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‘‘L’étau’’ de Salah El Gharbi ou la torture au quotidien

05. August 2026 um 08:52

Ô lecteur, face au climat injonctif qui brutalise, ‘‘L’étau’’ (Contrastes Editions, Tunis, mars 2026), roman de Salah El Gharbi paru au printemps 2026, défie-toi des relents de dictature déchue, comme de ta dignité confisquée après la période phare 2011 ! Destinataire-miroir, il te convient de répondre à Bassam –pivot actant et écrivant–, par ce sourire de connivence que t’accorde en trompe-l’œil l’auteur, dans un simili futur d’anticipation.

Monique-Marie Akkari, Tahiti.

Jeux d’écriture d’une époque troublée ou maîtrise d’un écrivain-chercheur dont la littérature demeure le métier, la création un engagement ? Quant à lui attribuer un genre littéraire… Peu s’y hasardent… Peu le relèvent comme si les temps de l’oppression n’étaient pas encore advenus !!!

Certains voudraient nous rassurer en sous-estimant la fiction au délire parano d’un mythomane, – je désigne évidemment le personnage principal–, narrateur de surcroît ! Sa victimisation –au son, au volume, à la lettre près–, en constitue le moteur, l’emballe, en dissèque même l’intrigue : encore fallait-il le mettre en œuvre, dans tous les sens du terme ! Et pour parfaire l’ambiguïté –conçue par le romancier–, j’opterai pour une œuvre tout à fait fantastique dans sa première partie : le récit s’écrivant dans le présent non segmenté du narrateur protagoniste-lecteur ; la seconde partie se marquant par l’oubli ou la résilience –tellement à la mode–, pour accomplir un processus romantico-idéaliste : «l’amour est sourd, muet» sans parler de son aveuglement. Mais ce serait mésestimer les compétences de l’auteur en la matière.

Le pire, c’esl le vide culturel…face aux vociférations du monde

Rares sont les écrits qui prennent autant de soin à manier les contradictions et à échafauder des paravents de protection aussi méticuleux… pour le narrateur enfermé dans les pages aussi tranchantes que les pièges systématiquement mécaniques, ondulatoires ou moraux, autant que pour leur transcripteur de chair et d’os ! Le lecteur tranchera…

Le monde du «Fais ce que tu veux à condition que personne ne le sache», mieux «du pas vu, pas pris», fonctionne à merveille, parfaitement lubrifié : la machinerie en est tout autant performante et tourne au mieux…

L’instigateur –le malfaisant–, le monstre impalpable, invisible et invulnérable, à la pointe des techniques les plus sophistiquées, n’étant identifié, et impossible à démasquer, aucun des recours –même virtuels–, ne peut se trouver contourné ni anéanti… L’énigme reste en suspens … Fantastique à plein.

Suite à son premier ouvrage, ‘‘Perditions’’ (2004), qu’il s’empresse d’étiqueter récit, Salah El Gharbi, poursuit, avec son implacable rigueur d’enseignant universitaire, la fabrication textuelle qui lui coûte son indépendance et sa survie. Cette récente production, à la structure composite, se renvoie en écho, deux aspects d’une même réalité dont l’une s’approprie l’envers du décor.

Par enchâssement bilatéral d’un double récit, ‘‘L’étau’’ débonde l’inénarrable : en premier lieu, il se fait débusquer, la seconde partie débauche l’intimité.

Politique et relations intimes, encore versées de nos jours, au silence du tabou : la Constitution de 2022 réexpédie –tout en la limogeant–, la Tunisie au califat.

À contre-courant de l’engrenage du pouvoir

Si l’auteur n’en est pas à son coup d’essai politique, parfois romancé, du fait d’une génération prise en étau (!) par une Indépendance sacrément en danger, son ouvrage relève d’un genre très peu employé : le fantastique. L’irrationnel, faisant de son intrusion un présent de l’écriture, page après page –avec ses assauts invisibles, ses décharges, ses menaces explicites, ses «tapages et tasages» intempestifs (p.69), issus d’un surnaturel infernal–, et son diktat réitéré dès les 1ères lignes : «Tu n’écriras point», psalmodié, tel un précepte exhibé du seul livre autorisé !

Né au 19e siècle, le mouvement littéraire entre à plein dans nos sociétés contemporaines perturbées et chaotiques de par le monde, avant d’envahir le cinéma… Ce genre se justifiant –en tant que projet d’écriture–, face à une réalité d’une aberration et d’une absurdité éternelles !

