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ECLAIRAGE – Le dinar face au cycle américain : anatomie d’une vulnérabilité prolongée

29. November 2025 um 06:01

L’évolution de la politique monétaire américaine n’est jamais un fait lointain pour la Tunisie. Le dinar, pris dans une trajectoire de dépréciation maîtrisée mais continue, subit directement la pression des mouvements du dollar, dont la dynamique reflète non seulement l’état de l’économie des États-Unis mais aussi les anticipations globales en matière de risques, de liquidités et de géopolitique. Les hésitations actuelles de la Fed face à un marché du travail affaibli et une inflation persistante ne redessinent pas seulement le paysage financier américain : elles recomposent silencieusement les conditions de stabilité monétaire d’un pays comme la Tunisie, exposé par la structure même de son économie.

 

Chaque fois que le dollar se maintient à un niveau élevé, la Tunisie se retrouve mécaniquement confrontée à une tension supplémentaire sur son équilibre externe. Le renchérissement du billet vert ne constitue pas un choc isolé mais un multiplicateur de vulnérabilités déjà présentes. Les importations tunisiennes les plus vitales — énergie, céréales, intrants industriels, composants électroniques, biens d’équipement — sont majoritairement contractualisées en dollars. Une appréciation même modérée du billet vert se traduit instantanément par une augmentation de la facture globale d’importations, renforçant la pression sur les réserves de change et altérant le taux de couverture des besoins extérieurs.

Cette dépendance quasi mécanique crée un effet de transmission immédiat et difficilement réversible. Le dinar, dont la valeur externe dépend in fine de la capacité du pays à générer des devises, voit son ancrage se fragiliser à chaque épisode de hausse du dollar, comme si l’économie tunisienne se retrouvait soudainement exposée à un vent contraire dont elle n’a pas les moyens de se protéger.

La Banque centrale de Tunisie sous contrainte : l’impossible arbitrage

Dans ce contexte, l’action de la Banque centrale tunisienne se transforme en exercice d’équilibriste. Un dollar fort alimente une inflation importée qui exige un resserrement monétaire pour éviter une dérive des prix. Mais un resserrement prolongé freine mécaniquement le crédit, étouffe la demande interne et fragilise davantage les entreprises, déjà confrontées à la hausse des coûts d’approvisionnement.

La BCT se trouve ainsi enfermée dans une matrice contraignante : maintenir des taux élevés pour stabiliser le dinar contre le dollar, au risque de ralentir davantage une économie déjà en sous-croissance. Les mouvements de la Fed déterminent en partie cet arbitrage, car toute baisse ou tout maintien prolongé des taux américains se répercute sur les différentiels d’attractivité entre monnaies. Lorsque les bons du Trésor américain offrent une rémunération élevée, les investisseurs internationaux réduisent leur exposition aux économies émergentes, accentuant la rareté relative des capitaux à destination de pays comme la Tunisie. Le dinar en paie le prix sous la forme d’une pression accrue sur les entrées de devises et d’un coût d’endettement international plus élevé.

Inflation importée : le canal de transmission le plus redoutable

La hausse du dollar ne se limite pas à modifier les coûts de transaction en devises. Elle s’inscrit dans une chaîne de transmission qui affecte directement le niveau général des prix. Les secteurs les plus sensibles — énergie, alimentation, industrie — voient leurs intrants renchéris, ce qui déforme les marges, alourdit les coûts et finit par peser sur les prix à la consommation.

La Tunisie connaît une inflation qui n’est pas tant le produit d’une surchauffe économique interne que le résultat d’une conjonction de tensions externes. Chaque variation du dollar alimente une inflation importée difficile à contenir sans provoquer un ralentissement de l’activité. Ce mécanisme crée une double peine : l’inflation fragilise le pouvoir d’achat, tandis que la dépréciation du dinar renforce, à chaque cycle, l’intensité des chocs inflationnistes futurs.

