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Les Houthis s’emparent du détroit de Bab el-Mandeb, le monde retient son souffle

14. September 2026 um 07:38

Les Houthis ont avancé vers l’ouest du Yémen, les forces armées du gouvernement internationalement reconnu et soutenues par l’Arabie Saoudite se sont rapidement effondrées et ont battu retraite et les Houthis se sont emparés du détroit de Bab el-Mandeb, voie maritime reliant la mer Rouge au Golfe d’Aden et seule alternative pour contourner le verrouillage du détroit d’Ormuz et pour exporter le pétrole saoudien. Comment ce scénario cauchemardesque a-t-il pu avoir lieu ? Concomitamment, des drones venus d’Irak ont frappé l’oléoduc Est-Ouest saoudien conduisant à sa fermeture. Ces événements n’ont pas uniquement donné des sueurs froides aux Saoudiens mais le monde entier retient son souffle car les conséquences peuvent être désastreuses que ce soit pour l’énergie surtout avec l’arrivée prochaine de l’hiver mais aussi pour le commerce international en général.

Imed Bahri

Dans le Sunday Times, version du week-end du Times, Mark Urban s’est interrogé sur les conséquences pour le monde de l’avancée rapide des Houthis dans l’ouest du Yémen. Il y soutient que l’effondrement soudain des forces soutenues par l’Arabie saoudite au Yémen a engendré un scénario catastrophe, les forces supplétives iraniennes s’emparant du détroit de Bab el-Mandeb et perturbant le commerce mondial du pétrole. La prise de contrôle du détroit de Bab el-Mandeb par les Houthis a déclenché une crise profonde. Compte tenu de l’impasse dans le conflit américano-iranien, cette situation représente des risques importants pour les Etats-Unis, l’Arabie saoudite et l’économie mondiale.

Un scénario désastreux

Pour les Saoudiens, qui soutiennent depuis longtemps les forces gouvernementales yéménites, le contrôle de cette voie maritime vitale, conjugué à d’autres crises, a créé un scénario désastreux.

La semaine dernière, les Houthis ont lancé des attaques contre des installations énergétiques et des infrastructures civiles saoudiennes, faisant des dizaines de blessés.

Vendredi, le ministère saoudien de l’Énergie a annoncé la fermeture de l’oléoduc reliant l’est et l’ouest du pays, un contournement crucial du détroit d’Ormuz, après une attaque de drones lancée depuis l’Irak. Les alliés de l’Arabie saoudite, des États-Unis au Pakistan, en passant par l’Égypte et la Turquie, se sont abstenus, pour l’instant, de fournir un soutien militaire.

Ce changement soudain d’équilibre des forces est surprenant, d’autant plus que les forces gouvernementales yéménites avaient réalisé des progrès significatifs jusqu’au milieu de la semaine dernière, progressant vers l’ouest du pays. Il est intervenu après un mois marqué par une augmentation notable des exportations de pétrole via le détroit d’Ormuz.

Après une avancée fulgurante en fin de semaine dernière, les forces houthies ont annoncé avoir pris le contrôle de la côte de la mer Rouge, s’assurant ainsi un accès vital via le détroit de Bab el-Mandeb. Mohammed al-Farah, membre du bureau politique houthi, a déclaré sur les réseaux sociaux que «cette victoire devrait être une leçon marquante et un avertissement pour ceux qui comptent encore sur la puissance saoudienne». Il a également menacé de détruire la principale raffinerie de pétrole du royaume, Ras Tanura, en cas de frappes aériennes saoudiennes sur Mocha, le port conquis par les Houthis jeudi lors de leur progression.

S’interrogeant sur la manière dont les Houthis ont réalisé cet exploit et sur sa signification, Urban a souligné que les désaccords entre les factions anti-houthies impliquées dans le conflit, ainsi que les relations tendues entre elles ont joué un rôle important dans les récents développements.

