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Hatem Atallah: « Dans un monde instable, la diplomatie est notre seule lucarne »

22. Oktober 2026 um 16:56

Aujourd’hui, la diplomatie a un rôle central à jouer sur l’échiquier mondial, et la question énergétique en est l’une des illustrations les plus évidentes. C’est le thème de la 9e édition du Forum de l’IACE, intitulée « Les tendances de la géopolitique et de l’énergie », organisée ce jeudi 22 octobre 2026 au siège de l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE).

Hatem Atallah, ancien ambassadeur, est revenu sur la notion d’interdépendance, qu’il considère comme la clé de toute négociation internationale.

L’interdépendance, condition d’un accord stable

“Dans le cadre d’un accord, chacune des deux parties doit trouver un bénéfice à y entrer”, explique Hatem Atallah. Selon lui, la violation du contrat doit également avoir un coût suffisamment élevé pour garantir la stabilité de l’accord.

“ Chacune des parties offre et obtient”, résume-t-il. En revanche, lorsqu’un accord porte sur un seul secteur, notamment lorsque l’une des parties est en déficit structurel  comme dans le cas du pétrole, du gaz ou du lithium, l’équilibre des forces est rompu. “ Il n’y a pas d’équilibre”, insiste l’ancien diplomate. Sa solution : privilégier des négociations multidimensionnelles, portant simultanément sur plusieurs secteurs.

Négocier avec l’Europe au-delà d’Elmed

Prenant l’exemple des relations entre la Tunisie et l’Europe, Hatem Atallah estime qu’il ne faut pas se limiter à la négociation du projet d’interconnexion électrique Elmed. “ Je négocie en même temps la question de la migration, de l’investissement, du commerce, des réformes, de la coopération scientifique, de l’innovation et de la recherche”, explique-t-il.

Cette approche permet, selon lui, de compenser les positions de faiblesse dans certains domaines par des atouts dans d’autres. “ Si je négocie un accord sur cinq secteurs, je peux être en déficit sur deux, mais en position de force sur les trois autres. Là, je crée l’équilibre”, développe-t-il.

Il rappelle que cette méthode s’inspire de l’un des principes fondamentaux de la technique de négociation de Henry Kissinger : « Il ne faut jamais négocier en silo ». 

La diplomatie ne se limite pas au ministère des Affaires étrangères

Hatem Atallah souligne également que la diplomatie ne relève pas uniquement du ministère des Affaires étrangères. “Elle représente l’État et la nation”, affirme-t-il. Elle devient ainsi un acteur clé des priorités stratégiques, notamment énergétiques.

Interrogé sur des projets tels qu’Elmed ou l’hydrogène vert, il estime que la négociation doit dépasser le cadre de l’accord lui-même. “ Il faut regarder au-delà de la personne qui est en face”, conseille-t-il.

Dans le dossier de l’hydrogène vert, il rappelle que l’Allemagne exerce une pression forte en arrière-plan, en raison de ses besoins de décarbonation industrielle. “ Je négocie avec les Italiens, mais j’ai un œil sur Berlin, parce que c’est là que cela se joue”, explique-t-il.

Selon lui, la Tunisie ne vend pas seulement une capacité technique de production d’hydrogène. Elle offre également à l’Europe, et principalement à l’Italie et à l’Allemagne, une forme de stabilité énergétique. En contrepartie, le pays peut bénéficier de technologies allemandes performantes, notamment dans l’industrie de l’hydrogène.

“ Dans une négociation, il faut toujours savoir qui est derrière, qui tire les ficelles et à qui cela profite”, résume Hatem Atallah. Cette lecture permet, selon lui, de mieux évaluer jusqu’où avancer et l’utilité réelle de chaque concession.

Un monde en rupture, entre destruction et reconstruction

Sur la situation internationale, l’ancien ambassadeur estime que le monde traverse une rupture profonde. “Un fossé s’élargit”, affirme-t-il, en référence notamment aux tensions sociales en France, à la montée de l’extrême droite et aux échéances électorales de 2027.

Pour lui, le modèle international fondé après la Seconde Guerre mondiale a montré ses limites. “On a pensé que la mondialisation allait résoudre tous les problèmes politiques. C’était faux”, estime-t-il. La libéralisation du commerce et la suppression des entraves n’ont pas produit les effets escomptés.

