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L’Arabie saoudite, tête de gondole du nouvel axe sunnite !

07. Juli 2026 um 08:50

Le Moyen-Orient assiste à la formation d’un nouvel axe mené par l’Arabie saoudite. Ce nouveau bloc composé des principaux pays sunnites repose sur deux objectifs principaux : contenir la menace iranienne et restaurer l’influence sunnite dans les pays dominés par des groupes ou alliés de l’Iran et simultanément, freiner Israël devenu hégémonique et limiter ses aventures militaires. Pour sa part, Abou Dhabi préfère continuer à faire cavalier seul et poursuivre sa lune de miel avec Tel Aviv. (Photo : Les ministres des Affaires étrangères turc Hakan Fidan, pakistanais Ishaq Dar, égyptien Badr Abdel Ati et saoudien Faisal bin Farhan au Caire, le 21 juin 2026.)

Imed Bahri

La région du Golfe a été durement touchée par la guerre israélo-américaine contre l’Iran, ses exportations ont chuté et son sentiment de sécurité s’est amoindri, rappelle Anchal Vohra dans Foreign Policy.  Cependant, ajoute la journaliste, certains des États de la région se montrent plus déterminés à coopérer sur les questions de politique régionale. Un nouveau bloc a émergé en dehors du Conseil de coopération du Golfe (CCG), regroupant l’Arabie saoudite et le Qatar, ainsi que des États en dehors du Golfe comme l’Égypte, le Pakistan et la Turquie. Les Émirats arabes unis ne font pas partie de ce bloc.

Certains de ces États sont sortis clairement vainqueurs de la guerre, tandis que d’autres ont simplement bénéficié d’une plus grande résilience. Malgré une apparence de rapprochement, de profonds désaccords persistent quant à la meilleure approche à adopter face à l’Iran et quant à l’opportunité de normaliser les relations avec Israël ou de se préparer à affronter ce qui est perçu comme une expansion hégémonique israélienne.

Vers un nouvel ordre régional dans le Golfe

Quoi qu’il en soit, il est clair que la guerre contre l’Iran a engendré un nouvel ordre régional dans le Golfe dont les répercussions s’étendent au monde musulman dans son ensemble.

Ce nouveau bloc repose sur deux objectifs principaux : contenir la menace iranienne et restaurer l’influence de ce bloc sunnite dans les pays dominés par des groupes ou alliés de l’Iran, comme la Syrie et le Liban et, simultanément, freiner Israël et limiter ses aventures militaires.

Un observateur régional a fait remarquer que la frappe israélienne sur Doha l’an dernier, visant des membres du Hamas, a suscité des inquiétudes parmi les États du Golfe, qui craignent d’être les prochains visés, contribuant ainsi à un rapprochement entre d’anciens rivaux comme l’Arabie saoudite et la Turquie.

L’arsenal nucléaire pakistanais constitue également un pilier de cette alliance, servant de moyen de dissuasion face à Israël dans le cadre de la coopération saoudo-pakistanaise en matière de défense.

Bien que ce bloc ne possède pas de nom officiel, il est désigné dans les médias israéliens par les termes d’«Alliance sunnite» ou d’«Otan islamique en expansion», il reflète un réalignement régional alimenté par une méfiance croissante entre Riyad et Abou Dhabi. Alors que les deux pays cherchent à réduire leur dépendance au pétrole, les Saoudiens et les Émiratis se disputent désormais les mêmes investissements étrangers.

Après le Printemps arabe, l’Arabie saoudite et les Émirats considéraient les Frères musulmans comme une menace commune et partageaient la même position sur la plupart des questions régionales. Aujourd’hui, cependant, leurs intérêts semblent diverger. Les Émirats estiment que la normalisation des relations et la paix avec Israël constituent la meilleure voie à suivre, tandis que Riyad a constitué ce bloc régional adoptant des positions plus critiques à l’égard d’Israël.

Cette alliance à cinq pays représente également une tentative saoudienne de consolider son rôle de leader dans la région.

