Normale Ansicht

Les allocations chômage restent faibles aux Etats-Unis

07. August 2026 um 12:04

Le nombre de nouvelles demandes d’allocations chômage aux États-Unis est resté inférieur à 200 000 pour la deuxième semaine consécutive. Soulignant une fois de plus la stabilité du marché du travail du pays, selon Capital.

Plus précisément, au cours de la semaine se terminant le 1er août, 199 000 Américains ont déposé de nouvelles demandes d’allocations chômage. Un nombre qui n’a augmenté que de 1 000 par rapport à la semaine précédente.

L’estimation moyenne des analystes prévoyait essentiellement que le niveau des prestations resterait globalement inchangé. Mais elle anticipait une légère augmentation à 201 000.

Par ailleurs, le nombre de demandes de prolongation de l’allocation après la première semaine, un chiffre qui constitue une indication du taux d’embauche et qui est mesuré par rapport à une semaine auparavant, a affiché des taux de croissance supérieurs aux prévisions des analystes.

Plus précisément, au cours de la semaine se terminant le 25 juillet, 1,801 million de demandes de prolongation de prestations ont été soumises, contre 1,777 million une semaine plus tôt et une estimation moyenne qui prévoyait une augmentation plus modeste de 1,79 million.

L’article Les allocations chômage restent faibles aux Etats-Unis est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Budget 2027 | Opération réussie, mais le patient cherche encore son pouls

07. August 2026 um 11:08

Le projet de loi de finances 2027 de la Tunisie avance, comme chaque année, drapé de son vocabulaire propre : trajectoire budgétaire, équilibres macroéconomiques, hypothèses de croissance. Parmi ces chiffres, un seul retiendra l’attention du grand public, parce qu’il est censé résumer tous les autres : +1,9%. C’est le taux de croissance annoncé pour porter le budget de l’année qui vient. Un chiffre sobre, presque discret, qui ne fera pas la une, et c’est bien pour cela qu’il mérite qu’on s’y arrête.

Ilyes Bellagha *

Un pourcentage de croissance nationale ne parle jamais d’un foyer. Il parle d’un agrégat — la somme de tout ce qui se produit dans le pays, exportateurs prospères et petits commerces à l’arrêt confondus, ramenée à une seule ligne. Cette ligne a une vertu et un vice identiques : elle rassure en lissant. Elle additionne la marge d’une entreprise qui exporte et le panier qui rétrécit chaque semaine chez une mère de famille, et en tire une moyenne qui ne ressemble à la vie de personne en particulier.

Or cette croissance de 1,9% doit être mise en regard d’une inflation attendue autour de 5% pour la même période. Un pays qui produit un peu plus de richesse, pendant que les prix montent trois fois plus vite, ne s’enrichit pas : il perd du pouvoir d’achat réel, même si les communiqués officiels parlent, eux, d’une économie «en résilience» ou , mieux, «en croissance». Ajoutons à cela un chômage des jeunes qui dépasse 38%, et l’idée qu’une croissance sous les 2% puisse créer un mouvement sensible dans la vie de ce tiers de la jeunesse relève de la fiction statistique plus que de l’analyse économique.

Rien de tout cela n’est un mensonge à proprement parler. C’est plus subtil, et plus grave : c’est une vérité qui a cessé de regarder ce qu’elle est censée décrire : un processus d’appauvrissement général que rien, pour le moment, ne semble pouvoir arrêter.

Peut-on vivre sans chiffres ?

Il fut un temps où un Tunisien savait que l’année avait été mauvaise sans qu’aucun institut ne le lui confirme. Il le savait au poids du couffin, à la file qui s’allongeait devant la boulangerie, au silence plus lourd dans les cafés, au nombre de mariages reportés dans le quartier. Ce savoir-là n’avait besoin d’aucun médiateur : il naissait directement de l’expérience vécue, lentement, mais il appartenait à celui qui le portait.

