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CIVP en Tunisie, ce qu’il faut savoir avant de signer un contrat

03. August 2026 um 13:48

Un clic de l’entreprise, une confirmation du candidat, puis la validation du bureau de l’emploi. Aujourd’hui, une grande partie de la procédure du Contrat d’Initiation à la Vie Professionnelle (CIVP) passe par la plateforme numérique de l’Agence nationale pour l’emploi et le travail indépendant (Aneti). Pour les jeunes diplômés qui cherchent un premier poste comme pour les entreprises qui souhaitent recruter, comprendre ces étapes permet d’éviter des retards et des dossiers incomplets.

C’est un secret polichinelle. Une entreprise ne peut pas enchaîner les contrats CIVP sans embauche. Pour continuer à accueillir de nouveaux bénéficiaires, elle doit avoir recruté au moins la moitié des jeunes ayant terminé leur CIVP au cours des 3 dernières années. À défaut, elle devra patienter une année avant de pouvoir déposer une nouvelle demande.

Concrètement, tout commence par l’entreprise d’accueil. Elle crée la demande de contrat CIVP sur la plateforme de l’Aneti en renseignant les informations du candidat. Une fois cette première étape réalisée, le système envoie une notification au candidat. Celui-ci doit alors accéder à son espace personnel et confirmer la demande en cliquant sur l’option permettant de concrétiser le CIVP. Le dossier est ensuite transmis au Bureau de l’emploi et du travail indépendant (Beti) compétent pour traitement. A dire vrai, cette procédure en ligne est progressivement déployée à travers le pays et couvre aujourd’hui 48 bureaux de l’emploi, ce qui permet de simplifier les démarches administratives. On peut citer: Charguia, Ariana, Sfax, Sousse…

En outre, ce type de contrat reste l’un des principaux dispositifs publics destinés à faciliter l’accès des jeunes au marché du travail. Il s’adresse principalement aux primo-demandeurs d’emploi de nationalité tunisienne titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur ou d’un brevet de technicien supérieur (BTS) homologué. La notion de primo-demandeur d’emploi répond toutefois à des critères précis. Selon les normes, le bénéficiaire ne doit pas avoir exercé une activité professionnelle continue de plus de 24 mois après l’obtention de son dernier diplôme, ni une activité discontinue dépassant 36 mois. Les personnes en situation de handicap ainsi que certains chercheurs d’emploi ne remplissant pas la condition de diplôme peuvent également bénéficier du dispositif selon les cas prévus par la réglementation en vigueur . Du côté des employeurs, toutes les entreprises privées ainsi que les professions libérales peuvent accueillir des bénéficiaires dans le cadre du CIVP. Le contrat est conclu pour une durée de 12 mois. Dans certaines situations, l’Aneti peut autoriser une prolongation ou un second contrat dans une autre entreprise, sans que la durée totale dépasse 2 ans.

Le dispositif repose également sur un partage de l’effort financier entre l’État et l’entreprise. L’Aneti verse une indemnité mensuelle de 200 dinars aux diplômés de l’enseignement supérieur et aux titulaires d’un BTS, et de 150 dinars pour les autres niveaux. Les personnes en situation de handicap bénéficient, en plus, d’une aide supplémentaire de 50 dinars par mois. L’entreprise d’accueil est, de son côté, tenue de verser une indemnité complémentaire au moins équivalente à ces montants, soit un minimum de 200 dinars pour les diplômés du supérieur et de 150 dinars pour les autres bénéficiaires. Le CIVP ne se limite pas à une indemnité. Les bénéficiaires profitent également d’une couverture sociale pendant toute la durée du contrat ainsi que d’une formation complémentaire pouvant atteindre 400 heures lorsque celle-ci est jugée nécessaire.

Le dispositif prévoit aussi un avantage pour les entreprises qui recrutent durablement leurs stagiaires. Lorsqu’un diplômé ayant effectué un CIVP est embauché en contrat à durée indéterminée, l’État peut prendre en charge, pendant deux ans et dans certaines limites, la contribution patronale au régime légal de sécurité sociale.

Enfin, les entreprises ne peuvent pas multiplier les contrats CIVP sans résultats en matière d’emploi. Pour continuer à accueillir de nouveaux stagiaires, elles doivent avoir recruté au moins la moitié des bénéficiaires ayant terminé leur stage au cours des trois années précédentes. À défaut, elles devront attendre une année avant de pouvoir déposer une nouvelle demande.  

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Il veut construire un géant américain de l’IA . Le Tunisien Anis Bennaceur raconte

03. August 2026 um 12:09

Créer une startup technologique demande plus qu’une bonne idée. Aux États-Unis, il faut comprendre un marché, trouver les bons talents, convaincre des investisseurs et surtout réussir à construire un produit qui répond à un vrai besoin. C’est le chemin choisi par Anis Bennaceur. Depuis New York, l’entrepreneur tunisien développe Attention, une startup spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée aux équipes commerciales.

Fondée en 2022, l’entreprise travaille sur une problématique simple, c’est de permettre aux commerciaux de consacrer davantage de temps à leurs clients et moins de temps aux tâches administratives. “Notre mission est de maximiser les ventes pour les équipes commerciales”, précise Anis Bennaceur.

Mais avant Attention, il y a eu une première expérience entrepreneuriale qui a largement contribué à construire sa vision.

Source: Leconomistemaghrebin.

Une première aventure pour apprendre à construire un produit

Le parcours d’Anis Bennaceur commence par une formation à HEC Paris puis ESCP Business School. Il débute ensuite sa carrière dans la finance, en banque d’investissement puis en banque privée et private equity. En 2013, il rejoint Tinder à un moment où l’application américaine cherche encore à accélérer son développement en France. Cette expérience lui permet de découvrir de l’intérieur le fonctionnement d’une startup technologique en forte croissance. “J’ai vu comment les Américains construisent des entreprises, avec une vitesse et une ambition différentes”, raconte-t-il. Après cette expérience, il décide de créer sa première entreprise. En 2015, il lance Mixer, une plateforme de networking professionnel destinée aux industries créatives. Pendant 6 ans, il travaille sur le développement du produit, l’acquisition d’utilisateurs et la construction d’une activité commerciale. Pour lui, cette première startup a été une véritable école. “Ma première boîte était comme une première voiture. On fait quelques accidents, quelques erreurs, mais c’est comme cela qu’on apprend “, souligne-t-il. Cette période lui apprend notamment l’importance de l’itération, c’est-à-dire la capacité à améliorer continuellement un produit en fonction des retours du marché. Il découvre également une notion essentielle dans l’univers des startups; le” product-market fit”, soit la capacité d’un produit à trouver sa place auprès de ses utilisateurs.

Transformer un problème vécu en opportunité grâce à l’IA

C’est justement en développant Mixer qu’Anis Bennaceur identifie un problème qui touche de nombreuses entreprises. En travaillant avec son équipe commerciale, il constate que les vendeurs consacrent une grande partie de leur temps à des tâches qui ne sont pas directement liées à la vente. “Le plus gros problème, c’est que les commerciaux passent environ 70% de leur temps à faire des tâches administratives plutôt qu’à parler aux clients “, déclare-t-il. Mise à jour des CRM, saisie des informations après un rendez-vous, suivi des échanges… autant d’actions nécessaires mais chronophages. L’arrivée des premiers grands modèles d’IA, notamment GPT-3 en 2020, lui fait comprendre qu’une transformation profonde devient possible. En 2022, il lance Attention avec son associé Matthias Wickenburg. Un partenariat particulier puisque les deux entrepreneurs étaient auparavant concurrents dans leurs précédentes activités. La startup développe alors une solution capable d’automatiser certaines tâches commerciales. Après une conversation avec un client, Attention peut analyser les informations échangées et mettre automatiquement à jour les outils utilisés par les équipes. Cette première réponse à un besoin concret permet à la startup de trouver son marché.

