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Médina de Tunis : Un appel à candidatures lancé pour recenser le patrimoine du quartier consulaire

09. Juni 2026 um 10:45

L’Association de Sauvegarde de la Médina de Tunis (ASM) a lancé un appel à candidatures destiné aux étudiants spécialisés dans l’architecture, l’urbanisme et le patrimoine afin de participer à un vaste inventaire des biens bâtis du quartier consulaire de la médina de Tunis. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet tuniso-français SAWN, consacré à la préservation du patrimoine architectural.

Une mission de terrain au cœur de la médina

Ouvert aux étudiants à partir de la cinquième année de l’École nationale d’architecture et d’urbanisme de Tunis (ENAU), ainsi qu’aux étudiants en master de l’Institut supérieur des technologies de l’environnement, de l’urbanisme et du bâtiment (ISTEUB) et de l’Institut supérieur des métiers du patrimoine (ISMP), cet appel vise à mobiliser de jeunes spécialistes autour d’un projet de documentation et de valorisation du patrimoine bâti.

Les candidats sélectionnés seront chargés de participer à l’inventaire des édifices du quartier consulaire, considéré comme l’un des secteurs les plus emblématiques de la médina de Tunis. L’opération leur permettra d’acquérir une expérience pratique dans les domaines de l’étude architecturale, de la cartographie, de la collecte de données et de la numérisation du patrimoine.

La date limite de dépôt des candidatures a été fixée au 17 juin 2026.

Formation, inventaire et numérisation

Le programme prévoit une phase de formation aux techniques d’inventaire à partir du 22 juin 2026. Les travaux de terrain se dérouleront du 29 juin au 31 août, tandis que les opérations de numérisation des fiches et de production cartographique s’étendront du 1er août au 31 octobre.

Une étape complémentaire, consacrée à l’inventaire détaillé des édifices sélectionnés, est programmée du 1er septembre au 31 octobre 2026. Elle comprendra notamment des relevés architecturaux, l’actualisation de documents existants et l’élaboration de fiches descriptives détaillées pour les bâtiments retenus.

Préserver et transmettre le patrimoine tunisien

Mis en œuvre entre 2025 et 2027 avec le soutien du Fonds Équipe France (FEF), le projet SAWN ambitionne de renforcer les efforts de préservation du patrimoine en Tunisie à travers une approche collaborative réunissant institutions publiques, société civile, experts et professionnels du secteur.

Au-delà de l’inventaire du quartier consulaire, l’initiative vise également à favoriser la transmission des savoir-faire académiques et traditionnels aux nouvelles générations et à développer des outils de documentation destinés aux chercheurs, aux spécialistes du patrimoine et aux institutions concernées.

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Budget 2027 : la Culture mise sur les jeunes, le patrimoine et la modernisation

09. Juni 2026 um 09:42

Le ministère des Affaires culturelles a entamé les travaux de préparation de son budget pour l’exercice 2027. Réunie lundi sous la présidence de la ministre Amine Srarfi, une séance de travail a permis d’examiner les premières orientations budgétaires, avec pour objectifs une meilleure gouvernance des ressources liées à la culture, le soutien à la création, la modernisation des institutions culturelles et la préservation du patrimoine.

Dans le cadre de la préparation du projet de budget 2027, la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, a présidé, lundi 8 juin 2026, une séance de travail consacrée à l’examen des besoins financiers du département de la culture et des établissements culturels placés sous sa tutelle.

Cette réunion s’inscrit dans le cadre du renforcement des règles de gestion administrative et financière du ministère et vise à assurer une préparation rigoureuse du budget dans les délais fixés. À cette occasion, la ministre a insisté sur la nécessité d’une coordination étroite entre les différentes structures concernées afin de garantir l’élaboration d’un projet budgétaire cohérent et conforme aux orientations générales des finances publiques.

Amina Srarfi a également souligné l’importance d’établir des prévisions budgétaires réalistes, capables de répondre aux objectifs stratégiques du secteur culturel tout en tenant compte des contraintes financières de l’État.

Lors de cette séance, les responsables des différentes institutions culturelles ont présenté leurs projets de budgets respectifs, élaborés sur la base des besoins financiers, techniques et logistiques identifiés pour l’année à venir. Les discussions ont porté sur les priorités à intégrer dans le budget 2027, notamment le renforcement de la gouvernance et de la transparence dans les mécanismes de soutien aux créateurs et aux artistes.

Le ministère entend également accorder une attention particulière aux jeunes, à travers des programmes et initiatives ciblés. Tout en poursuivant les efforts de développement des infrastructures culturelles et de sauvegarde du patrimoine national.

Parmi les orientations retenues figurent également la recherche de nouvelles méthodes de valorisation et de promotion du patrimoine culturel ainsi que la modernisation des établissements relevant du ministère. Et ce, dans une logique d’amélioration de leur efficacité et de leur adaptation aux évolutions du secteur.

