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Les relations tuniso-russes :  70 années de continuité diplomatique à l’épreuve des mutations géopolitiques

Von: tmps
15. Juli 2026 um 16:46

Par Mondher AFI

La célébration du soixante-dixième anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la République tunisienne et la Fédération de Russie, État successeur de l’Union des Républiques socialistes soviétiques sur le plan du droit international, constitue une étape significative dans l’évolution des relations bilatérales entre les deux pays. Depuis leur établissement en 1956, ces relations se sont développées dans un environnement international en constante mutation, marqué par la fin de la bipolarité, la recomposition des rapports de puissance et l’émergence de nouvelles configurations géopolitiques.

Malgré ces transformations, la coopération tuniso-russe a conservé une certaine continuité, reposant sur des mécanismes de dialogue politique, des échanges institutionnels réguliers et la recherche de convergences dans plusieurs domaines d’intérêt commun.

Cet anniversaire intervient dans un contexte où la politique étrangère tunisienne est conduite, sous le suivi du Président de la République, Kaïs Saïed, selon des orientations privilégiant la consolidation de la souveraineté nationale, l’élargissement des partenariats internationaux et la diversification des relations extérieures, dans le respect des principes du droit international et de l’égalité souveraine entre les États. Dans cette perspective, les relations avec la Fédération de Russie s’inscrivent dans une approche diplomatique fondée sur l’équilibre des partenariats, la défense des intérêts nationaux et le maintien d’un dialogue ouvert avec l’ensemble des acteurs internationaux, indépendamment des recompositions qui caractérisent le système international contemporain.

L’échange de messages de félicitations entre Mohamed Ali Nafti, ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, et Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, s’inscrit dans cette dynamique. Au-delà de sa dimension protocolaire, cet échange traduit la volonté des deux États de préserver un dialogue politique régulier et de poursuivre une coopération fondée sur le respect mutuel, la non-ingérence dans les affaires intérieures, l’égalité souveraine et la recherche d’intérêts communs. Il reflète également la continuité d’une relation diplomatique qui, tout en s’adaptant aux évolutions du contexte international, demeure structurée autour d’une approche pragmatique privilégiant la concertation politique et le développement progressif de la coopération bilatérale dans les domaines jugés prioritaires par les deux parties.

Une relation construite dans la durée

Depuis l’établissement de leurs relations diplomatiques le 11 juillet 1956, la Tunisie et la Russie ont entretenu des liens caractérisés par une remarquable continuité. Si les contextes internationaux ont profondément évolué, la coopération bilatérale a su s’adapter aux changements intervenus avec la fin de la guerre froide, la disparition de l’Union soviétique et l’émergence d’un système international plus complexe.

Contrairement à plusieurs configurations des relations soviéto-arabes durant la guerre froide, largement structurées par les logiques de bipolarisation idéologique, les mécanismes d’alignement stratégique et les dynamiques de compétition entre les deux blocs, les relations entre la Tunisie et l’Union soviétique, puis avec la Fédération de Russie après 1991, se sont progressivement distinguées par une orientation sensiblement différente. Elles se sont construites selon une logique davantage pragmatique, dans laquelle les considérations politiques, économiques et diplomatiques ont généralement prévalu sur les affinités doctrinales ou les solidarités idéologiques.

Cette spécificité s’explique notamment par la doctrine diplomatique tunisienne, historiquement fondée sur le principe du non-alignement, la diversification des partenariats extérieurs et la préservation d’une autonomie décisionnelle vis-à-vis des grandes puissances. Dans cette perspective, les relations avec Moscou n’ont jamais reposé sur une adhésion à un projet idéologique commun ni sur une volonté d’intégration à une sphère d’influence déterminée. Elles se sont développées à travers une coopération sélective, modulée en fonction des intérêts nationaux respectifs, de l’évolution des rapports de force internationaux et des opportunités offertes par les transformations de l’environnement géopolitique.

L’analyse de cette trajectoire met en évidence une forme de réalisme diplomatique caractérisée par une faible intensité idéologique et une forte capacité d’adaptation aux mutations du système international. Les interactions bilatérales ont ainsi été principalement déterminées par des considérations relatives au développement économique, aux échanges commerciaux, à la coopération scientifique et technique, aux secteurs de l’énergie, de l’enseignement supérieur, du tourisme ainsi qu’à la concertation sur certaines questions internationales d’intérêt commun. Cette dynamique illustre une conception des relations internationales dans laquelle la coopération est moins le produit d’une proximité doctrinale que le résultat d’une convergence ponctuelle d’intérêts stratégiques, économiques et institutionnels.