NY comme point de départ

Pour Anis Bennaceur, choisir les États-Unis était une décision stratégique. Son expérience chez Tinder lui a montré la capacité de l’écosystème américain à faire grandir rapidement des entreprises technologiques. ” Si je voulais avoir une ambition mondiale, il fallait que je parte aux États-Unis “, affirme-t-il. Il choisit New York plutôt que San Francisco. La ville représente pour lui un compromis entre proximité avec l’Europe et accès à un marché économique majeur. New York concentre de nombreuses grandes entreprises, des investisseurs, des banques et des talents issus des meilleures universités américaines. Mais au-delà du choix géographique, l’entrepreneur insiste sur l’importance de la concentration stratégique.  Attention reste aujourd’hui très focalisée sur le marché américain. L’objectif n’est pas d’ouvrir rapidement plusieurs marchés, mais de construire une position forte avant de s’étendre. “Il est important d’avoir un focus au départ et de complètement gagner son marché avant d’aller chercher les autres”, explique-t-il. A dire vrai, cette stratégie repose sur ce qu’il appelle les effets de réseau. Plus une entreprise devient reconnue sur un marché précis, plus il devient facile d’accélérer ensuite. Attention a d’abord cherché à devenir un acteur majeur à New York avant de partir à la conquête d’autres villes américaines.” Nous avons voulu être le plus gros poisson dans un environnement plus petit avant d’aller chercher le reste des États-Unis”, raconte-t-il. Aujourd’hui, la startup continue de renforcer sa présence aux États-Unis avant d’envisager une expansion internationale.”À partir du moment où nous serons un géant américain, nous pourrons travailler avec le reste du monde”, souligne-t-il.

Trois principes, attention

Après plusieurs années dans l’entrepreneuriat, Anis Bennaceur retient 3 grands enseignements. Le premier concerne la capacité à penser différemment.  Il parle de “vérités contraires”, ces idées qui ne sont pas forcément acceptées par la majorité mais qui peuvent créer de nouvelles opportunités. Pour lui, un entrepreneur doit chercher ce que les autres ne voient pas encore. Le deuxième enseignement concerne le recrutement. Chez Attention, le choix n’a pas été de chercher uniquement les profils les plus expérimentés. L’entreprise privilégie des personnes capables d’apprendre rapidement et d’évoluer fortement. “Nous cherchons des personnes avec trois à cinq ans d’expérience qui peuvent devenir meilleures que quelqu’un avec quinze ans d’expérience”, dit-t-il.

Aujourd’hui, l’âge moyen dans l’entreprise est de 28 ans. Le troisième principe repose sur la recherche de l’excellence. L’entrepreneur affirme préférer investir dans les meilleurs profils plutôt que chercher uniquement à réduire les coûts.Et d’ajouter: “Je préfère payer au-dessus du marché pour les meilleurs talents”.Sur ce, cette culture passe également par une forte présence au bureau et une volonté de construire une équipe très engagée.

Les premières personnes qui ont cru au projet

Comme beaucoup d’entrepreneurs, Anis Bennaceur insiste sur le rôle de ceux qui font confiance au début d’une aventure. Il cite notamment ses premiers investisseurs, dont un fonds français qui lui a proposé un investissement avant même la création officielle d’Attention. Il évoque également les premiers clients qui ont accepté de travailler avec une jeune startup.  Mais il cite surtout le soutien de ses parents. “Ils m’ont toujours soutenu psychologiquement et mentalement”, confesse-t-il. Une confiance importante après plus de 10 ans passés dans l’entrepreneuriat.

 

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Oman facilite l’accès touristique, une nouvelle porte pour les Tunisiens?

03. August 2026 um 11:48

Un séjour de deux semaines sans frais de visa, c’est beau, non? C’est la nouvelle facilité annoncée par Oman pour attirer davantage de visiteurs. La Police royale d’Oman a introduit un nouveau visa touristique gratuit valable jusqu’à 14 jours pour certaines nationalités. Selon oman observer, une décision qui pourrait intéresser les voyageurs tunisiens, alors que les échanges entre les deux pays restent encore en dessous de leur potentiel.

Cette mesure intervient dans un contexte où le Sultanat cherche à accélérer l’ouverture de son marché touristique. Contrairement à certains pays du Golfe qui ont misé massivement sur le tourisme de masse, Oman veut construire une image différente, celle d’une destination culturelle, naturelle et authentique.

Avec ses montagnes, ses déserts, ses villages traditionnels et son littoral, le pays veut attirer une nouvelle clientèle internationale. Le tourisme est d’ailleurs identifié comme un secteur stratégique dans le cadre d’Oman Vision 2040, un programme visant à réduire la dépendance de l’économie aux hydrocarbures.

Une destination encore peu connue des Tunisiens

Pour les voyageurs tunisiens, Oman reste une destination encore peu explorée. Les séjours dans le Sultanat sont loin d’avoir le même volume que les voyages vers la Turquie, l’Égypte ou certains pays européens. La nouvelle facilité de visa pourrait toutefois changer progressivement cette situation en simplifiant les démarches pour certains voyageurs éligibles. Elle peut également encourager les agences de voyages à proposer davantage de circuits vers cette destination. Le coût reste néanmoins un élément important dans la décision de voyage. Depuis Tunis, un billet aller-retour vers Mascate varie généralement selon la saison, la compagnie aérienne et les escales. Il faut compter en moyenne autour de 1 500 à 2 500 dinars tunisiens pour un billet, avec des tarifs pouvant évoluer pendant les périodes de forte demande. À cela s’ajoutent les frais liés à l’hébergement, aux déplacements sur place et aux activités touristiques. Oman reste donc une destination qui demande un budget plus élevé que certaines destinations proches, mais elle offre une expérience différente, davantage orientée vers la découverte culturelle et naturelle. Derrière cette évolution administrative se pose aussi la question du rapprochement entre la Tunisie et Oman. En fait, les deux pays entretiennent des relations diplomatiques depuis plusieurs décennies, mais les échanges restent encore à développer. Une meilleure circulation des voyageurs peut contribuer à renforcer les liens entre les deux marchés, aussi bien sur le plan touristique qu’économique. Pour les entreprises tunisiennes, Oman représente un marché du Golfe encore peu exploité. Pour les acteurs du tourisme, cette nouvelle facilité constitue une opportunité de diversifier les offres proposées aux voyageurs tunisiens.

Le visa ne suffit pas à créer une nouvelle destination touristique, mais il peut être un premier pas. Reste maintenant à voir si les professionnels tunisiens sauront transformer cette ouverture en nouvelles opportunités.

 

 

 

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Tunisie: votre projet est validé? Il reste une étape pour toucher votre subvention. Détails

03. August 2026 um 09:00

Pour certains porteurs de projets agricoles, le financement est déjà accordé. Pourtant, les fonds ne sont pas encore sur leur compte. En cause, une dernière étape souvent méconnue. Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche appelle les bénéficiaires des subventions d’investissement à se rapprocher de la Banque nationale agricole (BNA) ou de la Banque tunisienne de solidarité (BTS) afin de finaliser les procédures de paiement.

Cette précision intervient alors que plusieurs projets ont déjà franchi toutes les étapes d’approbation. Une fois l’ordre de paiement émis par le ministère, ce sont les deux banques publiques qui prennent le relais pour verser les aides, selon les propos relayées par l’agence TAP. Sans cette démarche, les bénéficiaires risquent de retarder le déblocage de leurs subventions.

Le rappel du ministère fait suite à une question écrite du député Taher Ben Mansour sur le fonctionnement des incitations financières accordées dans le cadre de la loi sur l’investissement, souligne ladite source. L’occasion pour le département de lever le voile sur un circuit souvent perçu comme complexe.

En réalité, le parcours commence bien avant le paiement. Les dossiers sont d’abord instruits par les Commissariats régionaux au développement agricole ou par l’Agence de promotion des investissements agricoles (APIA). Ils passent ensuite devant la commission chargée d’accorder les avantages. Une fois le feu vert obtenu, le ministère des Finances met les crédits à disposition, tandis que la BNA ou la BTS assurent le versement effectif des montants.

