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Fintech: deux Tunisiens prennent la tête du chapitre Afrique de la MFTA

20. Juli 2026 um 15:35

Créer une solution de paiement ne suffit plus. Le défi pour les fintech africaines est désormais de franchir les frontières, connecter les systèmes et composer avec des réglementations encore différentes d’un pays à l’autre. C’est sur ce terrain que la MENA Fintech Association (MFTA) souhaite renforcer son action.

Créée en 2018, l’association réunit startups, banques, investisseurs, entreprises technologiques et régulateurs autour des enjeux de la finance numérique dans la région MENA. Son chapitre Afrique, lancé en juillet 2023, travaille notamment sur les paiements, la régulation et la coopération entre écosystèmes fintech.

Dans cette dynamique, la MFTA a nommé, le 17 juillet 2026, deux Tunisiens, Cyrine Sanchou et Nizar Hannachi, à la coprésidence de son chapitre Afrique.

Cyrine Sanchou et Nizar Hannachi présentent deux profils complémentaires dans le secteur financier tunisien. La première évolue à la croisée de la banque, de la stratégie et de la transformation digitale. Conseillère stratégique et membre du conseil d’administration de la BIAT, elle accompagne des projets liés à l’évolution des institutions financières. Diplômée de l’École Centrale Paris, de HEC Paris et de Télécom Paris, elle a également travaillé sur des problématiques de transformation financière en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe.

De son côté, Nizar Hannachi apporte une expérience centrée sur les paiements numériques et l’inclusion financière. Directeur général adjoint d’Enda Tao, il dispose de plus de 25 ans d’expérience dans le secteur bancaire, notamment chez BNP Paribas et Bank ABC. Son parcours couvre les services financiers digitaux, les solutions de paiement et les flux transfrontaliers.

À travers cette coprésidence, les deux responsables auront notamment à contribuer aux travaux de la MFTA sur les questions de régulation, d’interopérabilité des systèmes financiers et de développement des services numériques en Afrique.

Cette nomination raconte aussi une histoire tunisienne.Celle de profils qui, après avoir évolué dans les secteurs bancaire et technologique, prennent aujourd’hui part aux réflexions qui façonnent la finance numérique africaine.

 
 

 

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STEG : des coupures électriques tournantes prévues de 10h à 17h dans 9 régions

20. Juli 2026 um 11:17

La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a annoncé que des coupures tournantes et temporaires d’électricité pourraient être programmées ce lundi 20 juillet 2026, dans le cadre des mesures visant à préserver la sécurité et la continuité du système électrique national.

Dans un communiqué, la STEG précise que ces interruptions pourraient intervenir de manière intermittente entre 10h00 et 17h00, dans plusieurs zones réparties sur différentes régions du pays.

La société indique que cette mesure intervient afin de maintenir l’équilibre du réseau électrique et d’assurer la pérennité de l’alimentation, tout en précisant que le rétablissement du courant se fera sans préavis dès que les conditions le permettront.

Plusieurs régions concernées

Les coupures potentielles concernent notamment le Grand Tunis, avec plusieurs zones relevant des gouvernorats de Tunis, Ariana et Ben Arous, dont Fouchana, El Mghira, Borj Cedria, Hay Ettadhamen, La Soukra, El Mourouj, Mégrine, Radès, Ezzahra, Hammam-Lif, Boumhal, Mornag, Ariana, Douar Hicher, La Marsa et Borj El Amri.

Dans le Nord-Est, plusieurs localités du Cap Bon sont également concernées, notamment Kélibia, Hammam Ghezaz, El Mida, Béni Khalled, El Haouaria, Menzel Temime, Dar Allouche, Hammamet, Menzel Bouzelfa et Bou Argoub.

Le programme concerne également des zones relevant des gouvernorats de Zaghouan et de Bizerte, ainsi que plusieurs délégations du Nord-Ouest.

Des interruptions peuvent aussi toucher des localités du Centre et du Sahel, notamment dans les gouvernorats de Kairouan, Sousse, Monastir et Mahdia, ainsi que plusieurs zones du gouvernorat de Sfax.

Le Sud-Ouest et le Sud tunisien figurent également parmi les régions concernées, notamment des zones relevant des gouvernorats de Gabès, Médenine, Kébili et Tataouine.