Aujourd’hui, ce modèle est remis en cause, sans qu’un système de remplacement soit clairement défini. “ Nous sommes dans une phase de destruction, pas encore de remplacement ni de construction”, analyse Hatem Atallah.

Il observe également une rupture générationnelle. Selon lui, les générations Z et Alpha ne se reconnaissent plus dans les solutions héritées des générations précédentes. “ On essaie de résoudre les problèmes de la génération Z avec des solutions qui appartiennent aux générations X et Y. Cela ne correspond plus à rien”, estime-t-il.

États-Unis et Chine : une compétition pour imposer un modèle

Face à ce désordre, deux blocs s’affrontent selon lui : le bloc occidental, mené par les États-Unis, et le bloc asiatique, porté principalement par la Chine. Chacun tente d’imposer son propre modèle au reste du monde.

“ La rivalité entre les États-Unis et la Chine n’est pas seulement une question d’accès aux marchés ou aux technologies. C’est une question de survie et de domination mondiale”, analyse-t-il.

Pour la Tunisie, qui n’a pas la capacité d’influencer directement cette confrontation, l’enjeu est de s’y préparer. “Nous devons créer des scénarios : si cela se passe ainsi, voici ce que je dois faire ; si cela se passe autrement, voici ma réponse », recommande Hatem Atallah. Il appelle à anticiper aussi bien les scénarios les plus favorables que les plus défavorables, y compris les chocs imprévus, les fameux “ cygnes noirs”.

En conclusion, Hatem Atallah livre une conviction : “Il faut faire confiance à la diplomatie et lui donner les moyens d’agir. Dans ce monde qui change pratiquement chaque jour, c’est notre seule petite lucarne par laquelle nous pouvons regarder”. 

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Mort d’une étudiante à Sfax : la colère monte, l’UGET décrète la grève

22. Oktober 2026 um 15:57

Une étudiante est morte dans un foyer universitaire à Sfax. En réaction, l’UGET appelle à une grève générale vendredi 23 octobre pour dénoncer l’absence de structures médicales permanentes dans les résidences universitaires.

Cette tragédie – parce qu’il faut l’appeler ainsi – remet brutalement sur la table une question essentielle : qui prend en charge les étudiants lorsque leur vie est en danger ? Rahma Dziri, étudiante à l’Institut supérieur des études technologiques (ISET) de Sfax, est décédée dans la nuit du mercredi 21 octobre, après un malaise au foyer universitaire de Sidi Mansour. Les circonstances de sa prise en charge soulèvent des interrogations sur la capacité des résidences universitaires à faire face aux urgences médicales.

Selon des messages relayés dans les groupes étudiants, l’ambulance serait arrivée une heure et demie après avoir été contactée. Ce délai présumé reste à vérifier. Mais il pose une question urgente : combien de temps faut-il attendre les secours lorsqu’une vie est en jeu ?

Face à ce drame, l’Union générale des étudiants de Tunisie (UGET) a annoncé une grève générale dans les facultés et instituts supérieurs de Sfax pour vendredi 23 octobre. Le syndicat réclame des unités de santé permanentes dans les grandes résidences universitaires, dotées de personnel médical et d’équipements adaptés.

Pour l’organisation estudiantine, l’heure n’est plus aux réactions de circonstance ni aux promesses formulées après chaque drame. Elle réclame des mesures concrètes, une prise en charge médicale rapide et des responsabilités clairement établies.

La mort de Rahma Dziri remet ainsi en lumière les failles présumées du dispositif de secours dans les foyers universitaires. Au-delà de l’émotion et de la mobilisation annoncée, une exigence s’impose : garantir aux étudiants des conditions de sécurité sanitaire à la hauteur des risques auxquels ils peuvent être confrontés.

Cette affaire risque donc de faire couler beaucoup d’encre, en tout cas pour un certain temps. Même si tout porte à croire que ce drame a toutes les chances se terminer comme un fait divers. Hélas !

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Riz importé : le ministère du Commerce fixe les prix

22. Oktober 2026 um 12:40

Le ministère du Commerce et du Développement des exportations a fixé les prix de vente du riz étuvé et du riz basmati importés par des opérateurs privés, à différents stades de la distribution. Ces tarifs sont entrés en vigueur le 20 octobre 2026.

Selon une décision du ministre du Commerce et du Développement des exportations datée du 12 octobre 2026, le prix du riz étuvé est fixé à 3,500 dinars le kilogramme au stade de l’approvisionnement ou du conditionnement, à 3,650 dinars au prix de gros et à 3,900 dinars au prix de vente au public.