Le soutien public n’est d’ailleurs pas versé en une seule fois. Une première partie est débloquée lorsque le projet atteint un niveau d’avancement défini par la réglementation. Le reste est accordé lorsque l’investissement entre réellement en activité. Ce mécanisme a été conçu pour accompagner les promoteurs tout au long de la réalisation de leurs projets.

En 2026, l’État a consacré 100 millions de dinars aux subventions d’investissement agricole. L’essentiel de cette enveloppe est destiné à la production agricole, tandis que le reste finance les projets liés à la pêche, à l’aquaculture et à la gestion des ressources en eau.

Au-delà d’un simple rappel administratif, le message est clair : pour les promoteurs dont les dossiers sont déjà validés, le déblocage des aides dépend désormais d’une dernière démarche auprès de leur banque.

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Karim Beguir et Jean-Paul Haton racontent la prochaine étape de l’IA et les priorités de la Tunisie

27. Juli 2026 um 16:01

L’intelligence artificielle évolue-t-elle progressivement ou connaît-elle une véritable rupture? C’est autour de cette question que se sont articulés les échanges entre Jean-Paul Haton, professeur émérite et l’un des pionniers européens de l’intelligence artificielle, et Karim Beguir, cofondateur d’InstaDeep, lors d’un panel consacré à l’avenir de l’IA en Tunisie.

Si leurs analyses diffèrent sur le rythme de cette transformation, elles convergent sur un point essentiel. La Tunisie dispose des compétences nécessaires pour prendre part à cette révolution technologique, mais elle devra désormais investir dans les infrastructures, la puissance de calcul et la recherche pour transformer ce potentiel en valeur économique.

Pour Jean-Paul Haton, né en 1948 et acteur de la recherche en intelligence artificielle depuis les années 1970, il est important de replacer les progrès actuels dans une perspective historique. Selon lui, l’IA ne commence pas avec ChatGPT.

Il rappelle que les premiers systèmes, dans les années 1980, reposaient sur ce que l’on appelle l’intelligence artificielle symbolique. Les connaissances étaient intégrées manuellement sous forme de règles élaborées par des experts. Cette approche est encore utilisée dans certains secteurs comme la banque ou l’industrie, mais elle reste limitée par la difficulté de maintenir et d’enrichir ces bases de connaissances.

L’arrivée de l’apprentissage à partir des données a ensuite profondément changé la donne. Grâce à la puissance de calcul et à l’explosion des volumes de données disponibles, les systèmes sont désormais capables d’apprendre seuls. Cette évolution ouvre déjà des applications concrètes dans l’imagerie médicale, la recherche scientifique ou encore l’agriculture de précision. En Tunisie, Jean-Paul Haton a notamment évoqué des travaux menés à Sfax autour de l’imagerie intelligente appliquée au secteur agricole.

Pour le chercheur, une nouvelle étape est aujourd’hui en train de s’ouvrir avec l’intelligence artificielle agentique. Ces systèmes seront capables d’exécuter des missions complètes plutôt que de répondre uniquement à une requête. Ils pourront rechercher des informations, organiser un achat, gérer un processus administratif ou coordonner plusieurs tâches de manière autonome.

Jean-Paul Haton estime néanmoins que les modèles actuels atteignent une limite importante. Ils produisent des résultats impressionnants mais ne comprennent pas réellement le monde qui les entoure. Ils fonctionnent essentiellement sur des probabilités sans disposer du bon sens qui permet, par exemple, de comprendre spontanément qu’un objet lâché tombera au sol. Pour lui, les prochaines avancées passeront par des modèles capables d’intégrer une meilleure compréhension du monde physique.

“Lorsqu’on dit que leur système raisonne, c’est pas vrai. Il raisonne parce que l’être humain raisonne derrière eux”, précise Jean-Paul Haton

Karim Beguir partage une lecture beaucoup plus rapide de cette évolution. Selon lui, novembre 2022 a marqué l’arrivée de l’intelligence artificielle générative auprès du grand public, mais le véritable tournant est intervenu en 2023. Depuis, les modèles progressent à un rythme inédit et repoussent constamment les limites qui semblaient encore infranchissables il y a quelques années. Le dirigeant d’InstaDeep estime que les capacités de raisonnement des nouveaux modèles progressent rapidement et que les débats sur leurs limites évoluent aussi vite que la technologie elle-même. À ses yeux, la véritable question n’est plus de savoir si l’intelligence artificielle sera capable de réaliser certaines tâches, mais comment les entreprises, les chercheurs et les administrations sauront exploiter ce potentiel.

Selon lui, la valeur ne résidera plus seulement dans l’accès aux outils d’intelligence artificielle, désormais largement disponibles, mais dans la capacité à poser les bonnes questions, à intégrer ces technologies dans les organisations et à imaginer de nouveaux usages.

“Le scaling en fait ne va pas s’arrêter. Il ne fait que commencer et c’est une opportunité pour nous tous”, souligne Karim Beguir

A dire vrai, les deux intervenants ont également insisté sur un enjeu stratégique pour la Tunisie. Former des ingénieurs ne suffit plus. Le pays doit aussi disposer de ses propres infrastructures de calcul. Plusieurs intervenants ont ainsi souligné que l’investissement dans des grappes de processeurs graphiques (GPU), indispensables au développement des modèles d’intelligence artificielle, constituerait un levier majeur pour renforcer l’autonomie technologique du pays. Ces infrastructures pourraient également contribuer au développement de solutions nationales en cybersécurité et à la protection des infrastructures critiques. Cette ambition suppose toutefois de relever un autre défi, celui de l’énergie. Les modèles d’intelligence artificielle nécessitent une puissance de calcul considérable et leur consommation énergétique augmente rapidement. Jean-Paul Haton a ainsi insisté sur l’importance de développer une intelligence artificielle plus sobre afin de concilier performances technologiques et durabilité.

Les échanges ont enfin mis en avant un constat partagé. La Tunisie dispose déjà d’un important vivier d’ingénieurs, de chercheurs et de talents reconnus à l’international. Le défi consiste désormais à leur donner accès aux moyens techniques nécessaires pour créer, entraîner et déployer leurs propres solutions depuis la Tunisie plutôt que de dépendre exclusivement des infrastructures étrangères.

Rappelons que ces discussions se sont déroulées dans le cadre de la troisième édition du Tunisia Global Forum (TGF), organisée le 21 juillet 2026 à Tunis par l’Association des Tunisiens des Grandes Écoles (Atuge). Le panel, intitulé “Bâtir les fondations d’une intelligence artificielle créatrice de valeur”, s’inscrit dans les travaux préparatoires du futur livre blanc tunisien sur l’intelligence artificielle, appelé à définir les grandes orientations du pays en matière d’IA, de souveraineté numérique et d’innovation.

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Classement: Endeavor Catalyst en tête des investisseurs des futures licornes

27. Juli 2026 um 15:02

Les prochaines grandes entreprises technologiques ne naissent plus uniquement aux États-Unis ou en Chine. Elles émergent aussi en Afrique, en Amérique latine, en Europe de l’Est ou en Asie du Sud-Est. Et pour les repérer avant tout le monde, certains investisseurs ont fait de ces marchés leur terrain de prédilection. C’est ce que montre un classement consacré aux investisseurs ayant financé le plus grand nombre de futures licornes dans les marchés émergents, appelés “Elsewhere”, c’est-à-dire en dehors des grands pôles technologiques comme les États-Unis, la Chine, Royaume-Uni.

En tête du classement figure Endeavor Catalyst. Le fonds a investi dans 37 entreprises avant qu’elles ne deviennent des licornes, c’est-à-dire avant qu’elles n’atteignent une valorisation d’un milliard de dollars. Cette première place montre sa capacité à détecter très tôt les startups les plus prometteuses et à les accompagner dans leur développement.