La STEG appelle à prendre les précautions nécessaires

La STEG invite les citoyens et les entreprises à prendre les mesures préventives nécessaires durant les périodes d’interruption éventuelle.

Pour tout signalement ou demande d’information supplémentaire, les usagers peuvent contacter le numéro 71 239 222 ou utiliser les numéros de téléphone indiqués sur leurs factures de consommation d’électricité et de gaz.

La société rappelle que ces interventions s’inscrivent dans le cadre de la gestion du réseau électrique afin de garantir sa stabilité et d’assurer la continuité du service dans les meilleures conditions.

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Tunisie : renforcement de la vigilance sanitaire autour du cheptel national

20. Juli 2026 um 10:34

Face à la multiplication des alertes sanitaires animales dans la région, les services vétérinaires tunisiens ont décidé de relever leur niveau de vigilance épidémiologique au maximum, dans une démarche préventive visant à protéger le cheptel national et à préserver la sécurité alimentaire.

Cette décision intervient alors que la situation sanitaire actuelle du cheptel tunisien demeure stable. L’objectif est toutefois d’anticiper les risques liés à l’apparition et à la propagation de maladies animales transfrontalières enregistrées à l’échelle régionale.

Une réunion de travail exceptionnelle, organisée récemment sous la supervision de la Direction générale des services vétérinaires, a réuni les représentants des structures régionales relevant des différents gouvernorats. Les travaux ont porté sur l’évaluation de la situation sanitaire du cheptel, l’examen du niveau de préparation des équipes de terrain et la définition d’un ensemble de mesures préventives.

Renforcement du dispositif de surveillance

À l’issue de cette réunion, la Direction générale des services vétérinaires a insisté sur la nécessité d’une mobilisation totale des ressources humaines et logistiques afin de renforcer la surveillance épidémiologique active, intensifier les opérations de contrôle sur le terrain et garantir une intervention rapide en cas de suspicion.

Les autorités vétérinaires ont également appelé au strict respect des mesures de biosécurité dans les élevages, considérant la protection du cheptel comme une « responsabilité nationale prioritaire ».

Parmi les mesures adoptées figure la constitution d’un stock stratégique de vaccins et la garantie de leur efficacité, notamment à travers le maintien de la chaîne du froid, un enjeu majeur dans un contexte marqué par des coupures électriques répétées.

Sécurisation des stocks de vaccins face aux coupures électriques

Les services concernés ont ainsi prévu un suivi permanent de l’état de fonctionnement des équipements de réfrigération ainsi que des sources d’énergie de secours, notamment les groupes électrogènes.

Des plans d’intervention régionaux d’urgence seront également élaborés sous la supervision directe des responsables des circonscriptions vétérinaires, afin d’assurer la disponibilité et la préservation des vaccins dans les meilleures conditions et garantir la continuité des interventions sur le terrain.

La réunion a également abordé l’impact des températures élevées sur la santé animale. Les participants ont convenu d’adapter les interventions sanitaires et les campagnes de vaccination aux conditions climatiques, tout en renforçant les actions de sensibilisation et d’accompagnement destinées aux éleveurs.

Il a par ailleurs été décidé de procéder à la revaccination des animaux reproducteurs dès la fin de la vague de chaleur, afin de consolider l’immunité préventive du cheptel.

Vers une mobilisation accrue du secteur vétérinaire privé

Dans le cadre du renforcement de la préparation nationale, la Direction générale des services vétérinaires a appelé les responsables régionaux à encourager les vétérinaires privés à participer activement à une session de formation prévue à la fin du mois de juillet.

Cette initiative vise à consolider la coopération entre les secteurs public et privé, à harmoniser les efforts et à améliorer la capacité de réponse face à toute éventuelle urgence sanitaire.

À l’issue des travaux, il a été décidé de maintenir l’ensemble des services vétérinaires en état d’alerte permanente afin de préserver les bons indicateurs sanitaires du cheptel national et de limiter les risques liés aux maladies animales émergentes dans la région.

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Plus de 500 emplois: DELTEC choisit la Tunisie pour sa première usine hors d’Allemagne

20. Juli 2026 um 09:37

Le groupe allemand DELTEC, spécialisé dans la fabrication de composants électroniques et les services de fabrication électronique (EMS), a annoncé l’acquisition du site de production de Cicor situé à Borj Cédria. Cette opération constitue la première implantation industrielle du groupe en dehors de l’Allemagne.