Dans cette optique, la relation tuniso-russe apparaît comme un exemple d’interaction interétatique fondée sur une rationalité pragmatique plutôt que sur une logique d’alignement idéologique. Sa continuité historique résulte moins de la permanence d’une communauté de valeurs politiques que de la capacité des deux États à préserver des canaux de dialogue, à adapter leurs mécanismes de coopération aux transformations du contexte international et à inscrire leur partenariat dans une approche fonctionnelle privilégiant les bénéfices mutuels, la flexibilité diplomatique et la recherche d’équilibres compatibles avec les priorités nationales de chacun. Cette évolution traduit une forme de coopération durable dont la stabilité repose essentiellement sur la convergence des intérêts objectifs et sur une gestion pragmatique des relations bilatérales, indépendamment des recompositions idéologiques ayant marqué les différentes phases de l’ordre international contemporain.

Le pragmatisme comme fondement du partenariat

L’analyse des relations internationales montre que les politiques étrangères des États sont principalement déterminées par la défense de leurs intérêts nationaux et par leur capacité à s’adapter aux évolutions de l’environnement international. Dans cette perspective, ni la Tunisie ni la Fédération de Russie ne font exception à cette logique. Leurs politiques extérieures s’inscrivent dans une démarche pragmatique où les considérations de sécurité, de développement économique, de stabilité politique et de diversification des partenariats occupent une place centrale. Les relations bilatérales ne relèvent ainsi ni d’une logique idéologique ni d’un système d’alliances exclusives, mais d’une convergence d’intérêts définie en fonction des priorités propres à chacun des deux États.

Les transformations intervenues depuis la fin de la guerre froide ont profondément modifié les équilibres du système international. L’émergence progressive d’un ordre davantage multipolaire, la diversification des pôles de croissance économique, la montée des enjeux énergétiques, alimentaires et technologiques, ainsi que l’intensification des interdépendances économiques ont conduit de nombreux États à adapter leurs stratégies diplomatiques. Dans ce contexte, la Russie a progressivement réorienté sa politique extérieure afin de préserver ses intérêts stratégiques, économiques et sécuritaires, tandis que la Tunisie a poursuivi une politique de diversification de ses partenariats extérieurs visant à renforcer son autonomie diplomatique et à élargir ses marges de coopération avec différents acteurs internationaux.

Les relations tuniso-russes s’inscrivent précisément dans cette dynamique d’adaptation aux nouvelles réalités géopolitiques. Pour la Tunisie, la coopération avec la Russie constitue l’un des instruments de diversification de ses relations extérieures, sans remettre en cause ses autres partenariats traditionnels. Pour la Russie, la Tunisie représente un partenaire stable en Méditerranée et en Afrique du Nord, offrant des perspectives de coopération dans plusieurs secteurs présentant des intérêts réciproques.

 Cette complémentarité favorise le développement de projets communs dans les domaines du commerce, de l’agriculture, de la sécurité alimentaire, de l’énergie, de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique, de la santé, du tourisme, des technologies et des échanges culturels.

Cette relation bilatérale se caractérise ainsi par une approche fonctionnelle fondée sur la recherche d’avantages mutuels plutôt que sur des considérations idéologiques. Son évolution reflète une tendance plus large observée dans les relations internationales contemporaines, où les États privilégient des partenariats flexibles, évolutifs et sectoriels, adaptés aux mutations du système international. Dans cette perspective, la coopération entre la Tunisie et la Russie apparaît comme un partenariat pragmatique, fondé sur le respect de la souveraineté des États, la non-ingérence dans les affaires intérieures, l’équilibre des intérêts et la recherche d’une coopération susceptible de contribuer au développement économique, scientifique et technologique des deux pays. Cette logique confère aux relations tuniso-russes une stabilité relative, tout en leur permettant de s’adapter aux évolutions de l’environnement géopolitique international sans être tributaires des fluctuations conjoncturelles des rapports de puissance.

Les défis d’un environnement international en mutation

L’ordre international connaît aujourd’hui une profonde recomposition, marquée par le retour des rivalités entre grandes puissances, la montée des pôles émergents et l’accélération des transformations économiques et technologiques.

