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Vers la création d’une université autonome à Bizerte

11. Juli 2026 um 07:12

Un pas décisif vient d’être franchi pour l’enseignement supérieur dans la région de Bizerte. Ce vendredi 10 juillet 2026, la salle de conférence de la Faculté des Sciences a abrité une importante table ronde de concertation, réunissant l’administration universitaire et le tissu associatif, et qui a porté sur le projet de création d’une université autonome.

Lotfi Sahli, Bizerte.

Organisée sous l’égide du recteur de l’établissement, Adel Toumi, aux côtés du secrétaire général et du directeur des stages et de l’environnement, la rencontre a été marquée par la présence d’un large panel de la société civile, mené par Amor Béjaoui, figure emblématique de la vie associative locale.

Preuve de l’importance cruciale de ce projet pour la région, les forces vives économiques et associatives ont répondu en nombre à l’invitation. Parmi les participants figuraient les représentants locaux de la Confédération nationale des entreprises citoyennes (Conect) et de la Chambre de commerce et d’industrie du Nord-Est (CCINE) pour le volet économique. Le tissu associatif, quant à lui, a affiché une mobilisation pluridisciplinaire avec la participation de l’association Travail et Développement, l’association Allamni, ainsi que les défenseurs de l’environnement de l’Association de protection et de sauvegarde du littoral de Bizerte (APSLB) et de l’Association Méditerranée Action Nature.

Au cœur des débats : le projet ambitieux de fonder une université propre à Bizerte. Cette nouvelle entité s’appuie sur une réalité territoriale solide, puisqu’elle regroupe déjà 8 institutions universitaires (facultés, écoles et instituts), fédérant d’ores et déjà un bassin de 7 000 à 9 000 étudiants.

Un projet à «coût zéro» pour le contribuable

Pour porter cette ambition, la Faculté des Sciences dispose d’arguments de poids. Véritable fleuron scientifique, elle s’appuie sur des laboratoires de recherche de pointe dédiés aux écosystèmes des lacs de Bizerte et d’Ichkeul, forts de nombreuses publications internationales. Son corps professoral de haut niveau compte environ 130 maîtres de conférences et professeurs, représentant à eux seuls un tiers des enseignants de catégorie A de l’Université de Carthage.

Plus qu’une simple restructuration administrative, cette future université se veut résolument tournée vers les secteurs d’avenir. Elle ouvrirait la voie à la création de filières d’excellence axées sur les énergies renouvelables, une institution de comptabilité carbone et de transition écologique, l’intelligence artificielle et l’économie digitale. Un positionnement stratégique alors que Bizerte s’apprête à devenir un véritable hub technologique, idéalement connectée par les câbles sous-marins en fibre optique la reliant la ville à Marseille.

L’urgence de ce projet d’université autonome a d’ailleurs été mise en exergue par une statistique alarmante partagée lors des débats. Habib Fathallah a ainsi révélé que 85% des bacheliers de la région de cette année n’ont, à l’heure actuelle, aucune chance d’obtenir une orientation dans les institutions universitaires du gouvernorat de Bizerte, faute de capacités d’accueil et de filières adaptées. Un argument de poids qui démontre la nécessité absolue de retenir les talents locaux et d’élargir l’offre de formation régionale.

Face aux éventuelles réticences budgétaires, les initiateurs du projet se veulent rassurants : la création de cette université autonome ne représentera aucun surcoût pour le contribuable. Les participants ont ainsi insisté sur la viabilité logistique immédiate du projet, excluant tout problème d’infrastructure ou d’hébergement. Grâce à la pleine disponibilité des locaux existants au sein des institutions actuelles, le déploiement de la nouvelle entité universitaire pourra se faire à structures constantes, optimisant ainsi l’existant sans peser sur les finances publiques.

Une feuille de route pour créer l’Université El Jala

L’adhésion unanime des participants au principe de création de l’Université El Jala a marqué l’aboutissement des travaux de la table ronde. Les échanges, nourris et constructifs, ont permis de dégager une feuille de route articulée autour de plusieurs priorités destinées à transformer cette ambition en projet concret.

