Normale Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.
Heute — 30. Januar 2026Haupt-Feeds

Ilhan Omar, l’ennemie jurée et bête noire de Donald Trump

30. Januar 2026 um 13:07

Ilhan Omar, l’élue démocrate d’origine somalienne, est aux antipodes du président américain. Elle défend une ligne progressiste ­- droits des minorités, accueil des immigrés, justice sociale, critique de l’islamophobie – là où Trump a bâti son discours sur le nationalisme, la fermeture des frontières, la chasse aux clandestins et la stigmatisation de certaines communautés, notamment du tiers-monde.

 

Née en Somalie, arrivée aux États-Unis comme réfugiée, musulmane voilée, membre de l’aile progressiste du Parti démocrate, défendant les droits des réfugiés et des minorités, très critique à l’égard de l’action du président républicain, Ilhan Omar, qui cristallise les tensions politiques américaines, incarne tout ce que Donald Trump déteste.

Faut-il rappeler que depuis sa première élection à la présidence des États-Unis en 2016, le milliardaire républicain n’a pas manqué une occasion de s’en prendre, face à la presse ou via les réseaux sociaux, à ses adversaires politiques, à l’instar de Hillary Clinton, Joe Biden, Nancy Pelosi, ou encore Kamala Harris. Mais Ilhan Omar, sur laquelle il fait une fixation maladive, est sa tête de Turc préférée.

« C’est un président qui n’admet même pas que sa propre mère et son grand-père étaient des immigrés, que quatre de ses enfants ont des mères qui sont des immigrées. C’est la preuve qu’il n’est pas simplement xénophobe. Il est xénophobe et raciste parce qu’en réalité, il n’aime pas juste les immigrés qui me ressemblent ». Implacable constat.

 

Acharnement

N’a-t-il pas hésité à qualifier l’élue du Minnesota d’« ordure », ajoutant que « ses amis sont des ordures, qu’ils retournent d’où ils viennent et qu’ils règlent leurs problèmes ».

En avril 2019, il fait apparaître Ilhan Omar dans une vidéo aux côtés d’images du 11-Septembre, laissant entendre qu’elle aurait encouragé les attentats. En juillet de la même année, il demande à l’élue et à trois autres démocrates de « retourner dans leur pays » alors qu’elles sont évidemment étasuniennes. Peu après, il l’accuse à tort de soutenir Al-Qaïda et d’en faire la promotion.

Septembre 2020 : « Quid d’Omar dans le Minnesota ? Elle veut nous dire comment diriger notre pays… Et toi, comment ça va dans ton pays ? Comment il allait ton pays quand tu l’as quitté ? ». En novembre de l’année suivante, il lui réclame des excuses pour avoir « abandonné » la Somalie et l’accuse d’orchestrer une « immigration de masse ».

Pourquoi tant de rancune envers l’élue démocrate ? C’est que cette femme, partie de rien et de nulle part, est au cœur du mouvement de résistance à la politique migratoire de l’administration Trump, laquelle mène une sanglante chasse aux immigrants clandestins dont certains vivent depuis des décennies aux Etats-Unis avec familles et enfants et payent leurs impôts comme tout contribuable américain.

 

Parcours de combattante

Remarquable parcours de cette femme de 43 ans. Fuyant la guerre civile en Somalie – son pays de naissance -, ayant passé son enfance dans un camp de réfugiés au Kenya avant d’être accueillie à 12 ans aux États-Unis avec sa famille, elle obtint la citoyenneté américaine en 2000 avant de gravir progressivement les échelons politiques jusqu’au Congrès où elle se fera élire à la Chambre des Représentants avec la volonté affichée de porter la voix des réfugiés et d’envoyer un message d’espoir à l’Amérique fracturée de Donald Trump. Elle  deviendra ainsi l’une des deux premières femmes musulmanes à entrer au Congrès des États-Unis avec sa consœur Rashida Tlaib.

En 2018, elle remporte la primaire démocrate dans le Minnesota avec comme mesure phare de son programme : l’abolition de l’ICE, cette police de l’immigration aujourd’hui utilisée comme milice masquée par l’administration Trump.