À travers ce chantier budgétaire, le ministère des Affaires culturelles affiche sa volonté de mieux orienter ses ressources vers les projets jugés prioritaires et de renforcer l’impact des politiques culturelles à l’horizon 2027.

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Hassanine Ben Ammou | Littérature et sauvegarde de la mémoire nationale

07. Juni 2026 um 09:07

L’œuvre romanesque de Hassanine Ben Ammou mérite d’être considérée non seulement comme une contribution littéraire majeure, mais également comme une action exemplaire en faveur de la sauvegarde du patrimoine historique et immatériel de la Tunisie.

Abdelhamid Larguèche *

Dans les débats contemporains sur la préservation du patrimoine, l’attention se porte souvent sur les monuments, les sites archéologiques ou les objets matériels. Pourtant, les nations vivent tout autant de leurs récits, de leurs mémoires collectives, de leurs langues, de leurs traditions et de leurs imaginaires. Ce patrimoine invisible, que l’Unesco qualifie de patrimoine culturel immatériel, constitue l’âme profonde des peuples. Il est fragile. Il peut disparaître lorsque les générations cessent de le transmettre.

C’est précisément contre cet effacement que s’inscrit depuis plus de quarante ans l’œuvre de Hassanine Ben Ammou.

L’espace vivant de la culture

À première vue, ses romans apparaissent comme des récits historiques. En réalité, ils accomplissent une mission beaucoup plus vaste. Ils constituent une véritable entreprise de sauvegarde de la mémoire tunisienne. Des derniers Hafsides aux débuts de la présence ottomane, de l’arrivée des Morisques à la révolte de 1864, des intrigues du Bardo à la vie quotidienne de la médina de Tunis, l’écrivain restitue des pans entiers de l’histoire nationale souvent absents de la mémoire populaire.

Cette démarche possède une valeur historique incontestable. Loin de se limiter à la reconstitution des événements, elle redonne chair aux hommes et aux femmes qui ont traversé ces périodes. Les personnages historiques cessent d’être de simples noms dans les archives pour retrouver leurs passions, leurs ambitions, leurs peurs et leurs contradictions.

Grâce au roman, l’histoire sort des bibliothèques pour rejoindre l’espace vivant de la culture. Mais l’apport de Hassanine Ben Ammou ne se limite pas à la transmission des faits historiques. Son œuvre préserve également un immense patrimoine immatériel. Dans ses romans revivent les manières de parler, les expressions populaires, les traditions urbaines, les coutumes familiales, les pratiques religieuses, les métiers anciens, les fêtes, les croyances, les formes de sociabilité et les modes de vie qui ont façonné la société tunisienne au fil des siècles.

L’histoire des représentations collectives

La médina de Tunis, les souks, les quartiers populaires, les campagnes de l’intérieur, les routes caravanières, les palais du pouvoir et les espaces du quotidien deviennent sous sa plume de véritables conservatoires de mémoire. Le lecteur y retrouve non seulement l’histoire des événements, mais aussi celle des sensibilités, des imaginaires et des représentations collectives.

Cette dimension patrimoniale apparaît avec une force particulière dans les romans consacrés aux Morisques, aux populations andalouses réfugiées en Tunisie ou encore aux communautés qui ont contribué à façonner l’identité plurielle du pays.

À travers ces récits, c’est toute une mémoire méditerranéenne qui ressurgit, rappelant que la Tunisie s’est construite par des échanges, des migrations et des métissages culturels successifs.

Le roman consacré à Ibn Khaldoun – «الغروب الخالد» (L’Eternel crépuscule), éditions Meskiliani, Tunis 2026,
336 pages – représente à cet égard l’aboutissement d’un long parcours. En faisant revivre le plus célèbre penseur de l’histoire du Maghreb, Hassanine Ben Ammou ne rend pas seulement hommage à une figure exceptionnelle. Il réintègre dans la conscience contemporaine un patrimoine intellectuel universel né sur cette terre. Il rappelle que l’histoire tunisienne ne se résume pas à ses monuments ou à ses dynasties, mais qu’elle comprend aussi des traditions savantes, des écoles de pensée et des œuvres qui ont marqué l’histoire de l’humanité.

Le roman donne une âme au passé

Dans une époque où les mémoires sont souvent fragmentées et où les repères culturels tendent à s’effacer sous l’effet de la mondialisation, une telle œuvre acquiert une importance particulière. Elle contribue à transmettre aux nouvelles générations une connaissance sensible de leur passé. Elle rétablit la continuité entre les héritages anciens et les interrogations du présent.

C’est pourquoi l’œuvre de Hassanine Ben Ammou mérite d’être considérée non seulement comme une contribution littéraire majeure, mais également comme une action exemplaire en faveur de la sauvegarde du patrimoine historique et immatériel de la Tunisie. À travers ses romans, c’est une mémoire collective qui est préservée, un héritage culturel qui est transmis et une identité nationale qui continue de dialoguer avec son histoire.

