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Empfangen — 22. Juni 2026 Französischsprachig

Classement Fifa | La Tunisie dégringole de 13 places

22. Juni 2026 um 13:39

L’équipe de Tunisie de football a connu une chute spectaculaire au classement Fifa, perdant 13 places d’un coup pour se retrouver 58e mondiale, suite à ses trois dernières lourdes défaites face à la Belgique en amical (0-5) et lors de ses deux premiers matches de groupe au Mondial 2026, face à la Suède (1-5) et le Japon (0-4).

Ce déclin des Aigles de Carthage, qui n’ont jamais volé aussi bas, ne s’est pas limité au niveau mondial, mais s’est également étendu au classement continental, où elle occupe désormais la 10e place en Afrique et la 5e dans le monde arabe, derrière le Maroc, l’Égypte, l’Algérie et le Qatar.

À l’inverse, l’équipe nationale marocaine a continué d’écrire l’histoire, se hissant à la 6e place mondiale, le meilleur classement jamais atteint par une équipe arabe et africaine, devant des équipes établies comme l’Allemagne, les Pays-Bas, le Portugal et la Belgique.

Cette performance souligne les progrès significatifs réalisés par le football marocain ces dernières années sur les plans du management, de la formation et des infrastructures.

Au sommet du classement mondial, l’équipe nationale argentine, championne du monde en titre, a conservé sa première place, tandis que l’Espagne et la France ont échangé les 3e et 4e places, sans changement d’identité du leader.

Rappelons que le meilleur classement Fifa de l’histoire de l’équipe nationale masculine de Tunisie est la 14e place, atteinte en avril et mai 2018. Depuis, elle n’a cessé de dégringoler, à l’image d’un football tunisien mal géré, pauvre en individualités et faible en moyens financiers.

I. B.

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CNSS | Les pensions de retraite versées avant la grève des banques

22. Juni 2026 um 13:13

La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) a annoncé que le versement des pensions débutera ce lundi 22 juin 2026 et ce, avant la grève de trois jours qui sera menée, les 23, 24 et 25 juin, par les employés des banques, des établissements financières et des compagnies d’assurance.

Ces derniers, regroupés au sein de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), avaient déjà observé une grève les 3 et 4 novembre 2025, pour les mêmes revendications, qui n’ont pas été satisfaites. Ils réclament une augmentation de salaire pour 2025 et l’ouverture de négociations avec le Conseil bancaire et financier (CBF) et la Fédération tunisienne des compagnies d’assurance (Ftusa) pour l’amélioration de leurs conditions générales de travail.

I. B.

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Tunisie | Maintien de la grève des banques et des établissements financiers

22. Juni 2026 um 12:58

Le département du secteur public et des entreprises publiques de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a publié, ce lundi 22 juin 2026, un communiqué où il tient le Conseil bancaire et financier (CBF) pleinement responsable des tensions et des troubles actuels dans le secteur, résultant de l’impasse des négociations. (Photo: Meeting des employés des banques le 3 novembre 2025 devant le siège de l’UGTT à Tunis).

Le département a jugé légitime la grève prévue les 23, 24 et 25 juin par les employés des banques, des établissements financiers et des sociétés d’assurance, grève à laquelle ils affirment avoir été contraints par l’impasse où se sont trouvées les négociations et l’absence de toute véritable volonté de dialogue. Les dirigeants syndicaux ont appelé le CBF à assumer ses responsabilités nationales et à abandonner sa politique d’évitement en ouvrant un dialogue sérieux et responsable qui garantisse les droits et préserve l’équilibre.

Les tensions actuelles dépassent le simple conflit sectoriel et soulèvent la question du respect des droits syndicaux et de l’avenir du dialogue social dans notre pays, ont conclu les syndicalistes dans leur communiqué.

Rappelons que les employés du secteur bancaire et financier ont observé une première grève nationale les 3 et 4 novembre 2025, en soulignant, à l’appui de leur mouvement, la dégradation de leurs conditions sociales et la baisse de leur pouvoir d’achat. Mais leurs revendications, notamment les augmentations salariales, n’ont pas été satisfaites.

I. B.

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Mondial 2026 | La gifle des joueurs iraniens à la Fifa

22. Juni 2026 um 12:26

L’équipe nationale de l’Iran (20e au classement Fifa) a laissé un message poignant dans les vestiaires du SoFi Stadium de Los Angeles, dimanche 21 juin 2026, après son match nul et vierge contre la Belgique (9e) lors de la deuxième journée de la phase de groupes du Mondial 2026 qui se déroule aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique.

Le message manuscrit, laissé par les joueurs iraniens dans les vestiaires après leur départ, disait : «Nous sommes arrivés à Los Angeles avec fierté, nous avons joué avec honneur et nous repartons avec dignité. Merci, Los Angeles, pour votre accueil. Merci à tous les Iraniens qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour l’Iran pendant ces 180 minutes.»

