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Tunisie | Le numérique, ultime frontière de la souveraineté

23. März 2026 um 06:57

Alors que la Tunisie s’apprête à naviguer dans les eaux troubles du plan de développement 2026-2030, il est temps de sortir des incantations budgétaires pour affronter la réalité : notre indépendance ne se jouera pas dans les salons feutrés de la diplomatie financière, mais sur le terrain de la maîtrise technologique. Le numérique n’est plus un luxe de technocrates ; c’est le nouveau contrat de souveraineté que l’État doit signer avec ses citoyens.

Abdelwaheb Ben Moussa *

L’illusion des dernières années a été de croire qu’une couche de vernis technologique suffirait à masquer les archaïsmes de notre administration. Soyons clairs : numériser un processus absurde ne fait que rendre l’absurdité plus rapide. Pour réussir ce quinquennat, il faut un courage politique de rupture : simplifier avant de coder. La transformation digitale doit être le scalpel qui débarrassera l’économie tunisienne des kystes bureaucratiques qui étouffent l’initiative privée.

Aujourd’hui, laisser nos données souveraines — qu’elles soient bancaires, fiscales ou identitaires — errer sur des serveurs hors de nos frontières est une faute stratégique. La souveraineté numérique n’est pas un repli frileux, c’est une protection active. Le déploiement d’un cloud souverain national n’est pas une option technique, c’est la construction des remparts de notre sécurité économique au XXIe siècle. Sans maîtrise de la donnée, l’indépendance de décision n’est qu’un slogan creux.

L’IA contre l’informel : le choc de transparence

Dans un pays où l’économie souterraine défie l’État, l’intelligence artificielle (IA) est notre meilleure alliée. L’intégration de l’IA dans le back-office de nos banques ne doit pas seulement servir à optimiser les profits, mais à révolutionner l’inclusion.

En affinant le scoring de risque, nous pouvons enfin ramener vers le secteur formel ces milliers de PME et d’entrepreneurs marginalisés par un système bancaire trop frileux. C’est par la technologie, et non par la seule coercition fiscale, que nous gagnerons la bataille de la transparence.

Le défi du mix énergétique : l’intelligence ou le déclin

Enfin, l’ambition de porter à 35 % la part des énergies renouvelables d’ici 2030 (contre à peine 4 ou 5% aujourd’hui, alors que la pays souffre d’un déficit énergétique structurel estimé à près de 60%), exige un saut qualitatif.

Le pilotage de cette transition, le couplage entre « Green Finance » et « Smart Grids », demande une expertise analytique que nous ne pouvons plus importer.

La Tunisie doit cesser d’être une simple consommatrice de solutions clés en main pour devenir un pôle d’ingénierie numérique régionale.

Le chemin vers 2030 est étroit. Il exige de rompre avec les vieux réflexes d’un État-providence à bout de souffle pour embrasser un État-stratège, agile et résolument tourné vers la modernité. Si nous manquons le virage de la souveraineté numérique, nous ne serons que les spectateurs passifs de notre propre déclassement.

* Ingénieur informatique, cadre d’une banque publique.

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Administration et IA en Tunisie – Réformer et innover, un seul et même combat

17. März 2026 um 12:00

Dans ma tribune du 13 mars 2026 (L’IA au service de la Tunisie : les conditions d’une adoption réussie), je posais la question de la gouvernance de l’IA dans les institutions tunisiennes. Une question urgente, mais incomplète. Car il en existe une plus fondamentale encore, que personne n’ose formuler clairement : à quoi sert de déployer l’intelligence artificielle dans une administration qui met neuf procédures pour créer une entreprise, 18 démarches pour un permis de construire, et 50 heures de formalités pour exporter un produit vers l’Europe ?

Introduire l’IA dans une administration non réformée, ce n’est pas moderniser; c’est numériser le blocage. Ces deux chantiers ne peuvent pas être menés l’un sans l’autre. C’est précisément cette leçon que la Tunisie n’a pas encore tirée et que le projet de Plan 2026-2030 doit impérativement inscrire dans ses priorités. 

L’administration tunisienne : un frein documenté, pas une opinion

La Tunisie n’est pas un pays sans atouts. Son tissu industriel, sa main-d’œuvre qualifiée, sa position géographique et son écosystème numérique – premier en Afrique en densité de développeurs – en font un candidat naturel à une croissance soutenue. Et pourtant, les chiffres racontent une autre histoire.

