Normale Ansicht

Tunis | Grandes surfaces : Injection quotidienne de 2,3 millions de bouteilles d’eau minérale

02. September 2026 um 21:07

Afin de répondre à une pression sans précédent sur le marché, près de 2,3 millions de bouteilles d’eau minérale sont désormais distribuées chaque jour dans les grandes surfaces du Grand Tunis.

C’est du moins, ce qu’annonce Hedi Baccour, président de la Chambre syndicale des grandes surfaces commerciales, dans une déclaration accordée à Mosaïque FM, ce mercredi 2 septembre 2026.

Cette mesure exceptionnelle vise à désamorcer les tensions d’approvisionnement, alors que les hypermarchés représentent habituellement uniquement 5 % de la consommation nationale d’eau embouteillée.

Cette forte demande s’inscrit dans un contexte particulièrement tendu rappelle Hedi Baccour, qui a en effet révélé que le stock régulateur national, qui compte habituellement entre 40 et 50 millions de bouteilles, a été entièrement épuisé avant la mi-juillet 2026. Face à cette situation critique, les producteurs prévoient de revoir à la hausse le volume de ce stock stratégique pour prévenir d’éventuelles pénuries lors des prochaines années.

Pour rappel, la régulation des circuits de distribution sur l’ensemble du territoire national a d’ailleurs été au cœur d’une récente réunion de travail entre les professionnels du secteur et le ministère du Commerce, afin d’assurer un approvisionnement équilibré dans toutes les régions du pays.

Y. N.

L’article Tunis | Grandes surfaces : Injection quotidienne de 2,3 millions de bouteilles d’eau minérale est apparu en premier sur Kapitalis.

SONEDE : perturbations et coupures d’eau dans le Grand Tunis, à Nabeul et Zaghouan

Von: farhat
02. September 2026 um 13:31

L’approvisionnement en eau sera progressivement rétabli, ce mercredi, 02 septembre 2026, à partir de 22h après l’achèvement des travaux nécessaires d’aménagement des réseaux de distribution d’eau et des réservoirs, menés sans interruption, suite à une panne technique survenue au niveau de la conduite d’adduction d’eau, desservant le sud du grand Tunis, annonce mercredi  la société Nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE).

La Sonede précise qu’une perturbation et coupure dans la distribution de l’eau est enregistrée dans certaines zones du gouvernorat de Tunis (Cité Nour, Cité Bouhjar, dans la délégation d’el kabaria), gouvernorat de Zaghouan, (dans les délégations de Bir Mcharga et Jbel Oust), gouvernorat de Nabeul (dans la délégation de Soliman), gouvernorat de Ben Arous (dans les délégations de Mhamdia, Fouchana, Megrine, Rades, Hammam Lif, Hammam Chott, Mornag et Boumhal).

La Sonede souligne avoir mobilisé des équipes techniques afin d’assurer un   approvisionnement en eau potable dans les plus brefs délais.

 

L’article SONEDE : perturbations et coupures d’eau dans le Grand Tunis, à Nabeul et Zaghouan est apparu en premier sur Le Temps News.

Tunisie – Eau potable : Perturbations dans l’approvisionnement dans plusieurs gouvernorats après une panne

02. September 2026 um 12:54

La Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE) a annoncé des perturbations et des interruptions dans l’approvisionnement en eau potable dans plusieurs zones du Grand Tunis et des gouvernorats de Zaghouan et Nabeul, à la suite d’une panne technique soudaine sur l’axe d’adduction alimentant le sud du Grand Tunis.

Selon la SONEDE, cet incident intervient dans un contexte particulièrement difficile, marqué au cours de la période écoulée par un pic de consommation d’eau lié à la vague de chaleur qui a touché la Tunisie. La combinaison de la forte demande et de la défaillance technique affecte notamment les zones situées en altitude.

Les perturbations concernent plusieurs localités

  • Dans le gouvernorat de Tunis : les quartiers Ennour et Bouhajer, dans la délégation d’El Kabaria.
  • Dans le gouvernorat de Zaghouan : les délégations de Bir Mcherga et Jebel Oust.
  • Dans le gouvernorat de Nabeul : la délégation de Soliman.
  • Dans le gouvernorat de Ben Arous : les délégations de Mohamedia, Fouchana, Mégrine, Radès, Hammam-Lif, Hammam Chott, Mornag et Bou Mhel.

Lire aussi : Pénuries d’eau et coupures de courant : La Tunisie face au risque d’une crise d’image ?

La société publique précise que les opérations de réajustement des réseaux de distribution et des réservoirs se poursuivent sans interruption, avec la mobilisation de ses équipes techniques sur le terrain.

Un retour progressif annoncé dans la soirée

La SONEDE prévoit une reprise progressive de l’approvisionnement à partir de 22 heures, ce mercredi 2 septembre 2026. Le retour à un fonctionnement normal pourrait toutefois être progressif, le temps de procéder aux ajustements nécessaires au niveau des réseaux et des réservoirs.

L’entreprise appelle ainsi les habitants des zones concernées à tenir compte de la nature temporaire de ces perturbations et présente ses excuses aux abonnés pour les désagréments occasionnés.