Le retrait des Émirats de l’Opep a soulevé des questions quant à la position de l’Arabie saoudite en tant que chef de file officieux du cartel pétrolier. Riyad a décidé d’organiser un sommet régional réunissant les États arabes et l’Iran mais la date de cet événement et la participation des Émirats restent incertaines, même si l’on s’attend à ce qu’ils abordent ce sommet avec une extrême prudence.

L’Arabie saoudite a subi relativement moins d’attaques que ses voisins, mais son sentiment de sécurité n’en a pas été moins ébranlé.

Riyad a affirmé que la confiance, déjà fragile, qui s’était instaurée avec l’Iran suite à l’accord de rapprochement négocié par Pékin en 2023 s’est totalement effondrée.

Sur le plan économique, l’Arabie saoudite a profité de la forte hausse de la demande et des prix du pétrole. En mars, malgré la fermeture du détroit d’Ormuz, la valeur des exportations saoudiennes a atteint son plus haut niveau en trois ans. Hisham al-Ghannam, chercheur au Centre Carnegie pour le Moyen-Orient à Riyad, a indiqué que le bénéfice net d’Aramco avait bondi de 26% au premier trimestre, le prix du pétrole passant de 74$ à plus de 119$ le baril. L’oléoduc Est-Ouest, qui offre une voie d’exportation alternative via la côte de la mer Rouge, a fonctionné à pleine capacité, soit sept millions de barils par jour.

Toutefois, M. Al-Ghannam a ajouté que la croissance du PIB saoudien avait ralenti à 2,8%, contre 3,7% précédemment, en raison de la fermeture de certains puits de pétrole, malgré la réorientation des flux pétroliers. Les experts sont partagés quant aux perspectives économiques du royaume, mais la guerre l’a incité à renforcer ses infrastructures en mer Rouge.

Le Qatar joue les utilités diplomatiques

Le Qatar est un autre acteur de cette nouvelle alliance. En 2017, Doha était boycotté par Bahreïn, l’Égypte, l’Arabie saoudite et les Émirats mais elle est aujourd’hui considérée comme un acteur diplomatique majeur. Durant la guerre contre l’Iran, les contraintes géographiques du Qatar, l’incapacité de Washington à empêcher les frappes iraniennes dans le Golfe et les relations plus chaleureuses que Doha entretenait avec Téhéran avant le conflit ont conduit les dirigeants qataris à privilégier la voie diplomatique avec l’Iran.

Après l’échec des efforts de médiation pakistanaise, Doha s’est engagée résolument dans une médiation à la mi-mai. Fin juin et alors que des négociateurs américains et iraniens tenaient 18 heures de pourparlers dans un complexe hôtelier de luxe surplombant le lac des Quatre-Cantons en Suisse, on craignait qu’un échange de tirs entre Israël et le Hezbollah ne fasse dérailler les négociations, selon une source proche du dossier.

Hisham al-Ghannam a déclaré : «Alors même que de hauts responsables s’asseyaient à la table des négociations– référence au vice-président américain J.D. Vance, aux conseillers de Trump Steve Witkoff et Jared Kushner et au négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf– les tensions concernant le Liban étaient palpables». Le chercheur a salué les efforts des médiateurs qataris pour contenir la crise in extremis, ajoutant que le Qatar avait usé de son influence auprès de l’Iran pour inciter le Hezbollah à publier une déclaration acceptant un cessez-le-feu et avait également encouragé les Américains à faire pression sur Israël pour obtenir une désescalade.

Les autres pays du bloc dirigé par l’Arabie saoudite cherchent également à tirer profit de la guerre. L’Égypte espère bénéficier de la volonté de l’Arabie saoudite d’étendre ses infrastructures, après que Riyad a officialisé son projet de construction d’un pont la reliant à la péninsule du Sinaï, avec l’ambition de faire de la côte méditerranéenne égyptienne une porte d’entrée vers l’Europe.

La Turquie, quant à elle, souhaite accroître ses ventes d’armes, anticipant la persistance des préoccupations sécuritaires.

Le Pakistan, pour sa part, a bénéficié d’une couverture médiatique positive après des années de condamnation internationale pour son soutien aux réseaux terroristes.