Pour le riz basmati, les tarifs sont établis à 6,500 dinars le kilogramme au stade de l’approvisionnement ou du conditionnement, à 6,650 dinars au prix de gros et à 6,900 dinars au détail.

La décision impose également à tous les importateurs de riz de déposer, avant toute opération d’importation, leurs dossiers juridiques et techniques auprès des services centraux du ministère chargés du Commerce, conformément aux conditions requises. Les modalités peuvent être consultées au siège du ministère, sur son site web ou sur ses pages officielles.

Le ministère précise enfin que toute infraction aux dispositions de cette décision fera l’objet de constatations, de poursuites et de sanctions conformément aux lois et réglementations en vigueur.

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Kaïs Saïed : « Pas de souveraineté sans autosuffisance alimentaire »

Von: tmps
22. Oktober 2026 um 09:41

Le président de la République, Kais Saïed, a reçu, mercredi, au palais de Carthage, le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzedine Ben Cheikh, a indiqué un communiqué de la présidence de la République.

D’emblée, le chef de l’Etat a affirmé que l’agriculture constitue un pilier essentiel de la sécurité nationale et de la souveraineté du pays.

La Tunisie, a-t-il ajouté, regorge de richesses, de traditions ancestrales et de compétences capables de lui permettre d’atteindre son autosuffisance.

Le président Saïed a à cet égard appelé à tirer profit des instituts agronomiques spécialisés, fondés il y a plus d’un siècle et pionniers à l’échelle africaine, mettant l’accent sur la nécessité de valoriser les résultats de la recherche scientifique et les thèses universitaires devenues des références internationales dans le domaine.

Concernant la campagne oléicole, le président a demandé de soutenir les petits agriculteurs à travers l’octroi de crédits avantageux, de nouvelles lignes de financement et un prix de référence garantissant leurs droits.

Il a également préconisé le renforcement de la capacité de stockage de l’Office national de l’huile et la promotion de l’huile d’olive tunisienne sur les marchés mondiaux.

Tout en évoquant les difficultés rencontrées par les producteurs de dattes, le chef de l’Etat a dénoncé les pratiques des intermédiaires qui réduisent délibérément les prix d’achat des récoltes.

Il a à ce propos réclamé une intervention urgente dans ce secteur comme dans les autres filières agricoles.

S’adressant aux commissariats régionaux du développement agricole, le chef de l’Etat les a pressées de d’oeuvrer à renforcer la protection du patrimoine végétal, notamment, face aux maladies qui touchent les oliveraies et à la propagation du charançon rouge du palmier.

Le président a par ailleurs appelé à garantir une distribution équitable des engrais dans les délais, loin de la lenteur administrative, et à assurer la disponibilité des semences et des intrants au moment opportun.

Tout en rappelant que plusieurs offices publics ont perdu leurs missions jusqu’à quasiment disparaître, le président de la République a souligné l’urgence de reconstituer le cheptel national dont les effectifs ont chuté malgré l’existence de l’Office de l’élevage.

Pour le chef de l’Etat, la Tunisie dispose de tous les atouts pour atteindre son autosuffisance alimentaire, estimant « qu’il ne peut y avoir de pleine souveraineté nationale si le peuple dépend de l’alimentation importée ».

Il a à ce titre appelé à la conjugaison des efforts et à la bonne exploitation des richesses disponibles afin de faire de la Tunisie « un pays vert du nord au sud », capable de devenir exportateur et producteur de richesse, notamment, après la création de l’Office Rjim Maatoug pour le développement du Sud et du Sahara.

 

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25 Mds de dinars pour les salaires des fonctionnaires en 2027 : un mammouth difficile à dégraisser

Von: tmps
22. Oktober 2026 um 09:21

L’enveloppe consacrée aux rémunérations des fonctionnaires devrait atteindre le seuil de 25 milliards de dinars en 2027, selon le projet de budget pour le prochain exercice. Cette somme colossale illustre à quel point l’administration publique tunisienne s’apparente à un mammouth, dont la taille et le coût obèrent les équilibres macroéconomiques du pays. La Tunisie compte quelque 692.702 agents de l’État pour une population d’environ 12 millions d’habitants. À titre de comparaison, le Maroc voisin, qui abrite une population près de quatre fois plus nombreuse, ne dénombre que 576.062 fonctionnaires. Ce grand déséquilibre met en lumière une «sur-administration» chronique de l’économie tunisienne, où le secteur public a longtemps joué le rôle de principal employeur de substitution face à un secteur privé atone.

