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Vivre sans courant ni eau : comment la Tunisie apprend à s’adapter

31. Juli 2026 um 13:22

La Tunisie a connu des coupures tournantes d’électricité et des délestages du 12 au 26 juillet. Une vague de chaleur intense faisant peser une menace sur le réseau électrique. Face à ces perturbations, qui touchent également l’approvisionnement en eau, les ménages tunisiens modifient leurs comportements d’achat et de consommation. Si certains citoyens développent des stratégies d’anticipation autonomes, les petites et moyennes entreprises décrivent une situation devenue, déclarent-elles, une menace pour l’activité économique.

Lotfi Riahi, président de l’Organisation tunisienne pour informer le consommateur constate que le Tunisien commence à intégrer ces contraintes dans son quotidien et s’adapte de manière autonome. Il cite l’exemple de la difficulté actuelle à se procurer de petits générateurs électriques sur le marché. Un signe, précise-t-il, que les citoyens anticipent désormais les interruptions de courant et cherchent eux-mêmes des solutions.

Il évoque toutefois une forme de manipulation subie par le consommateur, dont les décisions d’achat seraient désormais dictées par l’influence des réseaux sociaux et des mécanismes d’ingénierie sociale. Ce qui relevait à l’origine d’un simple manque de ressources en eau et en électricité aurait ainsi été transformé en une crise profonde par la puissance des images circulant sur internet, poussant les consommateurs à stocker des quantités de produits largement supérieures à leurs besoins réels.

M. Riahi pointe par ailleurs une absence de vision proactive et de planification de la part des autorités, qui affecterait directement la stabilité du marché : le spectacle de rayons vides dans les grandes surfaces génèrerait une anxiété immédiate chez les consommateurs. Il déplore également un déficit de communication autour des coupures de services. L’absence d’explications claires, de préavis et d’accompagnement empêcherait ainsi les ménages comme les acteurs économiques, à l’image des chefs d’usines, d’anticiper l’impact sur leur activité. Cette instabilité dans la diffusion de l’information venant, selon lui, perturber l’acte d’achat et le comportement général du consommateur.

Pour réguler sainement les habitudes de consommation de la population, M. Riahi estime que seule une stratégie globale fondée sur la transparence et la diffusion d’une information fiable serait efficace.

Les entreprises, premières victimes de l’instabilité énergétique

Ces perturbations ont également des répercussions sur l’activité économique, qui rejaillissent sur le quotidien des ménages. Abderrazek Houas, porte-parole de l’Association nationale des petites et moyennes entreprises, estime que la situation ne relève plus d’un simple aléa technique mais constitue, à ses yeux, une menace existentielle pour l’économie nationale, les entreprises tunisiennes étant devenues otages d’une instabilité énergétique qu’elles ne peuvent plus absorber.

Si l’énergie solaire représente, pour lui, la solution de fond, elle demeure inaccessible faute de moyens d’investissement. Les groupes électrogènes ne seraient ainsi que des palliatifs précaires : au-delà d’une heure et demie de coupure, ces équipements risqueraient la surchauffe, voire l’incendie, mettant en péril l’intégrité des locaux.

M. Houas souligne que l’ouverture d’une entreprise génère des charges fixes immédiates, telles que le loyer et les salaires, pouvant atteindre par exemple 800 dinars par jour. Lorsque le courant fait défaut, cette somme se transforme instantanément en dette cumulée pour le lendemain, l’entrepreneur n’étant pas, affirme-t-il, en échec par manque de productivité mais par l’hostilité de son environnement.

Cette précarité est particulièrement visible dans le secteur de la pêche, où les usines de glace, dont les machines valent selon lui des milliards, préfèrent stopper toute activité et placer leurs employés en congé technique afin d’éviter des réparations coûteuses liées aux variations de tension. Privés de glace pour conserver leurs prises, les pêcheurs sont alors contraints de brader leurs produits à n’importe quel prix pour éviter qu’ils ne pourrissent.

L’impact s’étend également aux professions libérales, à l’image des cabinets dentaires, où l’absence d’électricité paralyse non seulement l’outillage de soin mais aussi la gestion informatique, rendant impossible l’accès aux dossiers des patients. Certains industriels parviennent à déplacer leur production la nuit pour honorer leurs commandes, mais cette flexibilité reste impossible pour les menuisiers ou les réparateurs de pneus, dont l’activité est liée aux horaires diurnes.

Une transition solaire réclamée face à l’inertie politique

Sur le plan politique, M. Houas constate une inertie chronique : les discours sur la transition énergétique se succèdent depuis les gouvernements de Mehdi Jomaa et de Habib Essid, sans qu’aucune réalisation concrète ne soit visible dans les administrations publiques ou les habitations. Il regrette que la Tunisie n’ait pas suivi l’exemple de pays comme l’Italie, où le gouvernement de Giorgia Meloni a choisi de subventionner le carburant pour protéger la production et le transport des fluctuations mondiales.