Les archives conservent les documents. Les musées protègent les objets. Les historiens établissent les faits. Mais les romanciers donnent une âme au passé. C’est sans doute là que réside la contribution essentielle de Hassanine Ben Ammou : avoir fait de la littérature un lieu de mémoire, de transmission et de sauvegarde d’un patrimoine dont la richesse dépasse largement les frontières de la Tunisie pour rejoindre l’héritage universel de l’humanité.

* Historien.

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Snapshot : La trace du boulanger Matteo Musso

24. Mai 2026 um 10:11

Chaque trace compte, chaque bribe porte une histoire. Au 28, rue de la Sebkha, la boulangerie de Matteo Musso affiche encore sa devanture en lettres céramiques.

Encore une mémoire sicilienne, celle d’un quartier entier, celle du pain qu’on pétrit et qui nourrit. Que de boulangers italiens peuplent la petite histoire de Tunis ! Ils étaient nombreux à fabriquer le pain que nous nommons « talian » dans des fours qui subsistent encore.

Remonter la rue de la Sebkha est un parcours inépuisable, une incursion dans le passé proche, un voyage dans nos Siciles intimes.

Lire aussi : Le goût du pain : Smid, Tbaq, Mbassess, Flûte et Viennois!

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Everyday Tunisians : Quand Abdessatar veille sur Sidi Chérif

24. Mai 2026 um 10:03

À la Goulette, le mausolée de Sidi Chérif accueille tous les visiteurs de la cité balnéaire de la banlieue nord de Tunis. Entre le fort de la Karraka et le port de la ville, au cœur d’un carrefour vital, la zaouia de Sidi Chérif veille sur la Goulette.

Ce saint personnage est le protecteur de la Goulette. Ses faits d’armes remontent au temps lointain où Espagnols et Ottomans se disputaient le contrôle de la Goulette.

Abdessatar Chérif est le digne descendant du saint personnage. Historien de la Goulette, ancien membre du Conseil municipal, homme d’ouverture, il veille sur la zaouia de l’ancêtre en exigeant gardien des rituels.

Au jour le jour, Abdessatar s’assure de la bonne tenue du sanctuaire dont il prépare tout au long de l’année, l’emblèmatique kharja du mois de septembre. Veilleur vigilant à la confluence des cultures, Abdessatar symbolise la persévérance au service d’une lignée, une ville, un pays. Et aussi toute la fierté d’être Goulettois.

Lire aussi : Everyday Tunisians : Mokhtar, 44 ans à la boulangerie Memmi

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Mois du patrimoine : Sur la route des Andalous

19. April 2026 um 10:08

Le coup d’envoi du Mois du patrimoine a été donné hier, samedi 18 avril. Cette manifestation organisée par le ministère des Affaires culturelles se poursuivra jusqu’au 18 mai.

Cette trente-cinquième édition du Mois du patrimoine comprendra une initiative originale intitulée La route des Andalous avec un regard sur l’architecture et les traditions de plusieurs villes.

De Zaghouan à Testour

Cette route des Andalous passera ainsi par les villes de Zaghouan, Soliman, Tebourba, Kalaat El Andaleus, El Alia et Testour.

La capitale est également incluse dans ce circuit qui remontera aux racines de la présence andalouse en Tunisie.

Pour rappel, le thème du Mois du patrimoine 2026 est relatif aux relations entre architecture et patrimoine.

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Patrimoine : Monastir, notre deuxième capitale spirituelle

27. März 2026 um 09:18

Lorsqu’au onzième siècle, les Hilaliens attaquèrent Kairouan, les nombreux lettrés et jurisconsultes se réfugièrent à Monastir, ville côtière également considérée comme la deuxième capitale spirituelle de la Tunisie des premiers temps de l’Islam.

On compte en effet à Monastir, l’antique Ruspina, près d’une quarantaine de mosquées historiques, plus d’une vingtaine de zaouias et cinq ribats dont le plus connu représente le symbole de la ville.

La Grande mosquée de Monastir a des origines qui remontent au neuvième siècle. Bâti sur des colonnes à chapiteaux antiques, ce sanctuaire obéit à la tradition médiévale et demeure l’un des berceaux de la ville.

À proximité, la mosquée Bourguiba suggère le legs historique des siècles successifs. Avec son minaret à la silhouette ottomane, cette mosquée édifiée en 1963, ouvre une perspective sur le mausolée voisin où repose le fondateur de la République tunisienne.

Tourné vers la mer, le ribat semble veiller sur la ville, ses mosquées et sa médina dont les rues sont fières de la ferveur qui les enveloppe. À chaque pas, des mosquées de taille modeste mais à l’histoire séculaire, s’inscrivent dans le vif de la foi et dans la longue tradition contemplative des mourabitoun.

Monastir est ainsi, au diapason de sa Grande mosquée dont l’héritage se confond avec le creuset généreux et hospitalier qui anime toujours cette ville de haute mémoire.

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