Le risque d’une dépréciation prolongée : un scénario de fond plutôt qu’un accident conjoncturel

Le dinar n’est pas menacé d’un décrochage brutal, mais il est exposé à une érosion lente, progressive et persistante, que les dynamiques de la Fed peuvent renforcer. Si l’économie américaine tarde à infléchir ses taux, le dollar restera tendu et la Tunisie devra composer avec un environnement défavorable pour financer son déficit courant et assurer la stabilité de sa monnaie.

Ce risque n’est pas théorique. Il s’inscrit dans une trajectoire où les réserves de change, malgré leur amélioration récente, demeurent inférieures au seuil de confort nécessaire pour absorber une série de chocs extérieurs. Une Fed prudente oblige la Tunisie à maintenir une politique monétaire restrictive, renforçant le risque d’un affaiblissement progressif du dinar tout au long de 2025, à mesure que les importations énergétiques et alimentaires absorbent une part croissante des devises disponibles.

Entre adaptation et stratégie : redéfinir la place du dollar dans l’économie tunisienne

L’hypersensibilité du dinar au dollar ne relève pas uniquement de la conjoncture internationale. Elle révèle une dépendance profonde à la structure des importations et à la faible diversification des sources de devises. La Tunisie n’est pas condamnée à subir, mais les espaces d’action restent étroits. Le développement d’accords commerciaux libellés en euros, la montée en puissance des exportations à plus forte valeur ajoutée, l’encouragement des transferts de la diaspora, la diversification des partenariats financiers et le recours maîtrisé aux instruments de couverture de change constituent autant de pistes susceptibles d’alléger la pression exercée par le cycle monétaire américain.

Ces leviers ne neutralisent pas les effets de la Fed, mais ils permettent de réduire l’ampleur des transmissions négatives. La Tunisie n’a pas le pouvoir d’influencer les décisions de Washington, mais elle peut atténuer la sensibilité de son économie à l’hégémonie du dollar. Le dinar n’est pas seulement une variable financière : il est l’expression condensée des rapports de dépendance, de vulnérabilité et de résilience qui structurent la place du pays dans l’économie mondiale.

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Forex et Tunisie : entre glissement du dollar, prudence européenne et respiration du dinar

26. November 2025 um 06:00

Les marchés des devises s’ouvrent cette semaine dans un climat marqué par la retenue. Une prudence élevée et une forte sensibilité aux signaux de politique monétaire. Le mouvement récent de la paire EUR/USD, revenue à proximité du seuil symbolique de 1,1500 après deux séances de recul, illustre un marché en transition. Lequel hésite entre la fermeté prudente de la Banque centrale européenne et la possibilité d’un assouplissement plus rapide de la Réserve fédérale américaine.

Durant les échanges asiatiques, l’EUR/USD s’est stabilisé autour de 1,1510, prolongeant une dynamique négative, mais dépourvue de panique. L’euro glisse légèrement, mais ne décroche pas : c’est la posture mesurée de la BCE qui en constitue le principal amortisseur. Les membres du Conseil des gouverneurs maintiennent un discours prudent, évoquant un statu quo prolongé des taux directeurs probablement jusqu’à fin 2026. Et ce, à mesure que l’inflation converge progressivement vers l’objectif de 2 %. Les données d’activité de novembre, en léger retrait mais conformes aux attentes, confortent cette stratégie de stabilité monétaire.

Christine Lagarde a rappelé, dans ses dernières interventions, que la BCE ne relâchera pas sa vigilance. Ainsi, toute dérive, même marginale, de l’inflation pourrait entraîner une adaptation des taux. Gabriel Makhlouf, gouverneur irlandais et membre influent du Conseil, insiste pour sa part sur la pertinence du taux actuel. Tout en écartant tout ajustement tant qu’aucune rupture macroéconomique n’apparaît. Cette stratégie permet à l’euro d’éviter un décrochage plus marqué, dans un environnement international encore incertain.