L’hypertrophie des effectifs de l’administration se traduit par une facture salariale colossale qui siphonne à elle seule 46% des recettes fiscales totales de l’État (54,280 milliards de dinars en 2027). Les répercussions sur les finances publiques sont directes et alarmantes. Le déficit budgétaire global devrait ainsi s’établir à 14,615 milliards de dinars, ce qui représente près de 7,8% du PIB. Ce ratio place la Tunisie dans une position particulièrement vulnérable comparativement à ses principaux partenaires économiques : le déficit budgétaire moyen observé chez les partenaires européens de la Tunisie tourne autour de 3,5% du PIB, tandis qu’il se limite à 3,6% au Maroc.

Les diagnostics successifs établis par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale depuis la révolution de 2011 pointent invariablement du doigt les effectifs pléthoriques de l’administration, qui absorbent une part léonine des ressources nationales, tout en offrant un rendement administratif souvent jugé insuffisant au regard des moyens colossaux déployés.

La fonction publique comme soupape de paix sociale

Comment en est-on arrivé à une telle situation ? Depuis la chute du régime de Ben Ali en 2011, les rangs de la fonction publique se sont garnis de plusieurs dizaines de milliers de nouveaux fonctionnaires. En l’absence d’un système performant d’indemnisation du chômage et de filets de sécurité sociale robustes, l’embauche massive dans le secteur public a systématiquement été utilisée par les gouvernements successifs comme une soupape de sécurité pour absorber les tensions sur le marché du travail et calmer les contestations sociales explosives. Cette gestion à court terme a cependant fini par montrer ses limites structurelles. Les recrutements massifs post-révolutionnaires, conjugués à des augmentations de salaires parfois extravagantes accordées à certains corps spécifiques, à l’instar des magistrats ou des forces de sécurité, ont propulsé la masse salariale de l’administration à des hauteurs insoutenables, oscillant entre 13% et 14% du PIB. Pour marquer le contraste, les données montrent que la masse salariale de la fonction publique ne représente que 10% du PIB au Maroc et environ 3,2% en Égypte.

L’asphyxie des investissements et des dépenses sociales

La conséquence inévitable de cette domination écrasante de la masse salariale est l’éviction progressive des ressources réservées aux autres composantes essentielles du budget de l’État. Chaque dinar injecté dans le paiement des salaires des fonctionnaires est un dinar soustrait aux investissements publics productifs. Les chantiers de construction d’infrastructures de transport, d’édification d’établissements scolaires et universitaires, de rénovation des structures sanitaires et de financement de la recherche et du développement se trouvent ainsi complètement sacrifiés ou du moins, sévèrement rationnés.

De surcroît, les dépenses sociales pâtissent directement de cette situation. Les subventions allouées aux produits de base, la prise en charge des dépenses de santé des assurés sociaux et les programmes d’accompagnement en faveur des populations vulnérables et des enfants handicapés subissent des arbitrages budgétaires de plus en plus drastiques. L’État tunisien se retrouve ainsi pris en étau entre des dépenses salariales incompressibles et des besoins sociaux croissants.

 Alléger sans sabrer brutalement les effectifs

Conscient de cette impasse, le gouvernement tunisien a engagé une stratégie minutieuse pour reprendre le contrôle de la masse salariale dans le secteur public, sans recourir à des coupes massives et brutales dans les effectifs ni décréter un gel total et aveugle des salaires qui risquerait de paralyser l’administration.

Dans cette optique, le programme général de majorations salariales a été maintenu, mais aucune hausse sectorielle spécifique ne sera accordée durant la période triennale. Cette discipline tarifaire permettra de limiter la progression des dépenses salariales à environ 4,6% par an, soit un net recul par rapport au rythme effréné de plus de 7% par an enregistré durant la décennie 2012-2021.

La stratégie élaborée par l’Exécutif repose également sur un triptyque : la suspension des recrutements non essentiels, l’encouragement au départ volontaire et le redéploiement interne des surplus d’effectifs. Désormais, seuls les secteurs d’utilité vitale et à forte valeur ajoutée bénéficieront d’autorisations d’embauche au compte-gouttes, tandis que les contrats de prestation de service et de sous-traitance à long terme sont suspendus.