Mère de trois enfants, Ilhan Omar défend des positions ancrées à la gauche radicale, comme l’instauration d’un salaire minimum, ou encore la mise en place d’une assurance santé universelle. Ses détracteurs l’accusent d’antisémitisme en raison de ses critiques du lobbying pro-israélien aux États-Unis .

Pourtant, tout au long de sa carrière en politique dans l’Amérique de Trump, et même avant en 2014 – alors qu’elle n’était élue que localement -, elle a eu affaire à la violence, verbale et physique.

« Chaque fois que le président utilise une rhétorique haineuse contre moi, les menaces de mort contre ma personne explosent », a déclaré celle qui affirme recevoir le plus grand nombre de menaces de mort parmi tous les membres du Congrès ;  une situation qui l’a conduite à bénéficier d’une protection rapprochée de six agents de la police du Capitole pendant son premier mandat.

 

Résilience

La violence ? C’est son quotidien. Au cours d’une réunion publique tenue mardi 27 janvier 2026 à Minneapolis, dans le Minnesota, un homme est parvenu à l’arroser d’une substance nauséabonde encore non identifiée et contenue dans une seringue, puis à la toucher, avant que la sécurité n’intervienne. Et c’est sans surprise que les enquêteurs découvrent que l’agresseur dispose d’un casier judiciaire et qu’il avait publié en ligne des messages de soutien au président Donald Trump !

Faisant montre d’un remarquable sang-froid, Ilhan Omar est restée sereine au moment de son agression. Elle a même repris son discours comme si de rien n’était. « J’ai survécu à la guerre, je survivrai certainement à l’intimidation », a-t-elle déclaré à la presse avec flegme.

Admirable.

L’article Ilhan Omar, l’ennemie jurée et bête noire de Donald Trump est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Ältere BeiträgeHaupt-Feeds

Un deal entre Washington et le Hamas sur le plan Trump pour Gaza ?

28. Januar 2026 um 11:11

Au grand dam du gouvernement israélien, l’administration américaine aurait entamé des pourparlers avec le Hamas pour mettre en application les 20 points du plan de Donald Trump pour Gaza.

 

C’est un document officieux qui fait figure de sésame. Dans un éditorial fort remarqué qui a été publié le 23 janvier dans les colonnes du grand quotidien israélien de gauche, Haaretz, l’auteur de l’article révèle que, contre toute attente, le Hamas et l’administration Trump seraient parvenus à un accord en vertu duquel le mouvement islamiste renoncerait à ses armes et remettrait également les cartes des tunnels non encore identifiés par l’armée israélienne. En échange, l’organisation palestinienne, honnie par les Américains, les Européens, les Israéliens et les monarchies du Golfe, serait légalisée comme parti politique légitime.

De plus, ses membres souhaitant quitter l’enclave de Gaza pourraient le faire sans craindre pour leur vie.

Faut-il voir dans ce deal surprenant de la souplesse et une dose de pragmatisme de la part des Américains, soucieux avant tout de réussir la deuxième phase du plan Trump pour Gaza ? Quitte à réintégrer le Hamas – un mouvement terroriste aux yeux de Washington – en tant qu’acteur incontournable dans le plan soutenu par Washington pour mettre fin à la guerre à Gaza. Et lui permettre in fine de se frayer un chemin vers la légitimité internationale ?

 

Faut-il voir dans ce deal surprenant de la souplesse et une dose de pragmatisme de la part des Américains, soucieux avant tout de réussir la deuxième phase du plan Trump pour Gaza ? 

 

Un parcours semé d’embûches

Pour rappel, ce fameux plan est entré dans sa deuxième phase avec la création d’un Comité national d’administration de Gaza (Cnag), et la formation d’un Conseil de la paix présidé par Donald Trump, mais aussi nombre de questions en suspens. Dont les points les plus litigieux portent sur le désarmement du Hamas et le retrait des troupes israéliennes, prévus par l’accord de cessez-le-feu.

