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Mouton de l’Aïd : Cela coûte cher au portemonnaie

27. Mai 2026 um 14:47

Le prix du mouton a tenu la vedette en cet Aïd Al Adha 2026. Choses vues et entendues à la veille du 27 mai dans deux communes de la banlieue sud de Tunis. Où le et les bêlements se font un peu rares. Comme, cela sent moins le foin et le crottin.

 

C’est, selon cet employé de la ville de Radès, dans la banlieue sud de Tunis, et qui traverse quotidiennement trois quartiers de cette ville pour se rendre à son travail, « un signe qui ne trompe pas ». En cette année 2026, les bêlements se font un peu rares. Comme, cela sent moins le foin et le crottin. « Preuve évidente que les achats de moutons ne se sont pas faits au rythme habituel ». Et notre interlocuteur d’affirmer, haut de son 1,80 mètre, que la cause principale est relative aux prix pratiqués. « Excessifs », selon lui. Et notre homme de raconter cette histoire, dénichée sur les réseaux sociaux. Celle d’un citoyen venu avec une voiture de luxe, louée à la journée, pour transporter un mouton acquis « pour 2 000 dinars ». En fait « à tout seigneur, tout honneur », lance-t-il, sans se départir d’un rire moqueur.

Dans le café où travaille Mohamed, les commentaires sur la cherté du prix du mouton sont devenus un sujet de prédilection. Et comme toujours, chacun vient avec son récit et son commentaire. Notamment au sujet de ces « gacharas », spéculateurs, qui ont été, à en croire Mounir, un habitué du café, « la vedette de cet Aïd ». Ils essaiment, selon lui, partout. Y compris dans les ventes organisées pour lutter contre la spéculation.

« Un citoyen avec une voiture de luxe, louée à la journée, pour transporter un mouton acquis « pour 2000 dinars ». En fait « à tout seigneur, tut honneur ».

 

Malgré toute la vigilance

Comme les ventes de moutons au kilogramme, qui se sont tenues le 18 mai 2026 à Radès. « Les gacharas se sont mêlés à la fête, comme on dit, pour acheter, à leur tour, des agneaux ». Et évidemment, selon la version des faits de Mounir, « ils l’ont fait, malgré toute la vigilance des uns et des autres, en dépêchant certains de leurs sbires. De peur de pouvoir être reconnus ». En fait, comme dit un proverbe tunisien bien connu : « celui qui vole prend toujours le dessus sur celui qui le dénonce ! », commente-t-il. « Ces points de vente auront, malgré tout, réussi à fournir des moutons à des prix raisonnables. Ils ont aussi réussi à montrer que les spéculateurs se sont bien rempli les poches. Des prix entre 300 et 400 dinars de moins comparés à ceux pratiqués par les spéculateurs », conclue-t-il.

Pas pressé, chemise blanche et jean, Ali, un habitant de la commune voisine d’Ezzahra, n’a pas prévu d’acheter de mouton. Il se suffit de deux kilos de viande. « Des côtelettes d’agneau et quelques merguez », précise-t-il. « Mes deux fils sont maintenant mariés et sont de ce fait assez grands pour se débrouiller tout seuls », commente-t-il. « Et puis avec mon cholestérol et mon hypertension artérielle, il faut faire attention », dit-il.

« Faire mon barbecue tranquille »

Dans la même boucherie du marché où il est venu s’approvisionner, on entend pratiquement le même son de cloche : hormis le prix, on avance moult arguments pour expliquer pourquoi il n’y a pas eu d’achat de mouton. Ezzeddine, la cinquantaine, dynamique et cheveux en broussailles sous une casquette rouge, ne fait pas le sacrifice depuis qu’il habite un appartement à Boumhail El Basatine, une commune qui jouxte Ezzahra. « Ce n’est plus possible. Il y a des désagréments : où loger le mouton, où l’égorger ou encore le suspendre et couper la viande ? Je préfère venir ici et acheter de la viande et, ensuite, faire mon barbecue tranquille », tonne-t-il.

Retour à la case départ. On a beau chasser le coût du mouton, il revient au galop. Dans une autre boucherie d’Ezzahra, Nourreddine nous explique qu’au rythme où va le prix du mouton, son achat va dans quelques années être en rapport avec un certain statut social. « Comprenez que son achat ne sera possible que pour les plus riches », sourit-il. Avant d’affirmer que cela sera vrai « à moins d’être un « frimeur » – et il y en a un « paquet » – qui achète, malgré tout, un mouton au prix fort pour l’exposer aux yeux des passants, assis devant sa villa, une chicha dans la main. Eclat de rire dans l’entourage de Nourreddine. Un moyen, peut-être, de donner raison à leur ami !

 

« A moins d’être un « frimeur » -et il y en a un « paquet »- qui achète, malgré tout, un mouton au prix fort pour l’exposer aux yeux des passants, assis devant sa villa une chicha dans la main ».

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Les médias audiovisuels tunisiens… à la rencontre des régions

25. Mai 2026 um 07:00

L’Association des anciens employés de la Radio et de la Télévision tunisiennes s’est penchée, vendredi 22 mai 2026, sur le vécu et les perspectives de développement des médias audiovisuels de nos régions. Une panoplie de médias qui ont pratiquement tous en commun, du moins pour les radios privées et communautaires, des difficultés d’ordre structurel. Elles sont cependant essentielles pour le développement d’une information de proximité qui sert le citoyen.