Plus tôt cette année, des avions de combat saoudiens ont bombardé des groupes yéménites alliés aux Émirats arabes unis, contraignant les forces émiraties à se retirer du Yémen. Le groupe houthi a exploité cette situation et contrôle désormais des zones où habitent 75% de la population yéménite alors même que les Zaïdites, le groupe confessionnel auquel appartiennent les Houthis, ne représentent qu’un tiers des 34 millions d’habitants du pays.

Echec de l’Arabie saoudite et des États-Unis

Grâce au soutien militaire et aux conseils des Gardiens de la révolution iraniens, les Houthis ont pu constituer une armée plus importante et plus redoutable. Bien que leurs forces combattantes actives ne dépassent pas 20000 hommes, avec les réserves, ce chiffre atteint plus de 150000, surpassant ainsi les effectifs de l’armée du gouvernement internationalement reconnu.

Compte tenu de la petite taille du pays, les forces gouvernementales, relativement peu nombreuses et souvent légèrement armées, peinent à maintenir leurs positions. Ces derniers jours, assiégées dans les régions désertiques de l’ouest, elles se sont effondrées. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des soldats en fuite humiliés alors qu’ils traversent le désert, certains s’arrêtant pour vendre leurs armes au bord de la route. Ailleurs, des factions rivales, se réclamant du même camp, se moquent des soldats qui ont battu retraite.

Selon certains témoignages, les Houthis auraient utilisé un faux message généré par intelligence artificielle, prétendument envoyé par le commandant des forces gouvernementales, ordonnant un retrait général. Ils ont sans aucun doute profité du manque de coordination entre les forces gouvernementales, les Saoudiens et les Américains, ce qui a entraîné un soutien aérien inefficace.

Selon Urban, l’échec de l’Arabie saoudite et des États-Unis ces dernières années à contenir les Houthis est largement dû à leur dépendance à la puissance aérienne et à l’absence de forces terrestres efficaces.

Depuis le 7 octobre 2023, date de l’attaque du Hamas contre Israël, les Houthis ont subi des frappes aériennes israéliennes, britanniques, saoudiennes et américaines. Nombreux sont ceux qui ont remis en question la campagne de bombardements américains de huit semaines l’année dernière, mais celle-ci, conjuguée aux diverses incitations financières offertes par l’Arabie saoudite, a peut-être empêché les Houthis de mettre à exécution leurs menaces répétées de fermer le détroit de Bab el-Mandeb et de paralyser le secteur pétrolier du royaume.

Suite à l’attaque américano-israélienne contre l’Iran en février, les Houthis sont restés neutres et largement à l’écart de l’escalade du conflit régional.

Cependant, la situation a changé après l’effondrement du mémorandum d’entente américano-iranien en juillet. La République islamique a alors utilisé ses alliés de l’Axe de la résistance pour accroître son influence dans la région en réponse au blocus américain du détroit d’Ormuz.

Les Houthis ont exploité la faiblesse des forces gouvernementales, brisant leur contrôle sur la côte et le détroit de Bab el-Mandeb. Les répercussions de cette situation commencent à se faire sentir sur les prix mondiaux de l’énergie et renforcent la position de l’Iran.

La fermeture de l’oléoduc saoudien aggrave les difficultés tant pour le pays que pour les États-Unis. Cet oléoduc transportait environ 5% de l’approvisionnement mondial en pétrole, selon Reuters. Le prix du pétrole a dépassé les 100 dollars le baril la semaine dernière pour la première fois depuis juillet.

L’Arabie saoudite se trouve confrontée à plusieurs choix difficiles. Ni la Turquie ni le Pakistan ne se sont empressés de fournir une assistance militaire dans le cadre de l’Accord de La Mecque pour la défense conjointe et le ministère saoudien des Affaires étrangères a exclu toute aide de ce type.

L’Iran à la manœuvre

De même, Axios a rapporté vendredi que les États-Unis avaient rejeté une demande saoudienne d’effectuer des frappes aériennes jeudi. Tariq Saleh, commandant de la coalition combattant les Houthis, a déclaré mercredi à CNN que les récentes déclarations concernant un soutien américain n’étaient que des paroles en l’air. Les risques sont désormais manifestes : contrôle des voies maritimes internationales par les Houthis, diminution continue des approvisionnements pétroliers saoudiens, renforcement significatif de l’Iran et reprise des hostilités et de la crise humanitaire au Yémen même.