Cet épisode intervient alors que la question de la sécurité de l’approvisionnement en eau potable reste particulièrement sensible en Tunisie, après un été marqué par une forte pression sur les ressources hydriques et par plusieurs perturbations dans la distribution.

Pour la SONEDE, les équipes techniques restent mobilisées « jour et nuit » afin d’accélérer les interventions sur les réseaux et de rétablir le rythme normal de distribution dans les meilleurs délais.

L’article Tunisie – Eau potable : Perturbations dans l’approvisionnement dans plusieurs gouvernorats après une panne est apparu en premier sur webdo.

La Sonede annonce des coupures d’eau dans plusieurs zones

02. September 2026 um 12:28

La Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) a annoncé des perturbations et des interruptions de la distribution d’eau potable, notamment dans les zones en altitude au sud de Tunis, à Ben Arous, Ezzahra, Zaghouan et Grombalia. Ces perturbations sont dues à une avarie technique soudaine survenue sur la conduite d’alimentation du sud du Grand Tunis, ainsi qu’à un pic de consommation lié à la vague de chaleur qui a touché le pays.

Ces perturbations touchent les gouvernorats de Tunis (quartiers Ennour et Bouhjar à El Kabaria), de Zaghouan (Bir Mcherga et Jebel Oust), de Nabeul (Soliman) et de Ben Arous (Mhamdia, Fouchana, Megrine, Radès, Hammam Lif, Hammam Chott, Mornag et Boumhel).

La reprise progressive de l’approvisionnement est prévue à partir de 22 heures, ce mercredi 2 septembre 2026, une fois achevés les travaux d’ajustement sur les réseaux de distribution et les réservoirs, lesquels se poursuivront sans interruption, 24 heures sur 24.

La Sonede a indiqué que ses équipes techniques déploient tous les efforts nécessaires sur le terrain pour rétablir le rythme normal de distribution de l’eau potable dans les meilleurs délais.

I. B.

L’article La Sonede annonce des coupures d’eau dans plusieurs zones est apparu en premier sur Kapitalis.

Pénuries d’eau et coupures de courant : La Tunisie face au risque d’une crise d’image ?

02. September 2026 um 11:31

Ce qui, il y a quelques semaines encore, pouvait être perçu comme une succession de difficultés locales est désormais devenu un sujet suivi par la presse internationale. Coupures d’électricité, interruptions de l’approvisionnement en eau, pénurie d’eau en bouteille et températures extrêmes : la crise vécue par les Tunisiens durant l’été 2026 a franchi les frontières et commence à poser une question beaucoup plus sensible pour le pays : quel impact sur l’image de la Tunisie et, surtout, sur son attractivité touristique ?

La multiplication des articles consacrés à la situation tunisienne est révélatrice. Le phénomène n’est plus seulement rapporté par les médias tunisiens. Des médias internationaux comme Le Monde, Associated Press, Reuters, Al Jazeera, le Financial Times ou encore Euronews ont consacré des reportages ou des articles aux conséquences des coupures d’électricité et d’eau.

Le sujet change ainsi de dimension. Il ne s’agit plus uniquement de savoir comment les Tunisiens vivent une période de fortes chaleurs, mais de savoir comment cette situation est perçue depuis l’étranger.

Le Monde : de la crise quotidienne à la crise de l’image

Le Monde a particulièrement documenté la situation. Le 3 août, le quotidien français publiait un reportage consacré à l’impact des coupures d’électricité et d’eau sur le secteur touristique tunisien. Son titre est à lui seul révélateur : « Les touristes viennent ici pour se détendre, mais il devient très difficile de leur offrir cette tranquillité ».

Le choix de cet angle est important. La question n’est plus seulement celle de l’accès aux services publics pour les citoyens. Elle concerne directement l’expérience des visiteurs étrangers.

Lire aussi : Coupures d’eau et d’électricité : Paris alerte les voyageurs à destination de la Tunisie

Or, dans une destination touristique, l’eau et l’électricité ne sont pas des services secondaires. Ils constituent une partie invisible mais fondamentale du produit touristique : climatisation, douches, piscines, restaurants, hôtels, réfrigération des aliments, fonctionnement des équipements et confort général.

Quelques semaines plus tard, Le Monde est revenu sur la crise avec un article publié le 1er septembre consacré à la pénurie d’eau en bouteille. Le quotidien français décrit des rayons vides, des files d’attente et des consommateurs cherchant désespérément à s’approvisionner. Il souligne également que la situation a été aggravée par les coupures d’électricité qui ont perturbé la production dans les usines d’embouteillage.

Le détail est loin d’être anodin : le reportage évoque notamment une vidéo tournée à Hammamet, l’une des principales stations balnéaires du pays, montrant une altercation autour de la vente d’eau.

Autrement dit, même les lieux associés à l’image touristique de la Tunisie se retrouvent désormais présents dans les récits internationaux consacrés aux pénuries.