Les participants ont d’abord insisté sur la nécessité d’engager un plaidoyer auprès des pouvoirs publics afin de les informer de cette initiative et d’obtenir leur adhésion officielle. Ils ont également recommandé d’élargir la dynamique en associant l’ensemble des établissements universitaires du gouvernorat de Bizerte.

La mobilisation de la société civile constitue un autre axe majeur. Les associations et organisations non gouvernementales de la région sont appelées à rejoindre cette démarche afin d’en faire un projet fédérateur. Dans le même esprit, les acteurs économiques devront être pleinement impliqués, notamment le Pôle de compétitivité de Bizerte et le Parc des activités économiques de Bizerte (PAEB), considérés comme des partenaires stratégiques du futur établissement.

Sur le plan opérationnel, les participants ont préconisé la mise en place immédiate d’une commission de travail chargée d’élaborer les aspects techniques du projet et de préparer l’organisation d’un grand séminaire régional. Cette rencontre réunira les représentants des institutions, du monde universitaire, des acteurs économiques et de la société civile afin de poser les bases de la création de cette nouvelle institution, qui portera le nom symbolique d’Université El Jala, en référence à l’évacuation du dernier soldat français de la base navale de Bizerte qui a eu lieu le 15 octobre 1963, marquant la fin de la présence militaire de la France en Tunisie.

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Les grands moments du Festival de Carthage 2026

08. Juli 2026 um 11:58

La 60e édition du Festival international de Carthage se tiendra du 16 juillet au 19 août 2026 à l’amphithéâtre de la cité punico-romaine. Elle réserve 35 % de sa programmation à des spectacles étrangers.

La programmation officielle comporte 20 soirées dominées par l’art musical avec 19 concerts et une seule production théâtrale, la comédie sociale ‘‘Al Karhmana’’ de Moez Toumi programmée le 26 juillet, qui marquera les adieux de ce spectacle à la scène pour des raisons de santé de son auteur.

Cette édition anniversaire est dotée d’un budget de 3,5 millions de dinars et élaborée à partir de 77 dossiers soumis, a indiqué Hind Mokrani, directrice générale de l’Établissement national pour la promotion des festivals et des manifestations culturelles et artistiques (ENPFMCA), relevant du ministère des Affaires culturelles, lors d’une rencontre avec les médias ce mercredi 8 juillet au musée paléochrétien de Carthage.

Selon les données chiffrées de la direction, le programme comprend 13 spectacles arabes, soit 65 % de la grille, répartis entre la Tunisie (7 soirées), le Liban (3), ainsi que l’Algérie, la Syrie et l’Égypte avec une soirée chacune.

Le programme comprend 7 spectacles internationaux, venus du Royaume-Uni, du Bénin, d’Espagne, d’Italie et des États-Unis, ainsi qu’une soirée et rencontre multiculturelle «Folklores du Monde», le mardi 11 août, réunissant des artistes de Tunisie, de la Libye, de Malte, de la Chine et du Japon.

Les têtes d’affiches internationales

Les Jacksons retrouveront le public de Carthage, le 20 juillet, dans un concert qui coïncide avec le 31e anniversaire de la visite de Michael Jackson en Tunisie.

Attendu pour la première fois à Carthage, le 1er août, Sami Yusuf retrouvera le public tunisien quatorze ans après son concert à Radès. Le chanteur compositeur britannique d’origine iranienne présentera son album ‘‘Ecstasy’’, accompagné d’un orchestre de 53 musiciens venus de plus de 30 pays.

La chanteuse béninoise Angélique Kidjo fera sa première apparition à Carthage le 23 juillet pour célébrer ses 40 ans de carrière avec son album ‘‘Hope’’ sorti en avril dernier

L’ensemble italien Rondò Veneziano, créé en 1979 et dirigé par Gian Piero Reverberi, déploiera son concept de musique baroque et pop-rock en costumes d’époque le 4 août, tandis que le Ballet Flamenco de Andalucía présentera le spectacle ‘‘Tierra Bendita’’ sous la direction de Patricia Guerrero, le 30 juillet avec plus de vingt artistes sur scène.

