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USA – Inflation : nouveau signal d’alerte pour la Fed

11. September 2026 um 12:22

L’inflation américaine à la production s’est accélérée en août, atteignant 5,4 % sur un an, contre 4,8 % en juillet. Cette nouvelle progression, largement alimentée par la hausse des coûts de l’énergie, intervient à quelques jours de la prochaine réunion de la Réserve fédérale (Fed) et complique davantage les perspectives de politique monétaire.

Les pressions inflationnistes se sont de nouveau renforcées aux États-Unis en août. Selon les données du département du Travail publiées jeudi 10 septembre, l’indice des prix à la production (PPI) a progressé de 0,4 % sur un mois.

Sur un an, le PPI atteint ainsi 5,4 %, contre 4,8 % le mois précédent. Le rythme annuel dépasse légèrement les prévisions des économistes et reste très supérieur à l’objectif d’inflation de 2 % fixé par la Réserve fédérale.

Cette accélération constitue un nouveau signal de persistance des tensions inflationnistes dans la première économie mondiale. Elle intervient alors que la hausse des prix de l’énergie, notamment du pétrole et des carburants, est alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et le conflit entre les États-Unis et l’Iran.

Les prix de l’énergie ont augmenté de 4,2 % en août, contribuant fortement à la progression de l’indice. Le diesel a notamment enregistré une envolée de 24,1 % sur un mois et de près de 78 % sur un an, avec des répercussions sur les coûts du transport, de la logistique et de nombreuses activités industrielles.

Les prix des biens ont également progressé de 1,1 %; tandis que plusieurs services ont connu des augmentations. Les tarifs aériens ont notamment grimpé de 4,2 %, tandis que les prix des services hospitaliers ont également augmenté. Les composants électroniques ont, eux, subi une pression supplémentaire liée à la demande croissante associée aux investissements dans l’intelligence artificielle.

Même en excluant les composantes les plus volatiles que sont l’alimentation et l’énergie, la progression reste significative. Le PPI sous-jacent a augmenté de 0,2 % en août et de 4,6 % sur un an, contre 4,3 % en juillet. Cette évolution reste préoccupante pour la Fed, qui surveille particulièrement les composantes susceptibles de se transmettre durablement aux prix à la consommation.

Les chiffres renforcent ainsi le sentiment que le reflux de l’inflation américaine pourrait être plus lent que prévu. Le PPI constitue également l’un des éléments pris en compte dans le calcul de l’indice des dépenses personnelles de consommation, le PCE, qui sert de référence privilégiée à la Réserve fédérale.

La Fed face à un dilemme

Ces données arrivent à un moment particulièrement sensible pour la politique monétaire américaine. La prochaine réunion de la Fed est prévue les 15 et 16 septembre, avec une décision sur les taux attendue le 16 septembre. Avant la publication du PPI, les marchés anticipaient déjà une possibilité significative de relèvement des taux. Après la publication des chiffres, cette probabilité a encore augmenté, les opérateurs considérant désormais plus sérieusement l’hypothèse d’un resserrement monétaire.

La situation place la Fed devant un arbitrage délicat. D’un côté, une inflation supérieure à l’objectif de 2 % plaide pour une politique monétaire plus restrictive. De l’autre, un relèvement des taux risque de peser sur l’activité économique et l’investissement.

Les marchés attendent donc désormais avec une attention particulière les chiffres de l’indice des prix à la consommation (CPI), dont la publication doit apporter un éclairage supplémentaire sur l’évolution de l’inflation directement supportée par les ménages.

Le marché du travail offre un autre signal

Le département du Travail a également publié les chiffres hebdomadaires des demandes d’allocations chômage. Elles ont diminué de 1 000, à 206 000 au cours de la semaine achevée le 5 septembre, contre 205 000 attendues par les économistes interrogés par Reuters. Le marché du travail demeure donc relativement solide. Les demandes hebdomadaires évoluent depuis plusieurs semaines dans une fourchette étroite. Alors que l’économie américaine a créé 162 000 emplois en août, soit sa meilleure performance mensuelle depuis cinq mois.

Cette résistance de l’emploi réduit également la pression en faveur d’un assouplissement monétaire rapide. Pour la Fed, l’équation devient ainsi particulièrement complexe : une inflation qui accélère, un marché du travail qui reste résilient et des prix de l’énergie fortement orientés à la hausse.

La publication du CPI sera dès lors déterminante pour préciser la trajectoire des taux. En attendant, la hausse de l’inflation à la production constitue un nouveau rappel que le retour durable des prix vers l’objectif de 2 % de la Fed reste loin d’être acquis.

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Le Venezuela projette de produire 500 000 barils de pétrole d’ici 2028

11. September 2026 um 10:06

La compagnie pétrolière vénézuélienne, North American Blue Energy Partners (NABEP), soutenue par l’administration Trump, prévoit de porter sa production de pétrole brut à 500 000 barils en 2028.