Le châtiment liberticide

D’une discrétion à toute épreuve, arbitraire à souhait, sans risquer d’être dévoilé, aussi efficace que le goulag, mais moins onéreux, épargnant tout personnel qualifié ou non, tout en s’appliquant à un maximum de contrevenants et destiné sans doute aux collectivités et groupuscules irréductibles : telle se définit cette «répression impérativement secrète», apte à interagir parce qu’endoctrinée.

Cette pesanteur impersonnelle à ciel-ouvert disséminée à discrétion par «La Machine»(p.18) –engrenage-à-perpétuité–, sans même recourir à l’emprisonnement que cautionnerait quelque condamnation, s’adresse à quiconque revendique un soupçon d’affranchissement. «Être, se sentir, cogiter libre» équivaut à un délit majeur dans un bled où le pouvoir pense pour toi… en dépit des droits universels… L’opinion singulière subjective te définit par les idéologies communautaristes et despotiques comme AUTRE, dans ton propre pays : l’équivalent de la xénophobie ou de l’«hétéro phobie», ou de la «peur agressive d’autrui», définie en 1985, par Albert Memmi.

«La vérité, quoi qu’on fasse, est révolutionnaire» (2016, GN)

Il est vrai que l’unique personnage- narrateur, Bassam, se permet deux infractions majeures : l’écriture et la liberté sexuelle ! Ce qui n’est pas rien dans cette Terre non identifiée, majoritairement, réactionnaire et conformiste.

Tabous or not tabous ?

La critique locale évitant de «se mouiller», en qualifiant la plupart de ses romans d’intimistes, élude l’un des aspects-clé des romans réalistes de Salah El Gharbi à savoir : la peinture cinglante d’une société habituée à fonctionner sur l’hypocrisie, l’aversion du qu’en-dira-t-on… surtout quand il s’agit de mettre en cause les femmes. Ainsi le subit Rihab –employée de maison–, à peine tolérée, difficilement acceptée par le clan familial dans ‘‘La vie d’après’’ (2023) !

Si certaines de ses fictions décortiquent les relations familiales chagrines que semble uniquement offrir la Tunisie : outre une galerie de portraits pittoresques et tranchants, certains renvoient aux types dévastateurs de la belle-mère intransigeante, du patriarche obtus, au suiveur trivial et aux caricatures sans concession…

L’essentiel étant de conjuguer évolution des rôles –masculin/féminin–, avec progrès des droits humains ou des perspectives politiques…
Et si on parlait de sujets qui fâchent ?

Dans certaines figures ressortent les aspirations des jeunes générations à ne plus dépendre des impératifs de la terre et de l’honneur du nom… pour revendiquer une émergence des valeurs de reconnaissance mutuelle, de parité, ne reposant pas sur le seul milieu social et la précarité.

L’auteur ne se prive pas de nous faire côtoyer les lubies irrationnelles de certaines personnalités alambiquées : tel paterfamilias s’exilant pour se refaire une virginité ; telle matrone, gavée de principes jonglant entre fidélité, cruauté, vengeance…

Une forme couverte de dénonciation de principes moraux collectifs inégalement abusifs et la manière dont chacun s’arrange pour en déjouer les excès.

L’avenir serait-il l’apanage des femmes ?

La page finale de ses romans semble le confirmer. Dans ‘‘La vie d’après’’ –dont certaines réponses semblent déjà annoncées dans le titre, la dernière phrase (p.198) se clôt en s’ouvrant paradoxalement sur la totale émancipation de Rihab : «l’esprit et les sens entièrement affranchis». Abordez-le du point de vue que vous choisirez, mais l’analyse ne rappellerait-elle cet éclairage que nous devons à Aragon : «L’avenir de l’homme est la femme», en terminale de son recueil poétique ‘‘Le Fou d’Elsa’’, sans compter dans cette référence, la tradition andalouse du «zadjal» –ou chant poétique–, transmis en Tunisie par «arud al balad».

«Il est temps que je remette tout à plat et que je prenne mon destin en main», déclare Najla – «très résolue» –, en finale de ‘‘L’Étau’’ (p.184).

De même, l’acharnement et la persécution systématique s’appliquent à des individus isolés : semblent concrétiser une volonté de nettoyage et s’étendre subrepticement aux porteurs d’opinion. Les plus exposés, victimes d’intimidations et de persécutions systématiques, s’avèrent insignifiants, très ordinaires, otages de bourreaux machiavéliques, à la merci de factions incontrôlées. Plus faibles, en butte à des protocoles similaires aux lavages de cerveaux, ils finissent rapidement par craquer psychiquement et de traitements médicaux lourds.