Lire aussi: Trump dévoile son équipe de «Conseil de paix» pour Gaza

La première phase du plan de 20 points de Donald Trump a débuté avec l’entrée en vigueur le 10 octobre 2025 d’un cessez-le-feu, qui devait permettre l’afflux d’aide humanitaire et le retour des otages enlevés lors de l’attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023.

A noter que tous les captifs vivants ou morts ont été rendus à Israël, y compris la dépouille du policier Ran Gvili ; sachant que le retour de tous les otages du Hamas était une condition sine qua non imposée par Washington pour la reprise du plan de paix américain. D’autant plus que le gouvernement israélien avait fait du retour de tous les otages, vivants comme morts, une condition indispensable.

En effet, la dépouille de Ran Gvili a donc été rapatriée en Israël, lundi 26 janvier. Cet otage était le dernier des 251 otages enlevés par le Hamas. Jusque-là, son corps n’avait pas encore été localisé.

Mauvaise foi

Mais, bien que le Hamas ait tenu parole en rendant les dépouilles des otages et au moment où le président américain inaugure son Conseil de la paix, Israël interdit toujours l’entrée dans l’enclave des technocrates palestiniens du Comité national d’administration de Gaza (Cnag), l’exécutif censé succéder au gouvernement du Hamas islamiste palestinien.

A savoir que le Cnag est composé d’environ 50 000 fonctionnaires (policiers, enseignants, pompiers, ingénieurs, médecins et travailleurs sociaux) qui étaient employés par le Hamas dans la bande de Gaza et qui constituent l’infrastructure indispensable à la mise en œuvre de la deuxième phase du plan Trump. Il n’est donc pas étonnant que la composition de l’exécutif censé succéder au gouvernement du Hamas soit sujette à une lutte politique acharnée, car c’est par ce canal que transiteront les importants fonds nécessaires au financement de l’enclave.

 Est-ce le bout du tunnel ?

Rappelons dans ce contexte qu’à la suite d’une réunion qui s’est récemment tenue au Caire entre des représentants des mouvements palestiniens, de hauts responsables égyptiens et des membres du Cnag, une déclaration commune, au contenu inhabituel, a rendu hommage au président Trump, ainsi qu’aux États médiateurs, en l’occurrence l’Égypte, le Qatar et la Turquie, « pour leurs efforts soutenus en faveur du peuple palestinien ».

Ce satisfecit accordé aussi bien par le Fatah que par le Hamas au président américain signifie-t-il qu’une page est en train de se tourner au Moyen-Orient ?

 

Ce pourrait être un point d’entrée pour les vivres et l’aide humanitaire dont les Gazaouis ont dramatiquement besoin, mais le gouvernement israélien pose ses conditions.

 

Signe tangible d’une certaine décrispation, c’est la réouverture annoncée pour cette semaine du point de passage de Rafah. Ce point entre la bande de Gaza et l’Égypte aurait d’ailleurs déjà dû rouvrir en octobre, selon le plan de paix américain. Mais il est resté fermé jusqu’ici par l’armée israélienne. Ce pourrait être un point d’entrée pour les vivres et l’aide humanitaire dont les Gazaouis ont dramatiquement besoin, mais le gouvernement israélien pose ses conditions. Pour l’instant, c’est une réouverture limitée seulement aux piétons, prévient le gouvernement israélien qui redoute que des livraisons par camion puissent dissimuler des armes. Cette réouverture est donc pour l’heure plus un symbole, un gage de bonne volonté en direction des Américains, qu’un réel changement.

D’autre part, il est prévu dans le plan de paix de Donald Trump dans cette phase 2 la mise en place d’une force internationale, avec des soldats venus de plusieurs pays pour assurer l’ordre. Les Américains souhaitent que ces soldats viennent de nations arabes et/ou musulmanes. Ils citent l’Indonésie et le Maroc, ces deux pays étaient d’ailleurs représentés au premier rang à Davos la semaine du 19 janvier pour le Conseil de la paix de Donald Trump. Sont également cités l’Égypte, la Turquie, l’Azerbaïdjan. Mais qui dans ces conditions instables voudra envoyer des contingents sur place ?