Les Émirats ont également décidé d’améliorer leur système logistique et de réduire leur dépendance au détroit d’Ormuz. Même pendant la guerre, ils ont réussi à maintenir leurs exportations via le port de Fujairah et cherchent désormais à développer leurs ports orientaux sur le golfe d’Oman.

Le Qatar a été le pays le moins touché par les frappes iraniennes durant la guerre, même si des attaques ont visé une installation majeure. Un bombardement a paralysé l’usine de Ras Laffan, l’une des plus grandes usines de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde, réduisant la capacité d’exportation du Qatar d’environ 17%.

Les Émirats restés fidèles aux accords d’Abraham

    Cependant, les Émirats sont restés en dehors du bloc dirigé par l’Arabie saoudite. Le chercheur au Carnegie Middle East Center a déclaré que ce bloc existe «parce que le Conseil de coopération du Golfe lui-même a peu de chances de s’unir sur la question iranienne».

    Ces derniers mois, les relations entre le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président émirati, le cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyan, se sont considérablement détériorées, principalement en raison de désaccords sur le Yémen et le Soudan.

    On ignore encore si les Émirats participeront à un éventuel sommet sur l’Iran organisé par l’Arabie saoudite. Les Émirats ont subi plus de 3 000 attaques de missiles et de drones iraniens –plus que le total cumulé des attaques contre les autres États membres du CCG– ce qui a durci leur position à l’égard de l’Iran. Ils privilégient une campagne militaire américaine de longue durée contre l’Iran afin d’affaiblir ses capacités avant la conclusion d’un cessez-le-feu.

    Toutefois, le point de désaccord majeur entre les deux camps concerne Israël. «Il y a deux camps : l’un soutient Israël, l’autre fait preuve de prudence», a déclaré un responsable du Golfe lors d’un entretien téléphonique.

    Les Émirats sont restés fidèles aux accords d’Abraham malgré les récents conflits à Gaza et au Liban, tandis que l’Arabie saoudite a éprouvé des difficultés à normaliser ses relations dans ce contexte. En avril, Axios a rapporté que les Émirats avaient reçu d’Israël, pendant la guerre, du matériel de défense notamment des systèmes de défense aérienne ce qui est un signe d’une coopération accrue en matière de défense entre les deux pays face aux futures menaces iraniennes.

    Les Émiratis perçoivent l’Iran comme une menace plus importante que nombre de leurs voisins, y compris ceux qui se sont alignés sur l’Arabie saoudite. Les Émirats ont subi des attaques iraniennes sans précédent tout en bénéficiant du soutien d’Israël, tandis que l’Arabie saoudite cherche à contenir simultanément l’Iran et Israël. Il semble évident que la divergence des approches en matière de sécurité collective dans le Golfe déterminera l’avenir de la région et les Émirats resteront probablement en dehors de ce bloc.

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    Paris Builders Show 2026 : l’innovation du bâtiment couronnée à la Cité du Cinéma (Paris)

    03. Juli 2026 um 12:31

    Révélés en avant-première lors d’un press-dating à la Cité du Cinéma, les lauréats des Innovation Awards 2026 illustrent la montée en puissance des solutions durables, technologiques et esthétiques dans le secteur du bâtiment. Parmi 278 candidatures, 38 innovations ont été distinguées, confirmant le rôle du Paris Builders Show comme vitrine stratégique des grandes mutations de la filière.

    Les jurys des Innovation Awards du Paris Builders Show ont dévoilé leur palmarès en distinguant 38 lauréats parmi 110 produits et solutions nommés, eux-mêmes issus de 278 candidatures. Cette annonce, faite le 2 juillet 2026  lors d’un press-dating à la Cité du Cinéma ( Saint Denis) met en lumière le dynamisme et la maturité des innovations portées par les acteurs du bâtiment.

    Dans un contexte marqué par les défis climatiques, technologiques et sociétaux, cette édition 2026 confirme l’engagement croissant de la filière en faveur de solutions plus durables et performantes. La qualité particulièrement élevée des dossiers a rendu les arbitrages complexes, conduisant les jurys à attribuer, dans certaines catégories, des prix ex æquo et des coups de cœur.