Le chiffre est venu s’interposer entre l’homme et sa propre condition. Il ne s’est pas contenté de la mesurer — il a fini par l’arbitrer. Un citoyen peut aujourd’hui sentir sa vie se dégrader et douter malgré tout de sa propre perception, parce que «les chiffres» annoncent une amélioration, qui, à l’analyse, n’en serait finalement pas une. Le rapport entre le sentir et le savoir s’est inversé : ce n’est plus l’expérience qui nourrit le chiffre, c’est le chiffre qui autorise, ou interdit, l’expérience.

Peut-on alors vivre sans chiffres ? Non, évidemment — aucune société complexe ne se gouverne à l’instinct, et le prétendre serait une régression, pas une lucidité. Mais la vraie question n’est pas l’existence du chiffre : c’est sa justesse et sa place dans la hiérarchie du savoir. Est-il un outil au service de ce que les gens vivent, ou est-il devenu le seul juge légitime de ce qu’ils ont le droit de ressentir ? Le glissement s’est fait sans bruit, du chiffre-témoin au chiffre-verdict.

Le jargon comme dissimulation

Foucault l’avait déjà repéré : la statistique n’est pas née pour éclairer les gouvernés, mais pour permettre à l’État de gérer sa population comme on gère un cheptel — natalité, mortalité, rendement. Le mot lui-même le trahit : Statistik, la science de l’État. Le chiffre n’a jamais été un outil démocratique de transparence ; il a toujours été, à l’origine, un instrument de pilotage du haut vers le bas. Ce qui a changé, ce n’est pas sa nature, c’est le discours qui l’accompagne aujourd’hui, celui d’une transparence «partagée avec le citoyen» — alors que le citoyen, précisément, n’en possède ni le code ni la clé.

Le jargon médical fonctionne selon la même logique. Une bosse devient un hématome sous-cutané, une fêlure une fissure corticale : la précision n’est pas fausse, mais elle déplace l’autorité du patient vers celui qui maîtrise le vocabulaire. Le citoyen qui dit «je n’arrive plus à finir le mois» est renvoyé, poliment, à son ignorance des grands équilibres — pendant que le communiqué, avec ses trois chiffres après la virgule, est reçu comme la vérité elle-même.

Le politique n’a donc plus besoin de mentir pour dissimuler une décision : il lui suffit de la formuler dans une langue que le citoyen ne parle pas. Ce n’est plus la censure qui protège l’arbitrage budgétaire, c’est le jargon. On ne cache plus l’information, on la rend techniquement imprenable — comme un dossier médical illisible pour qui n’a pas fait la faculté.

L’opération a réussi

Le budget 2027 sortira du bloc opératoire dans quelques mois, et l’on nous dira, avec la fierté calme des grands communiqués, que la croissance atteindra 1,9%, l’inflation sera contenue et les équilibres financiers de l’Etat plus ou moins préservés. L’opération, en somme, aura parfaitement réussi… dans les limites de ce qui est permis d’espérer ou de prévoir.

Personne, dans le compte-rendu, ne demandera comment ira le patient.

C’est tout le génie du jargon : il permet de déclarer un succès sans jamais croiser le regard de celui qu’on a opéré. Le chirurgien qui annonce que l’opération a réussi ne ment qu’à moitié — techniquement, son geste a été exact, son protocole respecté à la lettre. Il a raison dans sa langue. Il a simplement oublié de vérifier si quelqu’un respirait encore de l’autre côté du drap.

Le +1,9% sera de la même nature : une opération réussie, sur le papier, dans la langue de ceux qui l’ont conduite. Que le patient — cette majorité qui vit dans une tout autre langue, celle du couffin et de la fin de mois — n’en ait pas survécu, cela ne figurera dans aucun rapport, parce que ce n’est simplement pas ce que le rapport a été conçu pour mesurer.

Alors on pourra, comme Pangloss au chevet des ruines, continuer d’affirmer que tout va pour le mieux dans le meilleur des budgets possibles — pendant que le patient, lui, cherche encore son pouls.

* Architecte.

