeur d’avertissement est en train de se réaliser et le monde commence déjà à trembler car le dragon chinois crache du feu et risque de tout brûler sur son passage. Dans le secteur de l’automobile, en tout cas, les constructeurs chinois sont déjà en avance sur leurs homologues européens et américains. (Photo: Station de recharge électrique pour camions créée par Huawei).

Habib Glenza                                                    

La Chine déplace des volumes massifs, atteignant des dizaines de milliards de tonnes de marchandises par an grâce à ses réseaux logistiques. Le marché du transport routier de marchandises est un pilier majeur de sa logistique intérieure et transfrontalière, évalué à environ 500 milliards de dollars et en forte croissance. Et il devrait atteindre une valeur de 668,55 milliards de dollars d’ici 2031.

Profitant de cette forte croissance commerciale et économique, le pays veut franchir un nouveau cap dans l’électrification du transport de marchandises. Il vient d’ailleurs de dévoiler un plan massif visant à porter à 40 % la part des camions à énergie électrique dans les immatriculations de poids lourds d’ici 2030. Avec des milliers de stations de recharge et d’échange de batteries, le pays entend accélérer encore et creuser l’écart avec les marchés occidentaux.

Onze agences gouvernementales chinoises ont publié une feuille de route destinée à révolutionner le transport routier de marchandises. La Chine, déjà largement en avance sur l’Europe dans ce domaine, veut désormais changer d’échelle. Le plan fixe trois objectifs pour les poids lourds de plus de 12 tonnes à l’horizon 2030. Les véhicules à énergies nouvelles devront représenter 40 % des immatriculations neuves. Le parc total atteindra 1,6 million d’unités, soit environ 20 % des poids lourds en circulation. Enfin, ces véhicules devront assurer 18 % du fret transporté sur les grands axes autoroutiers.

Un fossé toujours plus grand avec l’Europe

Pour soutenir cette transition, Pékin prévoit de subventionner la construction de 3 000 stations de recharge et d’échange de batteries. Objectif : créer 30 000 kilomètres de corridors de fret décarbonés sur les principales autoroutes du pays. Les nouvelles aires d’autoroute, ainsi que celles rénovées, devront intégrer des infrastructures de recharge ou réserver des espaces pour leur installation future.

Ces chiffres illustrent une nouvelle fois l’avance prise par la Chine. En 2025, le pays a immatriculé 231 100 poids lourds à énergies nouvelles, contre seulement 6 372 camions rechargeables de plus de 16 tonnes en Europe, selon l’European Automobile Manufacturers’ Association (Acea).

Là où l’Europe avance progressivement avec un parc encore fortement diésélisé, Pékin combine subventions, réglementation et infrastructures à grande échelle pour accélérer la conversion des transporteurs. 

Certaines régions bénéficieront de mesures encore plus ambitieuses. Dans les zones fortement urbanisées, les autorités visent un taux d’électrification de 80 % pour les liaisons courtes et régulières.

Il est à signaler que la plupart des batteries utilisées dans le monde sont fabriquées en Chine, ainsi que les cellules qui composent les batteries. 

La Chine détient le monopole des métaux rares dans le monde, nécessaires pour la fabrication de batteries, ce qui explique les raisons qui ont poussé les fabricants chinois de batteries comme BYD et Xiaomi à s’investir fortement dans la production des véhicules électriques.

Vers de nouveaux modèles économiques

Le gouvernement prévoit de renforcer les aides financières pour l’achat des véhicules et le déploiement des infrastructures. Alors que les collectivités locales sont encouragées à mobiliser des fonds pour accompagner les transporteurs, les autorités souhaitent également favoriser la séparation entre le camion et sa batterie. Le leasing de batteries et les modèles d’échange rapide sont ainsi encouragés afin de réduire le coût d’acquisition des véhicules.

Pour accélérer l’adoption de poids lourds électriques, Pékin appelle à multiplier le «Battery Swap»

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L’ingénieur tunisien au cœur de la transformation de l’Afrique

13. September 2026 um 08:30

L’ingénieur tunisien s’impose aujourd’hui comme un moteur clé du développement industriel et économique de l’Afrique. C’est le constat central du forum organisé par le think tank Tunisia Africa Business Council (TABC), samedi 12 septembre 2026 à Tunis, en marge de son assemblée générale ordinaire. L’événement a réuni un parterre d’experts, de décideurs et d’acteurs de terrain autour d’un objectif clair : dépasser la simple prestation technique pour faire de l’ingénierie tunisienne un partenaire stratégique et durable des grandes transitions du continent.

