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Pétrole russe : Chine et Inde tiennent bon face aux sanctions US

18. September 2026 um 14:36

La Chine et l’Inde ont réagi aux nouvelles mesures américaines visant le secteur énergétique russe et les pays qui continuent d’acheter ses hydrocarbures. Le dispositif adopté par le Congrès américain autorise notamment Donald Trump à imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 % aux principaux acheteurs d’énergie russe.

La Chine et l’Inde ont exprimé leurs réserves face au nouveau dispositif américain destiné à renforcer la pression économique sur la Russie et à réduire les achats de son pétrole et de son gaz. Le texte adopté par la Chambre des représentants américaine prévoit notamment la possibilité d’imposer des droits de douane allant jusqu’à 100 % aux pays figurant parmi les principaux acheteurs d’énergie russe.

Le texte, déjà approuvé par le Sénat, doit désormais être promulgué par le président Donald Trump. Il vise également des responsables et entreprises russes, le secteur de la défense ainsi que la flotte fantôme de pétroliers utilisée pour contourner les sanctions occidentales.

La Chine, premier acheteur mondial de pétrole russe, a contesté la légitimité de mesures américaines susceptibles de viser ses importations. Pékin estime que ses échanges énergétiques avec la Russie relèvent de relations commerciales normales et ne devraient pas être soumis à l’intervention d’un pays tiers.

La position chinoise intervient alors que le pays représente environ la moitié des exportations de brut russe, selon les données d’août compilées par le Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA)…

New Delhi a, de son côté, averti Washington que les nouvelles mesures pourraient affecter les relations bilatérales. Le ministère indien des Affaires étrangères a indiqué avoir déjà fait part aux responsables américains des conséquences potentielles du dispositif sur les relations entre les deux pays et sur les marchés énergétiques internationaux. L’Inde se dit déterminée à garantir la sécurité énergétique de sa population et à diversifier ses fournisseurs en fonction des conditions du marché.

Les raffineurs indiens ont déjà organisé des cargaisons pour septembre et octobre, dont certaines en provenance de Russie. Ils redoutent qu’une application intégrale des nouveaux droits de douane américains ne renchérisse leurs coûts et ne provoque une nouvelle hausse des prix des carburants.

Un marché pétrolier déjà sous tension

L’enjeu dépasse les seules relations entre Washington, Pékin et New Delhi. Une réduction brutale des exportations russes pourrait intervenir dans un marché pétrolier déjà fragilisé par les perturbations au Moyen-Orient.

Les tensions autour du détroit d’Ormuz ont réduit la disponibilité de plusieurs catégories de brut sur les marchés internationaux. Dans ce contexte, les acheteurs asiatiques pourraient avoir davantage de difficultés à remplacer rapidement les volumes russes par d’autres sources d’approvisionnement.

Les données disponibles montrent d’ailleurs que la Russie reste fortement dépendante de quelques grands clients. En août, la Chine demeurait le premier acheteur de combustibles fossiles russes. Tandis que l’Inde occupait la deuxième place. Le brut représentait l’essentiel des achats énergétiques russes des deux pays…

Pour la Chine comme pour l’Inde, le dossier pose ainsi un double enjeu : préserver leurs approvisionnements énergétiques tout en limitant les conséquences commerciales d’une éventuelle confrontation accrue avec Washington.

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Le commandant de la Sixième flotte des États-Unis reçu à Tunis

18. September 2026 um 12:36

Le ministre de la Défense, Khaled Sehili, a reçu à Tunis le vice-amiral Jeffrey Anderson, le commandant des forces navales américaines pour l’Europe et l’Afrique et le commandant de la Sixième flotte des États-Unis, en visite dans le pays à l’occasion de l’exercice naval multinational Phoenix Express 26, qui se déroule, du 6 au 18 septembre dans les eaux tunisiennes. L’ambassadeur des États-Unis et le chef d’état-major de la Marine tunisienne ont également pris part à cette réunion, qui s’est tenue mercredi 16 septembre 2026 au siège du ministère.

M. Sehili a souligné le niveau atteint par la coopération militaire entre la Tunisie et les États-Unis, laquelle englobe le soutien logistique et technique, le renforcement des capacités opérationnelles, la formation, l’échange d’expériences et les exercices conjoints, indique un communiqué du ministère.

Le ministre a cité, parmi les priorités, le développement accru de la collaboration en matière de réponse aux menaces maritimes, de renseignement et de renforcement des capacités ainsi que de la préparation opérationnelle de la Marine tunisienne, notamment face au terrorisme, à la criminalité organisée transfrontalière, à la traite des êtres humains, à la contrebande et au trafic de stupéfiants, précise la note.