Dans ce contexte, les relations tuniso-russes s’inscrivent dans une dynamique de diversification des partenariats internationaux. Pour la Tunisie, il s’agit de maintenir un dialogue ouvert avec l’ensemble de ses partenaires, tout en préservant son autonomie décisionnelle. Pour la Russie, le développement des relations avec les pays du Sud participe à une stratégie plus large de consolidation de sa présence diplomatique et économique dans différentes régions du monde.

Cette convergence ne relève pas d’une logique d’alliance, mais d’une coopération adaptée aux intérêts réciproques et aux évolutions de l’environnement international.

Soixante-dix ans après l’établissement de leurs relations diplomatiques, la Tunisie et la Fédération de Russie disposent d’un cadre de coopération qui a su évoluer au rythme des transformations du système international sans perdre sa cohérence ni sa continuité. Cette relation ne repose ni sur une logique d’alliance stratégique ni sur des affinités idéologiques, mais sur une approche pragmatique fondée sur la convergence d’intérêts, le respect de la souveraineté des États et la recherche d’avantages mutuels. Dans un contexte international marqué par la recomposition des équilibres géopolitiques, la diversification des centres de décision et l’intensification des interdépendances économiques, cette coopération offre encore d’importantes perspectives de développement.

Les perspectives d’évolution des relations tuniso-russes reposent sur l’existence de domaines de coopération susceptibles d’être progressivement consolidés en fonction des priorités de développement des deux pays et de l’évolution du contexte international. Les secteurs de l’agriculture, de la sécurité alimentaire, de l’énergie, de la santé, de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique, de la transformation numérique, de l’innovation, des investissements et du tourisme offrent des possibilités de coopération qui pourraient être davantage développées dans le cadre de mécanismes institutionnels plus structurés. La concrétisation de ces perspectives demeure toutefois liée à la capacité des deux parties à renforcer le dialogue entre les administrations, les opérateurs économiques, les universités et les centres de recherche, ainsi qu’à améliorer les conditions favorisant les échanges commerciaux, les investissements et la circulation des compétences.

Par ailleurs, la concertation diplomatique entre la Tunisie et la Fédération de Russie au sein des organisations internationales constitue un cadre de dialogue permettant d’échanger sur les principales questions régionales et internationales, dans le respect des principes de la Charte des Nations unies, du droit international et de l’égalité souveraine des États. Dans cette perspective, le soixante-dixième anniversaire des relations diplomatiques illustre la continuité d’un dialogue bilatéral qui privilégie une coopération pragmatique, adaptée aux intérêts des deux pays et aux évolutions du système international, sans logique d’alignement, mais dans une recherche d’équilibre, de réciprocité et de bénéfices mutuels.



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Le chroniqueur Haythem El Mekki condamné à 12 mois de prison

15. Juli 2026 um 22:32

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a dénoncé la condamnation en appel du journaliste et chroniqueur Haythem El Mekki à une peine d’un an de prison. Dans un communiqué publié mercredi 15 juillet 2026, l’organisation des journalistes se dit « profondément inquiet » face à cette décision, appelant par conséquent à former un pourvoi en cassation.

Rappelons que l’affaire fait suite à une plainte déposée par le CHU Habib Bourguiba de Sfax après la publication, en janvier 2024, d’un message sur les réseaux sociaux dans lequel le journaliste évoquait la situation au sein de l’établissement. Alors que le Tribunal de première instance avait prononcé un non-lieu, la Cour d’appel de Sfax a finalement condamné Haythem El Mekki à un an d’emprisonnement.

Le journaliste a annoncé lui-même le verdict sur les réseaux sociaux, précisant qu’il s’agissait de la deuxième de trois procédures judiciaires engagées contre lui ces dernières années, toutes liées, selon lui, à des déclarations dans les médias ou à des publications sur les réseaux sociaux.

Haythem El Mekki a également indiqué que les poursuites avaient d’abord été engagées sur la base du décret-loi n°54 avant que la condamnation ne soit finalement prononcée en vertu de l’article 86 du Code des télécommunications.

Pour le SNJT, cette affaire illustre une tendance inquiétante au recours à des textes prévoyant des peines de prison dans les dossiers liés à la liberté d’expression. Le syndicat estime que ce type de poursuites favorise l’intimidation et l’autocensure des journalistes.

