Odile Renaud-Basso : « Le coût de production des renouvelables en Tunisie est compétitif »
La présidente de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), Odile Renaud-Basso, effectue une visite officielle en Tunisie les 15 et 16 janvier 2026. Nous l’avons rencontré à l’occasion de la signature de nouveaux accords de contribution de l’UE avec la BERD (20 millions d’euros) et la BEI Global (15 millions d’euros), visant à soutenir des projets solaires photovoltaïques et les infrastructures du réseau électrique tunisien. Interview exclusive:
Quelles sont les priorités communes de cet accord de subvention récemment signé pour financer le réseau électrique de la STEG ?
Odile Renaud-Basso : Cet accord vise à financer la STEG, l’entreprise nationale d’électricité, afin de faciliter la connexion des énergies renouvelables au réseau. La Tunisie a lancé plusieurs appels d’offres pour développer sa capacité de production électrique renouvelable, notamment solaire, avec un fort potentiel dans le pays pour le solaire et l’éolien. Pour raccorder ces investissements au réseau, des fonds sont nécessaires. C’est l’objectif de ce partenariat. Par ailleurs, une partie du financement porte sur la modernisation de la STEG, avec des investissements dans les outils informatiques pour mieux gérer ses opérations et l’ensemble du réseau.
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Cette initiative s’inscrit-elle dans une vision plus large partagée avec l’Union européenne, la BERD et la BEI ?
Odile Renaud-Basso : Oui, il existe une vision commune entre la Tunisie, l’Union européenne, la BERD et la BEI sur l’importance des investissements dans les énergies renouvelables. Cela répond à la dépendance énergétique actuelle de la Tunisie, qui importe du gaz à un coût élevé, posant un enjeu de sécurité énergétique et de développement économique. Le coût de production des renouvelables en Tunisie est très compétitif, et le pays pourrait exporter vers l’Europe via le projet ELMED, pour lequel un accord de financement a aussi été signé de 45 millions d’euros.
Vous dirigez la BERD depuis 2020 et êtes la première femme à ce poste, gérant 41 pays. Y a-t-il des similitudes entre les pays du Maghreb et de la région MENA ?
Oui, par exemple, le Maroc investit massivement dans les énergies renouvelables avec une stratégie ambitieuse, similaire à celle de la Tunisie. Nous intervenons au Maroc, en Tunisie, en Jordanie et en Égypte, mais pas en Algérie. Notre priorité commune dans toute la région est le développement du secteur privé : nous mobilisons des financements via les institutions financières, des prêts directs et un soutien aux PME.
Qu’avez-vous retenu de votre visite en Tunisie ?
C’est ma deuxième visite ici ; j’étais venue il y a deux ans. Je retiens le rôle clé de la BERD, qui soutient le domaine de l’énergie, de l’eau, le secteur privé et collabore avec les entreprises publiques comme la STEG, la Société des Phosphates (OPG) ou l’Office des Céréales (ODC). L’objectif est de soutenir des investissements et favoriser la transformation et la modernisation de la gestion des entreprises publiques.
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