« L’information régionale en Tunisie : réalités et perspectives ». En marge de la célébration du 60ème anniversaire de la création de la télévision publique tunisienne (31 mai 1966), l’Association des anciens employés de la Radio et de la Télévision tunisiennes s’est penchée, vendredi 22 mai 2026, sur le vécu et les perspectives de développement d’un pan entier des médias audiovisuels publics tunisiens. Un vécu bien ancien puisque la première radio régionale en Tunisie a été créée en 1961. Cinq autres radios naîtront plus tard dans d’autres régions du pays : Monastir (1977), Le Kef (1991), Gafsa (1991), Tataouine (1993) et Kasserine (2014) – une radio plutôt locale. Un vécu qui a été enrichi, depuis 2011, par pas moins de 10 radios à capital privé et 15 radios communautaires qui ont essaimé dans pratiquement tous les gouvernorats du pays.

Il y avait donc de quoi nourrir un débat sur les radios régionales tunisiennes. Il n’existe pas de télévisions régionales, du moins autorisées par la Haica, l’organisme de régulation de l’audiovisuel tunisien, hormis les antennes Tv des radios régionales publiques chargées de la couverture de l’actualité pour le compte de la télévision publique. Et le débat n’a pas déchu avec les interventions de quelques universitaires et professionnels qui ont, pour la plupart, été des acteurs de cette presse audiovisuelle régionale qui a vécu son âge d’or avant les années 2000.

Reposant, pour l’essentiel, sur le rendu d’hommes de terrain, des autodidactes en grande partie, soucieux de rendre compte de la vie dans leur région respective : les correspondants régionaux de la radio et de la télévision publiques. Souvent au four et au moulin exerçant en parallèle une couverture pour la presse écrite du parti au pouvoir, le Parti Socialiste Destourien (PSD), et, par la suite, le Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD), et des fonctions au sein des institutions régionales de l’époque.

Des radios régionales qui continuent, cela dit, de souffrir d’un ensemble de problèmes d’ordre structurels qui rendent leur vécu des plus difficiles. A commencer par celui du coût élevé de leurs charges. Comme les frais de la télédiffusion ou encore ceux de la sécurité sociale et des impôts. Pour ne pas citer le salaire de leurs employés. A en croire certains, il y a de quoi mettre la clé sous la porte ! En tout cas, des professionnels ont plus d’une fois rappelé leurs difficultés. D’autant plus que la publicité – la seule réelle ressource financière dont ils disposent – n’arrive pas, pour ainsi dire, à nourrir son homme.

Sans réel souci d’interroger le marché

Un sujet bien complexe, selon les débats. Beaucoup de radios privées ont été lancées sans réel souci d’interroger le marché et donc de conduire une étude de marché. Car, une des questions fondamentales concerne une exiguïté du marché : en clair, et le cas se pose pour du moins certaines régions du pays, il y a un certain « encombrement » qui ne facilite pas la vie à ces radios qui rendent un service aux régions où elles sont installées. Notamment une information de proximité qui est bien nécessaire au développement régional et local.

 

Une question qui mérite le détour à l’heure où le pays donne une réelle importance aux régions dans son bâtit politique. En témoigne la création d’un Conseil national des régions et des districts (CNRD), la Chambre haute du Parlement tunisien, instaurée par la Constitution de 2022. Un Conseil qui « assure une fonction législative spécifique centrée sur le développement économique et budgétaire des territoires ».

 

Des professionnels ont rappelé leurs difficultés, d’autant plus que la publicité, seule réelle ressource financière dont ils disposent, n’arrive pas à nourrir son homme.

 

Nous y allons de pieds fermes

Autant dire qu’une radio régionale ne peut qu’avoir sa place dans le tissu médiatique tunisien. Ce qui explique sans doute l’appel lancé, au cours de la rencontre initiée par l’Association des anciens employés de la Radio et de la Télévision tunisiennes, en vue du lancement de nouvelles radios publiques dans les régions. C’est le cas, pour deux vieux routiers de la presse régionale publique, Rachid El Bekkay et Mahmoud Horchani ; le premier à Bizerte et le second à Sidi Bouzid. Deux vieux routiers qui sont venus présenter des livres récents qu’ils ont publiés et qui retracent en grande partie leur expérience en tant que journaliste régional.

Présentant une communication au sujet des radios régionales publiques, Mohamed Maâmri, ancien directeur de Radio Tataouine, actuellement directeur des relations extérieures de la Radio tunisienne (RT), l’institution de la radiodiffusion publique, est venu poser une question fondamentale. Elle concerne le vécu actuel des radios régionales à l’heure du digital.

 

Il n’est plus nécessaire de se trouver dans une région pour couvrir ses actualités et écouter les programmes. On avait parlé un temps de l’ubiquité, nous y sommes. Ou presque !

 

Ce vécu charrie un ensemble d’outils et d’applications qui changent totalement la profession et imposent de s’adapter à de nouvelles donnes. Comme les podcasts et autres plateformes audiovisuelles qui ne font plus de distinction formelle entre image et son. Sans oublier évidemment qu’il n’est plus nécessaire de se trouver dans une région pour couvrir ses actualités et écouter les programmes. On avait parlé un temps de l’ubiquité, soit « la capacité d’être présent en plusieurs endroits et partout à la fois ». Nous y sommes. Ou presque ! Nous y allons de pieds fermes.

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