L’écart avec les autres investisseurs est d’ailleurs important. Accel arrive en deuxième position avec 24 investissements, suivi de SoftBank avec 22. Viennent ensuite Index Ventures avec 21 et Tiger Global avec 18. D’autres grands noms du capital-risque, comme General Atlantic, Sequoia ou Bessemer Venture Partners, figurent également dans le Top 10.

Ce classement ne récompense pas simplement les investisseurs présents au capital de grandes entreprises. Il met en avant ceux qui ont pris le risque d’investir avant que ces startups ne valent un milliard de dollars. Autrement dit, ils ont misé sur leur potentiel alors qu’elles étaient encore en pleine croissance.

Cette stratégie demande une bonne connaissance des marchés locaux et une vision à long terme. Les startups évoluant dans les marchés émergents attirent parfois moins l’attention que celles des grands centres technologiques, mais elles offrent aussi des opportunités importantes pour les investisseurs capables d’identifier les futurs leaders. Par ailleurs, les nouveaux champions de la technologie peuvent désormais voir le jour dans de nombreux pays. En les finançant dès leurs premières étapes de croissance, des investisseurs comme Endeavor Catalyst contribuent à faire émerger des entreprises capables de se développer à l’échelle mondiale tout en restant ancrées dans leur marché d’origine.

Source: Pitchbook, CB Insights.

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Les licornes ne naissent plus seulement dans la Silicon Valley

27. Juli 2026 um 13:48

Pendant longtemps, les startups valorisées à plus d’un milliard de dollars semblaient réservées à la Silicon Valley ou à quelques grands pôles technologiques comme la Chine. Aujourd’hui, la réalité est bien différente. Les futurs géants de la tech émergent de plus en plus dans des pays que l’on n’associait pas forcément à l’innovation.

C’est ce que montre le document “Unicorn Tracker” publié par l’organisation Endeavor, qui analyse l’évolution des licornes dans le monde.

Une licorne est une entreprise technologique non cotée en Bourse dont la valeur dépasse un milliard de dollars. Le terme a été créé en 2013 par l’investisseuse américaine Aileen Lee. À cette époque, ces entreprises étaient très rares. Sur près de 60 000 sociétés de logiciels et d’internet étudiées aux États-Unis, seules 39 avaient atteint cette valorisation.

En une dizaine d’années, le paysage a complètement changé. À la fin de 2024, le monde comptait plus de 1 400 licornes. Pour Endeavor, cette progression montre que l’innovation s’accélère et que les investisseurs sont prêts à soutenir davantage de jeunes entreprises à fort potentiel.

Autre évolution marquante, les licornes ne sont plus concentrées dans quelques pays. Près d’un quart d’entre elles se trouvent désormais en dehors des six grands marchés traditionnels que sont les États-Unis, la Chine, l’Inde, le Royaume-Uni, l’Allemagne…

Cette nouvelle géographie de l’innovation se retrouve dans plusieurs régions. En Amérique latine, des entreprises comme Kavak au Mexique ou Betterfly au Chili se sont imposées. En Afrique, le Nigeria s’est fait une place grâce à des startups comme Flutterwave. En Europe, ElevenLabs en Pologne ou Factorial en Espagne illustrent également cette dynamique. L’Asie du Sud-Est n’est pas en reste avec Carsome en Malaisie ou Nium à Singapour.

Le rapport met aussi en avant le travail d’Endeavor Catalyst, le fonds d’investissement du réseau Endeavor. À la fin de 2024, son portefeuille comptait 68 licornes. Surtout, 71% de ces entreprises avaient été financées avant d’atteindre une valorisation d’un milliard de dollars. Autrement dit, le fonds cherche à repérer les futurs champions avant qu’ils ne deviennent des licornes.

Mais atteindre ce statut n’est pas une fin en soi. Certaines entreprises poursuivent leur croissance et entrent en Bourse, tandis que d’autres sont rachetées par de grands groupes. Dans les deux cas, elles continuent de créer de la valeur et inspirent une nouvelle génération d’entrepreneurs.

À travers cette étude, Endeavor montre que la course mondiale à l’innovation a changé de visage. Les startups à très forte croissance ne sont plus l’apanage de quelques grandes puissances. Elles émergent désormais dans un nombre croissant de pays, confirmant que la prochaine licorne peut voir le jour presque partout dans le monde.

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JORT: les banques vont ouvrir une nouvelle voie de financement pour les PME et les petits projets

27. Juli 2026 um 11:56

Un nouveau mécanisme de financement destiné aux particuliers, aux porteurs de projets et aux petites entreprises entre progressivement en place en Tunisie. Un décret publié au Journal officiel de la République tunisienne (Jort) fixe désormais les règles de fonctionnement des lignes de microfinancement d’honneur, un dispositif qui repose sur des financements sans intérêts et sans garanties exigées par les banques.

L’idée est de créer une enveloppe dédiée au financement de projets de petite taille et d’activités économiques qui rencontrent souvent des difficultés pour accéder aux crédits classiques. Pour cela, chaque banque devra ouvrir dans ses comptes un compte spécifique appelé “compte de la ligne de financement d’honneur”, destiné à gérer les montants consacrés à ce mécanisme.

Ce dispositif intervient après l’affectation par les banques d’une partie de leurs bénéfices réalisés au titre de l’exercice comptable 2025, conformément aux dispositions prévues par le Code de commerce. En effet, le décret n°2026-148 du 23 juillet 2026 précise les bénéficiaires de ces financements. Sont concernés les particuliers, les porteurs de micro-projets, les PME économiques ainsi que les sociétés communautaires. Le texte définit également les catégories de projets pouvant bénéficier de ce soutien. Un micro-projet est considéré comme une activité dont le montant total d’investissement ne dépasse pas 150 mille dinars, y compris les besoins en fonds de roulement.

Pour les PME, le dispositif concerne les entreprises dont les investissements, incluant la création et l’extension, se situent entre 150 mille dinars et 15 millions de dinars. L’objectif est donc de couvrir plusieurs profils, allant du particulier cherchant un appui financier limité jusqu’à l’entreprise ayant besoin d’un soutien pour développer son activité. D’ailleurs, l’un des principaux changements apportés par ce mécanisme concerne les conditions d’accès. Les financements accordés dans le cadre des lignes de microfinancement d’honneur sont des crédits à court terme, remboursables sur une durée maximale de 2 ans, sans intérêts. Les bénéficiaires peuvent également obtenir une période de grâce pouvant aller jusqu’à 6 mois. Autre particularité, les banques ne pourront pas demander de garanties ou de sûretés, quelle que soit leur nature. Une disposition qui vise à faciliter l’accès au financement pour des porteurs de projets qui disposent rarement d’actifs suffisants pour répondre aux exigences habituelles du système bancaire.

Jusqu’à 25 mille dinars pour les PME

Le décret fixe aussi les plafonds des financements. Les PME et les sociétés communautaires pourront bénéficier d’un montant maximal de 25 mille dinars. Les porteurs de micro-projets pourront obtenir jusqu’à 10 mille dinars, tandis que les particuliers pourront accéder à un financement pouvant atteindre 5 mille dinars pour couvrir des besoins de consommation.

Pour les banques, l’effort attendu est également précisé. À l’exception des établissements dont les statuts limitent le champ d’intervention, chaque banque devra consacrer au minimum 50% des dotations disponibles aux PME et aux sociétés communautaires.

Le décret prévoit également des délais précis pour éviter que les demandes restent bloquées. Les banques devront examiner les dossiers dans un délai maximum de 10 jours ouvrables bancaires à compter de leur dépôt. La réponse devra être communiquée au demandeur par un moyen laissant une trace écrite. En cas de refus, la banque devra expliquer les raisons de sa décision. L’étude des dossiers ne pourra générer aucun frais ni commission pour les demandeurs. Le principe retenu est celui de l’antériorité et de l’équité. Les demandes seront traitées en tenant compte de l’ordre de présentation et dans le respect d’un traitement équitable entre les bénéficiaires.