À travers cette acquisition, DELTEC prévoit d’intégrer le site tunisien à son dispositif industriel tout en assurant la continuité des activités existantes. Le groupe indique également vouloir s’appuyer sur les compétences des équipes locales et maintenir l’expertise développée sur le site.

Parallèlement à cette opération, DELTEC prévoit la mise en place d’une nouvelle unité de production d’une superficie de plus de 10 000 m². Ce projet devrait, selon le groupe, permettre la création de plus de 500 emplois à terme.

Le président-directeur général de DELTEC, Carsten Ellermeier, s’est rendu en Tunisie du 14 au 17 juillet 2026, à la tête d’une délégation du groupe, afin de rencontrer les différents acteurs institutionnels concernés par cette implantation.

La délégation a notamment été reçue le 15 juillet au siège du gouvernorat de Ben Arous par le gouverneur Abdelhamid Boukaddida, en présence du directeur général de FIPA-Tunisia, Jalel Tebib, ainsi que de responsables régionaux. Les discussions ont porté sur le suivi du projet et les dispositifs d’accompagnement institutionnel.

Les représentants de DELTEC ont également rencontré les responsables de FIPA-Tunisia ainsi que Mhamed Ben Abid, directeur général du Climat des affaires au ministère de l’Économie et de la Planification, afin d’échanger sur les mécanismes d’appui liés à cette nouvelle implantation.

Avec cette opération, DELTEC renforce sa capacité de production et élargit son réseau industriel à l’international. Pour la Tunisie, ce projet s’inscrit dans le développement du secteur des industries électroniques et dans l’attraction de nouveaux investissements industriels.

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La culture, un enjeu de souveraineté : pour une refondation de la gouvernance culturelle

Von: farhat
20. Juli 2026 um 08:26

Par Mondher AFI

Les orientations des pouvoirs publics tunisiens accordent à la culture une place importante dans les politiques nationales, en tant que levier de préservation du patrimoine, de consolidation de la cohésion sociale et d’affirmation de l’identité nationale. Cette orientation a été réaffirmée à plusieurs reprises par le Président de la République, Kaïs Saïed, dans le cadre de ses interventions consacrées aux enjeux culturels.

Toutefois, la traduction de ces orientations dans les politiques publiques suppose l’élaboration d’une stratégie culturelle globale, fondée sur une vision à long terme, une gouvernance institutionnelle cohérente et une articulation équilibrée entre la sauvegarde du patrimoine, le soutien à la création, la transmission des savoirs et le développement de la recherche.
Dans les sociétés contemporaines, la culture ne peut être considérée comme un secteur secondaire ou une simple succession de manifestations artistiques. Elle constitue un élément essentiel de la construction collective, un espace où une société élabore ses représentations, transmet sa mémoire et imagine son avenir. Elle participe à la formation du citoyen, au renforcement du lien social et au rayonnement international d’un pays.
Ainsi, la question fondamentale n’est pas seulement de savoir combien d’événements culturels sont organisés, mais de s’interroger sur la capacité de la politique culturelle à produire du sens, à soutenir durablement la création et à construire un environnement favorable à l’émergence des idées et des œuvres.

De la gestion culturelle à la gouvernance culturelle
Une institution culturelle ne peut être réduite à une administration chargée de gérer un calendrier de festivals, d’assurer le fonctionnement des établissements ou d’organiser des manifestations ponctuelles. Ces missions sont nécessaires, mais elles ne constituent qu’une partie de la fonction culturelle de l’État.
Dans une conception moderne de la gouvernance culturelle, le rôle des pouvoirs publics consiste également à protéger le patrimoine matériel et immatériel, encourager la création, favoriser la circulation des œuvres, développer les industries culturelles et créatives, soutenir la recherche et garantir l’accès du plus grand nombre aux biens culturels.
Lorsque l’action culturelle se concentre principalement sur la logique événementielle, le risque est de voir la culture perdre progressivement sa dimension structurante au profit d’une approche plus conjoncturelle. Les festivals et les grandes manifestations demeurent des instruments importants de visibilité et de diffusion, mais ils ne peuvent remplacer une stratégie globale capable d’accompagner les transformations profondes de la société.
La véritable question est donc celle du passage d’une culture administrée à une culture gouvernée : une culture pensée comme un écosystème où interagissent institutions publiques, créateurs, chercheurs, associations, collectivités territoriales et citoyens.