Une option envisagée est la reconquête de l’île de Perim, qui permettrait de contrôler le détroit de Bab el-Mandeb. L’île est située près des bases américaines de Djibouti, de l’autre côté du détroit.

Selon Urban, cette option est envisageable, mais la probabilité d’un déploiement de troupes américaines sur le territoire yéménite est extrêmement faible.

Les Saoudiens, forts de leur expérience malheureuse lors de leur dernière invasion, sont parfaitement conscients des difficultés opérationnelles sur place. Cependant, la menace qui pèse sur leurs intérêts nationaux vitaux pourrait ne leur laisser d’autre choix. Farea al-Muslimi, de Chatham House à Londres, a déclaré : «Je serais très surpris si les Saoudiens ne lançaient pas une guerre à grande échelle au Yémen dans les plus brefs délais».

Si de nombreux experts estiment qu’il est possible de reconstruire les forces gouvernementales yéménites, voire de rétablir une coopération fructueuse entre les États du Golfe dans ce dossier, cela ne se fera pas rapidement.

Parallèlement, les pressions sur le marché de l’énergie, la hausse des prix des carburants et l’arrivée de l’hiver dans les pays occidentaux influenceront considérablement les décisions des responsables politiques. Les Saoudiens concluront probablement qu’ils doivent faire des concessions à la fois aux Houthis et à l’Iran, ce qui pourrait offrir aux faucons de Téhéran une occasion cruciale de s’opposer au président Trump.

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Bab el-Mandeb : la débâcle de Riyad face aux Houthis

12. September 2026 um 09:00

La chute de Mokha et la progression des Houthis vers Bab el-Mandeb marquent un spectaculaire retournement de situation au Yémen. Pour l’Arabie saoudite, qui investit depuis des années des milliards de dollars dans le conflit yéménite, cette débâcle sonne comme un sérieux revers stratégique. Mais comment une telle déroute a-t-elle été possible ?

 

C’est, sans aucun doute, une cinglante défaite pour Riyad et une victoire éclatante pour les Houthis et, par ricochet, pour leur parrain iranien. Ainsi, dans une percée fulgurante, les combattants houthis, équipés et entraînés par les Gardiens de la révolution iraniens, ont écrasé les forces gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite avant de s’emparer, jeudi 10 septembre, de Mokha, ville portuaire stratégique sur la mer Rouge.

Par la suite, les Houthis ont progressé vers le sud le long du littoral jusqu’à Dubab afin de prendre le contrôle de l’île de Perim, un petit îlot, situé au cœur du détroit de Bab el-Mandeb qui revêt une importance stratégique considérable. Large d’à peine 32 kilomètres dans sa partie la plus étroite, le détroit constitue l’un des principaux passages maritimes entre la mer Rouge et le golfe d’Aden.

Lire aussi : Après Ormuz, l’accès à la mer Rouge bientôt bloqué par les Houthis ?

 

Désormais, les rebelles houthis n’ont même plus besoin de drones ou de missiles pour perturber la navigation sur l’un des corridors maritimes les plus sensibles du commerce mondial. Quelques soldats, stationnés sur l’île de Perim ou sur les côtes et dotés de n’importe quelle roquette portative bon marché peuvent mettre en joue les navires !

Les raisons d’une débandade

Mais comment expliquer la débandade des forces gouvernementales yéménites soutenues par Riyad, qui a permis aux rebelles houthis de progresser aussi rapidement et de réaliser une percée aussi fulgurante ?

Les observateurs y voient notamment le résultat des tensions croissantes entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, dont le retrait des forces du Yémen en janvier dernier a considérablement fragilisé le camp anti-houthi.