Un suivi assuré par la BCT

Le dispositif prévoit également un mécanisme de contrôle. Les commissaires aux comptes des banques devront établir chaque année un rapport sur le respect des obligations liées à ces lignes de financement. Ce rapport devra être transmis au ministère chargé des Finances et à la Banque centrale de Tunisie (BCT) dans un délai maximum de 3 mois. En cas de non-respect des règles fixées par le décret, la BCT pourra intervenir et appliquer les sanctions prévues par le Code de commerce.

À travers ce mécanisme, les autorités cherchent à mobiliser une partie des ressources du secteur bancaire vers des projets de petite taille, souvent considérés comme trop risqués par les circuits classiques de financement. Reste à voir comment ce dispositif sera appliqué sur le terrain et quelle sera sa capacité réelle à répondre aux besoins des entrepreneurs, des jeunes porteurs de projets et des petites entreprises.

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Mouna Dahan Zgolli prend la tête du Conseil national de la statistique

27. Juli 2026 um 11:15

e Conseil national de la statistique a une nouvelle présidente. Mouna Dahan Zgolli, ingénieur général, a été nommée à ce poste par décret publié au Journal officiel de la République tunisienne (Jort) du vendredi 24 juillet 2026.

Cette nomination intervient pour un mandat de 4  ans, renouvelable une seule fois, conformément aux règles qui encadrent le fonctionnement de cette instance rattachée au ministère de l’Economie et de la Planification. En effet, lee Conseil national de la statistique dispose d’un rôle central dans l’organisation du système statistique national. Il veille notamment à la coordination entre les différents producteurs de données publiques et contribue à l’amélioration de la qualité des informations statistiques utilisées pour orienter les politiques publiques et les décisions économiques.

Le décret publié au JORT précise également que Mouna Dahan Zgolli bénéficiera du rang et des avantages accordés à un secrétaire général de ministère, en application de l’article 2 nouveau du décret n°99-2797.

Cette nomination intervient dans un contexte où la disponibilité de données fiables devient un enjeu majeur pour le pilotage économique, la planification et le suivi des transformations que connaît le pays. Les statistiques publiques constituent en effet un outil essentiel pour mesurer les évolutions économiques et sociales et accompagner les choix stratégiques de l’Etat.

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Secteur agroalimentaire: une plateforme pour aider les entreprises à anticiper les évolutions du marché

27. Juli 2026 um 09:21

Les entreprises tunisiennes de l’industrie agroalimentaire disposent désormais d’un nouvel outil pour suivre l’évolution de leur secteur et accéder à une information centralisée. Un Portail agroalimentaire tunisien vient d’être lancé afin de renforcer l’accès des professionnels à des données stratégiques et de faciliter leur prise de décision.

Cette plateforme a été développée par la Direction générale des industries alimentaires (DGIA) du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, en collaboration avec le Centre technique de l’agroalimentaire (CTAA) et le Pôle de compétitivité de Bizerte. Elle a bénéficié de l’appui du projet Croissance qualitative pour l’emploi (CQE), soutenu par l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ).

L’objectif est de regrouper, sur une seule plateforme, des informations utiles aux industriels du secteur. Les entreprises pourront ainsi accéder plus facilement à une veille stratégique, à des données sectorielles ainsi qu’à des informations techniques et réglementaires susceptibles d’accompagner leurs décisions et d’améliorer leur compétitivité.

Au-delà de la simple mise à disposition d’informations, les concepteurs du portail souhaitent créer un espace collaboratif où les différents acteurs de la filière pourront partager leurs expertises et faire remonter leurs besoins. Le portail repose d’ailleurs sur une gouvernance commune entre plusieurs institutions publiques afin de garantir la fiabilité et l’actualisation des contenus proposés.

Le lancement officiel de la plateforme s’est déroulé le 23 juillet lors d’un atelier réunissant des représentants d’institutions publiques, des organisations professionnelles et des chefs d’entreprise. Cette rencontre a permis de présenter les fonctionnalités du portail et de recueillir les attentes des opérateurs dans une logique d’amélioration continue.

L’accès à la plateforme est gratuit. Les professionnels peuvent créer un compte et consulter les différents services proposés via le portail iaa.tn.

Rappelons que cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet Croissance qualitative pour l’emploi (CQE), mis en œuvre par la GIZ Tunisie en partenariat avec le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie. Le projet est financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) ainsi que par l’Union européenne en Tunisie.

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Après la vague de chaleur, l’ONF réduit le prix du maïs fourrager pour soutenir les éleveurs

24. Juli 2026 um 15:36

Face aux difficultés rencontrées par les éleveurs après la vague de chaleur qui a touché la Tunisie, l’Office national des fourrages (ONF) a décidé d’agir sur le coût de l’alimentation animale. L’établissement a annoncé, le 23 juillet 2026, une révision à la baisse du prix de vente du maïs fourrager disponible dans ses entrepôts.

À partir de cette date, le prix de vente est fixé à 863 dinars la tonne. Cette mesure vise à alléger la pression sur les professionnels de la production animale, alors que les fortes températures ont affecté les élevages de volailles et de ruminants, avec des impacts sur les conditions de production et les charges supportées par les éleveurs.

En parallèle, l’ONF a annoncé la suspension des charges financières liées au prix de vente du maïs fourrager pour les opérations réalisées avec un paiement différé. Une décision qui concerne les professionnels bénéficiant de ce mode de règlement.

Le dispositif s’adresse à l’ensemble des acteurs du secteur, notamment les éleveurs de volailles et de ruminants, les sociétés coopératives, les sociétés communautaires, les groupements de développement agricole, les centres de collecte de lait ainsi que les fabricants et commerçants de fourrages agréés.

À travers ces mesures, l’ONF cherche à maintenir l’approvisionnement du marché en aliments pour bétail et à limiter l’impact économique de la période de fortes chaleurs sur les filières animales.

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Face aux coupures d’électricité, les entreprises demandent des comptes et des solutions durables

24. Juli 2026 um 12:06

Quand l’électricité disparaît à la maison, dans un commerce ou dans une usine, le problème ne se limite plus à quelques heures sans courant. Pour les Tunisiens, ces coupures deviennent une réalité du quotidien, avec des conséquences qui dépassent le simple inconfort. Elles touchent aussi l’activité économique et commencent à inquiéter les entreprises.

L’Organisation nationale des entrepreneurs (ONE) alerte sur l’impact des interruptions répétées et non programmées de l’électricité. Pour les opérateurs économiques, chaque coupure peut entraîner des pertes difficiles à rattraper et perturber une chaîne de production déjà soumise à plusieurs contraintes.

Dans les usines, une interruption brutale peut arrêter les machines, ralentir la production ou provoquer des dommages sur certains équipements. Dans les secteurs qui dépendent du froid, comme l’agroalimentaire, quelques heures sans alimentation peuvent entraîner la perte de matières premières ou de produits finis.

Les petites entreprises, les artisans et les commerçants ne sont pas épargnés. Une coupure peut empêcher une activité de fonctionner normalement, retarder une commande ou compliquer une relation avec un client.

Pour les entreprises tournées vers l’export, l’enjeu est encore plus important. Dans un environnement où les délais de livraison sont un critère essentiel, une production perturbée peut fragiliser la confiance des partenaires étrangers.

L’ONE estime que cette situation pose une question plus large sur la capacité du pays à garantir un environnement stable pour l’investissement et la production. L’énergie devient ainsi un facteur qui influence directement la compétitivité des entreprises tunisiennes.

Face à ces difficultés, l’organisation annonce un accompagnement juridique pour les entreprises touchées. Elle appelle les entrepreneurs, commerçants et artisans à conserver les preuves des pertes enregistrées, qu’il s’agisse de factures de réparation, de dommages matériels ou de pertes de marchandises.