Lotfi Sahli

En ouverture, le président du TABC, Anis Jaziri a retracé le parcours de son organisation. Chiffres à l’appui, le bilan impressionne : 4 500 adhérents, 43 missions déployées dans 37 pays, 9 éditions de la conférence internationale Financing Investment & Trade in Africa (Fita), 25 rencontres B2B/B2G et 103 conventions signées.

Mais M. Jaziri ne souhaite pas en rester là. Tout en reconnaissant les freins actuels — notamment le manque de réseaux structurés et d’accompagnement —, il a dévoilé une feuille de route audacieuse pour le TABC : le lancement d’une banque d’affaires à l’horizon 2029, couplé à une double introduction en bourse de sa holding à Tunis et Abidjan.

De la compétence isolée à l’offre intégrée

Le Doyen de l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT), Mohsen Gharsi, a apporté un éclairage sans détours sur la situation des compétences nationales. Sur 106 000 ingénieurs inscrits à son organisation, plus de 45 000 exercent à l’étranger. En Afrique subsaharienne, les jeunes diplômés font souvent face à de réels obstacles : absence de soutien public, difficultés à mobiliser des garanties bancaires et trajets complexes faute de lignes aériennes directes.

L’ingénieur tunisien est en passe de devenir un partenaire stratégique et durable des grandes transitions en Afrique.

Animé par Anis Morai, le panel principal a réuni plusieurs figures majeures du secteur — Jamel Ksibi (FNTP), Hassen Zargouni (Sigma Conseil), Sami Driss (Comet), Saïd Drira (Scet) et Mourad Mastouri (Adenit) — pour fixer les conditions du succès collectif :

Faire ses preuves chez soi : M. Ksibi a rappelé que l’aventure continentale repose sur des bases solides. À l’image du chantier emblématique de l’autoroute Hammamet-Enfidha, une entreprise doit d’abord s’imposer sur son marché national avant de prétendre rayonner à l’international.

Miser sur la Data et les solutions intelligentes : Hassen Zargouni a plaidé pour une évolution vers l’ingénierie augmentée. L’Afrique change vite ; exporter des compétences ne suffit plus, il faut proposer des solutions intégrées et guidées par la donnée pour répondre aux défis d’urbanisme, de mobilité et de santé.

S’implanter durablement : s’appuyer sur la simple exportation de marchandises depuis Tunis ne suffit plus pour conquérir le continent. C’est le diagnostic sans appel dressé par M. Driss, fort de son expérience de terrain. Selon lui, les marchés africains privilégient désormais l’ancrage local : ils recherchent des partenaires investis, capables de produire sur place, de créer des emplois pour les ouvriers, techniciens et cadres locaux, et d’assurer le transfert de compétences par la formation Pour illustrer ce virage stratégique, le dirigeant a cité l’exemple révélateur du marché algérien. Lorsque l’Algérie a fermé ses frontières aux importations de matériels roulants, le groupe Comet — déjà implanté localement — s’est retrouvé en position de force, devenant le seul acteur en mesure de répondre immédiatement à la demande nationale. Une démonstration claire qu’en Afrique, la présence industrielle physique sur le terrain constitue le meilleur rempart face aux aléas réglementaires

Allier expérience et humilité : riche d’un ancrage de 45 ans et d’une présence dans 30 pays africains, M. Drira aborde le continent avec l’humilité du pionnier : pour lui, chaque nouveau marché représente à la fois une conquête et une école. Fort de cette maturité de terrain, il souligne la haute estime dont jouit l’ingénieur tunisien à l’échelle internationale. Une réussite continentale qui s’accompagne d’une fidélité intègre envers la patrie, prouvant qu’il est possible de rayonner à travers l’Afrique tout en gardant des racines profondément ancrées en Tunisie.

Former dès l’université : M. Mastouri a mis en avant le rôle primordial de l’Enit (15 000 diplômés). Pour lui, la réussite en Afrique passe par l’ouverture académique et l’accueil des étudiants du continent, bâtissant ainsi dès la formation des réseaux de confiance durables.

