Normale Ansicht

Face au risque d’Ormuz, le Golfe redessine ses corridors pétroliers

03. August 2026 um 09:52

Les principaux producteurs de pétrole du Golfe accélèrent leurs investissements dans de nouvelles infrastructures d’exportation afin de réduire leur dépendance au détroit d’Ormuz. Lequel est devenu l’un des points de passage les plus vulnérables du commerce mondial de l’énergie.

La guerre entre les États-Unis et l’Iran, les attaques contre les navires marchands et les perturbations répétées du trafic maritime ont convaincu les États du Golfe d’accélérer des projets parfois en discussion depuis plusieurs décennies. Environ 20 % du pétrole mondial transporté par voie maritime transite habituellement par le détroit d’Ormuz, faisant de cette zone un point névralgique pour la sécurité énergétique mondiale.

L’Arabie saoudite mise notamment sur l’extension de son pipeline Est-Ouest, qui relie les champs pétroliers de l’est du royaume au port de Yanbu, sur la mer Rouge. Cette infrastructure permet déjà de contourner Ormuz pour une partie importante des exportations saoudiennes.

Les Émirats arabes unis renforcent, de leur côté, le rôle du pipeline Habshan-Fujaïrah, qui relie les installations pétrolières d’Abou Dhabi au port de Fujaïrah, situé sur le golfe d’Oman, en dehors du détroit d’Ormuz. Cette liaison constitue aujourd’hui l’une des principales alternatives opérationnelles aux routes maritimes traditionnelles, même si elle demeure exposée aux risques sécuritaires régionaux.

L’Irak cherche également à diversifier ses débouchés. Bagdad a récemment conclu un accord avec la Turquie afin de relancer et d’étendre les exportations via l’oléoduc Kirkouk-Ceyhan, qui débouche sur la Méditerranée. Cette infrastructure doit permettre d’augmenter progressivement les volumes exportés tout en réduisant la dépendance aux terminaux du Golfe.

Lire aussi : Ankara refuse le statu quo sur l’oléoduc irakien

Parallèlement, plusieurs projets de plus long terme restent à l’étude, notamment un oléoduc reliant le sud de l’Irak au port jordanien d’Aqaba, une liaison vers le port omanais de Duqm ainsi que d’autres corridors énergétiques reliant le Golfe à la Méditerranée. Leur réalisation dépend toutefois d’importants investissements et d’une stabilité politique encore incertaine.

Malgré ces projets, les experts estiment qu’aucune de ces infrastructures ne pourra, à court terme, remplacer totalement le rôle du détroit d’Ormuz. La capacité combinée des itinéraires alternatifs reste toutefois nettement inférieure aux quelque 20 millions de barils de pétrole qui transitent quotidiennement par ce passage stratégique en période normale.

L’article Face au risque d’Ormuz, le Golfe redessine ses corridors pétroliers est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

A qui profite la guerre contre l’Iran ?

30. Juli 2026 um 07:22

Alors que la guerre contre l’Iran reprend de plus belle, le seul vainqueur de cette débauche de violences et de destructions semble être la Chine et ce, sans avoir levé le petit doigt ni tiré un seul coup de feu. La guerre menée par le président américain Donald Trump contre la République islamique – pour le compte d’Israël, autre bénéficiaire –, a accompli ce dont la Chine rêvait depuis longtemps : rendre les États du Golfe moins dépendants des États-Unis. L’Arabie saoudite, le Qatar et Oman, qui ont été très affectés par cette guerre dont le prétendu parapluie américain n’a pas su les en protéger, recherchent, aujourd’hui, à rééquilibrer leurs relations internationales en se tournant vers la Chine.

Habib Glenza, à Lodz.

Alors que le conflit entre Washington et Téhéran s’est enlisé et son issue est devenue imprévisible, les villes et les infrastructures de la région du Golfe en ont été des cibles collatérales. Conséquence inattendue : les États du Golfe se sont divisés en deux camps : le premier est composé des Émirats arabes unis, désireux de rester proches des États-Unis et d’Israël. Tandis que le second comprend l’Arabie saoudite, le Qatar, Oman et peut-être la Turquie et l’Irak, qui recherchent un équilibre entre le maintien de bonnes relations avec les États-Unis, l’amélioration de leurs relations avec l’Iran et un rapprochement stratégique avec la Chine, la superpuissance de demain.

L’accord nucléaire des Etats-Unis avec l’Arabie saoudite

L’accord nucléaire conclu par Donald Trump avec l’Arabie saoudite le 22 juillet 2026 est sans aucun doute motivé par la crainte que la Chine ne gagne en influence dans une région traditionnellement dominée par les États-Unis.Ce pacte indique que Washinton souhaite maintenir un statu quo, même si un tel accord va lui attirer les foudres de son principal allié au Moyen-Orient : Israël.

«Les pays du Moyen-Orient souhaitent développer leur infrastructure nucléaire et ils le feront même sans l’implication des États-Unis. Washington commence à le reconnaître», a déclaré à la BBC Yusuf Can, expert du Moyen-Orient pour le cabinet de conseil Amena Strategies. Avec cet accord nucléaire, a-t-il ajouté, «les États-Unis disent en substance : vous n’êtes pas obligés de travailler avec la Chine. Vous pouvez travailler avec nous.»

Même si l’Arabie saoudite cesse de se rapprocher de la Chine, la guerre a d’autres retombées qui ont renforcé la position de la Chine, comme le besoin urgent du monde en matière de technologies d’énergies renouvelables. L’électricité représente désormais 30 % de la consommation d’énergie en Chine, soit 40 % de plus qu’aux États-Unis et qu’en Europe.

La guerre a placé les énergies renouvelables et les véhicules électriques au sommet de l’agenda mondial, alors que les prix du pétrole s’envolent, et la Chine est le pays de référence dans ce domaine. Ce pays domine environ 91 % de la capacité mondiale de production de panneaux solaires et 89 % de la capacité de production de batteries de stockage en lithium-ion.

Les entreprises chinoises produisent également environ 70 % des technologies d’énergie propre, ce qui signifie que plus la guerre contre l’Iran s’éternise et plus le détroit d’Ormuz est pratiquement bloqué, plus des pays investiront dans ce secteur vital désormais contrôlé par la Chine.

Chute du dollar au profit des monnaies asiatiques 

La guerre a également contribué à modifier la domination du dollar dans le commerce mondial, accélérant une tendance naissante. Selon Bloomberg, l’Iran a autorisé plusieurs pétroliers à traverser le détroit d’Ormuz à condition qu’ils paient en monnaie officielle chinoise, le renminbi, ou en cryptomonnaie.

Le Wall Street Journal rapporte que la Chine encourageait déjà le commerce en renminbi pour permettre à des pays comme l’Iran et la Russie de contourner les sanctions américaines.

Enfin, la Chine s’impose comme une superpuissance capable d’exercer son influence sans conflits, tandis que l’Amérique est apparue comme une puissance adoptant une approche chaotique et agressive pour contraindre les autres nations à se plier à sa volonté.

L’article A qui profite la guerre contre l’Iran ? est apparu en premier sur Kapitalis.

❌