Quand la crise devient une histoire internationale

Le Monde n’est pas le seul média à avoir porté cette situation à l’attention d’un public international. Associated Press a également décrit un été marqué par des températures pouvant atteindre 50 °C, des pénuries d’eau et d’électricité et une montée de la colère sociale. L’agence américaine explique notamment que les coupures d’électricité ont affecté les stations de pompage de l’eau et le fonctionnement des usines.

Al Jazeera a, de son côté, consacré un reportage à la situation en reliant directement les températures extrêmes aux difficultés d’approvisionnement en eau et aux tensions sur le système électrique tunisien.

Le Financial Times a également analysé les coupures comme un problème dépassant la simple conséquence de la canicule. Le quotidien britannique a mis en avant l’état du réseau électrique, les difficultés d’investissement et les conséquences économiques et sociales des délestages.

Le phénomène est donc particulièrement significatif : plusieurs médias internationaux, avec des lignes éditoriales et des publics très différents, convergent désormais sur le même récit.

Une nouvelle image de la Tunisie ?

C’est là que se trouve l’enjeu pour la destination. La Tunisie vend à l’étranger une promesse touristique fondée notamment sur le soleil, la mer, les plages, les hôtels et le dépaysement. Mais la même chaleur qui constitue un argument touristique devient désormais une source de vulnérabilité lorsqu’elle s’accompagne de coupures d’électricité et de problèmes d’approvisionnement en eau.

Le paradoxe est brutal : le soleil est l’un des principaux atouts de la destination, mais les températures extrêmes peuvent simultanément mettre sous pression les infrastructures nécessaires à l’accueil des touristes.

Lire aussi : Tunisie : Août est fini, les délestages maintenus et le calvaire se prolonge après l’été

Une panne d’électricité de quelques heures n’a évidemment pas le même impact pour un habitant que pour un hôtel accueillant plusieurs centaines de touristes. Dans un établissement touristique, une coupure peut affecter la climatisation, les ascenseurs, les systèmes de pompage, les chambres froides, les cuisines, les piscines ou encore les équipements sanitaires.

Pour un touriste étranger, notamment dans un hôtel quatre ou cinq étoiles, l’accès permanent à l’eau constitue une attente élémentaire. La répétition des coupures peut donc transformer un incident technique en mauvaise expérience touristique.

Le risque n’est pas forcément une chute immédiate des arrivées

Il faut toutefois éviter une conclusion trop rapide : la médiatisation internationale de la crise ne signifie pas automatiquement que la Tunisie va connaître une baisse de ses arrivées touristiques.

Le tourisme dépend de nombreux facteurs : prix, proximité géographique, climat, qualité des plages, infrastructures hôtelières, sécurité, connectivité aérienne et perception générale de la destination.

La Tunisie conserve des avantages considérables, notamment pour les marchés européens. Une partie importante des touristes réserve également ses vacances plusieurs mois à l’avance, et une crise estivale ponctuelle ne suffit pas nécessairement à modifier immédiatement les flux.

Mais le véritable danger pourrait être ailleurs : dans l’évolution progressive de la perception de la destination.

Si les articles sur les coupures d’eau, les pénuries et les problèmes d’électricité continuent à se multiplier, la question pourrait finir par s’installer dans l’esprit des voyageurs et des professionnels du tourisme.

Le problème de la réputation

Dans le tourisme contemporain, l’image d’une destination se construit autant sur les réseaux sociaux que dans les brochures des agences de voyages.

Une photographie d’une plage tunisienne peut promouvoir la destination auprès de millions de personnes. Mais une vidéo montrant des touristes confrontés à une coupure d’eau ou des files d’attente pour acheter des bouteilles peut circuler tout aussi rapidement.

C’est précisément ce qui rend la situation actuelle différente des crises précédentes. Les touristes ne sont plus seulement des consommateurs de l’information produite par les médias traditionnels. Ils produisent eux-mêmes des images, publient leurs expériences et peuvent transformer un incident local en contenu viral.

La pénurie d’eau en bouteille fournit un exemple particulièrement parlant. Le Monde rapporte que des images de tensions entre consommateurs et commerçants ont circulé sur les réseaux sociaux.

L’article Pénuries d’eau et coupures de courant : La Tunisie face au risque d’une crise d’image ? est apparu en premier sur webdo.

Eau : Six nouveaux barrages bientôt ajoutés au réseau tunisien

02. September 2026 um 09:58

La Tunisie dispose aujourd’hui de 37 barrages en exploitation, mais l’augmentation des capacités de stockage ne suffit pas, à elle seule, à résoudre les difficultés structurelles liées à la disponibilité de l’eau. Alors que les réserves des barrages du Nord et du Nord-Ouest se sont nettement améliorées grâce aux précipitations enregistrées en 2025 et au début de 2026, le Centre du pays reste confronté à une situation beaucoup plus tendue.

Invité mercredi 2 septembre 2026 sur les ondes de la Radio nationale, le directeur adjoint de l’exploitation et de la gestion des barrages au ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Mehrez Rajeb, a indiqué que le réseau tunisien compte actuellement 37 barrages réalisés.

Cette infrastructure devrait être renforcée par six nouveaux barrages actuellement en cours de construction. Selon le responsable, certains de ces ouvrages sont désormais proches de leur achèvement, tandis que d’autres se trouvent encore au début des travaux.

