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Environnement: la Tunisie investit 5,6 milliards de dinars, mais le défi reste humain

05. Juni 2026 um 14:52

À l’occasion de la Journée nationale et internationale de l’environnement, célébrée cette année sous le thème « Green Waves : Small Actions, Big Impacts », le directeur général de l’Agence nationale de protection de l’environnement (ANPE), Mohamed Naceur Jeljeli, a plaidé pour un changement profond des comportements afin d’accompagner les investissements engagés dans la transition écologique.

Un chiffre a particulièrement retenu l’attention : la Tunisie a mobilisé près de 5,6 milliards de dinars d’investissements dans les secteurs liés à l’environnement en une seule année. Un montant qui englobe notamment les énergies renouvelables, l’agriculture durable, le tourisme écologique, les stations d’épuration, les décharges contrôlées et l’ensemble des activités relevant de l’économie verte.

« C’est un chiffre important », a souligné Mohamed Naceur Jeljeli, rappelant que l’environnement constitue aujourd’hui un véritable levier de développement économique et non plus seulement une question de protection des ressources naturelles.

Sur le plan international, la Tunisie occupe également une position « honorable » dans le classement relatif à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), se situant autour de la 66e place sur 167 pays.

Pour autant, le responsable estime que ces performances demeurent insuffisamment perceptibles pour les citoyens. Selon lui, un décalage persiste entre les indicateurs et la réalité vécue au quotidien. « Lorsque le citoyen voit des déchets dans la rue ou sur les plages, il lui est difficile de percevoir les progrès reflétés par les rapports internationaux », a-t-il expliqué.

Face à ce constat, l’ANPE entend placer l’être humain au cœur de son action. Si les infrastructures et les réglementations demeurent indispensables, elles ne sauraient à elles seules garantir le succès de la transition écologique.

« On peut investir des centaines de millions de dinars dans les stations de traitement et de valorisation des déchets. Mais si les déchets ne sont pas triés à la source, les coûts augmentent et les projets risquent d’échouer », a averti le directeur général.

L’Agence mise ainsi sur l’éducation, la culture environnementale et la sensibilisation comme leviers prioritaires. Plusieurs initiatives citoyennes, portées par des élèves, des associations, des maisons de jeunes, des établissements éducatifs et des collectivités locales, ont été mises à l’honneur lors de cette manifestation.

En conclusion, Mohamed Naceur Jeljeli a résumé sa vision en une formule : « Il est impossible de construire une économie verte avec des mentalités qui ne le sont pas. Les équipements peuvent nettoyer les plages, mais seule la conscience citoyenne peut empêcher qu’elles soient polluées. »

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La crise du Moyen-Orient freine la croissance mondiale, alerte l’OCDE

04. Juni 2026 um 15:00

Les perspectives économiques mondiales dépendent de la durée de la guerre au Moyen-Orient. Une récession dans certains pays et une forte hausse de l’inflation étant possibles si le conflit se poursuit l’année prochaine. C’est l’avertissement lancé par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Si le conflit s’avère de courte durée, la production de pétrole et de gaz du Golfe pourrait progressivement revenir à ses niveaux d’avant-guerre d’ici le troisième trimestre. Les pénuries étant limitées à l’Asie et atténuées par les réserves stratégiques et les livraisons d’autres producteurs, estime l’OCDE.

Dans ce scénario de référence, la croissance mondiale devrait ralentir, passant de 3,4 % en 2025 à 2,8 % en 2026. Et ce, avant de remonter à 3,1 % en 2027. Ce qui correspond globalement aux prévisions de l’OCDE. Toutefois, si la crise énergétique se prolongeait l’année prochaine, la croissance mondiale pourrait ralentir fortement pour atteindre 2,1 % en 2026 et 1,8 % en 2027. Soit des taux rarement observés en dehors de crises majeures telles que la crise financière de 2008-2009 et la pandémie de COVID-19.

Certaines économies pourraient alors sombrer dans une récession complète. Les pays asiatiques dépendants des approvisionnements énergétiques du Moyen-Orient étant susceptibles d’être les plus durement touchés.

En outre, la hausse des prix de l’énergie pourrait ajouter 0,4 point de pourcentage à l’inflation mondiale en 2026 et 1,3 point de pourcentage en 2027. Ce qui inciterait les banques centrales à relever leurs taux d’intérêt de 0,5 à 0,75 point de pourcentage à court terme.

De plus, la croissance du commerce mondial devrait se modérer après une année 2025 dynamique. Même si une forte demande de biens et d’investissements liés à l’IA, notamment en Asie, devrait apporter un certain soutien.

Dans le scénario de référence, la hausse des exportations d’énergie devrait soutenir la croissance américaine. Ce qui compensera partiellement l’impact négatif de la hausse des prix sur le pouvoir d’achat des ménages. La croissance devrait ralentir, passant de 2,1 % en 2025 à 2,0 % en 2026 et à 1,8 % en 2027.

Pour sa part, la croissance de la zone euro devrait ralentir, passant de 1,4 % à 0,8 % cette année; avant de repartir à 1,2 % l’année prochaine. Et ce, grâce à la résilience du marché du travail et à l’augmentation des dépenses de défense qui atténuent quelque peu l’impact de la crise.