    Dix catégories pour refléter la diversité de l’innovation

    Organisée autour de dix catégories  dont une nouvelle dédiée à la protection solaire,  la sélection couvre un large spectre d’expertises  Construction Tech®, décarbonation, génie climatique, équipements de chantier ou encore Interior & Design.

    La cérémonie officielle de remise des trophées se tiendra le 28 septembre 2026 à Paris Expo Porte de Versailles, en ouverture de BATIMAT. Les visiteurs pourront ensuite découvrir l’ensemble des innovations primées grâce à un dispositif digital immersif déployé sur les pavillons (bornes interactives, pitchs vidéo, fiches détaillées).

    Menuiserie & Façade : performance, design et bas carbone

    Or :TECHNAL, RE-NOUVELER LA FAÇADE : une solution de rénovation qui conserve l’ossature existante, réduisant coûts, délais et empreinte carbone tout en maintenant des performances équivalentes au neuf.

    Argent : K- LINE, fenêtres bas carbone : une nouvelle génération de menuiseries aluminium intégrant 80 % de matière recyclée, sans compromis sur les performances ni le design.

    Bronze : Futurol, Bloc’Lam : un brise-soleil orientable prémonté facilitant la pose et optimisant le confort thermique et lumineux.

    Bronze : Geplast, FoKus® 2 : un coffre de volet roulant éco-conçu, intégrant 85 % de matières recyclées et pensé pour une installation rapide.

    Bronze : Bel’M, porte ALVAR : une porte aluminium innovante favorisant la ventilation naturelle et le confort thermique en période de chaleur.

    Coup de cœur : Groupe Millet, ultiM : un coulissant aluminium minimaliste, démontable et recyclable, alliant esthétique contemporaine et éco-conception.

    Protection solaire : vers des façades intelligentes et actives

    Or :  KE France, Quad : un store revisité qui transforme les éléments techniques en signature esthétique, tout en améliorant le confort thermique.

    Argent :  Ehret GmbH, SolarSlide : un volet coulissant photovoltaïque combinant production d’énergie, protection solaire et valorisation architecturale.

    Bronze : Renson, Topfix Large : une solution textile pour grandes surfaces vitrées, régulant efficacement les apports solaires sans sacrifier la lumière naturelle.

    Coup de cœur : Bandalux, Z-Box XXL : un store extérieur pour très grandes dimensions, conciliant confort thermique, visuel et performance technique.

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    Quatre opérations en quelques semaines, BlueFive Capital change-t-il d’échelle au Moyen-Orient?

    03. Juli 2026 um 12:30

    BlueFive Capital a annoncé ces dernières semaines une série d’opérations couvrant plusieurs secteurs clés dans le Golfe, allant de la technologie aux infrastructures, en passant par la mobilité et la finance islamique. L’ensemble de ces transactions s’inscrit dans une stratégie de développement progressive dans la région.

    Le fonds a mené un tour de table de 250 millions de dollars dans CargoX, une société spécialisée dans les solutions de livraison autonome. L’entreprise développe des véhicules et robots de livraison déjà testés à Abu Dhabi et Dubaï. Cette opération intervient dans un contexte de montée en puissance des technologies logistiques dans les pays du Golfe. CargoX est dirigée par Tomaso Rodriguez, ancien CEO de Talabat.

    BlueFive Capital a poursuivi sa stratégie de consolidation avec l’acquisition de LeasePlan Emirates, après celle de Massar Solutions. L’ensemble renforce la présence du fonds dans le leasing automobile aux Émirats arabes unis, un marché en évolution sous l’effet des transformations des usages et des flottes de véhicules.

    Le groupe a également finalisé une opération avec Sidra Capital, donnant naissance à BlueFiveSidra, une entité dédiée à la gestion d’actifs conformes à la finance islamique. Cette plateforme couvre plusieurs classes d’actifs, dont les sukuk, l’immobilier et le private equity, avec une orientation vers les marchés du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud-Est.