60% dans le Nord, seulement 9% dans le Centre

L’amélioration de la situation hydrique n’est toutefois pas homogène sur l’ensemble du territoire. Les précipitations enregistrées durant l’année 2025 et au début de 2026 ont permis aux barrages de bénéficier d’apports importants, dépassant les niveaux habituellement enregistrés, notamment dans les régions du Nord et du Nord-Ouest.

Dans ces régions, le taux de remplissage atteint environ 60 % de la capacité de stockage. Une situation qui traduit une amélioration significative après plusieurs années marquées par la sécheresse et la pression croissante sur les ressources hydriques.

Mais cette amélioration masque une réalité beaucoup plus contrastée. Dans les barrages du Centre, le taux de remplissage ne dépasse pas 9 % de la capacité.

Le contraste est donc particulièrement important : une partie du pays dispose de réserves relativement confortables tandis que d’autres régions restent confrontées à une disponibilité très limitée de l’eau.

Ce déséquilibre géographique constitue l’un des principaux défis de la politique hydraulique tunisienne. La question n’est plus uniquement celle de la quantité globale d’eau disponible dans les barrages, mais également celle de sa répartition dans l’espace et dans le temps.

Construire davantage, mais surtout mieux gérer

Pour le responsable du ministère de l’Agriculture, la politique de l’eau ne peut pas être pensée uniquement en fonction de la situation immédiate. Mehrez Rajeb a insisté sur la nécessité d’adopter une approche de gestion des ressources hydriques sur deux à trois ans. Autrement dit, une bonne saison pluviométrique ne doit pas conduire à considérer la crise de l’eau comme définitivement résolue.

Cette approche est particulièrement importante dans un pays soumis à une forte variabilité des précipitations et à des épisodes de sécheresse de plus en plus difficiles à anticiper.

Une année relativement pluvieuse peut rapidement améliorer les réserves, mais plusieurs mois de déficit pluviométrique peuvent à nouveau exercer une forte pression sur les barrages, les nappes phréatiques et les réseaux d’approvisionnement.

La gestion des barrages doit ainsi être pensée comme une stratégie de sécurisation de la ressource et non comme une réponse ponctuelle à une crise.

Les six nouveaux barrages ne régleront pas tout

La construction de six nouveaux barrages représente un renforcement important des infrastructures hydrauliques tunisiennes. Mais l’augmentation de la capacité de stockage ne constitue qu’une partie de la réponse.

Le pays doit également faire face à la baisse des ressources disponibles, à la surexploitation des nappes, aux pertes dans les réseaux de distribution, à l’augmentation de la demande et aux effets du changement climatique.

La problématique est donc double : mobiliser davantage d’eau et préserver celle qui existe déjà.

Dans ce contexte, chaque mètre cube stocké dans un barrage devient une ressource stratégique qui doit être gérée avec une vision dépassant la seule saison en cours.

Le véritable défi : passer de la gestion de crise à la gestion du risque

Le discours sur les barrages révèle ainsi un changement nécessaire dans la politique tunisienne de l’eau. Pendant longtemps, la réponse aux pénuries a principalement consisté à rechercher de nouvelles ressources ou à gérer les situations d’urgence. Mais la répétition des épisodes de sécheresse impose désormais une logique différente : anticiper les déficits, constituer des réserves suffisantes, améliorer la distribution et adapter la consommation aux ressources réellement disponibles.

Le taux de remplissage de 60 % dans le Nord constitue certes une amélioration, mais il ne doit pas être interprété comme un retour à une situation normale à l’échelle nationale. Le taux de 9 % enregistré dans le Centre rappelle que la vulnérabilité hydrique demeure fortement territorialisée.

La Tunisie se retrouve ainsi face à un paradoxe : elle peut connaître simultanément une amélioration sensible de ses réserves dans certaines régions et une situation critique dans d’autres.

Une bataille qui se joue aussi dans la consommation

La construction de nouveaux ouvrages hydrauliques devra donc être accompagnée d’une politique plus ambitieuse de maîtrise de la demande.

Agriculture, consommation domestique, industrie, tourisme : tous les secteurs sont concernés par la nécessité d’utiliser la ressource de manière plus efficace.

Lire aussi : Eau potable cet été : 58 MD et 81 projets pour limiter les coupures

L’agriculture, qui représente une part importante de la consommation d’eau, constitue notamment un enjeu central. L’amélioration de l’irrigation, la réduction des pertes et l’adaptation des cultures aux conditions hydriques deviennent des leviers essentiels.

Dans les villes également, la réduction des pertes dans les réseaux de distribution et une meilleure maintenance des infrastructures peuvent permettre de préserver des volumes considérables.

Le défi est donc désormais moins celui d’une simple course au stockage que celui d’un modèle global de gestion de l’eau.

Deux ou trois années pour éviter une nouvelle crise

Le message du ministère est finalement clair : la situation hydrique doit être évaluée sur plusieurs années. Les précipitations de 2025 et du début de 2026 ont offert un répit à une partie du pays. Les nouveaux barrages devraient, à terme, accroître les capacités de mobilisation de la ressource. Mais ces avancées ne dispensent pas la Tunisie de préparer les prochaines années.