Quand on sait que les autorités américaines de l’immigration ont décidé d’interdire à l’équipe iranienne de séjourner aux États-Unis avant et après les matchs pour des raisons de sécurité (sic !), comme si les joueurs iraniens étaient de dangereux terroristes, le contenu de cette lettre revêt toute sa signification : c’est un camouflet adressés aux organisateurs de la compétition, à savoir les dirigeants de la Fifa, Gianni Infantino et sa bande de corrompus, qui ont laissé leurs hôtes américains piétiner les principes même sur lesquels le Mondial de football a été bâti, à savoir la paix et la fraternité.

I. B.

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La Tunisie se prive de ses travailleurs qualifiés au profit de l’Europe  

22. Juni 2026 um 12:00

La Tunisie vient au deuxième rang mondial parmi les pays d’origine non membres de l’Union européenne (UE) dont les citoyens ont obtenu un visa de séjour en Allemagne en 2025 en tant que travailleurs étrangers qualifiés titulaires de certificats de formation professionnelle reconnus. Doit-on s’en féliciter et y voir un intérêt des opérateurs économiques allemands pour les techniciens tunisiens, ou plutôt s’en inquiéter, comme un indicateur de l’intensification de la migration de nos jeunes médecins, ingénieurs et techniciens, médicaux et autres ?   

Latif Belhedi  

D’après un document contenant la réponse du gouvernement à une question écrite relative à l’octroi de permis de séjour aux travailleurs étrangers, posée par un parti représenté au Bundestag (Parlement fédéral), l’Allemagne a accordé 2 829 visas de séjour à des Tunisiens dans cette catégorie l’année dernière, contre 3 589 visas pour les ressortissants vietnamiens, qui arrivent en tête de liste, rapporte l’agence Tap.

Ces visas concernent notamment les travailleurs ayant suivi une formation professionnelle reconnue en Allemagne, recrutés pour occuper des emplois exigeant des compétences spécialisées, en particulier dans les secteurs technique, industriel, artisanal, logistique et des services.

Les données montrent une augmentation constante du nombre de Tunisiens bénéficiant de ces visas ces dernières années, atteignant 1 847 en 2024, contre 779 en 2023 et 367 en 2022.

Cette situation survient alors que la première économie de la zone euro est confrontée à des défis démographiques croissants liés au vieillissement de la population et au déclin de la population en âge de travailler, ce qui incite Berlin à renforcer sa politique de recrutement de travailleurs qualifiés hors UE.

Grâce à cette «immigration choisie» ou «immigration à la carte», l’Allemagne, l’Italie et d’autres pays européens règlent leurs problèmes de manque de main d’œuvre jeune et qualifiée pour assurer la relance économique et, surtout, rétablir, par la contribution de ces derniers, le déficit des caisses sociales, mais que gagne au change la Tunisie qui forme cette précieuse force productive pour l’offrir sur un plateau à ses partenaires européens et s’en priver elle-même ?

Il va falloir un jour poser cette problématique et non continuer à crier victoire parce que notre main d’œuvre est appréciée à l’étranger. Cette main d’œuvre, on aimerait plutôt la garder pour qu’elle contribue à la relance de l’économie nationale qui souffre d’une crise structurelle et peine à retrouver ses indicateurs de performances des années 1990-2010.

A bon entendeur…

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La Tunisie enquête sur la fraude fiscale dans le secteur du sel

22. Juni 2026 um 10:47

Des opérations de contrôle et d’analyses financières visent 14 entreprises d’exploitation des marais salants, suite à des soupçons de fraude fiscale de plusieurs centaines de millions d’euros. (Photo : Marais salant à Monastir).

Depuis début 2026, la police fiscale a lancé une vaste enquête sur le secteur de la production et de l’exportation de sel, dans le cadre de sa révision de la gestion des ressources naturelles nationales.

Une source haut placée au ministère des Finances a indiqué à l’agence de presse nationale Tap que les opérations de contrôle et les analyses financières concernent 14 entreprises d’exploitation des marais salants, majoritairement étrangères, réparties sur plus de 20 sites le long du littoral tunisien, notamment dans les gouvernorats de Sfax, Gabès, Zarzis, Monastir, Mahdia et Sousse.

Les autorités examinent les mécanismes de production et de commercialisation du sel, un secteur très lucratif qui fait l’objet de soupçons de manipulation financière, de fraude fiscale et de pertes économiques importantes pour l’État.

L’enquête, ouverte en début d’année, comprend un audit approfondi et continu de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.

Les investigations ont déjà mis au jour un système présumé de transfert de bénéfices à l’étranger par le biais de pratiques de «prix de transfert». Selon une source au sein du ministère des Finances, certaines entreprises étrangères opérant en Tunisie vendent le sel extrait à des sociétés mères ou filiales étrangères à des prix inférieurs à sa valeur réelle, puis le revendent sur les marchés internationaux à des prix bien plus élevés.