Mais au-delà des démarches liées aux préjudices, l’ONE appelle à une réflexion de fond sur la gestion énergétique du pays. Pour les acteurs économiques, il ne suffit plus d’intervenir après chaque incident. Il faut renforcer l’anticipation et trouver des solutions durables.

L’organisation met notamment en avant l’importance d’accélérer les projets d’énergies renouvelables et de faciliter l’autoproduction pour les entreprises. L’objectif est de permettre aux acteurs économiques de réduire leur dépendance au réseau et de mieux sécuriser leur activité.

La question énergétique dépasse désormais le secteur de l’électricité. Elle touche directement le quotidien des citoyens, la capacité des entreprises à produire et l’attractivité économique du pays.

Pour les entrepreneurs, la priorité est aujourd’hui de retrouver plus de visibilité et de stabilité afin de pouvoir travailler dans de meilleures conditions.

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Le Tunisien Zied Jaouadi accède à la vice-présidence Afrique du Nord de la PACCI

24. Juli 2026 um 10:45

La Tunisie renforce sa présence au sein des organisations économiques africaines. Zied Jaouadi a été élu vice-président Afrique du Nord du Conseil exécutif de la Pan African Chamber of Commerce and Industry (PACCI) pour le mandat 2026-2028. Il occupe actuellement le poste de vice-président de la Chambre nationale des sociétés de commerce international au sein de l’Utica.

L’élection a eu lieu lors de la 5ᵉ Assemblée générale de la PACCI. L’événement s’est tenu du 24 au 26 juin 2026 à Fès, au Maroc. La présidence de l’Afrique du Nord est revenue à Hamza Benabdallah, représentant de la Chambre de commerce, d’industrie et de services de Fès-Meknès. Mais au fait, qu’est-ce que la PACCI?

Créée en 2009, cette organisation est basée à Addis-Abeba, en Éthiopie. Elle réunit des chambres de commerce, des organisations patronales et des associations d’entreprises de plusieurs pays africains. Son objectif? Faire entendre la voix du secteur privé africain et encourager les échanges entre les entreprises du continent.

Son rôle a gagné en importance avec le lancement de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). La PACCI travaille sur les questions de commerce, d’investissement, de développement des PME et d’intégration économique. Elle dialogue également avec l’Union africaine et d’autres institutions régionales pour défendre les intérêts des entreprises africaines.

Le Conseil exécutif est l’organe qui dirige l’organisation. Il définit les priorités de la PACCI et suit la mise en œuvre de ses actions. En rejoignant cette instance, Jaouadi Zied représentera les intérêts de l’Afrique du Nord aux côtés des autres responsables régionaux.

Pour l’Utica, cette élection offre une présence au sein d’une organisation qui participe aux débats sur l’avenir du commerce africain. Pour la Tunisie, elle constitue aussi une occasion de peser davantage dans les discussions autour de l’intégration économique du continent.

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Les utilisateurs de l’e-Dinar à nouveau ciblés par des sites frauduleux

24. Juli 2026 um 09:36

Comment distinguer un site officiel d’une plateforme frauduleuse? La question se pose de nouveau après l’alerte publiée par la Poste tunisienne concernant des tentatives de phishing visant les détenteurs de cartes de paiement électronique et les utilisateurs du portefeuille “Wallet e-Dinar”.

Dans un communiqué diffusé sur ses pages officielles, la Poste tunisienne indique avoir identifié des sites internet qui utilisent son identité ou se présentent comme des partenaires afin d’inciter les utilisateurs à communiquer leurs données personnelles et leurs informations de paiement. L’établissement rappelle dans un communiqué qu’il ne demande jamais à ses clients de transmettre leur mot de passe, leur code secret ou tout autre identifiant confidentiel. Toute sollicitation de ce type doit être considérée comme suspecte.

La Poste tunisienne précise également avoir engagé des procédures judiciaires contre les responsables de sites qui utilisent son identité sans autorisation ou se présentent abusivement comme des partenaires de l’institution pour collecter des données personnelles. En effet,cette alerte intervient plusieurs mois après un premier avertissement publié en février, qui portait déjà sur des tentatives de phishing ciblant les utilisateurs des services de paiement de la Poste.

Le phishing consiste à reproduire l’apparence d’un site ou d’un service connu afin d’obtenir les informations confidentielles des utilisateurs. Les fraudeurs diffusent généralement des liens par SMS, courrier électronique ou réseaux sociaux en invitant les victimes à confirmer leurs informations, à sécuriser leur compte ou à effectuer une prétendue mise à jour.

Pour limiter les risques, la Poste tunisienne invite ses clients à vérifier l’adresse du site consulté avant de saisir des informations personnelles, à ne pas utiliser les liens reçus de sources inconnues et à s’assurer que toute communication provient de ses canaux officiels.

L’institution recommande également de ne jamais communiquer ses codes confidentiels, même lorsqu’une demande semble provenir de la Poste tunisienne ou d’un partenaire présenté comme tel.

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ARP: près de 750 millions de dinars approuvés pour relancer la CPG et le GCT

23. Juli 2026 um 15:00

Le secteur tunisien des phosphates franchit une nouvelle étape dans son plan de redressement. La Commission des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a approuvé trois projets de loi autorisant l’État à garantir des financements internationaux destinés à la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) et au Groupe chimique tunisien (GCT), selon une dépêche de l’agence TAP.

L’opération représente près de 750 millions de dinars. Elle comprend un prêt de 110 millions d’euros accordé par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) à la CPG, ainsi que deux financements totalisant 120 millions de dollars mobilisés auprès de la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC) au profit du GCT.

Pour la CPG, ces ressources serviront à moderniser les installations de production. Le programme prévoit le renouvellement d’une partie du matériel d’extraction, l’installation de nouvelles unités de filtration et la mise à niveau de plusieurs équipements afin d’améliorer les performances industrielles et de réduire les coûts d’exploitation.

Le financement couvre également le projet CAPSA, une unité de traitement des eaux industrielles. Son objectif est de porter le taux de réutilisation des eaux usées de 60 % à plus de 90 %. Dans le bassin minier, où les ressources en eau sont limitées, cette amélioration doit permettre de diminuer la consommation d’eau liée aux activités minières.

Le GCT utilisera, de son côté, les financements de l’ITFC pour acheter du soufre et de l’ammoniac, deux matières premières indispensables à la fabrication des engrais. L’objectif est de sécuriser les approvisionnements, dans un contexte marqué par la volatilité des prix internationaux, et d’assurer la continuité de la production.

Selon le ministère de l’Industrie, ces financements s’inscrivent dans le programme de réforme du secteur des phosphates. Les investissements prévus devraient permettre à la CPG d’augmenter sa capacité d’extraction d’environ 30 % au cours des prochaines années.

Longtemps considéré comme l’un des moteurs des exportations tunisiennes, le secteur des phosphates a vu sa production reculer ces dernières années sous l’effet de difficultés sociales, logistiques et d’un sous-investissement des infrastructures. La remise à niveau des équipements et la sécurisation de l’approvisionnement des unités de transformation constituent donc deux leviers essentiels pour retrouver un rythme de production plus stable.

Après l’approbation de la commission parlementaire, la concrétisation de ces investissements dépendra désormais de leur mise en œuvre sur le terrain et de leur capacité à produire les résultats attendus sur la production et les exportations.

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Assad reprend 100% de sa filiale algérienne BAA

23. Juli 2026 um 13:51

Le groupe tunisien Assad a finalisé le rachat des parts restantes de sa filiale Batteries Assad Algérie (BAA). L’opération, conclue le 16 juillet 2026, porte sur les 4% du capital encore détenus par des investisseurs locaux algériens. Le groupe détient désormais la totalité du capital de sa filiale.

Cette opération ouvre la voie à une nouvelle étape pour BAA. Assad envisage une ouverture du capital de la société, soit à travers l’entrée d’un partenaire industriel, soit via une introduction en Bourse sur le marché algérien.