L’article Un deal entre Washington et le Hamas sur le plan Trump pour Gaza ? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

La dette américaine, le bazooka financier de l’Europe face à Donald Trump ?

24. Januar 2026 um 12:23

Détenus massivement par des investisseurs européens, les bons du Trésor américains pourraient servir de levier stratégique face à l’agressivité de l’administration Trump. Mais, c’est une arme à double tranchant.

 

Et si la dette américaine était le levier stratégique dont disposent les Européens face à l’administration Trump qui ne cesse de manier, tel un Etat voyou, menaces de taxes douanières, chantage à la guerre commerciale et velléités expansionnistes avec la volonté affichée de faire main basse sur le Groenland sous prétexte que ce territoire est nécessaire à la sécurité nationale des Etats-Unis ?

« Nous avons besoin du Groenland pour des raisons stratégiques », a déclaré le milliardaire américain, mercredi 21 janvier, au Forum économique mondial de Davos, réfutant à l’occasion la thèse selon laquelle il s’y intéresserait pour ses minerais et terres rares. « Tout ce que je demande, c’est un bout de glace, qui peut jouer un rôle vital dans la paix mondiale et la protection du monde », a-t-il insisté, confondant au passage le Groenland avec l’Islande.

Arme nucléaire financière

De quoi s’agit-il au juste ? D’une montagne de bons du Trésor américain que l’Europe a acquise au fil des ans. Ces obligations sont des reconnaissances de dette émises par la Fed contre de l’argent prêté aux États-Unis par les investisseurs. Ainsi, la dette américaine serait l’arme que l’Europe pourrait dégainer pour remporter le bras de fer engagé avec Washington.

Or, il se trouve que les pays européens membres de l’Otan détiennent ensemble plus de 2 000 milliards de dollars en titres de bons de Trésor et d’autres actifs américains. Le montant grimpe à environ 3 000 milliards en incluant le Canada, autre cible récurrente du président américain. Et si tous ces pays décidaient de vendre massivement Ces titres sur le marché en une seule fois ? Les vendre équivaudrait, pour certains experts, à déclencher une « arme nucléaire financière ».

C’est que la première puissance économique mondiale est lourdement endettée et vit largement à crédit. Si l’Europe décidait de vendre massivement ses titres sur le marché en une seule fois, la panique serait assurée à Wall Street. En pratique, le prix des titres s’effondrerait, les taux d’intérêt américains exploseraient et l’économie de l’Oncle Sam serait sérieusement bousculée.

« L’Amérique est dépendante du reste du monde pour financer le déficit extérieur… et c’est la faiblesse majeure des Américains, exactement comme pour nous », explique un expert économique. Ajoutant que l’Europe « est le premier détenteur d’actifs en dollars ». « Si on vend massivement la dette, les taux américains s’envolent en 48 heures comme des dingos. Là, le pays est pris à la gorge et c’est juste le scénario ultime de crise d’une nation ».

Panique

Panique outre-Atlantique. Donald Trump qui suit de près les marchés américains, y compris le marché obligataire, a aussitôt mis en garde les pays européens qui envisagent de vendre des actifs américains. « Si cela arrivait, nous lancerions de grosses représailles et nous avons toutes les cartes en main », a-t-il prévenu jeudi 22 janvier dans une interview avec la chaîne Fox Business depuis Davos.

Donald Trump a de quoi s’inquiéter en constatant qu’un grand fonds de pension suédois, Alecta, avait vendu la majeure partie de ses bons du Trésor américain, en raison de la fragilité des finances publiques des Etats-Unis.

Il s’agit du deuxième fonds nordique à rendre publique une telle décision, après que le fonds danois Akademiker Pension a annoncé, mardi 20 janvier, son intention de se délester de 100 millions de dollars d’obligations du Trésor américain. Un autre fond danois, Pædagogernes Pensionskasse (PBU), a annoncé à la chaîne de télévision danoise TV2 vendre également des obligations d’État américaines.