Captive de la nuit, de l’isolement, de pouvoirs occultes qui «lient les mains de la démocratie» ou inversement (p.26), la menace cible les intellectuels…les isole par calomnie, fait éclater leur couple… La norme disparaît… «tapage et tasage» (p.62), discrédit et terreur (p.91), la coercition rythme le chaos : «On ne joue pas avec l’autorité» sera repris plus loin.

Soyons cohérents ! Dans un contexte de populace à lâcheté congénitale, le narrateur-écrivain se trouve à la merci d’un hackeur, qui lui pirate le système mental, dans un contexte d’Absurdie, et d’obscurantisme, identifiables au pays et relevant de forces mythiques infernales, caractéristiques des légendes populaires.

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Oman facilite l’accès touristique, une nouvelle porte pour les Tunisiens?

03. August 2026 um 11:48

Un séjour de deux semaines sans frais de visa, c’est beau, non? C’est la nouvelle facilité annoncée par Oman pour attirer davantage de visiteurs. La Police royale d’Oman a introduit un nouveau visa touristique gratuit valable jusqu’à 14 jours pour certaines nationalités. Selon oman observer, une décision qui pourrait intéresser les voyageurs tunisiens, alors que les échanges entre les deux pays restent encore en dessous de leur potentiel.

Cette mesure intervient dans un contexte où le Sultanat cherche à accélérer l’ouverture de son marché touristique. Contrairement à certains pays du Golfe qui ont misé massivement sur le tourisme de masse, Oman veut construire une image différente, celle d’une destination culturelle, naturelle et authentique.

Avec ses montagnes, ses déserts, ses villages traditionnels et son littoral, le pays veut attirer une nouvelle clientèle internationale. Le tourisme est d’ailleurs identifié comme un secteur stratégique dans le cadre d’Oman Vision 2040, un programme visant à réduire la dépendance de l’économie aux hydrocarbures.

Une destination encore peu connue des Tunisiens

Pour les voyageurs tunisiens, Oman reste une destination encore peu explorée. Les séjours dans le Sultanat sont loin d’avoir le même volume que les voyages vers la Turquie, l’Égypte ou certains pays européens. La nouvelle facilité de visa pourrait toutefois changer progressivement cette situation en simplifiant les démarches pour certains voyageurs éligibles. Elle peut également encourager les agences de voyages à proposer davantage de circuits vers cette destination. Le coût reste néanmoins un élément important dans la décision de voyage. Depuis Tunis, un billet aller-retour vers Mascate varie généralement selon la saison, la compagnie aérienne et les escales. Il faut compter en moyenne autour de 1 500 à 2 500 dinars tunisiens pour un billet, avec des tarifs pouvant évoluer pendant les périodes de forte demande. À cela s’ajoutent les frais liés à l’hébergement, aux déplacements sur place et aux activités touristiques. Oman reste donc une destination qui demande un budget plus élevé que certaines destinations proches, mais elle offre une expérience différente, davantage orientée vers la découverte culturelle et naturelle. Derrière cette évolution administrative se pose aussi la question du rapprochement entre la Tunisie et Oman. En fait, les deux pays entretiennent des relations diplomatiques depuis plusieurs décennies, mais les échanges restent encore à développer. Une meilleure circulation des voyageurs peut contribuer à renforcer les liens entre les deux marchés, aussi bien sur le plan touristique qu’économique. Pour les entreprises tunisiennes, Oman représente un marché du Golfe encore peu exploité. Pour les acteurs du tourisme, cette nouvelle facilité constitue une opportunité de diversifier les offres proposées aux voyageurs tunisiens.

Le visa ne suffit pas à créer une nouvelle destination touristique, mais il peut être un premier pas. Reste maintenant à voir si les professionnels tunisiens sauront transformer cette ouverture en nouvelles opportunités.

 

 

 

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Bizerte au cœur d’un partenariat technologique tuniso-omanais

31. Juli 2026 um 10:16

L’ambassadeur du Sultanat d’Oman en Tunisie (également ambassadeur non-résident auprès de l’État de Libye), Hilal Ben Abdallah Assinaoui, a effectué, jeudi 30 juillet 2026, une visite de courtoisie et de travail dans la région de Bizerte. Au centre de la visite : le déploiement du contrat formalisé entre le gouvernement omanais et le Consortium international tuniso-franco-canadien GUAMobility –regroupant les compétences de GIS, DTA et Innovitech.