    Enfin, BlueFive Capital a acquis une participation majoritaire dans Gulf Cobla LLC, une entreprise spécialisée dans le dragage et la récupération de terres. Gulf Cobla a participé à plusieurs projets d’infrastructures dans la région, notamment le port de Jebel Ali et l’aéroport de Malé. Cette opération marque l’entrée du fonds dans le segment des infrastructures lourdes.

    Dans l’ensemble, ces transactions traduisent une diversification du portefeuille de BlueFive Capital sur plusieurs classes d’actifs et secteurs, avec une présence renforcée dans des segments considérés comme stratégiques dans la région du Golfe.

     

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    Caisse enregistreuse obligatoire: ce que prévoit la loi en cas de non-respect

    30. Juni 2026 um 17:52

    L’utilisation de la caisse enregistreuse s’impose progressivement comme un outil clé dans la lutte contre la fraude et la sécurisation des transactions commerciales. En enregistrant en temps réel les ventes et prestations de services, elle devient un véritable levier de transparence pour l’administration fiscale, tout en renforçant la traçabilité des opérations économiques.

    À partir du 1er juillet 2026, un nouveau cap sera franchi en Tunisie: toutes les entreprises de consommation sur place, équipées de systèmes homologués par les services compétents du ministère des Finances, devront obligatoirement utiliser une caisse enregistreuse, conformément à la réglementation en vigueur, a indiqué le ministère des Finances. D’ailleurs, le ministère met à la disposition du public la liste des fournisseurs agréés.

    En clair, fini les zones grises: toute manipulation, suppression ou falsification des données enregistrées expose désormais les contribuables aux sanctions prévues par l’article 94 du Code des droits et procédures fiscaux.

    Mais alors, quelles sont exactement ces sanctions?

    Dans ce cadre, la question du non-respect des obligations de facturation devient centrale. L’article 94 prévoit des sanctions particulièrement lourdes pour toute personne tenue d’émettre des factures et qui ne s’y conforme pas, ou qui émet des documents comportant des montants minorés. Les peines vont d’un emprisonnement de 13 jours à 3 ans, accompagné d’une amende comprise entre 1 000 et 50 000 dinars. L’acheteur peut également être concerné lorsqu’il est légalement soumis à l’obligation de facturation.

    La loi vise aussi les factures fictives, utilisées pour réduire frauduleusement l’impôt ou obtenir des avantages fiscaux indus. Dans ces cas, le cadre juridique reste ferme et applique les mêmes sanctions, confirmant la volonté des autorités de renforcer la discipline fiscale.

     

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    Fatma Samet, lauréate FET, primée par l’Unesco

    27. Juni 2026 um 10:12

    Derrière chaque objet façonné à la main se cache un savoir-faire parfois transmis depuis plusieurs générations. En Tunisie, 7 artisans viennent d’être récompensés par l’Unesco pour leur rôle dans la préservation de métiers traditionnels dont certains sont aujourd’hui menacés de disparition.

    Les distinctions ont été remises vendredi dans le cadre du projet « Soutien au rôle de la culture dans le développement durable en Tunisie ». Elles saluent des artisans qui perpétuent des techniques ancestrales tout en assurant leur transmission aux nouvelles générations.

    Les lauréats représentent plusieurs spécialités emblématiques du patrimoine artisanal tunisien : Fatma Samet, lauréate FET 2020, pour la broderie de Kerkennah, Mounir Essekkal pour la poterie Jefna de Sejnane, Mohamed Slim Elhasseni pour la fabrication traditionnelle de selles, Chokri Ben Ali pour la sculpture et la gravure sur plâtre, Issam Esseghir pour le dorage et le lustrage, Lasaad Challedi pour la sparterie et le travail du roseau fin, ainsi que Hassen Dine Jbiss pour la fabrication des tuiles traditionnelles de Testour.

    Au-delà de la reconnaissance individuelle, ces prix mettent en lumière un enjeu plus large : celui de la sauvegarde d’un patrimoine immatériel confronté au vieillissement des artisans, au manque de relève et à la concurrence des produits industriels. Un défi d’autant plus important que l’artisanat reste l’un des secteurs les plus ancrés dans l’économie tunisienne.