 

Gabriel Makhlouf, gouverneur irlandais et membre influent du Conseil, insiste pour sa part sur la pertinence du taux actuel. Tout en écartant tout ajustement tant qu’aucune rupture macroéconomique n’apparaît.

 

Face à cette prudence européenne, le dollar américain poursuit un mouvement opposé. Le billet vert s’affaiblit, plombé par une révision soudaine des anticipations sur la politique de la Fed. Les marchés intègrent désormais une probabilité de 69 % d’une baisse des taux dès la réunion de décembre, contre 44 % il y a seulement une semaine, selon les données du CME FedWatch. Ce retournement d’humeur traduit la montée d’un optimisme prudent quant à la capacité de la Fed à accompagner le ralentissement de l’inflation américaine. L’effet immédiat est une perte d’altitude du dollar, offrant à l’euro une fenêtre d’appréciation malgré sa phase de consolidation.

La parité EUR/USD navigue ainsi dans une zone charnière où s’articulent stratégies monétaires, signaux économiques et seuils techniques. Le niveau de 1,1500 agit comme un pivot psychologique majeur. Les investisseurs évoluent dans une période où les politiques monétaires se redéfinissent, et où chaque donnée d’inflation, chaque mot prononcé par Lagarde ou Powell, peut redessiner la courbe du Forex.

 

Le niveau de 1,1500 agit comme un pivot psychologique majeur. Les investisseurs évoluent dans une période où les politiques monétaires se redéfinissent, et où chaque donnée d’inflation, chaque mot prononcé par Lagarde ou Powell, peut redessiner la courbe du Forex.

 

Tunisie : un dollar en reflux, une respiration pour un dinar sous tension permanente

La dérive tendancielle du dollar n’est pas un phénomène lointain pour la Tunisie. Bien au contraire : elle produit des effets directs et immédiats sur la trajectoire du dinar, sur les équilibres macroéconomiques et sur les coûts supportés par l’État comme par les entreprises.

Une part considérable des transactions extérieures tunisiennes – hydrocarbures, matières premières industrielles, produits alimentaires stratégiques, fret international, technologies – est libellée en dollar. Lorsque le billet vert s’affaiblit, l’effet est quasi mécanique : la facture énergétique diminue, le coût des importations essentielles se contracte et la pression sur l’inflation importée s’allège. Dans une économie où plus de la moitié de l’inflation découle du renchérissement des importations, cette dépréciation du dollar constitue une véritable bouffée d’oxygène.

 

Une part considérable des transactions extérieures tunisiennes – hydrocarbures, matières premières industrielles, produits alimentaires stratégiques, fret international, technologies – est libellée en dollar. Lorsque le billet vert s’affaiblit, l’effet est quasi mécanique : la facture énergétique diminue, le coût des importations essentielles se contracte et la pression sur l’inflation importée s’allège.

 

À cela s’ajoute la dynamique de l’euro. Une légère appréciation de la monnaie européenne face au dollar se traduit par une détente du taux EUR/TND. Pour la Tunisie, reliée commercialement, touristiquement et financièrement à l’Union européenne, cette évolution est favorable : elle améliore la valeur des recettes touristiques et des transferts des Tunisiens à l’étranger, souvent libellés en euro. Elle agit également comme un stabilisateur sur les importations provenant de la zone euro, premier fournisseur du pays.

Un répit conjoncturel, mais aucun changement structurel

Pour autant, il serait illusoire d’y voir une amélioration durable de la situation du dinar. Si l’affaiblissement du dollar procure un soulagement, il ne corrige en rien les déterminants fondamentaux de la fragilité monétaire tunisienne : déficit commercial structurel; dépendance énergétique; faiblesse chronique du taux d’épargne; besoins massifs de financement extérieur; inflation persistante; et croissance insuffisante pour régénérer les réserves de change.