Lotfi Sahli

Le diplomate, qui était accompagné de son conseiller, Zaher Sulaiman Al Abri, a été accueilli au Coworking Business Center (CBC) de Zarzouna par l’équipe dirigeante du Consortium GUAMobility menée par Borhene Dhaouadi. Il est venu étudier les moyens de concrétiser un partenariat technologique et industriel entre les deux pays, et notamment dans la région de Bizerte. Cette visite, qui s’inscrit dans la continuité des échanges institutionnels, vise à tirer profit de l’ingénierie tunisienne, tout en posant les bases d’une dynamique de coopération économique régionale à fort impact territorial.

Etaient présents à cette réunion de travail : Faouzi Ben Aïssa, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Nord-Est (CCINE), Lotfi Sahli, président Conect Bizerte, Raouf Golli, promoteur dans le secteur aquacole, ainsi qu’un représentant du groupement MAP / Arlynk.

La rencontre a eu lieu dans le sillage du déploiement du contrat d’une durée de 18 mois formalisé entre le gouvernement omanais et le Consortium international tuniso-franco-canadien GUAMobility –regroupant les compétences de GIS, DTA et Innovitech.

Ce projet pionnier porte sur la conception de la Stratégie nationale des mobilités aériennes avancées (Advanced Air Mobility – AAM) du Sultanat d’Oman, positionnant Mascate comme la toute première capitale au monde à se doter d’une telle feuille de route globale et structurée.

Les enjeux clés de cette transformation reposent sur la création d’une véritable «économie de basse altitude» (Low Altitude Economy), destinée à décongestionner les axes terrestres tout en modernisant l’ensemble du maillage national de transport.

Concrètement, l’étude pilotée par les experts tunisiens et internationaux définit l’intégration harmonieuse des nouvelles technologies aéronautiques, notamment l’usage intensif de drones civils et logistiques, ainsi que l’introduction progressive des aéronefs électriques à décollage et atterrissage verticaux (eVTOL).

Vitrine technologique et rayonnement international

Le programme couvre un spectre d’intervention exhaustif, articulé autour du cadre réglementaire, des normes de sécurité aérienne, des infrastructures d’accueil physiques et numériques (vertiports, centres de contrôle), de la soutenabilité environnementale et de la planification urbaine intelligente (Smart Cities).

Le choix porté sur le consortium GUAMobility témoigne d’une reconnaissance internationale incontestable du savoir-faire tunisien en matière d’innovation territoriale et de gestion de projets d’infrastructures du futur.

En marge de la présentation de l’état d’avancement des travaux stratégiques et des prochaines échéances du programme AAM, le Sultanat d’Oman a été officiellement invité à participer à l’événement phare BigTech Tunisia 2026, prévu à Tunis les 13 et 14 octobre prochain. Cette vitrine internationale réunira plus de 1 000 rendez-vous B2B, 100 intervenants internationaux et 40 investisseurs de premier plan venus de divers pays africains et méditerranéens.

Ce ralliement permettra à Oman, représenté par ses principales institutions gouvernementales aux côtés de son Autorité de l’aviation civile (CAA), de présenter en exclusivité mondiale son modèle pionnier de développement territorial et d’intégration des technologies émergentes. L’ambassadeur omanais a confirmé l’engagement ferme de son pays à faire de ce rassemblement un moment fort de synergie et de transfert technologique bilatéral.

Vers un axe triangulaire avec la Libye

Au-delà du volet aéronautique et technologique, la visite s’est élargie à une concertation économique réunissant des acteurs clés de la région de Bizerte, CCINE, Conect, ainsi que le groupement MAP / Arlynk.

Les discussions ont abouti au projet d’organisation, d’ici la fin de l’année 2026, d’une mission économique et industrielle d’entreprises tunisiennes vers le Sultanat d’Oman. Plusieurs filières stratégiques à forte valeur ajoutée ont été ciblées : l’industrie maritime et les constructions navales ; les équipements liés au secteur de l’énergie (Oil & Gas) ; l’industrie agroalimentaire ; l’ingénierie spécialisée et les services à haute valeur technologique.

Pour prolonger cette dynamique d’intégration commerciale, les participants ont enfin étudié l’opportunité d’une mission conjointe impliquant les partenaires économiques libyens de la CCINE. Tirant parti de la double accréditation diplomatique de l’ambassadeur omanais, cette initiative triangulaire (Tunisie-Oman-Libye) – envisageable à Tunis ou à Tripoli – vise à favoriser les investissements croisés et à bâtir de nouvelles chaînes de valeur régionales dans les domaines industriels, logistiques et technologiques.

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A qui profite la guerre contre l’Iran ?