Le programme spécifique de mise à la retraite anticipée avant l’âge légal, qui avait été lancé en 2022, a également été reconduit jusqu’au 31 décembre 2027.

Par ailleurs, l’application de l’arrêté n° 387 qui encadre le redéploiement des fonctionnaires entre les différents départements ministériels et établissements publics administratifs se poursuit activement, tout comme l’octroi de congé spécifique pour la création d’entreprise.

Le pari des autorités est de réussir à transformer la fonction publique tunisienne en une machine plus agile, efficiente et soutenable financièrement, sans compromettre la paix sociale. 

Walid KHEFIFI

 

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Financement durable : face au défi de la transformation du système financier 

Von: tmps
22. Oktober 2026 um 08:33

 Par Ahmed NEMLAGHI

La diversification des sources de financement, le développement du marché financier, la couverture des risques naturels et la promotion de l’investissement durable figurent parmi les orientations retenues pour 2027. À travers ces chantiers, l’enjeu est de mieux mobiliser l’épargne nationale, de faciliter l’accès des PME et des nouveaux entrepreneurs aux financements et d’orienter les ressources vers une économie plus résiliente. 

Une démarche qui rejoint les priorités affichées par le président Kaïs Saïed en matière de justice sociale, de développement équilibré et de valorisation des capacités nationales.

Le document du projet de budget économique pour 2027 accorde une place importante à la modernisation du système financier tunisien. Le renforcement du secteur des assurances, la consolidation du système bancaire et la dynamisation du marché financier y apparaissent comme des leviers complémentaires pour répondre aux besoins de financement de l’économie et soutenir l’investissement productif.

Au-delà des mesures techniques envisagées, cette orientation soulève une question fondamentale : comment faire du système financier un instrument au service du développement national, plutôt qu’un mécanisme dont les ressources profiteraient principalement aux acteurs déjà établis ? La réponse passe notamment par une meilleure répartition des possibilités de financement, une gestion plus rigoureuse des risques et une mobilisation de l’épargne au bénéfice des entreprises, des projets productifs et des initiatives porteuses de valeur ajoutée.

Cette ambition rejoint les orientations économiques défendues par Kaïs Saïed, qui insiste sur la nécessité de concilier création de richesses, justice sociale et réduction des disparités régionales. Encore faut-il que les réformes annoncées se traduisent par des mécanismes accessibles, des investissements effectifs et des résultats mesurables.

Un système financier au service de l’économie réelle

L’un des principaux enjeux du programme envisagé pour 2027 réside dans la complémentarité entre les banques, le marché financier et le secteur des assurances. Ces trois composantes ne répondent pas aux mêmes besoins, mais leur coordination peut contribuer à élargir les possibilités de financement offertes aux entreprises et aux porteurs de projets.

Le crédit bancaire demeure une source essentielle de financement en Tunisie. Toutefois, une dépendance excessive à l’égard du secteur bancaire peut limiter les possibilités des entreprises qui ne disposent pas de garanties suffisantes ou dont les projets présentent des risques élevés. Les jeunes entrepreneurs et les petites et moyennes entreprises sont particulièrement concernés.

Le développement du marché financier pourrait leur offrir des possibilités supplémentaires, tandis que les mécanismes de garantie et les instruments d’assurance contribueraient à mieux répartir les risques liés à l’investissement.

Cette diversification ne consiste donc pas simplement à multiplier les instruments financiers. Elle doit permettre de rapprocher les ressources disponibles des besoins réels de l’économie, en favorisant les activités productives, l’innovation, l’emploi et la création de valeur.

Dans cette perspective, la politique économique défendue par Kaïs Saïed accorde une importance particulière à la nécessité de mettre les ressources nationales au service du développement. L’objectif est de renforcer les capacités du pays à financer ses propres priorités, tout en élargissant les possibilités offertes aux acteurs économiques.

L’assurance, un rempart contre les risques naturels

La préparation d’un projet de loi instituant un système de couverture des catastrophes naturelles constitue l’un des chantiers importants annoncés pour 2027. Elle répond à un besoin économique et social : mieux protéger les ménages, les entreprises et les exploitations agricoles contre les conséquences financières des événements naturels.

Les catastrophes peuvent détruire des infrastructures, compromettre des récoltes, interrompre des activités et fragiliser durablement les revenus. Lorsque les mécanismes de couverture sont insuffisants, les pertes pèsent directement sur les victimes et peuvent nécessiter des interventions publiques coûteuses.