La Banque centrale de Tunisie (BCT), contrainte par un environnement interne dégradé, ne peut capitaliser pleinement sur la faiblesse du billet vert. Elle reste enfermée dans une stratégie de défense graduelle du dinar, sans marge de manœuvre pour assouplir la politique monétaire ou relancer le crédit. En conséquence, la détente du dollar constitue un facteur conjoncturel de stabilisation, non un levier de valorisation durable.

 

La Banque centrale de Tunisie (BCT), contrainte par un environnement interne dégradé, ne peut capitaliser pleinement sur la faiblesse du billet vert. Elle reste enfermée dans une stratégie de défense graduelle du dinar, sans marge de manœuvre pour assouplir la politique monétaire ou relancer le crédit.

 

Une fenêtre stratégique pour atténuer les vulnérabilités

L’environnement monétaire international actuel ouvre toutefois une fenêtre d’opportunité : réduire temporairement la pression sur les importations stratégiques, lisser le profil de remboursement de certaines dettes en devises et contenir la transmission inflationniste. À condition que ces marges de respiration soient exploitées pour renforcer la balance extérieure, améliorer la gestion des subventions énergétiques, relancer l’exportation et accélérer les réformes structurelles.

La Tunisie évolue dans un système où les variables externes– Fed, BCE, marchés des matières premières– influencent directement sa trajectoire macroéconomique. La dérive tendancielle du dollar en est un exemple. Reste maintenant à transformer cette respiration passagère en une dynamique plus durable. Ce qui suppose une stratégie cohérente de réformes, d’intégration commerciale et de renforcement de la productivité. 

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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CHRONIQUE – Revue économique et financière hebdo du 21 novembre 2025 : Sans cadre macro stable, aucune reprise durable possible

24. November 2025 um 05:41

L’économie mondiale aborde la fin de l’année dans un climat mêlant incertitudes géopolitiques, ajustements monétaires et tensions persistantes sur les marchés. La combinaison d’un ralentissement de la croissance européenne, d’une résilience américaine légèrement affaiblie et de risques géopolitiques persistants au Moyen-Orient continue de peser sur les flux de capitaux et le comportement des investisseurs.

Dans ce contexte, les marchés internationaux évoluent de manière prudente, avec une volatilité accrue sur les devises et une normalisation lente mais perceptible des taux d’intérêt dans les économies avancées.

Sur le plan financier, les marchés anticipent désormais que la Réserve fédérale américaine maintiendra un biais restrictif plus longtemps; malgré un assouplissement progressif des tensions inflationnistes.

Les écarts de taux entre les États-Unis et la zone euro restent déterminants pour l’évolution de l’EUR/USD. Tandis que la réorientation du commerce mondial, la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement et la baisse des prix de certaines matières premières influencent les flux vers les marchés émergents.

L’environnement reste donc contrasté pour les économies dépendantes des financements extérieurs comme la Tunisie, où les arbitrages des investisseurs demeurent sensibles aux risques souverains et à la dynamique du dinar.

 

En Tunisie

Dans ce contexte global cadenassé, la conjoncture tunisienne montre des signaux mixtes. La liquidité bancaire demeure sous tension, comme en témoigne la baisse du solde du compte courant du Trésor, qui recule à 1 125,5 MDT contre 1 373,5 MDT la veille. Le solde du compte courant ordinaire des banques s’améliore toutefois nettement, passant à 358,4 MDT. Ce qui traduit une respiration temporaire de la liquidité interbancaire. Les billets et monnaies en circulation continuent de progresser légèrement. Cela confirme la préférence du public pour les moyens de paiement liquides et le maintien d’une économie informelle significative.