Car derrière les chiffres de remplissage se trouve une question beaucoup plus stratégique : comment garantir de l’eau lorsque les pluies deviennent plus irrégulières, que les besoins augmentent et que certaines régions restent chroniquement déficitaires ?

Pour la Tunisie, la véritable sécurité hydrique ne se mesurera donc pas uniquement au niveau des barrages après une bonne saison des pluies. Elle se mesurera à la capacité du pays à conserver ses réserves, réduire ses pertes, mieux répartir la ressource et anticiper plusieurs années de déficit.

Les six barrages en construction constituent une réponse infrastructurelle. La gestion de l’eau sur deux ou trois ans, évoquée par le ministère, pourrait constituer la réponse stratégique.

L’article Eau : Six nouveaux barrages bientôt ajoutés au réseau tunisien est apparu en premier sur webdo.

Entreprises publiques : Comptes, actifs, véhicules… ce que la nouvelle circulaire impose

02. September 2026 um 09:02

La cheffe du gouvernement a publié, le 1er septembre 2026, la circulaire n°04-2026 consacrée à la gouvernance des établissements et entreprises publics. Le texte prévoit un renforcement du pilotage stratégique, du contrôle interne, de l’audit et de la gestion des risques, tout en responsabilisant davantage les dirigeants, les conseils d’administration et les ministères de tutelle.

Au-delà des principes généraux, la circulaire fixe plusieurs obligations concrètes concernant notamment les actifs, les états financiers, le parc automobile, les projets et la transformation numérique.

Des plans stratégiques et des objectifs mesurables

Les établissements et entreprises publics devront renforcer leur pilotage à travers des plans stratégiques définissant clairement les priorités et objectifs à atteindre.

Ces plans devront s’appuyer sur des indicateurs permettant de mesurer les résultats et d’évaluer la performance. L’objectif est d’améliorer le suivi des activités et de renforcer la culture de l’évaluation au sein des structures publiques.

Mieux connaître et valoriser les actifs

La circulaire insiste également sur une gestion plus rigoureuse du patrimoine des entreprises et établissements publics.

L’inventaire et la valorisation des actifs doivent permettre aux organismes concernés de disposer d’une meilleure connaissance de leurs biens et ressources, mais aussi d’améliorer leur exploitation et leur protection.

La gestion des ressources publiques devra ainsi faire l’objet d’un suivi plus précis.

Parc automobile et avantages sous contrôle

La gestion du parc automobile figure également parmi les domaines concernés par le renforcement des mécanismes de contrôle.

La circulaire prévoit notamment un meilleur suivi de l’utilisation des véhicules, avec le recours à des outils permettant d’assurer un contrôle plus efficace, notamment à travers la géolocalisation.

Les avantages sociaux et certaines dépenses devront également faire l’objet d’un encadrement et d’un suivi renforcés.

Des solutions pour les comptes en retard

La production des états financiers dans les délais constitue une autre priorité du nouveau dispositif.

Les établissements et entreprises accusant des retards dans la préparation ou l’approbation de leurs comptes devront mettre en place des calendriers correctifs afin de régulariser leur situation.

Le respect des échéances financières devient ainsi un élément important de la responsabilité des dirigeants et des structures de gouvernance.

Audit, risques et suivi des projets

Le nouveau cadre renforce également les mécanismes de contrôle interne, d’audit et de gestion des risques.

Les entreprises publiques devront mieux identifier les risques susceptibles d’affecter leur fonctionnement ou leur situation financière et renforcer les dispositifs destinés à prévenir les dysfonctionnements.

Les projets et investissements devront également faire l’objet d’un suivi plus régulier afin d’identifier les retards et les difficultés rencontrées dans leur réalisation.

Numérisation et responsabilité renforcée

La transformation numérique figure aussi parmi les orientations retenues. Les entreprises publiques sont appelées à moderniser leurs systèmes de gestion et à améliorer l’interopérabilité entre les différentes structures administratives.

La circulaire responsabilise par ailleurs les directions générales, les conseils d’administration et les ministères de tutelle dans le suivi de la gouvernance et du respect des obligations.

Des rapports périodiques devront permettre aux autorités compétentes, et notamment à la Présidence du gouvernement, de suivre l’application des mesures prévues.

Avec cette circulaire n°04-2026, le gouvernement entend ainsi renforcer concrètement les mécanismes de gouvernance et de contrôle au sein des établissements et entreprises publics.

Lire aussi :

L’article Entreprises publiques : Comptes, actifs, véhicules… ce que la nouvelle circulaire impose est apparu en premier sur webdo.

La Tunisie aura-t-elle traversé l’une des saisons estivales les plus éprouvantes de son histoire ?