Déjà sur le terrain, cette coalition était minée par ses propres divisions. Dans l’un des pays les plus pauvres du monde, l’armée régulière yéménite ressemble davantage à une mosaïque de factions qu’à une force militaire véritablement unifiée. Elle rassemble des combattants aux loyautés multiples : pro-saoudiens, pro-émiratis, forces locales et tribales, mais aussi groupes affiliés à Al-Qaïda ou aux Frères musulmans. En un mot, une armée éclatée, traversée par les rivalités et les allégeances contradictoires.

Soutenues financièrement et militairement par Riyad, qui consacre près de 80 milliards de dollars par an à sa défense, les forces gouvernementales yéménites ont logiquement cédé face à l’offensive houthie sans opposer de résistance.

Pour Riyad, le revers est d’autant plus cuisant que la puissance militaire saoudienne n’a pas suffi à transformer ses moyens financiers en efficacité stratégique. Les Houthis, eux, démontrent une nouvelle fois qu’une force moins puissante sur le papier peut prendre l’ascendant lorsqu’elle bénéficie d’une organisation plus cohérente, d’une forte motivation idéologique et d’un soutien iranien déterminant.

L’Arabie saoudite prise en étau

En effet, Bab el-Mandeb est, avec le détroit d’Ormuz, l’un des carrefours maritimes les plus importants pour le transport de pétrole et de marchandises depuis le Golfe vers la mer Méditerranée via le canal de Suez. On estime que 12 % du commerce mondial passe par ce détroit, dont le tiers des marchandises conteneurisées mondiales.

Vendredi 11 septembre, les houthis pro-iraniens se sont montrés rassurants vis-à-vis de la communauté internationale : « la navigation est sûre pour toutes les compagnies à l’exception des navires saoudiens, qui ont déjà été interdits d’accès », a déclaré le porte-parole militaire du mouvement.

 

Lire également : Quadrilatère au Pakistan : projet pour le détroit d’Ormuz sur le modèle du canal de Suez

 

Mais derrière ce message faussement rassurant, se dessine pourtant une réalité autrement plus inquiétante. L’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, se retrouve désormais prise en étau entre deux points de passage maritimes stratégiques : le détroit d’Ormuz, sous la pression iranienne, et Bab el-Mandeb, où les Houthis entendent imposer leurs propres règles.

Pour rappel, depuis fin août, les houthis ont directement attaqué l’Arabie saoudite, avec des tirs de missiles balistiques et de drones vers les raffineries des villes du sud du Royaume. Le 11 courant, une épaisse fumée noire s’élevait au-dessus du désert saoudien, qui pourrait venir d’une frappe sur l’oléoduc qui va du détroit d’Ormuz au port de Yanbu sur la mer Rouge.

Trump aux abonnés absents

Conscient du danger stratégique que représenterait la prise de facto du détroit de Bab el-Mandeb par les forces soutenues par l’Iran, et alors que les forces houthies avançaient vers la ville côtière de Mokha et que les troupes yéménites soutenues par l’Arabie saoudite reculaient, le prince héritier Mohammed Ben Salman aurait téléphoné, selon Axios, une première fois à Donald Trump jeudi 10 septembre pour l’informer de la détérioration rapide de la situation militaire au Yémen.

Quelques heures plus tard, il aurait rappelé le président américain pour l’exhorter à lancer des frappes américaines contre le mouvement soutenu par l’Iran.

Un responsable américain cité par Axios indique que l’administration Trump fournirait à Riyad des renseignements sur les Houthis ainsi que des données de ciblage, mais n’envisageait pas à ce stade d’intervention militaire directe.

A noter que quelque 200 militaires américains sont déployés en Arabie saoudite pour fournir un soutien non combattant (logistique, renseignement…), selon cette même source, citée par Axios. Mais comment expliquer le refus de Trump d’aider un allié aussi précieux que le royaume wahhabite ?

Lâchage

Ce refus s’explique avant tout par la volonté de Washington d’éviter l’ouverture d’un nouveau front au Yémen. Alors que les États-Unis sont déjà engagés dans une confrontation majeure avec l’Iran autour du détroit d’Ormuz, Trump redoute qu’une attaque contre les Houthis ne provoque une riposte iranienne contre l’Arabie saoudite et n’entraîne une dangereuse escalade régionale. Pour Washington, l’objectif reste de préserver la liberté de navigation en mer Rouge et à Bab el-Mandeb sans s’enliser dans le conflit yéménite.