Sur le marché monétaire, la Banque centrale poursuit une politique de stabilité, avec un taux directeur maintenu à 7,5 %. Le taux du marché monétaire s’aligne parfaitement sur ce niveau, témoignant d’un pilotage serré de la liquidité. Le volume global de refinancement recule à 10 377,4 MDT, en baisse par rapport à la veille et surtout en retrait notable par rapport à 2024. Cette évolution reflète une moindre pression instantanée sur la liquidité, mais aussi un recours accru aux opérations longues, notamment les opérations de refinancement à six mois qui atteignent un encours de 2 555 MDT, très supérieur au niveau d’il y a un an.

La dynamique des transactions interbancaires reste solide. Les opérations à vue progressent nettement et dépassent 3 256 MDT, apportant une fluidité appréciable entre les banques. Les opérations à terme se stabilisent autour de 982 MDT, confirmant la poursuite de stratégies prudentes de gestion des positions bilancielles.

La situation des Bons du Trésor continue de souligner la transformation de la structure de financement de l’État. Les Bons du Trésor assimilables atteignent désormais 29 137,6 MDT, soit plus de 10 milliards de plus qu’en 2024. Tandis que les bons à court terme sont en chute très marquée. Cette tendance confirme la stratégie du Trésor visant à allonger la maturité de la dette intérieure, tout en maîtrisant les pressions de refinancement dans un contexte où les financements extérieurs restent rares.

Sur le volet extérieur, les recettes touristiques cumulées atteignent 7 141,5 MDT, en hausse solide par rapport à 2024. Traduisant ainsi une saison encore dynamique malgré les aléas géopolitiques régionaux. Les revenus du travail progressent également, soutenus par la reprise des transferts depuis l’étranger. En parallèle, le service de la dette extérieure cumulée se replie légèrement, signe d’une répartition plus étalée des échéances sur 2025.

Les avoirs nets en devises se stabilisent autour de 24 815,4 MDT, équivalant à 106 jours d’importation. Bien qu’en léger retrait par rapport au niveau de 2024, ces réserves restent confortables et permettent d’accompagner un marché de change où le dinar enregistre des performances contrastées. Il se déprécie face au dollar mais s’apprécie légèrement face à l’euro, en phase avec les mouvements internationaux. Cette évolution confirme la sensibilité du dinar à la configuration du dollar sur les marchés mondiaux et à l’écart de croissance entre les deux zones.

L’ensemble de ces indicateurs dessine un paysage économique complexe, où la Tunisie navigue entre fragilités structurelles et améliorations ponctuelles.

À court terme, la combinaison d’une liquidité bancaire volatile, d’un marché monétaire sous contrôle et de réserves de change encore robustes devrait permettre de préserver la stabilité financière. Toutefois, les risques demeurent. Une remontée des tensions géopolitiques, un accès toujours limité au financement extérieur et une croissance intérieure modérée pourraient maintenir la pression sur le dinar et sur la capacité de l’État à gérer l’échéancier de sa dette.

À moyen terme, la trajectoire dépendra largement de la capacité à renforcer la crédibilité budgétaire, à améliorer l’efficacité du financement de l’économie et à consolider les moteurs externes, notamment le tourisme et les transferts des expatriés. La stabilisation du cadre macroéconomique reste incontournable pour favoriser un retour progressif de la confiance et pour relancer les investissements jugés essentiels à une croissance durable.

  

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Références :

(1) Sources principales consultées pour le contexte international : World Bank MENAAP (21 nov. 2025), données prix Brent / marché pétrolier (21 nov. 2025), minutes Fed / prises de position récentes, analyses Reuters sur la réaction des marchés aux tensions régionales. (Banque Mondiale)

(2) (*) https://www.bct.gov.tn/bct/siteprod/indicateurs.jsp

(**) https://www.ins.tn/

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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ECLAIRAGE –Tunisie – Dinar vs EUR/USD : un mouvement suspendu …

21. November 2025 um 12:11

L’évolution récente des marchés des changes offre un paradoxe qui n’est pas sans conséquence pour la Tunisie. Alors que les écarts de taux d’intérêt entre les États-Unis et la zone euro se resserrent nettement — ce qui aurait dû favoriser un redressement de l’euro — la paire EUR/USD demeure étonnamment stable*. Cette inertie, loin d’être anecdotique, traduit l’attentisme d’investisseurs tournés vers deux événements susceptibles de modifier la perception du risque et les anticipations de politique monétaire.