Entre 2012 et 2018, la Tunisie a perdu 46 places au classement Doing Business de la Banque mondiale. Ce n’est pas une statistique abstraite : c’est la traduction chiffrée de milliers de projets abandonnés, d’investisseurs découragés, d’entrepreneurs qui ont choisi d’aller ailleurs, ou de rester dans l’informel. Car l’économie informelle représente aujourd’hui entre 40 et 60 % de l’activité totale en Tunisie. C’est la mesure exacte de l’échec du cadre formel à offrir des conditions viables à ceux qui veulent entreprendre légalement.

Les chiffres opérationnels sont tout aussi éloquents. Créer une entreprise en Tunisie nécessite en moyenne neuf procédures distinctes, contre moins de cinq dans la plupart des pays développés. Obtenir un permis de construction mobilise 18 démarches, contre 13 au Maroc et neuf en France. Exporter un produit tunisien vers l’Europe coûte 50 heures de formalités administratives, contre 13 heures dans les économies avancées. Ce ne sont pas des données de think tank partisan. Ce sont des données de la Banque mondiale, confirmées par la Banque africaine de développement (BAD) et par le FMI dans ses consultations les plus récentes.

La dette publique atteint 83,3 % du PIB à fin 2025; contre 38,8 % seulement en 2010. Soit un quasi-triplement en quinze ans. Et son service absorbe désormais plus de la moitié des recettes fiscales annuelles. Le chômage des diplômés de l’enseignement supérieur s’établit à 22,5 % au quatrième trimestre 2025. A savoir qu’un Tunisien sur quatre ayant fait des études supérieures ne trouve pas d’emploi dans une économie qui prétend avoir besoin de compétences. La croissance annuelle 2025 s’établit à 2,5 %, portée en grande partie par le seul secteur agricole. Elle est révélatrice d’une économie qui reste structurellement dépendante des aléas climatiques, plutôt que de gains de productivité durables.

Ces chiffres ne sont pas le résultat d’une malchance conjoncturelle. Ils sont le résultat d’une gouvernance économique qui n’a pas rompu avec ses blocages structurels. Chaque procédure en trop est une raison supplémentaire de ne pas investir. Chaque délai inutile est un emploi non créé. L’administration tunisienne, telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, n’est pas neutre : elle est activement défavorable à l’activité économique.

Numériser le blocage, c’est l’institutionnaliser

Dans ma tribune du 13 mars 2026, j’alertais sur le risque de déployer l’IA dans les institutions tunisiennes sans cadre de gouvernance, sans sécurité renforcée et sans mécanismes de contrôle. Ce risque existe. Mais il en existe un autre, plus silencieux et tout aussi dévastateur : déployer l’IA dans une administration non réformée.

Car l’IA n’est pas une baguette magique. Elle ne corrige pas les dysfonctionnements. Elle les reproduit, plus vite, à plus grande échelle et avec une apparence de légitimité technique. Un algorithme entraîné sur les données d’une administration qui met 18 démarches pour délivrer un permis de construire n’apprendra pas à en faire moins. Il apprendra à gérer ces 18 démarches plus efficacement – en les rendant encore plus difficiles à contester. C’est ce que les spécialistes appellent l’automatisation du dysfonctionnement. Et c’est précisément le piège dans lequel la Tunisie risque de tomber si elle traite la réforme administrative et la transformation digitale comme deux chantiers séparés.

Les exemples internationaux sont éclairants et dérangeants. Le Royaume-Uni a déployé en 2021 un système algorithmique d’attribution des allocations sociales qui a reproduit et amplifié les biais discriminatoires du système manuel qu’il remplaçait, forçant son abandon après des milliers de décisions contestées. L’Australie a connu une expérience similaire avec son système automatisé de recouvrement de dettes sociales – le scandale dit « Robodebt » – condamné par les tribunaux pour avoir produit des milliers de réclamations erronées. Dans les deux cas, la technologie n’était pas le problème. Le problème était le cadre administratif défaillant dans lequel elle avait été déployée.