Anis Jaziri ne manque pas d’ambition pour le TABC.

Une fois la séance levée pour céder la place aux travaux de l’assemblée élective, M. Jaziri s’est exprimé sur les perspectives d’expansion continentale. Interrogé sur son état d’esprit quant à la poursuite de cette dynamique en Afrique, il s’est montré résolument confiant et serein. Pour le dirigeant, la clé du succès ne doit rien au hasard : elle repose avant tout sur une planification rigoureuse des objectifs stratégiques et sur l’alignement précis des moyens déployés pour les atteindre.

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Paris en ligne | Conseils pour comparer le 1X2 et le handicap avant de parier

13. September 2026 um 08:22

Le marché 1X2 et le handicap apparaissent souvent côte à côte, mais ils ne demandent pas le même résultat. Le premier paie si l’équipe choisie gagne. Le second dépend aussi de la marge et peut parfois partager le résultat entre gain et remboursement selon la ligne. (Photo : Ballon de football sur la pelouse d’un stade éclairé). 

Sur une plateforme comme 1xbet, comparer les deux marchés permet surtout de vérifier ce que la cote demande réellement. Choisir automatiquement le 1X2 le plus court parce qu’il paraît plus sûr peut conduire à accepter un moins bon prix que le handicap voisin.

1X2 et handicap ne décrivent pas le même scénario

Le 1X2 propose trois issues : domicile, nul ou extérieur. Si le favori est joué en victoire simple, il doit gagner. Un nul fait perdre le pari.

Le handicap européen ajoute un avantage ou un désavantage virtuel au score. Le handicap asiatique utilise des lignes comme −0,5, −1, +0,5 ou des quarts de ligne. Une demi-ligne supprime le nul sur le pari. Une ligne au quart peut partager la mise entre deux résultats possibles.

Le choix dépend donc du scénario visé : «cette équipe va gagner» n’est pas la même chose que «cette équipe gagnera avec au moins deux buts d’écart».

La marge compte autant que le statut du favori

Un grand club à domicile peut afficher une cote 1X2 très courte en Premier League ou en Liga. Le handicap montre alors l’écart attendu.

Un favori à −1 ou −1,5 est déjà censé dominer. Si la cote 1X2 tourne autour de 1,30, le prix paie surtout la victoire, pas son ampleur.

Un score de 1–0 suffit pour une victoire simple et couvre −0,5, mais pas −1,5. Sur certaines lignes −1, il peut entraîner un remboursement.

Il faut donc comparer le résultat nécessaire plutôt que le nom de l’équipe.

Quatre lignes, quatre exigences

Pour un même favori :

  • 1X2 domicile : l’équipe doit gagner ;
  • domicile −0,5 : même exigence qu’une victoire simple ;
  • domicile −1,0 : une victoire d’un but peut être remboursée selon le type de ligne ;
  • domicile −1,5 : il faut gagner par au moins deux buts.

Les quatre paris concernent la même équipe, mais pas le même scénario.

Les nouvelles d’équipe peuvent déplacer le handicap d’abord

Une absence en défense, un attaquant forfait ou une forte rotation peut modifier davantage l’écart attendu que l’identité du favori.

Si la ligne −1,5 devient moins attractive alors que la victoire simple change peu, le marché peut encore considérer la victoire comme plausible tout en réduisant l’attente d’un large succès.

Si le 1X2 et le handicap raccourcissent ensemble après une composition confirmée, une partie de l’information est déjà intégrée dans la cote.

Le nul change beaucoup la lecture du 1X2

Dans un championnat où les scores 0–0 et 1–1 sont fréquents, une victoire simple sur un favori reste exposée au nul.

Avec un handicap asiatique +0 sur l’outsider, le fonctionnement ressemble au «draw no bet» : victoire de l’outsider, pari gagnant ; match nul, mise remboursée.

Avec +0,5, le nul devient gagnant pour le pari. Un +1,5 va plus loin : l’outsider peut perdre d’un but et couvrir encore la ligne.

Après un but, le marché est différent

Le direct n’est pas une deuxième version du même pari d’avant-match.