Le spectre du chaos

Un timing anodin ? « Ce sont des montants bien trop faibles pour déstabiliser le marché financier nord-américain, mais cela prouve que dans le contexte actuel, les investisseurs européens ne sont pas fermés à l’idée de se débarrasser de leurs obligations du Trésor », assure un expert financier. D’autant plus que dans ce scénario catastrophe, « Washington devrait aussi payer plus cher pour rembourser tout l’argent emprunté et, ainsi, creuser encore un peu plus son déficit. La perspective de devoir payer encore plus pour financer ces mesures risquerait de froisser l’aile fiscalement conservatrice de la droite américaine. Donald Trump n’a pas besoin de nouvelles frictions au sein de sa majorité, surtout à l’approche des élections de mi-mandat, qui se tiendront en novembre prochain », a-t-il encore ajouté.

Toujours est-il que ce scénario est tout de même à double tranchant. La confiance dans le dollar s’écroulerait, tout comme la Bourse de New York, ce qui aurait des répercussions mondiales. Or, déstabiliser l’économie américaine, équivaudrait in fine à un chambardement au sein de l’ordre économique mondial dont nul ne sortirait indemne.

L’article La dette américaine, le bazooka financier de l’Europe face à Donald Trump ? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Le Canada a-t-il raison de s’inquiéter de la gourmandise de l’Amérique de Trump?

22. Januar 2026 um 10:54

Que faire en cas d’agression du voisin américain ? Après le Venezuela et le Groenland, les Canadiens se demandent s’ils seront les prochains sur la liste des visées expansionnistes du président américain. Au point que l’armée canadienne envisage le scénario de tactiques de guérilla contre une hypothétique invasion américaine.

 

« Quand vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu ». Dans un discours choc prononcé mardi 20 janvier devant un parterre de gotha politique et économique mondial réuni lors du 56e forum à Davos, le Premier ministre canadien, Mark Carney, constate non sans amertume que le monde a basculé dans une nouvelle ère, marquée par la rivalité des grandes puissances, l’usage coercitif du commerce et la fin de ce qu’il appelle une « fiction confortable » : celle d’un ordre international fondé sur des règles communes. Tout en appelant les puissances intermédiaires « à se préparer au retour du rapport de force et à construire une autonomie stratégique ; sans renoncer à leurs valeurs fondamentales, qu’il s’agisse de la souveraineté ou de l’intégrité territoriale ».

Le message du responsable canadien est simple : de nombreux pays ne peuvent plus se contenter de compter sur leurs alliances et leur géographie. « Un pays qui ne peut pas se nourrir, se fournir en énergie ou se défendre a très peu d’options lorsque les règles cessent de vous protéger ».

Réponse hautaine de Donald Trump qui rétorque que « le Canada vit grâce aux Etats-Unis », avant de reprocher à Ottawa de ne pas reconnaître suffisamment les avantages tirés de cette relation. « Souviens-t-en, Mark, la prochaine fois que tu fais des déclarations », a-t-il lancé, dans une mise en garde à peine voilée adressée au Premier ministre canadien.

Inquiétudes justifiées

Ce discours longuement ovationné à Davos, est partagé notamment au Canada où depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, la relation bilatérale longtemps perçue à Ottawa comme stable et prévisible, est marquée par les menaces répétées sur les droits de douane, les remises en cause publiques des accords commerciaux. D’autant plus que Donald Trump a évoqué à plusieurs reprises l’idée que son voisin du nord puisse devenir le 51e État des Etats-Unis. Le milliardaire républicain s’est récemment montré de plus préoccupé par la vulnérabilité du Canada face aux adversaires des États-Unis dans l’Arctique, notamment la Russie et la Chine, critiquant en privé le faible niveau de dépenses de défense d’Ottawa.

Provocation  

Plus inquiétant encore. Dans la nuit de lundi à mardi 20 janvier, alors que les ambitions américaines sur le Groenland inquiètent les alliés de Washington, le président américain a posté sur son réseau, Truth Social, une série de photos générées par l’intelligence artificielle où on le voit dans le Bureau ovale avec les dirigeants européens, assis comme des élèves sages et obéissants, devant une carte où le drapeau américain recouvre les Etats-Unis mais aussi le Canada, le Groenland et le Venezuela ! De la science fiction, une provocation délibérée ?