La Tunisie n’est pas à l’abri de ce scénario. Ses 18 projets d’IA publique programmés pour 2025-2026 seront déployés dans des administrations qui n’ont pas encore digitalisé leurs processus de base, qui fonctionnent encore largement sur des flux papier et dont les données (quand elles existent) sont hétérogènes, incomplètes et non interopérables. Demander à l’IA de performer dans cet environnement, c’est demander à un moteur de Formule 1 de rouler sur une piste non goudronnée. La puissance est là. La route, non.

Trois réformes qui changent tout et ce que l’IA peut y apporter

Le diagnostic est posé depuis longtemps. Ce qui manque, ce n’est pas un rapport supplémentaire, c’est l’action. Trois réformes précises, immédiatement réalisables, permettraient de créer les conditions dans lesquelles l’IA publique peut produire des résultats réels plutôt que des annonces.

Première réforme – La digitalisation réelle des services aux entreprises. Pas les portails en ligne qui reproduisent les formulaires papier en PDF et appellent cela la modernisation. Un service numérique vrai, avec des délais légaux contraignants, une traçabilité des dossiers en temps réel et une obligation de réponse opposable. C’est précisément sur cette infrastructure digitalisée que l’IA peut ensuite déployer sa valeur réelle : analyse prédictive des dossiers, détection des anomalies, optimisation des délais de traitement. Sans cette base, l’IA n’a rien sur quoi s’appuyer.

Deuxième réforme – Un guichet unique opérationnel, avec une autorité réelle. Les guichets uniques tunisiens existent sur le papier. Ils n’ont pas le pouvoir de débloquer les dossiers quand une administration sectorielle oppose un refus ou simplement n’est pas réactive. L’IA peut ici jouer un rôle décisif : cartographier les goulots d’étranglement en temps réel, identifier les administrations systématiquement défaillantes et produire des tableaux de bord de performance rendus publics. Mais encore faut-il que le guichet ait l’autorité d’agir sur la base de ces données.

Troisième réforme – Des délais légaux opposables pour toute décision administrative à incidence économique. Pas de réponse dans les 30 jours : accord tacite. L’IA peut en être le garant institutionnel : suivi automatisé des échéances, alertes en cas de dépassement, traçabilité complète des circuits de décision. Ce qui aujourd’hui relève du bon vouloir administratif devient une obligation mesurable, auditable et opposable.

Ces trois réformes ne sont pas complexes sur le plan technique. Elles sont complexes sur le plan politique parce qu’elles remettent en cause des pratiques, des positions de pouvoir et des habitudes institutionnelles solidement ancrées. La vraie question n’est donc pas « que faut-il faire ? ». Elle est : « Qui a intérêt à ce que rien ne change ? ». La réponse à cette question explique pourquoi les diagnostics se succèdent depuis quinze ans sans que les réformes suivent.

 

L’Économiste Maghrébin
TRIBUNE · ANALYSE
Mars 2026
Gouvernance · IA · Réforme administrative

RÉFORME ADMINISTRATIVE & IA :
DEUX CHANTIERS INDISSOCIABLES

Trois réformes qui conditionnent le déploiement de l’IA publique en Tunisie


1. Digitalisation réelle
des services publics
9 procédures → créer une entreprise
50 h de formalités à l’export
Portails PDF sans délais légaux
IA :
Analyse prédictive
Détection d’anomalies
Optimisation des délais

2. Guichet unique
à autorité réelle
18 démarches permis
Systèmes non interopérables
Aucune coordination
IA :
Cartographie des blocages
Tableaux de bord
Performance temps réel

3. Délais opposables
30 jours · accord tacite
Silence administratif = vide
Pas de contrainte
Zéro redevabilité
IA :
Suivi automatisé
Alertes délais
Audit horodaté
PLAN 2026–2030

Numériser le blocage n’est pas moderniser
Abdelwaheb Ben Moussa · Tribune

 

Le Plan 2026-2030 : l’occasion de traiter les deux chantiers ensemble

La Tunisie a aujourd’hui une fenêtre d’opportunité rare. Le projet de Plan de développement 2026-2030, examiné en Conseil ministériel le 2 décembre 2025 et en attente de transmission au Parlement, place simultanément la réforme administrative et la transformation digitale parmi ses axes structurants. C’est la première fois dans l’histoire de la planification tunisienne que les deux chantiers apparaissent dans le même document stratégique. Mais les inscrire dans le même document ne suffit pas, il faut les articuler dans le même calendrier, avec les mêmes responsables et les mêmes indicateurs de résultat.