02. September 2026 um 07:49

Canicules à répétition, délestages électriques, coupures d’eau potable, pénurie d’eau en bouteille, tensions dans les commerces et accumulation des déchets sur le littoral : l’été 2026 aura concentré une succession de crises qui ont directement touché le quotidien des Tunisiens. Au-delà de leur caractère parfois conjoncturel, leur simultanéité pose une question plus profonde : la Tunisie est-elle en train d’entrer dans une période où les infrastructures et les services publics peinent à absorber les effets combinés du changement climatique, de la hausse de la demande et de leurs propres fragilités structurelles ?

Le thermomètre aura été le premier révélateur de cette vulnérabilité. En juillet, plusieurs régions tunisiennes ont enregistré des températures proches ou supérieures à 48 °C. À Kairouan, le mercure a atteint 49,7 °C, dépassant l’ancien record de 49,2 °C, tandis que Zaghouan a enregistré 48,6 °C.

Cette chaleur exceptionnelle n’a toutefois pas constitué une crise isolée. Elle a déclenché un effet domino sur plusieurs services essentiels.

Lorsque les températures ont grimpé, la consommation électrique a fortement augmenté, notamment avec le recours massif à la climatisation. Le réseau s’est retrouvé sous pression et la STEG a dû recourir à plusieurs reprises à des délestages tournants qui sont actuellement maintenus meme en septembre.

Le problème n’est donc plus celui d’une panne ponctuelle. La répétition des délestages pendant plusieurs semaines révèle la difficulté du système à absorber les pics de demande lors des épisodes de chaleur extrême. Et l’électricité ne constitue pas un service isolé.

Quand l’électricité manque, l’eau devient à son tour vulnérable

La crise électrique a eu un autre effet : elle a compliqué le fonctionnement de systèmes qui dépendent eux-mêmes de l’énergie, notamment le pompage et la distribution de l’eau potable.

À la fin du mois d’août, alors qu’une nouvelle vague de chaleur portait les températures à 48-49 °C dans certaines régions, plusieurs zones du pays ont été confrontées simultanément à des coupures d’électricité et à des interruptions de l’approvisionnement en eau.

Le phénomène est révélateur d’une interdépendance devenue critique : lorsque l’électricité est sous tension, l’alimentation en eau peut l’être également. Et lorsque les températures augmentent, la demande en eau et en électricité progresse en même temps.

La question de l’eau apparaît ainsi comme l’une des grandes crises structurelles de l’été 2026. Un expert en ressources hydriques cité par La Presse a qualifié la problématique de « crise structurelle », soulignant notamment le rôle des coupures électriques, des difficultés de pompage, de la hausse des températures et de l’augmentation de la demande.

Le paradoxe de l’été : chercher de l’eau… puis ne plus trouver de bouteilles

C’est probablement l’un des épisodes les plus symboliques de cet été.

Alors que l’accès à l’eau potable devenait plus difficile dans certaines régions, l’eau embouteillée, devenue un produit de consommation quasi indispensable pour une partie de la population, s’est elle aussi raréfiée.

Depuis juillet, les stocks ont progressivement diminué avant que la situation ne se transforme en véritable pénurie au mois d’août. À la fin du mois, les rayons de nombreux commerces et grandes surfaces étaient toujours vides.

Cette pénurie n’est pas imputable à une seule cause. Elle résulte de la combinaison d’une demande exceptionnellement forte, de perturbations de la production liées notamment aux coupures d’électricité et de difficultés dans les circuits de distribution.

La crise a rapidement dépassé le simple problème logistique. Files d’attente, tensions entre consommateurs et commerçants, accusations de stockage spéculatif et interventions des autorités ont fait de la bouteille d’eau un véritable marqueur de la crise estivale.

Le phénomène est d’autant plus préoccupant que la Tunisie est devenue fortement dépendante de l’eau embouteillée. Selon les données citées par Le Monde, la consommation annuelle moyenne serait passée de 87 litres par personne en 2010 à environ 225 litres en 2020, puis à quelque 241 litres en 2024.

Autrement dit, la pénurie de bouteilles n’a pas seulement révélé une difficulté industrielle ou commerciale. Elle a également mis en évidence une crise de confiance plus profonde autour de l’eau du robinet.

Une crise qui dépasse l’eau : la question de la propreté

À cette succession de difficultés s’est ajoutée une autre réalité estivale : l’état des espaces publics et du littoral. Le bilan à mi-parcours du programme national de nettoyage des plages est particulièrement révélateur. Près de 6 000 m³ de déchets avaient été collectés sur 152 plages tunisiennes au début du mois d’août.

Ce chiffre ne signifie évidemment pas que toutes les plages tunisiennes étaient sales ni qu’il existe une mesure unique permettant de comparer mécaniquement cet été aux précédents. Mais il donne une idée de l’ampleur de la pression exercée sur le littoral durant la haute saison.

La propreté devient ainsi une autre dimension de la même équation : concentration massive de population dans les zones touristiques, forte fréquentation des plages, consommation accrue de produits emballés et capacité limitée des systèmes de collecte et de traitement des déchets.

Le problème n’est d’ailleurs pas nouveau. Les autorités ont encore dû multiplier les campagnes de nettoyage et de sensibilisation durant l’été 2026, tandis que la question des dépôts sauvages et de la gestion des déchets reste régulièrement soulevée dans plusieurs villes.