Bref, protéger les intérêts saoudiens, oui ; se lancer dans une nouvelle guerre pour eux, non !

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Chute historique de la production pétrolière saoudienne

12. September 2026 um 08:32

La guerre en Iran et la campagne des Houthis contre l’Arabie saoudite ont comprimé les routes d’exportation alors que les prix du pétrole dépassent 100 dollars. La production de pétrole brut du royaume a chuté de près de 2 millions de barils par jour en août, atteignant son niveau le plus bas depuis plus de 35 ans…

Riyad a indiqué à l’OPEP que sa production avait chuté de 1,9 million de barils par jour le mois dernier, pour atteindre 6,238 millions de barils par jour, selon le rapport mensuel du groupe rendu public le 11 septembre. Ce chiffre marque un nouveau plancher depuis les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran fin février, ainsi que le niveau de production le plus bas du royaume depuis le début de la guerre du Golfe en 1990.

L’Arabie saoudite se trouve prise en étau entre les perturbations affectant ses deux principales voies d’exportation maritimes. Le trafic dans le détroit d’Ormuz est fortement restreint en raison du conflit irano-américain, ce qui l’oblige à dépendre davantage des routes de la mer Rouge.

Les forces houthies, soutenues par l’Iran au Yémen, ont également repris les hostilités contre les forces gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite et ont décrété un blocus maritime contre le royaume…

La pression est déjà visible dans les données du transport maritime, les données provisoires de suivi des pétroliers compilées par Bloomberg montrant une baisse d’environ un tiers des exportations de pétrole brut saoudien en août.

L’Arabie saoudite a fermé son pipeline Est-Ouest jeudi après plusieurs attaques contre l’infrastructure dans les régions de Riyad et de Médine, selon une source officielle du ministère de l’Énergie. Le pipeline a été mis à l’arrêt à titre de mesure de précaution après les attaques survenues jeudi matin. Ces incidents ont fait des blessés, qui ont reçu les soins médicaux nécessaires, a indiqué le ministère…

Les menaces croissantes pesant sur les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb ont fait flamber les prix du pétrole. Le Brent a clôturé en hausse de 6,3 %, à 107,63 dollars le baril jeudi, tandis que le West Texas Intermediate a bondi à 102,48 dollars, les deux références atteignant ainsi leurs plus hauts niveaux depuis mai.

Ces bouleversements redessinent déjà les flux énergétiques mondiaux. La Russie a lancé cette semaine la première cargaison de son gigantesque projet pétrolier Vostok dans l’Arctique, ouvrant une nouvelle voie d’exportation via la route maritime du Nord qui, selon Rosneft, pourrait à terme fournir l’équivalent d’environ 730 millions de barils de pétrole par an.

Parallèlement, les États-Unis ont acquis le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils de réserves pétrolières prouvées du Venezuela grâce à un vaste accord d’investissement. Le président Donald Trump a présenté ce pétrole comme un « cadeau » qui contribuera à reconstituer les réserves stratégiques de pétrole américaines.

Ces approvisionnements supplémentaires pourraient à terme atténuer la pression sur les marchés mondiaux. Cependant, le choc immédiat se fait déjà sentir chez les consommateurs américains. Le prix moyen national du diesel a dépassé 6 dollars le gallon pour la première fois jeudi, selon GasBuddy, après une hausse de près de 60 % depuis le début de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran fin février.

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Arabie saoudite: vol, hôtel, visa… le forfait à 3 100 dinars ne concerne pas encore la Tunisie

07. September 2026 um 16:09

Pas besoin de chercher une nouvelle catégorie de visa dans les formulaires saoudiens. Pour 7 nationalités, le sésame touristique se trouve désormais directement dans le forfait de voyage. Le “tourist package visa“!