Simulations en cas d’invasion américaine

Plutôt un scénario, jugé impensable auparavant, qu’Ottawa prend très au sérieux maintenant. En effet, The Globe and Mail, quotidien de référence au Canada, révèle que l’état-major militaire canadien a récemment planché sur des scénarios de crise impliquant une invasion militaire américaine.

Ces simulations, qualifiées d’hypothétiques par les autorités, montrent la fragilité structurelle du Canada face à son voisin du sud, en particulier sur le flanc arctique et dans les grandes infrastructures stratégiques. Pis : selon les projections, l’ensemble des sites stratégiques du pays pourraient tomber en moins d’une semaine.

Tactiques de guérilla urbaine ?

Toujours est-il que le modèle conceptuel et théorique développé par l’armée canadienne, s’il ne constitue pas un plan militaire opérationnel, permet plutôt d’évaluer les risques et d’explorer les stratégies.

Selon le quotidien canadien, les responsables militaires envisagent ainsi une attaque venant du sud, avec des forces américaines capables de surmonter rapidement les positions stratégiques canadiennes sur terre et en mer, en l’espace d’une semaine, voire en deux jours seulement. Alors même que le Canada ne possède pas les effectifs ni l’équipement nécessaires pour repousser une invasion classique. Le modèle prévoit par conséquent une guerre non conventionnelle, où des groupes armés irréguliers ou des civils organisés utiliseraient embuscades, sabotages, frappes de drones et attaques éclair.

« Le modèle inclut les tactiques utilisées par les moudjahidines afghans dans leurs attaques éclair contre les soldats russes durant la guerre soviéto-afghane », assure un haut fonctionnaire canadien qui s’exprime anonymement dans les pages du quotidien. Des tactiques qui ont déjà été reprises par les Talibans contre les forces américaines et alliées, y compris les Canadiens, en Afghanistan. L’objectif : infliger de lourdes pertes aux forces occupantes américaines.

Au final, cette réorientation signifie-t-elle une rupture totale avec Washington ? Selon les observateurs, le Canada, membre fondateur de l’OTAN et partenaire des États-Unis pour la défense aérienne continentale, cherche plutôt à réduire une dépendance jugée désormais à haut risque. En attendant le départ tant espéré d’un président américain déroutant, peu fiable et imprévisible à volonté.

L’article Le Canada a-t-il raison de s’inquiéter de la gourmandise de l’Amérique de Trump? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Le Conseil de la Paix proposé par Donald Trump, un pied de nez à l’ONU ?

20. Januar 2026 um 11:56

Officiellement créé par Donald Trump pour gérer la reconstruction de la bande de Gaza, le « Conseil de la paix » est en réalité une machine de guerre qui a pour but d’offrir une alternative à l’ONU pour régler les conflits dans le monde. A la hache.

Créée en 1945 suite aux horreurs de la Seconde Guerre mondiale, l’ONU serait morte cliniquement. Place donc à une nouvelle organisation, le Conseil de paix, un club version Maga et business, présidé par Donald Trump en personne et dont le but consisterait à « œuvrer à la résolution des conflits dans le monde ». Avec, tenez-vous bien, un ticket d’entrée d’un milliard de dollars pour un siège permanent.

Folie des grandeurs ? Une nouvelle initiative loufoque d’un homme qui n’a de cesse depuis un an, jour après jour de sa réélection à la tête des Etats-Unis, de saturer l’espace médiatique par ses interventions quotidiennes à l’interne et à l’international ?

Toujours est-il que le projet de « charte » que le président américain veut vendre au monde, révèle une initiative et un mandat bien plus vastes que la seule question de Gaza, et semble en faire un véritable substitut des Nations unies.

Le dit Conseil est  « une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits ». C’est ce qu’il ressort du préambule de ce texte de huit pages envoyé aux États invités à y siéger.