Ce mécanisme réduit artificiellement les recettes déclarées en Tunisie, privant ainsi les caisses de l’État de recettes fiscales et de devises importantes.

Les pertes pour l’économie tunisienne sont estimées à plusieurs centaines de millions d’euros par an, avec des répercussions sur le déficit commercial et la balance des paiements.

Pour lutter contre ce phénomène, les autorités appliquent les normes internationales de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), déjà intégrées au droit tunisien, qui exigent des critères scientifiques pour la détermination des prix des transactions entre entreprises liées. Les enquêteurs ont commencé à saisir et à vérifier des documents relatifs aux volumes de production, aux conditions de vente et aux flux financiers des vingt dernières années, afin de reconstituer les prix réels et d’identifier les sources potentielles de fraude fiscale.

La police fiscale, créée en 2017 et opérationnelle depuis janvier 2018 sous le contrôle du pouvoir judiciaire, est chargée d’identifier les infractions fiscales et de recueillir des preuves. Elle peut agir sur mandat judiciaire ou d’office.

La Tunisie produit environ deux millions de tonnes de sel par an, principalement destinées à l’exportation, notamment du sel de table et du sel industriel soluble. Une part importante de la production est contrôlée par des entreprises étrangères ou à capitaux étrangers. Le ministère des Finances a toutefois précisé que les audits en cours n’ont pas pour but de décourager les investissements étrangers, mais de garantir le respect des accords internationaux, la protection des ressources nationales et la transparence des relations avec les partenaires économiques.

Fin 2025, l’Unité de recherche et de lutte contre la fraude fiscale avait recensé une fraude fiscale estimée à environ 1,8 milliard de dinars (environ 540 millions d’euros) dans la production et le commerce des boissons alcoolisées.

I. B.

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Salwa Jaouadi expose à Dar Sebastian à Hammamet

22. Juni 2026 um 09:51

L’artiste Salwa Jaouadi présente sa nouvelle exposition personnelle intitulée «Elle à l’infini : Autrement» à l’espace Dar Sébastian au Centre culturel international de Hammamet. Ouverte le 12 juin, l’exposition se poursuivra jusqu’au vendredi 26 juin 2026. Elle propose une immersion dans l’univers de la photographie plastique et de l’art numérique.

À travers une série de compositions où les silhouettes féminines fusionnent avec des textures organiques et végétales, le travail explore les thèmes de la métamorphose, de la mémoire et de la matière sensible.

«Cette escale à Dar Sébastian marque une étape importante que je serais ravie de partager avec le public», a déclaré l’artiste spécialisée dans la photographie et l’art numérique.

Le corps féminin comme territoire de mémoire, la nature comme partenaire de création et la photographie comme espace de métamorphose. Tels sont les fils conducteurs de cette exposition…

Le travail de Salwa Jaouadi explore la frontière entre la photographie et l’art digital. Ses thématiques de prédilection incluent la fusion du corps féminin avec la nature, l’identité, la mémoire, et la métamorphose. Ses œuvres sont réalisées à travers un long processus d’hybridation visuelle entre les éléments organiques, minéraux et humains.


I. B.

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Vient de paraître | Si Ezzahra m’était conté…

22. Juni 2026 um 09:30

Après son premier livre ‘‘Échos à travers les âges. Dialogues imaginaires avec des esprits pionniers’’, publié chez Contrastes Édition en mars 2025, Zouhaïr Ben Amor, enseignant universitaire, docteur en biologie marine et écrivain, vient de publier, chez le même éditeur, son deuxième livre ‘‘La maison qui parle’’.

Ce roman est un témoignage rare, sensible et profondément enraciné dans la mémoire du village d’Ezzahra, anciennement appelé Saint-Germain, une banlieue balnéaire du sud de Tunis.

Disponible dans les grandes librairies, ce roman en cinq actes retrace, dans un style romanesque et vivant, les principaux événements qui ont marqué ce village depuis plus d’un siècle.

À travers les murs, les voix, les souvenirs et les émotions, ‘‘La maison qui parle’’ devient bien plus qu’un récit : une véritable traversée de l’histoire locale, un hommage aux générations qui ont façonné Ezzahra, et une invitation à renouer avec les racines d’un territoire vivant et profondément humain.

Fort de plus de soixante-dix ans de présence active, dynamique et continue dans les milieux sociaux, politiques, artistiques et sportifs, l’auteur livre ici une œuvre de mémoire et d’attachement sincère à son village, mais qui, au-delà d’Ezzahra, parle à tous les lecteurs.