Car le risque est connu et documenté : traiter la réforme administrative comme un chantier de long terme pendant qu’on accélère la transformation digitale à court terme. C’est exactement le scénario qui a échoué dans plusieurs pays de la région, et c’est précisément le déséquilibre que révèlent les 138 projets programmés pour 2025-2026 : 99 projets de modernisation des services, 18 projets d’IA, et seulement 12 projets de cybersécurité et de confiance numérique. La réforme administrative, elle, n’apparaît dans aucune colonne.

D’autres pays ont démontré qu’il est possible de mener les deux chantiers simultanément avec des résultats mesurables. Le Rwanda a réformé son environnement des affaires et déployé ses outils numériques publics en moins de cinq ans, passant de l’un des environnements les plus contraignants d’Afrique à l’un des plus compétitifs. La Géorgie a réduit de 90 % ses délais administratifs en combinant simplification réglementaire et digitalisation des services. Et ce, sans attendre que l’un soit parfait pour lancer l’autre. Ce n’est pas de la magie institutionnelle. C’est de la volonté politique traduite en calendrier précis et en obligations de résultat opposables.

Pour que le Plan 2026-2030 ne soit pas un plan de plus, trois engagements s’imposent.

Premier engagement : inscrire la réforme administrative comme condition préalable explicite de tout déploiement IA. Aucun projet d’IA publique ne devrait être lancé sans audit préalable des processus administratifs qu’il est censé améliorer. Numériser un processus défaillant sans le réformer, c’est graver le dysfonctionnement dans le marbre numérique.

Deuxième engagement : fixer des indicateurs de résultat communs aux deux chantiers. Réduire de moitié le nombre de procédures pour créer une entreprise d’ici 2027. Ramener à moins de 20 heures les formalités d’exportation d’ici 2028. Atteindre un taux de digitalisation réelle des services administratifs de 80 % d’ici 2030. Ces objectifs ne sont pas utopiques, ils sont atteignables, mesurables et comparables à ce que d’autres pays ont réalisé dans des délais similaires.

Troisième engagement : rendre publics les résultats, annuellement et par ministère. Un tableau de bord national de la réforme administrative et de la transformation digitale, publié chaque année, consultable par tout citoyen et tout investisseur. Pas un rapport gouvernemental de plus, un instrument de redevabilité réelle, audité par des organes indépendants.

Dans ma tribune du 12 mars 2026, je montrais que la Tunisie devait devenir un hub numérique régional. Dans celle du 13 mars, j’alertais sur l’urgence de gouverner l’IA avant de la déployer. Aujourd’hui, je pose la condition la plus fondamentale : il n’y a pas de transformation digitale réussie sans réforme administrative sérieuse. L’IA n’est pas le remède à une administration dysfonctionnelle, elle en est le révélateur. Et si la Tunisie a le courage de traiter les deux chantiers ensemble, elle peut transformer ce double défi en double avantage compétitif. L’histoire économique ne retient pas les pays qui avaient du potentiel. Elle retient ceux qui ont eu le courage de s’en saisir, au bon moment.

 

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* Les analyses et opinions exprimées dans cette tribune n’engagent aucune autorité publique ni institution. Elles reflètent la seule appréciation personnelle de l’auteur.

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TRIBUNE : L’intelligence artificielle, l’allié stratégique de l’entrepreneur

Von: hechmi
24. Dezember 2025 um 14:09

Longtemps considérée comme une technologie totalement réservée aux grandes organisations, l’intelligence artificielle (IA) se présente aujourd’hui comme un véritable levier d’innovation pour les entrepreneurs. Cet outil, quoique soulevant de nouveaux défis à la fois éthiques et humains, semble transformer en profondeur l’aventure entrepreneuriale.

L’IA a échappé de la sphère des géants de la technologie et s’est imposée depuis quelques années comme un outil stratégique au service des entrepreneurs. En peu de temps, elle a fortement modifié la manière de concevoir, de gérer et de développer une entreprise. De la génération d’idées à la mise en marché du produit et/ou service, l’IA s’immisce dans toutes les étapes du processus entrepreneurial, permettant un gain de temps, une minimisation du risque et beaucoup plus de perspicacité.