La mise en place d’un dispositif adapté permettrait de mieux répartir ces risques et d’améliorer les capacités de reconstruction. Sa réussite dépendra néanmoins de plusieurs conditions : des règles de fonctionnement claires, une répartition équilibrée des responsabilités, des garanties accessibles et une articulation efficace entre les assureurs et les pouvoirs publics.

La poursuite des travaux techniques relatifs à l’assurance agricole revêt, à cet égard, une importance particulière. L’agriculture reste exposée aux aléas climatiques, dont les effets peuvent compromettre les revenus des exploitants et fragiliser l’approvisionnement du marché intérieur.

Une assurance agricole adaptée pourrait contribuer à sécuriser les investissements, à faciliter l’accès au crédit et à renforcer la résilience des exploitations. Elle devrait toutefois tenir compte de la diversité des structures agricoles et des capacités financières des petits exploitants, afin que le coût des garanties ne devienne pas un obstacle supplémentaire.

Ces mesures rejoignent l’enjeu de souveraineté alimentaire régulièrement mis en avant dans les orientations économiques nationales : protéger la production suppose aussi de protéger ceux qui la rendent possible.

Le financement durable, une nouvelle étape à concrétiser

Le financement durable constitue l’un des volets les plus structurants des orientations annoncées. Il ne s’agit plus seulement de financer des entreprises ou des infrastructures, mais de mieux intégrer les conséquences environnementales et sociales des investissements dans les décisions économiques.

Le document prévoit notamment la mise en place d’un système national d’attribution du label «Entreprise verte ou durable» et la création d’un indice de durabilité au sein de la Bourse de Tunis. Ces deux instruments pourraient contribuer à identifier les entreprises engagées dans des démarches responsables et à rendre leurs efforts plus visibles auprès des investisseurs.

Un label crédible permettrait de mieux distinguer les engagements réels des simples déclarations de communication. Pour remplir cette fonction, il devra reposer sur des critères précis, vérifiables et transparents ainsi que sur des procédures de contrôle adaptées. Sans ces garanties, le risque serait de voir la notion de durabilité perdre sa portée et sa crédibilité.

L’indice de durabilité envisagé à la Bourse de Tunis pourrait, de son côté, améliorer l’information disponible sur les entreprises cotées et favoriser la prise en compte de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance dans les décisions d’investissement.

L’enjeu est de faire de ces instruments des leviers concrets d’orientation de l’épargne vers des activités plus résilientes, moins exposées aux risques environnementaux et davantage attentives aux conséquences sociales de leur développement.

Cette démarche peut s’inscrire dans une conception du développement qui ne réduit pas la performance économique aux seuls résultats financiers à court terme. La création de richesses doit également être appréciée au regard de sa contribution à l’emploi, à l’équilibre territorial, à la protection des ressources naturelles et à l’amélioration des conditions de vie.

Pour autant, le financement durable ne pourra se développer par la seule création d’un label ou d’un indice boursier. Il nécessitera une mobilisation coordonnée des banques, des assureurs, des investisseurs, des entreprises et des pouvoirs publics ainsi qu’une information fiable sur les risques et les effets des projets financés.

Le marché financier, un levier encore sous-exploité

Le document consacré au projet de budget économique pour 2027 souligne plusieurs limites du marché financier tunisien, notamment le nombre restreint de sociétés cotées et la prédominance du secteur bancaire dans le financement de l’économie.

Le développement de la Bourse de Tunis apparaît dès lors comme un enjeu stratégique. Un marché plus dynamique pourrait permettre aux entreprises de diversifier leurs ressources, de financer leur croissance et de réduire leur dépendance exclusive au crédit bancaire.

Cela suppose d’améliorer le cadre législatif et réglementaire, d’encourager les entreprises à accéder au marché des capitaux et d’élargir la base des investisseurs. La création d’une plateforme numérique dédiée à l’éducation financière répond également à un besoin important : permettre aux épargnants de mieux comprendre les produits disponibles, leurs avantages, leurs risques et les mécanismes de protection existants.

La confiance constitue ici une condition essentielle. Elle dépend de la transparence des opérations, de la qualité de l’information communiquée aux investisseurs et de l’efficacité du contrôle exercé sur les acteurs du marché.