L’article Budget 2027 | Opération réussie, mais le patient cherche encore son pouls est apparu en premier sur Kapitalis.

Allocations sociales : L’Etat veut éviter qu’elles deviennent une « aide au chômage »

07. August 2026 um 09:24

Le versement des aides destinées aux familles nécessiteuses a connu des retards ces derniers jours, mais le ministère des Affaires sociales assure qu’aucun bénéficiaire inscrit sur les listes n’a été privé de son allocation. Derrière cette opération de vérification, l’Etat cherche surtout à revoir le ciblage des aides sociales afin qu’elles restent destinées aux personnes réellement incapables de subvenir à leurs besoins.

Lors d’une visite effectuée jeudi à Kairouan, le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar, a expliqué que les perturbations observées étaient liées à une nouvelle opération de validation électronique des dossiers et à un contrôle des comptes financiers. Selon lui, ces procédures visent à garantir la régularité des versements et la fiabilité des données des bénéficiaires.

« Les aides sont destinées principalement à ceux qui sont incapables de gagner leur vie en raison de l’âge ou à ceux qui sont réellement incapables d’exercer une activité professionnelle », a indiqué le ministre, appelant à davantage de vérifications afin que ces dispositifs « ne deviennent pas une incitation au chômage ».

Une logique de ciblage plus strict

Le gouvernement semble vouloir renforcer la distinction entre assistance sociale et soutien temporaire aux personnes en difficulté. Le programme Amen Social, qui constitue le principal dispositif d’aide permanente aux familles démunies, prévoit des transferts financiers mensuels destinés aux personnes ou familles pauvres ou à faibles revenus. Les critères reposent notamment sur l’absence de revenus ou sur des ressources limitées, avec une étude administrative et sociale des dossiers.

Le ministère des Affaires sociales indique également que l’examen des demandes comprend une enquête documentaire, des vérifications sur le terrain et des croisements de données avant la décision finale d’attribution.

Lire aussi : Réforme de la sécurité sociale : Pour une refondation complète du système

Cette démarche intervient dans un contexte où les dépenses sociales représentent un enjeu important pour les finances publiques. Pour les autorités, l’objectif est d’éviter les situations où une allocation conçue comme un filet de protection devient une source de revenu permanente pour des personnes qui pourraient intégrer le marché du travail.

Entre protection sociale et risque de dépendance

La déclaration du ministre relance le débat sur l’équilibre entre deux objectifs : protéger les populations vulnérables et encourager l’activité économique.

Les associations de défense sociale rappellent régulièrement que les bénéficiaires des aides sont souvent confrontés à des difficultés structurelles : âge avancé, handicap, maladies chroniques, absence d’opportunités d’emploi ou précarité dans certaines régions. Le contrôle des listes doit donc éviter d’exclure des personnes qui restent réellement dans le besoin.

De son côté, l’administration cherche à mieux identifier les bénéficiaires qui ne relèvent pas d’une situation d’incapacité permanente, mais plutôt d’une situation de transition nécessitant un accompagnement vers l’emploi ou la création d’une source de revenus.

Vers une orientation vers l’autonomie économique ?

Cette approche rejoint les programmes d’« empowerment économique » destinés aux catégories défavorisées, qui visent à transformer certaines aides sociales en outils d’insertion économique à travers la création de sources de revenus.

L’enjeu pour l’Etat est donc de passer progressivement d’une logique uniquement basée sur le transfert financier à une politique combinant protection des plus fragiles et accompagnement vers l’autonomie lorsque cela est possible.

La révision des dossiers ne signifie pas une suppression générale des aides, assure le ministère, mais plutôt une volonté de vérifier que les allocations restent orientées vers leur objectif initial : soutenir ceux qui ne peuvent réellement pas travailler, tout en évitant qu’elles ne remplacent durablement l’accès à l’emploi.

L’article Allocations sociales : L’Etat veut éviter qu’elles deviennent une « aide au chômage » est apparu en premier sur webdo.

❌