L’Arabie saoudite propose en effet une formule qui réunit le vol, l’hébergement et le visa touristique électronique dans une même réservation. Le dispositif concerne actuellement les ressortissants de l’Inde, du Pakistan, du Bangladesh, de l’Indonésie, de l’Égypte, de la Jordanie et du Mexique. La Tunisie n’est pas concernée par cette formule à ce stade.

Le fonctionnement change surtout par rapport au parcours habituel. Le voyageur ne commence pas par demander son e-Visa séparément. Il passe par un opérateur agréé, choisit son forfait, renseigne ses données de passeport et sa photo, puis reçoit son visa électronique par e-mail une fois la procédure traitée.

Ce détail compte, car il ne s’agit pas d’un nouveau visa touristique saoudien. Le visa existe déjà, c’est son mode d’accès qui change. Pour les 7 nationalités visées, le forfait devient ainsi une porte d’entrée vers le e-Visa.

Le dispositif est présenté comme un programme pilote et s’inscrit dans la politique d’ouverture touristique du Royaume. Pour le voyageur, l’intérêt est assez terre à terre. Moins de démarches séparées et un séjour préparé en une seule opération.

D’autre part, concernant les conditions, le forfait doit notamment inclure un vol aller-retour et un hébergement dans un établissement touristique agréé d’au moins quatre étoiles. Le séjour peut aller de 2 à 88 jours, avec un visa à entrée unique valable 3 mois.

Côté prix, la formule démarre à 4 000 riyals saoudiens par adulte pour les 2 premiers jours, soit environ 3 100 dinars tunisiens, puis compte 1 000 riyals par jour supplémentaire. Le visa représente, à lui seul, 402,21 riyals, assurance voyage comprise.

De surcroît, la porte pourrait d’ailleurs ne pas rester entrouverte pour ces seuls 7 marchés. Sur son site, le ministère saoudien du Tourisme indique travailler “sans cesse” à l’élargissement de la liste des pays éligibles, avec l’objectif d’y intégrer davantage de destinations à travers le monde. Côté déploiement, 3 partenaires figurent déjà au menu pour proposer cette formule aux voyageurs.Rappelons toutefois que le forfait ne vaut pas automatiquement visa. Dans tous les cas, sa délivrance reste soumise à l’examen et à l’approbation des autorités saoudiennes.

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Participation d’entreprises tech tunisiennes au Salon « LEAP 2026 » de Riyadh

02. September 2026 um 10:00

Des entreprises tunisiennes et des acteurs de l’écosystème technologique participent pour la première fois au Salon international « LEAP 2026 », à Riyad en Arabie saoudite, qui se déroule du 31 août au 3 septembre 2026, selon un communiqué du CEPEX.

Cette participation au Salon LEAP fait partie d’une mission regroupant des entreprises tunisiennes spécialisées dans la cybersécurité, le numérique, l’intelligence artificielle, la robotique et l’Industrie 4.0.

Selon le CEPEX, le LEAP 2026 est l’occasion pour ces entreprises de montrer leur savoir-faire et de développer de nouveaux marchés, notamment en Arabie saoudite, une porte d’entrée vers les pays du Golfe. Il réunit plus de 600 startups, 1 800 marques technologiques internationales, 200 000 visiteurs et 1 900 investisseurs.

A noter que la Tunisie compte plus de 1 450 startups, dont 1 165 entreprises classées et 17 scale-ups, pour un chiffre d’affaires total estimé à 300 millions de dollars.

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Les Houthis ne sont pas des marionnettes de Téhéran

27. August 2026 um 07:56

Il y a quelques années encore, les Houthis du Yémen étaient considérés comme des membres de second ou troisième rang de l’Axe de résistance iranien, ce qui incitait les décideurs politiques à les traiter comme un instrument de Téhéran. Même s’ils bénéficient des armes, de l’entraînement et de l’expertise des Iraniens, ils ont aussi leurs propres calculs et leurs propres intérêts et agissent en conséquence.