I. B.

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Mondial 2026 | Quand le football devient le plus grand casino du monde

22. Juni 2026 um 08:30

La Coupe du Monde 2026 ne se joue pas seulement sur les terrains nord-américains. Elle est le théâtre d’une transformation profonde de l’industrie des paris en ligne, devenant l’événement de paris sportifs «le plus important de l’histoire». Ci-dessous un panorama synthétique pour décrypter les dynamiques mondiales qui dessinent ce nouveau paysage.

Fausto Giudice & François Vadrot

L’ampleur inédite du marché avec des milliards en jeu : les projections pour cette édition sont sans précédent, portées par un tournoi élargi à 48 équipes et 104 matchs, soit 60% de «stock» de paris en plus. On observe une dichotomie frappante dans les estimations des volumes mondiaux :

– le marché régulé et visible : rien qu’aux USA, les paris en ligne devraient atteindre 4,4 milliards de dollars, contre 1,8 milliard en 2022. D’autres analystes estiment le total global des mises (le handle) à plus de 50 milliards de dollars ;

– le marché «océan» non régulé : des experts de Gaming Compliance International avancent un chiffre vertigineux de 593 milliards de dollars misés mondialement. Plus alarmant : 69% de ce montant (409 milliards) transiterait par des opérateurs non régulés et illégaux. Cette part illégale, qui prospère via les cryptomonnaies, représente un défi majeur pour les régulateurs, transformant l’événement en «Coupe du Monde du Crime» .

Les nouvelles forces en présence : technologies et marchés prédictifs

Deux évolutions majeures redéfinissent l’expérience et l’économie des paris :

– une industrie métamorphosée par le mobile et l’IA : le pari en direct (LiveBetting) depuis un smartphone est devenu la norme. En 2010, on misait depuis son ordinateur avant le match ; en 2026, on mise pendant le match, sur des micro-marchés créés en temps réel, avec des cotes ajustées par l’IA. L’industrie se prépare à ce moment comme à un «recrutement» massif : un seul tournoi peut générer plus de nouvelles inscriptions que le reste de l’année ;

– l’irruption des «marchés prédictifs» : des plateformes comme Kalshi et Polymarket, qui permettent de parier sur tout événement (sport, politique), connaissent une ascension fulgurante. Pour la Coupe du Monde 2026, elles pourraient générer un volume supplémentaire de 5 à 10 milliards de dollars, marquant un «moment charnière» pour le secteur. Elles profitent d’un flou réglementaire aux USA (considérées comme des produits financiers et non des jeux d’argent) et attirent les parieurs des grands États comme la Californie ou le Texas, où les paris sportifs traditionnels sont illégaux.

Une géographie des paris contrastée

L’engouement pour les paris en ligne lors de ce Mondial est mondial, mais avec des spécificités fortes :

– Amérique du Nord : c’est le grand marché. Aux États-Unis, 62% des fans prévoient de parier, et 29% d’entre eux le feront pour la première fois. La tendance est encore plus forte au Mexique (68%) ;

– Amérique latine : des marchés récemment régulés comme le Brésil (66% des fans prévoient de parier) et le Pérou (85%) montrent un appétit exceptionnel ;

– Afrique : la Coupe du Monde 2026 est un catalyseur pour un marché des paris en ligne en pleine explosion, porté par une jeunesse connectée, le mobile money et une ferveur footballistique inégalée.

– Europe : des marchés matures comme le Royaume-Uni (60%) et l’Italie (64%) restent très actifs ;

– Asie : la Chine interdit purement et simplement les paris en ligne, l’Inde, comme d’habitude, navigue entre deux eaux, cultivant le flou artistique.

Le choix du parieur : confiance, rapidité et méthodes de paiement

Pour attirer et fidéliser ces millions de parieurs, la bataille se joue sur des critères précis. Selon une étude de la plateforme de paiement Paysafe :

– la confiance est primordiale pour 38% des parieurs, qui se tournent vers des marques réputées ;

– juste derrière, la rapidité des retraits est cruciale pour 33% d’entre eux, passant avant la qualité des cotes ou des promotions ;

les méthodes de paiement locales sont essentielles. Par exemple, au Brésil, le système de paiement instantané Pix est le moyen privilégié pour 48% des parieurs.

La menace fantôme : le marché illégal et l’intégrité du sport

L’ombre des paris illégaux plane sur ce Mondial. Le marché non régulé, qui représente déjà environ 45% du marché mondial des paris sportifs, atteint son pic lors des grands tournois. Ce phénomène est dangereux à plusieurs titres :

– absence de protection : les parieurs n’ont aucune garantie, et les mécanismes de jeu responsable (comme l’auto-exclusion) sont ignorés ;

– risque de blanchiment : les paris en ligne sont un vecteur de blanchiment d’argent, et les flux transfrontaliers compliquent les enquêtes ;

– liens avec le streaming illégal : derrière 85 à 90% des streams illégaux se cachent des opérateurs de jeux illégaux, qui utilisent ce contenu pour attirer des clients, exposant les utilisateurs à des logiciels malveillants.