De visu, l’impact de l’IA se situe au niveau de la phase de création. Les entrepreneurs font désormais recours à des outils tels que ChatGPT, Gemini ou encore Notion AI pour tester la viabilité de leurs idées, comprendre les aspects de leurs projets, simuler et concevoir des business plans, etc.

L’IA intervient de la génération d’idées à la mise sur le marché, modifiant les pratiques entrepreneuriales.

 

Dans sa quête d’innovation, l’entrepreneur trouve dans l’IA le véritable sparring partner intellectuel ; elle aide à structurer une réflexion, à explorer des scénarios de marché ou à repérer les besoins non ou mal satisfaits.

Au-delà de la créativité, l’IA constitue un puissant accélérateur de prise de décisions. Elle permet d’assurer l’efficacité des analyses stratégiques en offrant une lecture instantanée des tendances et des comportements à la fois des consommateurs et des concurrents. Ce que le flair des entrepreneurs devinait autrefois, les algorithmes le détectent et le traitent en quelques secondes.

Les outils d’IA permettent d’analyser des idées, de simuler des scénarios et d’évaluer la viabilité des projets.

 

En Tunisie, l’intelligence artificielle commence à prendre de la place dans les pratiques entrepreneuriales. Elle est devenue pour bon nombres de startups locales, œuvrant dans les domaines de la santé, de la fintech ou de l’éducation, le meilleur outil de différenciation sur un marché palpablement compétitif.

Les incubateurs et espaces d’innovation invitent les entrepreneurs à intégrer des solutions d’automatisation et de data intelligence dès la conception de leur entreprise. Toutefois, le niveau d’adoption de l’IA dans les activités entrepreneuriales reste relativement faible, et ce, à cause des coûts parfois élevés des outils, du manque de formation technique et, surtout, des réticences culturelles face à la technologie.

Grâce à l’analyse rapide des données, l’IA améliore l’efficacité des décisions entrepreneuriales.

 

Les apports considérables de l’IA ne doivent pas occulter ses limites. L’entrepreneur, considéré comme l’acteur de changement favorable pour l’économie et la société, risque de se trouver dans l’obligation de déléguer à la machine des décisions qui relèvent de la vision et de l’intuition.

En effet, l’ère de l’entrepreneur augmenté renvoie à un repositionnement de l’humain dans l’entreprise. L’IA offre à l’entrepreneur les moyens et les outils nécessaires afin de mieux comprendre son environnement pour pouvoir innover plus intelligemment, agir plus vite, et, dans une autre approche, devenir proactif.

Un nouvel équilibre doit s’installer ; une alliance subtile homme/machine mérite d’être stratégiquement annoncée. L’avenir de l’entrepreneuriat sera aussi bien humain qu’artificiel.

Sarhan ABDENNADHER
Maître-assistant HDR en Sciences de Gestion,
FDS, Université de Sfax, Tunisie.

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LA TUNISIE QUI GAGNE | Compétences tunisiennes : Amine Hafsi Jeddi, le stratège du changement

21. Dezember 2025 um 09:05

Consultant senior et stratège en gestion du changement, Amine Hafsi Jeddi s’est spécialisé dans la transformation organisationnelle et digitale après plus de onze ans d’expérience entre le Canada, la Tunisie et le Moyen-Orient. Formé à l’HEC Carthage, puis à Montréal et dans des institutions prestigieuses comme Harvard Business School et le MIT, il a développé une expertise reconnue en gestion de projet, agilité et conduite du changement.

 Entre la création d’une culture organisationnelle et l’adoption de nouvelles pratiques, Amine Hafsi Jeddi défend une approche où l’accompagnement, la communication et l’espoir sont les clés de la réussite. Il revient sur les défis de la digitalisation des services publics. Pour lui, la sécurité ne dépend pas uniquement des outils technologiques, mais aussi du comportement des citoyens et de la stratégie de communication des institutions.

Il insiste sur la nécessité de donner du sens et de la cohérence à la technologie en Tunisie. Pour lui, la transformation numérique et organisationnelle ne peut réussir sans conviction, leadership positif et une approche humaine capable de vaincre les résistances.