Selon le ministère de la Défense, Tunis vise également à renforcer son rôle de plateforme régionale pour la formation militaire, notamment par le biais du Centre d’excellence des forces spéciales navales.

La nouvelle édition de Phoenix Express, a affirmé M. Sehili, démontre la capacité de la Tunisie à accueillir et à diriger des activités militaires multinationales ainsi qu’à développer l’interopérabilité entre sa propre marine et celles des pays partenaires.

De son côté, M. Anderson a confirmé l’engagement américain à poursuivre la coopération et le soutien aux capacités navales tunisiennes. «Le vice-amiral a assisté à une démonstration des forces maritimes combinées participant à l’exercice de cette année ; il a ainsi pu constater directement comment l’exercice Phoenix Express renforce la coopération et l’expertise en matière d’opérations de sécurité maritime dans le sud de la Méditerranée», a rapporté l’ambassade des Etats-Unis à Tunis sur sa page Facebook. Et d’ajouter : «Des événements tels que celui d’aujourd’hui témoignent de l’engagement commun de la Tunisie, des États-Unis et de nos partenaires régionaux et européens en faveur d’une Méditerranée sûre et stable.»

L’exercice Phoenix Express est organisé en collaboration avec le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (Africom).

Le ministère avait annoncé la participation d’environ 400 militaires et observateurs issus de 13 pays : Tunisie, Algérie, Libye, Maroc, Égypte, Turquie, Malte, Italie, France, Espagne, Belgique, Géorgie et États-Unis. Les activités comprennent l’entraînement à l’interdiction maritime et à l’inspection des navires, le renseignement naval, l’utilisation de bâtiments de surface sans équipage, le soutien sanitaire ainsi que la lutte contre les menaces chimiques et biologiques.

L’Italie participe à la phase en mer avec le patrouilleur hauturier Vega, qui a navigué en formation en Méditerranée aux côtés du patrouilleur tunisien Sophonisbe, de la frégate turque Gaziantep, du navire français Achéron, de la frégate marocaine Mohammed V et de la frégate algérienne Erradii.

I. B. (avec Andamed)

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Coup de cœur Premier roman. Carrie Buck, l’histoire glaçante d’une vie confisquée

18. September 2026 um 10:44
Vous n’avez sans doute jamais entendu parler de Carrie Buck. Et vous ignorez peut-être que l’eugénisme d’État n’est pas une invention nazie. Il a connu un essor massif aux États-Unis dès le début du XXᵉ siècle. Carrie Buck, un cas…

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Phosphate | Washington lorgne le Maroc et la Tunisie

18. September 2026 um 07:52

Géopolitique des ressources, souveraineté alimentaire et occasion stratégique pour la Tunisie… Notre phosphate intéresse Washington. Celui des Marocains aussi. Mais derrière cette attention américaine se cache une question autrement plus importante pour notre pays : comment une richesse minière nationale, longtemps présentée comme un pilier de l’économie, pourrait-elle devenir un atout stratégique dans la nouvelle guerre mondiale des engrais et de la sécurité alimentaire ? Et surtout, la Tunisie saura-t-elle transformer ses réserves et ses capacités industrielles en véritable influence économique, plutôt que de rester un fournisseur fragilisé par ses propres blocages ?

Moktar Lamari *

L’analyse publiée par le Washington Institute for Near East Policy, sous le titre «The Phosphate Pivot : Why Morocco and Tunisia Matter to U.S. Food Security» («Le pivot du phosphate : pourquoi le Maroc et la Tunisie sont importants pour la sécurité alimentaire des États-Unis»), place les deux pays du Maghreb au cœur d’une réflexion stratégique américaine.

Un signal qui mérite une attention particulière à Tunis, où le phosphate demeure une ressource économique et industrielle majeure, mais dont le potentiel est régulièrement entravé par les difficultés de production, de transport et de gouvernance.

La Chine ferme le robinet : l’Amérique découvre la fragilité de sa souveraineté alimentaire

Premier transformateur mondial d’engrais, la Chine a fortement réduit ses exportations de phosphates en mars 2025. Selon le think tank américain, les exportations seraient passées de 950 000 tonnes à seulement 13 000 tonnes en un seul mois. L’institut rappelle également que Pékin a officialisé, en décembre, la suspension des exportations jusqu’en août 2026.