Réaffirmant son soutien à Haythem El Mekki et à son équipe de défense, le SNJT appelle à l’annulation du jugement et au respect des garanties relatives à la liberté d’expression.

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Anne Guéguen: « L’amitié entre la France et la Tunisie ne se décrète pas, elle se construit, chaque jour, par des actes »

15. Juli 2026 um 12:59

Le 14 juillet est la fête nationale de la France qui célèbre la prise de la Bastille le 14 juillet 1789. Elle reste pour l’histoire le symbole de la Révolution, un changement d’ère qui a mis fin à la monarchie absolue et a fait des émules dans plusieurs parties du monde. 

Ci-dessous le discours prononcé par Anne Guéguen, ambassadrice de France en Tunisie, en présence du représentant de l’Etat, le ministre des Technologies de la communication, Sofiene Hemissi. 

Merci de votre présence, à chacun et chacune. Je me réjouis de célébrer avec vous le 14 juillet. Plus qu’une date, cette fête est le symbole d’un peuple affirmant la liberté, l’égalité et la fraternité, principes qui ont porté l’élan révolutionnaire et conduit, le 14 juillet 1789, à la prise de la Bastille, mettant à bas l’arbitraire. Si les Français sont foncièrement attachés à leur devise, fondement de notre République et de notre démocratie, ces principes émancipateurs ne sont pas l’apanage d’un pays ni d’une époque. Ils transcendent les frontières, les peuples et les générations, et parlent à toutes celles et ceux qui veulent dignité et justice.
Ces valeurs que nous avons en partage ont une résonance propre ici, pays de haute culture, ancré profondément en lui-même, ni à l’orient ni à l’occident, mais à la croisée des routes méditerranéennes, arabes et africaines. La Tunisie est pétrie d’une histoire remarquable de luttes, d’engagements et d’espoirs, forgée par des femmes et des hommes qui, je le constate depuis trois ans que j’ai l’honneur d’y servir comme ambassadrice, font preuve d’une résilience admirable dans la marche incertaine du monde.

 

Les rapports entre la Tunisie et la France, d’une remarquable stabilité, tirent leur solidité de la volonté commune de surmonter, de manière lucide et apaisée, les injustices et souffrances du passé colonial.

 

Monsieur le Ministre, votre présence est aussi l’occasion de célébrer 70 ans de relations diplomatiques depuis l’indépendance de la Tunisie le 20 mars 1956. Les rapports entre la Tunisie et la France, d’une remarquable stabilité, tirent leur solidité de la volonté commune de surmonter, de manière lucide et apaisée, les injustices et souffrances du passé colonial. C’est un choix, que nous faisons ensemble, de nourrir un partenariat d’égal à égal fondé sur le respect, l’écoute, le dialogue. La Tunisie est souveraine dans ses choix, et la France, comme l’Union européenne, respecte profondément cette souveraineté. Je le dis avec humilité. Notre ambition est de coopérer et de partager, pour le bénéfice mutuel des peuples, en servant leurs intérêts réciproques. Le « partenariat mutuellement bénéfique » qui était au coeur du sommet Africa Forward à Nairobi le 11 mai, doit être, plus que jamais, au centre de notre action.

 

La France, comme l’UE, est un partenaire fiable, constant, prévisible, engagé. Nous cherchons à nourrir la confiance. Déterminés à assurer notre défense et innovants, nous ne sommes pas pour autant dans une logique prédatrice ni impérialiste.

 

Monsieur le Ministre, chers invités, la France, comme l’UE, est un partenaire fiable, constant, prévisible, engagé. Nous cherchons à nourrir la confiance. Déterminés à assurer notre défense et innovants, nous ne sommes pas pour autant dans une logique prédatrice ni impérialiste. Nos relations sont dynamisées par notre proximité, qui est un atout mutuel précieux dans un monde où il est devenu impératif de raccourcir et de sécuriser les chaînes de valeur et d’approvisionnement, de décarboner nos économies comme d’assurer la sécurité de nos concitoyens sur tous les plans.

Vous le savez, la France est le premier partenaire économique de la Tunisie et nos échanges se portent bien. Les investissements comme le commerce bilatéral sont en hausse. C’est au profit de la Tunisie, dont l’excédent commercial vis à vis de la France a dépassé l’an dernier les 3 Mds d’euros, à comparer avec les 2,4 Mds d’euros tirés du tourisme.

