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Washington autorise un accès contrôlé au modèle d’IA Mythos 5 d’Anthropic

27. Juni 2026 um 15:52

Le gouvernement américain a décidé, vendredi 26 juin, de lever partiellement les restrictions imposées au modèle d’intelligence artificielle, Claude Mythos 5, développé par la société Anthropic. Il autorise sa mise à disposition auprès de plus de 100 institutions américaines, incluant de grandes entreprises privées et plusieurs agences gouvernementales.

Cette décision marque un infléchissement notable de la position de l’administration américaine, qui avait bloqué il y a deux semaines l’accès au modèle, invoquant des préoccupations liées à sa puissance et à ses usages potentiellement détournés.

Selon une lettre adressée à Anthropic, le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a indiqué avoir estimé que « des garanties appropriées » étaient désormais en place pour permettre un accès contrôlé au modèle.

Dans le cadre de cet accord, les restrictions d’exportation sont assouplies : aucune licence ne sera désormais requise pour transférer ou utiliser le modèle Claude Mythos 5 au sein des entités listées en annexe, y compris leurs employés étrangers, ainsi que certains employés étrangers d’Anthropic.

Un contrôle renforcé mais un accès élargi

Le gouvernement précise toutefois que l’ouverture reste strictement encadrée et réservée à des partenaires identifiés comme « de confiance ». L’objectif affiché est de concilier innovation technologique et contrôle des risques liés aux modèles d’IA avancés.

Le modèle Mythos 5 avait été suspendu, ainsi que sa version allégée Fable 5, après des alertes émises par Amazon et d’autres acteurs technologiques concernant un risque de détournement à des fins malveillantes.

Cette décision intervient le jour même où le concurrent direct d’Anthropic, OpenAI, a annoncé le déploiement de son nouveau modèle GPT-5.6, accessible à un nombre limité de partenaires agréés par le gouvernement américain.

Cette synchronisation souligne l’intensification de la compétition entre les principaux acteurs de l’intelligence artificielle de pointe, dans un contexte où la régulation devient un facteur stratégique au même titre que la performance technique.

Vers une nouvelle gouvernance des modèles d’IA avancés

En arrière-plan, cette séquence illustre l’émergence d’un modèle de gouvernance hybride, dans lequel l’État américain intervient directement dans la diffusion des modèles les plus puissants, en coordination étroite avec les entreprises du secteur.

Anthropic s’est engagée à coopérer avec les autorités américaines sur les protocoles, les normes et les futures versions de ses modèles, renforçant ainsi l’idée d’un encadrement structurel de l’IA de pointe.

Cette évolution confirme que les modèles d’intelligence artificielle les plus avancés ne sont plus seulement des produits technologiques, mais des actifs stratégiques soumis à des arbitrages politiques et sécuritaires.

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Iran-États-Unis : Le fragile cessez-le-feu vacille après de nouvelles frappes

27. Juni 2026 um 08:03

Le fragile cessez-le-feu conclu la semaine dernière entre Washington et Téhéran est déjà mis à rude épreuve. Les États-Unis ont frappé vendredi des sites militaires dans le sud de l’Iran en représailles à une attaque de drone contre un cargo dans le détroit d’Hormuz. Téhéran affirme avoir riposté en visant des positions américaines dans la région, chaque camp accusant l’autre d’avoir violé les engagements pris quelques jours plus tôt. Cette nouvelle escalade ravive les tensions autour de l’une des routes maritimes les plus stratégiques au monde.

Washington et Téhéran se renvoient la responsabilité

Le commandement américain (CENTCOM) a indiqué avoir ciblé des dépôts de missiles, de drones ainsi que des radars côtiers près de Sirik, dans la province iranienne d’Hormozgan. Selon Washington, ces frappes répondent à l’attaque menée jeudi contre un cargo transitant dans le détroit d’Hormuz.

Sur le réseau X, le vice-président américain JD Vance a défendu cette opération en affirmant que les États-Unis avaient respecté le cessez-le-feu. « L’Iran a signé un accord de cessez-le-feu. Nous l’avons respecté. La violence sera traitée par la violence », a-t-il déclaré.

L’Iran rejette cette version. Le président de la commission de la sécurité nationale du Parlement, Ebrahim Azizi, a dénoncé une « violation irresponsable » du cessez-le-feu, tandis que les Gardiens de la Révolution (IRGC) ont annoncé avoir frappé des positions militaires américaines dans la région et averti qu’une nouvelle attaque entraînerait « une réponse plus large ».

Les autorités portuaires iraniennes, citées par l’agence Mehr, assurent néanmoins que le port de Sirik n’a subi aucun dommage et que les installations continuent de fonctionner normalement.

Hormuz, un passage vital sous haute tension

Au-delà de l’affrontement militaire, les inquiétudes portent sur la sécurité du détroit d’Hormuz, par lequel transite environ un cinquième des exportations mondiales de pétrole ainsi qu’une part importante du commerce mondial de gaz naturel liquéfié (GNL).