Le groupe prépare cette opération depuis l’année dernière avec l’accompagnement d’un cabinet spécialisé. L’objectif est de définir le meilleur schéma pour financer le développement de BAA.

La levée de fonds envisagée pourrait atteindre 1 milliard de dinars algériens, soit environ 22,1 millions de dinars tunisiens. Assad prévoit de céder entre 25% et 30% du capital de la filiale.

L’opération devrait être réalisée avant la fin de 2026. Les fonds levés en Algérie seraient destinés au développement de l’activité locale, avec un financement en monnaie nationale.

Avec cette restructuration, Assad renforce son contrôle sur sa filiale algérienne avant une éventuelle ouverture aux investisseurs.

 
 

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La BCT adresse une nouvelle circulaire aux banques et aux établissements de paiement

23. Juli 2026 um 10:53

À quelques semaines du lancement des inscriptions scolaires, le paiement des frais d’inscription pour l’année 2026-2027 change de dispositif. Les opérations seront effectuées exclusivement à travers des canaux numériques, notamment via des portefeuilles mobiles ainsi que des cartes de paiement bancaires ou postales.

Cette nouvelle organisation mobilise plusieurs acteurs du système financier, dont les banques, l’Office national des postes, les établissements de paiement non bancaires et la Banque centrale de Tunisie (BCT).

C’est dans ce contexte que la BCT a adressé, le 21 juillet, une circulaire aux banques, aux établissements de paiement et à La Poste tunisienne. Le document fixe les mesures à prendre pour accompagner la campagne d’inscription scolaire et garantir le fonctionnement des services de paiement électronique durant cette période.

Premier point d’attention: la disponibilité des plateformes. La BCT demande aux établissements concernés de s’assurer du bon fonctionnement de leurs canaux électroniques avant le démarrage de la campagne, d’en suivre les performances pendant toute la période des inscriptions et d’intervenir rapidement en cas d’incident technique.

L’enjeu est d’éviter les interruptions de service pouvant affecter les opérations de paiement réalisées par les familles.

La circulaire met également l’accent sur l’information et l’accompagnement des usagers. Les établissements sont appelés à communiquer davantage sur les solutions numériques disponibles et à apporter une assistance aux parents rencontrant des difficultés lors des démarches d’inscription.

Autre volet abordé: la coordination entre les différents intervenants. La Banque centrale recommande aux banques, aux établissements de paiement et à La Poste tunisienne de renforcer leurs échanges afin de faciliter le suivi des incidents, le traitement des réclamations et la résolution des problèmes rencontrés.

Cette organisation intervient alors que les services de paiement électronique sont progressivement intégrés dans plusieurs usages du quotidien. Avec les inscriptions scolaires, ces solutions seront utilisées dans le cadre d’une opération nationale impliquant un nombre important d’utilisateurs sur une période limitée.

Signée par le gouverneur de la Banque centrale, Fethi Zouhair Nouri, cette circulaire précise ainsi le cadre opérationnel applicable aux établissements financiers pour la campagne de paiement des frais d’inscription scolaire 2026-2027.

 
 

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Grammer AG explore la piste tunisienne pour un projet industriel de 1 200 emplois

23. Juli 2026 um 09:58

La Tunisie pourrait bientôt accueillir un nouvel acteur de poids dans son écosystème automobile. Le groupe allemand Grammer AG, spécialiste des systèmes de sièges et des composants d’intérieur pour l’industrie automobile, étudie la possibilité d’une implantation industrielle dans le pays. Le projet, encore au stade de prospection, pourrait déboucher sur la création de près de 1 200 emplois directs.

Cette perspective a été évoquée à l’occasion d’une visite d’une délégation de haut niveau de l’entreprise allemande en Tunisie. Selon un communiqué de la Tunisia Investment Authority (TIA), cette mission a été organisée en coordination avec la Chambre tuniso-allemande de l’industrie et du commerce (AHK Tunisie) afin d’examiner les opportunités d’investissement qu’offre le pays.

Au cours des échanges, plusieurs aspects ont été passés en revue, notamment les sites d’implantation possibles, les solutions industrielles disponibles ainsi que les mécanismes d’accompagnement proposés aux investisseurs étrangers. D’après la TIA, les discussions s’inscrivent dans le cadre de la stratégie d’expansion internationale de Grammer AG.

Le projet, s’il se concrétise, viendrait renforcer une filière automobile tunisienne qui continue d’attirer des industriels européens à la recherche de solutions de nearshoring. Au-delà des emplois annoncés, une telle implantation contribuerait également à élargir la chaîne de valeur locale dans un segment à plus forte intensité technologique.

Dans son communiqué, la Tunisia Investment Authority indique avoir réaffirmé son engagement à accompagner le groupe tout au long du processus, en facilitant les procédures administratives, l’identification du foncier industriel et la coordination avec les différents intervenants publics.

Fondée en 1880 en Allemagne, Grammer AG est aujourd’hui l’un des principaux fournisseurs mondiaux de solutions d’intérieur pour les véhicules particuliers ainsi que de systèmes de sièges destinés aux poids lourds, autobus, engins agricoles, de chantier et véhicules ferroviaires.

Le groupe emploie près de 14 000 collaborateurs répartis dans plus de 20 pays. Ses clients comptent parmi les grands constructeurs automobiles internationaux, auxquels il fournit des composants intégrant des technologies liées au confort, à la sécurité et à l’ergonomie.

Cette nouvelle marque d’intérêt intervient dans un contexte où la Tunisie multiplie les annonces d’investissements dans les industries manufacturières exportatrices, notamment dans les secteurs automobile, aéronautique et électronique.

La proximité géographique avec l’Europe, la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée et l’expérience acquise dans les industries mécaniques et électriques continuent de constituer les principaux arguments avancés pour attirer les investisseurs internationaux.

Si le projet de Grammer AG aboutit, il viendrait s’ajouter à la liste des investissements étrangers qui misent sur la Tunisie comme base industrielle régionale, tout en renforçant le positionnement du pays dans les chaînes de valeur européennes de l’industrie automobile.

 
 

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Qui sont les experts derrière le livre blanc “TunisIA”?

22. Juli 2026 um 14:56

Comment la Tunisie peut-elle transformer son vivier de talents en véritable levier de compétitivité dans l’intelligence artificielle? C’est à cette question que tente de répondre TunisIA, une initiative portée par l’Association des Tunisiens des Grandes Écoles (Atuge), qui vient de dévoiler un livre blanc proposant une vision et une feuille de route à l’horizon 2030.

L’intelligence artificielle n’est ni une tendance, ni technologie d’avenir, mais plutôt un facteur de compétitivité qui redessine les économies. Face à cette transformation, la Tunisie cherche à définir sa propre trajectoire. C’est dans cette optique que l’Atuge a lancé TunisIA, une initiative qui a abouti à l’élaboration d’un livre blanc destiné à servir de référence pour les décideurs publics, les entreprises, les universités et l’ensemble de l’écosystème numérique. Présenté dans le cadre de la 3e édition du Tunisia Global Forum 2026, ce document se veut plus qu’un simple rapport. Ses initiateurs le décrivent comme un “document vivant”, publié en open source afin d’être enrichi au fil des contributions de l’ensemble des acteurs concernés.

L’ambition de l’écosytème est de permettre à la Tunisie de développer une stratégie nationale adaptée à ses réalités, ses besoins, ses points forts… au profit des acteurs, sans reproduire mécaniquement les modèles étrangers. Le Livre Blanc défend ainsi une approche qualifiée de “tunisienne”, fondée sur les compétences locales, la sobriété des investissements et la réponse à des besoins concrets des citoyens, des entreprises et de l’administration.

Une mobilisation de figures de référence, une promesse

L’un des principaux atouts de cette initiative réside dans la diversité des profils mobilisés pour sa conception. Le projet a réuni des experts issus des grandes entreprises technologiques internationales, du monde universitaire, de la recherche et de l’entrepreneuriat. Union fait la force!