La NABEP ambitionne de porter sa production à 500 000 barils par jour d’ici fin 2028, contre environ 200 000 barils aujourd’hui. Jusqu’à présent, l’augmentation de l’offre a été financée par l’autofinancement. Tout investissement externe contribuerait à accélérer la croissance, indique l’entreprise, dans un mail cité par Bloomberg News.

La compagnie pétrolière s’est retrouvée sur le devant de la scène ces dernières semaines lorsque l’administration Trump a signé ce qu’elle a qualifié de « plus important accord pétrolier de l’histoire mondiale ». Aux termes de cet accord, la NABEP a obtenu des concessions de 100 ans pour exploiter 17 gisements, qui recèlent des réserves prouvées estimées à 65 milliards de barils.

L’accord conclu avec le gouvernement américain « accélère simplement le rythme » du plan de développement de NABEP, explique la compagnie. L’augmentation de la production pétrolière du Venezuela est devenue l’une des principales priorités du président Donald Trump, car le prix de l’essence et du diesel a explosé suite au conflit avec l’Iran.

A noter que la NABEP a décuplé sa production ces deux dernières années. Elle est désormais le deuxième producteur de pétrole privé du Venezuela, derrière Chevron Corp., qui a récemment annoncé son intention d’accroître sa production dans le pays…

Cet accord sans précédent entre le gouvernement américain et la NABEP représente un enjeu majeur pour l’administration Trump. Frustrés par la lenteur des compagnies pétrolières internationales telles qu’ExxonMobil Holdings Corp. et ConocoPhillips, les États-Unis ont accepté de collaborer avec la NABEP et son PDG, Alejandro Betancourt, afin de négocier cet accord avec le régime vénézuélien.

L’accord a surpris nombre d’acteurs du secteur pétrolier, étonnés par la prise de participation de 35 % du gouvernement américain dans le projet. Ses partisans affirment toutefois qu’il permettra d’accélérer la production. Tandis que l’implication du gouvernement américain devrait rassurer les autres investisseurs quant à la sécurité de leurs placements à long terme.

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Croissance mondiale 2026 : le FMI table sur 3 % mais alerte

11. September 2026 um 09:05

L’économie mondiale a mieux résisté que prévu au choc énergétique provoqué par la guerre au Moyen-Orient. La production économique mondiale devrait encore croître d’environ 3 % en 2026, mais le FMI fait état de risques élevés.

La porte-parole du Fonds monétaire international (FMI), Julie Kozack, a déclaré jeudi 10 septembre que les prix du pétrole et du gaz restent élevés, ajoutant que le choc énergétique lié à la guerre n’est pas terminé.

Les pressions sur la dette mondiale s’accentuent également. Tandis que le processus de déflation, amorcé après la crise du coût de la vie de 2022, est au point mort. « Jusqu’à présent, malgré six mois de guerre au Moyen-Orient, l’économie mondiale a fait preuve de résilience », souligne-t-elle. L’exploitation des réserves de pétrole et de gaz a permis à certains pays de faire face aux chocs énergétiques causés par la guerre. Alors que d’autres se sont tournés vers de nouvelles sources d’énergie ou ont pris des mesures pour freiner la demande. Par conséquent, « nous restons sur la bonne voie pour une croissance mondiale d’environ 3 %. Mais l’incertitude, comme nous le disons depuis un certain temps, demeure élevée ».

En juillet, le FMI prévoyait une croissance mondiale modérée de 3,0 % en 2026, contre une moyenne de 3,5 % en 2024 et 2025 et une prévision de 3,1 % en avril. À l’époque, l’institution de Bretton Woods indiquait que cette prévision reposait sur l’hypothèse d’une désescalade du conflit d’ici la mi-juillet. Cependant, l’Iran et les États-Unis ont intensifié leurs attaques entretemps…

Forces se déplaçant en sens opposés

Par ailleurs, Julie Kozack souligne que l’économie mondiale est confrontée à des pressions opposées : d’une part, dues à un choc négatif sur l’offre d’énergie, qui fait grimper les prix de l’énergie, des engrais, des produits alimentaires et autres matières premières; et, d’autre part, en raison du cycle technologique piloté par l’intelligence artificielle (IA), qui crée un choc positif sur la demande.

Les risques sont élevés, car de nombreux pays doivent reconstituer leurs réserves de pétrole et de gaz. Tandis que la demande énergétique devrait augmenter à l’approche de l’hiver dans l’hémisphère nord.

La pression s’accentue également sur la dette publique mondiale, qui avoisine déjà les 100 % du produit intérieur brut (PIB) – un niveau jamais atteint depuis la Seconde Guerre mondiale – et devrait encore augmenter, estime Mme Kozack. De nombreuses économies avancées affichent des ratios dette publique/PIB particulièrement élevés.

