Normale Ansicht

Enquête: pourquoi les entreprises allemandes continuent-elles de miser sur la Tunisie?

02. Juli 2026 um 16:02

Les entreprises allemandes implantées en Tunisie restent confiantes dans le potentiel du pays.

C’est le principal enseignement de l’enquête annuelle sur le climat des affaires présentée par la Chambre Tuniso-Allemande de l’Industrie et du Commerce (AHK Tunisie). Malgré un contexte international incertain, la majorité des investisseurs prévoient de maintenir, voire d’accroître leurs investissements en 2027.

Les résultats montrent que 82% des entreprises interrogées envisagent de conserver ou d’augmenter leurs investissements. Dans le même temps, 44% prévoient de recruter davantage, signe d’une stratégie de développement qui s’inscrit dans la durée.

La Tunisie passe du “low cost” au “best cost”

Le principal changement mis en avant par l’enquête concerne les critères d’attractivité du pays. Pour la première fois, la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée devient le premier facteur d’implantation, devant le coût de production et la proximité avec l’Europe.

Lors de la présentation de l’étude, plusieurs entreprises ont souligné que le site tunisien figure aujourd’hui parmi les meilleurs au sein de leurs groupes internationaux. Cette évolution traduit un changement de modèle. A dire vrai, la Tunisie n’est plus uniquement perçue comme une destination compétitive en termes de coûts, mais comme une plateforme offrant des compétences techniques et industrielles à forte valeur ajoutée.

Cette montée en gamme se reflète également dans la nature des investissements. Plusieurs groupes allemands développent désormais des centres de recherche et développement (R&D) en Tunisie, tandis que chaque entreprise dispose d’un centre d’excellence, chargé de développer des expertises spécifiques pour l’ensemble du groupe.

Une activité en progression

L’année 2025 a confirmé cette dynamique. Près de 67% des entreprises ont enregistré une hausse de leur chiffre d’affaires par rapport à 2024, tandis que plus d’une entreprise sur deux a renforcé ses effectifs.

Par ailleurs, pour 2027, 92% des répondants anticipent une activité bonne ou satisfaisante. Par ailleurs, 71% estiment que la situation économique tunisienne restera stable ou connaîtra une amélioration.

Une porte d’entrée vers l’Afrique

Au-delà du marché tunisien, les investisseurs voient également le pays comme une base de développement régional. Selon l’enquête, 79% des entreprises considèrent la Tunisie comme un futur hub pour leurs activités en Afrique.

Cette perception confirme le positionnement croissant du pays comme plateforme industrielle et logistique reliant les marchés européens et africains.

En filigrane, l’enquête 2026 de l’AHK Tunisie montre que la compétitivité du pays repose désormais moins sur le coût du travail que sur la qualité de ses compétences, son expertise industrielle et sa capacité à accueillir des projets technologiques à forte valeur ajoutée. C’est cette évolution qui nourrit aujourd’hui la confiance des investisseurs allemands.

 

L’article Enquête: pourquoi les entreprises allemandes continuent-elles de miser sur la Tunisie? est apparu en premier sur Managers.

Un méga-programme de 21 000 projets pour transformer la carte des régions tunisiennes

02. Juli 2026 um 10:46

Le projet de plan de développement pour la période 2026-2030 prévoit une importante mobilisation de l’investissement public. Et ce, avec une enveloppe globale de 101,835 milliards de dinars destinée à financer 21 100 projets et programmes publics. C’est ce que révèle le document du plan.

Cette nouvelle génération de projets constitue un levier central de la politique de l’État visant à promouvoir un développement global, équitable et territorialement équilibré. Elle consacre également un rôle renforcé aux conseils locaux, régionaux et aux conseils des districts dans la proposition des projets, en réponse aux besoins exprimés par les citoyens et dans une logique de justice sociale et d’équité entre les régions.