Dans le même temps, les prix du phosphate diammonique (DAP), l’un des engrais phosphatés les plus couramment utilisés, ont bondi de 28 % en un an. Les auteurs de l’analyse, Ghazi Ben Ahmed, Sabina Henneberg et Mohsine El Ahmadi, décrivent les conséquences pour l’agriculture américaine : «Les agriculteurs américains, qui se préparaient aux semis de printemps, ont été confrontés à une pénurie d’approvisionnement et à l’absence d’alternative fiable en perspective.»

Washington a alors découvert une réalité peu confortable : la sécurité alimentaire des États-Unis pouvait être exposée aux décisions d’une puissance considérée comme rivale. Le phosphate a ainsi été ajouté à la liste américaine des minerais critiques pour 2025.

Mais une inscription sur une liste ne produit ni engrais ni récoltes. Elle ne construit pas d’usines, ne sécurise pas les ports et ne garantit pas les livraisons aux agriculteurs. La vraie question est donc celle de l’approvisionnement : où trouver des sources fiables, diversifiées et politiquement sécurisées de phosphate ?

Les auteurs résument leur approche en ces termes : «La solution ne réside pas dans le remplacement d’une dépendance par une autre, mais dans la mise en place d’un réseau diversifié de fournisseurs fiables, de capacités de production redondantes et de partenariats industriels politiquement alignés.»

Et c’est précisément ici que la Tunisie devrait commencer à regarder les cartes géopolitiques avec davantage d’attention.

Le Maroc : une puissance phosphatière que Washington ne peut ignorer

Avec environ 70 % des réserves mondiales connues de phosphate, le Maroc constitue le premier maillon évident de la stratégie américaine de sécurisation des approvisionnements. À travers le groupe OCP, le Royaume a développé d’importantes capacités de raffinage, de transformation et de production d’engrais. Il investit également dans les chaînes d’approvisionnement africaines et dans des partenariats technologiques liés à l’agriculture.

L’intérêt américain pour le Maroc ne relève donc pas seulement de ses réserves minières. Il repose aussi sur sa capacité à transformer la matière première, à développer une industrie des engrais et à s’insérer dans des réseaux commerciaux et technologiques internationaux.

Les États-Unis possèdent eux-mêmes des gisements de phosphate, notamment en Floride, dans l’Idaho et en Caroline du Nord. Toutefois, leur production nationale connaît un déclin structurel depuis plusieurs décennies. Selon les auteurs, «les réserves américaines ne représentent qu’une fraction de celles du Maroc, et les coûts d’extraction augmentent».

Pour Washington, le Maroc offre ainsi une combinaison de ressources naturelles, de capacités industrielles et d’alignement géopolitique.

Le Royaume est présenté comme le plus ancien allié africain des États-Unis, une relation formalisée par le Traité d’amitié de 1786, toujours en vigueur. Ce partenariat a été renforcé en 2004, lorsque le Maroc a été désigné comme Allié majeur non membre de l’Otan, reconnaissant son rôle de partenaire de sécurité et de porte d’entrée entre l’Afrique, l’Europe et le monde atlantique.

Les auteurs soulignent également les liens économiques étroits du Maroc avec l’Europe et les États-Unis. Dans leur lecture, le Royaume représente un pilier de stabilité, de modération et d’engagement transatlantique dans une région méditerranéenne de plus en plus soumise à la compétition géopolitique et aux influences extérieures.

Leur conclusion est explicite : tout effort sérieux visant à construire une infrastructure robuste d’approvisionnement en engrais, compatible avec les intérêts occidentaux en matière de sécurité des chaînes d’approvisionnement au Maghreb, doit commencer par le Maroc. Le Royaume dispose déjà d’une position dominante dans l’économie mondiale du phosphate.

Et la Tunisie dans tout cela ? Le second nœud que Washington ne peut négliger

C’est à ce moment précis que l’analyse devient particulièrement intéressante pour les Tunisiens.

Car le Maroc, malgré sa puissance phosphatière, ne peut à lui seul garantir la résilience à long terme de l’approvisionnement occidental en engrais. Les auteurs estiment que sa domination rend justement nécessaire la création d’un second nœud d’approvisionnement. Et ce second nœud, selon eux, pourrait être la Tunisie.

La formule mérite d’être soulignée : la Tunisie ne serait pas simplement un concurrent du Maroc, mais un complément logique dans une architecture régionale de sécurisation des engrais.

Pourquoi ? Parce qu’une chaîne d’approvisionnement concentrée dans un seul pays, même performant et allié, présente une fragilité intrinsèque. Une panne industrielle, une crise politique, un problème logistique, un conflit social ou une perturbation des exportations peut rapidement affecter l’ensemble du système.