En résumé, la Coupe du Monde 2026 est un laboratoire grandeur nature des paris sportifs modernes. Elle est marquée par des volumes financiers astronomiques, une hyper-technologisation de l’offre, l’émergence de nouveaux acteurs comme les marchés prédictifs, et une lutte d’influence permanente entre un marché régulé en pleine croissance et un marché illégal tentaculaire.

L’Afrique : un marché encore modeste

Le continent africain s’impose comme l’une des régions les plus dynamiques pour les paris sportifs en ligne. La valeur du marché était estimée à 1,85 milliard de dollars en 2024 et pourrait atteindre 2,36 milliards d’ici 2028. Le secteur pèserait au total près de 3 milliards de dollars en prenant en compte les flux officiels et non officiels.

Ce boom est tiré par plusieurs facteurs structurels :

– une population jeune et connectée, qui représente 70% de la population ;

– l’essor du mobile money, avec plus de 1,1 milliard de comptes enregistrés en Afrique subsaharienne. Ce système permet de miser et retirer ses gains en quelques secondes depuis un simple téléphone, rendant les paris accessibles à tous. 94% des parieurs au Ghana, Nigéria, Kenya, Afrique du Sud, Tanzanie et Ouganda utilisent leur téléphone comme principal canal de jeu ;

– une passion dévorante pour le football, qui représente à lui seul plus de 76,5% des mises sur le continent.

Un Mondial 2026 sous le signe de l’Afrique

Cette édition de la Coupe du Monde est historique pour l’Afrique avec la participation record de neuf nations : l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, le Ghana, le Maroc, le Sénégal et la Tunisie. Le tournoi a d’ailleurs commencé avec une affiche mettant le continent à l’honneur : le match d’ouverture opposait le Mexique à l’Afrique du Sud (2-0].

Cette forte représentation alimente logiquement un intérêt massif pour les paris, en particulier sur les performances de ces équipes. Un sondage montre d’ailleurs que les supporters placent le Maroc, le Sénégal et l’Algérie comme les meilleurs espoirs africains pour passer le premier tour.

La bataille des régulateurs : entre convoitise fiscale et marché illégal

Face à ce secteur florissant, les États africains tentent de mettre en place des cadres réglementaires pour capter les revenus fiscaux, dans un contexte de difficultés budgétaires. Une véritable «fièvre fiscale» s’empare du continent :

– le Zimbabwe a augmenté sa taxe sur les jeux de 3% à 20% en janvier 2026 ;

– la Gambie a instauré une taxe de 50% sur les gains, la plus élevée d’Afrique ;

– le Gabon et d’autres pays comme le Sénégal, le Mali et la Côte d’Ivoire travaillent à une meilleure structuration du secteur via des intermédiaires techniques pour taxer exhaustivement les opérateurs.

Cependant, ce marché reste marqué par une part importante d’activités informelles ou illégales. Le nombre de parieurs actifs est estimé à 400 millions, dont 300 millions misent de manière illégale, représentant environ 40% des flux totaux. Dans des pays comme la République Centrafricaine, l’absence totale de cadre légal crée une «zone grise» où des plateformes étrangères opèrent sans contrôle ni contribution fiscale. Les experts mettent en garde : une fiscalité trop lourde pourrait pousser encore plus d’opérateurs vers la clandestinité, privant les États de recettes et les parieurs de toute protection.

Technologies de rupture et avenir du secteur

Pour se démarquer, les opérateurs misent sur des stratégies adaptées au continent :

– le «mobile-first» et les mises minimales : les plateformes performantes sont celles qui proposent des interfaces légères, des mises accessibles (moins de 10 dollars par mois pour la majorité des parieurs au Ghana et au Kenya), et s’intègrent directement aux opérateurs de mobile money comme MTN, Airtel ou Orange Money ;

– l’intelligence artificielle : l’IA commence à transformer l’expérience de pari, proposant des «coachs numériques» qui analysent des millions de données pour conseiller les parieurs, comme le font les plateformes AccuratePredict (Nigéria) ou Sportsprediction (Ghana) ;

– la puissance des influenceurs : les marques qui s’associent à des artistes et personnalités influentes du continent parviennent à capter jusqu’à 60% du marché dans certains pays.

En somme, l’Afrique est un marché de paris en ligne à fort potentiel, où la Coupe du Monde 2026 agit comme un accélérateur de tendances. Le défi pour les années à venir sera de trouver un équilibre entre une régulation efficace, un développement économique responsable et la protection des consommateurs.

Chine : un monopole d’État strictement physique

En Chine continentale, les paris sportifs en ligne sont totalement interdits. La seule manière légale de participer à un jeu lié à la Coupe du Monde est de se rendre dans un point de vente physique de la Loterie sportive chinoise (China Sports Lottery) pour acheter un billet.