En Grande-Bretagne, la croissance devrait ralentir à 0,9 % cette année, avant de rebondir à 1,1 % en 2027, à mesure que le commerce mondial se stabilise et que les conditions financières s’améliorent.

En Chine, la croissance devrait ralentir, passant de 5,0 % en 2025 à 4,5 % en 2026 et 4,3 % en 2027, grâce à d’importantes réserves énergétiques qui limitent son exposition aux fluctuations du prix du pétrole. Les exportations devraient bénéficier de la baisse des droits de douane américains et d’un secteur technologique compétitif. Même si la crise immobilière continue de peser sur les résultats.

Au final, le Japon devrait figurer parmi les pays les plus durement touchés par les perturbations commerciales liées au conflit du Golfe. Et ce, avec une croissance qui ralentirait de 1,1 % en 2025 à 0,6 % en 2026; avant de se redresser à 0,8 % en 2027.

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Quand l’IA se trompe, qui paie ? Le maillon humain au cœur de l’AgriTech

27. Mai 2026 um 08:45

Quand une IA se trompe en identifiant un ravageur chez un petit exploitant, il n’existe pas de « bouton annuler ». Une recommandation erronée, si elle n’est pas validée selon les conditions locales ou corrigée à temps, peut priver l’agriculteur de la totalité des revenus saisonniers et, dans certains cas, mettre en péril les réserves alimentaires d’une famille. C’est ce qui ressort de l’etude faite par la Banque mondiale. 

Toujours selon cette étude, l’IA réduit fortement le coût de l’expertise agronomique. Diagnostiquer une infestation, estimer des rendements ou évaluer la qualité des récoltes sont des tâches autrefois réservées à des spécialistes coûteux que l’IA rend plus accessibles. Mais une intelligence moins chère ne signifie pas une adoption plus aisée : elle augmente la valeur du facteur humain,  les personnes qui valident, adaptent et expliquent les recommandations de l’IA tout au long du cycle culturale.

Le fossé entre solutions technologiques et adoption est immense. Une étude de PwC et de la Fédération des chambres de commerce et d’industrie indiennes montre que, malgré 3 000 entreprises d’AgriTech en Inde, leurs services ne touchent que 15 millions des 146 millions d’agriculteurs ; le secteur capte à peine 1% d’un marché potentiel de 24 milliards de dollars. Le frein principal n’est pas la technologie elle‑même, mais la capacité de distribution, autrement dit, les emplois et compétences nécessaires pour transformer ces outils en services réels.

Ces solutions créent des métiers souvent méconnus, situés entre la plateforme et l’exploitation : intermédiaires de confiance pour le dernier kilomètre ; techniciens pour maintenir les équipements ; agronomes « bilingues » qui interprètent et corrigent les conseils numériques ; responsables de la gouvernance des données veillant à qualité, consentement et traçabilité. Il ne s’agit pas de compétences numériques génériques, mais de fonctions précises assorties d’indicateurs mesurables (fiabilité du service, nombre de transactions, disponibilité des équipements). C’est cette précision qui rend l’investissement rentable.

Avant d’adopter une technologie, les agriculteurs posent cinq questions essentielles : fonctionnera‑t‑elle cette semaine sur ma culture ? Qui interviendra en cas de problème et qui paiera ? Que faire aujourd’hui  ? Est‑elle adaptée à mon microclimat et à mes pratiques ? Quelqu’un peut‑il me l’expliquer dans ma langue ? Ces préoccupations soulignent que la confiance dépend principalement des compétences humaines.

La priorité n’est donc pas seulement la formation, mais d’abord l’identification du vrai blocage dans le système : manque d’un métier clef, problème de coordination, ou lacune institutionnelle qu’aucune formation ne résoudra seule. Quand toutes les fonctions sont en place et soutenues par une architecture institutionnelle adéquate, la technologie peut tenir ses promesses ; sinon, elle restera expérimentale.

Un cercle vertueux est possible : l’AgriTech crée des métiers et des revenus qui rendent rentables les formations, tandis que les plateformes fournissent aux systèmes de formation des signaux de demande concrets (profils, employeurs, indicateurs de performance). Deux exemples indiens illustrent ce mécanisme : le programme Namo Drone Didi, qui lie drones, formation et maintenance au sein de groupes féminins pour créer des services communautaires de pulvérisation, et le projet NAHEP, qui modernise les universités agricoles et aligne les cursus sur les besoins du secteur (IA, agriculture de précision, analyse de données).

En conclusion, à l’ère de l’IA, le succès se mesure aux gains réels en productivité, sécurité et rentabilité pour l’agriculture, et à la création d’emplois qualifiés en milieu rural. Des initiatives ambitieuses comme AgriConnect (Groupe de la Banque mondiale), qui vise à aider 300 millions de petits exploitants d’ici 2030, soulignent que le déploiement à grande échelle dépendra de notre capacité à considérer les compétences professionnelles comme une infrastructure fondamentale, et non comme une simple question accessoire.

 

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