Une forte orientation locale et participative

La répartition du portefeuille de projets met en évidence une priorité donnée aux initiatives locales et à la continuité des investissements en cours. Le programme comprend 14 624 nouveaux projets, dont 8 506 proposés directement par les conseils élus, soit 58 % des projets nouveaux. Confirmant ainsi la dimension participative du processus.

Par ailleurs, 6 476 projets en cours, engagés avant 2026, seront poursuivis. Ils concernent l’ensemble des régions et portent principalement sur les infrastructures de base, notamment les routes, les pistes rurales, les équipements collectifs ainsi que les services publics dans les domaines de la santé, de l’éducation, du transport et de l’eau.

Le dispositif inclut également 5 629 propositions de projets dans le cadre du programme de développement régional, ainsi que 3 370 projets relevant du nouveau programme de développement inclusif.

Les données montrent une nette prédominance des projets à vocation locale, représentant 70 % de l’ensemble; contre 17 % pour les projets régionaux, 11 % pour les projets nationaux et 2 % pour les projets à dimension interrégionale. Cette répartition traduit une volonté de réduction des disparités territoriales et d’amélioration de l’accès aux services essentiels.

Les infrastructures en tête des investissements

La structure des investissements confirme les priorités sectorielles du plan. Le secteur des infrastructures et des services absorbe la part la plus importante, avec 44,513 milliards de dinars, soit 43,7 % du total, pour la réalisation de 7 930 projets. Ceux-ci concernent notamment les routes, les ponts, les projets municipaux, la protection du littoral et la lutte contre les inondations.

Le secteur des équipements collectifs arrive en deuxième position en nombre de projets, avec 11 311 projets et des investissements estimés à 27,963 milliards de dinars (27,5 %). Ces investissements sont principalement orientés vers les secteurs de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la santé, de la jeunesse, du sport et de la culture.

Le secteur de l’industrie, de l’énergie et des mines bénéficie de 17,775 milliards de dinars (17,5 %), pour 303 projets visant notamment à accélérer la transition énergétique et à porter la part des énergies renouvelables à 35 % du mix électrique d’ici 2030; tout en développant les filières minières et gazières.

Quant au secteur de l’agriculture, de la pêche et des ressources hydrauliques, il mobilise 11,584 milliards de dinars (11,3 %) pour 1 556 projets destinés à renforcer la sécurité alimentaire et hydrique, à soutenir les systèmes de production et à optimiser l’exploitation des ressources en eau.

Répartition territoriale des projets

Le plan adopte une approche territoriale structurée autour de cinq districts. L’écart de répartition place le troisième district en tête avec 5 632 projets, suivi du deuxième avec 4 439 projets, du quatrième avec 3 754 projets, du premier avec 3 141 projets, et enfin du cinquième avec 2 629 projets. Cette distribution correspond à un ratio moyen estimé à un projet pour 599 habitants au niveau national.

Un financement diversifié dominé par l’État

Le financement de cette enveloppe repose sur une diversification des sources afin d’alléger la pression sur les équilibres financiers publics. Le budget de l’État assurera 61 % du financement total, soit 61,847 milliards de dinars.

Les entreprises et établissements publics contribueront à hauteur de 30 %, soit 31,990 milliards de dinars, via leur autofinancement. Les partenariats public-privé représenteront 9 % du financement global, soit 7,998 milliards de dinars, destinés notamment à des projets dans les domaines de la gestion des déchets, de l’assainissement, des énergies renouvelables, du transport multimodal et du tourisme.

Un levier de croissance et d’équité territoriale

Selon le document du plan, cette nouvelle génération de projets publics devrait contribuer à dynamiser l’activité économique, améliorer le climat des affaires dans l’ensemble des régions et renforcer progressivement les conditions de vie des citoyens. Elle vise également à garantir un accès plus équitable aux services de base, tout en préservant l’environnement et la durabilité des ressources naturelles du pays.

L’article Un méga-programme de 21 000 projets pour transformer la carte des régions tunisiennes est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

❌