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En Tunisie, les touristes dépensent près de 17,5 milliards de dinars en 2025

28. Oktober 2026 um 10:05

Les dépenses touristiques en Tunisie ont atteint 17,471 milliards de dinars en 2025, en hausse de 8,2 % par rapport à 2024 et de près de 19 % par rapport à 2023, selon les données des comptes nationaux du tourisme.

La contribution directe du tourisme au produit intérieur brut (PIB) tunisien s’est élevée à environ 8,935 milliards de dinars en 2025, soit 5,2 % du PIB national. Elle a progressé de 7,6 % sur un an.

La valeur ajoutée brute directe du secteur a, pour sa part, atteint 8,662 milliards de dinars, contre 8,072 milliards en 2024 et 7,344 milliards en 2023. Elle représente 5,4 % de la valeur ajoutée totale de l’économie. Les impôts nets des subventions liés à l’activité touristique se sont établis à 272,7 millions de dinars.

Les visiteurs étrangers concentrent près des trois quarts des dépenses

Les visiteurs non résidents ont généré 12,770 milliards de dinars de dépenses en 2025, soit 73,1 % du total. Les dépenses du tourisme intérieur, réalisées par les résidents tunisiens, ont atteint 4,701 milliards de dinars, en progression de 8,7 % sur un an.

Chez les visiteurs étrangers, l’hébergement représente 40,3 % des dépenses, suivi du transport national de voyageurs (20,2 %), des biens et services non spécifiques (19,4 %) et de la restauration (12,9 %).

Pour les touristes résidents, l’hébergement absorbe 30 % des dépenses, devant les autres produits (29 %), la restauration (22 %) et le transport (7 %).

À l’échelle de l’ensemble des dépenses touristiques, l’hébergement arrive en tête avec 38 % du total. Les produits non spécifiquement touristiques représentent 22 %, le transport 17 % et la restauration 15 %.

Les activités touristiques pèsent 10,5 % de l’économie

Au-delà des dépenses des visiteurs, la production des industries touristiques a atteint 30,797 milliards de dinars en 2025, pour une valeur ajoutée brute de 16,869 milliards de dinars. Ces activités représentent ainsi 10,5 % de l’économie nationale.

La restauration et le transport de voyageurs ont chacun généré 6,3 milliards de dinars de valeur ajoutée. Les autres services ont contribué à hauteur de 2,5 milliards de dinars, contre 1,8 milliard pour l’hébergement.

Le tourisme représente par ailleurs 95 % de la production des services d’hébergement et 21,2 % de celle des restaurants et cafés.

Les données relatives à 2023 et 2024 ont été révisées dans le cadre des travaux menés en 2026 sur les comptes nationaux.

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Tourisme alternatif : en finir avec la niche pour conquérir le grand public

Parce que le tourisme alternatif doit profiter au plus grand nombre de touristes au-delà du cercle des initiés, la Fi2T veut compter sur les agences de voyage pour la démocratisation du tourisme d’expérience.

Comment vulgariser le tourisme alternatif en Tunisie ? Partant du constat évident qu’il s’agit d’un gisement touristique à fort potentiel, la Fédération Interprofessionnelle du Tourisme Tunisien (Fi2T) veut amorcer un rapprochement porteur de sens entre les hébergements de charme et les agences de voyages classiques spécialisées dans l’organisation de circuits et excursions.

L’objectif étant de structurer l’offre alternative pour l’intégrer durablement dans les circuits de distribution traditionnels d’une part et lever d’autre part les verrous réglementaires qui freinent encore l’essor du secteur.

Un déficit d’information malgré une offre d’excellence

La destination peut s’enorgueillir de disposer désormais d’un parc particulièrement riche et diversifié d’hébergements alternatifs.

Des maisons d’hôtes en bord de mer ou au cœur des médinas et des villes aux gîtes ruraux nichés dans les montagnes, ces structures ne se contentent plus d’offrir un toit pour les visiteurs de passage ; elles vendent une immersion.