L’empathie comme compétence essentielle

Aujourd’hui, Amine affirme que la qualité la plus déterminante dans son domaine est l’empathie. Derrière les discours sur la transformation technologique, explique-t-il, le véritable enjeu reste l’humain.

La technologie existe déjà, mais c’est la manière dont les individus adoptent et vivent le changement qui conditionne la réussite des projets. Ce qu’il a retenu de ses formations internationales est clair : on ne peut pas changer l’être humain, mais on peut rendre le changement humain.

Une vision centrée sur l’humain

Dans ses interventions auprès de grands ministères et organismes publics au Canada, Hafsi insiste sur l’importance d’une communication transparente et à impact. Pour lui, la transformation numérique ne se réduit pas à l’implantation d’outils : elle doit être accompagnée d’une écoute active et d’une orientation résolument humaine. Sans adoption par les citoyens et les employés, aucune digitalisation ne peut réussir.

Gouvernance et éthique

Amine rappelle enfin que tout projet de transformation doit s’appuyer sur un cadre de gouvernance et d’éthique solide. L’exemple d’un projet de gestion électronique des données mené pour un organisme gouvernemental canadien illustre cette exigence : avec 37 000 employés concernés, la protection des données sensibles et la sensibilisation des utilisateurs étaient des conditions indispensables à la réussite.

A.B.A

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Amadeus Tunisie : les agences de voyage au cœur de la transformation digitale

En Tunisie, Amadeus se positionne en acteur central de la mutation du voyage, dévoilant lors d’un événement à Tunis sa stratégie axée sur les technologies numériques pour accompagner l’écosystème local dans l’ère digitale.

La transformation digitale n’est plus une simple tendance, mais une réalité profonde qui bouleverse l’industrie du voyage. Au cœur de cette métamorphose, Amadeus se positionne comme un acteur stratégique, non seulement en tant que fournisseur de technologie, mais également en tant que partenaire essentiel de l’écosystème.

Un événement majeur a été organisé le 9 décembre à Tunis pour débattre autour du thème «L’écosystème du voyage au cœur de la transformation digitale». Il s’est tenu en présence des premiers responsables d’Amadeus IT Group dont Jamel Chandoul (vice-président – Travel Sellers META & EMEA Partner Markets) et Fakher Ben Saïd, chargé de la direction générale d’Amadeus Tunisie, ainsi que des partenaires locaux comme le président de la FTAV, Ahmed Bettaieb.

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Cet événement a permis de décortiquer la stratégie ambitieuse d’Amadeus. L’objectif était de révéler comment l’entreprise et ses partenaires se préparent à un avenir dominé par la personnalisation, l’IA et l’expérience « sans friction » pour le voyageur. Fakher Ben Saïd a clairement exposé la stratégie de l’entreprise, qui s’articule autour de trois pôles principaux : produits, formation et offre commerciale.

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Fakher Ben Said, chargé de la direction générale d’Amadeus Tunisie

L’innovation au centre des priorités

L’innovation produit est au centre des priorités d’Amadeus. L’objectif est l’accélération du standard NDC-X (New Distribution Capability), devenu « crucial, car il permet de Splitter l’offre (siège, bagage, lounge, etc.), transformant les compagnies en Retailers (détaillants) », comme l’a souligné Jamel Chandoul.

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Jamel Chandoul, vice-président d’Amadeus IT Group.

En parallèle, Amadeus promeut activement les solutions robotiques (Amadeus Robotics) permettant l’automatisation 24/7 de tâches comme l’Auto-Ticketing, et l’offre en ligne via Amadeus Web  Services et Quick Connect.

Myriam Soukouna, Products & Solutions Manager – Amadeus IT Group, a, de son côté, synthétisé les trois axes de digitalisation : l’expérience client, la digitalisation des processus et la connectivité. Elle a notamment présenté Amadeus Hey, une plateforme intelligente tout-en-un qui interagit avec les voyageurs en proposant des services personnalisés basés sur le contexte du voyage.

Créer un réservoir de compétences certifiées Amadeus

La formation est un pilier majeur pour garantir l’adoption et la maîtrise de ces nouvelles technologies. La stratégie d’Amadeus prévoit « l’intégration du module Amadeus dans le cursus universitaire et la création d’un centre de compétence End-to-End dans le but de développer un réservoir national de compétences certifiées Amadeus et créer de l’emploi qualifié. »

Les agences de voyages ont pris part en nombre à la conférence.