Imed Bahri

Le groupe armé, qui contrôle une grande partie du nord du Yémen, est désormais en mesure d’influencer la prochaine phase du conflit irano-américain s’il tente de rétablir le blocus du détroit de Bab el-Mandeb, considère Alexandra Stark dans le New York Times. Les Houthis pourraient relancer la guerre au Yémen, faire dérailler les efforts visant à parvenir à un accord avec l’Iran et entraîner les États-Unis plus profondément dans les conflits de la région, estime-t-elle.

L’une des principales hypothèses précédant l’attaque américano-israélienne contre l’Iran, qui a débuté en février, était que les milices supplétives de l’Iran avaient été considérablement affaiblies.

Le Hezbollah, le groupe armé libanais qui fut jadis le plus fidèle allié de l’Iran dans la région, a subi de lourdes pertes face à Israël, tout comme le Hamas.

L’Iran a perdu un autre allié clé avec la chute du régime de Bachar el-Assad en Syrie en décembre 2024.

Les Houthis, dont les capacités militaires avaient également été affaiblies par les frappes américaines de 2024 et 2025, ne se sont pas précipités dans les combats lorsque les États-Unis et Israël ont commencé à frapper l’Iran cette année, ce qui, semble-t-il, les a épargnés d’attaques similaires. Peut-être, estime Alexandra Stark, attendaient-ils simplement le moment opportun.

La géographie confère aux Houthis un pouvoir exceptionnel

Grâce à leur position géographique unique, les Houthis peuvent perturber le commerce via le détroit de Bab el-Mandeb, un passage étroit à l’entrée de la mer Rouge par lequel transite entre 12 et 15% du commerce maritime mondial.

À l’autre extrémité de la mer Rouge se trouve le canal de Suez, voie de passage essentielle pour le pétrole et le gaz naturel liquéfié destinés aux marchés nord-américain et européen.

Avec la fermeture effective du détroit d’Ormuz par l’Iran, les Houthis se trouvent aujourd’hui dans une position de force exceptionnelle.

Leur influence mondiale s’est considérablement accrue depuis la prise de Sanaa, la capitale yéménite, en 2014 et le renversement du gouvernement internationalement reconnu début 2015.

Lorsque les forces houthies ont progressé vers le sud en mars de la même année pour tenter de s’emparer de territoires dans le sud du Yémen, une coalition dirigée par l’Arabie saoudite et soutenue par les États-Unis est intervenue. Un conflit local s’est ainsi transformé en conflit régional et en une crise humanitaire dévastatrice. Finalement, face à l’impasse des combats et à la pression internationale croissante, les deux camps ont convenu d’un cessez-le-feu négocié par l’Onu en avril 2022.

À cette date, les Houthis avaient établi un État de facto dans le nord du Yémen, tandis que le gouvernement, faible et soutenu par l’Arabie saoudite, contrôlait des parties du sud et de l’ouest.

Comment sont-ils parvenus à fermer la mer Rouge ?

Les Houthis ont démontré leur puissance en attaquant des navires en mer Rouge au début du conflit israélo-palestinien de 2023.

Utilisant du matériel rudimentaire et peu coûteux, comme des drones kamikazes, des missiles et des embarcations de surface autonomes (les USV, Uncrewed Surface Vessel), les Houthis ont rendu la navigation dans la région beaucoup plus dangereuse.

Le coût des assurances pour les navires commerciaux a été multiplié par vingt, bloquant de facto le détroit.

La seule alternative consistait à contourner la pointe sud de l’Afrique, ce qui allongeait le trajet de plus de 4 000 milles marins et augmentait considérablement les coûts de transport maritime.

Le mois dernier, les Houthis ont repris leurs attaques contre la navigation en mer Rouge, ciblant des pétroliers commerciaux liés à l’Arabie saoudite et des infrastructures énergétiques et de transport saoudiennes.

Les Houthis ont affirmé qu’il s’agissait de représailles suite à des frappes aériennes saoudiennes qui auraient visé la piste de l’aéroport de Sanaa le 13 juillet, apparemment pour empêcher l’atterrissage d’un avion iranien.