Le renforcement du marché obligataire, le développement des organismes de placement collectif et la diversification des instruments de financement de l’État et des collectivités locales figurent également parmi les pistes envisagées. Ces mécanismes pourraient élargir les possibilités de mobilisation de l’épargne, à condition de préserver une gestion prudente des ressources et de garantir la soutenabilité des engagements financiers.

Le financement des grands projets et des partenariats public-privé pourrait aussi bénéficier d’un marché financier plus développé. Mais cette évolution exige une évaluation rigoureuse des risques, une répartition transparente des responsabilités et une appréciation précise des retombées économiques et sociales attendues.

La modernisation du système financier passe également par la consolidation du secteur bancaire. Le renforcement du contrôle des établissements, le traitement des créances classées et la restructuration des banques à capitaux mixtes et de la Banque de financement des petites et moyennes entreprises figurent parmi les priorités annoncées.

La gestion des créances classées constitue un enjeu majeur, car l’accumulation de crédits difficiles à recouvrer peut réduire la capacité des banques à accorder de nouveaux financements. Une amélioration de leur situation financière pourrait donc contribuer à réorienter davantage de ressources vers les entreprises viables et les projets productifs.

Le développement des services de la Société tunisienne de garantie (SOTUGAR) est également présenté comme un moyen de soutenir l’investissement. Les garanties peuvent faciliter l’accès au crédit des entreprises qui ne disposent pas de sûretés suffisantes, sans pour autant supprimer la nécessité d’évaluer sérieusement la viabilité des projets.

La réussite de ces réformes dépendra ainsi de l’équilibre entre prudence financière et soutien à l’initiative économique. Il s’agit de préserver la stabilité des établissements tout en évitant que les exigences de financement ne deviennent un obstacle systématique pour les PME et les nouveaux entrepreneurs.

De l’annonce des réformes à leur mise en œuvre

Les orientations retenues pour 2027 dessinent les contours d’un système financier appelé à jouer un rôle plus diversifié dans le développement national. La couverture des catastrophes naturelles, l’assurance agricole, la mobilisation de l’épargne, le renforcement du marché des capitaux et la promotion du financement durable répondent à des besoins complémentaires.

Elles rejoignent plusieurs priorités affichées par Kaïs Saïed : renforcer l’autonomie économique, soutenir les activités productives, mieux prendre en compte les besoins sociaux et favoriser un développement plus équilibré. Toutefois, il convient de distinguer les objectifs annoncés des résultats qui restent à obtenir. La portée de ces orientations dépendra de la concrétisation des projets législatifs, de la qualité de leur mise en œuvre et de l’accessibilité réelle des mécanismes créés.

Le défi sera notamment de veiller à ce que le financement durable ne bénéficie pas uniquement aux grandes entreprises capables de supporter les coûts de mise en conformité, mais qu’il puisse également accompagner les PME, les exploitations agricoles et les initiatives implantées dans les régions moins favorisées.

En définitive, la transformation du système financier ne se mesurera pas seulement à la diversité des instruments disponibles ou au volume de l’épargne mobilisée. Elle devra être appréciée à l’aune de sa capacité à financer une économie productive, à protéger les acteurs contre les risques, à soutenir la transition environnementale et à créer des opportunités durables. C’est à cette condition que la finance pourra devenir un véritable instrument de développement au service de la souveraineté économique et du progrès social.

 

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Mehdi Mahjoub dans le top Forbes Africa

22. Oktober 2026 um 07:47

Le directeur général d’Alpha Hyundai Motor, directeur général de Hyundai en Tunisie, figure dans la sélection 2026 des « Managers de l’année » établie par Forbes Africa. Ce classement met à l’honneur des dirigeants dont l’action contribue à la croissance de leur entreprise et au dynamisme économique du continent.

Mehdi Mahjoub a indiqué que cette distinction dépasse sa personne. Selon lui, elle récompense avant tout le travail collectif des équipes de l’entreprise. Il a salué l’engagement des femmes et des hommes qui font vivre cette dynamique, et leur capacité à avancer ensemble malgré les difficultés.

Lire aussi : Mehdi Mahjoub, DG de Hyundai Tunisie: Le succès, le travail de toute une équipe

Le dirigeant a aussi dit sa confiance dans le potentiel humain de la Tunisie, qui dispose, à ses yeux, de compétences, d’énergie et de talents constituant des atouts majeurs pour l’avenir.

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