    Selon les données de l’Office national de l’artisanat, la filière fait vivre près de 300 000 artisans à travers le pays et couvre 76 métiers. Elle contribue à environ 4 % du produit intérieur brut (PIB) et représente 2 % des exportations tunisiennes. Les femmes y occupent une place prépondérante, puisqu’elles représentent plus de 80 % des artisans, faisant de cette activité un important vecteur d’autonomisation économique.

    Lors de la cérémonie, organisée en présence de représentants de l’Unesco, le ministre du Tourisme, Sofiane Tekaya, a rappelé que l’artisanat constitue un levier de développement économique autant qu’un élément essentiel de l’identité culturelle tunisienne. Il a indiqué que plus de 13 000 artisans ont bénéficié en 2025 de programmes de formation et d’accompagnement, soit une hausse de 20 % par rapport à l’année précédente.

    Le ministre a également annoncé la poursuite de la création de centres d’innovation et de design, à l’image de celui récemment inauguré à Kasserine. L’objectif est d’aider les artisans à adapter leurs créations aux attentes du marché, sans renoncer aux techniques traditionnelles qui font leur singularité.

    Cette montée en gamme apparaît comme un enjeu stratégique pour un secteur qui ne se limite plus au marché local. En 2025, les exportations de produits artisanaux ont avoisiné 160 millions de dinars, preuve que le savoir-faire tunisien trouve également sa place à l’international. Les distinctions décernées par l’Unesco viennent ainsi renforcer la visibilité de métiers qui, au-delà de leur valeur culturelle, constituent aussi un véritable potentiel de développement économique.

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    ZLECAf: quand la Tunisie devient le catalyseur d’une ambition continentale

    12. Juni 2026 um 19:39

    Sous le ciel azur de Tunis, les 11 et 12 juin 2026, l’avenir économique de l’Afrique ne se projetait plus au futur, mais s’écrivait au présent. Wamkele Mene, secrétaire général du Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), a achevé une visite officielle de deux jours marquée par un constat clair. La Tunisie n’est plus seulement un État signataire, mais l’un des acteurs pionniers du marché unique africain.

    Ratifié dès 2020, l’accord de la ZLECAf a rapidement trouvé un écho en Tunisie. Adaptation des listes tarifaires, mise en place d’un comité national de suivi, élaboration d’une stratégie dédiée et participation aux premiers tests commerciaux du continent, le pays a progressivement posé les bases de son intégration au marché africain.

    Cette avancée a été mise en avant tout au long de la visite du responsable africain. Au cours de son séjour, Wamkele Mene s’est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, ainsi qu’avec le ministre du Commerce et de la Promotion des exportations. Il a également pris la parole à l’Académie diplomatique internationale de Tunis devant des représentants du corps diplomatique africain.

    Une rencontre avec des chefs d’entreprise tunisiens a également permis d’aborder les défis de la prochaine étape. Les échanges ont porté sur les moyens de transformer les avantages prévus par l’accord en courants d’affaires réels. Une conférence de presse a par ailleurs été consacrée à l’état d’avancement de la ZLECAf et aux opportunités qu’elle offre aux opérateurs économiques.

    Les premiers résultats sont déjà visibles. Plus de 300 certificats d’origine ont été délivrés à des entreprises tunisiennes, leur permettant d’accéder aux avantages tarifaires prévus par l’accord. La Tunisie participe également à l’Initiative du commerce guidé, un dispositif destiné à tester les flux commerciaux entre les États membres dans des conditions réelles. Le tourisme figure parmi les secteurs de services considérés comme prioritaires.

    Un impératif de diversification économique

    Pour les responsables de la ZLECAf, le véritable enjeu se situe désormais sur le terrain économique. Les exportations tunisiennes demeurent largement orientées vers l’Europe, alors que le marché africain offre d’importantes perspectives de croissance. L’industrie des composants automobiles illustre cette réalité. Le secteur compte environ 280 entreprises, emploie près de 120.000 personnes et génère 3,9 milliards d’euros d’exportations principalement destinées au marché européen.