Aucune plateforme en ligne n’est autorisée : tous les sites, applications ou comptes sur les réseaux sociaux proposant des paris en ligne sont illégaux et relèvent souvent d’arnaques.

Répression numérique massive : pendant le Mondial 2026, les autorités multiplient les contrôles. Par exemple, le réseau social Xiaohongshu a déjà fermé plus de 40 000 comptes et supprimé des centaines de milliers de contenus liés aux paris illégaux.

Cadre pénal strict : organiser ou participer à des paris en ligne peut entraîner des poursuites pénales, allant de l’amende à la peine de prison.

Pour un résident chinois, parier en ligne sur la Coupe du Monde est impossible sans enfreindre la loi. L’unique alternative est le pari sportif physique, encadré et présenté comme un jeu d’intérêt public.

L’Inde entre interdiction et réalité du marché

En Inde, la situation est beaucoup plus floue. Il n’existe pas de loi fédérale uniforme interdisant ou autorisant clairement les paris sportifs en ligne. Le gouvernement central a toutefois pris des mesures strictes :

– taxe de 28 % sur le montant total des mises (et non sur les seuls gains) pour les plateformes de jeux en ligne, ce qui a rendu le modèle économique très difficile pour les opérateurs locaux ;

– blocage de plateformes étrangères : les autorités ont ordonné aux fournisseurs d’accès internet de bloquer des sites comme Polymarket ou Kalshi, considérés comme des marchés prédictifs illégaux ;

– recours massif aux VPN : malgré ces blocages, des millions d’Indiens continuent de parier sur des sites étrangers en utilisant des outils de contournement. Le marché noir des paris en ligne est estimé à plusieurs milliards de dollars, et une grande partie des mises échappe à tout contrôle fiscal.

Les États indiens ont leur propre législation : certains interdisent tout jeu d’argent, d’autres le tolèrent. Cette fragmentation crée un flou juridique que les opérateurs illégaux exploitent pleinement.

En Inde, parier en ligne sur le Mondial est théoriquement interdit sur les grandes plateformes étrangères, mais dans les faits, des millions d’utilisateurs le font via des contournements techniques, sans protection légale ni garantie de paiement.

Source : Fausto Giudice.

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Qantara Africa Books | Un pont littéraire entre l’Afrique du Sud et la Tunisie

22. Juni 2026 um 07:55

L’auteur, médecin tunisien installé à Johannesburg, en Afrique du Sud, est également romancier. Son premier roman ‘‘Sangoma, le guérisseur’’ a reçu le Prix Comar d’Or 2026. Fort de cette expérience, il a fondé Qantara Africa Books pour créer des passerelles durables entre les littératures africaines, méditerranéennes et internationales, et accompagner la circulation des œuvres romanesques entre entre Tunis, Johannesburg, Dakar, Lagos, Nairobi ou Le Cap. Il présente ici ce projet auquel il voudrait associer beaucoup d’acteurs culturels du nord et du sud du Sahara.   

Hichem Ben Azouz *

Dans un monde où les échanges culturels sont souvent orientés du Nord vers le Sud, il devient urgent d’imaginer de nouveaux espaces de circulation des idées, des récits et des imaginaires. C’est de cette conviction qu’est née Qantara Africa Books, une initiative basée à Johannesburg, en Afrique du Sud, dont l’ambition est de contribuer à la création de passerelles durables entre les littératures africaines, méditerranéennes et internationales.

Le mot Qantara signifie «pont» en arabe. Il résume à lui seul notre vision. Un pont entre les langues. Un pont entre les pays. Un pont entre les écrivains. Un pont entre les lecteurs. Un pont entre les mémoires du continent africain.

Pourquoi Qantara ?

L’Afrique produit aujourd’hui une littérature d’une richesse exceptionnelle. Des écrivains du Maghreb, d’Afrique de l’Ouest, d’Afrique australe ou de l’océan Indien racontent des histoires profondément enracinées dans leurs réalités tout en abordant des questions universelles telles que l’identité, la migration, la mémoire, la spiritualité, les inégalités, la modernité, l’Afrique post-coloniale ou encore les fractures de l’histoire. Pourtant, ces littératures continuent souvent à s’ignorer entre elles.

Un auteur tunisien connaît parfois mieux la littérature française que celle d’Afrique du Sud. Un lecteur sud-africain peut avoir accès à des romans américains ou britanniques sans jamais avoir entendu parler des écrivains contemporains tunisiens.
Qantara Africa Books souhaite modestement contribuer à réduire cette distance.

Favoriser les échanges littéraires

Qantara Africa Books poursuit plusieurs objectifs complémentaires : favoriser les échanges littéraires intra-africains et encourager la découverte mutuelle entre les scènes littéraires du continent.