Les têtes d’affiche arabes

Le festival accueille plusieurs figures de la scène arabe contemporaine, à commencer par la star libanaise Majda El Roumi qui assurera la clôture officielle le 19 août avec un ensemble de 55 instrumentistes, marquant son retour après son passage de 2018.

La chanteuse libanaise Elissa se produira le 15 août avec son répertoire romantique, précédée le 8 août par l’Égyptien Tamer Ashour pour sa première prestation en Tunisie.

Le 6 août marquera le retour de la chanteuse syrienne Mayada El Hennawy, absente de Carthage depuis 21 ans. Elle partagera l’affiche avec son compatriote Mohammad Khairy, spécialiste du répertoire classique et des Qudud d’Alep, sous la direction orchestrale de Youssef Belhani.

Le Libanais Rayan reviendra à Carthage après dix ans d’absence pour un concert caritatif au profit des patients atteints de cancer, le 2 août.

Le roi du Raï algérien Cheb Khaled retrouvera le public tunisien le 18 juillet pour sa première participation depuis 2016.

Les têtes d’affiche tunisiennes

Le coup d’envoi sera donné le jeudi 16 juillet par Saber Rebaï avec son spectacle ‘‘Taht Al Yasmine’’, marquant plus de 30 de présence et 20 apparitions à Carthage depuis 1994.

Au programme aussi, l’artiste urbain Nordo, le 21 juillet, la chanteuse Yosra Mahnouch, le 28 juillet, et la diva Amina Fakhet, le 17 août, ainsi que l’Orchestre Symphonique Tunisien qui présentera, le22 juillet, un concert intitulé ‘‘Symphonies 60’’ sous la direction de Shady Garfi, suivi le 25 juillet pour la Fête de la République par le spectacle patrimonial ‘‘Watanon bihob el achikin’’ dirigé par Youssef Belhani avec les voix de Alya Belaid, Ghazi Ayadi, Chahrazed Helal, Sofien Zaidi, Molka Cherni et Meriem Noureddine, avant la soirée du 13 août dédiée à la Fête nationale de la femme avec Nabiha Karaouli.

La billetterie en ligne est d’ores et déjà ouverte pour l’ensemble des spectacles.

Avec Tap.

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Pharmacie : N’Djamena honore la mémoire du Pr Ammar Toumi

18. Juni 2026 um 08:07

Du 9 au 12 juin se tenait la 25e édition du Forum pharmaceutique international à N’Djamena, au Tchad, à laquelle a pris part le Conseil national de l’ordre des pharmaciens de Tunisie (CNOPT). Et de la plus belle des manières.

En effet, le conseil fait savoir dans un communiqué que le temps fort de cette participation a été l’attribution d’un “prix spécial d’excellence“ à feu le Professeur Ammar Toumi, « distingué pour sa carrière et ses contributions majeures au développement de la pharmacie sur le continent africain ». C’est le Dr Nour El-Houda, son épouse qui a reçu ce trophée lors d’une cérémonie empreinte d’émotion.

Sur le plan diplomatique, le président du CNOPT, le Dr Mustapha Laroussi, également président de l’Inter-Ordre des pharmaciens d’Afrique (IOPA), a été reçu par le président tchadien, Mohamed Idriss Déby Itno, et par le Premier ministre et le ministre de la Santé. Ces échanges de haut niveau ont porté sur la souveraineté pharmaceutique et le renforcement des systèmes de santé en Afrique, témoignant de la reconnaissance des compétences tunisiennes, ajoute le communiqué du CNOPT.

Mais revenons sur cette 25ème édition du Forum pharmaceutique international, pour dire qu’elle était placée sur le thème « Renforcer l’accès aux soins de santé : défis et opportunités liés à la production locale et à la pharmacie clinique », et a réuni des responsables et experts d’une quarantaine de pays africains.

La délégation tunisienne y a activement participé à des ateliers et tables rondes, partageant son expérience sur l’avenir de la pharmacie et l’amélioration de l’accès à des médicaments de qualité à prix abordables, dans une dynamique de coopération continentale saluée par l’ensemble des participants.