Notre relation se construit dans des projets qui touchent directement la vie des citoyens. Ensemble, nous agissons pour former les jeunes et préparer l’entrée dans la vie active – je veux évoquer les près de 20 000 élèves dans les établissements du réseau AEFE en Tunisie et les 16.000 étudiants tunisiens en France mais aussi l’appui à la modernisation des ISET ou encore l’inauguration récente, avec la Fondation Tunisie pour le Développement et nos amis allemands, des centres ELIFE de Sidi Bouzid et Tozeur. Nous créons des emplois – je pense aux 170.000 emplois directs dans les entreprises à participation française en Tunisie ; nous encourageons l’innovation et l’entrepreneuriat – je pense au succès du Forum Méditerranéen de l’intelligence artificielle (FMIA) que nous avons organisé avec vous, Monsieur le Ministre, en novembre dernier.

Nos projets communs visent aussi à protéger les ressources naturelles, en particulier l’eau, et appuyer le choix stratégique de la Tunisie de renforcer sa souveraineté énergétique en développant son exceptionnel gisement solaire et éolien. Nos projets sont au service du développement des régions, dans un souci de soutien aux priorités de justice sociale et territoriale du gouvernement tunisien. C’est pourquoi nous coopérons pour renforcer les systèmes de santé – la France apporte ainsi, à travers l’AFD, le financement nécessaire à la construction de deux nouveaux hôpitaux à Gafsa et Sidi Bouzid. Ces projets viennent également contribuer aux services rendus par la société civile, notamment les femmes tunisiennes dont on ne dira jamais assez combien elles sont valeureuses et portent leur pays. Pour beaucoup d’entre eux, ces projets sont soutenus par l’Institut français de Tunisie ou par Expertise France, qui a fêté en décembre dix ans d’activité.

 

Je suis heureuse de dire que nous avons délivré plus de 116.000 visas l’année dernière avec un taux de refus de moins de 16% -, en encourageant les projets, et surtout en faisant confiance et construisant l’espoir.

 

Notre relation se construit d’abord grâce à vous, chers amis tunisiens et chers compatriotes, qui contribuez à nourrir nos liens humains d’une densité exceptionnelle, et je pense tout particulièrement aux centaines de milliers de tunisiens et franco-tunisiens qui vivent en France et dont la bi-culturalité est un pont formidable entre les deux rives, un atout précieux que nous devons chérir. Pour la jeunesse, talentueuse, exigeante, qui veut des perspectives, en Tunisie comme à l’international, notre responsabilité collective est d’ouvrir des horizons, en facilitant les mobilités – et je suis heureuse de dire que nous avons délivré plus de 116.000 visas l’année dernière avec un taux de refus de moins de 16% -, en encourageant les projets, et surtout en faisant confiance et construisant l’espoir.

Dans notre monde instable et violent, en pleine recomposition stratégique, cette confiance est essentielle. Nous partageons le même horizon de défis – qu’il s’agisse de climat, d’énergie, de santé, de démographie, de sécurité. Nos destins sont liés. Nous avons une maison commune à préserver et je pense très concrètement à la fois à la Méditerranée et aux Nations unies. Dans ces temps sombres, les peuples attendent que la voix du droit, de la justice et de la dignité soit portée avec constance, et que le monde reste habitable. La France y est attachée et sait que ces principes trouvent ici, en Tunisie, un écho profond.

Lucide sur la réalité de la guerre, la France ne s’y résigne pas. La France mène une diplomatie de la souveraineté fondée sur le respect de l’égalité des nations et de la recherche de la paix et de la sécurité pour tous. Nous avons reconnu la Palestine. Nous soutenons le Liban. Nous appuyons l’Ukraine dans son combat. La Tunisie est un pays qui a un sens aigu de la justice internationale et qui nourrit de fortes attentes, légitimes, de respect des droits du peuple palestinien, aujourd’hui bafoués. Ensemble il nous appartient d’œuvrer au respect du droit et de la justice internationale, de conjurer les maux du nationalisme, du racisme et du protectionnisme dont l’histoire a montré qu’ils mènent au pire. Ensemble, il nous revient, comme nous nous y sommes engagés en signant la charte des Nations unies, d’assurer le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction. Les uns comme les autres nous devons protéger l’état de droit et garantir la sécurité juridique des personnes physiques et morales sans laquelle il ne peut y avoir de prospérité économique ni de sécurité pour tous.