Pour l’association, qui a mené des visites de terrain afin de constater ces dommages, la solution réside dans une accélération massive du recours au solaire. Une telle transition permettrait, souligne M. Houas, de soulager le réseau de la STEGSTEG, notamment lors des pics de consommation de fin juillet et du mois d’août, et de garantir la continuité économique nécessaire à la survie des petites et moyennes entreprises.

Au final, Lotfi Riahi noté sur seule une information transparente et fiable permettrait de canaliser durablement ces comportements. Tandis qu’Abderrazek Houas estime que c’est une accélération du recours au solaire qui garantirait la continuité de l’activité des entreprises. Deux réponses distinctes à une même réalité : celle de foyers et d’entreprises contraints de composer, au jour le jour, avec les coupures d’électricité et d’eau.

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Coupures, pertes, surcoût : la triple peine de la STEG

31. Juli 2026 um 12:16

Coupures à répétition, pertes techniques et commerciales massives, surcoût pour l’économie : les données de la STEG en disent long. 

Alors que les délestages se multiplient cet été et que la demande électrique atteint des pics inédits, les chiffres publics de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) dessinent une crise structurelle.

La production d’électricité de la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz (STEG) a connu une trajectoire en dents de scie entre 2022 et 2026, marquée par une légère hausse en 2023 suivie d’un recul marqué en 2026.

En 2022, la STEG avait produit 18 647 GWh, selon les données consolidées du secteur. L’année suivante, en 2023, ce niveau est monté à 19 092 GWh, soit une progression d’environ 2,4%. Cette hausse s’inscrit dans un contexte où la production nationale totale a légèrement reculé au niveau global, mais où la STEG a conservé sa part dominante, représentant près de 99 % de la production électrique nationale en 2023.

Ce léger rebond en 2023 traduit surtout la poursuite d’une demande électrique structurellement croissante, alimentée par la croissance économique, l’urbanisation et le développement des usages électriques, malgré les contraintes liées à l’approvisionnement en gaz et aux capacités de production.

Un recul net en 2026

En 2026, les chiffres disponibles indiquent une production de la STEG de 7 506 GWh. Soit une chute très importante par rapport aux exercices 2022 et 2023. Cette donnée doit être lue avec précaution : certains rapports de conjoncture énergétique se réfèrent à des périodes partielles (par exemple à fin février ou fin mars) et non à l’année entière. Pour autant, même ramenée à une période partielle, la baisse observée signale des tensions sur le système électrique 

Ce repli s’explique par plusieurs facteurs : contrainte d’approvisionnement en gaz naturel, dont une part importante est importée; sollicitation accrue des capacités de production et possibles déprogrammations de centrales pour maintenance ou manque de combustible; et montée en puissance, encore limitée, des énergies renouvelables et de l’autoproduction. Dans le même temps, la demande continue de progresser, avec des prévisions de consommation autour de 24 565 GWh en 2026, selon les projections de la STEG.

Enjeux pour le secteur électrique 

Cette évolution contrastée met en lumière la vulnérabilité du modèle électrique tunisien, encore très dépendant du gaz naturel et des importations. Elle souligne aussi l’urgence d’accélérer les projets d’énergies renouvelables, de renforcer l’efficacité énergétique et de diversifier les sources d’approvisionnement pour garantir la sécurité énergétique et accompagner la croissance économique.

 

 

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Tourisme et énergie | Sept solutions pour limiter la surconsommation d’électricité

31. Juli 2026 um 08:49

Après les récentes coupures intempestives d’électricité et d’eau en Tunisie, dues à la hausse de la consommation d’énergie en raison de la canicule et de la mauvaise gouvernance du secteur énergétique, l’économie en général et le tourisme en particulier risquent d’en être durement affectés. Par ailleurs, les changements climatiques qui s’accélèrent vont rendre encore plus difficile l’accès à l’électricité et à l’eau potable, et pas seulement durant l’été. Alors que notre pays, qui dispose d’un littoral de 1300 km et d’une moyenne de 240 jours d’ensoleillement par an, est censé ne pas manquer d’eau ni d’électricité s’il avait suffisamment de stations de dessalement de l’eau de mer et de centrales d’énergie solaire photovoltaïque. Certes, l’installation de ces systèmes coûte cher ; en revanche la consommation est presque gratuite et propre. Dans le contexte de ces problématiques, nous proposons des solutions pour baisser la consommation d’électricité et développer l’énergie solaire avec stockage dans les hôtels et les établissements touristiques.

Habib Glenza, à Lodz.

Le secteur hôtelier est réputé pour être énergivore. Selon un rapport de l’Agence de la transition écologique (Ademe) la consommation moyenne d’un hôtel en France est de 241 kWh/m2/par an.

En Tunisie, la consommation moyenne dépasse ce chiffre, entre autres pour satisfaire le client à tout prix.