Ateliers de poterie, démonstrations culinaires ou récolte de miel : l’expérience est au cœur du produit.

Lire aussi: Hébergements touristiques alternatifs : les dernières retouches avant l’adoption du nouveau cadre juridique 

Pourtant, un décalage persiste. Si les agences de voyages sont en quête perpétuelle de renouvellement pour leurs portefeuilles clients, elles se heurtent à un déficit d’information du segment.

D’où la nouvelle orientation qui a été lancée hier à Tunis dans le cadre d’une action intitulée Tunisia Slow Travel. « Il s’agit d’une initiative destinée à renforcer les relations commerciales entre acteurs pour connaître les structures agréées et leurs capacités », explique Ahmed Oubaia, président du groupement des agences de voyages au sein de la Fi2T.

L’urgence des nouveaux cahiers des charges

Le principal frein à cette synergie reste d’ordre administratif. Pour intégrer une étape « alternative » dans un circuit, les agences doivent obtenir des visas préalables, souvent impossibles à obtenir pour des sites non encore homologués. Cette zone grise juridique place de nombreuses unités dans une situation d’illégalité involontaire.

Nebil Sinaoui, président du Groupement professionnel des hébergements alternatifs à la Fi2T, ne cache pas les enjeux : « Les hébergements alternatifs peuvent apporter des résultats exceptionnels aux opérateurs traditionnels. Au-delà des difficultés, il faut résister pour relever les défis ». Le salut viendra sans aucun doute de la publication, attendue avec impatience par toute la profession, des nouveaux cahiers des charges qui seraient actuellement au niveau de la Présidence du Gouvernement.

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Nebil Sinaoui (au micro) et Houssen Ben Azouz lors de l’ouverture de la rencontre nationale BtoB avec les agences de voyage.

Une plateforme vitrine

Pour pallier le manque de visibilité, la fédération passe à l’offensive numérique. Dans une quinzaine de jours, une plateforme internet regroupant l’ensemble de l’offre (maisons, gîtes et tables d’hôtes) sera mise en ligne. Soutenu par le projet Bioted et le ministère de l’Agriculture, cet outil est présenté par Marwen Noureddine comme le futur hub de référence du secteur.

Houssem Ben Azouz, président de la Fi2T, précise la feuille de route : « Dans une première étape, il s’agira d’un site vitrine, avec pour ambition future d’y intégrer les transactions (réservation et paiement) ».

Sortir du « mass market »  

Le constat des experts de terrain est sans appel. Amel Jaiet, propriétaire de Dar Jebel et consultante auprès de la Fi2T, pointe l’obsolescence de certains modèles : « Nos circuits sont les mêmes, pourtant la Tunisie et les touristes ont changé. Le nouveau voyageur ne veut plus seulement voir, il veut vivre et se connecter ».

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Amel Jaiet lors du workshop de Networking a proposé de « designer des expériences, ouvrir une académie de la maison d’hôtes ou encore créer une banque d’expériences partagées.»

Dans la foulée, elle alerte également sur une sous-valorisation flagrante du produit tunisien. À titre de comparaison, elle évoque l’exemple d’une excursion vendue 20 DT à Tozeur qui se négocie l’équivalent de 170 DT à Dubaï. « Des marqueurs de notre ADN nous échappent », prévient-elle, citant des pays comme le Maroc ou le Portugal qui ont su faire évoluer leur récit touristique au cours de la dernière décennie notamment.

En voulant se rapprocher des agences de voyages, les acteurs de l’alternatif, à travers leur syndicat patronal, espèrent créer un contrepoids suffisant pour inciter les autorités à libérer le secteur de ses contraintes institutionnelles. L’enjeu est clair : transformer le potentiel en produit, et le produit en croissance pérenne.

©Destination Tunisie

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