Un été révélateur plutôt qu’un simple « été difficile »

Pris séparément, aucun de ces épisodes ne suffit à qualifier l’été 2026 de catastrophe nationale. Une canicule peut provoquer des pics de consommation. Une panne électrique peut perturber un réseau d’eau. Une hausse exceptionnelle de la demande peut provoquer une tension temporaire sur l’eau embouteillée. La fréquentation estivale peut mécaniquement augmenter la quantité de déchets.

Lire aussi : Tunisie : Août est fini, les délestages maintenus et le calvaire se prolonge après l’été

Mais c’est leur combinaison qui interpelle. La chaleur augmente la consommation d’électricité. La pression sur le réseau électrique perturbe certains services. Les difficultés énergétiques affectent à leur tour le pompage et la distribution de l’eau. Les coupures d’eau et la méfiance envers l’eau du robinet renforcent la demande d’eau embouteillée.

Cette demande exceptionnelle met sous tension la production et la distribution des bouteilles. Parallèlement, la fréquentation touristique et estivale accroît la pression sur les réseaux de collecte des déchets. L’été 2026 aura donc fonctionné comme un véritable test grandeur nature de la résilience des infrastructures tunisiennes.

Le vrai bilan : une succession de crises ou une seule crise systémique ?

C’est probablement la question la plus importante que laisse derrière elle cette saison. La Tunisie n’a pas découvert en 2026 ses problèmes d’eau, d’électricité ou de déchets. Ces difficultés existaient auparavant. Mais le changement climatique transforme leur fréquence, leur intensité et surtout leurs interactions.

Des températures proches de 50 °C ne constituent plus seulement un problème météorologique. Elles deviennent un problème énergétique, sanitaire, hydrique, économique et social.

La question n’est donc plus uniquement de savoir comment gérer une coupure lorsqu’elle survient ou comment distribuer des bouteilles lorsqu’elles manquent.

Il faut désormais penser les infrastructures comme un système interdépendant. Une politique de l’eau ne peut plus être pensée indépendamment de la politique énergétique. La planification électrique doit intégrer l’évolution des vagues de chaleur. La gestion des déchets doit anticiper la concentration estivale de la population. Et la sécurité hydrique ne peut pas reposer de manière croissante sur la consommation d’eau embouteillée.

L’été 2026 comme avertissement

La Tunisie sort de cet été avec une série de signaux d’alerte. Le premier est climatique : les épisodes de chaleur extrême mettent les infrastructures sous une pression croissante.

Le deuxième est énergétique : les délestages montrent que les pics de demande peuvent encore fragiliser le réseau. Le troisième est hydrique : l’accès régulier à l’eau reste vulnérable dans plusieurs régions.

Le quatrième est économique et social : lorsqu’un produit aussi basique que l’eau en bouteille devient difficile à trouver, la crise touche immédiatement les ménages.

Le cinquième est environnemental : les volumes de déchets collectés sur le littoral témoignent de la pression exercée sur les espaces naturels durant l’été.

La question n’est donc peut-être pas de savoir si l’été 2026 aura été « le pire été de l’histoire » de la Tunisie. Une telle affirmation nécessiterait des indicateurs historiques comparables sur plusieurs décennies.

Il est en revanche possible d’affirmer que l’été 2026 aura été l’un des plus révélateurs des fragilités cumulées du pays.

Et derrière la succession des bouteilles introuvables, des robinets à sec, des quartiers plongés dans le noir et des plages confrontées à des volumes importants de déchets, se dessine une même question : la Tunisie est-elle suffisamment préparée à des étés où les températures extrêmes deviendront plus fréquentes et où plusieurs infrastructures essentielles seront sollicitées simultanément ?

C’est probablement le véritable bilan de cet été : moins une succession de crises qu’un avertissement sur la capacité du pays à maintenir ses services essentiels face à des conditions climatiques et sociales de plus en plus difficiles.

L’article La Tunisie aura-t-elle traversé l’une des saisons estivales les plus éprouvantes de son histoire ? est apparu en premier sur webdo.

Crise de l’eau en bouteille : Quand le stockage des ménages aggrave la situation

02. September 2026 um 07:05

La crise des eaux en bouteille en Tunisie ne se résume plus à une rupture ponctuelle dans les rayons. Elle révèle désormais un déséquilibre beaucoup plus profond entre une consommation estivale qui explose, des capacités de production mises sous pression et une demande des ménages amplifiée par les craintes de pénurie.

Le phénomène a pris une ampleur spectaculaire au cours des dernières semaines. Selon la Chambre des propriétaires des grandes surfaces, les eaux conditionnées représentent actuellement entre 50 % et 70 % de la distribution assurée par ces enseignes, contre environ 20 % en temps normal. Plus révélateur encore : durant les quatre derniers jours, elles ont représenté entre 85 % et 90 % du total des ventes enregistrées dans les grandes surfaces.

Autrement dit, les consommateurs ne se contentent plus d’acheter davantage d’eau : ils modifient temporairement leurs habitudes d’achat, au point de faire de cette matière l’essentiel de l’activité commerciale des grandes surfaces.