La satisfaction des clients passe par le confort. En plein hiver, un vacancier s’attend à avoir un système de chauffage performant dans sa chambre d’hôtel. De la même manière, à partir d’un certain niveau de standing, la présence d’une climatisation permet de satisfaire les clients par temps de canicule. Pour apporter un bon niveau de confort aux vacanciers, le recours à l’énergie est indispensable.

Le comportement des vacanciers n’est pas le même à l’hôtel qu’à leur domicile : ils n’utilisent pas de la même manière les appareils électriques qui sont mis à leur disposition (utilisation intensive du chauffage, de l’électricité et même de l’eau).

Les bâtiments récents dédiés au tourisme possèdent une performance énergétique supérieure aux hébergements plus anciens : la rénovation énergétique de ces derniers, qui passe notamment par un renforcement de l’isolation, est un chantier de taille pour de nombreux hôtels.

La crise économique et le changement climatique imposent aujourd’hui au secteur du tourisme de modifier en profondeur ses usages afin de limiter lasurconsommation électrique. Depuis 2019, l’objectif est de favoriser la sobriété énergétique des bâtiments, ce qui exige des acteurs du tourisme une maîtrise énergétique des bâtiments   

Nous présentons ci-dessous sept solutions permettent de réduire directement les factures d’électricité des établissements touristiques en Tunisie:

1. Installer un système de contrôle de la consommation électrique : pour faire des économies d’énergie, les hôtels peuvent faire installer un système de gestion des consommations électriques. 

Aujourd’hui, il existe des systèmes de gestion de la consommation de l’électricité qui apportent des solutions pour maîtriser la consommation de l’électricité dans le secteur du tourisme. Ils consistent à contrôler en temps réel l’état de fonctionnement du réseau électrique et des consommations 24h/24. En cas de suspicion de surconsommation, ce système déclenche l’alarme. Ainsi, l’appareil peut détecter une consommation anormale de l’énergie dans un cottage ou une chambre en particulier. L’alimentation pourra être coupée à distance dans ce logement le temps que la cause soit identifiée (climatiseur ou chauffage allumé dans un hébergement inoccupé, etc.). 

Ce dispositif peut être combiné à un autre système de gestion de la consommation de l’eau dans les hôtels permettant une maîtrise optimale de la consommation de cette précieuse denrée.

2Équiper les hôtels avec des installations photovoltaïques et des batteries de stockage de l’énergie : dans un pays touristique qui compte en moyenne 200 jours ensoleillés par an, le recours à l’énergie solaire devient impératif. Tout d’abord elle est propre, car elle n’émet pas de gaz à effet de serre (on parle d’énergie décarbonée), parce qu’elle est gratuite et inépuisable. 

Certes, l’investissement coûte cher mais la consommation est presque gratuite. En plus, elle assure une autonomie électrique à 100 % pendant la basse et moyenne saison et plus de 75 % pendant la haute saison. Il s’agit d’une technique très efficace pour réduire ses factures d’électricité.    

3. Privilégier des appareils basse consommation pour équiper votre hôtel : la classe énergétique des appareils qui équipent votre établissement de tourisme peut permettre de limiter la surconsommation électrique et donc de diminuer les factures. Privilégiez des appareils électroménagers de classe A+++ qui consomment 20 à 50% de moins que les équipements A+.

4. Placer des détecteurs de présence dans les hébergements : pour éviter que les vacanciers oublient d’éteindre la lumière dans leur logement, l’installation de détecteurs de présence peut être une bonne idée. Ils peuvent également être placés dans les parties communes de l’hôtel, à l’intérieur comme à l’extérieur (parking, chemin piéton).

5. Faire le bon choix pour les luminaires intérieurs et extérieurs :  privilégier l’utilisation des LED pour éclairer votre établissement de tourisme vous permettra de consommer jusqu’à 10 fois moins qu’avec des ampoules basse consommation. Pensez également à nettoyer les ampoules de temps en temps pour gagner en luminosité.

6. Intégrer vos salariés à la lutte contre la surconsommation électrique : la lutte contre le gaspillage de l’électricité commence par l’implication de votre équipe. Éteindre les équipements de bureau plutôt que de les laisser en veille, ne pas laisser la lumière allumée toute la journée à la réception alors qu’il fait jour… Ce sont parfois les petits gestes qui permettent de tendre vers de belles économies de consommation énergétique.

7. Sensibiliser les clients pour améliorer leur implication : optimiser les dépenses énergétiques dans le secteur du tourisme est possible à condition de prendre des mesures fortes pour limiter au maximum la surconsommation électrique.                                               

Les clients peuvent également faire leur part durant leur séjour dans hôtel. En affichant les consommations électriques par individu dans l’hébergement, les vacanciers peuvent prendre conscience de leur usage de l’énergie. Une liste de conseils simples à suivre pour réduire la consommation électrique en vacances peut également être mise à disposition.

Pour tous ceux qui veulent savoir plus sur la production de l’énergie photovoltaïque avec stockage, cliquez sur ce lien.

A suivre

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