Après un but à la 20e minute, le 1X2 et le handicap sont recalculés à partir d’un nouveau score. Une équipe qui mène 1–0 devient généralement plus courte sur le marché victoire, tandis qu’un handicap en direct −0,5 ou −1 ne représente plus la ligne d’avant-match.

Le temps restant, les cartons, les changements tactiques et le rythme du match entrent désormais dans le prix.

Après avoir comparé les marchés sur ordinateur, certains préfèrent télécharger 1xbet pour suivre les cotes en direct sur mobile. Une ligne en direct doit toutefois être relue comme un nouveau marché, pas comme la suite automatique d’une idée d’avant-match.

Les matchs de coupe compliquent la comparaison

Un grand club peut rester favori en 1X2 tout en présentant une équipe fortement remaniée.

Dans ce cas, le marché victoire peut rester court grâce au statut du club, alors que le handicap devient plus prudent. Rotation, manque de rythme et changement de système influencent surtout la marge.

La composition confirmée peut donc compter davantage pour le handicap que pour la simple question de savoir quelle équipe est la meilleure.

Points de comparaison entre le 1X2 et le handicap

Avant de choisir entre 1X2 et handicap :

  • définir le score minimum nécessaire ;
  • vérifier si une victoire d’un but gagne, rembourse ou perd la ligne ;
  • comparer victoire simple et handicap sur le même scénario ;
  • regarder le prix de l’outsider avec un handicap positif ;
  • vérifier les mouvements après les compositions officielles ;
  • éviter de cumuler 1X2 et −1,5 sur la même équipe sans mesurer le risque commun.

Le 1X2 répond à une question simple : qui gagne ? Le handicap en ajoute une autre : avec quelle marge ?

C’est cette deuxième question qui permet de savoir si deux cotes proches représentent réellement le même risque.

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Le poème du dimanche | ‘‘Mon pays à moi’’ de Giorgos Kalozoïs

13. September 2026 um 07:50

Après des études de lettres à l’Université d’Athènes, Giorgos Kalozoïs est Professeur de littérature. Depuis 1992, il a publié une douzaine de recueils de poésie remarqués pour leur forme «en colonnes».

Remarquable éveilleur de la langue grecque, il est le récipiendaire du Prix du jeune poète (1992-1993) ainsi que du Prix national de la poésie chypriote, en 2000 et en 2009, pour les recueils ‘‘Le Monde à l’envers’’ et ‘‘La Conjugaison du verbe’’.

Tahar Bekri

Mon pays à moi ce sont des chaînes de montagnes

des arbres que quelqu’un a renversés

en ouvrant le jeu d’enfant

Farma*

des nuages véloces demeurés prisonniers

des gaz d’échappement et des prières

pour que vienne la pluie

des animaux exploitables

et d’autres qui trouvent seuls

leur pâture

des fleuves asséchés mais des grenouilles

chanteuses

Mon pays à moi c’est la terre et tout ce

qui est renfermé dans la terre

des graines semées dans d’incroyables

profondeurs pour ne pas être brûlées de soleil

des ancêtres que l’on a plantés

sous des pavages de maisons avec un

toit tout rond

mais il se peut aussi que les toits fussent

plats

des ancêtres sous les seuils

avec une pierre qui leur écrase

la poitrine dans la position du fœtus

crainte des morts mais aussi

signe de respect

j’ai su il y a peu que certains

autres très loin de nous

les Achilpa

transportaient (car ce sont des nomades)

un tronc de bois qu’ils fichaient

profondément dans la terre

c’est ainsi qu’ils s’orientaient

c’est ainsi que le chaos entrait dans un moule

ce chaos que nous n’avons pas pu

gérer car nous autres

autre nourriture autre digestion

autres indigestions car

avec nos aliments on devait manger

des pierres non pas comme certains oiseaux

les perdrix et d’autres qui les

picorent pour digérer

nous on devait manger des pierres bouillies

des pierres frites tartinées

de boue c’était là notre régime

de père en fils

Traduit du grec par Danielle Morichon

Extrait du ‘‘Déplacement de la terre’’, 2005.

(Remerciements à la traductrice).

* Le jeu pour enfants « Farma » comprend des représentations en miniature des éléments propres à la campagne et à la ferme (animaux, végétaux, objets, etc.) NDT. 

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