Les créateurs : acteurs du bien culturel commun
La relation entre l’institution culturelle et les créateurs constitue l’un des indicateurs essentiels de la vitalité d’une politique publique. L’écrivain, l’artiste, le chercheur, le musicien ou le cinéaste ne sont pas de simples bénéficiaires de dispositifs administratifs, ils sont des producteurs de valeur symbolique et des acteurs de la mémoire collective.
La Tunisie possède un capital humain considérable dans les domaines de la littérature, des arts, des sciences humaines et du patrimoine. Une grande partie de cette richesse repose sur l’engagement personnel, l’initiative associative et des dynamiques souvent construites avec des moyens limités.
Cette réalité pose une question fondamentale : comment garantir que ceux qui contribuent à faire vivre la culture puissent disposer d’un environnement institutionnel qui accompagne leur action plutôt que de fragiliser davantage leurs conditions d’exercice ?
Le soutien public à la création ne doit pas être envisagé comme une assistance accordée aux artistes, mais comme un investissement collectif dans un bien commun. La culture produit des effets qui dépassent largement le champ artistique : elle développe l’esprit critique, renforce la cohésion sociale, nourrit l’éducation et participe à l’attractivité d’un pays.

Quand les acteurs culturels deviennent les principaux financeurs de l’action culturelle
Les difficultés auxquelles sont confrontées de nombreuses associations culturelles, clubs littéraires et initiatives citoyennes indépendantes mettent en évidence des enjeux structurels qui dépassent les seules contraintes organisationnelles. Elles interrogent les conditions effectives de participation des acteurs de la société civile à la production, à la diffusion et à la démocratisation de la vie culturelle.
Ces organisations ne s’inscrivent généralement pas dans une logique marchande. Leur action relève d’une mission d’intérêt général fondée sur la promotion de la lecture, l’accompagnement de la création artistique et littéraire, la valorisation des jeunes talents, la transmission des savoirs ainsi que l’animation culturelle de territoires souvent insuffisamment dotés en infrastructures et en ressources. À ce titre, elles constituent un maillon essentiel de l’écosystème culturel et contribuent au renforcement de la cohésion sociale, de la citoyenneté culturelle et de la diversité des expressions artistiques.
Dans cette perspective, les débats relatifs aux modalités d’accès aux équipements culturels publics ne sauraient être appréhendés sous le seul angle des procédures administratives ou des contraintes budgétaires. Ils renvoient à une problématique plus fondamentale touchant aux principes mêmes de la gouvernance culturelle. Il s’agit de déterminer si les infrastructures culturelles doivent être administrées selon une logique essentiellement patrimoniale et gestionnaire, privilégiant la préservation des biens publics et la maîtrise des coûts, ou si elles doivent également être conçues comme des biens communs culturels, destinés à favoriser la participation citoyenne, la création artistique, le débat intellectuel et la circulation des connaissances.
L’enjeu est donc moins celui du financement que celui du modèle de politique culturelle retenu. Une gouvernance exclusivement administrative risque de réduire les équipements culturels à de simples espaces de gestion, alors qu’une gouvernance fondée sur une approche partenariale reconnaît leur fonction de plateformes de coopération entre les institutions publiques, les créateurs, les associations et les citoyens. Dans cette approche, la valeur d’un équipement culturel ne se mesure pas uniquement à son taux d’occupation ou à son équilibre financier, mais également à sa capacité à produire du lien social, à stimuler l’innovation culturelle, à élargir l’accès aux pratiques artistiques et à favoriser l’expression de la pluralité des sensibilités.
Un espace culturel accomplit pleinement sa mission lorsqu’il dépasse sa fonction d’infrastructure matérielle pour devenir un lieu vivant de création, de réflexion critique, de dialogue intergénérationnel et de construction du capital culturel collectif. C’est précisément cette dimension immatérielle qui confère aux équipements culturels leur véritable utilité publique et qui justifie l’élaboration de mécanismes de gouvernance conciliant les exigences de bonne gestion avec les impératifs de démocratisation culturelle et de soutien à l’initiative associative.