Quatre fois plus d’eau consommée en juillet

À l’origine de cette tension, un choc exceptionnel de demande. Le directeur des recherches économiques au ministère du Commerce, Samir Khalfaoui, a indiqué que la consommation d’eau conditionnée avait été multipliée par quatre en juillet par rapport à son niveau habituel.

Cette explosion intervient dans un contexte particulièrement contraignant. La vague de chaleur historique a poussé les besoins en eau à des niveaux inhabituels, tandis que les interruptions de distribution d’eau potable ont incité davantage de ménages à se tourner vers les bouteilles.

À cela s’est ajouté un autre facteur : les coupures d’électricité. Plusieurs unités de mise en bouteille ont connu des perturbations de leur production, au moment même où la demande atteignait son pic.

Le résultat est un effet de ciseaux : la demande augmente brutalement alors que l’offre subit elle-même des perturbations.

Le stock de sécurité épuisé plus tôt que prévu

La conséquence la plus significative concerne le stock régulateur national. Celui-ci, qui devait normalement permettre de couvrir les besoins jusqu’à la fin du mois d’août, avait été épuisé dès la mi-juillet.

Cette situation montre surtout que les prévisions de consommation ont été dépassées par la brutalité du phénomène climatique.

La Tunisie compte aujourd’hui 31 stations de conditionnement d’eau en bouteille. Le secteur doit faire face à une concentration très forte de la demande pendant l’été : environ 40 % de la production nationale annuelle est consommée entre juin et septembre.

Lire aussi : Eau conditionnée : Plus de 12 millions de litres mobilisés pour les grandes surfaces du Grand Tunis

La consommation quotidienne passe ainsi d’environ 7 millions de litres pendant le reste de l’année à près de 10 millions de litres durant cette période. Cette saisonnalité rend le marché particulièrement vulnérable lorsqu’un épisode climatique exceptionnel vient perturber les prévisions.

Le paradoxe : plus les consommateurs stockent, plus la tension s’accentue

Face aux rayons vides ou aux difficultés d’approvisionnement, les ménages ont adopté un réflexe classique en période de pénurie : acheter davantage que leurs besoins immédiats.

Les autorités appellent pourtant à éviter le stockage domestique, affirmant que l’approvisionnement est désormais quotidien et que les unités de production ont retrouvé leur rythme normal.

C’est ici que se trouve l’un des paradoxes de la crise : la peur de manquer peut elle-même contribuer à créer le manque.

Lorsqu’un consommateur achète plusieurs packs « au cas où », il retire du marché une quantité d’eau qui aurait normalement été consommée progressivement. Si des milliers de ménages adoptent simultanément ce comportement, la demande apparente devient artificiellement supérieure aux besoins réels.

Les grandes surfaces se retrouvent alors avec des stocks qui disparaissent beaucoup plus rapidement, alimentant à leur tour la perception d’une pénurie.

Une crise amplifiée par les pratiques spéculatives

La tension sur le marché a également créé un terrain favorable aux pratiques spéculatives. Les services de contrôle économique ont saisi, au cours du mois d’août, plus de 700 000 litres d’eau conditionnée pour des infractions liées notamment à des hausses excessives des prix, à l’accaparement et à la spéculation.

Le phénomène ne relève donc plus uniquement d’un problème industriel. Il touche également la chaîne de distribution et les comportements des acteurs du marché.

La multiplication des achats dans les grandes surfaces peut d’ailleurs contribuer à déplacer la pression : lorsque l’approvisionnement y devient plus visible et plus régulier, une partie de la demande se concentre dans ces circuits, expliquant pourquoi les grandes surfaces assurent actuellement jusqu’à 70 % de la distribution dans certaines zones, contre seulement 20 % avant la crise.

Une crise de l’eau… mais aussi une crise de confiance

Au-delà des chiffres, la crise pose une question plus structurelle : pourquoi une interruption de l’eau du robinet se traduit-elle aussi rapidement par une ruée vers l’eau en bouteille ?

Les coupures répétées de l’eau potable ont contribué à renforcer le recours aux eaux conditionnées comme solution de substitution. La bouteille n’est donc plus seulement un produit de consommation estivale ; elle devient, pour une partie des ménages, une forme de sécurité face à l’incertitude de l’approvisionnement.

La crise actuelle met ainsi en évidence une double vulnérabilité : celle du système de production d’eau conditionnée face aux pics climatiques et celle des ménages face aux perturbations du réseau public.

Les autorités assurent que les capacités de production ont désormais retrouvé leur niveau normal et anticipent une amélioration importante de l’approvisionnement dans les prochains jours. Mais l’épisode de cet été pourrait laisser une question durable : si les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes et plus intenses, le modèle actuel de consommation d’eau en bouteille pourra-t-il absorber de nouveaux pics de demande ?

La crise actuelle fournit, en quelque sorte, un test grandeur nature de la capacité de la Tunisie à gérer simultanément trois pressions : le changement climatique, la fragilité des infrastructures et l’évolution des comportements de consommation.

L’article Crise de l’eau en bouteille : Quand le stockage des ménages aggrave la situation est apparu en premier sur webdo.

❌