Nous sommes à la fois autonomes et profondément dépendants les uns des autres, dans une toile d’interconnexions toujours plus complexes. Ce n’est pas une faiblesse mais la condition humaine et la dynamique de la modernité qui s’imposent à nous. Au moment où les équilibres se recomposent en profondeur à l’échelle de la planète, le repli sur soi va à l’encontre du développement économique et de la sécurité des nations. Les mouvements migratoires qui interrogent aujourd’hui nos sociétés, au Nord comme au Sud, s’ils sont régulés, encadrés et accompagnés peuvent apporter leur part de réponse aux mutations du temps. Nous pouvons et savons travailler ensemble à cette fin, en tirant le meilleur parti de notre proximité.

Je voudrais, pour conclure, vous remercier et remercier à l’adresse du ministre  tous nos partenaires tunisiens comme nos partenaires européens. Je suis reconnaissante aux équipes de l’Ambassade, de la résidence et de nos opérateurs qui, chaque jour, font vivre cette coopération, et à toutes celles et ceux qui rapprochent nos deux pays. Je voudrais particulièrement saluer le Consul général Dominique Mas et le COCAC Fabrice Rousseau qui repartiront vers la France cet été. Je voudrais aussi exprimer ma gratitude à nos sponsors – et en premier lieu la CCITF, Total Energies et la Banque UIB – dont la générosité rend cette célébration possible ainsi qu’aux entreprises qui travaillent de manière exemplaire à la rénovation de cette merveilleuse résidence.

Et je voudrais enfin vous dire simplement ceci : j’aime la Tunisie et souhaite pour elle et pour tous les Tunisiens ce qu’il y a de meilleur. L’amitié entre la France et la Tunisie ne se décrète pas. Elle se construit, chaque jour, par des actes.

Je vous souhaite à toutes et tous un très bon 14 juillet et une belle soirée, dans l’esprit fair-play du sport. La demi-finale de la Coupe du monde de football qui va commencer et les deux formidables équipes qui s’affrontent ne devrait pas manquer de nous offrir de beaux moments d’émotion.
Vive la Tunisie, vive la République et vive la France !

Vive l’amitié tuniso française

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Les Tunisiens face aux coupures d’été : sous tension, mais pas au bord du blackout !

15. Juli 2026 um 11:10

Cet été, le réseau électrique reste sous forte pression : la probabilité de coupures localisées augmente, mais un blackout national prolongé paraît improbable. La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a déjà eu recours aux délestages pour maintenir l’équilibre du système lors des pics de consommation provoqués par les vagues de chaleur.

La vulnérabilité tient surtout à l’alliance dangereuse entre une demande estivale très élevée et une production largement dépendante du gaz naturel. Pour les ménages, cela se traduit par des interruptions ponctuelles durant les heures les plus chaudes, impactant le confort et le fonctionnement d’appareils sensibles. Pour l’économie, les conséquences peuvent être plus lourdes : ralentissement des activités, contraintes pour les services essentiels (hôpitaux, transports) et risques pour les télécommunications si la situation venait à se dégrader.

Au-delà de la gestion des coupures immédiates, l’enjeu stratégique est clair : sécuriser les approvisionnements, moderniser un parc vieillissant et diversifier le mix énergétique. Les pistes pour limiter les risques incluent un déploiement accéléré des énergies renouvelables, des programmes massifs d’efficacité énergétique et une meilleure orchestration des consommations (gestion des pointes, tarification incitative, stockage). Sans ces réformes, les étés prochains risquent de rester synonymes de tension électrique répétée.

Risque de coupures cet été : la Tunisie n’est pas au bord d’un blackout total; mais son réseau électrique reste sous pression. Entre pics de consommation, dépendance au gaz et finances fragiles de la STEG, devons-nous assister à des coupures d’été répétitives, où encore le pays pourra-t-il éviter un blackout total comme celui de l’Algérie.

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Migrations et sécurité juridique : les garde-fous du développement selon Anne Guéguen

15. Juli 2026 um 09:35

À l’occasion des célébrations du 14 Juillet à La Marsa, l’ambassadrice de France en Tunisie, Anne Guéguen, a présenté un état des lieux détaillé des relations bilatérales, alors que les deux nations commémorent cette année le soixante-dixième anniversaire de l’établissement de leurs liens diplomatiques.