30. Juli 2026 um 07:22

Alors que la guerre contre l’Iran reprend de plus belle, le seul vainqueur de cette débauche de violences et de destructions semble être la Chine et ce, sans avoir levé le petit doigt ni tiré un seul coup de feu. La guerre menée par le président américain Donald Trump contre la République islamique – pour le compte d’Israël, autre bénéficiaire –, a accompli ce dont la Chine rêvait depuis longtemps : rendre les États du Golfe moins dépendants des États-Unis. L’Arabie saoudite, le Qatar et Oman, qui ont été très affectés par cette guerre dont le prétendu parapluie américain n’a pas su les en protéger, recherchent, aujourd’hui, à rééquilibrer leurs relations internationales en se tournant vers la Chine.

Habib Glenza, à Lodz.

Alors que le conflit entre Washington et Téhéran s’est enlisé et son issue est devenue imprévisible, les villes et les infrastructures de la région du Golfe en ont été des cibles collatérales. Conséquence inattendue : les États du Golfe se sont divisés en deux camps : le premier est composé des Émirats arabes unis, désireux de rester proches des États-Unis et d’Israël. Tandis que le second comprend l’Arabie saoudite, le Qatar, Oman et peut-être la Turquie et l’Irak, qui recherchent un équilibre entre le maintien de bonnes relations avec les États-Unis, l’amélioration de leurs relations avec l’Iran et un rapprochement stratégique avec la Chine, la superpuissance de demain.

L’accord nucléaire des Etats-Unis avec l’Arabie saoudite

L’accord nucléaire conclu par Donald Trump avec l’Arabie saoudite le 22 juillet 2026 est sans aucun doute motivé par la crainte que la Chine ne gagne en influence dans une région traditionnellement dominée par les États-Unis.Ce pacte indique que Washinton souhaite maintenir un statu quo, même si un tel accord va lui attirer les foudres de son principal allié au Moyen-Orient : Israël.

«Les pays du Moyen-Orient souhaitent développer leur infrastructure nucléaire et ils le feront même sans l’implication des États-Unis. Washington commence à le reconnaître», a déclaré à la BBC Yusuf Can, expert du Moyen-Orient pour le cabinet de conseil Amena Strategies. Avec cet accord nucléaire, a-t-il ajouté, «les États-Unis disent en substance : vous n’êtes pas obligés de travailler avec la Chine. Vous pouvez travailler avec nous.»

Même si l’Arabie saoudite cesse de se rapprocher de la Chine, la guerre a d’autres retombées qui ont renforcé la position de la Chine, comme le besoin urgent du monde en matière de technologies d’énergies renouvelables. L’électricité représente désormais 30 % de la consommation d’énergie en Chine, soit 40 % de plus qu’aux États-Unis et qu’en Europe.

La guerre a placé les énergies renouvelables et les véhicules électriques au sommet de l’agenda mondial, alors que les prix du pétrole s’envolent, et la Chine est le pays de référence dans ce domaine. Ce pays domine environ 91 % de la capacité mondiale de production de panneaux solaires et 89 % de la capacité de production de batteries de stockage en lithium-ion.

Les entreprises chinoises produisent également environ 70 % des technologies d’énergie propre, ce qui signifie que plus la guerre contre l’Iran s’éternise et plus le détroit d’Ormuz est pratiquement bloqué, plus des pays investiront dans ce secteur vital désormais contrôlé par la Chine.

Chute du dollar au profit des monnaies asiatiques 

La guerre a également contribué à modifier la domination du dollar dans le commerce mondial, accélérant une tendance naissante. Selon Bloomberg, l’Iran a autorisé plusieurs pétroliers à traverser le détroit d’Ormuz à condition qu’ils paient en monnaie officielle chinoise, le renminbi, ou en cryptomonnaie.

Le Wall Street Journal rapporte que la Chine encourageait déjà le commerce en renminbi pour permettre à des pays comme l’Iran et la Russie de contourner les sanctions américaines.

Enfin, la Chine s’impose comme une superpuissance capable d’exercer son influence sans conflits, tandis que l’Amérique est apparue comme une puissance adoptant une approche chaotique et agressive pour contraindre les autres nations à se plier à sa volonté.

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Hot Maroc en finale à Pise : la littérature marocaine s’offre une nouvelle consécration internationale

08. Juli 2026 um 10:04
Le roman de Yassin Adnan « Hot Maroc », poursuit son parcours à l’étranger. Sa traduction italienne figure parmi les trois finalistes du Pisa Book Translation Awards 2026, un prix qui récompense l’excellence de la traduction littéraire en Italie. Une…

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