Actuellement, le transit des navires commerciaux se poursuit en mer Rouge mais le trafic des pétroliers a considérablement diminué au cours du mois dernier.

Les attaques des Houthis contre des navires, que le groupe armé revendique comme étant liés à l’Arabie saoudite, se sont poursuivies. L’attaque d’un cargo le 12 août a fait les premiers morts recensés lors de cette nouvelle vague d’attaques.

Ces derniers jours, les Houthis ont revendiqué des attaques contre un navire dans le port de Moka, en mer Rouge, contrôlé par les forces alliées au gouvernement yéménite internationalement reconnu. Ils ont également affirmé avoir ciblé des aéroports et des raffineries de pétrole en Arabie saoudite.

Ormuz fermé, la mer Rouge prend une importance accrue

Avec la fermeture effective du détroit d’Ormuz, la route mer Rouge-canal de Suez est devenue cruciale.

L’Arabie saoudite, en particulier, tentait de contourner Ormuz en transportant le pétrole brut par oléoduc jusqu’au port de Yanbu, sur sa côte ouest de la mer Rouge mais les récentes attaques des Houthis ont également compromis cette option.

Une fermeture quasi simultanée du détroit d’Ormuz et du canal de Suez aggraverait les problèmes du commerce mondial et ferait grimper encore davantage les prix du pétrole et l’inflation.

Les Houthis agissent-ils sur ordre de l’Iran ? Ce n’est pas aussi simple. Les Houthis sont désormais en mesure d’intensifier leur implication dans un conflit régional déjà dévastateur, compliquant davantage les efforts déployés pour y mettre fin.

Certains pourraient supposer que leurs actions sont dictées par l’Iran mais la réalité est probablement plus complexe. Les Houthis sont très opportunistes et ont fait preuve de pragmatisme sur la scène internationale, démontrant leur capacité à choisir le moment opportun pour s’engager dans des conflits et pour les intensifier.

Lorsqu’ils ont attaqué des navires en mer Rouge entre 2023 et 2025, ils ont affirmé que leur objectif était de faire pression sur Israël pour stopper la guerre à Gaza. Cependant, ces frappes ont également renforcé leur légitimité dans les zones qu’ils contrôlent au nord du Yémen, détournant l’attention de leurs échecs de gouvernance à un moment où leur popularité était en déclin.

Les Houthis semblent y voir une occasion d’accroître leur influence dans leurs négociations avec l’Arabie saoudite en vue d’un règlement politique du conflit yéménite, ou peut-être une chance de reprendre leurs attaques contre le gouvernement soutenu par la communauté internationale.

La précédente vague d’attaques houthies, entre 2023 et 2025, a eu un impact significatif, mais finalement gérable, sur l’économie mondiale. Des études réalisées à l’époque estimaient que les perturbations du transport maritime résultant de ces attaques n’auraient qu’un effet limité sur l’inflation. Cependant, la fermeture du détroit de Bab el-Mandeb conjointement à celle du détroit d’Ormuz, serait tout autre, et ses répercussions économiques seraient probablement bien plus graves.

L’accord américano-iranien ne résoudra pas le problème

Alors que les États-Unis tentent de mettre fin à la guerre avec l’Iran, les Houthis menacent de reprendre les hostilités au Yémen.

Cette situation risque d’entraîner à nouveau l’Arabie saoudite dans le conflit, de menacer le commerce mondial du pétrole et de maintenir la région dans l’instabilité.

Il sera difficile de désamorcer les tensions régionales sans s’attaquer directement à la menace houthie, plutôt que de supposer que le problème puisse être résolu par un accord avec leur prétendu «maître», l’Iran.

Parallèlement, il ne faut pas croire qu’un accord avec l’Iran contraindra les Houthis à agir en conséquence.

La bonne approche, selon Alexandra Stark, consiste à les considérer comme un acteur indépendant, pragmatique et dangereux, prenant des décisions en fonction de leurs propres intérêts et non comme une marionnette agissant sur ordre de Téhéran.

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