Avant les nouvelles frappes, les prix du pétrole avaient déjà reculé d’environ 3 %, les marchés étant rassurés par la reprise progressive du trafic maritime. Saudi Aramco a notamment relancé les chargements de brut depuis son terminal de Ras Tanura, tandis que les exportations d’engrais ont également repris. Cette normalisation pourrait toutefois être remise en cause si les affrontements s’intensifient.

Une stabilité régionale de nouveau fragilisée

En tournée dans les pays du Golfe, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a cosigné avec le Conseil de coopération du Golfe une déclaration appelant à garantir une navigation « libre, inconditionnelle et sans restriction » dans le détroit d’Hormuz.

De son côté, Téhéran continue de revendiquer, aux côtés d’Oman, un rôle central dans la gestion de cette voie maritime stratégique et met en garde les États du Golfe contre tout alignement avec Washington.

Quelques jours seulement après l’annonce du cessez-le-feu, les affrontements ont ainsi repris entre les deux adversaires. Sans remettre officiellement en cause l’accord, cette nouvelle séquence montre combien son application reste fragile et combien l’équilibre sécuritaire du Golfe demeure précaire.

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Quel avenir pour les Israéliens en Palestine ? 

27. Juni 2026 um 07:34

«Quel avenir pour la Palestine et Israël ?» est le thème d’un colloque organisé à l’Université de la Sorbonne, à Paris, le 19 juin 2026. L’auteur n’a pas assisté à ce colloque, qui a été riche en interventions, d’après le commentaire de l’universitaire Jean-Christophe Attias, publié sur sa page Facebook. Mais s’il y avait participé, voilà ce qu’il aurait dit sur cette question, en la reformulant ainsi : «Quel avenir pour les Israéliens en Palestine ?» (Photo : Les Palestiniens manifestent à Jérusalem, « capitale » de l’Etat hébreu).

Lahouari Addi *

La question palestinienne doit être replacée dans le contexte européen de la fin du 19e siècle, celui de l’apogée de l’expansion européenne et de la croyance en la mission civilisatrice de l’Occident.

Les penseurs sionistes de l’époque, intellectuels de gauche dans leur majorité, percevaient le projet d’un Etat juif comme une justice rendue aux juifs persécutés en Europe. Ils n’avaient pas conscience qu’ils s’inscrivaient dans la dynamique de l’expansion coloniale de l’Europe. Et même s’ils en étaient conscients, ils pensaient que l’Etat juif, une fois construit, existera pour toujours parce qu’ils ne saisissaient pas son caractère colonial.

Israël piégé par son caractère colonial

Une fois l’Etat sioniste construit, la population israëlienne a glissé vers une mentalité coloniale qui a favorisé les courants de droite et d’extrême droite. Israël est piégé par son caractère colonial qui a poussé la majorité de la population vers le syndrome des pieds noirs d’Algérie qui étaient farouchement hostiles aux autochtones.

Le rapport entre Israëliens et Palestiniens est celui qui relie le colonisé au colonisateur, rapport méthodiquement analysé par Frantz Fanon. Dans cette relation, soit le colon, soit le colonisé doit disparaître.

Profitant du changement géopolitique internationale après la Seconde Guerre mondiale, les nationalistes algériens ont déclenché l’insurrection qui a conduit à l’indépendance.

Le bouleversement géopolitique actuel (2015-2026), marqué par à la perte graduelle de l’hégémonie américaine, est de mauvais augure pour l’avenir d’Israël. Les Etats-Unis n’ont plus la capacité de dominer la géopolitique locale comme ils le veulent. En 1954, ils ont pu changer de régime en éliminant Mossadegh en Iran. En 2026, ils ont échoué dans leur volonté de changer le régime en Iran. Et pragmatiques comme ils sont, entre le détroit d’Ormuz et Israël, ils ont choisi Ormuz.

La grande erreur des Israéliens

L’erreur des Israëliens est d’avoir compté sur l’appui extérieur pour exister au lieu de nouer des alliances avec les Palestiniens pour un Etat binational. Au lieu de devenir des «juifs palestiniens» comme sont devenus Arabes les Syro-Libanais chrétiens descendants des croisés du Moyen Age, ils ont nié la société locale qu’ils ont voulu éliminer par l’oppression et le génocide. Rappelons que l’idéologie nationaliste arabe a été forgée par les chrétiens descendants d’Européens qui sont devenus Arabes. Les juifs venus d’Europe ont refusé de devenir des Palestiniens et de se fondre parmi les autochtones. Ils ont choisi de mettre en place un système d’apartheid qui n’a aucun avenir au 21e siècle.

Ce que les sionistes d’hier et d’aujourd’hui ont oublié, c’est que les sociétés du Moyen Orient, se reproduisent dans la durée, et excluent ceux qui refusent de s’y intégrer.

Dans le futur, soit les juifs d’Israël s’intègrent à la région comme population palestinienne, soit ils auront à repartir vers les pays d’où leurs pères et grands-pères sont venus. Les israëliens venus du monde arabe, qui sont culturellement des Arabes, peuvent jouer un rôle dans le processus d’intégration des descendants de leurs coreligionnaires venus d’Europe.

* Institut d’études politiques de Lyon.

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