La qualité, la diversité et les critères de légitimité culturelle
Les politiques culturelles contemporaines reposent sur un équilibre complexe entre pluralisme et exigence. La diversité des expressions artistiques constitue une richesse fondamentale, mais elle ne signifie pas l’abandon de toute référence qualitative.
Encourager la création contemporaine, soutenir de nouvelles formes artistiques et répondre aux évolutions des pratiques culturelles ne doit pas conduire à négliger les critères liés à la compétence, à la créativité, à la profondeur des œuvres et à leur contribution au patrimoine culturel.
La confiance entre les institutions et les acteurs culturels dépend largement de la transparence des mécanismes de sélection, de financement et de programmation. Une gouvernance culturelle efficace suppose des règles lisibles, des procédures équitables et une évaluation régulière des politiques mises en œuvre.

La culture comme politique publique de long terme
La communication institutionnelle constitue aujourd’hui une composante essentielle de l’action publique. Elle répond aux exigences de transparence, informe les citoyens des politiques mises en œuvre et valorise les réalisations des institutions. Toutefois, si elle participe à la visibilité de l’action culturelle, elle ne saurait, à elle seule, constituer un indicateur fiable de la vitalité culturelle d’un pays. Celle-ci dépend avant tout de la capacité des institutions à créer un environnement favorable à la production intellectuelle, à la création artistique, à la préservation du patrimoine et à la diffusion des savoirs.
Dans cette perspective, la confiance entre les institutions publiques et les acteurs culturels apparaît comme une condition fondamentale de l’efficacité des politiques culturelles. Les écrivains, les artistes, les chercheurs, les associations culturelles et les initiatives citoyennes ne sont pas de simples bénéficiaires de l’action publique, ils participent directement à la production du capital culturel national. Leur contribution dépasse largement le cadre des manifestations ponctuelles. Ils alimentent le débat public, enrichissent la mémoire collective, favorisent la circulation des idées et participent à la construction d’une conscience critique indispensable au développement démocratique et intellectuel de la société.
L’enjeu consiste donc à dépasser une approche essentiellement administrative de la gestion culturelle pour instaurer une gouvernance fondée sur le dialogue, la concertation et la reconnaissance mutuelle. Une politique culturelle durable ne se limite pas à promouvoir les activités réalisées, elle crée les conditions institutionnelles, juridiques et financières permettant l’émergence de nouvelles initiatives, la diversification des expressions artistiques et la consolidation d’un tissu culturel capable de répondre aux mutations contemporaines. La qualité d’une politique culturelle se mesure moins à la quantité des événements organisés qu’à sa capacité à renforcer durablement les institutions culturelles, à soutenir les créateurs et à garantir un accès équitable à la culture sur l’ensemble du territoire.

La culture comme investissement stratégique dans le développement de la société
Dans un contexte marqué par l’accélération des transformations technologiques, des mutations géopolitiques et de la mondialisation des échanges symboliques, la culture s’impose comme un levier stratégique du développement durable et de la souveraineté nationale. Elle ne peut plus être envisagée comme un simple secteur d’activité ni réduite à une succession d’événements, mais doit être appréhendée comme une politique publique structurante, capable de produire du sens, de renforcer la cohésion sociale et de consolider le capital symbolique de la nation.
Une telle ambition suppose une gouvernance culturelle ouverte, fondée sur la concertation permanente entre les institutions publiques, les créateurs, les universitaires, les professionnels du patrimoine, les collectivités territoriales et les organisations de la société civile. L’efficacité des politiques culturelles dépend désormais de leur capacité à mobiliser l’intelligence collective, à intégrer la diversité des expertises et à anticiper les profondes mutations des pratiques culturelles.
Les intellectuels, les écrivains et les artistes constituent une ressource stratégique pour toute nation. Leur fonction dépasse la production d’œuvres : ils élaborent les référentiels symboliques qui permettent à une société de comprendre ses transformations, de préserver sa mémoire, d’exercer son esprit critique et d’imaginer son avenir. Soutenir la création revient ainsi à investir dans le capital intellectuel et culturel du pays. À long terme, la puissance des nations se mesurera autant à leur capacité d’innover sur le plan des idées et des imaginaires qu’à leurs performances économiques, car la souveraineté culturelle demeure le fondement durable de toute souveraineté.

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