La diversification devient donc une exigence stratégique. Et c’est précisément ce qui redonne à la Tunisie une place potentiellement importante.

Le pays possède une longue expérience de l’exploitation et de la transformation du phosphate. Son secteur a historiquement contribué aux exportations, à l’activité industrielle et aux recettes économiques. Pourtant, ses capacités restent exposées à des difficultés récurrentes : perturbations de la production, tensions sociales, contraintes logistiques et fragilités de la gouvernance industrielle.

Le paradoxe tunisien est brutal : une ressource qui pourrait contribuer à renforcer la souveraineté économique et l’influence internationale du pays devient aussi le miroir de ses insuffisances productives et institutionnelles.

Alors que les États-Unis cherchent à réduire leur vulnérabilité face à la Chine, la Tunisie devrait se demander comment réduire ses propres vulnérabilités : celles qui empêchent de produire régulièrement, de transporter efficacement et de valoriser davantage le phosphate.

Le phosphate tunisien : une occasion stratégique, pas une simple mine à exploiter

L’analyse américaine ne dit pas que la Tunisie dispose déjà des mêmes capacités que le Maroc. Elle met plutôt en évidence la complémentarité potentielle des deux pays dans un système d’approvisionnement plus diversifié.

Pour la Tunisie, cette perspective ouvre plusieurs questions industrielles et économiques.

Comment renforcer la fiabilité de la production ? Comment améliorer les infrastructures de transport et d’exportation ? Comment développer davantage la transformation locale et les engrais à plus forte valeur ajoutée ? Comment attirer des partenariats industriels et technologiques capables d’inscrire le phosphate tunisien dans des chaînes de valeur internationales plus solides ?

Ces questions sont d’autant plus importantes que la sécurité alimentaire ne dépend pas seulement des terres agricoles ou de la disponibilité de l’eau. Elle dépend aussi de l’accès aux engrais, dont le phosphate constitue un élément essentiel.

Pour les États-Unis, la sécurisation des approvisionnements est devenue une question de souveraineté stratégique. Pour la Tunisie, elle pourrait devenir une occasion de repenser son propre modèle industriel.

Mais une occasion ne se transforme pas automatiquement en résultat. Elle exige des infrastructures, des investissements, une gouvernance prévisible, des capacités productives et une stratégie de long terme.

Le Maroc a engagé une stratégie combinant extraction, industrie et géopolitique. Les auteurs soulignent notamment le rôle de ses infrastructures tournées vers l’Atlantique, dont le complexe portuaire de Tanger Med, qui contribue à relier l’Europe, l’Afrique et les grandes routes commerciales maritimes mondiales.

La Tunisie, de son côté, doit réfléchir à la manière dont elle peut valoriser ses propres atouts géographiques, industriels et portuaires pour renforcer son intégration dans les chaînes d’approvisionnement internationales.

Washington cherche la sécurité alimentaire. Tunis doit chercher la stratégie industrielle.

Le message du Washington Institute est finalement plus large qu’une simple analyse des réserves de phosphate. Il décrit une transformation de la géopolitique des matières premières : les minerais essentiels, les engrais et les infrastructures industrielles deviennent des instruments de résilience économique et de sécurité nationale.

La Chine a rappelé aux États-Unis les risques d’une dépendance excessive. Le Maroc apparaît comme un fournisseur stratégique disposant d’une position dominante. La Tunisie est identifiée comme un complément possible, capable de contribuer à la diversification de l’approvisionnement.

Mais pour que cette reconnaissance se transforme en bénéfice concret, la Tunisie devra dépasser la logique de la ressource extraite et vendue. Elle devra renforcer la transformation industrielle, la fiabilité de la production et la capacité à nouer des partenariats durables.

Le phosphate tunisien intéresse Washington parce qu’il peut contribuer à résoudre un problème américain. La question est désormais de savoir si Tunis saura utiliser cet intérêt pour résoudre ses propres problèmes économiques.

Sinon, le phosphate restera une richesse géologique à la merci des blocages terrestres, tandis que d’autres pays transformeront la géologie en puissance industrielle, commerciale et géopolitique.

* Economiste universitaire.

Source : Washington Institute for Near East Policy, «The Phosphate Pivot: Why Morocco and Tunisia Matter to U.S. Food Security», auteurs Ghazi Ben Ahmed, Sabina Henneberg et Mohsine El Ahmadi.

Blog de l’auteur : E4T.

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