Nouveauté commerciale

Sur le plan commercial, un changement majeur a été annoncé. Il s’agit du passage à une tarification par package, en abandonnant la facturation par transaction. De plus, la ristourne sera révisée et calculée par palier basé sur les objectifs atteints, et non plus sur le nombre de « Bookings ». Ce modèle vise à encourager une performance globale plutôt que le simple volume de transactions.

L’IA entre opportunité et menace

La pandémie de la Covid-19 a été un puissant accélérateur, forçant la transformation du secteur et des comportements. « La Covid-19 a accéléré la transformation du secteur et des comportements des voyageurs », a confirmé Jamel Chandoul.

Le voyageur d’aujourd’hui exige une expérience « sans friction », autrement dit sans barrières stressantes, notamment à l’aéroport, ainsi que la personnalisation et la transparence des offres.

L’intelligence artificielle, nouvelle révolution et « un investissement majeur d’Amadeus. »

Les intervenants ont été unanimes à admettre que l’IA constitue « une opportunité qui force les acteurs à s’adapter et permettra de gérer la fragmentation croissante du marché. Elle augmentera également la performance des équipes », comme l’a constaté Khaled Drira, directeur général d’Active Travel lors d’un échange d’expériences inter-agences.

Fabrice Pelissier, Director Innovation and Knowledge Management Chez Amadeus IT Group, a souligné pour sa part que l’IA « accélère le cycle d’innovation en permettant la création rapide de prototypes fonctionnels.»

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Fabrice Pelissier

L’IA est aussi « une menace pour les agences si elles ne s’adaptent pas, car des agents d’automatisation peuvent faire des réservations hors circuit », a cependant averti Haythem El Mir, spécialiste en cybersécurité. Khaled Drira a reconnu que le secteur « est confronté à une menace réelle car l’IA peut potentiellement remplacer l’expertise et le conseil traditionnels. »

L’écosystème en quête de partenariats et de confiance

La transformation ne peut en fait se faire en vase clos. Elle requiert une collaboration étroite entre tous les acteurs. Ahmed Bettaieb, président de la FTAV, a souligné l’objectif d’établir « un vrai partenariat apportant une valeur ajoutée au secteur du voyage ». Il a d’ailleurs confirmé que « les techniciens de la FTAV sont pleinement engagés dans cette démarche ».

Marwen Razgallah, directeur général de Spring Travel Services, a estimé pour sa part que « l’absence d’un écosystème de soutien (réglementation, banques) force les agences à se débrouiller seules » pour finaliser la digitalisation du parcours client en Tunisie.

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Marwen Razgallah (à dr.) et Khaled Drira, agents de voyages venus partager leur expérience de la digitalisation de leurs activités.

Confiance numérique et cybersécurité

Avec la digitalisation, l’enjeu clé est d’instaurer une confiance numérique totale, remplaçant la confiance basée sur le contact humain.

Les agences doivent impérativement « démontrer leur engagement pour la protection des données personnelles et la conformité réglementaire. » L’IA est d’ailleurs une arme à double tranchant en cybersécurité, « utilisée à la fois pour la détection de fraudes (défense) et pour lancer des cyberattaques (offensive) », a prévenu Haythem El Mir.

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Haythem El Mir

Le voyage responsable

Une autre tendance émergente a été parmi les sujets débattus lors de l’événement. Il s’agit du voyage « responsable ». Fabrice Pelissier a insisté sur l’importance de cette notion, qui se manifeste par « l’affichage de l’empreinte carbone et le développement de voyages éthiques. »

La stratégie d’Amadeus, combinant innovation technologique, développement des compétences et révision de l’offre commerciale, vise à équiper un écosystème en pleine mutation.

Le succès de cette transformation digitale repose sur l’adaptabilité des agences de voyage et de tout l’écosystème en s’appuyant sur une collaboration renforcée entre le secteur privé et public.

Lire aussi à propos d’Amadeus Tunisie:

Amadeus Tunisie annonce le déploiement de nouveaux contenus NDC-X

Amadeus Tunisie poursuit la transformation de son activité de billetterie aérienne

Pour son 25e anniversaire, Amadeus Tunisie récompense ses partenaires agences de voyage

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