Le comité stratégique est présidé par Amine Aloulou, président de l’Atuge Tunisie. Il rassemble notamment Karim Beguir, cofondateur et CEO d’InstaDeep, Nozha Boujemaa, experte internationale et coprésidente du groupe IA de l’OCDE, Imed Zitouni, directeur principal de l’ingénierie chez Meta, Sami Ben Romdhane, vice-président Cloud & AI chez eBay, ainsi que le professeur Elyes Jouini de l’Université Paris Dauphine-PSL. Y participent également plusieurs personnalités reconnues de l’écosystème tunisien, parmi lesquelles Neila Benzina, fondatrice et CEO de Winbee, Mehdi Houas, président de Talan, ainsi que Noomane Fehri, Farouk Kamoun et Badreddine Ouali.La rédaction du document a, quant à elle, été assurée par une équipe composée de Maledh Marrakchi, consultant et enseignant spécialisé en intelligence artificielle, Emna Kharouf, ancienne présidente de l’Atuge Tunisie, et Nozha Ben Hajel-Boujemaa.

Une feuille de route à l’horizon 2030

Le Livre Blanc s’articule autour de 5 mesures structurantes déclinées en 41 recommandations opérationnelles. Ces recommandations sont organisées autour de trois piliers, à savoir, le développement des usages de l’intelligence artificielle, puis, les infrastructures numériques et les données. Elles sont complétées par deux leviers transversaux, consacrés à la gouvernance et au développement des talents. À travers cette feuille de route, les auteurs ambitionnent de créer les conditions nécessaires à une adoption plus large de l’IA dans les secteurs public et privé, tout en renforçant les capacités nationales en matière de recherche, d’innovation et de formation. Au-delà des recommandations techniques, le document fixe également comme objectif “mesurable”! “Permettre à la Tunisie d’intégrer le Top 50 mondial du Global Innovation Index d’ici 2030, en faisant de l’intelligence artificielle un levier de transformation économique et de compétitivité.”

Le défi reste désormais celui de la mise en œuvre. Car si la Tunisie dispose d’atouts reconnus, notamment un important vivier d’ingénieurs et d’entrepreneurs, la réussite de cette stratégie dépendra de la capacité à fédérer durablement les pouvoirs publics, les entreprises, les universités et les investisseurs autour d’une vision commune. C’est précisément l’ambition affichée par TunisIA, qui entend faire de ce Livre Blanc le point de départ d’une démarche collective plutôt qu’un document figé.

 
 

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Comment produire plus avec moins d’eau? La startup Grow It Yourself répond

22. Juli 2026 um 13:21

Dans une serre, il n’y a pas toujours besoin de terre pour faire pousser des légumes. C’est le pari fait par Grow It Yourself, une startup tunisienne qui développe des solutions d’hydroponie, une technique agricole qui permet de cultiver des plantes hors-sol en contrôlant leur environnement.

Fondée entre 2018 et 2019 par Ilyes Saidani, l’entreprise s’est spécialisée dans une technologie qui répond à une problématique devenue centrale en Tunisie. Comment continuer à produire alors que l’eau devient une ressource de plus en plus rare? “L’idée était de développer une agriculture plus efficace, capable de produire davantage tout en consommant moins de ressources”, souligne le CEO.

Plus précisément, l’hydroponie repose sur un principe un peu simple. Les racines des plantes ne puisent plus leurs nutriments dans la terre, mais dans une solution aqueuse enrichie. Cette maîtrise du milieu permet de réduire les pertes et d’optimiser chaque apport.

L’eau, le déclencheur!

Le choix de cette technologie n’est pas un hasard. La Tunisie fait partie des pays soumis à un stress hydrique important. D’ailleurs, précisément ces jours et aussi avec la canicule, les Tunisiens en font chaque jour le constat avec les coupures d’eau qui se multiplient dans plusieurs régions du pays. La baisse des précipitations, la pression sur les nappes phréatiques et l’évolution des besoins agricoles obligent le secteur à revoir ses méthodes de production. Dans ce contexte, les solutions permettant d’utiliser moins d’eau attirent de plus en plus l’attention. Selon Grow It Yourself, ses systèmes peuvent permettre jusqu’à 90% d’économie d’eau par rapport aux méthodes agricoles classiques, selon les cultures et les conditions d’exploitation. La startup avance également un potentiel de rendement supérieur, pouvant atteindre jusqu’à dix fois celui d’une culture traditionnelle sur une même surface grâce à un meilleur contrôle des paramètres de croissance.Au-delà de la quantité produite, c’est aussi la manière de produire qui change. D’ailleurs, l’une des évolutions de la startup , apportées par l’hydroponie moderne, est l’intégration de la technologie dans le suivi des cultures. En outre, les installations développées par Grow It Yourself intègrent des capteurs capables de surveiller différents paramètres comme l’irrigation, le fonctionnement du système, les conditions de culture ou encore besoins spécifiques des plantes. Par conséquent, l’agriculteur peut suivre plusieurs données à distance via une interface numérique. Une approche qui rapproche l’agriculture tunisienne des concepts de smart farming, où la donnée devient un outil pour prendre de meilleures décisions. Cette évolution correspond à une tendance mondiale. Dans plusieurs pays, notamment aux Pays-Bas, en Espagne ou aux États-Unis, les technologies agricoles permettent déjà de produire dans des environnements fortement contrôlés, y compris dans des zones où les contraintes climatiques rendent l’agriculture traditionnelle plus difficile.

L’autre argument mis en avant par les acteurs de l’hydroponie concerne la maîtrise sanitaire. En supprimant le contact direct avec le sol, cette méthode limite certains risques liés aux maladies transmises par celui-ci. Grow It Yourself affirme ainsi développer des systèmes fonctionnant sans pesticides et collaborer avec des laboratoires pour accompagner les agriculteurs qui souhaitent renforcer la traçabilité de leurs productions. Cette dimension répond aussi à une évolution des attentes des consommateurs, de plus en plus attentifs à l’origine des produits alimentaires et aux méthodes utilisées pour les produire.

Pour les particuliers aussi

Le modèle de Grow It Yourself ne se limite pas aux exploitations agricoles. La startup propose également des installations destinées aux particuliers souhaitant produire leurs propres légumes. L’entreprise accompagne ses clients avec des solutions clés en main, allant de l’installation à la formation, avec un suivi après mise en service. Cette approche traduit une évolution du marché : l’agriculture technologique ne concerne plus uniquement les grands exploitants. Elle commence aussi à intéresser les particuliers, les petites structures et les nouveaux profils attirés par une production locale.

Son réseau? 

Après son développement en Tunisie, Grow It Yourself exporte son expertise vers d’autres marchés africains, notamment l’Algérie, la Libye et le Sénégal. Pour la startup, l’Afrique représente un terrain naturel d’expansion. Le continent fait face à des défis similaires: croissance démographique, pression sur les ressources naturelles et nécessité d’améliorer la productivité agricole. L’entreprise revendique aujourd’hui une présence importante sur le marché tunisien de l’hydroponie. Elle privilégie pour l’instant l’autofinancement et envisage une éventuelle levée de fonds à partir de 2027 pour accélérer son développement.

Une question qui se pose si l’hydroponie peut-elle changer l’agriculture tunisienne? L’agriculture hors-sol ne remplacera pas toutes les formes d’agriculture traditionnelle. Les cultures en plein champ resteront essentielles pour de nombreuses productions. Mais dans un pays où chaque litre d’eau compte davantage, l’hydroponie apparaît comme une piste parmi les solutions possibles pour adapter le modèle agricole. Le défi pour les startups du secteur sera désormais de dépasser le stade de l’innovation technologique pour atteindre une adoption plus large auprès des agriculteurs.Car derrière cette technologie se joue une question plus large, à savoir, dans un contexte de changement climatique, comment produire mieux avec moins de ressources?

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