    Face à cette concentration, le marché continental apparaît comme une nouvelle frontière commerciale. La ZLECAf ouvre l’accès à un espace économique de 1,4 milliard de consommateurs. Selon le Centre de promotion des exportations (CEPEX), le potentiel tunisien encore inexploité sur les marchés africains dépasse 1,2 milliard de dollars.

    Les perspectives à moyen terme sont également encourageantes. D’après les estimations de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), les exportations tunisiennes vers l’Afrique pourraient presque doubler d’ici 2035 si les mécanismes de l’accord sont pleinement appliqués.

    La Tunisie dispose de plusieurs atouts pour tirer parti de cette dynamique. Sa position géographique, son tissu industriel et son savoir-faire dans les activités manufacturières et agroalimentaires lui permettent de renforcer son rôle de trait d’union entre l’Afrique du Nord et le reste du continent.

    Les outils d’une intégration commerciale

    Afin d’accompagner cette ouverture, plusieurs outils ont été déployés. Le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) facilite les transactions en monnaies africaines et réduit les coûts liés aux paiements transfrontaliers. Un livret tarifaire électronique permet aux entreprises de consulter les avantages douaniers disponibles sur chaque marché. Un mécanisme de signalement des barrières non tarifaires a également été mis en place pour aider les opérateurs à résoudre les obstacles rencontrés dans leurs échanges. Un fonds d’ajustement complète ce dispositif en soutenant les efforts de mise en œuvre et certains projets du secteur privé.

    À l’échelle du continent, la ZLECAf continue de gagner du terrain. L’accord a été signé par 54 des 55 États membres de l’Union africaine et ratifié par 50 pays. Cet espace économique représente un produit intérieur brut combiné estimé à 3.400 milliards de dollars.

    Les 8 protocoles prévus dans le cadre de l’accord ont désormais été adoptés. Ils concernent notamment le commerce des biens et des services, l’investissement, la propriété intellectuelle, la concurrence, le commerce numérique, les questions liées aux femmes et aux jeunes ainsi que le règlement des différends.

    Les échanges commencent également à prendre forme. Plus de 9.000 certificats d’origine ont déjà été émis sur le continent dans le cadre des opérations réalisées sous le régime de la ZLECAf.

    Lors de son intervention, durant la conférence de presse tenu aujourd’hui, Wamkele Mene a rappelé que l’accord était entré dans une phase concrète. “La Zone de libre-échange continentale africaine n’est plus une négociation. C’est une réalité opérationnelle et la Tunisie figure parmi les pays qui en font la preuve”, a-t-il déclaré.

    Wamkele M. a également insisté sur l’objectif final de cette intégration continentale. “Un accord ne se mesure pas à l’élégance de son texte, mais à la capacité de ses bénéfices à atteindre chacun”, a-t-il souligné.

    L’horizon 2050…

    Alors que plusieurs projections placent l’Afrique parmi les principales puissances économiques mondiales à l’horizon 2050, la Tunisie se trouve aujourd’hui face à un défi décisif. Son avance réglementaire est reconnue. Il lui reste désormais à la convertir en succès commerciaux durables et en nouvelles opportunités pour ses entreprises sur le continent africain.

    Selon des informations obtenues par Managers, la Tunisie pourrait accueillir la prochaine édition de Biashara Afrika, l’une des principales plateformes continentales dédiées à la promotion du commerce et des investissements dans le cadre de la ZLECAf. Le projet est actuellement à l’étude et s’inscrit dans la volonté de renforcer le positionnement du pays comme porte d’entrée vers les marchés africains.

    Managers a également appris qu’une plateforme digitale est en cours de développement afin de faciliter l’application et l’appropriation de l’accord par les différents acteurs concernés. Cet outil vise notamment à accompagner les entreprises privées dans la compréhension des mécanismes de la ZLECAf, l’accès aux informations réglementaires, programmes, formations et l’identification des opportunités offertes par le marché continental.

    Cette initiative s’inscrit dans les objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui place l’intégration économique, le développement du commerce intra-africain et la création d’un marché commun parmi les priorités du continent.

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