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FTAV 2026-2030 : Mohamed Ali Toumi relève le pari de son retour

Les agences de voyages ont élu ce 23 mai 2026 leurs nouveaux représentants au sein de leur syndicat patronal, la FTAV. C’est la liste conduite par Mohamed Ali Toumi qui l’a emporté.

« L’histoire est un éternel recommencement. Je reviens aux commandes de la Fédération tunisienne des agences de voyages et de tourisme après avoir servi la corporation entre 2011 et 2018. » C’est ainsi que Mohamed Ali Toumi confirme son retour à la présidence du syndicat patronal historique (créé en 1964) des agences de voyages en Tunisie.

Ce retour s’est fait par les urnes dans le cadre d’élections transparentes très disputées, sous contrôle d’huissiers, face à une autre liste qui défendait elle aussi son programme.

C’est finalement la liste conduite par Mohamed Ali Toumi qui l’a emporté, avec 322 voix contre 185, obtenant ainsi une marge très confortable à plus de 63% au cours d’un scrutin marqué par quelques tensions et des inquiétudes de part et d’autre.

Une participation très significative

Cependant, la présence de 532 agences au processus de vote peut être interprétée comme étant très significative pour au moins trois raisons : d’abord, elle soulignait le besoin de rupture avec le bureau sortant qui n’a de toute évidence pas répondu aux attentes de la corporation si l’on en croit les témoignages des uns et des autres.

En deuxième lieu, elle montre que les agences de voyages en Tunisie restent l’un des maillons forts de l’activité touristique dans toute sa diversité et continuent de peser de tout leur poids.

Troisièmement, elle est la preuve que le secteur des agences de voyages a encore son mot à dire dans un monde hautement digitalisé et que le service offert au client reste fondamental.

Un retour marquant

Le come-back de Mohamed Ali Toumi n’est pas anodin. Il l’admet lui-même : ce sont les agences de voyages qui l’ont sollicité afin de reprendre les rênes de la FTAV afin de lui redonner ses lettres de noblesse. C’était d’ailleurs le slogan explicite de sa campagne: « Parce que notre secteur mérite mieux.»

Car nul ne semble avoir oublié la période 2011-2018 au cours de laquelle Mohamed Ali Toumi avait présidé la fédération en engageant nombre de réformes et en imposant cette structure comme un acteur majeur, voire même un contre-pouvoir professionnel face aux administrations de tutelle, Tourisme en tête mais également Transport et Affaires religieuses.

Passage ministériel

En 2018, Mohamed Ali Toumi avait décidé de ne pas rempiler pour un 3e mandat, préférant se retirer et se consacrer à la politique, ce qui le conduira à être nommé au poste de ministre du Tourisme en mars 2020.

Là encore, il fit parler de lui dans un contexte exceptionnel puisqu’il s’agissait de la période Covid où l’activité touristique fut marquée par un arrêt total.

L’histoire se souviendra qu’il se démena afin de déployer de toute urgence un protocole sanitaire permettant aux touristes et voyageurs de revenir en Tunisie dès le mois de juin 2020 dans le sillage de la réouverture des frontières alors que d’autres destinations se maintenaient dans un confinement économiquement dévastateur. Il clôturera ensuite son expérience en politique par un retour aux affaires dans le privé.

Une équipe et une vision

Dans ce nouveau mandat à la FTAV pour la période 2026-2030, Mohamed Ali Toumi sera accompagné  d’une équipe constituée d’acteurs de référence dans leur périmètre d’activité, à l’instar de Nadaa Ghozzi, Kamel Zahra, Abdelaziz Benaissi, Anis Suissi ou encore Lotfi Brahem, mais également d’une jeune génération montante pleine d’ambition et qui sera très certainement représentative du secteur dans les prochaines années: Manel Mehiri, Khouloud Khairi ou encore Zied Felfoul.

Une “dream team”, diront certains, appelée à relever des défis loin d’être mineurs dans un secteur confronté à de profondes mutations. Elle devra, d’une part, accompagner les transformations en cours et, d’autre part, se positionner comme une force de proposition face à une administration réputée peu flexible dès lors qu’il s’agit de parler restructuration ou innovation.

Hédi HAMDI

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