 

Depuis fin octobre, le différentiel de rendement entre les obligations américaines et allemandes à deux ans a reculé à son plus bas niveau pendant plusieurs semaines. De même, les marchés anticipent un rapprochement des trajectoires de taux terminaux de la Fed et de la BCE. Ordinairement, un tel mouvement réduit l’attrait du dollar et soutient l’euro. Mais la paire reste figée, comme si le marché n’osait pas s’engager avant d’obtenir des signaux plus déterminants.

 

Les investisseurs attendent d’abord les chiffres de l’emploi américain de septembre ainsi que les demandes hebdomadaires d’allocations chômage. Ce sont les véritables baromètres de la vigueur économique des États-Unis et de l’orientation future de la Fed. Ils scrutent également les résultats trimestriels de Nvidia**, dont le poids psychologique dépasse la seule sphère technologique. Une publication décevante pourrait dégrader l’appétit pour le risque au niveau mondial, pesant sur les marchés et influençant indirectement les attentes en matière de taux d’intérêt.

Toutefois, un scénario haussier pour l’euro reste toutefois plausible. Si les statistiques américaines révèlent un ralentissement marqué du marché du travail et si Nvidia publie des résultats en retrait, les rendements américains pourraient s’orienter à la baisse. Le dollar perdrait alors de sa force relative, permettant à l’euro de progresser en direction de 1,1730 avec un potentiel d’extension vers 1,1820*.

Pour la Tunisie, un tel mouvement offrirait un certain répit. Le renforcement de l’euro contribuerait à alléger le coût des importations européennes, atténuant les pressions inflationnistes sur les biens manufacturés, pharmaceutiques et alimentaires. Il améliorerait aussi la capacité de couverture en devises des entreprises tunisiennes, notamment celles dépendant d’intrants européens. Dans ce contexte, la Banque centrale de Tunisie (BCT) bénéficierait d’un environnement légèrement plus favorable, avec des tensions moindres sur les réserves et une moindre volatilité du dinar.

 

Le scénario inverse demeure cependant tout aussi crédible. Si le marché du travail américain surprend par sa résilience et si Nvidia confirme la solidité de la dynamique technologique, les rendements américains conserveront un niveau élevé. Le dollar resterait ainsi attractif. La Tunisie évoluerait alors dans un environnement plus contraignant, marqué par un renchérissement des matières premières libellées en dollar, une facture énergétique plus lourde, des pressions accrues sur les réserves et un resserrement implicite des conditions financières internes.

 

La Tunisie observe donc un marché des devises figé, mais prêt à se déplacer brusquement au gré des annonces américaines. L’inertie actuelle ne doit pas être interprétée comme un signe de stabilité durable. Elle traduit au contraire une phase de tension latente, dont les effets potentiels pourraient influencer les prix importés, les équilibres extérieurs et les marges de manœuvre de la politique monétaire tunisienne. Dans un environnement mondial où un rapport sur l’emploi ou les résultats d’un champion de l’intelligence artificielle peuvent reconfigurer les flux financiers, la vigilance demeure le maître mot pour l’économie tunisienne.

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Références :

(*) : selon les estimations de l’IAEF-Salle des Marchés au 20/11/2025

(**) : Nvidia est une entreprise technologique américaine spécialisée dans la conception de processeurs graphiques (GPU) et de puces électroniques. Fondée en 1993, elle est surtout connue pour ses cartes graphiques destinées au jeu vidéo, mais ses puces sont également devenues essentielles pour l’intelligence artificielle, les centres de données, les véhicules autonomes et d’autres applications de calcul intensif. 

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

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