L’Afrique est immense, diverse et plurielle. Pourtant, les échanges éditoriaux entre ses différentes régions demeurent limités. Nous croyons qu’il existe un immense potentiel de dialogue entre Tunis, Johannesburg, Dakar, Lagos, Nairobi ou Le Cap.

Qantara, qui se donne pour mission d’accompagner la circulation des œuvres, ambitionne de soutenir la visibilité internationale des auteurs africains à travers la mise en relation avec des éditeurs ; la participation à des salons et festivals ; l’accompagnement de projets de traduction ; la promotion des œuvres auprès de nouveaux publics.

La traduction constitue l’un des grands défis de la littérature africaine contemporaine. Des chefs-d’œuvre demeurent souvent confinés à leur langue d’origine. Nous souhaitons promouvoir les échanges entre l’arabe, le français, l’anglais et d’autres langues du continent afin que les histoires puissent franchir les frontières.

Qantara souhaite travailler avec des maisons d’édition, des librairies, des universités, des centres culturels, des festivals littéraires et des organismes de coopération culturelle. Et son approche repose sur la collaboration plutôt que sur la compétition.

La Tunisie possède une tradition littéraire remarquable. Elle compte des écrivains reconnus, des éditeurs courageux, des traducteurs talentueux et une nouvelle génération d’auteurs qui mérite une visibilité accrue.

Depuis l’Afrique du Sud, nous souhaitons contribuer à faire connaître davantage ces voix auprès des lecteurs anglophones et des institutions culturelles d’Afrique australe.

Nous sommes convaincus que les récits tunisiens ont beaucoup à apporter aux débats contemporains sur la mémoire, l’identité, la modernité, la spiritualité et les transformations sociales.

Au-delà du livre, un véritable écosystème culturel

Qantara ne se limite pas à l’édition. Nous nous intéressons également aux liens entre littérature, cinéma, histoire, patrimoine, tourisme culturel et mémoire collective.

Nous croyons que les histoires ne vivent pas uniquement dans les livres. Elles vivent dans les villes. Dans les paysages. Dans les musées. Dans les langues. Dans les rencontres humaines.

Notre ambition est donc de participer à la construction d’un véritable écosystème culturel reliant la Tunisie, l’Afrique du Sud et, à terme, les différentes régions du continent.

Qantara Africa Books est encore une initiative jeune. Mais tous les ponts commencent par une première pierre.

Nous invitons les écrivains, éditeurs, traducteurs, libraires, universitaires et acteurs culturels tunisiens qui partagent cette vision à entrer en dialogue avec nous.

Les ponts ne se construisent jamais seuls. Ils se construisent pierre après pierre, rencontre après rencontre, livre après livre. Et peut-être qu’à une époque où les murs semblent parfois se multiplier, il est plus nécessaire que jamais de continuer à bâtir des ponts.


* Médecin et romancier.

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‘‘Derrière le miroir’’ de Mohamed Aziza | Les mémoires d’un homme libre  

22. Juni 2026 um 07:10

Avec sa méfiance envers les stéréotypes, les prêts à penser et l’essentialisation de l’Autre, le diplomate et poète Mohamed Aziza nous offre dans ses mémoires une leçon de modestie, d’humanité et d’ouverture qui, en cette ère de repli identitaire et de guerre des civilisations, mérite d’être méditée et servir d’exemple.

Ridha Kefi 

J’ai connu Mohamed Aziza lorsqu’il a fait appel au jeune écrivain et journaliste que j’étais pour faire partie du comité d’organisation de la 1ère Université euro-arabe itinérante qui s’est tenue au Centre culturel international de Hammamet, en juillet 1986. Ce fut la première et la dernière session organisée en Tunisie, malgré le succès qu’elle connut à l’époque, et ce n’est pas par la faute de son initiateur qui a réussi, d’ailleurs, à en organiser beaucoup d’autres par la suite autour de la Méditerranée.

Je me souviens du jour de l’ouverture comme si c’était aujourd’hui. Le Premier ministre Mohamed Mzali venait d’être limogé dans la soirée par Habib Bourguiba et le ministre de la Culture, Bechir Ben Slama, n’allait pas tarder à être remercié lui aussi. Et il a fallu tout l’entregent, la diplomatie et le bagou de Mohamed Aziza pour que l’événement ait finalement lieu, malgré la «courageuse» rétractation de certains responsables, soucieux de se démarquer politiquement d’une opération portée par un électron libre, un intellectuel indépendant abusivement rattaché au «clan Mzali».

Heureusement que les honorables invités de la Tunisie n’ont rien senti de ces atermoiements et de ces micmacs tuniso-tunisiens. Ils ont eu droit à un accueil digne de leur rang et ont même passé de mémorables moments autour de la piscine de Dar Sebastian et dans les allées du jardin du CCIH, entre bougainvilliers, cyprès et bigaradiers, sans oublier les riches débats auxquels prirent part les intellectuels et les artistes les plus en vue de l’époque.