L’ONU dans le viseur de Trump

D’emblée, le texte de la charte lance la couleur : puisque les « approches et institutions ont trop souvent échoué », une allusion à peine voilée à l’ONU, il est nécessaire d’avoir « le courage » de s’en « écarter » en faveur d’ « une organisation de paix internationale plus agile et efficace ». Ainsi, le président américain, de longue date un critique virulent de l’institution onusienne, veut se créer un cadre sur mesure pour instaurer sa loi, celle de la jungle, au niveau international.

N’a-t-il pas signé le 7 janvier en cours un décret ordonnant le retrait des Etats-Unis de 66 organisations internationales qui « ne servent plus les intérêts américains » selon la Maison Blanche ?

N’avait-il pas, comme lors de son premier mandat, décidé de retirer les Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat et de l’UNESCO que les Etats-Unis avaient réintégrés sous la présidence de Joe Biden ?

N’avait-il pas également claqué la porte de l’Organisation mondiale de la santé et largement coupé l’aide américaine à l’étranger? Amputant ainsi les budgets de nombreuses organisations comme le Haut commissariat aux réfugiés ou le Programme alimentaire mondial.

Un président de pacotille

Cette nouvelle organisation sera évidemment présidée par Donald Trump avec des pouvoirs très étendus. Presque président à vie, à l’instar des dictatures du Tiers-Monde, l’actuel locataire de la Maison Blanche pourra se désigner un successeur à tout moment, et ne sera remplacé qu’en cas de « démission volontaire » ou d’« incapacité ». Il est également le seul habilité à inviter d’autres chefs d’État et de gouvernement à intégrer son club fermé et peut révoquer leur participation; sauf en cas de veto par une majorité des deux tiers des États membres.

Si les décisions sont prises à la «majorité des États membres», qui ont chacun «une voix», elles sont aussi «soumises à l’approbation du président ». Ce qui confère de facto un droit de veto à Donald Trump, qui a aussi la main sur l’agenda.

Chaque Etat-membre exercerait un mandat d’une durée maximale de trois ans à compter de l’entrée en vigueur de la présente charte, renouvelable par le président. Mais il introduit aussi un mécanisme permettant d’acheter une place de membre permanent, au prix du versement d’un milliard de dollars.

Déjà, il aura envoyé des invitations depuis le week-end dernier aux alliés traditionnels des Etats-Unis la France, l’Allemagne ou le Canada; mais aussi à la Russie de Vladimir Poutine. Le Kremlin a confirmé, lundi 19 janvier, que le maître du Kremlin Poutine avait été invité à « se joindre à la composition du Conseil de paix ». Sans oublier l’Italie, la Hongrie, l’Albanie, l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Égypte, la Jordanie, la Turquie ou encore l’Inde.

Réactions embarrassées

Si les réactions des dirigeants ayant reçu l’invitation étaient plutôt embarrassées- Moscou veut « clarifier toutes les nuances » de cette proposition avec Washington avant de se prononcer; le gouvernement allemand a exprimé la nécessité de se « coordonner » avec ses partenaires; la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen « réserve sa réponse »; le  Premier ministre canadien Mark Carney décide « d’accepter l’invitation », mais « le Canada ne va pas payer pour un siège au Conseil », en référence au milliard de dollars requis pour obtenir un siège permanent au sein de ce « Conseil », le refus de Paris était catégorique et sans appel.

Ainsi, la France « n’entend pas donner de suite favorable » à ce stade à l’invitation reçue pour rejoindre un Conseil de paix voulu par Donald Trump, qui « soulève des questions majeures », a déclaré l’entourage d’Emmanuel Macron.

Car, la charte de cette initiative « dépasse le seul cadre de Gaza et soulève des questions majeures, en particulier quant au respect des principes et de la structure des Nations unies, qui ne sauraient en aucun cas être remis en cause ».

Décidément, le président français qui aura avalé tant de couleuvres de la part des Américains et qui vient d’être publiquement humilié par Donald Trump, se rebiffe. On le serait à moins !

L’article Le Conseil de la Paix proposé par Donald Trump, un pied de nez à l’ONU ? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

❌
❌