En outre, les problèmes de liquidités s’accumulent dans les pays en développement, notamment en Afrique. Et ce, en partie à cause d’une baisse de l’aide bilatérale. Le FMI appelle les banquiers centraux à rester fidèles à leurs mandats visant à assurer la stabilité des prix. Tout en encourageant les responsables des politiques budgétaires à élaborer des plans de consolidation budgétaire à moyen terme. « Nous ne sommes pas dans une situation où l’assainissement budgétaire doit se faire du jour au lendemain. Mais il est très important pour les autorités budgétaires de disposer d’un plan et d’une stratégie clairs et concrets sur la manière de réduire les déficits et la dette », explique encore la porte-parole du FMI.

Le FMI a également exhorté les autorités à se concentrer sur l’amélioration des perspectives de croissance grâce à des réformes structurelles et à la suppression des obstacles « auto-infligés » à la croissance.

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Mer Rouge : la prise de Mokha par les Houthis bouleverse l’équilibre régional

11. September 2026 um 07:53

Les Houthis ont pris le contrôle de Mokha, port stratégique du Yémen sur la mer Rouge, infligeant un revers majeur aux forces soutenues par l’Arabie saoudite.

Les Houthis ont remporté jeudi 10 septembre une victoire stratégique majeure au Yémen en prenant le contrôle de Mokha, ville portuaire située sur la côte occidentale du pays. L’offensive leur permet de renforcer considérablement leur présence sur les rives de la mer Rouge et de se rapprocher du détroit de Bab el-Mandeb, passage maritime essentiel entre la mer Rouge et le golfe d’Aden.

Des sources militaires yéménites citées par Reuters indiquent que les forces houthies ont également progressé vers les îles Hanish. Tandis que les forces gouvernementales et leurs alliés se replient vers Dhubab, à proximité immédiate de Bab el-Mandeb. Le contrôle de Dhubab et de l’île de Perim constitue un enjeu majeur pour la maîtrise du détroit.

Un nouveau front stratégique

La prise de Mokha modifie profondément la configuration militaire autour de l’une des principales voies maritimes du monde. En effet, Bab el-Mandeb constitue un passage essentiel pour les navires reliant l’océan Indien, la mer Rouge et le canal de Suez.

L’avancée des Houthis intervient alors que le détroit d’Ormuz est déjà fortement perturbé par la guerre entre les États-Unis et l’Iran. Une capacité accrue des Houthis à contrôler ou menacer simultanément l’accès méridional à la mer Rouge ferait peser un risque supplémentaire sur les flux mondiaux de pétrole et de marchandises.

Pour sa part, l’envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen, Hans Grundberg, a averti devant le Conseil de sécurité que la prise de Mokha marquait une « nouvelle phase plus dangereuse » du conflit. Il a notamment souligné la présence désormais directe des Houthis à proximité de l’un des détroits les plus importants du commerce international.

L’enjeu dépasse largement le cadre de la guerre civile yéménite. L’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, dépend davantage des routes de la mer Rouge depuis la forte perturbation du trafic à travers Ormuz.

La progression houthie fait donc craindre un nouveau risque de perturbation des exportations énergétiques. Et ce, alors que les marchés pétroliers sont déjà sous tension. Le Brent a progressé jusqu’à environ 4 % jeudi, au-dessus de 105 dollars le baril, avant de poursuivre sa hausse dans un marché particulièrement volatil.

La perspective d’un risque sur les deux principales voies maritimes du Moyen-Orient — Ormuz à l’est et Bab el-Mandeb au sud-ouest — alimente les craintes d’un véritable « double étranglement » des flux énergétiques mondiaux…

Une nouvelle escalade dans la guerre au Yémen

La prise de Mokha intervient après plusieurs années de relative accalmie sur le front yéménite. La guerre civile, déclenchée par la prise de Sanaa par les Houthis en 2014, avait connu une trêve de fait à partir de 2022. Le conflit est toutefois désormais directement rattaché à l’affrontement régional entre l’Iran, les États-Unis et leurs alliés. Les Houthis, soutenus par Téhéran, ont progressivement intensifié leurs opérations depuis le déclenchement de la nouvelle guerre régionale.

Selon plusieurs sources citées par Reuters, l’offensive menée cette semaine le long de la côte aurait bénéficié de directives directes des Gardiens de la révolution iraniens. Mais Téhéran dément contrôler le mouvement houthi.

En somme, l’enjeu est particulièrement important pour le canal de Suez, dont le trafic dépend de la sécurité de l’ensemble de la route reliant la mer Rouge à l’océan Indien. Une dégradation durable de la situation pourrait accroître les coûts du transport maritime, allonger les délais de livraison et renforcer les pressions inflationnistes déjà alimentées par la hausse du pétrole.

La prise de Mokha apparaît ainsi comme bien davantage qu’un nouvel épisode de la guerre civile yéménite : elle ouvre la perspective d’une extension géographique du conflit vers l’un des principaux corridors énergétiques et commerciaux de la planète.

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