Homme libre et citoyen du monde

J’ai gardé depuis une grande admiration pour le diplomate, le poète (Shams Nadir comme il se surnomme) et l’agitateur culturel qu’a toujours été Mohamed Aziza, l’enfant de la médina de Tunis qui a tant donné à son pays, sans en être récompensé en retour et, surtout, sans en concevoir ni regret ni ressentiment.

Rejeté par une classe politique nationale  embrigadée, calculatrice et aux idées étriquées, cet homme libre, qui se dit citoyen du monde, solidement enraciné dans la culture arabo-musulmane et africaine dont il a toujours tiré la sève de sa pensée, mais assoiffé d’humanisme et d’universalité, a côtoyé les grands esprits de son époque et s’est mêlé aux batailles idéologiques et artistiques des soixante dernières années, non pas en acteur politique engagé dans une chapelle – il n’a jamais appartenu à un parti ou fait partie d’une camarilla –, mais en intellectuel indépendant, et en poète rebelle habitant l’éclair.

C’est ce parcours riche et exemplaire que Mohamed Aziza partage avec les lecteurs dans ses mémoires publiées sous le titre ‘‘Derrière le miroir’’ (éditions Maison du Livre, Tunis, 2026, 232 pages). Ce nomade ivre de grands espaces et assoiffé de rencontres passe en revue ses pérégrinations entre Tunis, Hammamet, Paris, Addis Abeba, Le Caire, Bagdad, Beyrouth, Alger, Rabat, Asilah, Marrakech, Dakar, Rome, Cordoue ou Madrid. Il raconte ses échanges avec certaines grandes figures de la culture contemporaine, de Louis Aragon à Léopold Sédar Senghor, en passant par Naguib Mahfouz, Aimé Césaire, Julio Cortazar, Alejo Carpentier, Carlos Fuentes, Edgar Morin, Amin Maalouf, Federico Mayor, Adonis ou autres André Miquel, toujours animé par ce qu’il appelle «l’attention à l’Autre, le désir toujours inassouvi de dialoguer, d’échanger et de trouver les voies de l’entente».

Avec sa méfiance envers les stéréotypes et les prêts à penser, Mohamed Aziza nous offre dans ses mémoires une leçon de modestie et d’ouverture d’esprit qui, en cette ère de repli identitaire, mérite d’être méditée et suivie.

Un navigateur ivre d’espaces

De la Télévision tunisienne dont il fut l’un des fondateurs, à l’Organisation de l’Unité africaine, à l’Unesco, à l’Université euro-arabe itinérante, à l’Académie de poésie, à l’Observatoire de la Méditerranée qu’il a dirigé à la demande de son ami, l’ancien chef de la diplomatie italienne Franco Frattini, l’auteur du ‘‘Silence des sémaphores’’ (1972) et du ‘‘Planisphère intime’’ (2018), pour ne citer que deux de ses ouvrages poétiques, a mené sa barque avec la passion d’un navigateur ivre d’espaces et d’embruns, comme Ulysse, mais sans prêter l’oreille aux chants des sirènes politiques et idéologiques.

Dans sa vie d’homme comme dans son œuvre de poète, il a interrogé inlassablement les deux plus grands mystères auquel est confrontée l’humanité : «les deux infinis qui se retrouvent dans toute chose, l’infini grand et l’infini petit» (Pascal dixit). Lesquels, selon Mohamed Aziza, «déterminent notre bref passage dans le règne du vivant qui se conclut inéluctablement par l’effacement de la trace de nos pas sur le sable du rivage d’une terre dont nous ne sommes que des passagers locataires».  

Je ne peux conclure cette note de lecture des mémoires de Mohamed Aziza sans une tendre pensée pour Xavière Ulysse, la compagne de 60 ans de vie commune, dont il a accompagné douloureusement la maladie jusqu’à sa mort le 14 mars 2025 et au souvenir de laquelle il a consacré plusieurs passages émouvants de son livre : «La maladie qui a frappé ma compagne réduisant, peu à peu, ses facultés cognitives et sa mobilité jusqu’à la clouer, muette et absente, sur un lit médicalisé», écrit-il, avec la sobriété qui sied à l’évocation des grandes douleurs. Et d’ajouter ce passage où beaucoup de lecteurs ayant vécu des expériences similaires se retrouveront : «Dure épreuve pour le malade et pour celui qui le veille, priant de toutes ses forces pour que l’être aimé diminué ne connaisse pas les affres de la douleur qui constitue, à mes yeux, un scandale métaphysique car si la mort peut apparaître comme la fin naturelle de la vie et comme le seul examen que personne n’a jamais raté, aucune croyance ne saurait justifier l’existence gratuite et sadique de la douleur.»

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