Les données économiques révèlent une dynamique soutenue : l’excédent commercial tunisien envers la France a atteint 3 milliards d’euros pour l’année 2025, marquant une hausse de 600 millions par rapport aux 2,4 milliards enregistrés en 2024, soit une progression de 25 %. La France confirme ainsi son statut de premier partenaire économique du pays. Sur le terrain, les entreprises françaises ou à capitaux français implantées en Tunisie génèrent 170 000 postes de travail, consolidant leur contribution à l’emploi local.

Les échanges dans les domaines éducatif et universitaire affichent également des indicateurs robustes. Le réseau d’enseignement français accueille actuellement près de 20 000 élèves en Tunisie; tandis que 16 000 étudiants tunisiens poursuivent leurs études supérieures en France. La circulation des personnes s’intensifie avec la délivrance de plus de 116 000 visas à destination des Tunisiens au cours des douze derniers mois, témoignant de la densité des relations humaines entre les deux rives de la Méditerranée.

La diplomate a salué la « remarquable stabilité » d’une relation qui, selon elle, s’est construite sur la volonté commune de surmonter les séquelles de l’histoire coloniale. La France et l’Union européenne, a-t-elle rappelé, s’engagent à respecter pleinement la souveraineté tunisienne dans une approche de partenariat équilibré, reposant sur le dialogue et la considération réciproque.

Parmi les réalisations concrètes évoquées figurent l’implication de l’Agence française de développement dans la construction de deux établissements hospitaliers à Jendouba, le soutien à la rénovation des instituts supérieurs des études technologiques, ainsi que des programmes conjoints dédiés à la préservation des ressources hydriques et au développement des énergies solaire et éolienne. Le Forum méditerranéen de l’intelligence artificielle, organisé en novembre dernier, a été cité comme une initiative réussie dans le domaine de l’innovation technologique.

Anne Guéguen a par ailleurs réaffirmé les positions françaises sur les dossiers régionaux et internationaux, avec une reconnaissance explicite de l’État palestinien, un appui au Liban et un soutien à l’Ukraine. Elle a estimé que la Tunisie, attachée aux principes de justice internationale, porte des « attentes légitimes » concernant le respect des droits du peuple palestinien. La représentante française a plaidé pour une application rigoureuse du droit international et des droits humains, tout en mettant en garde contre les dérives nationalistes, racistes et protectionnistes.

L’ambassadrice a souligné que la préservation de l’État de droit et la sécurité juridique constituent des prérequis indispensables à toute prospérité durable. S’opposant aux logiques de repli, elle a considéré que celles-ci sont contraires au développement et à la sécurité des nations. Abordant la question migratoire, elle a estimé que ces flux interrogent les sociétés du Nord tout en pouvant être régulés, encadrés et accompagnés pour répondre aux évolutions contemporaines.

 

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Quatre rencontres pour encourager les Tunisiens de l’étranger à investir en Tunisie

15. Juli 2026 um 08:44

L’Office des Tunisiens à l’étranger (OTE) organisera, du 23 juillet au 6 août, quatre rencontres régionales dédiées à l’investissement à destination des Tunisiens résidant à l’étranger. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer la contribution de la diaspora au développement économique du pays et à encourager la création de projets dans les différentes régions.

Le coup d’envoi de cette série de rencontres sera donné le 23 juillet à Tataouine. Une deuxième étape est prévue le 29 juillet à Tunis, avant deux autres rendez-vous à Bizerte, le 4 août, puis à Kairouan, le 6 août, a indiqué l’Office des Tunisiens à l’étranger dans un communiqué publié mardi sur sa page Facebook.

Ces rencontres ont pour objectif de présenter les opportunités d’investissement disponibles à travers le pays, de mettre en avant des idées de projets innovants et à fort potentiel, mais aussi de créer un espace d’échange entre les différents acteurs concernés. Elles permettront également de mieux faire connaître les mécanismes d’inclusion financière susceptibles de faciliter l’investissement de la diaspora et de renforcer sa participation à la dynamique économique nationale.

Selon les données du ministère des Affaires sociales, la communauté tunisienne établie à l’étranger compte plus de 1,8 million de personnes, soit plus de 15 % de la population du pays. Grâce à la progression continue des transferts de fonds vers la Tunisie, cette diaspora contribue à plus de 7 % du produit intérieur brut (PIB), confirmant son rôle stratégique dans le soutien de l’économie nationale.

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